Scot25#49 A fine detour to Sgùrr na Stri

Hello!
C’est parti pour la suite de la rétrospective du Skye Trail, que je reprends lors du solstice d’été, qu’on a commencé à Sligachan. 🙂

On n’a pas très bien dormi au camping de Sligachan, à cause d’un groupe qui a fait beaucoup de bruit jusqu’à 2h30 du mat’, c’était pénible. Le matin, on a donc commencé par boire un mocha (la réception du camping a une vraie machine à espresso!) et manger un muffin avant de plier la tente et partir sans stress à 9h. Malgré le boucan nocturne, c’était un bon camping, on a même pu charger nos batteries — par contre on entendait aussi pas mal la route.

On traverse la rivière Sligachan sur le fameux vieux pont de pierre (construit entre 1810 et 1818 par Thomas Telford), on passe les statues de Collie et MacKenzie (deux alpinistes célèbres), puis on s’enfonce dans Glen Sligachan.

L’air est lourd et il fait de plus en plus chaud à mesure que le ciel se bouche, les nuages formant un couvercle au-dessus de nos têtes.

Sur notre gauche se dressent les Red Cuillins, et sur notre droite, les Black Cuillins, avec leurs pics acérés.

Vers 11h, on plante déjà la tente. On a en effet des plans qui dévient du Skye Trail: gravir Sgùrr na Stri, un petit sommet de 494 m réputé pour ses vues incroyables.

On laisse dans la tente les affaires dont on n’a pas besoin et on prend juste l’essentiel dans mon sac à dos: snacks, eau, Garmin InReach, waterproofs, lampe frontale, couverture de survie… et, bien sûr, Hallival, notre nouveau compagnon mouton! 😉

José porte le sac et moi juste la banane avec l’appareil photo, je me sens si légère!

On monte d’abord jusqu’à un col proche de Sgùrr Hain, d’où on voit le beau loch a’ Ghoire Riabhaich et déjà un petit bout de Loch Coruisk, héhé! (Ça faisait des années que je rêvais de venir dans ce coin, soit en marchant, soit en bateau jusqu’à Loch Coruisk, donc j’étais vraiment trop contente!)

Au lieu de rallier le loch, on emprunte un autre sentier qui descend un peu puis remonte pour atteindre Sgùrr na Stri. On croise quelques autres personnes en montant mais on a le sommet pour nous tout seuls, et on y passe un bon moment. On se pose sur un des nombreux “slabs of gabbro” (la géologie du coin est ouf!) pour grignoter des noix et avaler une barre de céréales en admirant le paysage.

Comme attendu, les vues sont incroyables, malgré les nuages qui dissimulent un peu les sommets alentour. Ça ajoute un peu d’atmosphère “moody” aux Black Cuillins.

On surplombe d’environ 490 m “the Bad Step”, un passage rocheux notoirement scabreux le long de Loch Scavaig, et Loch Coruisk est visible en entier en contrebas. Il y a quelques bateaux et kayaks au bout de Loch Scavaig. L’eau a des teintes turquoise, c’est si beau. Des taches de soleil se déplacent rapidement à la surface, reflets de la course des nuages qui viennent envelopper les pics de la Cuillin Ridge.

Côté mer, on devine l’île de Rùm (mais pour qu’Hallival puisse voir la montagne dont il porte le nom, il faudra qu’on repasse un jour moins nuageux ^^) et on discerne tout juste Eigg, avalée par la brume. Par temps dégagé, on est censé voir jusqu’à Mull, mais ce n’était malheureusement pas le cas ce jour-là.

Depuis le “vrai sommet” de Sgùrr na Stri, on voyait bien Loch na Crèitheach, qu’on a longé le lendemain, et la baie de Camasunary. On apercevait aussi Elgol et la péninsule de Sleat au loin, mais c’était pas mal hazy.

Le nom anglais de Sgùrr na Stri est “Peak of Strife”. D’après une légende locale, c’était le lieu de vieilles disputes territoriales entre des clans, car la montagne représentait une frontière stratégique entre différents territoires.

Malgré les vues pas optimales, on ne regrette ce petit détour: c’était vraiment beau et ça faisait du bien de marcher un peu sans les gros sacs!

Le spectacle des nuages et du vent est également grandiose: des nuages dansent sur les crêtes et couvrent Blà Bheinn, d’autres sont poussés par le vent depuis la vallée et volent au-dessus du col sur le chemin du retour, c’est hypnotisant.

On croise un groupe de quatre Britanniques qui veulent rejoindre Camasunary mais ne sont pas sûrs de l’itinéraire, donc on sort la carte pour regarder les options avec eux. On croise aussi plein de petites bêtes: des papillons et moths, des coléos et des libellules (à quatre taches et des cordulégastres).

Le reste du retour jusqu’à la tente est un peu laborieux: il fait tellement chaud et lourd, on fatigue et on marche un peu en pilote automatique. On se rince dans un petit burn, ça fait du bien même si l’eau n’est pas si froide. On retrouve le Lochan Dubha, illuminé par instants par des rais de lumière qui balaient le glen, c’est magique.

Ce spectacle de lumière nous donne l’énergie nécessaire pour les derniers mètres avant de retrouver la tente, “tucked in” pas loin du sentier et entourée de bruyère en fleur.

José part chercher de l’eau à un burn (elle est si bonne et claire!) pendant que je gonfle le matelas (rapido, grâce au vent). On observe un faucon qui chasse un passereau dans une bataille aérienne frénétique et sans merci, wow.

On a ensuite mangé un délicieux poulet au curry korma d’Expedition Foods, suivi d’un chocolat chaud et de chocolate digestives en dessert, yum.

On a gardé toutes les écoutilles de la tente ouvertes pour que la brise nous rafraîchisse, et je me suis assoupie alors que j’étais en train d’écrire dans le carnet, avant de me réveiller vers 21h et de lire un peu avant de dormir, comme José.

Hallival dans la bruyère

On se sentait bien fatigués mais c’était une très bonne journée. Et c’est ainsi qu’on s’est endormis heureux, dans le calme de Glen Sligachan, après avoir enfin pu admirer “one of the finest views in Britain”. 🙂

[Distance Jour 5: 19.8 km et 880 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 89.1 km]

Scot25#48 Feeling hot, hot, hot

Bonjour!
C’est parti pour la suite de la rétrospective du Skye Trail. 🙂

Nous avons passé une bonne nuit à Fiurnean, je me suis juste levée à 2h20 pour un petit pipi (la faute aux électrolytes bus le soir, et à mon âge de plus en plus avancé, sans doute! ^^) et j’ai pu admirer un croissant de lune en feu, c’était magique. On sent qu’on approche du solstice, la nuit n’est pas très obscure. J’ai ensuite mis deux heures à me rendormir mais je ne me sentais étonnamment pas fatiguée. On a quand même repoussé le réveil à 7h30, avant de plier bagages sous un grand soleil.

La marche jusqu’à Portree était splendide, toujours le long de la côte, avec ce beau Ben Tianavaig qui donne des airs de fjord scandinave à la baie.

On voit plein de choucas, des corneilles mantelées, des étourneaux et même un grand busard majestueux (voire un petit aigle?).

Moins cool, on voit aussi une grosse “fish farm” avec plusieurs bateaux qui s’activent autour (en faisant des bruits d’hélicoptère). Durant la Diagonale, j’ai lu “The Black Loch”, de Peter May, qui parle notamment des impacts environnementaux désastreux de ces piscicultures en eaux libres. Plus récemment, j’ai aussi lu “The Last Sunset in the West – Britain’s Vanishing West Coast Orcas” de Natalie Sanders, qui parle du déclin de la communauté d’orques vivant entre l’Irlande et l’ouest de l’Ecosse. Elle y parle, entre autres pressions, du risque posé par les “répulsifs acoustiques” utilisés par ces élevages et qui visent à éloigner les prédateurs tels que les phoques, mais causent aussi plein de problèmes aux cétacés.

On a un très bon rythme et on avance plus vite que ce qu’on pensait, malgré les montées/descentes et la bogginess. On commence à longer la baie de Portree. Prés fleuris, sous-bois… c’est vraiment très sympa.

On passe de plus en plus de gens et de bancs, signe qu’on approche de Portree.

On y arrive vers 11h et on enchaîne des petites courses pour faire le plein de snacks. On a goûté des boissons “Whole Earth”, la marque de notre peanut butter préféré, et c’était vraiment bon et rafraîchissant, parfait par ces grandes chaleurs.

On s’est ensuite posés au café Summer — c’était vraiment de circonstance, vu l’ambiance estivale, avec plein de gens en robes et shorts — pour un bon mocha, un sandwich focaccia et un cookie un peu trop sucré.

On réserve un taxi pour 13h, pour sauter une partie des 14 km de “road walking” que comporte l’étape suivante. Le chauffeur a 40 minutes de retard, mais on n’est pas pressés, on se pose vers le square, où des enfants font un concert de musique écossaise à la flûte (on apprend qu’ils ont congé le vendredi après-midi, sympa). Je fais aussi un petit tour dans une boutique, où je trouve des peluches de moutons “Black Face”, avec les cornes. J’en avais vu une en 2022 à Oban et j’avais vraiment regretté de ne pas l’avoir achetée pour agrandir mon troupeau de moutons en peluche, donc cette fois-ci, je n’ai pas hésité, surtout qu’il y en avait une petite, “backpacking size”. On a prénommé notre nouveau compagnon laineux “Hallival”, du nom d’un sommet de Rùm gravi en 2023. 🙂

Puis notre chauffeur de taxi arrive enfin et nous conduit direction The Braes, un lieu important de l’histoire de la lutte des Crofters pour leurs droits. On ne regrette clairement pas notre choix d’avoir skippé cette section: que de la route au soleil, sans franchement de vues. Le taxi nous dépose vers Gedintailor, un peu avant la fin de la route, pour qu’on puisse faire un petit détour par Camas a’ Mhór-bheòil, une jolie plage.

On fait le tour de la mini péninsule, d’où on voit bien le ferry pour Raasay, juste en face. Il y a plein de cormorans sur des petits falaises et stacks, et la côte doit être chouette à explorer en kayak, avec quelques grottes.

Il y a plein de digitales immenses, ployant sous le poids des fleurs et ajoutant des touches roses au paysage, comme la bruyère de plus en plus fleurie.

On marche ensuite 2 km sur la route (comme on est contents de ne pas avoir fait les 12 km précédents!) avant de rejoindre un sentier mi-boggy, mi-caillouteux le long de loch Sligachan.

Il fait si chaud! A un moment, une petite cascade au milieu de quelques arbres offre une oasis de fraîcheur bienvenue.

On guette les rives du loch, en quête de loutre ou phoque, mais on voit juste un canoë et un groupe d’oies cendrées. On fatigue, malgré la “petite” journée, et on est contents d’atteindre le bout du loch, où des moutons paissent au milieu du sea pink des marais salants.

Encore quelques traversées de burns et de boggy pools et nous voici au camping de Sligachan, où on retrouve les Gallois rencontrés sur la Trotternish Ridge.

Après une bonne douche, on mange des tacos au food shack du camping, yum! Puis on n’a pas fait tard, on était pas mal crevés, mais heureux de cette belle journée ensoleillée!

Bye et à bientôt pour la suite!

[Distance Jour 4: 18.8 km et 389 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 69.3 km]

Scot25#47 Up and down, all the time

Hello et bienvenue pour la suite du récit de notre semaine sur le Skye Trail en juin 2025. On continue la rétrospective avec une superbe mais intense journée (c’était notre 2e jour d’affilée à plus de 1000 m de dénivelé positif). 🙂

Durant notre nuit en contrebas de Beinn Edra, nous avons été enveloppés dans un épais brouillard — Skye porte bien son surnom de “Misty Isle”. Je n’ai pas très bien dormi, donc on a repoussé un peu le réveil mais on a quand même réussi à tout plier pour 8h30, sans se presser.

Le ciel était encore bien nuageux durant la matinée, dissimulant des sommets de la Trotternish Ridge, mais on a malgré tout eu droit à de splendides vues et quelques belles lumières!

La géologie du coin a créé des paysages vraiment fous: falaises à pic couvertes de mousses, méandres de rivières en bas, cirques montagneux, cuvettes herbeuses, pics rocheux…

L’itinéraire du jour était simple à suivre: le long de la crête, gravir une colline, descendre de l’autre côté, gravir la suivante… avec des pentes toutes plus raides les unes que les autres, bien sûr. 😉

Ça m’a inspirée pour une petite chanson sur l’air de “The Wheels on the bus”:

♫ The hikers on Skye go up and down,
up and down, up and down.
The hikers on Skye go up and down,
all the time! ♫

On a croisé deux Gallois rencontrés la veille, qui avaient campé un peu avant nous sur la Ridge. Ils étaient très sympas et on les a revus plusieurs fois durant la journée. Du côté des rencontres à plumes, on a vu un beau faucon crécerelle. 🙂

On se pose au sommet de Sgùrr a’ Mhadaidh Ruaidh (593 m) pour notre “second breakfast” (= porridge), durant lequel on est rejoints par un peu de bruine et quelques midges, l’arnaque! 😉

Un peu plus loin, on atteint le sommet le plus haut du jour: Hartaval (668 m). Des sources d’eau semblent émerger directement de la mousse, c’est magique.

Puis on arrive en contrebas du Storr et on rejoint son Old Man. Comme prévu, il y a foule, et c’est une expérience bien différente de notre première visite, en 2016, quand on avait découvert le Old Man of Storr au lever du soleil, dans un cadre paisible et magnifique.

On ne s’attarde pas et on descend le long chemin jusqu’au parking, croisant la foule qui monte et survolés par plusieurs drones. On retrouve aussi les Gallois, qui ont décidé de faire du stop depuis le parking pour pouvoir dormir à Portree ce soir.

Au parking, on fait le plein d’eau et on s’octroie une pause vers une “Coffee shack” à deux pas de là: cappuccino, brownie, blueberry muffin et même carrot cake (celui de trop, un peu écoeurant). Le tout en admirant la vue désormais parfaitement dégagée sur les montagnes de Torridon, wahou!

Puis c’est reparti: on longe un bout de Loch Leathan sur une petite route qui nous amène vers la mini usine hydroélectrique de Bearreraig, d’où la vue est bien belle: falaises couvertes d’arbres (balèzes!), superbe baie, ruine de bothy.

C’est un coin connu pour les fossiles, mais on a la flemme de descendre jusqu’à la plage donc on se contente de l’admirer depuis en haut. Les couleurs sont superbes: digitales roses, roches ocres, végétation d’un doux vert, eau bleu profond… 🙂

On enchaîne avec une section “pathless” dans la tourbière, qui inspire la suite des paroles de ma chanson du jour, toujours sur l’air de “The Wheels on the bus”:

♫ It’s time for another slog through the bog,
through the bog, through the bog.
It’s time for another slog through the bog,
yes, it’s time! ♫

Je peine un peu au début car j’ai hyper mal à la tête, comme un début d’insolation. Mais un paracétamol, la belle lumière et le paysage me font vite aller mieux. C’est si beau!

Le Storr dans notre dos, les îles de Rona et Raasay au soleil sur notre gauche, les Cuillins dégagées au loin, les montagnes du mainland… Toute cette beauté nous fait chanter de bonheur (sur le soundtrack du film “A Knight’s Tale”, notamment)!

Après une ultime pente raide, on atteint Fiurnean, une splendide colline peuplée de moutons Black Face (et de bourdons, syrphes et moths!). On admire Ben Tianavaig un peu plus loin, qui garde l’entrée de Loch Portree, d’où émerge tout d’un coup un énorme bateau de croisière. On ne s’attendait pas à le voir là!

On plante la tente, et il fait si bon qu’on passe la soirée avec toutes les “portes” ouvertes, c’est si agréable!

Le “chicken rice with vegetables” d’Expedition Foods est testé et approuvé, puis on profite d’avoir du réseau pour réserver quelques trucs pour la fin du voyage.

Il faisait tellement beau, j’ai pris un nombre très exagéré de photos de notre campement, haha. On a presque tenu jusqu’au coucher du soleil (vers 22h30) puis on s’est couchés, accompagnés par le bêlement des moutons, les sifflements plaintifs des pluviers dorés et le chevrotement des bécassines.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui. C’était vraiment une de mes journées préférées sur le Skye Trail, et la météo complaisante n’y était sûrement pas pour rien! 😉

A bientôt (j’espère) pour la suite!

[Distance Jour 3: 22.9 km et 1058 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 50.5 km]

Scot25#46 A Landscape of Lava

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective de notre semaine sur le Skye Trail. Je reprends le récit à Flodigarry, où nous avons passé une nuit bien reposante à l’hôtel suivie d’une merveilleuse journée sur Skye. C’est fou, comme un peu de repos et de nourriture font toute la différence!

On a très bien dormi dans le cottage de Flora MacDonald puis on a mangé un bon petit-déj’: porridge / granola et un bacon-black pudding-crumpet stack / mushrooms on toast. C’était délicieux, mais plutôt léger. Ces restos “gastronomiques” ne satisfont pas nos appétits de randonneurs (dommage, vu leur prix). ^^

Le check-out était à 11h et on a décidé de profiter au max de la chambre en retournant se blottir dans le lit tout en regardant une vidéo de Fit For Adventure (“Paddleboarding Knoydart“, qui nous a d’ailleurs méga donné envie d’aller pagayer!).

A 11h, bien reposés, on commence donc à marcher, sous un ciel gris mais sec.

On rejoint Loch Langaig, qu’on longe avant de prendre de la hauteur et de passer un autre plan d’eau: Loch Hasco.

Dans un coin, la bruyère tout autour de nous est calcinée, il a dû y avoir un sacré feu il y a quelque temps.

Nous voilà dans le fameux Quiraing, “a crazy world of cliffs and pinnacles” (dixit le guidebook). C’est vraiment incroyablement beau! On admire les trois célèbres formations géologiques du Quiraing: “the table”, “the needle” et “the prison”.

Alors qu’on était quasi seuls jusque là, on commence à croiser de plus en plus de monde à mesure qu’on se rapproche du parking, mais rien de dérangeant — ça restait moins pire qu’un dimanche ensoleillé au Salève… sauf quand on a rattrapé le “Charity Challenge” de la veille. Le groupe galérait dans une descente un peu caillouteuse et créait des bouchons, mais heureusement on a pu le contourner grâce à un sentier juste à côté (qui était d’ailleurs le vrai tracé indiqué par notre gpx).

On s’est émerveillés devant la vue de la suite de la Trotternish Ridge — qu’on allait parcourir tout le reste de la journée et un bout du lendemain. Lors de notre premier voyage sur Skye, en 2016, on n’avait pas pu s’arrêter car le parking du Quiraing (alors beaucoup plus modeste) était plein, donc ça faisait plaisir de pouvoir revenir et bien prendre notre temps dans ce si bel endroit.

Arrivés au fameux parking, on s’octroie une pause pour manger des burgers servis par un food truck (et acheter des muffins pour plus tard ^^). Puis on attaque la suite de la Trotternish Ridge, yihaa!

Les paysages sont absolument magnifiques, c’est à couper le souffle (et pourtant, ça souffle! ^^).

Ça monte et descend constamment et on s’émerveille à chaque nouveau point de vue. J’ai donc bien sûr exagéré avec le nombre de photos, oups. 😉

Le vent est sans relâche et on s’abrite derrière un pan de mur de pierre pour déguster nos muffins au chocolat au calme. Je trouve que le plus usant avec le vent incessant quand on marche, c’est le bruit (et se faire constamment fouetter le visage, aussi). Heureusement, le vent ce jour-là n’était pas si fort (les moutons Black Face avaient d’ailleurs encore leurs cornes), juste constant.

Le panorama est si riche: on admire la côte vers Staffin, les îles de Rona et Raasay, des lochs, des pointes rocheuses, des falaises…

Ces paysages spectaculaires ont été façonnés par le plus grand glissement de terrain connu en Grande-Bretagne, lié à des coulées de lave basaltique qui ont déstabilisé les roches sédimentaires sous-jacentes formées durant le Jurassique. D’énormes blocs de roche ont alors glissé vers la mer, laissant derrière eux un paysage déchiqueté fait de falaises abruptes, pitons rocheux, cratères herbeux et bien plus.

En marchant sur cette crête, on se sent vraiment transportés dans un autre monde, ou un autre temps, et on s’imagine volontiers croiser des dinosaures — Skye est d’ailleurs un des sites paléontologiques les plus importants du monde. Lors d’un prochain voyage, il faudra qu’on parte en quête des fameuses empreintes de dinosaures fossilisées qui sont visibles sur certaines plages de l’île.

On n’aura pas rencontré de dinosaure ce jour-là, mais par contre on a vu un aigle royal! C’est José qui le repère, alors qu’il vole en contrebas. On a une superbe vue plongeante sur le rapace mais il disparaît vite. Soudain, au détour d’une pente, le revoilà, tellement proche! Nos regards se croisent, quel moment magique. On est tout émus, c’est la première fois qu’on voit un aigle royal d’aussi près, c’est impressionnant. Quelle créature majestueuse!

Image floue exportée d’une mini vidéo que j’ai réussi à prendre lors du premier passage de l’aigle

Cette rencontre nous file un méga boost, même qu’on en n’avait pas besoin: on déborde d’énergie et de joie, je chante à tue-tête sur la crête, ma voix emportée par le vent. ♥

On croise des moutons dans des pentes impossibles (des “MacDesigual” aux multiples couleurs ^^), on observe des traquets motteux et on entend des pluviers dorés siffler plaintivement.

Sur notre gauche, on admire toujours Rona, Raasay et les montagnes de Torridon en arrière-plan. Dans notre dos, on voit encore le Quiraing et Flodigarry au loin, notre point de départ de la journée. Et sur notre droite, à l’ouest, on aperçoit désormais Uig, port où on avait pris le ferry pour les Hébrides extérieures en 2016. On voit d’ailleurs ces dernières tout au fond, quelle sacré panorama!

Peu avant 18h, on atteint le sommet de Beinn Edra (611 m), le point culminant de la partie Nord de la Trotternish Ridge.

Soudain, on entend puis voit un hélicoptère. On remarque un point orange dans la pente raide avant Bealach Uige, derrière nous, et le groupe du Charity Challenge qui marche en direction d’Uig.

On a appris plus tard (et je viens de confirmer l’info avec une rapide investigation sur le groupe Facebook de “Stornoway Search And Rescue”) qu’il s’agissait d’une participante au challenge qui a glissé dans la boue et s’est cassé le péroné, ouch! (oui, je suis vieille, je dis encore péroné et pas fibula…) Heureusement, le sauvetage s’est apparemment super bien passé — et heureusement que ces incroyables groupes de sauvetage existent!

De notre côté, le vent souffle fort et il y a un coin idéal pour planter la tente, donc on s’installe pour la nuit. La lumière vers Uig est si belle, illuminant des pans de mer. Ça m’inspire, j’ai envie de dessiner.

La végétation dans ce coin a un air très alpin, presque arctique, c’est joli. On s’est un peu refroidis en pitchant la tente (et moi en admirant les plantes et en prenant plein de photos, oups), donc on se glisse vite dans les sacs de couchage pour manger un délicieux Thai Green Curry d’Expedition Foods.

Puis on a passé une soirée de bivouac habituelle: écriture, lecture, puis dodo. On était si heureux de cette journée, ça faisait du bien après le creux de la journée précédente!

Dans le prochain article, on continuera notre belle rando sur la Trotternish Ridge, avec une autre journée magnifique! 🙂

[Distance Jour 2: 14 km et 1020 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 27.6 km]

Scot25#45 Direction le bout de Skye

Bonjour tout le monde!
Après une absence d’un mois et demi, je me remets enfin à la rétrospective écossaise 2025. C’est typique: après avoir dit que j’allais essayer de continuer à publier à un rythme hebdomadaire, eh bien je me suis fait happer par le montage vidéo et je n’ai plus touché au blog, haha. ^^ Mais mon petit film avance bien, et avec un peu de chance je devrais le terminer avant le siècle prochain, ha!

Bref, petit récap: après notre super Diagonale écossaise, nous avons passé deux nuits à Inverness le temps de nous ravitailler, puis nous avons pris le bus direction Portree, la plus grande “ville” de l’île de Skye, avec quasi 2500 habitants. Le trajet de 3h15 était très agréable, et scénique: on était assis en haut tout devant, la vue était top! Il pleuvait et ventait, mais on était au sec. 🙂 Et on a aperçu nos premières vaches Highland du voyage, il était temps, haha!

Notre parcours sur Skye: 136 km à pied, et 20 en kayak 😉

Arrivés à Portree, on se fraie un chemin à travers la foule de touristes (il y avait vraiment un monde fou!) pour aller manger au Birch Café, recommandé par Hidden Scotland. Le café était délicieux (et servi dans des tasses en céramique très belles de la poterie Bowbeer, à Edimbourg) et on a mangé des bons petits plats aux ingrédients si frais! On est vraiment épaté par la qualité des cafés sur les îles écossaises, yum.

Une fois repus, on a juste le temps de passer au petit Co-op (malheureusement peu fourni en snacks sains) avant de retourner à l’arrêt de bus pour prendre le 57C de 13h20, direction le nord de l’île. Le trajet nous fait passer par Uig, d’où partent des ferries pour les Western Isles. D’ailleurs, en regardant les options d’itinéraire entre Inverness et le nord de Skye, Traveline (une appli de transports publics britannique) voulait nous faire passer par les Hébrides extérieures (et donc prendre deux longs ferries au lieu de juste un bus ^^), il avait complètement craqué! ^^’

On admire la patience du chauffeur sur les single track roads avec pas mal de trafic. En plus, c’est magique, il se rappelle même de notre arrêt paumé (ça nous change ^^). Après 1h de trajet, on est donc déposés comme prévu à “Shulista Road End”, où se trouve une cabine téléphonique rouge… avec un téléphone fonctionnel à l’intérieur (qui accepte même les cartes bancaires!)! On a tellement l’habitude de trouver des cabines téléphoniques vides ou reconverties en boîtes à livres ou honesty boxes, on ne s’y attendait pas.

Il pleut, mais on est heureux de recommencer à marcher. Nos sacs nous paraissent tout légers, alors qu’on a fait le plein d’eau et nourriture. On croise un bénévole de la MBA (Mountain Bothies Association), qui vient de participer pendant trois jours à l’entretien du Lookout bothy — qu’on se réjouit de visiter le lendemain.

Depuis le haut de falaises aux belles colonnes de basalte, on emprunte un sentier bien raide pour descendre sur Rubha Hunish, le “headland” qui marque le point le plus septentrional de Skye (Rubha = headland). On s’émerveille devant un faucon pèlerin (et la prouesse de moutons présents en contrebas, qui sont visiblement plus agiles que nous) et le paysage, c’est grandiose même sous la pluie. Un passage scabreux nécessite un peu de scrambling sur les roches mouillées: je ne suis pas fan et je passe mon sac à José pour ce mini bout.

Une fois sur le headland, on pitche la tente dans le vent — on a cherché un coin un peu à l’abri, mais les rafales restent impressionnantes. Sitôt installés (il est 17h), on s’octroie un cookie acheté chez Birch, puis une sieste (on avait déjà failli s’endormir dans le 2e bus, bercés par la route). On se sent crevés, les jours de “repos” à Inverness n’ayant pas vraiment été relaxants. Au réveil, on étudie le parcours pour les prochains jours, au son du coucou qui brave la pluie et chante dans le vent. On brave nous aussi les éléments pour faire, et je cite ici le carnet, “des pipis épiques dans le vent (pas des pipits, mais ça volait quand même, mouhaha)”. Bref, on était fatigués, haha. ^^’

On a mangé puis on s’est couchés tôt, on se réjouissait de commencer pour de vrai le Skye Trail le lendemain!

[Distance Jour 0: 3.2 km et 118 m de dénivelé positif]

***

Le lendemain, le Skye Trail a véritablement commencé, avec une journée plus courte et difficile que prévu, notamment car on était très fatigués. Entre le bruit de la pluie, le vent et des maux de ventre, on a mal dormi. Mais au réveil, la pluie avait cessé, et le vent aussi! 🙂

Des cormorans volent au ras de l’eau, des radeaux de razorbills flottent au bas des falaises et les kittiwakes sont présents en nombre. C’est beau et paisible.

On fait le tour de Rubha Hunish, admirant la côte, les Hébrides extérieures au loin, les Shiants…

A part les oiseaux et quelques moutons, on est seuls sur le headland, mais on aperçoit quelques humains tout en haut des falaises, vers le Lookout bothy.

On retourne à la tente pour plier les affaires, puis on remonte le long du raide sentier (bien plus facile que la descente!).

Arrivés en haut, on va jeter un oeil au fameux bothy. Celui-ci est bien rempli: on tombe sur plusieurs Allemandes en voyage Interrail et un Ecossais, qui nous racontent qu’ils étaient douze personnes à dormir là la nuit dernière (officiellement, ce bothy compte de la place pour trois personnes ^^), dont deux Asiatiques qui sont arrivés à minuit et ont fait voler leur drone à l’intérieur du bothy. WTF?! Bref, on était bien contents d’avoir campé.

Le Lookout bothy porte bien son nom

Vu le monde à l’intérieur et la petitesse du bothy, on sort préparer et manger notre porridge dehors, bien installés sur un banc avec vue sur Rubha Hunish. On discute tranquillement avec l’Ecossais, quand soudain une trentaine de femmes débarquent. Après enquête, on apprend qu’elles récoltent de l’argent pour une fondation contre le cancer du sein en marchant 100 km en 5 jours (mais heureusement pas tout à fait le long du Skye Trail).

Elles sont sympas, mais l’ambiance est bruyante (forcément, elles sont nombreuses et c’est le premier jour de leur challenge, plein d’excitation). Ça crie, ça écoute de la musique à fond sur haut-parleur… La paix est bel et bien ruinée, surtout pour nos têtes fatiguées en quête de calme.

La vue sur Rubha Hunish et les Hébrides extérieures

On se dépêche de dépasser le groupe pour s’éloigner du chaos, puis on peut à nouveau respirer tranquillement.

La côte est belle. Fulmars, corneilles mantelées, black-backed gulls, guillemots à miroir, grand corbeau, étourneaux… Ça piaille, siffle et roucoule partout. On voit aussi des border collies rassembler des moutons, héhé. 🙂

Au loin, on aperçoit déjà les montagnes autour du Quiraing, à l’allure si mystique.

On s’émerveille devant la géologie locale. Beaucoup de falaises sont composées de colonnes de basalte et on aperçoit plusieurs grottes marines qu’on rêve d’explorer en kayak.

Les colonnes pliées, des bouts brisés qui jonchent le pied des falaises, les angles surprenants des montagnes au loin… On croirait évoluer dans un paysage préhistorique, et on imagine facilement un dinosaure ou deux croiser notre route.

Deux burns coupent le sentier, torrentiels à cause de la pluie des jours précédents. On traverse le premier sans souci, mais j’ai un blocage pour la deuxième rivière: je ne me sens pas sûre de mes pas, je panique. Je finis quand même par y arriver, mais je me sens vidée, exténuée.

Tout d’un coup, plus rien ne va: mon sac me fait mal à l’épaule droite, l’intérieur abîmé de mes chaussures massacre mes pieds, José et moi avons les deux mal au genou et on sent qu’on fait des erreurs en marchant, roulant nos chevilles régulièrement.

On est donc soulagés d’arriver à Flodigarry, vers 14h, et on se pose au bar de l’hôtel pour manger un morceau.

L’hôtel est très stylé, mi-maison, mi-manoir, avec une petite tourelle. On y rencontre deux autres personnes qui font le Skye Trail et profitent aussi du bar pour une pause gourmande avant de continuer pour camper vers des lochs pas loin.

Alors qu’on déguste de délicieux “haggis scotch eggs”, on apprend qu’il reste une chambre de dispo à l’hôtel et on n’hésite pas longtemps (malgré le prix: 425£, gloups!): on n’est pas en forme et on a besoin de se reposer.

Quand le groupe du “charity challenge” débarque au bar, on s’éclipse dans notre chambre, qui se trouve dans l’ancien cottage de Flora MacDonald, construit en 1745, wahou! Flora MacDonald est une figure héroïque de l’histoire écossaise, surtout connue pour avoir aidé Bonnie Prince Charlie à s’échapper après la défaite des Jacobites à Culloden en 1746, ce qui nous a encore plus motivés à rester à Flodigarry pour la nuit. Il restait aussi une suite dans la partie principale de l’hôtel, mais je crois que c’était plus de 1000£ la nuit, donc on était très satisfait du cottage, haha, qui était en plus tout cosy et mignon.

On a passé le reste de l’après-midi à se reposer, avant de manger au resto de l’hôtel le soir (en même temps, c’était la seule option dans le coin ^^). C’était un peu cher, mais bon, surtout le fondant au chocolat avec fraises et glace au Cranachan, yum! Depuis notre table, on avait la vue sur la mer, ainsi que sur un groupe de pigeons rassemblés sous une mangeoire. ^^

Et voilà, c’est la fin du récit de notre début un peu chaotique sur le Skye Trail. On ne regrette pas d’avoir écourté notre première journée, car on a pu reprendre des forces et on était bien plus en forme pour la suite de l’aventure, que je vous raconterai bientôt (Je ne précise pas de planning de publication, vu que je ne le suivrai sûrement pas, haha ^^)!

[Distance Jour 1: 10.4 km et 403 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 13.6 km]

Scottish Diagonal #42 La fin?

Bonjour!
Aujourd’hui, je vous raconte la véritable fin de la Diagonale écossaise. Eh oui, techniquement, on avait déjà atteint notre destination dans l’article précédent… sauf que Cape Wrath, eh ben c’est pas mal paumé. Donc quand c’est fini, eh bien ce n’est pas tout à fait fini, car il faut encore rejoindre la civilisation d’une manière ou d’une autre. 😉

A Kearvaig Bothy

Notre nuit à Kearvaig Bothy a été plutôt courte, entre les fortes voix des bourrés jusque tard dans la nuit, puis les ronflements et, enfin, la lumière très matinale. Après 5h40, impossible de me rendormir. On s’est donc levés tôt, avant 6h30, on a embarqué tout ce qu’il nous fallait pour notre petit-déj’, et on est partis se promener.

On s’est baladés sur les falaises à l’est de la baie, en espérant voir des puffins de plus près. Au début, on a surtout vu des moutons, paissant dans les pentes herbeuses ultra raides.

Les vagues ce matin-là étaient impressionnantes, bien plus hautes et fracassantes que la veille.

On voyait plein d’oiseaux en vol, surtout des fulmars et des kittiwakes. On a aussi observé un razorbill sur un rocher ainsi que des puffins et guillemots sur des stacks et dans l’eau, mais pas de très près (de carrément loin, même ^^).

C’était tout de même une très chouette balade, avec de splendides falaises et plein d’armérie maritime.

On a mangé sur des rochers (des sortes de rochers “pancakes”, comme empilés et bien plats, très pratiques pour s’asseoir ^^) avec vue sur Cape Wrath et le phare, c’était super. Comme d’habitude, notre menu était composé de porridge avec des pommes, et un chocolat chaud.

On a encore marché un peu après notre petit-déjeûner, pour explorer un peu plus la côte. On a vu d’impressionnantes colonies de guillemots et razorbills en contrebas, et deux skuas — ces “pirates des mers”, connus pour chiper le butin des autres oiseaux.

Puis on a gentiment fait demi-tour pour retourner au bothy. Pas très rapidement, car j’ai pris plein, plein de photos et je n’étais pas pressée de quitter ce lieu enchanteur.

Hop, encore quelques photos — j’ai clairement plus de photos que de trucs à raconter, haha. Pour ma défense, ce bout de côte est vraiment beau! Des falaises, des murs de pierre sèche, des oiseaux, des fleurs… Je ne pouvais pas résister! 😉

On a revu des puffins au pied des falaises, sur leur rocher, puis on a croisé un pigeon, ça faisait longtemps! Et un pigeon dans un tel cadre paradisiaque (oui, oui, carrément!), ça faisait encore plus longtemps!

De retour au bothy, on plie bagage et on reprend notre marche sur le track, après un dernier regard pour admirer la plage.

Il nous fallait rallier le petit ferry de Keoldale, situé à environ 12 km de Kearvaig. On espérait pouvoir choper le minibus en cours de route, mais il était plein (ce qu’on avait anticipé, heureusement, car sinon on aurait peut-être attendu pour rien!)

Personnellement, ça ne me dérangeait pas de marcher quelques kilomètres de plus (surtout que le trajet en minibus est réputé très désagréable, vu l’état du track rempli de trous), mais José avait un peu mal aux muscles. :/ Ça aura même été le passage le plus douloureux du trek pour lui, étonnamment.

Heureusement, on a fait de très chouettes observations qui ont rendu la marche vraiment mémorable. Les montagnes au loin, les étendues de bog cotton, les chants d’oiseaux à foison… rien que ça, c’était génial. Puis, clou de la journée, une belle surprise pour boucler ce dernier jour de trek: on a vu une loutre!! 😀

Elle a traversé le track devant nous et, quand elle nous a remarqués, elle a filé dans la tourbière pour rejoindre un loch. On était hyper contents, ça faisait depuis 2019 (et notre voyage à Shetland, royaume des loutres) qu’on n’en avait pas vu!

Arrivés au bord du Kyle of Durness, les vues étaient incroyables, avec une belle eau turquoise.

Des phoques se prélassaient sur un banc de sable entouré d’eau, des beaux arbres bordaient la côte… bref, c’était magique, et j’ai de nouveau pris plein de photos, héhé.

Non mais regardez ces couleurs…! ♥

Il faisait chaud et venteux, surtout le matin, et c’était assez fatigant (le vent était de face, bien sûr ^^), donc on était bien contents d’arriver à la jetée… où il n’y avait aucune info pour le ferry. Heureusement, on avait le numéro de téléphone (et du réseau!). Malheureusement, personne ne répondait. Pourtant, sur le site internet, le ferry est censé être “à la demande” durant cette période, sans horaire précis ni besoin de réserver à l’avance. José essayait d’appeler toutes les cinq minutes, en vain.

On a donc fini par poireauter deux heures sur la jetée, à somnoler et observer les oiseaux du coin (un guillemot à miroir et un huîtrier-pie), jusqu’à ce que le “ferry” daigne venir pour l’arrivée du minibus de l’aprèm. On embarque, et cinq minutes plus tard nous voici de l’autre côté du Kyle, mais l’autre employé du ferry est complètement à l’ouest et ne parvient pas à amarrer le bateau. Vu l’organisation pourrie, on aurait dit que c’était leur premier jour d’opération. Finalement, c’est José qui lui a lancé la corde pour qu’on puisse accoster, sinon on y serait encore. Bref, on ne recommande pas ce service de ferry, mais il n’y a pas vraiment d’alternative pour traverser le Kyle, à part la nage — au moins on n’aura rien payé, le mec ne nous a rien demandé. ^^’

On trouve sans souci des passagers qui veulent bien nous ramener à Durness en voiture, yay! Il s’agit d’un couple de “sheep farmers” des Yorkshire Dales, très sympas. Ils nous ont posés devant le SPAR de Durness puis on a marché deux minutes jusqu’au camping de Sango Sands, à l’accueil ultra chaleureux!

On plante la tente vers un petit étang (héhé) et on est rapidement rejoints par Alex et Carmen (les Australiens) et John et Joey (les Corniques), qui terminent aussi leur épopée ce jour-là. Une belle équipe de CWTers! 🙂

Après une bonne douche et une lessive, on va tous au pub à côté du camping, où on a passé une super soirée à boire, manger, rire et discuter de tout et rien! 🙂 Et on a même vu un aigle royal depuis la fenêtre du pub! 😀

Alex nous a initiés au challenge “Splitting the G”, qui consiste à commencer sa pinte de Guiness en buvant pile poil jusqu’au milieu du “G” de Guinness écrit sur le verre. ^^’ Pas facile, haha, et un bon moyen pour vite se sentir tipsy!

On se sentait si heureux, entourés de belles personnes après un beau challenge commun! On commençait aussi à se rendre compte que la Diagonale écossaise était vraiment terminée… mais pas nos aventures écossaises de l’année! 😉 Donc à bientôt pour la suite de la rétrospective!

[Distance Jour 46: 12.1 km et 232 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 851.6 km]

Scottish Diagonal #41 Turning Point

Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce 41e article de rétrospective de la Diagonale écossaise!

Et ce n’est pas n’importe quel article, car aujourd’hui je vais vous relater notre 45e jour de trek, celui qui nous a fait arriver à Cape Wrath! 😀

La journée a commencé plutôt tranquillement car on ne voulait pas émerger de notre cocon, la pluie et les midges ayant annulé notre plan de manger notre porridge en admirant la vue sur Sandwood Bay. On a donc pris notre petit-dèj’ bien cosy dans la tente, avant de finalement plier bagage.

Malgré la météo un peu maussade, Sandwood Bay nous a offert une claque visuelle: quel lieu grandiose! (Les notes dans mon carnet précisent carrément “best poop view ever!” ^^’)

Bref, on attaque les 12 km qui nous séparent de Cape Wrath, le tout sans sentier, à travers la tourbière. On prend l’option côtière, plus difficile (car avec plus de dénivelé) mais bien plus motivante, avec des vues régulières sur les falaises et le phare au loin.

On a plutôt bien géré l’orientation, arrivant pile sur une des rares “stiles” pour passer la barrière de la zone militaire. Quelques jours avant, on avait envoyé un message au “range officer” pour bien confirmer que la zone était traversable — l’armée faisant régulièrement des exercices de bombardement dans le coin.

On monte et descend des pentes bien raides, on traverse quelques rivières et burns, et on fait “splotch” dans le bog. 🙂 Les roches des falaises ont de belles teintes rouge-rose. Il fait chaud malgré la pluie fine, et on transpire dans nos K-ways.

On est accompagnés de pluviers dorés, ils sont partout! On croise aussi des moutons et des traquets motteux. Mais à part ça, on se sent seuls au monde. On sautille au milieu des étendues de linaigrette et on chante à tue-tête le thème d’Indiana Jones, ainsi que “Country Roads”, “The Wedding Samba” et “L’histoire de la vie”. On se sent si libres et heureux!

On a quelques petits beugs d’orientation (il n’y a pas de tracé officiel, mais quand même des itinéraires mieux que d’autres pour éviter le plus boggy du bog ainsi qu’un mini canyon) mais on finit par arriver sur le track qui relie Cape Wrath au ferry de Keodale. On se fait dépasser par le minibus qui amène des visiteurs au phare puis on se fait rattraper par un Allemand qui a marché depuis le ferry et nous accompagne pour le dernier kilomètre.

En un rien de temps, nous voici à Cape Wrath, face au fameux phare qui marque la fin “officielle” de notre périple, la destination quasi mythique de notre trek.

On se pose à l’Ozone Café pour un sandwich et thé froid (le menu est très basique, car l’approvisionnement dans le coin n’est pas facile ^^) et on y retrouve John et Joey (père et fils très sympathiques venant de Cornwall), partis de Sandwood Bay à 6h du matin et qui ont prévu de dormir dans le dortoir de Cape Wrath, situé dans l’ancienne salle des machines du phare (tout comme le café, d’ailleurs).

On discute un moment tous ensemble, c’est chouette. On achète aussi une carte postale du phare, sur laquelle le proprio du café appose le tampon du lieu (on l’a ensuite envoyée à nous-mêmes depuis Durness, et elle trône désormais sur notre frigo ^^), et on écrit un message dans le livre d’or, principalement rempli de mots émouvants laissés par les randonneurs du Cape Wrath Trail et du Scottish National Trail.

Puis on sort explorer les environs du phare, construit en 1828 (par un Stevenson, of course).

On ne réalise pas trop qu’on a atteint notre destination. Quel bel accomplissement personnel, quand même, d’avoir atteint le point le plus au nord-ouest du mainland écossais, après 831 km à pied! ♥

On aimerait prendre quelques photos goofy tout seuls pour marquer le coup, mais l’Allemand rencontré en arrivant (bien que sympathique) est un peu (beaucoup) pot de colle et on a de la peine à lui faire comprendre qu’on aimerait bien un moment juste tous les deux. Il continuait sa rando jusqu’à Sandwood Bay et proposait de nous attendre pour remarcher 1 km ensemble sur le track, mais on n’avait pas spécialement envie car on souhaitait plus de temps tranquille, juste José et moi, pour marquer notre arrivée et prendre la mesure de notre épopée quasi achevée. Diverses voies plus ou moins subtiles ayant complètement échoué, on a dû être bien plus directs (en mode plus allemand, quoi ^^) et il a fini par comprendre et nous laisser seuls.

On a ensuite pu s’en donner à coeur joie: câlins, danse, jumping shots ratés… On a ri aux éclats et dégusté des Chocolate Digestives bien mérités, héhé.

Puis on renfile les sacs et on reprend le track pour marcher les quelque 8 km nous séparant de Kearvaig bothy, au sud-est de Cape Wrath.

On croise quelques moutons et cerfs et on admire la côte, parsemée d’impressionnants sea stacks.

C’est un peu laborieux car José sent soudainement son talon, mais quelle sacrée récompense en atteignant Kearvaig! La petite baie est magnifique, avec sa plage de sable blanc bordée de falaises et son eau turquoise.

De la fumée s’échappe d’une cheminée, donc on sait déjà qu’on aura de la compagnie au bothy. Un groupe (très accueillant) de facteurs du Fife est là en vacances et on rencontre aussi un couple de Français en pré-retraite qui font un méga voyage à vélo et ont planté leur tente à côté du bothy. Ce dernier est spacieux, donc on trouve sans problème une pièce où installer nos affaires pour la nuit. Un peu plus tard, quatre autres hommes (dont trois jeunes) ont débarqué, avec des cabas remplis d’alcool — vu qu’il y a l’option de prendre le minibus pour être déposé pas loin, ça a l’air d’être un bothy populaire. Deux heures plus tard, l’un des jeunes était déjà à deux doigts du coma éthylique et a dû être littéralement porté par ses potes pour retourner au bothy. Bref, une autre ambiance que notre état d’esprit du moment, mais ça ne nous a pas empêchés de passer une belle soirée tranquille. ^^

A peine arrivés, vers 18h30, on part se poser sur la splendide plage et on s’octroie une baignade rafraîchissante, héhé. C’était notre premier plouf depuis Cona Glen (lors de notre premier jour sur le CWT), ça datait! Je me sentais comme une selkie dans l’eau turquoise — et d’ailleurs, on a vu des phoques! ♥

Je vais chercher de l’eau douce à la rivière, puis on s’installe dans le sable pour manger un bon Chicken Tikka, accompagné des Thistly Cross Ciders achetés à Kinlochbervie. On avait oublié le couteau suisse pour décapsuler les bouteilles, donc j’ai fait un petit sprint jusqu’au bothy pour le récupérer, pieds nus, gambadant comme une chèvre sauvage dans les dunes couvertes de Marram grass (ammophile) — ramassant quelques tiques au passage, arf. Je débordais vraiment d’énergie! ^^

Cet endroit est magique. On s’émerveille devant des nuées de macareux qui volent autour des falaises. Ce sont les premiers puffins qu’on voit durant ce voyage, quelle belle surprise pour clore notre Diagonale écossaise!

Alors qu’on savoure nos cidres, une tête sort de l’eau juste devant nous: un phoque, enfin! Là aussi, c’est le premier de ce voyage. Il est curieux et nous observe vraiment pas loin de la plage, plongeant de temps à autre pour refaire surface juste à côté, avant de finalement s’éloigner.

Les bikepackers français nous rejoignent sur la plage pour discuter un moment, puis on reste seuls à admirer le coucher du soleil.

La lumière est très changeante, le soleil joue à cache-cache avec les nuages qui dansent dans le ciel.

Je prends plein de photos et je relate la journée dans mon carnet, face au coucher de soleil. ♥

Voici quelques passages de mes notes de ce jour-là (dont un rare bout écrit en anglais), imprégnées par mon effervescence émotionnelle en cette fin de trek:

Une journée commencée sous la pluie qui se termine par un plongeon dans l’Atlantique et un coucher de soleil, avec des puffins et phoques dans le coin — on n’aurait pu rêver mieux. Cape Wrath tient son nom du mot Norse pour “Turning Point” (car c’est là que les bateaux norvégiens tournaient vers l’est direction chez eux), et il marque aussi un tournant pour nous, la fin de ce trek dont on a rêvé durant tant de mois.

What a wonderful journey. I’m feeling so complete, happy, peaceful and grateful. Grateful to our feet and all our body for carrying us (and our packs!) every day, every step of the way. Grateful to those I love and that I carried with me on the way, in my heart. How simple life can be. How fragile, how precious. I’ll always cherish the freedom we found on the trail. Free to laugh, scream, sing at the top of our voices, jumping, dancing! Grateful to have the time to slow down and walk at our own pace, our own way. Thank you, Scotland, we love you more than ever. ♥

Un chemin de lumière se dessine sur l’eau, c’est si beau. Puis le soleil disparaît gentiment derrière un mur de nuages à l’horizon. On va prendre de l’eau à la rivière et on se lave les dents en admirant les dernières lueurs rose-rouge dans le ciel.

De retour au bothy, un des facteurs nous tape la causette, on se réchauffe rapidement devant leur feu de cheminée, puis on monte dans “notre” pièce pour un tick check minutieux (j’en avais chopé quatre, minuscules, lors de ma course dans les dunes) avant de dormir.

Et voilà, c’est une journée qui restera longtemps gravée dans nos mémoires! La Diagonale était pour ainsi dire terminée, mais pas notre voyage, donc la rétrospective écossaise 2025 se poursuivra encore les prochaines semaines. 😉

Je vous laisse avec les ultimes mots écrits dans le carnet ce soir-là: “On est si reconnaissants pour cette aventure à deux, ensemble, à s’entraider, s’aimer, se soutenir — toujours plus amoureux. Tant de mots et pensées m’ont passé par la tête durant ce trek, mais les paroles de Skipinnish résument tout: “Feel the Wonder of the World, you are Alive”. Ce trek est fini mais l’aventure, elle, continue. L’aventure, c’est toute la vie. ♥”

[Distance Jour 45: 20.8 km et 602 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 839.5 km]

Scottish Diagonal #40 Un parfum de fin

Bonjour tout le monde!
On approche gentiment de la fin de la rétrospective de la Diagonale écossaise, avec le récit d’une incroyable journée riche en émotions. Je vous préviens déjà, il y a beaucoup de photos donc ça risque d’être un article plutôt long. ^^’

Durant la nuit, j’ai pas mal été réveillée par le bruit de la pluie, mais le matin au réveil, il faisait sec, yihaa!

L’ambiance était si paisible au bord de ce loch, avec le glouglou de la rivière et les gazouillis des oiseaux.

On plie bagages et on marche les 3 km jusqu’à Rhiconich, sur un sentier au bord du loch puis le long de la rivière Rhiconich. C’est bien tourbeux mais beau. Je suis d’humeur pensive, je réfléchis à ce voyage incroyable qu’on vit et je me sens submergée par l’émotion. Je pleure de joie et de gratitude en marchant, je me sens si comblée, si vivante, si aimée. Je pense à tous ceux que j’aime, et à la fragilité de la vie.

Puis on atteint Rhiconich et la route. C’est le retour choc à la civilisation, il y a des voitures européennes et des camping-cars partout (il faut dire qu’on est sur la NC500). Et le soleil brille, ça faisait longtemps! On fait le plein d’eau aux toilettes publiques (très bien tenues, merci aux locaux!) et on enlève les pantalons de pluie, guêtres et même le K-way. Ça sent l’été. 🙂

On marche 7 km sur la route jusqu’à Kinlochbervie. Pas des plus agréables, mais les conducteurs sont respectueux et les vues sur la côte sont belles. On a fait un mini stop aux fameux “London Stores”, un mini magasin où on se ravitaille en Chocolate Digestives. On achète aussi deux “Reese’s cups” qu’on dévore tout de suite pour nous filer un coup de boost pour les derniers kilomètres.

Arrivés à Kinlochbervie, on se pose au café “Worth A Look” pour un bon cullen skink, burger, brownie, “elderflower pressé” (une boisson au sureau)… bref, la totale! On profite aussi du wifi et du réseau pour réserver des trucs importants pour la suite (bus pour Inverness, hôtel, train…). Puis, on passe au SPAR pour acheter du cidre pour notre dernière soirée du trek (on a même trouvé du Thistly Cross Cider), le lendemain. En sortant, on tombe sur Alex et Carmen (les Australiens), une bonne surprise! 🙂

On discute joyeusement un petit moment avant de reprendre la marche (eux passent la nuit dans un B&B de Kinlochbervie). Alex nous raconte qu’ils reconnaissaient nos empreintes de chaussures dans la boue et qu’ils savaient donc qu’on était devant, haha. Nous aussi on essayait souvent de deviner à qui appartenaient les traces de pas sur notre chemin, huhu. ^^

On a encore pas mal de road walking, mais la route est très peu fréquentée et les vues sont belles: la mer scintille au soleil, on voit même Handa Island. On croise des moutons, vaches, poneys, poules, hirondelles… et plein de véhicules français et allemands! ^^

Enfin, on atteint le sentier pour Sandwood Bay, sur lequel on croise plein de gens qui reviennent de la plage, tout sourire — ça faisait un bail qu’on n’avait pas vu autant de monde!

Il fait chaud, la lumière est belle et sublime les lochs et montagnes surmontés de nuages. On approche, l’anticipation est à son comble. Au loin, on aperçoit le phare de Cape Wrath, notre destination, wahou!

Soudain, on atteint les dunes. Un couple qui revient de la plage propose de nous prendre en photo. 🙂

Nous voici à Sandwood Bay, avec sa magnifique plage et son impressionnant sea stack, Am Buachaille.

On a le souffle coupé. Plus de 800 km à pied pour atteindre cette plage de bout du monde, si large (et pourtant ce n’est pas marée basse!), si belle.

En plus, il fait beau. Quelle chance on a d’être là!

On retrouve Kai, l’Allemand de Glendhu, qui est tout content d’avoir rattrapé John et Joey, un père et son fils venant de Cornwall. Il nous invite à un bonfire pour plus tard, sympa.

On longe la plage un moment, on prend le temps de s’imprégner du lieu. On ressent une telle euphorie, joie, liesse, allégresse (tous des synonymes pour elation, qui est le mot que j’avais en tête ^^)!

On traverse une rivière et rejoint les falaises, où on trouve un coin épique pour planter la tente, avec une vue incroyable sur la baie.

On s’installe puis on prend de quoi faire à manger avant de rejoindre les autres. On redescend la falaise, retraverse la rivière et remarche vers le début de la plage, où on retrouve Kai, John et Joey.

En chemin, je m’arrête tous les trois mètres pour prendre une photo, car c’est vraiment trop beau.

Rien qu’en regardant ces images, j’ai un méga sourire qui m’étire tout le visage, je ressens le bonheur de ce voyage. ♥

Une fois sur la plage, on se retourne pour voir où on a mis la tente. Elle se camoufle vachement bien, haha.

On enlève nos chaussures et on marche pieds nus dans le sable frais.

Les “day trippers” ont déserté les lieux, on a désormais la plage pour nous tout seuls, quel luxe!

On mange (vegan mushroom risotto, pas mal du tout!) en compagnie des autres, puis Kai et John allument un petit feu avec du driftwood qu’ils ont ramassé durant l’après-midi (et du charbon qu’on a trouvé abandonné vers notre campement). Le feu est hypnotisant, c’est magique.

On passe une très bonne soirée à discuter et échanger des anecdotes de trail, le temps file. On arrive au bout du bois, le feu meurt. Les nuages bouchent le coucher du soleil et il y en a même un qui menace de nous pleuvoir dessus, donc on se disperse après s’être souhaité une bonne nuit et une bonne fin de trek.

Finalement, la pluie nous évite, et le ciel se teinte même faiblement de rose-rouge. On voit même le phare de Cape Wrath en action, yeah! Quel bonheur. ♥

On remonte à pieds nus jusqu’à la tente. Pour une fois, on a tenu debout jusqu’au coucher du soleil (à 22h30), donc on finit la soirée à la lampe frontale, ça faisait longtemps!

Nous voici à la fin de cet article, je me réjouis de vous retrouver bientôt pour vous raconter l’arrivée à Cape Wrath! En attendant, je vous laisse avec les derniers mots écrits dans le carnet ce jour-là:

Quel magnifique lieu, Sandwood Bay. ♥ C’est l’heure de la dernière nuit avant Cape Wrath, bercés par le bruit (ou le fracas ^^) des vagues en contrebas. On n’en revient pas d’être arrivés jusqu’ici, et si “facilement”, plus rapidement que prévu, même. Quelle aventure, un beau rêve réalisé. ♥

[Distance Jour 44: 25 km et 424 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 818.7 km]

Scottish Diagonal #39 Ever closer

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective, avec une sacrément belle journée de loch(an)s: on en a vu plein partout!

On a super bien dormi à Glendhu bothy. Kai l’Allemand est parti à 4h30 du mat’ (car il voulait essayer d’atteindre Sandwood Bay dans la journée), mais il a été hyper discret en se levant. 🙂

De notre côté, on a mangé notre porridge et on est partis tranquillement vers 8h45.

En remontant Loch Glendhu, on aperçoit un “bateau-chantier” (avec une petite grue et des matériaux de construction) qui vogue en direction de Glencoul, probablement pour les travaux du bothy et de la maison attenante.

On aperçoit aussi des élevages de moules (on suppose) et on revoit le pont de Kylesku de plus près.

Arrivés sur une colline en face de Kylesku, on a du réseau donc on regarde s’il y a une chambre de libre à l’hôtel de Rhiconich pour le lendemain soir. Ce n’est pas le cas, donc on décide de changer un peu nos plans: au lieu de juste faire une journée courte jusqu’au Loch Stack, on décide de pousser le plus possible pour ensuite atteindre Sandwood Bay le lendemain (plutôt que de dormir pas loin de la route vers Rhiconich). C’était une très bonne décision, et on a eu un super rythme toute la journée.

On est d’abord montés sur un track jusqu’à Bealach nam Fiann, avec de splendides vues sur les montagnes alentour et Loch an Leathiad Bhuain.

Comme souvent, on s’est émerveillés devant les roches, qui avaient ici de belles teintes roses.

Arrivés au col, on quitte le track et on attaque l’ascension de Ben Dreavie.

Le paysage est un patchwork de petits lochans parsemant la tourbière.

On observe (et entend!) un pluvier doré bien vocal, huhu. Ces oiseaux sont vraiment bien camouflés quand ils ne bougent pas, par contre ils ne sont pas très discrets avec leur chant. ^^

Un pluvier doré

Au sommet de Ben Dreavie, les vues sur la côte sont grandioses. On voit notamment Eddrachillis Bay, entre le Point of Stoer et Handa Island, un coin qu’on a visité en 2016.

Malheureusement, la pluie arrive et la visibilité baisse. J’ai tellement envie de revenir ici un jour de beau temps, car le panorama doit être vraiment incroyable quand c’est dégagé, avec des vues sur les Hébrides extérieures.

Après Ben Dreavie, on a une belle section pathless à travers la tourbière ponctuée de plans d’eau.

En retrouvant ensuite un track, on croise un randonneur-pêcheur: quelqu’un qui marche avec sa canne à pêche. On en a déjà croisé plusieurs la veille, ça a l’air d’être l’activité du coin.

On descend jusqu’au Lock Stack, où on aperçoit des plongeons (catmarins, probablement) et plein de cerfs près du lodge.

On emprunte un track qui nous fait passer de loch en loch. Il est déjà 16h30 et on progresse encore très bien.

Puis on quitte le track pour une section pathless bien ardue: c’est boggy, érodé, et ça longe Loch a’ Garbh-bhaid Mor en montant et descendant tout le temps. Notre progression est bien plus lente, mais on persévère.

On atteint enfin le loch suivant, Loch a’ Gharbh-bhaid Beag, et la rivière Garbh Allt, dont la traversée est réputée difficile (et même dangereuse selon le niveau d’eau). Par chance, la rivière est calme et basse: l’eau nous arrive à mi-mollet et on traverse sans aucun stress, yihaaa!

C’était un de ces obstacles (in)fameux qui font peur en lisant le guide (comme les Falls of Glomach ou le contour de Beinn Eighe) et qu’on a finalement conquis sans problème, dans de bonnes conditions, ouf! 🙂 Garbh Allt derrière nous, on sent que Cape Wrath est plus que jamais à notre portée!

Avec déjà 29 km dans les pattes, on plante la tente juste après la traversée de Garbh Allt (surtout qu’il n’y avait pas trop d’autres options dans le coin, c’était vachement tourbeux). Il est 19h et on a hâte de se poser, après une journée intense mais si belle (malgé la météo pluvieuse l’après-midi). On vide nos chaussures remplies d’eau tourbeuse, on gonfle le matelas et on mange un bon boeuf stroganoff avant de faire une pause câlins-papouilles. Alala, qu’est-ce qu’on se sent bien! ♥

A bientôt pour la suite de l’aventure…!

[Distance Jour 43: 29 km et 950 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 793.7 km]

Scottish Diagonal #38 Step by step, to Glendhu

Bonjour! 🙂
C’est parti pour la suite de la rétrospective écossaise 2025, avec une magnifique journée bien sportive, avec pas mal de dénivelé, des sentiers parfois très boggy et, surtout, des paysages incroyables!

L’Explorers Lodge d’Inchnadamph

On a bien dormi à Inchnadamph, et assez longtemps, car on attendait le petit-dèj’ inclus dans le prix, qui commence à 8h. ^^ Toasts, céréales, weetabix: on a bien mangé, héhé. Puis on quitte ce chouette lodge, qui aura été une bonne expérience très relax et conviviale. J’ai particulièrement aimé sa déco cosy, avec des cartes partout. 🙂

On commence par monter en direction de Bealach na h-Uidhe, le col entre Glas Bheinn et Beinn Uidhe.

On croise un troupeau de biches, puis même quelques humains, dont des randonneurs-pêcheurs ayant campé vers un loch pas loin.

Petit abri de fortune ^^

Le paysage est vraiment sublime, avec des lochs de montagne partout.

On aperçoit même quelques montagnes mythiques au loin, dont le fameux Suilven, gravi en 2023.

C’est un superbe coin d’Ecosse pour randonner, et j’ai tellement envie d’y retourner pour y passer davantage de temps.

A mesure qu’on approche du col, le terrain devient de plus en plus rocailleux, donnant une ambiance un peu lunaire au paysage.

De l’autre côté du col, c’est encore plus beau, avec une cascade tombant de Loch nan Caorach, de gros rochers et plein de petits lochans partout.

Il y a des montagnes à perte de vue, on se sent si petits dans ce paysage immense.

A 13h, on fait une pause porridge au bord d’un lochan, avec même un peu de soleil!

Un beau rocher

Puis on continue à descendre le long d’un sentier escarpé et pas mal boueux. On est contents d’avoir les bâtons, ça aide tellement avec les gros sacs!

On traverse une rivière, Abhainn an Loch Bhig. Le sentier est de plus en plus boggy et non-existant, mais c’est si beau.

Loch Glencoul apparaît devant nous, magnifique, et on admire la vue sur la cascade Eas a’ Chùal Aluinn, impressionnante.

Il s’agit de la plus haute cascade de Grande-Bretagne — mais je trouve qu’elle n’est pas aussi majestueuse que les Falls of Glomach. 😉

On longe ensuite Loch Beag, le petit lac connecté à Loch Glencoul, jusqu’à rallier Glencoul bothy.

On a fait une pause snacks au bothy, qui était en train d’être rénové. Il y avait encore un toit quand on y était, mais apparemment ce n’était plus le cas le lendemain — et il pleuvait à l’intérieur quand nos amis australiens Alex et Carmen y étaient, oups. ^^’

Dans le bothy book, on a pu lire la suite des péripéties de Flora, qui avait, elle, pris l’alternative par l’est de Ben More Assynt. Elle s’est infligé une journée de 48 km dans le vent et la grêle! :0

Puis on continue notre chemin. On gravit Àird da Loch, une colline qui nous offre des vues magiques sur Loch Glencoul et au-delà.

On observe de la bruyère en fleur et des tariers pâtres.

On se retourne régulièrement pour contempler la vue sur la cascade et Glencoul.

Devant nous, les vues sont tout aussi magiques. On peut voir le pont de Kylesku (sur lequel on a roulé en 2016), la mer et même l’île de Lewis tout au fond, wahou!

Il pleut par intermittence mais la visibilité est bonne, et la lumière douce. On commence la descente vers Loch Glendhu, sur un sentier boggy et un peu accidenté — il y a d’impressionnants rochers!

Je commence à fatiguer, mais heureusement on y est presque. Quelques pas dans les algues (qui nous rappellent la section le long de Loch Hourn), le tour du bout du loch, et nous voici arrivés à Glendhu bothy!

On entre dans le bothy, où on rencontre Kai, un Allemand qui fait le CWT en deux semaines — et qui, lors de son premier jour, a rencontré Bernard, le Suisse qui est décédé vers Kinlochhourn. :/ Sa disparition a vraiment marqué les esprits.

On échange des anecdotes de trail avec Kai. Il essaie de rattraper des gens qu’il a rencontrés plus tôt sur le trail (et qui lui laissent des messages d’encouragement dans les bothy books ^^), et il enchaînait donc des journées de folie, s’épuisant par la même occasion. Ça nous a confortés dans notre mode de vie d’escargots: on prend notre temps et on profite vraiment sans (trop) souffrir.

Glendhu bothy est très bien tenu, avec deux grandes pièces pour dormir à l’étage. On avait hésité à planter la tente dehors, pour éviter une répétition de Shenavall, mais finalement on a décidé de tenter notre chance dans le bothy, en espérant une nuit un peu plus calme qu’à Shenavall. ^^

Et voilà, c’est la fin de cet article! C’était vraiment une très belle journée sur le CWT, avec des paysages à couper le souffle. ♥

[Distance Jour 42: 21.9 km et 957 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 764.7 km]