Scottish Diagonal #3 Up and down in the sunshine

Bonjour tout le monde,
C’est parti pour la suite de la rétrospective, avec le deuxième jour de trek sur notre Diagonale écossaise, à nouveau une belle journée de marche sous un grand soleil!

Armérie maritime en fleur

Je relis mon carnet de voyage pour écrire cette rétrospective, et je remercie “past Julie” d’avoir pris la peine de le rédiger, car ça me rappelle des petites anecdotes que j’avais déjà oubliées. Par exemple, mon sommeil a été un peu agité lors de cette première nuit de bivouac: j’ai rêvé qu’on se réveillait au milieu d’une foule présente pour assister à un spectacle subaquatique avec la famille royale… il y avait même le Roi Charles qui faisait de la natation synchronisée, hahaha. Bref, je me souviens m’être réveillée un peu désorientée et perplexe. ^^

On s’est réveillés avec le soleil et le chant des oiseaux, dont des alouettes! 🙂
On a repoussé le réveil pour faire une mini grasse mat’. On s’est levés à 7h30, et vers 8h30 on commençait à marcher, des champs de colza sur notre gauche, des falaises et la mer sur notre droite.

Ce jour-là avait plus de dénivelé que la veille: ça montait et descendait tout le temps. On préfère largement ça à du plat, au moins c’est plus varié. 😉

On a observé une belle chevrette (femelle du chevreuil) broutant pas loin du chemin, et plein de chouettes bourdons à l’abdomen bien roux.

On a rapidement atteint Coldingham Sands, une belle plage bordée de “beach huts” colorées. Il y avait des bécasseaux sanderling et quelques rares baigneurs. Pilar et moi adorons les bijoux en “sea glass” de Róis (Róis Scottish Sea Glass), qui précise où elle a trouvé le sea glass pour chaque bijou. Pilar a des boucles d’oreilles dont le verre vient de Coldingham, alors je me réjouissais de passer par cet endroit!

Il faisait chaud et un local nous a appris qu’il y avait une douche à disposition, ce qui nous a motivés à nous baigner! Un autre local rentrait de sa sortie en paddle: les conditions étaient si calmes qu’il avait pu aller jusqu’au phare de St Abb’s Head pour la première fois, alors qu’il habite là depuis toujours, wow!

L’eau était fraîche (9°C d’après le paddleur, mais on aurait dit moins ^^) et j’ai mis du temps à rentrer, mais après c’était super. Un autre couple essayait aussi de rentrer dans l’eau, et on se motivait mutuellement: à chaque fois que l’un allait plus loin dans l’eau, on y retournait et on essayait d’aller plus loin, haha (la pente était très graduelle, donc il fallait pas mal marcher pour pouvoir nager). Puis on s’est rincés à l’eau de la douche extérieure et on a séché au soleil en regardant les chiens (et leurs humains, accessoirement ^^) s’amuser sur la plage. Bref, un chouette moment de détente. 🙂

Puis on se rhabille, on renfile les sacs à dos et on monte jusqu’au prochain village côtier: St Abbs.

On a mangé sur la terrasse d’un café près du port (un bon Cullen skink et un panini). Avec le soleil, il y avait une chouette ambiance de vacances. On a vu une autre sculpture de Jill Watson commémorant le Fishing Disaster de 1881 (voir article précédent) puis on a rapidement visité le Visitor Centre, gratuit.

Devant le Visitor Centre, on aperçoit une fille en train de poser pour une photo avec un marteau géant. Il s’avère que des bouts du film “Avengers: Endgame” ont été tournés ici, St Abbs représentant “New Asgard”, la nouvelle patrie de Thor. José et moi ne sommes pas du tout à jour avec les nouveaux Marvel, donc on en avait aucune idée, haha. Ça nous a rappelé nos vacances en Irlande du Nord en 2015, quand on s’est retrouvés par hasard dans un petit port qui avait été utilisé pour le tournage de “Game of Thrones” (qu’on n’a pas regardé non plus) et qui était du coup pris d’assaut par des fans de la série.

On a ensuite continué notre chemin vers St Abb’s Head, connue pour sa colonie d’oiseaux et son phare. C’était assez busy en visiteurs (surtout la première partie, facilement accessible depuis le village), mais c’était splendide.

Ça faisait un moment que je voulais visiter ce lieu, et c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on avait décidé d’emprunter le Berwickshire Coastal Path plutôt que le Scottish National Trail (qui traverse les Borders par l’intérieur des terres et passe notamment par Peebles, où on logeait durant l’été 2023).

Ce bout de côte est vraiment sublime. En plus des oiseaux déjà vus la veille, on a pu observer des fulmars et des fous de Bassan. Il y avait aussi quelques bergeronnettes et des traquets motteux (wheatears).

Outre la faune aviaire, la géologie est incroyable, avec des roches rouges recouvertes de lichens, des “sea stacks”, des grottes marines… C’est un endroit que j’adorerais explorer en kayak!

On a atteint le phare et on s’est posés un petit moment dans l’herbe rase pour une micro sieste au soleil. Les sacs font de très bons appuie-têtes, haha!

On a ensuite atteint le tronçon de côte surplombant une grande colonie de guillemots, c’était superbe. Pour ceux qui sont intéressés par ces oiseaux, je recommande vivement cet épisode d’Our Ocean Podcast, présenté par Cal Major et justement enregistré à St Abb’s Head avec le ranger de la réserve naturelle.

Ce côté de la réserve est plus loin du village de St Abbs, et il y avait bien moins de monde.

Puis on a laissé St Abb’s Head National Nature Reserve derrière nous et on a continué notre marche le long de la côte.

La suite de la côte était vraiment raide, en montée comme en descente. Ajoncs, moutons, bluebells, vaches, belles vues, sea stacks… C’était beau. L’odeur de noix de coco des ajoncs était entêtante, sans doute renforcée par la chaleur et la quasi absence de vent.

Le seul truc qui aurait pu rendre la journée encore meilleure, c’était des dauphins. On a scruté la mer calme, en vain.

Le temps passant, mon niveau d’énergie a baissé, j’avais mal au dos sur les portions plates. Mais on a fait des pauses régulières et ça a été.

On avait prévu de parcourir assez peu de distance ce jour-là, car on avait anticipé une potentielle baignade à Coldingham, un long lunch à St Abbs, la visite du petit musée local, du temps pour observer les oiseaux sur les falaises… et on a bien fait, car ça nous a permis de vraiment bien profiter, sans stress!

Vers 18h, on a atteint Telegraph Hill, au-dessus de Dowlaw (où se trouve une ferme). On trouve un endroit où planter la tente et on abandonne nos gros sacs quelques instants pour aller voir la vue sur les ruines de Fast Castle, en contrebas.

Puis on a planté la tente, et j’ai rapiécé quelques trous dans mes chaussettes pendant que José nous préparait un délicieux plat de polenta avec sauce aux morilles (toute faite, faut pas exagérer ^^). Horreur, j’aperçois nos premières tiques du voyage, minuscules. Le “tick check” avant de se coucher révèle un sacré pactole: 9 tiques sur moi, 3 sur José (les tiques semblent me préférer, contrairement aux midges, qui font plus de dégâts sur José). Mais elles sont si petites, elles arrivent à peine à s’accrocher et on s’en débarrasse vite — elles finiront leur vie scotchées sur le rouleau de Leukotape. Bien fait, na! 😛

La vue depuis notre campement est belle, surtout quand le ciel prend des teintes rose-rouge. On aperçoit quelques “wind farms” (terrestres et marines) et d’énormes usines, mais autrement la vue est idyllique, avec North Berwick Law au loin, ainsi que Bass Rock, l’île de May et la côte du Fife.

Nous voici dans la tente, c’est l’heure de planifier un peu la suite, en écoutant le chant du coucou (le soundtrack du voyage, haha).

J’essaie de retrouver un rythme de publication plus régulier, tous les lundis et jeudis (sinon, je serai encore en train de rédiger cette rétrospective dans cinq ans!), donc à jeudi pour la suite! 😉

[Distance de la journée: 16.9 km et 661 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 38.9 km]

Scottish Diagonal #2 Adventure Bound

Bonjour!
Aujourd’hui, je vais vous raconter notre tout premier jour de trek sur notre “Diagonale écossaise”, le début de notre aventure à pied. 🙂

Cette journée a commencé par un trajet en train jusqu’à Berwick-upon-Tweed, la ville la plus au nord de l’Angleterre. Il nous aura fallu 50 minutes pour relier Edimbourg à Berwick, et ça allait nous prendre une semaine de retourner à la capitale écossaise en longeant plus ou moins la côte, selon le parcours visible sur cette carte (légende des points dispo dans cet article):

Le parcours de notre première semaine sur la Diagonale écossaise, de Berwick-upon-Tweed à Edimbourg

Pendant le trajet, on a vu défiler des paysages qu’on allait traverser à notre rythme les jours suivants, c’était chouette.

Une fois à Berwick-upon-Tweed, je m’émerveille devant les toilettes ultra propres et gratuites de la petite gare (il en faut peu pour être heureux ^^) puis on part en quête de gaz pour notre réchaud, qu’on a trouvé chez Trespass. On achète encore des sandwiches pour midi et nous voilà parés et prêts à partir!

On a trouvé Berwick plutôt sympathique, avec une chouette architecture et des fanions colorés, mais pas mal délabrée. Les goélands sont présents en force, et c’était difficile de trouver un banc dans le centre-ville qui n’était pas recouvert de guano. ^^

On a officiellement “lancé” l’enregistrement de notre parcours (avec la montre de José) devant l’église, et c’est parti!

On longe les quais puis un golf et un caravan park, deux trucs bien typiques du coin. Durant cette première semaine, on avait l’impression d’en traverser tous les jours!

Puis le sentier devient plus isolé. La côte est belle et variée, avec des falaises aux teintes rouges comme dans le Fife, des stacks et même des motifs impressionnants dans l’eau. José trouve que ça ressemble à des “ripples” d’une météorite qui seraient figées dans la pierre, moi j’imagine le dos crêté d’un dragon dormant en boule.

On observe nos premières colonies d’oiseaux marins, avec notamment des kittiwakes, guillemots et razorbills.

On a également vu plein d’autres oiseaux ce jour-là, dont des tarins, étourneaux, choucas, corbeaux freux, goélands, colverts, cygnes…

Le sentier aussi grouille de vie: bourdons, chenilles, araignées, papillons (dont un beau Paon du jour), escargots, coccinelles, cloportes et, surtout, plein, plein de petites mouches noires: des bibions, ou St Mark’s flies (Bibio marci). Elles portent ce nom car elles émergent en masse aux alentours du 25 avril, soit la Saint-Marc. On était le 28 avril, donc ce n’était pas étonnant d’en voir autant, mais ça rendait la conversation parfois difficile: on dirait qu’elles cherchent à tout prix à se faire avaler, donc on était obligés de respirer par le nez. Bon, ça tombait bien, Axel nous avait conseillé des exercices de respiration pour la rando qui impliquent de ne respirer que par le nez, haha! Les mouches devaient être de mèche avec lui. 😉

Après 8 kilomètres, on a passé la frontière anglo-écossaise, youhou! Celle-ci est marquée par un panneau de bienvenue en Ecosse, par contre il n’y a pas de panneau de bienvenue en Angleterre dans l’autre sens, haha (c’est d’ailleurs pareil sur l’autoroute, un immense panneau très accueillant pour l’arrivée en Ecosse, mais pas de petit mot gentil dans l’autre sens ^^).

On a pris quelques photos devant la frontière puis on s’est posés du côté écossais pour pique-niquer face à la mer, devant quelques ajoncs d’un jaune resplendissant.

Le sentier était aussi égayé par d’autres fleurs, dont des primevères, présentes en masse, et les premiers “sea pink” (Armérie maritime).

L’après-midi, on a longé quelque temps les rails de train (sur lesquels on était arrivés le matin même!) et notre marche était rythmée par le passage des trains.

Pour notre plus grand bonheur, on a aperçu un faucon pèlerin, wahou!

Puis le chemin nous a fait descendre une falaise, au pied de laquelle on a trouvé un petit village tranquille: Lower Burnmouth. On ne pensait pas trouver des maisons là, c’est comme si elles avaient surgi de nulle part, coincées entre la mer et la falaise.

Une habitante très sympa nous a vus arriver et a spontanément proposé de remplir une bouteille d’eau fraîche pour nous. C’était bienvenu, car il y a peu d’endroits pour se ravitailler en eau sur ce tronçon, et il faisait chaud. On a discuté un peu, c’était bien chouette. Elle nous a raconté qu’elle se sent parfois au bout du monde ici (en bien), surtout lorsqu’il neige et pendant le covid. Durant les lockdowns, puisqu’ils ne pouvaient pas bouger, elle a dit que la plupart des habitants n’avaient pas grand-chose à faire à part le ménage… et à 15h, quand ils n’avaient plus rien à nettoyer, ils sortaient tous vers la plage pour se retrouver et boire un verre, haha!

On s’est posés sur un banc face à la baie et on a admiré trois jeunes cygnes qui passaient. Le cadre était idyllique, si paisible. Et l’eau, si claire! Ça donnait envie d’aller explorer la côte en kayak — ce que la locale qu’on a rencontrée fait très souvent avec son fils, quelle chance!

Après une pause et une barre de céréales, on se remet en marche. On rejoint le port, bucolique. Soudain, on a l’impression de reconnaître l’endroit… C’est là que Cal Major a terminé son expédition en paddle autour de l’Ecosse, dans le magnifique documentaire Scotland Ocean Nation ! 🙂 Il est normalement toujours visible gratuitement sur STV (avec un vpn) et je le recommande chaudement!

Sculpture en bronze de Jill Watson à Burnmouth

On tombe aussi sur une oeuvre d’art très touchante de Jill Watson, qui commémore une tragédie ayant eu lieu en 1881, l’East Coast Fishing Disaster (aussi appelée Eyemouth Disaster). Le 14 octobre 1881, une tempête a en effet causé la mort de nombreux pêcheurs tout près de la côte, sous le regard impuissant de leurs familles, représentées sur la sculpture, face à la mer. On trouve des sculptures similaires dans tous les villages de ce bout de côte qui ont été touchés par la catastrophe, avec plus ou moins de femmes et enfants représentés selon la taille des villages et le nombre de familles touchées par la tragédie. A Burnmouth, 24 pêcheurs ont perdu la vie dans cette tempête.

Depuis le port, on attaque une longue montée pour retrouver le haut des falaises, couvertes de champs de colza.

Après plusieurs “headlands”, on aperçoit finalement Eyemouth, où on a prévu de manger le soir.

Eyemouth en contrebas

On observe un beau lièvre et on traverse un golf (encore!) avant d’atteindre le village à 18h, pile à l’heure pour chercher un endroit où manger.

On s’installe au restaurant The Ship, où on a dégusté un délicieux burger de cerf. On était super contents de cette première journée de trek, et ça faisait du bien de s’asseoir et de manger un bon truc bien gras, haha.

Mais la journée n’était pas encore terminée! Il nous restait encore à trouver un endroit où planter la tente. Après le resto, on a donc remis les sacs sur les épaules et on a continué à longer la côte.

Après être passés devant une autre sculpture de Jill Watson (cette fois bien plus grande, Eyemouth ayant perdu 129 personnes lors du Fishing Disaster de 1881), on remonte sur les falaises et longe un autre caravan park (il y en a vraiment beaucoup le long de la côte!).

J’avais repéré un headland sur OS maps qui avait l’air pas mal pour bivouaquer, 2 km après Eyemouth.

Effectivement, il y avait un large bout herbeux faisant très bien l’affaire, avec vue sur St Abb’s Head. On a planté la tente en admirant le coucher du soleil, un peu bouché par les nuages mais qui a tout de même teinté le ciel de rose.

Le temps qu’on se brosse les dents, que j’écrive dans le carnet et qu’on lise un peu, il était déjà 22h. On s’est couchés, seuls sur notre bout de falaise, très heureux que l’aventure ait si bien commencé!

A bientôt pour la suite de l’aventure! 🙂

[Distance de la journée: 22 km et 450 m de dénivelé positif]

Scottish Diagonal #1 On our way

Bonjour tout le monde!
Ça y est, c’est l’heure de véritablement commencer la rétrospective de notre récent voyage en Ecosse — eh oui, je vais mettre en pause celle du séjour de 2023, j’y reviendrai quand j’aurai terminé celle du trek, haha.

L’aventure a commencé par une longue journée de trajet en transports publics. On aime bien voyager en train, mais c’est toujours un peu stressant quand on a plusieurs correspondances — et surtout en France et au Royaume-Uni, qui ne sont pas connus pour la fiabilité de leurs liaisons ferroviaires… On a eu une première frayeur à Paris: comme d’habitude, on devait prendre le RER D pour passer de la Gare de Lyon à la Gare du Nord… mais les écrans d’affichage indiquaient que tous les RER D étaient annulés à cause d’un accident, argh! Google Maps annonçait environ 1h de trajet en taxi ou bus, les seules alternatives, ce qui nous aurait mis sacrément en stress pour passer les contrôles de l’Eurostar. Sauf qu’en fait ce n’était pas vrai, les RER D circulaient quand même… Bref, ce couac de communication nous a causé un petit coup de stress inutile (et pas qu’à nous, c’était le chaos dans la gare), mais on était contents d’arriver à temps à l’Eurostar — qui requiert d’arriver hyper en avance pour les contrôles douaniers et des bagages, pour ensuite nous faire poireauter mille ans (à peu près :P) dans un hall d’attente bondé.

Deuxième frayeur dans l’Eurostar: le train s’arrête juste avant le tunnel sous la Manche à cause d’un problème sur les voies. Retard annoncé: 60 minutes. Aïe, aïe, aïe, voilà qui nous ferait rater notre correspondance à Londres. Mais finalement le retard a été beaucoup plus court et on est arrivés à Londres à 16h, avec une demi-heure de marge pour prendre notre dernier train jusqu’à Edimbourg, héhé!

Partis de chez nous à 7h15, on est donc arrivés à la gare de Waverley à 21h15, après 14 heures de trajet et plein de scones au kale avalés (concoctés à la der’ afin de vider le frigo et le congélo avant de partir ^^) — et aussi plein de larmes versées dans l’Eurostar, car je lisais le récit larmoyant de Toby et Katie Carr, Moderate Becoming Good Later, que je recommande d’ailleurs à tous ceux qui aiment les histoires vraies d’aventures, le kayak, le Shipping Forecast et bien plus! (Evitez peut-être juste de lire les derniers chapitres en public si vous ne voulez pas recevoir plein de regards inquiets. ^^)
Une fois dans la capitale écossaise, on a marché jusqu’à notre hôtel vers Haymarket et, pour mon plus grand plaisir, on a pu constater que les cerisiers étaient encore en fleur (on n’était jamais venus à Edimbourg assez tôt dans la saison pour les voir). 🙂

On a passé deux nuits à Edimbourg, afin d’avoir une journée entière pour se reposer et faire quelques achats et visites. Finalement, on aura quand même fait 23’500 pas (et environ 18 km) durant cette journée de “repos”, haha!

C’était un dimanche, donc on a commencé par flâner le long de Princes Street pour admirer les cerisiers en fleur et la vue sur le château en attendant l’ouverture des magasins.

Notre mission “shopping”: trouver du gaz pour le réchaud (interdit dans l’Eurostar), du Smidge (le produit local anti-midges, tiques et insectes piqueurs en général) et des électrolytes (oubliés à la maison). Eh ben on n’aura trouvé que les électrolytes mais pas le reste, quel comble, surtout dans une grande ville! Il faut avouer qu’on est souvent déçus du peu de choix dans les chaînes “outdoor” au Royaume-Uni (dont Mountain Warehouse et Trespass), qui ressemblent parfois davantage à des magasins de vêtements en tout genre qu’à des spécialistes sportifs. En désespoir de cause, on a même osé entrer chez Sports Direct, une chaîne que j’ai en horreur. Peu importe la filiale, ça pue toujours le caoutchouc bon marché et les vendeurs rencontrés n’ont jamais été capables de nous renseigner — une vendeuse à Edimbourg ne savait même pas ce qu’étaient des midges! :0 Bref, sans surprise, on n’y a pas trouvé notre bonheur et on a décidé qu’on tenterait notre chance directement à Berwick-upon-Tweed le lendemain, avant de commencer le trek (spoiler alert: le Trespass de Berwick est mieux équipé que celui d’Edimbourg ^^).

Revenus bredouilles de notre mission shopping, on a pris la direction d’Abbeyhill, au nord de Holyrood Park. En chemin, on a croisé plein de petits lapins sur une pelouse de lawn bowling abandonnée, huhu. (Aparté: en vérifiant sur Internet que “lawn bowling” était le bon terme, j’ai découvert le mot français: boulingrin! Haha, on dirait un nom sorti tout droit de Kaamelott).

On est allés bruncher au Red Kite Café, où on a retrouvé nos amis Mathilde, Jonathan et Sarah. Ça faisait quasi deux ans qu’on ne s’était pas vus et ça nous a fait super plaisir d’avoir réussi à caser un moment pour se voir tous ensemble! 🙂

On a ensuite repris nos déambulations et on a marché vers le Royal Mile. On souhaitait admirer encore un peu plus de cerisiers en fleur, et nos amis nous ont conseillés d’aller à Canongate Kirkyard.

En chemin, on s’est arrêtés pour apprécier le calme des petites cours et ruelles et la beauté de l’architecture. On ne se lasse pas d’Edimbourg, on trouve toujours de nouveaux petits trucs à voir, des détails par-ci par-là! Cette fois-ci, on a adoré tomber par hasard sur Queen Mary’s Bath House, une mini maison qui a l’air d’appartenir à Hagrid, mais qui était en fait utilisée par la famille royale. La plaque d’information (que José lit sur la photo ci-dessous) précise que “whether it ever contained a bath is unknown”. ^^

Malgré toutes nos pauses, on a quand même fini par atteindre Canongate Kirkyard, et les cerisiers y étaient effectivement magnifiques!

Le vent créait des tempêtes de pétales et le sol était recouvert d’un tapis rose, c’était magique. On a passé un bon moment à admirer le lieu et prendre des photos. C’est sur le Royal Mile, et pourtant c’était si calme, on était quasi seuls. Je suis toujours épatée par le contraste entre la foule dans la rue principale et la tranquillité trouvée dans les cours et petits passages.

On a continué notre “parcours cerisiers” jusqu’à Greyfriar’s Kirkyard, pour profiter d’un moment paisible dans ce bel écrin de verdure.

Puis on a fait notre traditionnel passage au National Museum (aussi car j’avais besoin d’aller aux toilettes, haha). On a rapidement visité deux expos temporaires gratuites: une sur la période de la Guerre froide en Ecosse, et l’autre sur la pandémie de covid-19 et la création ultra rapide du vaccin (“Injecting hope”). C’était vraiment bien fait et sympa.

Après ça, c’était l’heure de notre visite guidée de Gladstone’s Land, un bâtiment du 17e siècle qui appartient désormais au National Trust. C’était vraiment super chouette et le guide (un bénévole à la retraite) était bien marrant.

La vue sur le Royal Mile (et la mer!) depuis les escaliers extérieurs de Gladstone’s Land

Les trois étages qui subsistent ont été aménagés pour représenter trois époques et contextes de l’histoire du lieu: une boarding house en 1911; un draper’s shop en 1766; et l’appartement de riches marchants en 1632.

On a appris plein de trucs intéressants, dont le sens du mot “secrétaire”: celui qui possède les secrets (et les tait)! Je n’en reviens pas de n’avoir jamais fait le rapprochement auparavant. Mon niveau d’époustouflement (si, si, on va dire que c’est un mot) était similaire à ce que j’ai ressenti lorsque j’ai réalisé que la couleur Bordeaux en anglais se référait à la Bourgogne, haha. ^^’

Après cette sympathique visite, on est ressortis dans la rue bondée et on s’est frayés un chemin en direction de l’université.

En effet, il nous restait un dernier arrêt sur notre “parcours cerisiers”: les Meadows. J’adore ce parc, qui est toujours très vivant et animé, avec plein d’étudiants posés dans l’herbe. Avec l’explosion printanière des cerisiers, qui forment deux belles allées roses traversant le parc, il y avait aussi plein de visiteurs et influenceurs photographiant les arbres en fleur.

On a flâné dans le parc, mangé un “kanelbulle” (= cinnamon bun) chez Söderberg, puis on a pris la direction de l’hôtel pour se reposer un peu.

En chemin, on a pu observer une adorable mésange à longue queue dans un cerisier, de retour sur Princes Street (malheureusement, elle a échappé à l’appareil photo ^^).

Le soir, on est ressortis pour manger dans un très bon resto libanais, on a récupéré nos billets de train prépayés à la gare de Haymarket puis on a passé une soirée tranquille à l’hôtel, prêts à commencer le trek le lendemain! 😀

Et voilà, c’est la fin de ce premier article de rétrospective. A tout bientôt pour la suite de l’aventure! 🙂