Scot25#49 A fine detour to Sgùrr na Stri

Hello!
C’est parti pour la suite de la rétrospective du Skye Trail, que je reprends lors du solstice d’été, qu’on a commencé à Sligachan. 🙂

On n’a pas très bien dormi au camping de Sligachan, à cause d’un groupe qui a fait beaucoup de bruit jusqu’à 2h30 du mat’, c’était pénible. Le matin, on a donc commencé par boire un mocha (la réception du camping a une vraie machine à espresso!) et manger un muffin avant de plier la tente et partir sans stress à 9h. Malgré le boucan nocturne, c’était un bon camping, on a même pu charger nos batteries — par contre on entendait aussi pas mal la route.

On traverse la rivière Sligachan sur le fameux vieux pont de pierre (construit entre 1810 et 1818 par Thomas Telford), on passe les statues de Collie et MacKenzie (deux alpinistes célèbres), puis on s’enfonce dans Glen Sligachan.

L’air est lourd et il fait de plus en plus chaud à mesure que le ciel se bouche, les nuages formant un couvercle au-dessus de nos têtes.

Sur notre gauche se dressent les Red Cuillins, et sur notre droite, les Black Cuillins, avec leurs pics acérés.

Vers 11h, on plante déjà la tente. On a en effet des plans qui dévient du Skye Trail: gravir Sgùrr na Stri, un petit sommet de 494 m réputé pour ses vues incroyables.

On laisse dans la tente les affaires dont on n’a pas besoin et on prend juste l’essentiel dans mon sac à dos: snacks, eau, Garmin InReach, waterproofs, lampe frontale, couverture de survie… et, bien sûr, Hallival, notre nouveau compagnon mouton! 😉

José porte le sac et moi juste la banane avec l’appareil photo, je me sens si légère!

On monte d’abord jusqu’à un col proche de Sgùrr Hain, d’où on voit le beau loch a’ Ghoire Riabhaich et déjà un petit bout de Loch Coruisk, héhé! (Ça faisait des années que je rêvais de venir dans ce coin, soit en marchant, soit en bateau jusqu’à Loch Coruisk, donc j’étais vraiment trop contente!)

Au lieu de rallier le loch, on emprunte un autre sentier qui descend un peu puis remonte pour atteindre Sgùrr na Stri. On croise quelques autres personnes en montant mais on a le sommet pour nous tout seuls, et on y passe un bon moment. On se pose sur un des nombreux “slabs of gabbro” (la géologie du coin est ouf!) pour grignoter des noix et avaler une barre de céréales en admirant le paysage.

Comme attendu, les vues sont incroyables, malgré les nuages qui dissimulent un peu les sommets alentour. Ça ajoute un peu d’atmosphère “moody” aux Black Cuillins.

On surplombe d’environ 490 m “the Bad Step”, un passage rocheux notoirement scabreux le long de Loch Scavaig, et Loch Coruisk est visible en entier en contrebas. Il y a quelques bateaux et kayaks au bout de Loch Scavaig. L’eau a des teintes turquoise, c’est si beau. Des taches de soleil se déplacent rapidement à la surface, reflets de la course des nuages qui viennent envelopper les pics de la Cuillin Ridge.

Côté mer, on devine l’île de Rùm (mais pour qu’Hallival puisse voir la montagne dont il porte le nom, il faudra qu’on repasse un jour moins nuageux ^^) et on discerne tout juste Eigg, avalée par la brume. Par temps dégagé, on est censé voir jusqu’à Mull, mais ce n’était malheureusement pas le cas ce jour-là.

Depuis le “vrai sommet” de Sgùrr na Stri, on voyait bien Loch na Crèitheach, qu’on a longé le lendemain, et la baie de Camasunary. On apercevait aussi Elgol et la péninsule de Sleat au loin, mais c’était pas mal hazy.

Le nom anglais de Sgùrr na Stri est “Peak of Strife”. D’après une légende locale, c’était le lieu de vieilles disputes territoriales entre des clans, car la montagne représentait une frontière stratégique entre différents territoires.

Malgré les vues pas optimales, on ne regrette ce petit détour: c’était vraiment beau et ça faisait du bien de marcher un peu sans les gros sacs!

Le spectacle des nuages et du vent est également grandiose: des nuages dansent sur les crêtes et couvrent Blà Bheinn, d’autres sont poussés par le vent depuis la vallée et volent au-dessus du col sur le chemin du retour, c’est hypnotisant.

On croise un groupe de quatre Britanniques qui veulent rejoindre Camasunary mais ne sont pas sûrs de l’itinéraire, donc on sort la carte pour regarder les options avec eux. On croise aussi plein de petites bêtes: des papillons et moths, des coléos et des libellules (à quatre taches et des cordulégastres).

Le reste du retour jusqu’à la tente est un peu laborieux: il fait tellement chaud et lourd, on fatigue et on marche un peu en pilote automatique. On se rince dans un petit burn, ça fait du bien même si l’eau n’est pas si froide. On retrouve le Lochan Dubha, illuminé par instants par des rais de lumière qui balaient le glen, c’est magique.

Ce spectacle de lumière nous donne l’énergie nécessaire pour les derniers mètres avant de retrouver la tente, “tucked in” pas loin du sentier et entourée de bruyère en fleur.

José part chercher de l’eau à un burn (elle est si bonne et claire!) pendant que je gonfle le matelas (rapido, grâce au vent). On observe un faucon qui chasse un passereau dans une bataille aérienne frénétique et sans merci, wow.

On a ensuite mangé un délicieux poulet au curry korma d’Expedition Foods, suivi d’un chocolat chaud et de chocolate digestives en dessert, yum.

On a gardé toutes les écoutilles de la tente ouvertes pour que la brise nous rafraîchisse, et je me suis assoupie alors que j’étais en train d’écrire dans le carnet, avant de me réveiller vers 21h et de lire un peu avant de dormir, comme José.

Hallival dans la bruyère

On se sentait bien fatigués mais c’était une très bonne journée. Et c’est ainsi qu’on s’est endormis heureux, dans le calme de Glen Sligachan, après avoir enfin pu admirer “one of the finest views in Britain”. 🙂

[Distance Jour 5: 19.8 km et 880 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 89.1 km]

Scot25#48 Feeling hot, hot, hot

Bonjour!
C’est parti pour la suite de la rétrospective du Skye Trail. 🙂

Nous avons passé une bonne nuit à Fiurnean, je me suis juste levée à 2h20 pour un petit pipi (la faute aux électrolytes bus le soir, et à mon âge de plus en plus avancé, sans doute! ^^) et j’ai pu admirer un croissant de lune en feu, c’était magique. On sent qu’on approche du solstice, la nuit n’est pas très obscure. J’ai ensuite mis deux heures à me rendormir mais je ne me sentais étonnamment pas fatiguée. On a quand même repoussé le réveil à 7h30, avant de plier bagages sous un grand soleil.

La marche jusqu’à Portree était splendide, toujours le long de la côte, avec ce beau Ben Tianavaig qui donne des airs de fjord scandinave à la baie.

On voit plein de choucas, des corneilles mantelées, des étourneaux et même un grand busard majestueux (voire un petit aigle?).

Moins cool, on voit aussi une grosse “fish farm” avec plusieurs bateaux qui s’activent autour (en faisant des bruits d’hélicoptère). Durant la Diagonale, j’ai lu “The Black Loch”, de Peter May, qui parle notamment des impacts environnementaux désastreux de ces piscicultures en eaux libres. Plus récemment, j’ai aussi lu “The Last Sunset in the West – Britain’s Vanishing West Coast Orcas” de Natalie Sanders, qui parle du déclin de la communauté d’orques vivant entre l’Irlande et l’ouest de l’Ecosse. Elle y parle, entre autres pressions, du risque posé par les “répulsifs acoustiques” utilisés par ces élevages et qui visent à éloigner les prédateurs tels que les phoques, mais causent aussi plein de problèmes aux cétacés.

On a un très bon rythme et on avance plus vite que ce qu’on pensait, malgré les montées/descentes et la bogginess. On commence à longer la baie de Portree. Prés fleuris, sous-bois… c’est vraiment très sympa.

On passe de plus en plus de gens et de bancs, signe qu’on approche de Portree.

On y arrive vers 11h et on enchaîne des petites courses pour faire le plein de snacks. On a goûté des boissons “Whole Earth”, la marque de notre peanut butter préféré, et c’était vraiment bon et rafraîchissant, parfait par ces grandes chaleurs.

On s’est ensuite posés au café Summer — c’était vraiment de circonstance, vu l’ambiance estivale, avec plein de gens en robes et shorts — pour un bon mocha, un sandwich focaccia et un cookie un peu trop sucré.

On réserve un taxi pour 13h, pour sauter une partie des 14 km de “road walking” que comporte l’étape suivante. Le chauffeur a 40 minutes de retard, mais on n’est pas pressés, on se pose vers le square, où des enfants font un concert de musique écossaise à la flûte (on apprend qu’ils ont congé le vendredi après-midi, sympa). Je fais aussi un petit tour dans une boutique, où je trouve des peluches de moutons “Black Face”, avec les cornes. J’en avais vu une en 2022 à Oban et j’avais vraiment regretté de ne pas l’avoir achetée pour agrandir mon troupeau de moutons en peluche, donc cette fois-ci, je n’ai pas hésité, surtout qu’il y en avait une petite, “backpacking size”. On a prénommé notre nouveau compagnon laineux “Hallival”, du nom d’un sommet de Rùm gravi en 2023. 🙂

Puis notre chauffeur de taxi arrive enfin et nous conduit direction The Braes, un lieu important de l’histoire de la lutte des Crofters pour leurs droits. On ne regrette clairement pas notre choix d’avoir skippé cette section: que de la route au soleil, sans franchement de vues. Le taxi nous dépose vers Gedintailor, un peu avant la fin de la route, pour qu’on puisse faire un petit détour par Camas a’ Mhór-bheòil, une jolie plage.

On fait le tour de la mini péninsule, d’où on voit bien le ferry pour Raasay, juste en face. Il y a plein de cormorans sur des petits falaises et stacks, et la côte doit être chouette à explorer en kayak, avec quelques grottes.

Il y a plein de digitales immenses, ployant sous le poids des fleurs et ajoutant des touches roses au paysage, comme la bruyère de plus en plus fleurie.

On marche ensuite 2 km sur la route (comme on est contents de ne pas avoir fait les 12 km précédents!) avant de rejoindre un sentier mi-boggy, mi-caillouteux le long de loch Sligachan.

Il fait si chaud! A un moment, une petite cascade au milieu de quelques arbres offre une oasis de fraîcheur bienvenue.

On guette les rives du loch, en quête de loutre ou phoque, mais on voit juste un canoë et un groupe d’oies cendrées. On fatigue, malgré la “petite” journée, et on est contents d’atteindre le bout du loch, où des moutons paissent au milieu du sea pink des marais salants.

Encore quelques traversées de burns et de boggy pools et nous voici au camping de Sligachan, où on retrouve les Gallois rencontrés sur la Trotternish Ridge.

Après une bonne douche, on mange des tacos au food shack du camping, yum! Puis on n’a pas fait tard, on était pas mal crevés, mais heureux de cette belle journée ensoleillée!

Bye et à bientôt pour la suite!

[Distance Jour 4: 18.8 km et 389 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 69.3 km]

Scot25#47 Up and down, all the time

Hello et bienvenue pour la suite du récit de notre semaine sur le Skye Trail en juin 2025. On continue la rétrospective avec une superbe mais intense journée (c’était notre 2e jour d’affilée à plus de 1000 m de dénivelé positif). 🙂

Durant notre nuit en contrebas de Beinn Edra, nous avons été enveloppés dans un épais brouillard — Skye porte bien son surnom de “Misty Isle”. Je n’ai pas très bien dormi, donc on a repoussé un peu le réveil mais on a quand même réussi à tout plier pour 8h30, sans se presser.

Le ciel était encore bien nuageux durant la matinée, dissimulant des sommets de la Trotternish Ridge, mais on a malgré tout eu droit à de splendides vues et quelques belles lumières!

La géologie du coin a créé des paysages vraiment fous: falaises à pic couvertes de mousses, méandres de rivières en bas, cirques montagneux, cuvettes herbeuses, pics rocheux…

L’itinéraire du jour était simple à suivre: le long de la crête, gravir une colline, descendre de l’autre côté, gravir la suivante… avec des pentes toutes plus raides les unes que les autres, bien sûr. 😉

Ça m’a inspirée pour une petite chanson sur l’air de “The Wheels on the bus”:

♫ The hikers on Skye go up and down,
up and down, up and down.
The hikers on Skye go up and down,
all the time! ♫

On a croisé deux Gallois rencontrés la veille, qui avaient campé un peu avant nous sur la Ridge. Ils étaient très sympas et on les a revus plusieurs fois durant la journée. Du côté des rencontres à plumes, on a vu un beau faucon crécerelle. 🙂

On se pose au sommet de Sgùrr a’ Mhadaidh Ruaidh (593 m) pour notre “second breakfast” (= porridge), durant lequel on est rejoints par un peu de bruine et quelques midges, l’arnaque! 😉

Un peu plus loin, on atteint le sommet le plus haut du jour: Hartaval (668 m). Des sources d’eau semblent émerger directement de la mousse, c’est magique.

Puis on arrive en contrebas du Storr et on rejoint son Old Man. Comme prévu, il y a foule, et c’est une expérience bien différente de notre première visite, en 2016, quand on avait découvert le Old Man of Storr au lever du soleil, dans un cadre paisible et magnifique.

On ne s’attarde pas et on descend le long chemin jusqu’au parking, croisant la foule qui monte et survolés par plusieurs drones. On retrouve aussi les Gallois, qui ont décidé de faire du stop depuis le parking pour pouvoir dormir à Portree ce soir.

Au parking, on fait le plein d’eau et on s’octroie une pause vers une “Coffee shack” à deux pas de là: cappuccino, brownie, blueberry muffin et même carrot cake (celui de trop, un peu écoeurant). Le tout en admirant la vue désormais parfaitement dégagée sur les montagnes de Torridon, wahou!

Puis c’est reparti: on longe un bout de Loch Leathan sur une petite route qui nous amène vers la mini usine hydroélectrique de Bearreraig, d’où la vue est bien belle: falaises couvertes d’arbres (balèzes!), superbe baie, ruine de bothy.

C’est un coin connu pour les fossiles, mais on a la flemme de descendre jusqu’à la plage donc on se contente de l’admirer depuis en haut. Les couleurs sont superbes: digitales roses, roches ocres, végétation d’un doux vert, eau bleu profond… 🙂

On enchaîne avec une section “pathless” dans la tourbière, qui inspire la suite des paroles de ma chanson du jour, toujours sur l’air de “The Wheels on the bus”:

♫ It’s time for another slog through the bog,
through the bog, through the bog.
It’s time for another slog through the bog,
yes, it’s time! ♫

Je peine un peu au début car j’ai hyper mal à la tête, comme un début d’insolation. Mais un paracétamol, la belle lumière et le paysage me font vite aller mieux. C’est si beau!

Le Storr dans notre dos, les îles de Rona et Raasay au soleil sur notre gauche, les Cuillins dégagées au loin, les montagnes du mainland… Toute cette beauté nous fait chanter de bonheur (sur le soundtrack du film “A Knight’s Tale”, notamment)!

Après une ultime pente raide, on atteint Fiurnean, une splendide colline peuplée de moutons Black Face (et de bourdons, syrphes et moths!). On admire Ben Tianavaig un peu plus loin, qui garde l’entrée de Loch Portree, d’où émerge tout d’un coup un énorme bateau de croisière. On ne s’attendait pas à le voir là!

On plante la tente, et il fait si bon qu’on passe la soirée avec toutes les “portes” ouvertes, c’est si agréable!

Le “chicken rice with vegetables” d’Expedition Foods est testé et approuvé, puis on profite d’avoir du réseau pour réserver quelques trucs pour la fin du voyage.

Il faisait tellement beau, j’ai pris un nombre très exagéré de photos de notre campement, haha. On a presque tenu jusqu’au coucher du soleil (vers 22h30) puis on s’est couchés, accompagnés par le bêlement des moutons, les sifflements plaintifs des pluviers dorés et le chevrotement des bécassines.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui. C’était vraiment une de mes journées préférées sur le Skye Trail, et la météo complaisante n’y était sûrement pas pour rien! 😉

A bientôt (j’espère) pour la suite!

[Distance Jour 3: 22.9 km et 1058 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 50.5 km]

Scot25#46 A Landscape of Lava

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective de notre semaine sur le Skye Trail. Je reprends le récit à Flodigarry, où nous avons passé une nuit bien reposante à l’hôtel suivie d’une merveilleuse journée sur Skye. C’est fou, comme un peu de repos et de nourriture font toute la différence!

On a très bien dormi dans le cottage de Flora MacDonald puis on a mangé un bon petit-déj’: porridge / granola et un bacon-black pudding-crumpet stack / mushrooms on toast. C’était délicieux, mais plutôt léger. Ces restos “gastronomiques” ne satisfont pas nos appétits de randonneurs (dommage, vu leur prix). ^^

Le check-out était à 11h et on a décidé de profiter au max de la chambre en retournant se blottir dans le lit tout en regardant une vidéo de Fit For Adventure (“Paddleboarding Knoydart“, qui nous a d’ailleurs méga donné envie d’aller pagayer!).

A 11h, bien reposés, on commence donc à marcher, sous un ciel gris mais sec.

On rejoint Loch Langaig, qu’on longe avant de prendre de la hauteur et de passer un autre plan d’eau: Loch Hasco.

Dans un coin, la bruyère tout autour de nous est calcinée, il a dû y avoir un sacré feu il y a quelque temps.

Nous voilà dans le fameux Quiraing, “a crazy world of cliffs and pinnacles” (dixit le guidebook). C’est vraiment incroyablement beau! On admire les trois célèbres formations géologiques du Quiraing: “the table”, “the needle” et “the prison”.

Alors qu’on était quasi seuls jusque là, on commence à croiser de plus en plus de monde à mesure qu’on se rapproche du parking, mais rien de dérangeant — ça restait moins pire qu’un dimanche ensoleillé au Salève… sauf quand on a rattrapé le “Charity Challenge” de la veille. Le groupe galérait dans une descente un peu caillouteuse et créait des bouchons, mais heureusement on a pu le contourner grâce à un sentier juste à côté (qui était d’ailleurs le vrai tracé indiqué par notre gpx).

On s’est émerveillés devant la vue de la suite de la Trotternish Ridge — qu’on allait parcourir tout le reste de la journée et un bout du lendemain. Lors de notre premier voyage sur Skye, en 2016, on n’avait pas pu s’arrêter car le parking du Quiraing (alors beaucoup plus modeste) était plein, donc ça faisait plaisir de pouvoir revenir et bien prendre notre temps dans ce si bel endroit.

Arrivés au fameux parking, on s’octroie une pause pour manger des burgers servis par un food truck (et acheter des muffins pour plus tard ^^). Puis on attaque la suite de la Trotternish Ridge, yihaa!

Les paysages sont absolument magnifiques, c’est à couper le souffle (et pourtant, ça souffle! ^^).

Ça monte et descend constamment et on s’émerveille à chaque nouveau point de vue. J’ai donc bien sûr exagéré avec le nombre de photos, oups. 😉

Le vent est sans relâche et on s’abrite derrière un pan de mur de pierre pour déguster nos muffins au chocolat au calme. Je trouve que le plus usant avec le vent incessant quand on marche, c’est le bruit (et se faire constamment fouetter le visage, aussi). Heureusement, le vent ce jour-là n’était pas si fort (les moutons Black Face avaient d’ailleurs encore leurs cornes), juste constant.

Le panorama est si riche: on admire la côte vers Staffin, les îles de Rona et Raasay, des lochs, des pointes rocheuses, des falaises…

Ces paysages spectaculaires ont été façonnés par le plus grand glissement de terrain connu en Grande-Bretagne, lié à des coulées de lave basaltique qui ont déstabilisé les roches sédimentaires sous-jacentes formées durant le Jurassique. D’énormes blocs de roche ont alors glissé vers la mer, laissant derrière eux un paysage déchiqueté fait de falaises abruptes, pitons rocheux, cratères herbeux et bien plus.

En marchant sur cette crête, on se sent vraiment transportés dans un autre monde, ou un autre temps, et on s’imagine volontiers croiser des dinosaures — Skye est d’ailleurs un des sites paléontologiques les plus importants du monde. Lors d’un prochain voyage, il faudra qu’on parte en quête des fameuses empreintes de dinosaures fossilisées qui sont visibles sur certaines plages de l’île.

On n’aura pas rencontré de dinosaure ce jour-là, mais par contre on a vu un aigle royal! C’est José qui le repère, alors qu’il vole en contrebas. On a une superbe vue plongeante sur le rapace mais il disparaît vite. Soudain, au détour d’une pente, le revoilà, tellement proche! Nos regards se croisent, quel moment magique. On est tout émus, c’est la première fois qu’on voit un aigle royal d’aussi près, c’est impressionnant. Quelle créature majestueuse!

Image floue exportée d’une mini vidéo que j’ai réussi à prendre lors du premier passage de l’aigle

Cette rencontre nous file un méga boost, même qu’on en n’avait pas besoin: on déborde d’énergie et de joie, je chante à tue-tête sur la crête, ma voix emportée par le vent. ♥

On croise des moutons dans des pentes impossibles (des “MacDesigual” aux multiples couleurs ^^), on observe des traquets motteux et on entend des pluviers dorés siffler plaintivement.

Sur notre gauche, on admire toujours Rona, Raasay et les montagnes de Torridon en arrière-plan. Dans notre dos, on voit encore le Quiraing et Flodigarry au loin, notre point de départ de la journée. Et sur notre droite, à l’ouest, on aperçoit désormais Uig, port où on avait pris le ferry pour les Hébrides extérieures en 2016. On voit d’ailleurs ces dernières tout au fond, quelle sacré panorama!

Peu avant 18h, on atteint le sommet de Beinn Edra (611 m), le point culminant de la partie Nord de la Trotternish Ridge.

Soudain, on entend puis voit un hélicoptère. On remarque un point orange dans la pente raide avant Bealach Uige, derrière nous, et le groupe du Charity Challenge qui marche en direction d’Uig.

On a appris plus tard (et je viens de confirmer l’info avec une rapide investigation sur le groupe Facebook de “Stornoway Search And Rescue”) qu’il s’agissait d’une participante au challenge qui a glissé dans la boue et s’est cassé le péroné, ouch! (oui, je suis vieille, je dis encore péroné et pas fibula…) Heureusement, le sauvetage s’est apparemment super bien passé — et heureusement que ces incroyables groupes de sauvetage existent!

De notre côté, le vent souffle fort et il y a un coin idéal pour planter la tente, donc on s’installe pour la nuit. La lumière vers Uig est si belle, illuminant des pans de mer. Ça m’inspire, j’ai envie de dessiner.

La végétation dans ce coin a un air très alpin, presque arctique, c’est joli. On s’est un peu refroidis en pitchant la tente (et moi en admirant les plantes et en prenant plein de photos, oups), donc on se glisse vite dans les sacs de couchage pour manger un délicieux Thai Green Curry d’Expedition Foods.

Puis on a passé une soirée de bivouac habituelle: écriture, lecture, puis dodo. On était si heureux de cette journée, ça faisait du bien après le creux de la journée précédente!

Dans le prochain article, on continuera notre belle rando sur la Trotternish Ridge, avec une autre journée magnifique! 🙂

[Distance Jour 2: 14 km et 1020 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 27.6 km]

Scot22#16 Fèis Ìle Life

Bonjour tout le monde, c’est parti pour la suite de la rétrospective des vacances écossaises 2022!

Dès notre retour sur Islay (après deux merveilleuses journées sur Jura), nous avons roulé jusqu’à Laphroaig pour l’open day de la distillerie. En chemin, on a fait deux chouettes rencontres. Tout d’abord, deux lièvres sur la route, qui ont un peu galéré à quitter la chaussée et qu’on a donc bien eu le temps d’observer. J’ai même réussi à dégainer la GoPro à temps pour capturer la fin de la rencontre. 😉

Ensuite, on a vu un busard Saint-Martin mâle! On était vraiment super contents, car on n’avait pas réussi à en voir lors de la marche guidée du RSPB. J’ai aussi dégainé l’appareil photo et mitraillé une vingtaine de photos, toutes floues, haha. ^^

On arrive ensuite à Laphroaig, où on reçoit des cadeaux de bienvenue: une gourde, un bon pour un dram gratuit, et un petit verre de dégustation avec une lanière pour le trimballer autour du cou, haha!

L’ambiance était très sympa, avec plein de gens, plusieurs chiens trop choux, des stands d’artisanat et de nourriture, de la musique live… On a acheté du chocolat local au sel de mer, goûté les bières de la brasserie d’Islay et mangé des pizzas au feu de bois de la roulotte “Scozzese”. Et bien sûr, José a dégusté du whisky: le “Càirdeas”, un whisky conçu exprès pour Fèis Ìle.

Puis on a quitté Laphroaig et roulé jusqu’à Port Charlotte, où on a visité le Wildlife Centre. C’est un chouette espace assez interactif, particulièrement bien fait pour les enfants (et les grands enfants, voir photo ci-dessous), avec des jeux et plein de trucs à toucher: os d’animaux, exosquelettes de crustacés, nids d’oiseaux, cailloux de différentes roches… Il y avait aussi des aquariums avec des crabes, un homard, des étoiles de mer… Très sympa! On est partis uniquement car ça fermait, sinon on aurait pu rester encore un moment (il y avait aussi une vraie ruche, une bibliothèque bien fournie, des loupes binoculaires…).

Channeling my inner crab at the Wildlife Centre 😉

Après ce petit interlude éducatif, on retourne au camping de Port Mór planter la tente pour nos deux dernières nuits sur Islay.

On est ensuite descendus profiter du soleil à la petite crique du camping, avec une belle vue panoramique des Paps of Jura jusqu’au Mull of Oa.

On a mangé au restaurant du camping avant de passer la soirée dans la salle commune, à charger les batteries, écrire et discuter avec d’autres campeurs, dont deux Glaswégiens voyageant à moto et une Américaine qui travaillait pendant ses vacances car son employeur ne l’autorisait pas à prendre ses deux semaines de congé annuel d’un coup… Bref, une sympathique soirée après une super journée marquée par une météo très changeante, des rencontres sympas et une lumière incroyable. C’est si beau, l’Ecosse! 😉

Le lendemain, c’était déjà notre dernière journée entière sur Islay. On s’est à nouveau réveillés sous un magnifique ciel bleu et on a mangé notre petit-déjeuner accompagnés de quelques midges, qui heureusement ne nous ont pas suivis le reste de la journée. On a pris la voiture et on a roulé jusqu’à Port Ellen pour un tour en bateau. En chemin, on a pris un auto-stoppeur vers Bruichladdich, un Polonais qui allait à Bowmore pour l’open day de la distillerie. On aura donc “réussi” notre tradition de prendre au moins un hitch-hiker par road-trip, huhu.

Une fois arrivés à Port Ellen, on embarque avec Islay Sea Adventures pour un très chouette wildlife boat tour de plus de 2h30. Dès la sortie du port, on a croisé plein de phoques communs. Préparez-vous, j’ai pris beaucoup trop de photos et j’ai eu de la peine à réduire la sélection pour cet article! ^^’

On a aussi vu, entre autres, plein de cormorans, des tadornes de Belon, des guillemots à miroir, un fou de Bassan, des oies cendrées (avec des oisons!), des bernaches, les habituels goélands et mouettes, des Sandwich terns (sterne caugek, je les adore) et, pour la première fois (je crois), des Great Northern Divers (plongeon huard)! Bref, une super sortie en mer! 🙂

Puisque c’est Islay, on est également passés devant plusieurs distilleries: Laphroaig, Lagavulin et Ardbeg. C’était chouette de les voir depuis l’eau! Le skipper nous a appris que le château en ruine vers Lagavulin (voir cet article) date du 13e siècle.

On a vraiment eu de la chance avec la météo: la lumière était incroyable et la mer, si calme.

La plupart des phoques communs qu’on a observés étaient énooormes, car c’était bientôt l’arrivée des bébés (on était le 1er juin et les naissances arrivent autour du 15 juin).

On a eu le loisir d’admirer de splendides vues sur Jura, le Kintyre, et même l’Irlande du Nord, qui paraissait bien plus proche que ce que je croyais. On a sûrement dû la voir depuis le sommet de Beinn an Oir, sur Jura, sans le savoir. ^^

On a également vu… plein de cerfs élaphes! Ce n’est pas le genre d’animaux que je m’attendais à voir lors d’une sortie en mer, haha. Apparemment, les biches aiment bien passer l’été sur une petite île, en paix. J’aimerais tellement les voir nager depuis Islay lorsqu’elles font la traversée, ça doit être super cool à voir!

Les paysages étaient si beaux dans la douce lumière, revoir les photos me donne envie de faire de l’aquarelle!

On a eu la chance de voir un magnifique pygargue à queue blanche (le plus grand des aigles européens), majestueusement perché sur une branche d’arbre aux aords d’un château. Bref, plutôt classe, et en plus sous un soleil éclatant! Les photos ne rendent pas grand chose, mais on a pu super bien observer l’aigle aux jumelles.

Sur le bateau, on a reçu un dram de Laphroaig (que je n’ai pas pris, mais José en a eu deux, car il a été resservi en voulant rendre son verre, le skipper était généreux, haha!) avant de retourner à Port Ellen.

Très contents de cette sortie en mer, on est allés remplir nos estomacs affamés au Seasalt Bistro. Les assiettes étaient si copieuses, on se sentait un peu comme les gros phoques sur leurs rochers, avec une forte envie de faire la sieste. C’est donc ce qu’on a fait! On est retournés au camping et on s’est endormis comme des loques dans la tente, avec toutes les aérations ouvertes car il faisait chaud (17°C d’après la voiture, mais un ressenti bien plus haut au soleil).

On s’est réveillés vers 16h20 et on est allés se baigner à la petite plage du camping, qu’on avait pour nous tout seuls. L’eau était si claire, on voyait des petits bancs de mini poissons. Des bergeronnettes grises se dandinaient sur les rochers et la vue sur Lochindaal était vraiment magnifique. C’était si paisible! On a mis un moment à s’immerger car l’eau était froide, mais après c’était le pur bonheur, comme les autres fois. Je me sentais comme une loutre ou une sirène — ou une selkie. 😉 J’avais rapidement assemblé quelques clips enregistrés sur la GoPro dans la vidéo ci-dessous, justement nommée “V1” car je n’étais pas satisfaite et voulais l’améliorer, ce que je n’ai pas encore fait, haha. Donc la voici quand même, faute de mieux!

Le soir, on est allés au Ballygrant Hall pour le “Clootie Dumpling Ceilidh”, une soirée “family friendly” organisée par Fèis Ile. On voulait à la base aller au Ceilidh d’ouverture de Fèis Ile, mais les tickets pour l’événement se sont vendus si vite qu’on n’avait pas réussi à en acheter. Les jeunes danseuses de Scottish Dance déjà présentes à la cérémonie d’ouverture du Fèis Ile étaient à nouveau là et on refait une démonstration, puis c’était notre tour de danser! On a dansé toutes les danses proposées, mais il y avait malheureusement peu d’enthousiasme (ce n’était pas la même ambiance endiablée que les ceilidhs de l’Uni d’Aberdeen ^^) car beaucoup de personnes présentes étaient d’autres touristes qui n’avaient jamais dansé et n’osaient pas se lancer et étaient plutôt venus comme spectateurs que comme participants…

C’était tout de même une très chouette soirée. Il y a eu une tombola et quasi tous les prix ont été gagnés par des enfants, alors que quasi tous les prix étaient à base d’alcool, haha! ^^’ On a bien sûr dégusté une part de clootie dumpling, un gâteau cuit à la vapeur avec des raisins secs. Etonnamment, on a trouvé super bon alors qu’on n’est pas fan de raisin sec. On a aussi rencontré un très gentil couple de Canadiens vivant à Vancouver Island avec qui on a dansé “Strip-the-Willow”. Ils nous ont offert un porte-clés/décapsuleur en forme d’élan, trop chou! On suppose qu’ils en prennent plein avec eux et les distribuent au fil de leurs rencontres, j’aime bien l’idée.

Photo prise par Mary Beth, la Canadienne rencontrée au Ceilidh

On est restés jusqu’à la fin de la soirée (22h ^^) à écouter les tunes du groupe de musique. C’est tellement beau, cette musique folk. 🙂

Le lendemain, c’était le moment de quitter Islay. On a plié la tente et roulé jusqu’à Port Ellen. Pour rendre la voiture de location, on avait reçu comme instruction de simplement la parquer dans la rue en laissant les clés dedans, easy! On embarque sur le ferry et on s’offre un dernier petit breakfast roll.

On a passé une partie du trajet sur le pont, face au vent. On n’a pas vu de dauphins, malheureusement, mais on a observé des fous de Bassan, guillemots à miroir et cormorans, et on a admiré de belles vues sur l’île de Gigha et sur le mainland. En entrant dans Loch Tarbert, on a vu Ferry Wood, pour mon plus grand plaisir, avec la petite cabane de hobbits et Ardpatrick. Pour ceux qui ne savent pas, Ferry Wood est un endroit où j’ai passé de chouettes moments en 2018, lorsque je faisais du WWOOFing dans la péninsule de Kintyre.

On a débarqué à Kennacraig et passé trois heures dans le bus jusqu’à Glasgow, où on a chopé un train express pour Edimbourg. A 17h30, on arrivait à Haymarket, après une longue journée de trajet.

On touche à la fin de cette rétrospective (miracle!), il me reste encore à vous raconter notre journée à Edimbourg avant de rentrer à Genève. A bientôt pour le prochain article Scotland#2022! 😉

Scot22#15 Jura et la Montagne d’Or

Bonjour tout le monde,
Je suis super contente d’enfin atteindre ce moment de la rétrospective des vacances écossaises 2022, car il s’agit d’une de mes aventures préférées: notre visite de l’île de Jura. 🙂

Cette aventure a commencé à Port Askaig, sur Islay, où nous avons pris le ferry de 8h30 pour Feolin, sur Jura. Il s’agit d’un tout petit ferry (il était plein avec seulement trois voitures) et d’une traversée très courte. En un rien de temps, nous voilà sur Jura, où nous sommes accueillis par des dizaines et dizaines de cyclistes qui attendaient le ferry.

Nous sommes en effet le lendemain de la Jura Fell Race, une course folle de 28 km passant par sept sommets (pour un total de 2370 m de dénivelé positif) à travers les tourbières (et les plus rapides font ça en trois heures…).

Nous avons roulé jusqu’à Craighouse, le village principal de l’île, où on a croisé encore un peu plus de coureurs, dont la plupart avaient campé devant le Jura Hotel.

Nous avons patienté à l’Antlers Bistro pour un bon bacon roll en guise de petit-déjeuner (on n’était pas les seuls à avoir eu cette idée, d’où l’attente ^^) avant de rouler quelques minutes jusqu’au parking de départ du sentier pour les Paps of Jura, les trois plus fameuses montagnes de l’île. On met les guêtres (nos alliées face au terrain tourbeux), on règle les bâtons, on hisse nos gros sacs sur le dos et hop, c’est parti pour une magnifique rando!

Le chemin commence par nous faire traverser une large étendue de lande. On s’élève assez rapidement à flanc de colline et on a vite droit à une splendide vue sur la Bay of Small Isles. On peut voir l’île de Gigha, la péninsule de Kintyre et même les montagnes d’Arran!

On observe deux aigles royaux, embêtés par un drôle de goéland belliqueux (non identifié). On avait pensé à prendre les jumelles avec nous (ouf!) et on en aura vraiment bien profité. Plus tard dans la journée, on aperçoit encore un aigle royal. Trois observations dans la même journée, quelle chance! 😀

Notre itinéraire nous fait traverser la rivière Corran, sur des stepping stones parfaitement espacées, avant de longer la rive nord de Loch an t-Siob. L’eau est magnifique sous le ciel bleu, incroyablement dénué de nuages.

Le nom de Jura vient peut-être du norrois pour “l’île aux cerfs”, ce qui correspond bien au lieu puisqu’il abrite environ 7000 cerfs élaphes (et seulement 200 humains!). On a vu plein d’empreintes et de crottes… et plein de bêtes, aussi! Elles gardaient généralement leur distance, mais on les voyait bien de loin, avec leur arrière-train clair. 🙂

Après un moment, l’itinéraire nous fait quitter le sentier pour monter une pente bien raide au milieu de la bruyère et des tapis de sphaigne.

Il fait chaud, mais des nuages commencent à apparaître.

Vue sur Beinn Shiantaidh, le 2e Pap of Jura, lors de l’ascension de Beinn an Oir

On retrouve un vrai sentier pour le dernier bout de l’ascension de Beinn an Oir, “the Mountain of Gold”, le plus haut des Paps of Jura et aussi le sommet de l’île, à 785 m d’altitude.

Vue sur Loch an t-Siob, le Sound of Jura, Kintyre et les montagnes d’Arran au loin

Les vues se font de plus en plus époustouflantes. Au nord, le reste de Jura s’étend sous nos yeux. Au nord-ouest, l’île de Colonsay, sur laquelle nous étions quelques jours auparavant, apparaît toute petite et plate.

Le terrain devient rocailleux et les conditions sont venteuses, mais nous atteignons finalement le sommet, youhou! 🙂

On se croirait sur le toit du monde. On voit Islay, Colonsay, Mull, le mainland, le nord de Jura… C’est absolument sublime!

Les nuages vont et viennent à toute allure. Si le ciel était parfaitement dégagé, on verrait sans doute l’Irlande.

On mange notre pic-nic à l’abri du vent dans le cairn circulaire marquant le sommet.

Puis c’est l’heure de redescendre, ébahis par cette incroyable claque visuelle. 🙂

Une fois redescendus au col menant à Beinn Shiantaidh, le 2e plus haut Pap of Jura, on bifurque vers le nord, hors du chemin, pour tracer notre propre route jusqu’à Glenbatrick bay, au bord de l’embouchure du loch Tarbert.

On traverse de nombreux ruisseaux, nos pas rebondissent sur la sphaigne, on zigzague entre les mares tourbeuses, on observe des cerfs, des aigles royaux, des grenouilles, des lézards, des grives… et on entend des coucous qui jouent à cache-cache!

On atteint notre destination vers 18h30, après une averse. Près de la plage se trouve un hunting lodge tout barricadé. La baie est peuplée de petits îlots rocheux et on aperçoit d’immenses plages de galets surélevées sur la rive d’en face.

Deux personnes marchent sur la plage. Il y a en effet déjà deux tentes plantées vers l’embouchure de la rivière Glenbatrick. On plante la nôtre un peu à l’écart, entourée de bluebells. L’endroit est bucolique, et si calme.

Après notre repas du soir (des plats lyophilisés achetés à Oban), on est allés se promener sur la plage avec un bon chocolat chaud. Le soleil a refait son apparition et nous a offert une belle soirée lumineuse.

L’ambiance est très belle, mais le vent souffle et il fait froid. Heureusement qu’on a du chocolat chaud! 😉

Après avoir admiré les derniers rayons du soleil filtrant à travers les nuages, nous nous sommes réfugiés dans la tente pour une soirée tranquille.

Après quelques parties de cartes et de Dobble Harry Potter, on s’est effondrés dans les bras de Morphée, heureux de cette belle journée de 16.22 km de marche et ~1000 m de dénivelé positif.

Le lendemain matin, on s’est réveillés avec le glouglou de la rivière, le chant des oiseaux et le bruit de la pluie sur la toile de tente. On paresse dans les sacs de couchage en espérant la fin de l’averse qui, par chance, ne tarde pas.

On prend notre petit-déjeuner (un bon porridge à la cannelle avec une pomme), on plie gentiment la tente et on lève le camp à 10h20, avant nos voisins malgré notre grasse matinée.

On remonte la rivière Glenbatrick pour rejoindre Evan’s path, un sentier qui va nous ramener à la voiture. Le tout ne fait que 10.5 km, donc on a bien le temps. J’en profite bien sûr pour prendre des photos et quelques vidéos. Et là, alors que je pose la GoPro pour filmer un truc, je vois une vipère à deux cm de là où j’ai posé mes bâtons! Elle s’est déroulée avec grâce avant de filer en glissant dans les herbes.

On a d’abord emprunté des sentiers de cerfs, en évitant les coins avec trop de fougères (des nids à tiques, arf), avant de rejoindre un véritable sentier qui nous a menés à plusieurs petits lochs.

On s’est posés un bon moment au bord du Loch na Fùdarlaich pour manger nos sandwiches et recharger nos batteries au soleil.

On a refait plusieurs chouettes observations, dont une grenouille, des cerfs (les mâles sont en pleine repousse de leurs bois, donc ces derniers sont tout pelucheux), des grands corbeaux, et José a même aperçu deux libellules.

Le reste de la marche s’est déroulé tranquillement, à marcher dans les “tussocks” sans se tordre la cheville et à esquiver le bouts trop “boggy”. On a vu quelques droséras, mais globalement le sentier était sans doute plus sec que d’ordinaire.

Puis on a débarqué sur la route et il ne nous restait plus qu’un quart d’heure de marche. Mais les observations n’étaient pas pour autant terminées! On a vu deux coucous, un tarier pâtre, des corneilles mantelées, des chardonnerets…

Et on a aussi vu nos premières digitales en fleur de la saison! 🙂

On retrouve finalement la voiture… et les midges, qui nous avaient plutôt épargnés durant ces vacances (en même temps, vu le vent…)!

On a roulé jusqu’à Craighouse pour manger un petit cake (héhé) et boire un café au Antlers Bistro, puis on est allés poser la tente au camping du Jura Hotel (désormais vide, les participants de la Jura Fell Race ayant déjà quitté l’île).

C’était ensuite l’heure d’aller explorer un peu le reste de l’île en empruntant sa seule et unique route, qu’on a suivie jusqu’au bout, à Inverlussa.

Le petit hameau est connu pour sa roulotte “Tea on the beach”, qui marche à la confiance et l’honnêteté.

On admire la vue (les cerfs, les cygnes) mais on ne s’attarde pas car il fait bien frais, malgré le soleil.

On reprend la route dans l’autre sens. Cerfs, baies, forêts, loch Tarbert, lumière changeante sur les collines et la mer… La route est vraiment splendide, mais un peu “gratte-châssis” (on est habitués aux routes “lave-châssis” en Ecosse et en Irlande, avec les herbes hautes poussant au milieu de la chaussée, mais là c’était le niveau supérieur ^^).

De retour à Craighouse, on se pose au pub du Jura Hotel pour boire et manger. On a passé la soirée à admirer la vue sur la baie — et, dans mon cas, à écrire dans mon carnet de voyage.

Le soir, juste avant de se doucher, on procède à l’habituel “tick check”. Horreur, j’en trouve huit sur mon corps! Ce sont les plus petites tiques que j’aie jamais vues. Ayant porté des pantalons de pluie et guêtres toute la journée, je soupçonne qu’elles aient “hitched a ride” quand je faisais pipi, les sagouines! Hop, on sort la pince à tiques et on me débarrasse des petits monstres. Dehors, les Paps of Jura sont bordés de superbes nuages rose-rouge. On admire le coucher du soleil, puis dodo!

Le lendemain, la petite baie devant la tente est absolument magnifique, avec une eau calme reflétant les nuages. On va prendre notre petit-déjeuner au Antlers Bistro. Heureusement qu’on ne s’était pas pressés, car le café n’ouvre qu’à 9h. Mais l’attente en vaut la peine: on s’est partagé un délicieux Full Scottish Breakfast avec la totale: bacon, Lorne & Link sausages, oeuf au plat, haricots, tomate, haggis, black pudding, tattie scone, hash browns et toasts! C’était super bon, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on était bien contents de n’avoir pris qu’un plat pour deux. ^^’

Une fois bien repus, on a plié la tente et on s’est lancés dans les aventures du jour. On est d’abord passés voir le cimetière de Keils, qui accueille un beau florilège de tombes anciennes et plus récentes, le tout au bord d’une rivière bucolique.

Ensuite, on a roulé jusqu’à la plage de Corran Sands, une belle étendue de sable.

Les motifs laissés par l’eau dans le sable sont superbes, comme des vaguelettes sculptées. Il y a aussi plein de petits tas de spaghetti laissés par des vers. On enfile nos maillots, et les nuages sombres s’approchent. Qu’importe, c’est l’heure de la baignade! L’eau est froide et il m’aura fallu pas mal de temps pour m’immerger entièrement, mais après c’était génial, comme chaque plouf.

En sortant de l’eau, la bruine s’est rapidement transformée en véritable pluie, et on s’est réfugiés dans la voiture juste à temps pour échapper au déluge. On a roulé jusqu’à Feolin et chopé le ferry de 12h15 pour Port Askaig. A ce moment-là, Jura baignait à nouveau dans le soleil. C’est si magique, ces constants changements de lumière!

Et voilà, juste comme ça, on était de retour sur Islay, après 2 jours et demi magnifiques à explorer Jura! 🙂

Je vous laisse avec ce petit film de 10 minutes, édité tant bien que mal avec les vidéos de la GoPro. ^^

On se retrouve tout bientôt pour la suite de cette rétrospective! 😉

Bye!

Scot22#14 Plage par-ci, whisky par-là

Hello, hello! Je reprends le récit de notre visite d’Islay. 🙂
Après notre marche au Mull of Oa, nous avons changé de décor avec une autre balade côtière.

Nous sommes passés par le mignonnet phare de Carraig Fhada, situé juste en face de Port Ellen, le second plus grand village de l’île (après Bowmore).

On était bien mieux protégés du vent à Kilnaughton Bay (du moins par rapport aux falaises du Mull of Oa, plus tôt dans la journée), et on en a donc profité pour flâner (et prendre plein de photos, mais ça c’est comme d’habitude, vent ou pas vent ^^).

La destination principale de cette balade: les “Singing Sands” de Tràigh Bhàn. On ne savait pas pourquoi ils s’appelaient comme ça, mais du coup je me suis amusée à chanter en marchant dans le sable. D’après mon carnet de voyage, je chantais un de mes “sea shanties” favoris: “No hopers, jokers and rogues”

(N.B. Depuis 2022, on a visité d’autres “Singing Sands en Ecosse et, en général, ils sont appelés ainsi car leur sable crisse avec une sonorité particulière quand on marche dessus, mais de là à dire qu’ils chantent…)

La marche nous a ensuite fait monter sur les hauteurs avant de redescendre vers Kilnaughton beach. On a croisé un nombre incroyable de lapins, et aussi des campeurs venus s’installer juste derrière la plage.

Les plages du coin donnaient bien envie de se baigner, mais l’inlassable vent et les nuages sombres m’ont vite fait changer d’avis, haha. A la place d’une baignade fraîche, on a pris la direction de Port Ellen pour la soirée d’ouverture de Fèis Ile!

Fèis Ile est le festival d’Islay, qui s’adresse surtout aux fans de whisky, mais pas seulement. Pendant une semaine, il y a une tonne d’événements culturels et festifs, aussi dont des ceilidhs et concerts. Chaque distillerie organise une journée portes ouvertes, et propose pour l’occasion une édition spéciale de whisky. L’île se trouve prise d’assaut à cette période, notamment par des collectionneurs de whisky. Islay compte 3000 habitants et accueille 15’000 visiteurs pour Fèis Ile!

La soirée d’ouverture était très sympa, avec une ambiance familiale et plein d’attractions pour les enfants (dont des châteaux gonflables ^^). On a eu droit à une démonstration de Highland Dancing par des enfants du coin, un Pipe band, des groupes de musique et des food trucks, et ça nous a fait très plaisir de danser en extérieur!

Le lendemain, nous sommes allés visiter la distillerie Kilchoman. On était seulement quatre personnes (tout le reste de l’île devait être chez Lagavulin, qui faisait ses portes ouvertes — c’est d’ailleurs la stratégie parfaite quand on veut un peu de calme durant Fèis Ile: il suffit de se tenir loin de la “distillerie du jour” ^^) et c’était vraiment super intéressant. J’ai beau ne pas aimer le whisky, j’aime toujours autant visiter des distilleries. 🙂

Kilchoman est une distillerie encore indépendante et locale au possible, qui participe à toutes les phases de production sur place: culture céréalière sur leur ferme, coupe et séchage de leur tourbe, séchage de l’orge, mise en bouteille… On a pu goûter à leur whisky “100% Islay” et j’ai même bien aimé le goût, c’est dingue, haha!

Après la visite (dont on est repartis avec des verres de dégustation, inclus dans le prix, et une bouteille de “100% Islay”), on est allés jeter un oeil à Kilchoman Cross, une croix celtique du 14e siècle. On n’a malheureusement pas pu la voir de près car l’église en ruine qui se trouve à côté menace de s’effondrer, et l’accès était donc interdit.

On a continué notre pérégrination avec un passage à la fameuse Machir Bay et sa belle plage de sable.

Il faisait si beau et chaud (16°C!), ça donnait envie de se baigner! Malheureusement, c’est déconseillé à cet endroit. Il y a un risque de noyade élevé sur quasi toutes les plages de la côte ouest d’Islay à cause de forts courants.

Kilchoman a un whisky qui porte le nom de “Machir Bay”. Il a une belle couleur dorée comme la plage, mais il est très “peaty”, beaucoup trop pour moi. ^^

On a marché le long de la plage en observant les grands gravelots courir rapidement sur le sable, puis on est retournés à Kilchoman pour manger des patates farcies au café de la distillerie.

Une fois repus, c’est partis pour une nouvelle balade côtière, direction Saligo Bay. Là encore, on a pu admirer une belle plage avec des vagues impressionnantes.

La géologie du coin est splendide, avec des roches plissées et courbées comme le dos d’un dragon. Les roches très sombres de certaines falaises nous ont aussi rappelé les roches volcaniques d’Eshaness, à Shetland.

L’itinéraire, un peu boggy, devait nous mener à des arches naturelles, mais on ne les a pas trouvées… on s’est demandé si elles s’étaient peut-être effondrées (ou bien on n’était tout simplement pas au bon endroit, haha).

En plus des habituels moutons, lapins et huîtriers-pie, on a vu des chevaux, qui paissaient tranquillement à côté de bunkers (un autre truc qu’on n’a pas l’habitude de voir en Ecosse).

Durant cette journée magnifiquement ensoleillée, on a eu droit à une vue dégagée sur les trois Paps of Jura, c’était superbe.

Une fois de retour à la voiture, on a roulé jusqu’à Bowmore pour quelques courses avant de filer jusqu’à Lagavulin pour la fin de l’open day de la distillerie.

Les stands de nourriture étaient déjà fermés mais il y avait encore de l’ambiance, avec plein de gens bourrés et de la musique.

La petite baie de Lagavulin est mignonne comme tout. On a marché jusqu’à un petit promontoire où se trouvent les ruines d’un château, et d’où on a de belles vues sur la distillerie d’un côté et sur le mainland de l’autre.

Là encore, la relative chaleur donnait envie de se baigner, mais le coin ne s’y prêtait pas trop, avec plein de rochers acérés. On est donc retournés à une plage repérée la veille vers Port Ellen, mais le vent y soufflait si fort qu’on a eu froid sitôt sortis de la voiture. La baignade, ce ne sera pas pour ce jour-là, haha!

Il était déjà 18h30, donc on est retournés au camping pour préparer nos sacs de trekking pour les prochains jours.

On a pris des repas du café du camping à l’emporter (c’était complet) et on a mangé dans l’auvent de la tente, bien à l’abri du vent mais avec de belles vues sur les Paps of Jura et le loch Indaal au soleil.

On a ensuite fait une petite marche vers la plage du camping pour digérer, avant de passer le reste de la soirée au café avec une bière et un cidre, en admirant la lumière décliner. La serveuse du café n’avait que 15 ans et elle a du coup dû attendre le retour de sa collègue car elle n’avait pas le droit de servir de l’alcool. ^^’

Dans le prochain article, on quittera Islay (mais pas pour toujours!) pour la superbe île de Jura, le temps d’un mini trek-bivouac que j’ai hâte de vous raconter. 🙂

Je vous laisse avec Westering Home, l’hymne de Fèis Ile (et d’Islay en général). Durant le festival, on l’entendait partout! A bientôt! 🙂

Scot22#13 Islay: vagues, vaches et croix

Hello! C’est parti pour la suite de la rétrospective écossaise 2022.

Nous voilà sur le ferry de Colonsay à Port Askaig, sur Islay. C’était la traversée du soir, et on a eu droit à de splendides lumières en approchant du Sound of Islay.

La traversée entre les deux îles dure une heure. Après avoir mangé, je suis sortie sur le pont pour admirer les fous de Bassan, et Colonsay et Oronsay dans une lumière dorée, s’éloignant à l’horizon.

Arc-en-ciel sur l’île de Jura

Sur notre gauche se trouve la magnifique côte ouest de l’île de Jura, avec ses plages de galets surélevées , ses petites falaises et ses “Paps”, trois fameuses montagnes. Un arc-en-ciel ajoute encore un peu de magie à la scène. Sur notre droite, la côte nord-est d’Islay, avec le phare de Rhuvaal et la distillerie Bunnahabhain (une des neuf distilleries de l’île).

Débarqués à Port Askaig, on récupère notre voiture de location auprès d’une dame très sympathique d’Islay Car Hire, puis on roule 25 minutes à travers la campagne, entre pluie et lumière du coucher et soleil (et un autre arc-en-ciel, donc ^^). Petites collines, bois, champs, baies, bétail… Notre première impression de l’île est que les paysages ont l’air plutôt variés.

On arrive à l’auberge de jeunesse de Port Charlotte à 21h25, juste avant la fermeture de la réception, ouf! Je me suis posée à un vieux pupitre dans le lounge pour écrire, et le réceptionniste m’a amené une lampe supplémentaire pour que j’aie plus de lumière. Très sympa! 🙂

Le lendemain, nos aventures sur Islay ont commencé! On s’est rendus au centre RSPB de Loch Gruinart, à l’occasion d’une marche guidée. On a été très bien accueillis par deux poilus humides qui ont monopolisé l’attention de José, héhé.

Puis l’activité a débuté. On était un assez grand groupe, ce qui n’était pas idéal pour observer la faune sauvage, mais on a quand même appris plein de trucs intéressants et c’était une bonne introduction pour mieux connaître l’île.

Le RSPB gère lui-même la ferme où se situe la réserve naturelle, afin de montrer qu’il est possible d’avoir une “working farm” tout en utilisant des méthodes compatibles avec la conservation de la biodiversité. Le site est notamment important pour les busards Saint-Martin, les craves à bec rouge, les corncrakes, plein d’échassiers en tout genre et, en hiver, de grandes colonies de bernaches nonnettes. La réserve comprend des habitats variés: sous-bois, landes, marais salants…

A la fin de la visite guidée, on est restés un moment pour aller à l’observatoire de la zone humide. La pluie est revenue faire un coucou pile à ce moment-là, mais on était bien à l’abri dans l’observatoire, à admirer des canards souchets, vanneaux huppés, hérons cendrés, poules d’eau, mouettes, chevaliers gambettes… On a fait de très chouettes observations, notamment une altercation entre un héron et un vanneau, et les acrobaties aériennes des hirondelles de rivage.

Les sous-bois étaient splendides, avec des arbres tortueux couverts de mousses et lichens, des fougères et des bluebells… une ambiance magique à la “Seigneur des anneaux”! Et aussi un peu “Les Oiseaux” de Hitchcock, avec les cris des nombreux corbeaux freux.

Au moment de retourner à la voiture, il est déjà 13h, et on n’avait pas eu le temps d’acheter des sandwiches le matin. On a donc roulé jusqu’à Bowmore pour se rassasier avant de faire quelques courses. On a mangé de délicieuses pizzas chez Peatzeria (+1 point pour le jeu de mots, haha), une très chouette adresse.

Le village de Bowmore est la capitale administrative de l’île et est notamment connu pour son église ronde. “Why is it round? Because the devil lurks in the corners” (lu dans les avis sur Google Maps, haha).

On a visité le cimetière, qui accueille plein de tombes anciennes et plus récentes, et une belle sélection de croix celtiques.

Puis on a repris la route. Après un petit passage à la distillerie Bruichladdich, où se trouvait un sympathique petit marché artisanal, on est allés visiter le petit village de Portnahaven, tout au sud-ouest de l’île.

On a fait une petite marche côtière de 6.5 km. Le village était tout mignon, avec des phoques et oiseaux marins dans le petit port.

On a pu admirer le phare du Rhinns of Islay ainsi qu’une impressionnante plage de galets surélevée. Et, surtout, des vagues super impressionnantes.

Le vent était décidément toujours de la partie! Après l’annulation du kayak sur Barra (pour cause de vent, justement), j’avais essayé de réserver une sortie en kayak sur Islay. Mais ce jour-là, le guide m’a justement répondu qu’il devait malheureusement annuler toutes les sorties des prochains jours à cause des conditions trop venteuses. Ça aura donc été des vacances sans kayak, beuh. :/

Mais en voyant les vagues se fracasser sur la côte, on comprenait bien l’impossibilité de faire du kayak. Il valait mieux rester sur la terre ferme — et c’était carrément difficile de prendre des photos pas trop floues, tant ça soufflait fort!

Après deux heures de marche dans le vent (mais avec une belle lumière du soir), on est retournés à l’auberge pour cuisiner et passer une soirée tranquille — et une nuit dans un vrai lit, la dernière avant de reprendre le camping!

Le lendemain, on a pris la direction de l’est de l’île, en écoutant BBC Gael (la radio gaélique, on adore!) dans la voiture. On est allés voir Kildalton Cross, un magnifique exemple de croix celtique du même style que celles qu’on trouve sur Iona et en Irlande. Elle daterait de l’an 800 environ et se trouve dans un cimetière à côté d’une église médiévale en ruine. Ambiance assez magique, qui me rappelle l’Irlande.

Ce coin de l’île est splendide, avec pas mal d’arbres, des cottages féeriques, des murs de pierre et des bluebells. On a même vu une biche et un cerf!

Cerise sur le gâteau: “Cake at the cross”, une glacière remplie de parts de cake, avec une “honesty box” pour payer. On a pris un délicieux brownie, héhé. J’adore tomber sur ce genre de petites surprises. Ailleurs sur l’île, on a aussi visité “Shop in the box”, une cabine téléphonique convertie en boutique d’artisanat, où on a acheté de très belles cartes.

Puis c’était déjà l’heure de manger, donc on a fait demi-tour direction la distillerie Ardbeg. En chemin, on s’arrête pour admirer une flopée de phoques communs dans une petite baie.

A Ardbeg, on s’est réchauffés et rassasiés avec de bons hot buns et du chowder. On a tout juste réussi à manger sans s’envoler, avec le vent de ouf. ^^

On a ensuite pris la direction du Mull of Oa, tout au sud-est, une autre réserve RSPB.

On a fait une petite marche circulaire passant par l’American Monument, une tour de 131 m de haut érigée par la Croix Rouge américaine en mémoire des victimes de deux naufrages ayant eu lieu pas loin en 1918.

C’était très venteux par moments, mais une chouette balade quand même, avec de belles falaises, des chèvres sauvages et, surtout, un magnifique troupeau de vaches Highland qu’on a dû traverser (avec notamment un taureau et plusieurs veaux).

La journée n’était de loin pas finie, mais cet article est déjà suffisamment long, donc je vous raconterai la suite au prochain épisode! 😉

A bientôt!

Scot22#12 Colonsay, presque parfait

Hello!
C’est l’heure de continuer la rétrospective écossaise 2022, héhé. Je reprends là où je m’étais arrêtée dans le dernier article, c’est-à-dire à la fin de notre balade vers Ardskenish, dans le sud-ouest de l’île de Colonsay. Ayant terminé notre marche, nous avons repris les vélos pour continuer notre boucle de l’île, côté ouest.

On passe devant d’adorables cochons bruns, à travers un petit hameau et le long de superbes lochs brillant au soleil. On a fait une halte à l’Heritage Centre, situé dans une ancienne église baptiste. C’est maintenant un petit musée de l’île, gratuit et accessible en tout temps, avec une chouette collection bien fournie et diverse: vieux instruments, cailloux, bouts de squelettes d’animaux, photos d’archives, cartes, panneaux explicatifs sur l’archéologie locale…

C’était très intéressant et on aurait pu y passer un long moment, mais il était déjà 15h et on voulait encore passer aux jardins de Colonsay House. Après s’être extasiés devant des oisons près de Loch Fada, on a donc pédalé rapidement jusqu’au Backpackers Lodge.

On a récupéré nos habits sales pour faire une lessive gratuite vers Colonsay House, accessible à pied depuis notre Lodge en traversant une magnifique forêt au parfum d’ail des ours et peuplée de fougères et bluebells.

Pendant que la machine à laver tournait, on voulait visiter les fameux jardins de Colonsay House, juste à côté. Malheureusement, il était déjà trop tard pour visiter le jardin, et trop tard pour une part de cake, car le café était en rupture de stock, *gasp*!

On s’est quand même posés sur la terrasse avec un café, au soleil. Et on aura quand même vu des bouts du jardin en marchant jusqu’au café. Il y a plein d’arbres exotiques inconnus, les habituels palmiers (si, si, on en croise vraiment pas mal sur la côte ouest de l’Ecosse, tout comme en Irlande) et de grands massifs de fleurs.

En attendant la fin de la lessive, on est retournés se balader dans les bois et on a pris quelques photos, dont des portraits de nous avec nos merveilleux “becs de puffins” (c’est à dire, nos grands nez cramés par le soleil ^^).

Les sous-bois sont vraiment superbes, avec toutes les fougères et mousses. Même nos bagues Claddagh ont eu droit à leur séance photo, haha. On a ramassé quelques feuilles d’ail des ours pour agrémenter notre repas du soir, puis c’était l’heure de récupérer les habits et d’aller les étendre dans le jardin du Backpackers Lodge.

Une fois le linge étendu au soleil, on repart se promener dans le coin. On s’enfonce sur un sentier boueux dans la forêt, qui ressemble par endroits à une véritable jungle, avec tous ces arbres exotiques, c’est assez fou. Si un vélociraptor avait surgi des buissons, ça m’aurait à peine surprise, haha.

On est aussi montés sur la colline derrière le lodge et, pour mon plus grand bonheur, il y avait des libellules à quatre taches au milieu des joncs! C’était la “journée libellule” des vacances, car on avait aussi vu des petites nymphes au corps de feu vers Ardskenish.

Puis on est retournés au lodge pour cuisiner, discuter un peu avec d’autres voyageurs et plier notre linge. On était bien crevés et indécis quant à notre programme du lendemain (on voulait vraiment tenter la traversée jusqu’à Oronsay, une “tidal island” au sud de Colonsay, mais on savait que ce n’était pas une bonne idée car les conditions de vent et marée n’étaient pas bonnes, donc on cherchait un plan B). On a joué à “Scottish Quest” dans notre chambre, d’où on entendait un corncrake chanter dans la nuit, une parfaite fin pour cette belle journée d’exploration de l’île (>25 km de vélo/marche).

Le lendemain, c’était notre dernière journée (partielle) sur l’île, car on prenait le ferry en fin d’après-midi. On a fait plutôt tranquille le matin (puisqu’on ne pouvait pas aller à Oronsay), avant de trouver l’énergie d’aller explorer un peu du côté d’Uragaig, pas loin de Kiloran Bay.

Dans la prairie, un corncrake jouait à cache-cache: il chantait quand on marchait et se taisait dès qu’on s’arrêtait pour scruter les hautes herbes avec les jumelles. Lapins, pinsons, hirondelles, grives, bergeronnettes grises, rouges-gorges, étourneaux… Tous fidèles au rendez-vous. Mais le corncrake, lui, est resté invisible. 😉

On croise deux vaches Highland, des oies cendrées, des moutons, et on s’engage sur un “sentier” au milieu de la lande tourbeuse.

Sphaigne, mousses en tous genres, petites mares… Le sol est riche et humide.

On marche jusqu’à de splendides falaises, avec vue sur d’autres magnifiques falaises!

Nous voilà sur le site de Dun Uragaig, où se trouvait autrefois un fort (dont on ne voit plus rien, ou alors on était trop distraits par les oiseaux). Désormais, ce site appartient à des colonies d’oiseaux marins. Ça soufflait fort, et on les observait/photographiait appuyés contre les rochers pour ne pas s’envoler!

Il y avait plein de fulmars boréaux (on n’en avait pas encore beaucoup vu durant ces vacances donc ça nous a fait très plaisir), quelques fous de Bassan, cormorans, goélands et kittiwakes et, surtout, des razorbills! Après les puffins, c’est clairement “the next best thing”. 😉

On en voyait qui flottaient en groupe dans la mer en contrebas, et d’autres qui s’essayaient au vol acrobatique. Eh oui, car ça soufflait sacrément fort, et le razorbill n’est pas le plus aérodynamique des oiseaux, contrairement aux fulmars ou aux sternes. ^^

On a passé un bon moment à les observer. Il y avait aussi de superbes sea pinks, d’autres fleurs et de belles roches qui ont retenu mon attention. Quel bel endroit!

On est ensuite descendus voir la “raised pebble beach” à Port nam Fliuchan (en gros, des étendues d’énormes galets qui ont l’air de s’être perdus au-dessus de la vraie plage ^^) avant de se poser dans l’herbe pour manger notre pic-nic. On avait un petit coup de barre et on a failli se refaire une sieste “al fresco” comme la veille, mais à la place on a continué la balade.

L’itinéraire nous disait ensuite de longer la rive de Loch an Sgoltaire pour le retour, mais le portail qu’on devait franchir avait été barricadé avec trois couches de barbelés. Visiblement, on n’était pas les bienvenus, donc on est rentrés par le même chemin qu’à l’aller.

On a hésité à aller explorer Loch Fada, situé au pied du lodge, mais le vent était assez éreintant donc on est allés se poser dans la cuisine extérieure du bothy pour se réchauffer avec un chocolat chaud.

On a fait une nouvelle partie de “Scottish Quest” et, cette fois, José m’a battue à plates coutures (j’avais gagné la veille). Pour ma défense, José n’a chopé que des cartes “Destin” avantageuses, et moi des pénalisantes, haha.

On a traînassé à l’intérieur jusqu’à 16h40, avant de prendre toutes nos affaires et de nous rendre à une ferme pas loin, lieu de rdv avec une habitante de l’île qui avait généreusement proposé de nous amener au port. Elle travaillait à la fois pour l’agence de location de l’île (qui gère tous les hébergements de vacances, dont le Backpackers Lodge où on logeait) et pour CalMac, et elle devait donc de toute façon se rendre elle aussi au terminal du ferry. Elle était vraiment super sympa et ça faisait très plaisir de discuter avec une locale.

A chaque croisement avec une voiture, c’était l’occasion d’une petite “discussion de comptoir” sur la passing place, c’était trop drôle. Arrivés au ferry terminal, notre conductrice a directement enregistré nos billets, comme ça c’était fait. Efficace!

On avait pas mal de temps à attendre, donc on est allés jeter un coup d’oeil à la superbe croix celtique du village et j’ai pris quelques photos des marais salants entre deux averses. La météo changeait littéralement toutes les cinq minutes, nous offrant plusieurs arcs-en-ciel. On a mangé une part de carrot cake à “The Pantry” et on a visité “The Old Waiting Room Gallery”, un craft store rempli de belles choses artisanales. J’ai craqué pour un joli bandeau en laine vert et bleu, qui n’a quasi plus quitté mes oreilles de la soirée (et qui m’accompagne encore aujourd’hui lors de mes balades hivernales, je l’adore!).

Puis le ferry est arrivé, un peu en retard, en provenance d’Oban. On a embarqué et on a dit au revoir à Colonsay, prêts pour la suite des aventures!

A bientôt pour le prochain épisode de cette rétrospective! 🙂

Scot22#11 Sheepish near Ardskenish

Hello!
Je reprends la rétrospective écossaise 2022 là où je m’étais arrêtée, avec la suite de notre séjour sur l’île de Colonsay.

Notre deuxième journée entière sur l’île a commencé tranquillement. On devait en effet attendre le remplacement du vélo de José (celui qui avait essayé de lui apprendre à voler la veille), à 9h, avant de pouvoir partir explorer. On en a profité pour prendre notre petit-déjeuner en compagnie des deux soeurs de Helensburg, très sympas.

Une fois le vélo remplacé, on a pu se rendre à Scalasaig (ce qui implique une montée suivie d’une descente, bien sûr ^^) pour faire quelques courses.

On a ensuite roulé jusqu’à l’aérodrome pour notre marche du jour: Ardskenish et Dun Ghallain. On a commencé par traverser le golf, où paissaient des moutons, avant de gravir la petite colline d’An Aird, où se trouvent les ruines d’un fort.

On a ensuite emprunté un track tout boueux puis rocailleux qui nous a menés à une belle étendue de sable blanc, Plaide Mhòr.

On a mis un sacré bout de temps à longer la plage (longue d’environ 500 m), tant il y avait à voir (traduction: j’ai pris beaucoup de photos!). On s’arrêtait tous les trois mètres, tantôt pour admirer un coquillage de plus près, tantôt pour observer des oiseaux. En plus des huîtriers-pies et goélands marins, on a aussi vu des courlis et des tournepierres à collier.

Mais l’attraction principale, c’était les phoques! Ils étaient plusieurs à bronzer sur leurs rochers et on a passé pas mal de temps à les observer aux jumelles.

On pense qu’il s’agissait surtout de phoques communs, mais il y avait également au moins un phoque gris dans l’eau.

Si le soleil était de nouveau de la partie ce jour-là, pour notre plus grand bonheur, le vent avait également décidé de s’inviter, ce qui rendait la prise de photos un peu plus difficile. Pour vous donner une idée, voici un court clip des phoques et des vagues. Je vous conseille de couper le son si vous ne voulez pas entendre le mugissement du vent.

La plage était également parsemée d’intéressants rochers, avec des roches lisses et ondulantes mais également des épines acérées. Peut-être qu’un dragon géant sommeillait sous le sable?

On a finalement atteint la fin de la plage et continué notre marche sur le machair peuplé de moutons.

On a longé un pan de côte rocheuse déchiquetée, où les roches ressemblaient à des lames de rasoir rustiques pointées vers le ciel. Là, j’ai vu du Sea pink d’un rose vif vraiment magnifique!

Notre balade au milieu des moutons nous a fait traverser la petite ferme isolée d’Ardskenish, avant de nous mener en direction d’une autre baie et plage: Traigh Nam Barc.

Sur notre droite, on devinait au loin Beinn Oronsay, le point culminant d’Oronsay, une île accessible à pied depuis Colonsay… lorsque la marée le permet. On rêvait de s’y rendre, mais malheureusement les conditions n’étaient pas bonnes lors de notre séjour, entre la direction du vent et le timing et la taille de la marée basse. On s’était renseignés à la Poste de Scalasaig, car le postier affiche en effet les horaires des marées et renseigne les visiteurs qui souhaitent traverser The Strand (l’étendue de sable entre Colonsay et Oronsay) à pied. Il faudra donc qu’on y retourne lors d’une “Spring tide”, quand l’étendue de la marée est particulièrement grande et qu’il y a donc une plus grande fenêtre pour visiter Oronsay. Je pense que ça en vaut vraiment la peine, ne serait-ce que pour voir son prieuré — l’île est aussi connue pour sa population de craves à bec rouge. En attendant de pouvoir y aller un jour, j’aime beaucoup écouter cet épisode du podcast “Wild for Scotland”.

Puisqu’on n’allait pas pouvoir se rendre à Oronsay durant ces vacances, je me suis consolée en prenant plein de photos de moutons. 😉

On s’est posés dans l’herbe pour pique-niquer au soleil. A l’abri du vent, il faisait agréablement chaud et on s’est même octroyés une petite sieste sur le machair.

On aurait pu passer la journée là, à paresser, mais on a quand même fini par se remettre en route pour terminer notre boucle et retourner à nos vélos.

On a ensuite repris nos vélos pour continuer notre tour de l’île. Mais ça, je vous en parlerai dans le prochain article. A bientôt! 🙂