Libellulite aiguë

Voilà, le mois de mai vient déjà de se terminer! Un mois de mai sans Fête de la danse, sans spectacle d’impro, sans swing, sans Médiévales d’Andilly, mais un mois quand même rempli de libellules!

Mâle Libellula depressa, bois des Mouilles

J’ai encore la rétrospective shetlandaise à finir, ainsi qu’une magnifique journée passée à la montagne mi-mai à raconter, mais je ne pouvais pas attendre plus longtemps avant d’inonder le blog de photos de libellules et autres créatures rencontrées au gré de mes balades du mois dernier!

J’ai surtout passé du temps au bord de l’Aire (dont la fréquentation a à peu près quadruplé avec le confinement…!), et José et moi sommes aussi allés trois fois au Bois des Mouilles. On voulait un peu suivre l’évolution de l’étang après les travaux de 2019. Il est à nouveau bien rempli et les libellules sont de retour, même si je n’ai pas revu Coenagrion pulchellum, ni Brachytron pratense, vus le printemps dernier.

Tandem de Coenagrion puella

Les 9 et 24 mai 2020, on a revanche revu la dose de Sympecma fusca. 🙂

Sympecma fusca

Bien sûr, on a aussi croisé grenouilles vertes et oiseaux à foison. Et notamment un beau pic épeiche sur un tronc mort recouvert de mousse bien verte. 🙂
Un jour, on a discuté avec un homme qui nous a dit qu’il avait aperçu un martin-pêcheur et les couleuvres, héhé!

La libellule qu’on a vue en plus grand nombre au Bois des Mouilles durant le mois de mai, c’est sans aucun doute Libellula depressa. Comme l’année dernière, on en a également revu dans le fossé du pré de la Gavotte, en compagnie d’Orthetrum cancellatum.

Au Bois des Mouilles, on a notamment eu le plaisir d’observer plein de femelles Libellula depressa en train de pondre. Et une fois, on a même eu droit à de sacrées bagarres, avec des mâles fonçant sur les femelles en pleine ponte!

J’ai filmé une femelle pondant dans un coin tranquille, car je trouve impressionnant de voir les mouvements de ponte! En mettant le son, on peut avoir aussi une idée de l’ambiance, avec les grenouilles et oiseaux en charge de la bande-son (et notamment une foulque macroule donnant de la voix vers la fin!). 🙂

Au bord de l’Aire, on a également revu Aeshna isoceles, comme l’année dernière. Deux mâles se sont installés sur deux parties stagnantes à 20 mètres d’écart et se livrent de violentes batailles de temps à autre. Ils n’hésitent pas non plus à s’en prendre à leurs voisins, un Anax empereur et un mâle Libellula depressa.

Aeshna isoceles

On a vu plein d’autres espèces au même endroit: Platycnemis pennipes, libellule déprimée femelle, agrions jouvencelles, Ischnura elegans,… L’accès au coin est en revanche assez restreint, ce qui rend les photos difficiles. En triant des essais ratés de photos d’Aeschne en plein vol, j’ai eu la surprise d’avoir des fois des grenouilles nettes en arrière-plan, haha! ^^

Trouvez la libellule déprimée femelle!
Plein de Platycnemis et Coenagrion en train de pondre

L’aeschne isocèle a bien éprouvé ma patience, ne se posant absolument jamais… Sauf bien sûr les jours où je passe sans l’appareil photo, haha! Il y a quelques jours, je me promenais avec José, et elle était là, sagement posée sur son brin de carex. ^^ Mais je ne désespère pas de réussir un jour une photo d’Aeshna isoceles posée, avec son triangle isocèle bien visible. 😉
En attendant, je me contente de photos floues en vol (même que j’aurais vraiment bien voulu que la suivante soit nette! Elle est passée tellement proche de moi!).

Au bord de l’Aire, ça fait un petit moment qu’on n’a plus revu le faucon crécerelle résident, par contre les hérons, poules d’eau, milans noirs et foulques sont au rdv, ainsi que les harles bièvres parfois. On a aussi vu des Calopteryx, virgo et splendens, papillonner au-dessus de la rivière.

Calopteryx splendens

En plus des zones humides, les prairies fleuries bourdonnent de vie! Je n’ai pas revu d’ascalaphe, mais c’est tellement chouette de voir tous ces papillons, bourdons et abeilles! 🙂

Ce mois de mai, quand je n’étais pas en train d’observer des libellules (c’est-à-dire, la plupart du temps), je bossais sur mon mémoire sur les libellules! Eh oui, car la fin approche…!

Orthetrum cancellatum au bois des Mouilles
Nymphéa en fleur

Une autre bonne surprise de dimanche dernier au bois des Mouilles: Libellula quadrimaculata, qui a littéralement posé devant l’objectif après une vingtaine de minutes à nous voler autour!

Sur les photos suivantes, trouvez: Libellula depressa et Anax imperator!

Libellula depressa
L’empereur de l’étang

Dimanche dernier, à chaque fois que José et moi essayions de partir, une nouvelle espèce de libellule venait nous narguer et je ressortais illico presto l’appareil photo! La plus belle surprise: mon premier Anax parthenope! 🙂
Il ne s’est pas posé de notre côté (sûrement à cause de l’anax empereur qui patrouillait son secteur) mais j’ai quand même pu capturer quelques photos floues d’hyper loin:

Alors qu’on allait finalement rentrer, un Lestes viridis à peine émergé est carrément venu se poser sur la jambe de José!! C’est le tout premier que j’ai vu cette saison.

Allez, fini pour aujourd’hui, je vous laisse avec une de mes photos préférées du mois, un Anax imperator très coopératif!

Bye et à bientôt!

Update du 2 juin 2020: je viens de rentrer d’une petite balade digestive avec José riche en observations de libellules, donc je les rajoute vite fait ici!

Pour commencer, c’est un tandem d’Orthetrum brunneum qui m’a accueillie lors de mon arrivée vers la Gavotte. Le petit fossé humide bordant le pré des poneys bouillonnait de vie: ça volait de partout! Libellules déprimées, Orthétrums bruns, étourneaux prenant leur bain, moineaux,…

Coeur copulatoire d’Orthetrum brunneum

Plus loin, ce sont 4-5 chardonnerets élégants qui se sont envolés d’une superbe prairie fleurie sous nos yeux. 🙂 Malheureusement, pas de photo, tout s’est passé bien trop vite!

Nouvelle surprise: l’Aeschne isocèle a daigné se poser quelques secondes, héhé! Je savais que je l’attraperai un jour. 😉 Mais bon, elle était quand même loin, ceci est une photo sacrément recadrée.

Et puis, dernière bonne surprise: alors qu’on approchait du pont du Centenaire, on voit un tandem de Gomphidae nous passer devant! C’était la première fois que j’en observais au bord de l’Aire. Le mâle est repassé et s’est posé non loin de nous dans un arbre. Verdict: Onychogomphus forcipatus!

Je suis vraiment contente de l’avoir croisé, car jusqu’ici je n’en avais pas vu au stade adulte, j’avais juste trouvé une exuvie au bord du Rhône lors du terrain pour mon master.

Et voilà, cette fois c’est vraiment fini!
Bye pour de vrai! 😉

Sheltie19#26 W comme Westerwick

Et aussi W comme Whisky! 😉

Bonjour à tous! Aujourd’hui, c’est parti pour un looooong article avec pleeein de photos. Eh oui, car on en a vu, des beaux paysages côtiers, durant ces vacances à Shetland, mais la marche qu’on a faite à Westerwick nous a vraiment coupé le souffle. Le soleil était de la partie et c’était juste une de ces journées absolument magnifiques, où tout est beau. 🙂

Après un délicieux petit-déjeuner au Cake Fridge & Tea room, on est allés à Silwick, dans l’ouest de Mainland, pour une marche d’environ 8.5 km. Dès les premiers pas, on se retrouve face à des paysages côtiers magnifiques, avec des stacks impressionnants.

A l’ouest, on a eu de superbes vues sur Foula, avec ses hautes falaises.

Falaises, stacks, sphaigne, petites criques, tapis de fleurs, le tout sous le soleil, c’était vraiment splendide. 🙂

Tout cet espace, cet immense horizon <3

C’était notre dernière marche avant notre départ de l’archipel, donc j’en ai aussi profité pour prendre plein de photos de notre compagnon de voyage, Whisky MacKenzie!

South Mainland était magnifique, au milieu d’un océan étincelant sous le soleil.

Whisky en pleine orientation

Dans un précédent article, j’avais déjà mentionné ce petit livre rouge, “Shetland, 40 Coast and Country Walks”. On le voyait un peu partout et on l’a finalement acheté sur Unst. Toutes les marches qui sont dedans figurent déjà sur Walkhighlands, mais c’était pratique de ne pas avoir besoin d’internet pour se renseigner sur les possibilités de marche. Ça ne remplace pas une vraie carte, et il manque des infos capitales je trouve (genre le dénivelé), mais c’était quand même sympa et on s’est attachés à ce petit bouquin. Grâce à lui, on a sans doute fait bien plus de petites marches que ce qu’on pensait au départ! Ça devenait presque un peu addictif de faire le plus de marches possible. ^^ Et puis ce bouquin fait partie d’une collection avec des livres de ce genre pour plein de régions du Royaume-Uni, donc on a encore du boulot! 😉

En plissant les yeux en direction du sud, on a même réussi à apercevoir Fair Isle! On était super contents, surtout qu’on espère bien y aller un jour.

Fair Isle au loin

Et puis on a vu une baleine de Minke, héhé! 😀
Elle a plongé et resurgi quelques fois avant de disparaître dans les profondeurs.

Une baleine de Minke proche de la côte
Foula au loin
Foula

Après avoir passé une petite colline, on s’est retrouvés au milieu des moutons et très exposés au vent, donc José a même pu sortir son bonnet! 😉

On a vu les habituels oystercatchers, fous de Bassan, sternes, skuas et fulmars, qui bataillaient dans le vent.

Skua!

Le retour nous a fait passer par une plaine tourbeuse avec de la mousse sphagnum de toutes les couleurs. C’était comme de marcher sur un nuage bien moelleux.

Et puis on a bouclé notre marche et sommes retournés à la voiture pour de nouvelles aventures. Cette dernière journée entière sur l’archipel n’était en effet pas encore finie, mais ce sera tout pour aujourd’hui!

A bientôt pour la suite! 🙂

Sheltie19#25 West Burra

Hi! 🙂
C’est parti pour un nouvel article de la rétrospective shetlandaise, avec plein de photos et peu de texte, car il faut vraiment que je travaille! 😉

Vue depuis le camping de Levenwick

On s’est réveillés à Levenwick sous un beau ciel sec et on a roulé jusqu’à West Burra, une île atteignable sans ferry grâce à des ponts qui relient Mainland à Trondra et Trondra à West Burra.

Le temps d’arriver au départ de notre marche, les nuages se sont un peu rapprochés. Le temps a oscillé entre soleil, nuages, ombre et vent, c’était magnifique.

Vue sur Minn beach

Le programme de la matinée: faire le tour de la péninsule de Kettla Ness, qu’on rejoint en passant par Banna Minn, une splendide plage-tombolo au sable blanc.

*paradise*

Après celui de Saint Ninian’s isle, il s’agissait de notre second tombolo des vacances. Et qu’est-ce que c’est beau!

Etonnamment, on n’a vu aucun mammifère marin/aquatique de toute la balade, ce qui devait être une première. Normalement, quand on ne voyait pas de loutre, on avait au moins droit à un ou deux phoques, voire une baleine au loin!

Chardon!

Mais c’était quand même une superbe balade, on a adoré l’atmosphère du lieu! Et on a vu plein d’oiseaux, dont un groupe de sternes et deux plongeons catmarins.

Et des moutons, of course!

Bon, je vous laisse regarder les photos! 😉

Ci-dessous, José a dans la main un petit guide qui a été un fidèle compagnon lors de ce voyage. Je vous en parlerai davantage dans le prochain article!

Mes cheveux permettent de prouver la présence de vent ^^
Vue sur Mainland
Vue sur Sumburgh au loin

On a mis deux heures et demie à faire le tour de la péninsule, avec une petite pause carotte passée à scruter l’eau si jamais un animal pointait le bout de son museau. De retour à la voiture, il commence à bruiner, sacré timing!

Whisky la tête en bas durant toute la balade

On a roulé jusqu’à East Burrafirth pour aller manger un délicieux repas au Cake Fridge and Tea room — avec bien sûr de délicieux cakes en dessert! Après ça, sans surprise, on est retournés à Levenwick pour faire une petite sieste. ^^ Une fois sortis de notre courte hibernation, on est descendus à la plage de Levenwick. On a repéré des empreintes de loutre dans le sable et on a vu un phoque commun, des sternes, un fou de Bassan, deux plongeons catmarins, des cormorans, des fulmars et plein de bécasseaux qui couraient sur la plage, ainsi qu’un adorable groupe de gravelots qu’on a observé un moment aux jumelles. 🙂

Trouvez les limicoles! 😉

De retour au camping, on a joué aux cartes et discuté avec Tony et un couple de Sud-Africains “homeless”, qui enchaînent les voyages à vélo sur toute la planète. Là, ils avaient roulé jusqu’à Shetland depuis… Heathrow! Et leurs vélos sont bien équipés, ils se trimballent carrément des verres à vin! ^^’

Incroyable injustice au Jeu de l’EPFL… Trois “10” pour José!

Et voilà, c’était le récit d’une très chouette journée plutôt tranquille!
Le prochain article parlera d’une journée vraiment super (enfin, d’une partie de cette journée, car elle était tellement cool que j’avais beaucoup trop de photos pour un seul article ^^)… la dernière journée entière sur l’archipel! :0

A bientôt! 🙂

Sheltie19#24 Hillswick and back again

Hi there! 🙂
C’est parti pour la suite de la rétrospective shetlandaise. Aujourd’hui, je vous raconte notre dernière journée dans la péninsule de Northmavine avant de retourner à Levenwick, où se trouve notre camping préféré.

Camping de Braewick

Contre toute attente, on se réveille sous un ciel gris mais sec. Ces vacances, on aura vraiment eu du bol les jours où on devait plier la tente, car elle était miraculeusement toujours sèche! Ah, les petits plaisirs de la vie. ^^̈́’

Vue sur l’hôtel de Hillswick, le grand bâtiment en bois clair

On a donc plié bagage et on est allés faire la marche du Ness of Hillswick, d’un peu moins de 8 km. Comme souvent, on se retrouve à longer la côte et on croise quelques oiseaux, dont un gravelot (ci-dessous à droite) et des limicoles non identifiés.

On a aussi rencontré un berger sur son quad qui gueulait en rassemblant ses moutons. ^^

Ronas Hill au loin

On a guetté les loutres, sans succès, mais on a tout de même vu un phoque (c’est un peu le minimum syndical, dans le coin ^^). Et puis la côte était très sympatique, avec la vue sur West Mainland d’un côté et Ronas Hill de l’autre, la tête dans les nuages.

Goélands marins

On est passé devant un mini phare solaire puis on s’est extasiés devant les falaises rose-rouge de Braewick, les Drongs et d’autres splendides stacks. On voyait même le camping de Braewick qu’on venait de quitter, juste en face!

Les Drongs, et le camping de Braewick en arrière-plan

L’un des stacks avait une forme d’aileron de requin ou de nageoire dorsale d’orque, selon l’angle.

Selfie avec nageoire dorsale
Les falaises rose-rouge 🙂
Ribambelle de stacks

Tout en continuant à prendre des photos des Drongs de tous les côtés (je suis incorrigible), on a commencé à longer l’autre côté du Ness of Hillswick, pour faire une jolie boucle.

On a de nouveau croisé quelques brebis avec des agneaux vraiment jeunes et bien sûr incroyablement choux.

A la queue leu leu sur le sentier
Redescente sur Hillswick

A la fin de la balade, on est passés jeter un coup d’oeil au Hillswick Wildlife Sanctuary, une association qui recueille des jeunes loutres et phoques en mauvaise posture. Le plus souvent, ce sont des jeunes qui ont été séparés de leurs parents lors de grosses tempêtes, ou dont les parents ont disparu.

Une jeune femme nous a présenté trois jeunes phoques communs de 5 semaines, chacun retrouvé seul, séparés de leur mère après de forts vents. Ils étaient absolument adorables. Ils venaient d’être placés dans un bassin extérieur plus grand et observaient leur nouveau territoire, essayaient d’en sortir, nageaient dans l’eau avec grâce, soufflaient bruyamment par leurs narines… Ils allaient être relâchés à l’âge de 12 semaines environ, plus tard qu’à l’état sauvage (où ils arrivent à plus ou moins se débrouiller dès 6 semaines), car ils devaient tout apprendre par eux-mêmes.

Le centre s’occupait également de loutres au moment de notre visite, mais celles-ci étaient gardées à l’écart des visiteurs/humains car elles allaient bientôt être relâchées et les contacts étaient donc minimisés.

Hillswick Wildlife Sanctuary

On a quitté le sanctuaire vers 13 h et on est retournés au café du camping de Braewick pour y remplir nos estomacs. Les gérants ont leur propre ferme et proposent donc du boeuf maison, provenant du pré d’à côté. On a aussi mangé du cake au chocolat, car pas grand-chose n’arrive à rivaliser avec les incroyables cakes British géants, il fallait donc profiter pendant qu’on y était! ^^’

Dernière vue sur les Drongs avant de partir

On a ensuite dit au revoir aux deux adorables serveuses qu’on avait régulièrement croisées durant notre séjour à Braewick (une ado jouant super bien du fiddle et une Française) et on a roulé jusqu’à Lerwick. Plus on s’approchait, plus le temps était… disons… humide (j’allais écrire “pourri”, mais je trouvais trop négatif ^^).

A Lerwick, on a fait quelques emplettes avant d’aller admirer de superbes voiliers, dont le “Sea Cloud”, venu de Norvège pour une semaine spéciale de célébration de la voile.

“Sea Cloud”

On a discuté avec une autre touriste qui nous avait repérés au camping de Braewick (small world!), puis on est retournés planter notre tente au camping de Levenwick, où on est arrivés en même temps qu’une famille anglaise également croisée dans plusieurs autres campings. Décidément! ^^ On a aussi bien sûr retrouvé Tony, l’Anglais quasi résident du camping, qui nous a lancé un joyeux “Welcome home!”. Il faut dire que c’est un peu l’impression qu’on avait, de retourner à la maison. 🙂 Avec la vue sur la mer (sauf ce soir-là, car il y avait un sacré brouillard), la salle commune pour manger au sec (et à l’abri des midges) et discuter, et aussi John, le warden volontaire du camping, que ça faisait marrer de nous voir cuisiner dans la bruine! Il nous a même pris en photo pour l’envoyer à un autre couple de Suisses qu’il connaît bien car ils viennent chaque année pour prendre des photos sous-marines de fous de Bassan qui plongent!

La photo prise par John le warden

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui! On approche de la fin de la rétrospective, mais j’ai encore de sacrés coups de coeur à partager!
Bye et à bientôt! 🙂

Sheltie19#23 Eshaness

Hello!
C’est parti pour la suite de la rétrospective shetlandaise. Mine de rien, on se rapproche quand même gentiment de la fin (mais gentiment, hein!)! Et puisque c’est impossible de savoir avec certitude si on pourra voyager cette année, eh bien je vais pouvoir inonder le blog de photos de libellules et de quelques escapades en Suisse!

Mais on n’en est pas encore là, pour l’instant, c’est retour à Shetland!

Pour notre deuxième jour sur la péninsule de Northmavine, on a fait une chouette boucle de 13 km à pied en partant du phare d’Eshaness.

On a revu les superbes falaises aux origines volcaniques, sous une lumière vraiment splendide.

Cette fois-ci, on n’était pas seuls, contrairement au petit tour qu’on avait fait un soir deux jours plus tôt. Il faut dire que les falaises sont très connues et que des cars de touristes y viennent. D’ailleurs, au café de notre camping, il y avait régulièrement de grands groupes qui débarquaient. On a appris que certains étaient des passagers provenant des immenses bateaux de croisière faisant escale à Lerwick

Mais après une dizaine de minutes, on était de nouveau tout seuls! Comme quoi, à Shetland, il n’y a vraiment pas besoin de marcher beaucoup pour avoir l’impression d’être seul au monde.

Dans certains coins, les roches sont d’un noir absolument fou: là encore, il s’agit de restes volcaniques!

Du noir… au rose!

On a longé la côte dans une herbe magnifiquement verte, en franchissant stile après stile.

Je viens d’ailleurs tout juste de chercher la traduction de stile, car je viens seulement de me rendre compte que je ne sais pas quel est l’équivalent français. Verdict de Linguee: échalier!

Comme d’habitude, on croise des petits îlots rocheux et des moutons.

Après un petit moment, on s’est retrouvé sur une route au trafic inexistant. Pas une voiture, pas un humain, et même pas de mouton sur la route!

En revanche, on a eu une petite rencontre ornitho avec un oiseau émettant des cris plaintifs et se camouflant à merveille dans la bruyère. Il s’avère, après vérification grâce au groupe facebook “Shetland birds and wildlife”, que c’était un jeune pluvier doré! 🙂

Peu après, on est arrivés au Tangwick Haa Museum, qui porte sur l’histoire locale. La gardienne était adorable et a proposé de garder nos sacs pendant qu’on visitait les trois salles composant le musée, remplies d’objets hétéroclites, notamment la robe de mariée en soie de la femme d’un laird et des blocs de tourbe servant de moules pour la fabrication de hameçons!

Puis, on a pique-niqué dans le joli walled garden avant de reprendre notre marche côtière.

Au détour d’une plage rocailleuse, on est tombés sur tout un groupe de phoques qu’on a un peu remarqué au dernier moment. On était en train de discuter et on n’était pas du tout attentifs, donc ce fut une surprise mutuelle!

On les a observés un petit moment. Certains petits curieux nageaient proches de nous, d’autres bronzaient sur leurs rochers… et certains se bousculaient pour avoir une meilleure place!

Pendant cette partie de la balade, on a aussi eu de superbes vues sur Dore Holm, le “cheval qui boit”, sous plein d’angles différents!

Dore Holm et colonie de phoques
Ribambelle de phoques communs

Dore Holm, Dore Holm, et encore Dore Holm!

Des linaigrettes 🙂
Holm sous un autre angle
José qui m’attend, assis sur un “échalier”, huhu

Durant notre marche, on a aussi rencontré un Viking habillé de vieux filets recyclés, héhé. Il était bien sympathique. 😉

Puis nous avons bouclé notre boucle en retrouvant le phare d’Eshaness, après 4 heures environ (pauses incluses). Les nuages se sont amoncelés dans le ciel et on change donc notre plan initial, qui était de gravir Ronas Hill, le sommet de Shetland, situé à 450 mètres d’altitude.

A la place, on a décidé d’aller jeter un coup d’oeil au nord de Northmavine, en voiture.

Des Minions vers Hillswick

On a roulé jusqu’à Isbister, la pointe nord de Mainland, où on a trouvé un avion parqué devant une maison ainsi qu’un panneau interdisant d’aller plus loin en raison de l’Official Secrets Act. Bref, autant dire qu’on ne s’est pas attardés et qu’on a fait demi-tour.

On a ensuite roulé jusqu’à Collafirth Hill, le départ de la marche pour Ronas Hill, d’où on a une sacrée vue sur Sullom Voe et les environs. Ronas Hill est connue pour avoir des habitats de type toundra arctique, et on avait envie de voir à quoi ressemblait le coin, qui était effectivement bien différent du reste de l’archipel. C’est également dans ce coin que des harfangs des neiges de passage sont parfois aperçus. Là, point de chouette, mais une averse du tonnerre qui commence. Hop, on rentre donc au camping.

Pour une fois, ce ne sont pas les midges mais la pluie qui a rendu la cuisine difficile. Surtout que dans ce camping-là, point de cuisine aménagée. On a donc mangé des carottes crues et des tartines au beurre de cacahouète. 😉 C’est notamment depuis ce voyage qu’on a envie d’investir dans une tente avec un espace spécial pour cuisiner! ^^

On a tout de même passé une super soirée à faire les jeux du “Shetland Times”, et à jouer à Dobble et aux cartes!

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui! Dans le prochain article de rétrospective, ce sera toujours de superbes vues côtières, des stacks et des moutons (désolée pour le manque de variété, mais nous on ne s’en lassait pas, haha). Bye! 🙂

Sheltie19#22 La vie en rose

Bonjour! 🙂
Aujourd’hui, direction Muckle Roe, une île reliée à Mainland Shetland par un tout petit pont et sur laquelle nous avons fait une chouette marche de 11,5 km (d’après Walkhighlands mais on a réussi à en faire 13 avec des petites rallonges par-ci, par-là).

Je me réjouissais de faire cette marche depuis un moment car elle est considérée par beaucoup comme étant l’une des plus belles de l’archipel.

Et effectivement, on n’a pas été déçus! La côte est incroyablement belle et les roches ont des teintes roses vraiment superbes!

On a vu des petits lochs, des stacks, des failles, un minuscule phare, des phoques,… et puis toujours ces falaises roses de ouf.

On a aussi eu de chouettes vues sur mainland Shetland en face et des petites îles sur lesquelles on n’est pas allés, comme Papa Little (encore un Papa!), Linga et Vementry.

Trouvez José! 😛 (j’avais juste envie de rimer)

Notre pique-nique a été interrompu par une armée de midges. C’était le seul défaut de cette journée: on a vu beaucoup, beaucoup de midges, et pas qu’à Muckle Roe.

On est aussi passé les ruines d’une maison à Burg. La baie toute proche était utilisée comme port pour faire de la contrebande avec les îles Féroé!

De nos jours, pas de smugglers, mais des phoques se reposant sur le ponton!

Et puis on a vu un mouton MacDesigual! C’est l’équivalent écossais du mouton O’Desigual, décrit par Pénélope Bagieu dans le superbe récit de ses vacances en Irlande dont je ne me lasse jamais!

Le chemin du retour nous a fait longer Town loch, sur lequel nous avons pu observer de superbes plongeons catmarins vaquer à leurs occupations. On a essayé de prendre quelques photos mais on n’a vraiment pas le matos, c’était bien mieux avec les jumelles! 😉

On a aussi vu des étourneaux squatter des ruines et s’envoler tous en même temps, comme ils savent si bien le faire.

Le chemin de toute la dernière partie était un large “track” de terre et gravier, qui nous a fait passer devant quelques pans de bruyère en fleur et de la tourbe fraîchement coupée.

Mais ce n’était pas une partie de plaisir tout le long… On a été harcelés par des midges comme rarement. En fait, c’était la première fois qu’on se faisait embêter alors qu’on était en mouvement — et qu’on marchait vite, en plus. On avait l’habitude de se faire attaquer à l’arrêt (en mangeant, cuisinant, montant la tente…), mais une attaque mobile en mode “tête chercheuse”, ça, on ne connaissait pas encore (enfin, au Gap of Dunloe, en Irlande, on s’était fait un peu harceler en marchant, mais c’était rien comparé à Muckle Roe!).

The “midges track”

Bref, c’était un réel soulagement quand le vent s’est levé et que les midges ont disparu aussi vite qu’ils étaient apparu! On a passé le reste de l’après-midi à écrire des cartes postales et lire dans des fauteuils cosy de l’hôtel de Hillswick, avant d’aller faire des courses à Brae. On a aussi décidé d’y manger car on avait peur de se faire dévorer en cuisinant dehors. Wise decision! On a super bien mangé au Mid Brae Inn (et on a croisé des Glaswégiens super sympas rencontrés à Levenwick) et quand on est retournés au camping, c’était effectivement l’infestation de midges!

Des nuages de midges nous attendaient et une trentaine de monstres ont réussi à s’infiltrer dans la tente en même temps que nous, donc on avait une activité toute choisie avant de dormir: la chasse aux midges!

Et voilà, c’était un article avec beaucoup de photos et peu de texte, car c’est l’heure de retourner bosser sur mon mémoire! Dans le prochain article, je vous parlerai d’une autre super marche autour de la péninsule d’Eshaness! Bye!

Sheltie19#18 Foula dans le brouillard

Hi there!
*Warning*: ceci est un article particulièrement long (eh oui, encore plus que d’habitude!) mais c’est parce que c’était une longue et incroyable journée et que j’ai fait bien trop de photos et que c’était vraiment trop dur de trier! ^^’ Hop, fin du warning, on peut commencer! 😉

Aujourd’hui, récit d’une journée direction Foula, l’île habitée (par une trentaine d’habitants) la plus isolée de Shetland avec Fair Isle. Nous y sommes allés le temps d’une journée avec Shetland Sea Adventures, une petite entreprise basée à Hamnavoe, sur l’île de Burra.

C’était un jour assez gris, avec pas mal de brouillard et de vent, mais heureusement les conditions en mer ont quand même permis de maintenir l’excursion — eh oui, car quand on réserve une activité nécessitant un trajet dans les airs ou dans la mer, à Shetland, on n’est jamais assuré de pouvoir partir en raison de la météo capricieuse! On était donc déjà hyper contents que ça ait lieu. 🙂

Le trajet était absolument magnifique. A peine partis, on a vu un marsouin, puis ce sont les fulmars qui nous ont accompagnés pendant toute l’heure et demie de traversée. Ils nous survolaient, tout proches, rasaient l’eau, faisaient la course dans le creux des vagues et semblaient glisser sur une mer qui était par moments tellement lisse qu’on aurait dit que c’était de l’huile!

Un splendide fulmar et son reflet, capturés par José!

On a aussi croisé des fous de Bassan et des macareux, et même des Great skuas qui se chamaillaient pour manger un cormoran mort!

Un great skua, véritable pirate des mers, par José avec le télé

Parmi les autres passagers, on rencontre un couple de retraités venant du nord du Yorkshire, Nick et Sandra. C’était leur 5ème voyage à Shetland. Ils y étaient venus pour la première fois il y a 41 ans, pour leur lune de miel. L’archipel était alors bien différent: il n’y avait pas de supermarché et ils avaient dormi dans des “box beds” dans une maison sans salle de bains. Ils étaient vraiment super sympas et on a eu du plaisir à discuter avec eux. Nick nous a raconté que le vol des fulmars au-dessus du bateau lui rappelait une de ses expériences en Nouvelle-Zélande, avec des albatros. Et je suis totalement d’accord avec lui, car à moi aussi ça me faisait penser à mon trajet en ferry entre Stewart Island et South Island, avec des albatros volant au milieu des vagues!

On a débarqué à Foula dans le brouillard, et il y avait une atmosphère vraiment particulière — déjà car on avait à peine pu discerner l’île avant d’y accoster! Un local est là pour aider avec le bateau, récupérer des marchandises et nous conseiller sur des trucs à faire pendant nos cinq heures sur l’île. Comme la plupart des autres passagers, on s’élance donc sur la seule route de l’île, direction l’airstrip, au sud. Alors qu’on marchait le long de la route, une femme s’arrête en voiture pour nous donner une carte de l’île, sympa!

Une bécassine en plein brouillard

On longe des potagers et on aperçoit du foin qui sèche, sous forme de structures typiques des îles écossaises.

Durant toute la journée, on a aussi croisé plein de moutons shetlandais, dont ceux à la robe tricolore typique de cette race locale.

Un mouton seulement un quart tondu ^^

En passant devant une ferme, on rencontre Lily, un border collie adorable. Elle a traversé un cattle grid avec aisance pour venir quémander des “belly rubs” à José. Toute la journée, elle a suivi des passagers du bateau, nous accompagnant pendant un bout de notre marche, passant d’un groupe à l’autre.

José et Lily

En compagnie de Lily, on a d’abord marché jusqu’à une petite chapelle servant de “Welcome room”. On y a trouvé des infos sur la faune locale (et notamment de belles photos de limaces de mer!) ainsi qu’un piano. Quand il pleut, ça doit être agréable d’avoir un endroit cosy comme celui-ci où s’abriter.

On a ensuite continué notre marche en direction du sud de l’île. Soudain, on a entendu un petit cri plaintif: un jeune piaf s’abrite dans un ancien “planticrub”. On a d’abord pensé que c’était un bébé skua, car il y en a plein aux alentours, mais apparemment c’est assez typique des fulmars de s’installer dans les crubs. D’ailleurs, en suivant la page Facebook de “Foula Heritage”, j’ai appris que quand les crubs sont utilisés (notamment pour faire pousser du chou kale), ils sont obligés de les recouvrir d’un filet pour empêcher les fulmars d’emménager.

Aux alentours, on voit de superbes Arctic skuas de couleur crème.

Arctic skua

On traverse une jolie petite vallée toute boggy avec plein de sphagnum moss et un sol de toutes les couleurs. On arrive ensuite en haut de petites falaises à Da Sneck ida Smaalie, une faille impressionnante de 30 m de haut.

L’ambiance est incroyable. Des puffins émergent de la brume, de retour de leur pêche, pour s’agglutiner sur les falaises. Les nuages s’écartent pour de courts instants et permettent de discerner le relief alentour. Et puis il y a Lily, toute contente, qui se repose dans l’herbe humide.

On décide de manger notre pique-nique, mais il n’aura pas été très reposant: les midges étaient de sortie!

On évite donc de rester sur place: on longe la côte et on descend observer quelques puffins de plus près.

Des deux côtés de la vallée se trouvent deux collines, Da Noup et Da Sneug, le sommet de l’île.

Réunion de puffins

On fait demi-tour car une autre marche côtière nous intéresse, qui nous permettra de rejoindre Ham, le port, sans avoir à remarcher le long de la route.

Contrairement aux prévisions météo, la brume ne se lève pas, comme on peut le voir. ^^ Cette journée aura en tout cas permis à notre peau de se reposer un peu, après tous ces coups de soleil inattendus des premiers jours de vacances!

En chemin, on croise une famille locale et le capitaine de notre bateau, avec qui on discute quelques minutes. On trouve aussi un tracteur… immatriculé en Irlande! On se demande comment il est arrivé là, haha!

Notre marche nous fait passer par “l’aéroport” (= une piste en gravier) et on en profite pour utiliser les toilettes publiques et jeter un coup d’oeil à la salle d’attente (et manger des digestifs au chocolat à l’abri des midges, aussi).

La salle d’attente de l’aéroport, avec des sacs Tesco et autres marchandises destinés à des habitants
Selfie avec la piste 😉

On s’aventure ensuite dans le bog pour rejoindre la côte. Le sol est recouvert de droséras, yeah! J’adore ces petites plantes carnivores depuis que j’en ai vu en Irlande quand j’étais une jeune ado. 🙂

Pour changer, on croise encore un peu plus de moutons, avec leur superbe laine brune! Certains n’ont vraiment pas le vertige et broute vraiment tout au bord des falaises.

On retrouve aussi plein de macareux, dans l’eau, cette fois!

Puis, un truc incroyable s’est produit… On a entrevu le ciel! Ça n’a pas duré longtemps, mais c’était fou comme tout d’un coup les couleurs ont complètement changé.

Puis on a vécu l’un des moments les plus cool de la journée: on a “joué” avec deux phoques, une mère et son petit (on suppose), qui nageaient en bas de la falaise. Quand ils nous ont vus, ils se sont rapprochés de nous, puis à chaque fois qu’on faisait quelques pas, ils se déplaçaient avec nous!

Par moments, ils nous regardaient avec curiosité, et sinon ils semblaient faire des courses sous l’eau, ils se suivaient… et tout ça dans une eau très claire, ce qui fait qu’on les voyait ses déplacer sous l’eau! C’était vraiment chouette. 🙂

J’ai pris quelques photos, mais j’ai aussi filmé! Ils sont tellement gracieux quand ils se déplacent dans l’eau, c’est incroyable. J’ai fait un petit montage vidéo de la faune vue pendant les vacances, je mettrai le lien à la fin de la rétrospective!

On a quand même réussi à leur dire au revoir et à continuer notre chemin, le long duquel on a vu encore plusieurs dizaines de phoques.

D’autres phoques sur leurs rochers

Le sol est de plus en plus humide, comme en témoigne la présence de linaigrettes (“cottongrass”), ces genres de fleurs cotonneuses bien pratiques pour repérer les coins à éviter sous peine de se faire avaler par la tourbière (bon, j’exagère un tout petit peu, mais le bog factor était effectivement élevé).

Vue sur Ham
Wahou wahou wahou! Can you feel the sphagnum love?

On arrive ensuite le long d’une petite rivière, où on revoit des phoques mais aussi une bécassine des marais (qu’on a surtout entendue) et plein d’autres oiseaux non identifiés.

Hop, encore quelques phoques le long de la rivière

Et puis pour changer des phoques et des moutons (même qu’on ne s’en lasse pas!), on passe aussi devant quelques shelties, dont des poulains absolument beaucoup trop adorables.

On est retourné à la jetée, car l’heure de reprendre le bateau arrivait. On a mangé encore quelques digestifs (ça me fait saliver rien que d’y penser) et on a fait la connaissance de Hiccup, un autre border collie venu nous dire coucou (et réclamer des belly rubs). 🙂

Des moutons marins
Un jeune phoque

Puis c’était l’heure d’embarquer, mais on n’a pas tout de suite quitté l’île pour autant: un tour de l’île en bateau nous attendait, afin d’aller voir les plus impressionnantes falaises de Foula, hautes de 365 m.

On passe d’abord devant Gaada stack, une impressionnante arche naturelle.

La mer est un peu plus agitée que le matin. Ça tangue pas mal et on se prend de sacrées giclures, d’où les taches sur les photos suivantes (on a d’ailleurs passé une partie de la soirée à soigneusement nettoyer les appareils photos, qui ont pris cher niveau embruns).

Le relief dans les parois rocheuses!

C’était vraiment grisant de se sentir ballottés par les vagues, avec plein de fous de Bassan volant au-dessus de nos têtes et les falaises sombres toutes proches.

Colonie de fous de Bassan

On passe aussi devant Da Sneck ida Smaalie, la fameuse faille.

Da Sneck ida Smaalie

Puis on s’est gentiment éloignés de Foula, direction Burra. Plus on approchait du coeur de l’archipel, plus le ciel s’éclairait, avec une jolie lumière toute douce. Entre le vent et l’humidité, on a eu froid pour la première fois du voyage, durant le plutôt long trajet du retour. Mais peu avant d’arriver, on a encore eu droit à une dernière surprise: une baleine de Minke! 🙂 On l’a vu plonger et resurgir quelques fois, avant de la perdre de vue. C’était une observation toute calme et sereine, à l’image de la baleine.

Et voilà, on est arrivés au bout de l’article! C’était le (long) récit de notre première visite à Foula, qui fut une chouette expérience. 🙂

A lundi pour le prochain épisode, qui sera plus court, promis!

Sheltie19#17 Mousa

Bonjour tout le monde! 🙂
En cette période de confinement, où j’ai parfois un peu l’impression de tourner en rond et que les jours se ressemblent parfois un peu tous, me replonger dans les photos des vacances et le carnet de voyage me fait super plaisir. Je me suis aussi remise à dessiner, un autre moyen de s’évader et de laisser parler l’imagination — je partagerai sûrement quelques dessins ici un de ces quatre, et en attendant, certains sont sur Instagram, sous julie.ulva2!

Bref, aujourd’hui dans la rétrospective shetlandaise, retour dans le sud de Mainland pour une super chouette journée combinant nature et archéologie (un peu le leitmotiv des vacances, me direz-vous!).

Nous avons commencé la journée tout tranquillement, en dormant un peu plus longtemps histoire de nous remettre de notre longue journée de la veille, puis nous sommes allés à Sandwick, un port tout proche de Levenwick.

Notre visite du jour: l’île de Mousa! Une excursion que je me réjouissais de faire depuis vraiment longtemps! Nous étions un peu en avance, donc nous avons marché le long de la côté à Sandwick et visité une expo locale, ainsi qu’observé des eiders à duvet et des phoques gris, en attendant le départ de notre bateau, le Mousa boat.

Des cormorans

A 11h30, on a pu embarquer, avec une flopée d’autres touristes enthousiastes. L’équipage était hyper sympa, et la traversée très courte. En 10 minutes, nous voilà sur l’île de Mousa, inhabitée depuis 1850. On décide de participer à une marche guidée par une locale, une fille très sympa qui venait de finir ses études sur le mainland écossais et qui revenait vivre à Shetland pour être prof de biologie et chimie. Au début, on n’a pas appris grand-chose, car il faut dire qu’on commence gentiment à s’y connaître en faune locale et en archéologie préhistorique shetlandaise. Mais on n’a quand même pas regretté! Notre guide nous a notamment montré de superbes “mud cracks” fossilisées qu’on n’aurait jamais repérées tout seuls.

Du grès avec des “fissures de boue” fossilisées

On en a aussi beaucoup appris sur l’histoire de l’île. Notre guide nous a raconté l’histoire de deux importants naufrages, dont un en 1941, avec un navire de guerre dont il reste encore un bout d’épave rouillée.

Elle nous a parlé du petit phare, allumé en 1951 seulement, ainsi que des propriétaires de l’île, de la contrebande qui y avait lieu, des derniers habitants… C’était très instructif! Au fait, le nom de l’île signifie “mossy island”, mais j’avoue qu’on a pas remarqué particulièrement plus de mousse qu’ailleurs à Shetland. On était dans l’archipel pendant une période très sèche, et notre guide nous a appris que d’ordinaire, le sol est complètement détrempé et que le sentier ressemble davantage à un champ de boue.

Côté faune sauvage, on a vu, entre autres, des Great skuas, des macareux (en mer), des sternes arctiques, des phoques gris et communs, des cormorans, des fous de Bassan, des plongeons catmarins avec des jeunes, plein, plein, plein de guillemots à miroir et des goélands marins (great black-backed gulls). On a appris que ces derniers aiment traîner près des colonies de cormorans afin de récupérer leurs pelotes de réjection! Et c’est vrai que sur chaque rocher couvert de cormorans, on a toujours trouvé un goéland!

On aussi vu deux oiseaux non identifiés (cf. ci-dessous). On a passé la soirée au camping entourés d’autres campeurs, chacun en train de feuilleter son guide ornitho, mais on n’est pas arrivés à des conclusions satisfaisantes. Il faut dire que les deux individus étaient loin, et que les photos ne sont pas des plus nettes. Voici quand même les deux meilleures si jamais vous avez des idées (sinon, il faut que je me rappelle de poster les photos sur le groupe Facebook “Shetland birds and wildlife”). Pour l’oiseau de droite, je penche pour un guillemot à miroir juvénile.

Un groupe de phoques
Great skua
Un phoque gris
Des plongeons catmarins au loin

L’une des maisons en ruines de l’île, appelée “The Haa”, appartenait apparemment à James Pyper, un marchand ayant acheté l’île en 1783 pour venir y habiter avec sa femme. Cette dernière était alcoolique, et l’idée de son mari était que vivre dans ce lieu isolé l’empêcherait de picoler. Mais pas de bol, la femme aurait découvert que des contrebandiers utilisaient l’île pour amener illégalement de l’alcool dans l’archipel et elle se serait associée à leur business — pas le top pour oublier la boisson! ^^

A droite, The Haa. A gauche, la raison pour laquelle l’île est si visitée…

Après avoir longé la côte nord-est de l’île, on bifurque pour aller voir LA raison pour laquelle tant de gens visitent Mousa: son broch. Vieux de 2300 ans, ce broch mesure 13 mètres de haut et est le mieux conservé d’Ecosse.

Vue sur le broch

Alors que la plupart des autres brochs (dont le voisin de Mousa, situé juste en face sur le Mainland) ne sont plus que des ruines, celui de Mousa est encore très bien préservé. Ce qui l’a sauvé, c’est la quantité de pierres sur l’île. Il y en a tellement que les différentes générations d’habitants n’ont pas eu besoin de récupérer les pierres d’anciens bâtiments pour construire leurs propres habitations, ce qui n’était pas le cas dans le reste de l’archipel, où les bonnes pierres sont assez rares.

Je suis toujours épatée en pensant au fait qu’il y a plus de 2000 ans, des peuples ont réussi à bâtir de tels édifices, avec quasi rien.

Le plus fou, c’est que Mousa broch est en si bon état qu’on peut encore en gravir les escaliers pour atteindre le sommet de la tour!

Encore plus fou: le broch est un haut-lieu de nidification pour le plus petit oiseau marin du Royaume-Uni, l’océanite tempête (storm petrel en anglais et alamootie en shetlandais). L’île de Mousa représente la plus importante colonie de storm petrels du pays, avec 40% de la population nationale (l’île est d’ailleurs une réserve du RSPB d’importance européenne). Ces minuscules oiseaux nichent notamment dans les vieux murs de pierre sèche, et le broch possède quantité d’interstices parfaits pour leur nidification. En montant les escaliers, on a entendu des petits cris stridents… et là, dans un creux du mur bordant l’escalier, on a vu un strom petrel et son oeuf! Wahou, c’était tellement chou! Je savais que c’était petit, mais pas à ce point-là. C’était vraiment minuscule. Bref, on était hyper contents d’en avoir vu un, on ne s’y attendait pas.

Au début de l’été, le Mousa boat fait exprès des visites nocturnes, qui permettent de voir les océanites revenir à leur nid. Ça doit être magique! Malheureusement, lors de notre venue, c’était déjà trop tard dans la saison.

Depuis le sommet du broch, on a une super jolie vue sur l’île et le Sound of Mousa. Mais ce que je préfère, ça reste les épaisses couches de lichen sur les vieilles pierres. 🙂

Au rez-de-chaussée du broch, on trouve également une pierre avec un magnifique fossile de coquillage:

Et les alentours regorgent de guillemots à miroir. Il y en a même qui nichent dans le mur du broch, à l’extérieur!

Guillemots à miroir nichant sur le mur extérieur du broch

Je crois que ce sont mes oiseaux préférés de ce voyage. Ils sont si beaux, si caractéristiques, avec leurs superbes pattes rouges et leur taches blanches.

Photo prise par José avec le téléobjectif

En chemin pour retourner vers l’embarcadère, on passe devant un fameux banc construit avec du bois flotté trouvé sur l’île et qui marque le passage à 60° de latitude nord. Durant le séjour, on a bien remarqué que les Shetlandais avaient l’air hyper fiers de leur latitude. La limite est notamment marquée sur la route principale et c’est aussi le nom d’une bière de la brasserie de Lerwick.

En attendant les quelques minutes avant l’embarquement pour la traversée du retour, on a admiré le travail des bergers qui venaient tondre leurs moutons. Eh oui, car même si l’île est inhabitée du point de vue humain, il y a tout de même des moutons qui y paissent, en accord avec le statut de réserve RSPB.

D’ailleurs, vu que c’était le jour de la tonte, tout le monde a dû visiter l’île dans le sens inverse par rapport à d’habitude, pour ne pas gêner les bergers qui rassemblaient leur troupeau.

Et puis hop, retour sur le Mousa boat! Plutôt que de retourner direct à Sandwick, le capitaine a longé le sud-ouest de l’île pour qu’on puisse voir encore une fois le broch.

Parfois, des orques sont observées dans le Sound of Mousa, ainsi que des dauphins. Ce n’était pas le cas ce jour-là, mais on a tout de même vu un marsouin, notre premier des vacances! Et puis c’est toujours un plaisir de voguer sur l’eau, avec le vent dans les cheveux et le goût de la mer sur les lèvres. 🙂

De retour à Sandwick, le ciel est bien couvert et on sent nos muscles après le kayak de la veille, donc on décide de passer une après-midi tranquille à Lerwick. On a acheté des timbres à La Poste, bu un délicieux chocolat chaud au Peerie shop & café, puis on est allés au Mareel, le centre culturel/studio d’enregistrement/théâtre/bar/école d’arts/cinéma, afin de voir “The Lion King” (2019), la nouvelle version. Je ne pensais à la base pas du tout aller voir ce film au cinéma, mais finalement on a été assez épatés par la qualité visuelle du film — même que ça fait tellement réaliste que c’est très bizarre de voir des lions parler… Le plus drôle, c’était surtout l’ambiance: forcément, puisque tout le monde connaît l’histoire, le public anticipait les moments clés et les enfants dans la salle étaient tout excités! On a d’ailleurs pu entendre des vrais Shetlandais nous parler de leurs “bairns”, huhu.

Voilà, c’est fini pour aujourd’hui! A jeudi pour le prochain article de la rétrospective shetlandaise! 😉

Sheltie19#16 Paddling from cave to cave

Salut tout le monde!
Après nos superbes journées dans les îles du Nord, nous sommes retournés sur Mainland pour une raison bien précise (sinon, on serait encore sûrement sur Unst ou Yell ^^’): une journée de kayak de mer!

C’est à peu près le seul truc qu’on avait réservé avant de partir et qu’on avait vraiment, vraiment, vraiment, vraiment envie de faire. Mais on avait été prévenus qu’en raison de la météo, les sorties n’ont pas toujours lieu, et qu’il valait donc mieux réserver sa journée de kayak au début de vacances, comme ça ça laisse davantage d’options pour repousser.

Mais comme bien souvent, on a eu un bol de ouf et des conditions tout à fait ok pour faire du kayak — avec tout de même un petit peu vent, histoire de crever un peu plus les bras, huhu. Même que pour une raison qui nous échappe, avec José on a eu des courbatures… aux cuisses! Oui, pour nous aussi, c’est un grand mystère… Enfin, on pense qu’on a réglé les cales pour les pieds un peu trop loin pour nos courtes jambes, ce qui faisait qu’on devait contracter un peu les cuisses.

Bref, assez parlé de nos cuisses, voici tout un tas de photos pleines de gouttes d’eau et à l’horizon tordu, prises avec le petit Lumix aquatique!

On s’est passé l’appareil photo plusieurs fois, donc il y a des photos prises par José, d’autres par moi, et même quelques unes prises par nos guides avec leur propre appareil.

Je rêvais de refaire du kayak de mer depuis cette soirée magique à Stewart Island lors de mon voyage en NZ (en 2014… ça date! Mais vu que le kayak de mer, en Suisse, c’est pas hyper courant, on a depuis plutôt fait du kayak sur rivière… ^^) et je n’ai pas été déçue! C’était à nouveau une superbe expérience, bien que très différente!

Le leitmotiv de la journée, c’était sans aucun doute les grottes! On en a visité tellement, c’était incroyable! L’obscurité, l’écho de gouttes tombant du plafond, les manoeuvres pour faire demi-tour,… Elles avaient toutes des atmosphères différentes. Certaines avaient des puits de lumière splendides, dans d’autres il faisait nuit noire… Il y en avait une qui ressemblait à une cathédrale tellement elle était grande, avec un plafond si haut! On se laissait bercer par la houle en s’imprégnant de l’ambiance… L’acoustique était magique, c’était un bel endroit pour entonner un chant de la mer (et là encore, ça m’a du coup rappelé la NZ, avec un guide qui chantait dans les grottes de Waitomo). Dans une autre grotte, ça sentait le guano à plein nez, et on ne s’est pas attardés, haha.

On s’est aussi faufilés dans d’étroits passages rocheux et j’étais fière de certaines de mes manoeuvres… De manière générale, on était contents de notre aisance (je suis clairement plus à l’aise en kayak qu’en voiture, haha). Pour choisir quel kayak nous donner avant le départ, Angus, notre guide, nous a demandé si on préférait avoir un kayak maniable et rapide ou un lent et chiant. Je me disais que ça sentait la trick question… Je lui ai du coup demandé quel était le piège avec les rapides et, sans surprise, “bah on chavire plus vite aussi”. Haha. ^^ Il nous a ensuite demandé si on faisait du ski et nous a du coup donné les kayaks légers et maniables, en disant que “niveau équilibre, c’est pareil”. Eh bien on n’a pas regretté, ils étaient vraiment hyper maniables et on n’a même pas chaviré! (Même si je pense que l’expérience en stand-up paddle a aidé aussi, sans doute un peu plus que le ski.)

Durant toute la sortie, on était entourés de guillemots à miroir, mes préférés! On en a vu de près, ils étaient peu farouches. C’est d’ailleurs la première fois qu’on a remarqué à quel point leurs pattes sont rouge vif. On a aussi vu la dose de cormorans et de sternes, d’occasionnels fous de Bassan et fulmars, des Great et Arctic skuas, et bien plus (on a même vu un papillon, ha!).

Black guillemot
Celtic paddle, huhu

On s’est faufilé entre des rochers, on a longé des falaises, on est passés sous des arches en pierre et dans des tunnels et couloirs étroits… On a eu droit à du soleil, des nuages, du vent, du calme, c’était chouette (et varié!).

Au loin, on a aussi repéré plein de lieux connus pour leurs formations géologiques, avec les Drongs de Hillswick, Esha Ness et même Papa Stour. Ça nous a donné encore plus envie d’aller les voir durant le reste du séjour (même que c’était bien sûr déjà prévu!).

Dans ce défilé, on est passés près d’un nid de cormorans, avec des jeunes aux cordes vocales déjà bien développées!

A midi, on a mangé sur une plage de galets dans une petite crique. Il y avait plein de forkytails, soit des perce-oreilles, qui se déplaçaient hyper rapidement sur les rochers.
C’était tellement chouette de se retrouver dans des endroits inaccessibles depuis la terre ferme. C’est comme si tout un monde s’offrait à nous. D’ailleurs, durant le reste des vacances, on ne regardait plus du tout la côte de la même façon! A chaque fois qu’on voyait une grotte marine, on se demandait à quoi elle ressemblait, si elle menait quelque part, etc.

Pendant une partie de la journée, José a eu un passager clandestin: un oursin qu’Angus a pêché dans l’eau et lui a filé. On se l’est passé de mains en mains, à l’admirer, puis Angus a demandé si quelqu’un voulait le garder pour le manger le soir. Personne ne s’est manifesté, donc plouf, retour à l’océan.

On a pu voir aussi plein de méduses, d’algues et de varech. Par endroits, l’eau était tellement claire, surtout dans les coins calmes abrités du vent et dans les grottes.

On était 8 participants lors de ces 5h30 à pagayer dans l’océan, dont un très sympathique couple retraité habitant le Yorkshire et qui était venu avec ses propres kayaks. En tout, nous étions donc 10, en comptant Angus, le big boss à l’accent à couper au couteau, et Rosalind, une de ses filles, super sympa. On a réservé cette excursion chez Sea Kayak Shetland (en même temps, on n’a pas trouvé d’autres entreprises du genre) et même si l’organisation était un peu chaotique (comprenez: rdv à 9h, départ en kayak à 11h20… mais avec tout de même 1h de trajet entre deux), c’était très, très chouette. Il s’agit d’un business entièrement familial, avec la femme, Wendy, qui s’occupe des réservations et de l’accueil, et Angus et les deux filles qui accompagnent les sorties en mer. Rosalind et Angus étaient vraiment cool, même si, concernant ce dernier, j’ai rarement eu autant de peine à comprendre quelqu’un — mais il faut dire que le bruit du vent n’aidait pas. ^^

Bon, et bien sûr, je n’ai pas encore parlé… des phoques! Car il y en avait, et beaucoup! Certains étaient surpris de nous voir et quittaient leurs rochers pour se réfugier sous l’eau, d’autres au contraire s’approchaient pour venir nous voir. A un moment, sur la suggestion d’Angus, on s’est tous mis côte à côte pour former un radeau. Le but? Intriguer les phoques, qui sont justement venus plus près. Pop, pop, pop! Plein de petites têtes apparaissaient à la surface, on baignait vraiment dans une ambiance “Song of the Sea” (pour ceux qui ne connaissent pas la référence, vous pouvez aller lire cet article). 🙂

Bien sûr, ça ne rend absolument rien en photo, car ils semblent peu nombreux et loin, mais j’en ai quand même mis une.

Ces petites taches noires sont des phoques. 😉

A un moment dans l’après-midi, on a fait une seconde escale à terre pour se dégourdir les jambes. Avec José, on a grimpouillé sur la petite colline pour voir la vue… et surtout pour fuir les midges, qui nous ont attaqués sitôt débarqués! A vrai dire, ils ont même continué à nous suivre une fois à nouveau à l’eau, c’était fou. Maintenant que j’y repense, des midges m’avaient aussi attaquée durant les 5 minutes de kayak que j’avais fait sur la rivière Don, à Aberdeen… C’est peut-être moi qui les attire! ^^

Mais bon, malgré les midges, ça faisait du bien de déplier les gambettes. En plus, on a vu des oies cendrées (et des moutons, comme d’hab. Peut-être que je devrais préciser les fois où on n’a pas vu de moutons, ce serait plus rapide, haha).

La colline aux midges

Et puis on a gentiment pagayé jusqu’au point de départ, après 15.3 km de kayak (d’après la montre de José). On retrouve des habits secs et mon Nikon (manière subtile d’annoncer que les photos qui suivent viennent de mon véritable appareil photo ^^), puis on dit au revoir à toute l’équipe avec qui on a passé cette superbe journée! Si un jour j’habite sur une côte, c’est sûr, je m’achète un kayak!

Nos fidèles destriers 🙂

On a fait quelques arrêts sur le trajet du retour, tellement les paysages étaient beaux! On a aussi vu une annonce sur Facebook comme quoi un immense groupe de dauphins de Risso avait été aperçu pas loin. C’était sur le chemin, donc on y est allés, mais tout était recouvert d’un épais brouillard et on n’a rien vu, donc on a décidé d’aller à Lerwick faire quelques courses.

En route, on s’est quand même encore arrêtés pour quelques photos, notamment au panneau “Attention loutre!” qui se trouve à Mavis Grind, à la frontière de la région Northmavine.

De retour au camping de Levenwick, on a pris une bonne douche chaude, mangé des restes de chili de la veille et fini en beauté avec des fraises, du Thistly Cross cider et une partie de cartes!

Et voilà, à bientôt pour la suite de la rétrospective shetlandaise, et d’ici là portez-vous bien!

Sheltie19#15 Yell

Hello à tous!
Aujourd’hui, je vais vous raconter une journée vraiment super chouette (j’ai l’impression de souvent commencer mes articles shetlandais comme ça, mais il faut dire que c’était des vacances vraiment hyper cool ^^).

On a à nouveau commencé notre journée sous le soleil, pour prendre notre dernier petit-déj dans le jardin de l’auberge d’Unst. Puis on plie la tente et on file à Belmont, au terminal du ferry. On a un peu de temps, alors que je m’amuse à photographier de jolies algues, l’eau est tellement claire! Soudain, j’entends un gros “hiiisssssssss”, comme un chat qui me souffle dessus. Eh bien c’était une loutre qui me soufflait dessus et qui n’était visiblement pas contente de me voir! Elle est sortie de sa cachette entre les rochers de la jetée, elle a nagé quelques mètres, entendu que j’étais toujours là, puis elle a plongé et disparu. Mais je l’ai revue plusieurs fois avant qu’on embarque sur le ferry. Il faut dire que les terminaux sont des endroits connus pour voir des loutres, car celles-ci y sont souvent habituées à la présence d’humains et donc moins farouches…

L’eau était tellement claire, je l’ai vraiment bien vu nager sous l’eau, avec une telle élégance! Et les pattes arrières sont vraiment trop cool. ^^

Puis on a pris le ferry pour une courte traversée à destination de Yell. Vers le terminal, à Gutcher, on voit nos premières vaches Highland de l’archipel.

Des vaches Highland bien loin des Highlands

On a toute la journée pour passer du temps sur Yell avant de retourner sur Mainland, et on décide un peu au pif d’aller voir une plage toute proche: Breckon Sands.

Jackpot: c’est le paradis! La plage est déserte du point de vue humain, en revanche il y a plein d’oiseaux: des sternes arctiques, des mouettes rieuses, des gravelots, des bécasseaux, des goélands, des cormorans et même des kittiwakes.

L’eau est tellement belle, le sable si blanc. C’est calme, paisible et vraiment beau.

On passe un bon moment sur la plage. On prend quelques photos, on regarde le va-et-vient des vagues, qui nous hypnotise, ainsi que les allers-retours des oiseaux. On suit des yeux les traces de pattes dans le sable. On regarde l’horizon. Il y a tellement d’espace! Et toujours le bruit des vagues, incessant, calmant…

Bon, vous l’aurez compris, on a adoré cet endroit et ce moment, pleins de sérénité.

On était en train d’hésiter grandement: se baigner, ou ne pas se baigner, that is the question! Finalement, on décide de dire au revoir à la plage, car il y a une marche dans le sud de l’île qu’on a aussi envie de faire. Et bien nous en a pris, car en remontant à la voiture, on a croisé au moins trois familles avec une tonne d’enfants qui descendaient avec plein d’affaires pour passer la journée à la plage. Un bon timing, donc. 😉

On commence par traverser l’île dans sa longueur par la route principale. Il y a plein de belles maisons sur les collines qui donnent envie de s’y installer. Tout autour de nous, plein de tourbe, dont des petits tas qui sèchent au soleil. On croise aussi des Minions peints sur des hangars et même un jeune mouton suicidaire qu’on a évité de justesse!

On a ensuite emprunté des petites routes pour remonter jusqu’à Mid Yell. En chemin, on profite de superbes vues et on traverse des lieux aux noms trop cool: Gloup, Otterswick, Houlland, Fladdabister,…

On a mangé des burgers au LJ’s diner de Mid Yell avant de prendre encore une autre petite route pour descendre jusqu’à Burravoe, départ de notre marche du jour. Il y a un chouette petit port avec un camping communautaire à seulement 4£ la nuit (dommage qu’on n’en ait pas connu l’existence plus tôt! Lors du prochain voyage, on s’y arrêtera!). On discute quelques instants avec un usager du camping, qui nous conseille de continuer à voyager sans nous embêter à dégoter un travail fixe. ^^

L’infrastructure du camping 🙂

On part ensuite faire le tour de Heoga Ness. Phoque gris, moutons, ruines d’église, eau bleu scintillante, bateau de pêcheur, bog avec plein de sphaigne… C’est bien chouette. 🙂

On rencontre aussi une sterne sur la défensive qui a essayé de me plonger dessus, et heureusement d’autres animaux plus indifférents quant à notre présence: huîtrier-pie, gravelots, corneilles mantelées,…

Un paradis de mousses et couleurs 🙂

Et là, au loin, j’aperçois une loutre en plein repas! La deuxième de la journée 😉

Trouvez la loutre! 😉

On a vraiment bien pu l’observer avec les jumelles, puis un bateau est arrivé tout près et elle a filé dans l’eau. On a revu sa tête à la surface de l’eau une ou deux fois, puis on l’a perdue.

On a fini la marche en grimpant jusqu’à Ladies Hol, une petite falaise où nichent, d’après notre guide de marche, des guillemots, razorbills et puffins. On n’a vu que des fulmars, cormorans et un grand corbeau. Mais quel spectacle! Les fulmars volaient tout proches de nous, c’était magnifique!

Avec ce superbe ballet aérien offert par les fulmars, difficile de prendre une photo de paysage sans photobomb aviaire… Du coup, on a plutôt essayé de prendre des photos de fulmars 😉

Avec José, on aime beaucoup les fulmars. Ils semblent nous accompagner un peu partout, ne nous crient pas dessus, volent comme leurs cousins les shearwaters (appelés puffins en français, histoire de compliquer le schmilblick) et ressemblent à de petits albatros. Bon, plus tard durant le voyage, on a quand même appris que les fulmars, appelés maalie en shetlandais, crachent sur leurs ennemis. Il s’agit de “defensive vomiting”. Littéralement, ils projettent une huile absolument dégueu produite dans leur estomac, qui apparemment est tellement grasse que ça ne sert à rien d’essayer de laver ses habits. Après avoir appris ça, on faisait un peu gaffe en les voyant passer, mais heureusement on ne s’est pas fait vomir dessus. ^^ Je pense qu’il faut vraiment aller les embêter vers leur nid pour qu’ils se révoltent.

Puis on a gentiment terminé notre marche, récupéré la voiture, embarqué dans un ferry plein à craquer direction Mainland, et conduit jusqu’à Lerwick, admirant un superbe fjord et quelques lochs en chemin.

Dans la capitale, on retire du cash, fait quelques course et… on assiste à la mort d’un pigeon, terrassé par un chat domestique au milieu de la route. Quelle agilité! Le pigeon faisait énorme dans la gueule du chat. On retourne ensuite à Levenwick, notre premier camping shetlandais, car c’est le mieux situé pour nos activités des prochains jours…

Les midges sont de sortie mais on a quand même réussi à sortir vivants du plantage de tente et de la préparation du repas, avant de se réfugier dans la salle commune pour manger. On a retrouvé Tony, l’Anglais pour ainsi dire résident à long terme du camping, et on a rencontré Steve et Saana, un couple très sympa qui bosse à l’Université de St Andrews et qui s’intéresse notamment à la prédation des orques sur les phoques communs! Comme plein d’autres personnes, on n’a pas arrêté de les revoir dans d’autres coins de l’archipel pendant le reste des vacances!

Et voilà, nous étions déjà de retour à Levenwick, dans le sud de Mainland, mais pour une raison bien précise… (teaser pour le prochain article 😉 )!
On n’aura finalement passé que trois jours dans les îles du Nord, mais quelles journées magnifiques (surtout qu’on a eu un bol de chameau avec la météo!)! On aurait facilement pu y rester trois semaines — voire “forever!”, comme l’a si bien dit le concierge hyper sympa de l’auberge à Uyeasound.

A jeudi pour le prochain article (eh oui, j’ai tellement bien travaillé durant ce week-end de Pâques que j’ai pu programmé des articles à l’avance!)! 🙂
Bye!