Sheltie19#4 Une capitale dans le brouillard

Bonsoir!
Je sens que le travail me rattrape et que je vais avoir de plus en plus de peine à publier des articles hebdomadaires… mais ce soir, je suis d’humeur procrastinatrice, donc voilà quand même un article sur notre arrivée à Shetland!

Nous sommes arrivés à Lerwick tout fatigués, après une nuit plutôt agitée, mais pas à cause des flots. C’est le bruit et la difficulté à trouver une position confortable qui ont entravé notre sommeil. Mais on n’a pas eu le mal de mer, donc on était contents, héhé.

On a découvert la capitale dans la brume. Il y avait tellement de brouillard qu’on discernait à peine l’île de Bressay, pourtant juste en face.
On a débarqué à 7h30 et on a flâné dans Commercial street, où tout était encore fermé. On attendait qu’un café ouvre pour pouvoir prendre le petit-déjeuner.

Partout dans le centre, des fanions apportent un peu de couleurs au milieu de la grisaille. Vous vous rappelez des closes d’Edimbourg, ces petits passages entre les rues? Eh bien à Lerwick, il y a la même chose mais en bien plus minuscule! Des passages tout petits dans lesquels on peut se perdre comme dans un labyrinthe.

Le coin est désert, ça donne un côté un peu mystérieux aux ruelles. Rien à voir avec l’atmosphère qu’on a eu l’occasion de voir plus tard durant les vacances, quand il y avait des bateaux de croisière dans le port.

Market Cross

Alors qu’on marche sous la bruine, on repère déjà des lieux qui apparaissent dans la série Shetland de la BBC. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une série policière adaptée des romans d’Ann Cleeves. Avec José, on l’adore! Et on n’est pas les seuls: ça a apparemment dopé le tourisme dans l’archipel (un peu trop, d’après certains), surtout en provenance des Etats-Unis.

On traverse Market Cross, là où le Jarl Squad vient afficher “the Up Helly Aa Bill” lors du festival du feu en janvier. Pour ceux qui veulent en apprendre plus sur Up Helly Aa, vous pouvez aller voir cette vidéo faite par l’humoriste Marjolein Robertson.
Puis on passe devant The Dowry, un bar-restaurant qui apparaît dans la série Shetland. Bien sûr, à cette heure-ci, c’est fermé (comme tout ^^).

Puis enfin, c’est l’heure de déjeuner! On va se poser au Peerie Shop and Café. “Peerie”, c’est l’équivalent shetlandais de “wee” (“petit”, donc). Durant cette première heure à déambuler dans Lerwick, on a d’ailleurs eu notre première expérience du dialecte shetlandais: on a pu essayer de traduire des textes affichés dans la vitrine d’une boutique de laine:

Une fois posés dans le café, avec des oeufs brouillés et des boissons chaudes, on se rend tout de même compte que le sol tangue un peu. Et qu’on est fatigués, aussi. On en profite donc pour se reposer, en admirant les superbes dessins affichés au mur. Et aussi des drôles de têtes de moutons en peluche.

Puis, dans les toilettes, c’est la découverte: un poème! Et on a vu ça dans plein d’endroits de Shetland. Il s’agit d’une initiative, Bards in the Bog, qui vise à amener de la poésie originale dans les toilettes publiques. ^^

Une fois requinqués, on part faire une petite marche pour découvrir Lerwick et les environs. En longeant le port, on voit notre première sterne des vacances, une sterne pierregarin! 🙂

On voit aussi un drakkar qui flotte dans le brouillard.

On aperçoit Bain’s beach, lovée entre deux lodberries, des maisons qui finissent directement dans l’eau.

Lerwick dans la brume
Bain’s beach

Puis on passe devant The lodberry, celle qui sert de décor extérieur à la maison de Jimmy Perez, le personnage principal de Shetland.

La maison de Jimmy Perez, dans Shetland

Puis on quitte gentiment le centre, on se retrouve dans des quartiers avec des sacrées baraques.

On marche jusqu’au Knab, un promontoire rocheux qui offre normalement de belles vues lorsqu’il n’y a pas de brouillard. ^^ On observe des fulmars, qui volent tout près de nous en faisant de grands cercles, et aussi des goélands, cormorans, sternes et un occasionnel fou de Bassan.

Le brouillard devient de plus en plus épais alors qu’on traverse un quartier résidentiel. On observe une petite dispute entre deux goélands qui se battent pour un vieil emballage en alu. C’est finalement l’adulte qui aura gagné…
On voyait que les sacs poubelles dans les jardins étaient toujours recouverts de filets de pêche ou autre. On a vite compris que c’était pour essayer d’éviter de voir tous ses déchets disséminés partout par les piafs. Déjà à Aberdeen, je me rappelle que les goélands étaient de véritables plaies avec les poubelles… Et une de mes potes s’était même fait voler son sandwich par un goéland!

On aperçoit ensuite une petite “cabane” de jardin version Shetland: des murs de pierre sèche et un bateau retourné en guise de toit. On en a vu un peu partout, c’est plutôt cool!

Nos pas nous ont ensuite menés jusqu’au broch de Clickimin, juste à la sortie de Lerwick.

Plein de sternes volent au-dessus du petit loch, et un cheval broute tranquillement dans son pré… mais pas encore de poney Shetland. 😉

On peut se balader librement au milieu des ruines, ce qui est vraiment sympa. On rampe pour se faufiler dans les petits tunnels, on admire le lichen et les petites fougères qui poussent au milieu des vieilles pierres…

Puis on retourne dans le centre, on traverse à nouveau Commercial street, et on arrive finalement au fameux Shetland Museum and Archives. Il pleut, c’est la météo idéale pour un musée!

On en apprend tout d’abord sur la géologie de l’archipel, sa faune, sa flore, avant d’aller déguster des patates garnies au café. On a un méga coup de barre, mais on se force à continuer la visite, et l’énergie revient! Surtout que le musée est très interactif. José s’entraîne à moudre du grain sur une quernstone — durant les vacances, il est d’ailleurs devenu un champion pour les repérer sur les sites archéologiques ^^ –, on admire de superbes artefacts de différents âges préhistoriques, d’anciens habits traditionnels, des bateaux — oui oui, il y a des bateaux entiers dans le musée — et on découvre plein de trucs sur l’arrivée du christianisme, les vikings, la vie rurale, la pêche, les guerres, le commerce, la laine, le passage des îles en mains écossaises, des légendes locales,…

Bref, il y a de quoi faire dans ce musée, qui est super bien fait (et gratuit, en plus!). En sortant, on passe devant Mareel, le centre culturel/hub/cinéma/théâtre/bar/école de musique. On ne le savait pas encore, mais on allait y passer plusieurs fois durant les vacances! 😉

Mareel

On est ensuite retournés à la voiture, en passant par l’office du tourisme, d’où on est ressortis avec un CD de musique shetlandaise gratuit.

Orques, fou de Bassan, mouton, jeunes… une fresque shetlandaise 🙂

Puis on a roulé direction le sud du Mainland, vers d’autres aventures…
C’est tout pour aujourd’hui, bye et à bientôt! 😉

Sheltie19#3 Pèlerinage aberdeenois

Bonjour!
Dans cet article, je vous emmène sur les traces de mon Erasmus à Aberdeen dans la “journée pèlerinage” qui a précédé notre départ en ferry pour les îles Shetland. 🙂

Et je commence par la révélation du jour: après trois ans passés à dire “aberdonien”, j’ai appris que l’adjectif en français était en fait “aberdeenois”. Pas sûr que j’arrive à m’y faire… ^^’

Bref, pour ce quatrième jour de vacances, on s’est réveillés à Cruden Bay avec le chant des oiseaux et le soleil tapant sur la tente. Notre voeu avait été exaucé: une tente sèche pour le voyage en ferry! Yihaa.
Dans la salle de bains du camping, on rencontre un superbe papillon de nuit avec le dessous des ailes orange. La veille, on était déjà tombés nez à nez avec un beau et énorme carabe. Puis une tourterelle a salué notre départ au détour d’un virage. C’est beau, la vie du camping!

Our buddy the moth

On a passé la matinée dans la réserve naturelle de Forvie, près de Newburgh, là où se trouve l’estuaire de la rivière Ythan.

C’est l’une des premières excursions que j’ai faites dans l’Aberdeenshire lors de mon Erasmus. C’était organisé par la Conservation Society et j’en garde des méga bons souvenirs. Une plage immense, une colonie de phoques se vautrant sur un banc de sable au loin, un vent infatigable et des oiseaux partout. 🙂

On commence la balade en traversant un petit bois puis un pâturage, où on croise déjà quelques joggeurs et des promeneurs de chiens. On marche dans des dunes herbeuses, avec des explosions de fleurs par endroits, et on passe devant une maison en ruines avec une inscription “Free the Scots” sur l’un des murs.

Puis l’herbe laisse la place au sable et on se retrouve sur une immense plage, face à la mer du Nord et aux éoliennes qui tournent inlassablement, les pieds dans l’eau.

Le soleil joue à cache-cache. Une seconde il est là, l’autre il disparaît derrière un gros nuage.

José qui m’attend car je prends trop de photos des empreintes d’oiseaux dans le sable…

C’est la période de reproduction pour les phoques et les sternes, donc l’accès à une partie de la plage est temporairement interdit, histoire de leur garantir un peu de paix.
En relisant mon carnet de voyage, j’ai bien ri en voyant que j’avais écrit, en parlant des phoques et des sternes qu’on n’avait donc pas vus à Forvie: “On en croisera peut-être sur Shetland!”
Haha, le vrai challenge aurait plutôt été de ne pas en croiser, comme vous vous en rendrez compte dans les prochains articles… 😉

Puis on quitte la plage pour les dunes. Wahou, c’est beau! Un monde de sable et de cailloux, comme des bosses de chameau recouvertes de touffes d’herbe.

Une transition cailloux-herbe-sable
Une dune immense et impressionnante, qu’il ne doit pas être facile de gravir!

Puis on rejoint les bords de la rivière Ythan, juste avant qu’elle aille rejoindre la mer du Nord. C’est le paradis des oiseaux: huîtriers-pies, courlis, mouettes rieuses, hirondelles de rivage, goélands, eiders à duvet. Il y a aussi plein de papillons qui volettent, et des squelettes de crabes un peu partout.

De retour à la voiture, on mange une pomme puis on file jusqu’à Aberdeen pour engloutir un délicieux panini chez Grub, juste à côté de l’uni. Ah, comme ces paninis m’avaient manqué! Je pensais pouvoir en manger à Glasgow ou Edimbourg lors de l’été 2018, mais j’avais découvert à ce moment-là qu’il n’y en avait qu’à Aberdeen, et ça avait été la grosse déception. ^^ En plus, les toilettes du Grub d’Old Aberdeen sont trop cool, avec des personnages de Star Wars recouvrant les murs, héhé!

Puis on s’est baladés sur le campus, ce magnifique campus, si beau, si majestueux, si chouette. Ça m’a rappelé tellement de bons souvenirs 🙂

King’s College Chapel, avec son clocher-couronne

J’en ai profité pour me faire prendre en photo avec plein de coins iconiques du campus, haha. Eh oui, car je me suis rendu compte il y a quelque temps que je n’avais même pas de photo de moi devant l’entrée de l’uni, alors que mes parents, oui! ^^

Ça faisait quand même tout drôle de se balader sur le campus durant les vacances, sans aucun étudiant. C’était tellement calme et dépeuplé… enfin, sauf sur le terrain de sport, où il y avait apparemment un méga tournoi de jeunes estival!

Puis on est allés en ville car j’avais des bouquins à acheter chez Waterstones, et des donuts chez Krispy Kreme. Eh oui, rien que des essentiels. ^^
Puis on a même encore eu le temps de se poser chez Books & Beans, un café-librairie trop bien où je n’étais pas encore allée car il était fermé à chaque fois que j’essayais d’y aller pendant le semestre, haha.

Et puis ça y est, on achète encore des sandwiches chez Boots (José était tout perturbé d’acheter à manger dans une pharmacie ^^) et on embarque sur le ferry, avec un stock de nourriture suffisant pour tenir la traversée. 😉

On reste sur le pont lors de la sortie du port et on regarde la terre qui s’éloigne. Ça souffle, les goélands glissent dans les airs. On scrute l’eau, mais pour l’instant point de marsouin ni dauphin.

On va se poser sur nos sièges et on observe les vagues en sirotant un cidre Magner’s (pour moi) et une bière brune des Orcades “Dark Islands” (pour José) . De temps à autre, on aperçoit de majestueux fous de Bassan, qui volent, plongent et flottent dans le creux des vagues…

Et voilà, il ne restait plus qu’à passer une nuit tranquille — or so we thought — et à se réveiller dans les îles Shetland! C’est d’ailleurs ainsi que j’ai fini le récit de la journée dans le carnet: “Et demain matin, on débarquera à Lerwick, sauf scénario “Titanic”!” (eh ouais, ça rime!)

Bref, c’est fini pour aujourd’hui, à bientôt pour la suite! 🙂

Sheltie19#2 Un peu plus au Nord

Hiya!
Je reprends là où je m’étais arrêtée dans l’article de lundi: le départ de l’East Lothian direction le Nord.

On a roulé de North Berwick à Perth, l’ancienne capitale de l’Ecosse, en passant par le pont du Firth of Forth, à côté d’Edinburgh.
Il y a un immense parc juste au sud du centre-ville (avec plein de corbeaux freux) et une église avec un clocher-couronne intact, l’une des trois dernières d’Ecosse avec King’s Chapel à Aberdeen et St Gile’s Cathedral à Edinburgh.

St Leonard’s in the Fields

On a mangé d’incroyables pizzas au restaurant Cardo. C’était vraiment un hyper bon repas, avec un moelleux au chocolat avec coeur à la fraise en dessert pour couronner le tout. On a tellement aimé qu’on s’y est de nouveau arrêtés lors du retour de Shetland. ^^

Perth

On a ensuite repris la route en longeant plus ou moins la côte est. On a à nouveau essuyé de sacrées averses, mais passagères, tout en traversant une campagne rappelant la Comté, avec des collines recouvertes de champs et des petits bois parsemés ici et là.

On a fait un bref arrêt aux falaises surplombant la plage de St Cyrus, longue de 3 miles. On observait la vue quand soundain on a été enveloppés par un épais brouillard.

St Cyrus
Nuages sombres à l’horizon
Foxgloves

Avec l’arrivée de la brume, une fille qui dessinait, assise sur un banc, a levé les voiles et on l’a vue s’éloigner vers le village, l’église désormais presque invisible.

On a repris la route, dépassé Aberdeen, et on est allés planter notre tente à Craighead, vers Cruden Bay. En chemin, on aura vu des vaches Galloway, des éoliennes dans la mer avec une lumière incoyable, des nuages de toutes les formes et nuances de gris, de beaux vieux arbres, des châteaux, des églises, des moutons!

Jumelles autour du cou, on part se promener à Bullers of Buchan, un endroit où j’avais toujours eu envie d’aller.

Ça souffle fort, le ciel est menaçant, et des oiseaux volent partout! Goélands, guillemots, kittiwakes, fulmars, cormorans, dans l’eau, dans les airs, sur les falaises. Quelle ambiance! Ça bouge, ça crie… et ça sent. ^^

Puis, José les repère: les premiers macareux du voyage! 🙂
On emprunte un sentier bien boueux qui longe les falaises direction le sud, pour essayer de mieux les observer.

Bien vite, on commence à en voir partout! Des petits perroquets des mers perchés à l’entrée de leurs terriers, ou flottant à la surface de l’eau.

On observe leurs va-et-vient ainsi que la magnifique vue sur les falaises et les champs environnants.

On est accompagnés par une fine bruine alors qu’on continue notre balade, entre boue, bruyères en fleurs et nuages bleu-gris.

Pas facile de prendre en photo les macareux en vol en contrebas
Kittiwake et razorbill

Puis le ciel s’est dégagé et on a eu droit à un magnifique coucher de soleil. Des passereaux volaient dans tous les sens au-dessus des champs et toute la campagne baignait dans une lumière dorée.

On a marché jusqu’à apercevoir les ruines de Slains castle, un château qui a apparemment joué un rôle d’inspiration pour l’auteur de “Dracula”. Au loin, on revoit les “éoliennes de mer”, proches d’Aberdeen.

Slains castle

On a fait demi-tour et on est rentrés au camping pour faire à manger et déguster du cidre écossais acheté le matin. On était bien crevés, mais tellement heureux de cette journée bien remplie, durant laquelle José a vu ses premiers puffins!

A lundi pour la suite! Bye!

Sheltie19#1 De la Suisse au sud de l’Ecosse

Hi there!
C’est parti pour le début de la rétrospective shetlandaise 2019!
Ça me fait incroyablement plaisir de penser à tous ces articles à écrire, les photos à trier, les anecdotes à rassembler, car c’était vraiment un voyage magnifique. Avec José, on en garde de super souvenirs, que je me réjouis de partager ici.

Comme tous nos derniers voyages dans les îles britanniques, celui-ci a commencé par la longue route jusqu’à Dunkerque, désormais presque familière, avec le passage dans les Vosges (et un pic-nic accompagné de Caloptéryx!), la “troutoroute” belge (en voie d’amélioration!), les noms de lieux marrants (Remiromont, Lunéville, Mondelange, Amnéville, Bouillon, Recogne et Faucogney, notamment), les pauses-café, les pneus éclatés gisant sur le bord des routes et le ciel nuageux toujours magnifique en arrivant dans le Nord, comme une aquarelle champêtre. (Ah, et cette année, la nouveauté: les radars gilets-jaunisés!)

Et comme d’habitude, l’arrivée fatiguée à Saint-Pol-sur-Mer avant le réveil aux aurores, le lendemain, pour prendre le ferry!

“Elena is hiding inside!”, vu au terminal du ferry à Dunkerque

Mais “Horreur! Catastrophe! Tragédie!” (citation tirée du carnet de voyage): cette année, point de cookie.
Pour ceux qui ne seraient pas au courant, l’intérêt principal du ferry Dunkerque-Douvres, c’est qu’on pouvait y acheter (à la belle époque…) le plus délicieux cookie du monde, avec du chocolat belge. Plus maintenant… Mais bon, je m’en suis vite remise, comme le prouve le carnet de voyage:
“J’avais juré de mettre le feu au ferry si jamais il n’y avait pas mon cookie (j’avais un pressentiment…), mais finalement j’ai été raisonnable et j’ai juste pris un English breakfast.” ^^

La traversée s’est bien passée, on a débarqué à Douvres, acheté les trucs “Don’t dazzle!” à mettre sur les phares pour ne pas éblouir ceux d’en face avec notre voiture du “Continent” (+ des nouvelles ampoules pour les phares car il y en a qui avaient rendu l’âme le premier jour de route…), recollé notre sticker de conversion kmh/mph, puis on s’est élancé sur la route direction le Nord!

On prend le tunnel sous la Tamise (qu’il faut payer en ligne avant minuit le lendemain) et on alterne entre “dual carriageways” et autoroutes à 8 voies. Conduire en Angleterre, ce n’est pas de tout repos. Il y a des fous du volant qui foutent franchement les jetons et 40’000 camions. C’est presque pire que le périph’ lyonnais, c’est dire (je dis ça car on a failli mourir en allant à Lyon pour un concert de Lindsey Stirling, il y a quelques semaines. Un mec se croyait clairement dans “Taxi” et ça roulait n’importe comment).

L’effet miroir du selfie donne même l’impression qu’on a une vraie voiture britannique! ^^

Néanmoins, on a survécu! 🙂
Et c’est même passé plutôt vite, en chantant, écoutant de la musique et rigolant de la toponymie (franchement l’activité la plus prenante à faire sur l’autoroute. Petit florilège: Lolworth (“where it’s worth laughing out loud”), Boston, Lincoln, Hungerton, Cromwell, Carcroft, Scotch Corner, Bishop Auckland, Dollar, Chester-le-Street, Coldstream, Eyemouth, Skillington, Little Pinkerton et plein d’autres -ton).

Plus on montait vers le Nord, plus les vaches cédaient la place aux moutons. Il a pas mal plu (à chaque fois qu’on a un long trajet à faire au UK, on a un “heavy rain forecast – yellow warning”), mais on a quand même eu droit à de beaux paysages aux teintes pastel, avec de chouettes nuages et de superbes arbres.

Enfin, on arrive en Ecosse (il y a même un “border viewpoint” pour admirer le panneau de bienvenue) et on se pose à Dunbar, dans l’East Lothian, au bord de la mer du Nord. On plante la tente dans un camping (trop) cher, et on a vite compris pourquoi: c’était du luxe, il y avait carrément de la musique dans les douches. Du chouette swing, mais ce n’est pas franchement essentiel. ^^’

Le truc vachement plus cool, c’est qu’il y avait un étang juste à côté. On va se promener dans la bruine et on repère quelques Enallagma cyathigerum (les seules libellules des vacances!) prêtes à dormir, des poules d’eau avec leur progéniture, des foulques, des colverts, des lapins, des hérons, des mouettes, des midges, des pies, des corbeaux, des goélands… et des grèbes castagneux, avec un poussin juste adorable. Les adultes sont déjà tellement choupinets, impossible de ne pas craquer devant leur petit!

Le repas du petit grèbe castagneux (photo moche)

On observe un bon moment la famille de grèbes aux jumelles, puis on va se promener sur le front de mer, où on croise encore plus d’oiseaux, dont un courlis.

Dunbar est le lieu de naissance de John Muir, le fameux naturaliste et philosophe environnemental, et se trouve bien sûr sur l’itinéraire de la John Muir Way, une voie de 215 km pour marcheurs et cyclistes.

Dunbar est aussi connu pour le Belhaven Bridge, ce petit pont qui permet de traverser la petite rivière Biel pour rallier la plage à marée basse.

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A marée haute, ce Bridge to Nowhere est entouré d’eau, ce qui donne un joli petit effet. Et le groupe de musique Tide Lines a aussi fait des photos trop classes là-bas!

On a croisé de nombreux escargots et limaces, témoins du temps pluvieux

Depuis la plage, outre le pont, on aperçoit un autre landmark de l’East Lothian: Bass Rock! Ce rocher est recouvert de fous de Bassan, et a d’ailleurs donné son nom français à l’oiseau. Ce serait même la plus grande colonie de fous de Bassan au monde, avec parfois jusqu’à 150’000 individus!
L’îlot est aussi appelé “l’Alcatraz écossais”, car il a servi de prison (pour opposants politiques ou religieux, Jacobites, etc.).

José sur le pont de Belhaven

Après une bonne nuit à être bercés par le bruit de la pluie sur la toile de tente, on va voir Bass Rock de plus près en allant à Seacliff Beach, une plage qui apparaît dans la dernière scène du film “Outlaw King”. On y accède via une route privée à 3£ avec barrière automatique dans la forêt, on n’avait jamais vu ça! ^^’

On va d’abord se promener le long de champs au-dessus de la plage. On croise un lièvre, on voit plein de chardons, et on admire la superbe vue sur Bass Rock et les ruines de Tantallon Castle

Le temps était typiquement écossais. Un instant du soleil, le suivant de la pluie, et un peu tout entre-deux. 😉

Tantallon Castle

Je ne me lassais pas de prendre Bass Rock en photo. Je le trouve fascinant, avec son phare planté au milieu de l’îlot, sa roche blanchie par le guano, les milliers d’oiseaux volant tout autour.
Mais je n’étais pas la seule en mode paparazzi. 😉

Plus à l’ouest, on aperçoit North Berwick Law (ci-dessus), une colline conique de 200 mètres d’altitude qui surplombe les environs.

Le pays des chardons 🙂

Finalement, on descend jusqu’à la plage, où on a passé un super moment. On s’est éclatés comme des petits fous, à courir dans le sable et faire des séances photos.

Il y avait plein de vie, malgré le peu de monde: une famille qui se baignait, des cavaliers qui sont passés le temps d’un petit galop, des courageux qui faisaient du Stand-up Paddle,…

On a posé le trépied dans le sable et fait plein de photos, en profitant de tout l’espace à disposition… Du coup, l’appareil était souvent loin de là où se trouvait José, et ce dernier agitait les bras en se marrant quand je n’arrivais pas à le rejoindre à temps pour le premier déclenchement (pourtant je courais)! ^^

Puis on s’est chopés une grosse averse et on a gentiment plié bagage. Bien sûr, le temps qu’on s’installe dans la voiture, il y avait de nouveau du ciel bleu! ^^ Mais il fallait de toute façon qu’on reprenne la route, car notre épopée vers le Nord était encore loin d’être finie… 😉

Bye et à bientôt pour la suite!
Je vais essayer de publier des articles tous les lundis et jeudis, mais je pense pouvoir dire avec une quasi-certitude que je n’y parviendrai pas chaque semaine…!