Scot18#9 Mo Dhachaidh

Bonjour à tous!
C’est parti pour le début du récit de mon deuxième WWOOFing de l’été 2018. Je suis restée une semaine à Lochdon, sur Mull, et j’y ai vécu une expérience très différente de mes précédents séjours dans des fermes. C’est ce que j’adore aussi avec le WWOOFing, il n’y a pas deux aventures pareilles, c’est toujours unique.

Les maisons colorées de Tobermory

Je suis arrivée un matin par bus. Comme d’habitude, je devais descendre à un arrêt bizarre et, comme d’habitude, j’ai failli le rater. Heureusement, je connaissais déjà un peu Mull et je savais plus ou moins où j’allais, donc j’ai pu lancer au chauffeur un “Wait, isn’t that Lochdon?!”, il a planté les freins et m’a laissée descendre au milieu de la route, haha. Au bord de la route, je trouve un petit stand avec des patates, des oeufs et quelques légumes en vente en self-service. A côté, un panneau indiquant “Mo Dhachaidh”, soit le nom de la micro-ferme où j’allais. J’ai appris plus tard que c’est un nom très commun, qui signifie “My home”. J’ai remonté une jolie petite allée de gravier jusqu’à une maison bleue bordée de rangées de légumes.

La ferme bourdonnait d’activité, entre les poules et les canes qui se baladaient et les WWOOFeurs au travail. Eh oui, car je n’étais pas seule à Mo Dhachaidh. Tout d’abord, j’ai rencontré Ohava, une Israélienne qui wwoofe pour la première fois… et en famille! Avec son mari, Dov, et leurs trois filles (dont la plus grande, Noam, avait alors 11 ans).

Puis j’ai fait la connaissance de Liz, la proprio, qui gère le terrain avec son mari, Martyn. Ils ont vécu pendant des années à Oban et rêvaient de trouver une maison avec un grand jardin où cultiver quelques légumes et prendre le temps de faire de l’artisanat (Liz est une pro du tricot). Finalement, il y a cinq ans, ils sont tombés sur Mo Dhachaidh, qui est plutôt une petite ferme, donc le travail de la terre leur prend beaucoup plus de temps que prévu à la base. Lors de ma visite, c’était le premier été où ils essayaient de vraiment vendre leurs produits, donc c’était pas mal stressant pour Liz, surtout qu’elle découvre un peu tout au fur et à mesure, en apprenant sur le tas (et en regardant des émissions de jardinage le soir, grâce auxquelles j’ai d’ailleurs appris plein de trucs). Ça demande un sacré courage, mais je trouve qu’ils se débrouillent super bien!

Liz m’a montré ma chambre puis j’ai aidé à préparer le repas de midi en concoctant mon premier houmous fait maison. Dans la salle à manger, il y avait aussi Gloria, nouvelle wwoofeuse venue d’Argentine, qui pilait du thé vert (Liz vend du matcha sur internet). Après le repas, c’était l’heure de jardiner! J’ai d’abord cueilli de la roquette avec Gloria avant de rejoindre les Israéliens pour préparer de nouveaux “beds” (parterres) et y planter du chou kale, des betteraves et du quinoa. Une fois le travail de la journée terminé, Liz m’a fait visiter le reste de la propriété, derrière la maison. Leur terrain monte jusqu’au sommet d’une petite colline, où se trouve une éolienne. Il y a des arbres fruitiers, des arbres à thé, des framboises et aussi un petit bois. On trouve aussi un petit ruisseau, dont l’eau est utilisée pour l’arrosage. Et bien sûr, le coin des poules et canes.

Ma première soirée à Lochdon a été plutôt spéciale, mais super, super chouette. Liz et Martyn allaient à Tobermory pour manger avec leur fils aîné, qui bosse comme guide touristique et amenait justement des clients sur Mull. Afin de laisser les Israéliens en famille, Gloria a proposé qu’on aille également toutes les deux à Tobermory pour visiter et manger un morceau. J’ai accepté avec plaisir, car j’avais vraiment envie de revoir Tobermory et, aussi, de passer une petite soirée au pub. Eh bien c’était génial, on a passé un super moment et mangé une bonne pizza, ha! Lors du trajet du retour, on a aussi pu admirer un magnifique coucher de soleil.

Le lendemain matin, j’ai été réveillée plus tôt que prévu par un boucan pas possible causé par la famille israélienne. Ils étaient très sympas et je m’entendais bien avec eux mais, il n’y a pas à dire, c’était parfois fatigant, surtout les repas du soir et les crises matinales de la benjamine, Alona (une véritable drama queen).

Puisque j’étais debout tôt, j’en ai profité pour aller me balader sur la colline, au milieu de la mousse et des fougères recouvertes de rosée.

La vue depuis la colline

Après une sympathique journée de jardinage passée en grande partie à planter des haricots (et à trouver des bâtons pour servir de tuteurs) avec Gloria, je suis allée me promener dans les environs en fin d’après-midi, vers le loch Don. Une sculpture de loutre en bois, une petite église perdue dans la forêt, une route déserte longeant le loch,… C’était très sympa, mais vu qu’il était tard je n’ai pas eu le temps d’aller très loin (ce n’était que partie remise), et je suis rentrée pour manger puis continuer un dessin commencé à Ferry Wood.

Les journées à Mo Dhachaidh étaient vraiment chouettes. Je passais bien sûr beaucoup de temps dans le jardin, notamment à ramasser des patates, mais j’avais quand même pas mal de temps libre pour écrire, me balader et dessiner. J’ai d’ailleurs déniché dans la bibliothèque de Liz et Martyn un super livre pour apprendre à dessiner plein de noeuds celtiques différents, alors j’en ai bien profité. J’ai partagé tout mon attirail de papeterie avec les filles aînées de la famille israélienne, donc on passait des heures à bosser ensemble sur nos carnets respectifs. J’ai ainsi appris que Tipp-Ex en hébreu se dit… Tipp-Ex! 😉

J’ai aussi eu l’occasion de beaucoup cuisiner et d’apprendre plein de nouvelles recettes. J’ai fait notamment du pain, du beurre vegan, une soupe de lentilles version argentine,… Et j’ai vraiment bien mangé. Martyn adorait cuisiner le repas du soir et il concoctait des trucs délicieux. Le top du top: du haggis végétarien, avec cranachan en dessert (minus le whisky, pour les enfants ^^). Certains soirs, après le repas, on regardait des documentaires de la BBC. Il y avait bien sûr les émissions de jardinage, mais également une autre, ouvertement indépendantiste, avec une présentatrice écossaise qui allait rendre visite à des nations nordiques ayant davantage d’indépendance que l’Ecosse pour aller glaner des conseils sur comment gagner en autonomie. J’ai vu les épisodes sur l’Islande et les Îles Féroé, c’était pas trop mal.

Le dimanche, on avait congé, et il y avait une démonstration de cornemuse et de danse écossaise à Duart Castle, un château pas loin où bosse Martyn à temps partiel comme guide. On a décidé d’y aller avec Ohava et Gloria. Comme les transports publics, sur Mull, ce n’est pas trop ça, on y est allées à pied. Heureusement, les routes ne sont pas trop fréquentées, donc c’était assez tranquille.

Jusqu’ici, je n’avais vu le château que depuis le ferry, donc ça m’a fait vraiment plaisir d’aller y jeter un coup d’oeil de plus près. Duart Castle appartient au clan MacLean, et le laird (le chef de clan, en gros) et sa famille habitent encore dedans. Du coup c’est assez drôle de le visiter, il y a plein de photos de famille au mur, des portraits, et les petites filles qui jouent dans la cour. Bien sûr, la partie réellement habitée ne se visite pas, mais ça doit quand même être bizarre d’avoir des touristes chez soi. Il doit aussi faire pas mal froid, car ça n’a pas l’air évident à chauffer. Et à entretenir, un cauchemar. Le clan est d’ailleurs toujours à la recherche de dons pour les nécessaires travaux.

Un autre château en chemin, d’un autre style, plutôt manoir: Torosay castle

Un château entouré de brume et des moutons… Il ne manquait qu’un joueur de cornemuse en kilt pour faire plus écossais! 😉

J’adore ce côté mystique qu’apporte le brouillard. Je voyais les nuages envelopper la colline et se déplacer à toute vitesse (pour des nuages, on s’entend), comme un dragon tranquille ondulant dans le paysage.

On s’est chopé un peu de bruine durant la marche, mais rien de bien grave. On est arrivées un peu tôt pour la musique et la danse, donc on a mangé au petit tea-room/boutique du château. Je me suis offert un délicieux coffee cake au glaçage de OUF en dessert. Oh yum. Vive les cakes British!

Puis on a visité le château. A 13h30, il y avait la démonstration dans la cour. Le Mull and Iona Pipe Band nous a offert un concert bien sympa. C’était très intergénérationnel, très cool. Les joueurs de tambour font tourner des petits pompons en laine colorée entre chaque coup, c’est marrant. Et un jeune garçon a fait un solo de cornemuse incroyable, il était vraiment doué!
Puis on a eu une démonstration de Scottish Country Dance. Je me réjouissais, puisque j’en ai fait durant mon semestre à Aberdeen et que j’adorais. J’ai été surprise de voir que les danseuses étaient des filles super jeunes, mais qu’est-ce que c’était chou!

Une fois les démos finies, on a fini la visite du château. Depuis le dernier étage, on a une belle vue sur la baie, pour regarder les allées et venues des ferries. A marée basse, on aperçoit aussi le “Lady’s rock”, un rocher auquel un des précédents chefs de clan (il y a fort longtemps) avait attaché sa femme pour qu’elle se noie, car elle ne lui avait pas donné d’héritier. Sauf qu’elle a réussi à s’échapper, alors que le mec allait annoncer sa mort partout en se trimballant un cercueil vide. Bref, une histoire très romantique.

Puis on est rentrées à Lochdon, après un jour de congé bien rempli! J’ai bien sûr encore plein de trucs à raconter, mais c’est l’heure d’aller dormir. 😉

Je vous laisse avec cette photo de Martyn qui part au boulot, avec son kilt. 😉
A bientôt pour le prochain épisode

Scot18#8 Staffa, splendeur basaltique

Hello!
Retour en Ecosse pour une petite excursion sur Staffa, une île inhabitée (enfin, sauf par des oiseaux, des mammifères marins, une myriade de plantes,…) située à 10 km de Mull et 9 d’Iona.

Des cormorans sur leur rocher

Depuis Lunga, le trajet en bateau était rapide. Très vite, on aperçoit la fameuse Grotte de Fingal, découverte en 1772 et nommée d’après le géant irlandais Fionn mac Cumhaill (ou Finn).

Staffa

D’après la légende irlandaise, c’est le géant Fionn qui serait à l’origine des impressionnants piliers de basalte qu’on trouve en Irlande du Nord et dans les Hébrides. Il voulait se créer un passage pour aller d’un pays à l’autre sans se mouiller les pieds, d’où le nom de Chaussée des Géants. Seulement voilà, Fionn avait peur de l’arrivée d’un autre géant beaucoup plus badass, Benandonner. Il s’est donc déguisé en bébé pour intimider l’arrivant: ainsi, ce dernier a pensé que Fionn devait être immense, vu la taille déjà gigantesque du “bébé”. Désormais effrayé à l’idée de combattre Fionn, Benandonner a fui en détruisant la Chaussée pour ne pas être suivi. Et voilà, c’est pour ça qu’il ne reste aujourd’hui que les deux extrémités de la Chaussée, vers Bushmills, en Irlande du Nord, et à Staffa.

L’entrée de Fingal’s cave

L’autre explication, géologique, place la formation de ces colonnes de pierre il y a environ 60 millions d’années. Des écoulements successifs de lave en seraient à l’origine: en entrant en contact avec l’eau de mer, la lave s’est solidifiée et cristallisée. La roche nouvellement formée, sous pression, a ensuite pris la forme de polygones plus ou moins hexagonaux.

Bref, retournons à l’été 2018. Une fois accostés, on était libres de faire ce qu’on voulait pendant une ou deux heures. Il y avait beaucoup de monde à l’entrée de la grotte, donc j’ai suivi le conseil du couple allemand et je suis plutôt allée faire le tour de l’île.

Les colonnes de basalte étaient vraiment impressionnantes, tout autant qu’en Irlande du Nord. Apparemment, on en trouve aussi sur Ulva, il faudra vraiment que j’y aille un jour.

Ulva en arrière-plan!

Le nom de Staffa vient du vieux norrois (Old Norse, du vieux norvégien parlé par les vikings) et signifie “l’île aux piliers” (d’après Wiki). Sur Skye, il y a un coin qui s’appelle Staffin, “the place of pillars”, aussi du fait des formations basaltiques. On y était avec José en 2016, c’est vraiment un endroit magnifique, proche du Old Man of Storr et du Quiraing.

Wikipédia m’a aussi appris un truc étonnant: au bord du lac de Zurich, il y a un village nommé Stäfa, et c’est un moine d’Iona qui l’a baptisé ainsi en l’honneur de Staffa. Bref, le monde est petit!

Vue sur les Treshnish isles, au fond

Depuis le sommet des falaises, je sentais (et j’entendais, surtout) toute la puissance des vagues qui venaient s’écraser sur les rochers en contrebas. C’était vraiment impressionnant. Le vent, la solitude, la liberté. Je me sentais tellement bien, sur cette île, avec la vue sur Mull et l’horizon.

J’ai marché sur le plateau herbeux, en empruntant parfois des sentiers qui descendaient jusqu’à des petites plages de galets. Tout au bout, surprise, je trouve quelques puffins! Beaucoup moins que sur Lunga, mais tout de même quelques petites dizaines. A un moment, plein de macareux se sont envolés en même temps, c’était superbe!

Un beau cormoran en vol qui m’a offert un beau spectacle, avec Mull en arrière-plan
Le bateau de Staffa tours, qui attendait un peu en retrait avant de revenir nous chercher

Puis c’était l’heure de retourner à l’embarcadère, et de retrouver “mes” Allemands. Sur le bateau, surprise, il y avait aussi une Genevoise vivant à Soleure! Vraiment, le monde est petit.

En attendant quelques minutes de pouvoir monter sur le bateau, j’ai aperçu une méduse au milieu des algues, l’une des espèces que j’avais déjà vues à Ron Mara en faisant du canoë.

La méduse

Puis, retour à Iona! En chemin, on recroise un banc de dauphins, yihaa!

Une fois sur l’île, je décide de visiter l’abbaye avant de rentrer à l’auberge. J’y étais déjà allée en 2011, mais ça avait bien changé depuis, il y avait même un nouveau musée super bien fait. J’ai passé du temps à admirer les motifs qui figurent sur les piliers du cloître. Ils sont tous différents, mais classés par thèmes. D’un côté il n’y a que des plantes, de l’autre des oiseaux.

J’ai aussi appris un truc bien sympa: pour ceux qui dorment sur l’île, le billet de l’abbaye est valable deux jours, pour le même prix! Je n’en ai pas vraiment profité puisque je partais le lendemain avant l’ouverture de l’abbaye, mais j’aime bien le concept.

J’étais bien contente de retourner à l’auberge, de manger avec mes “colocs” allemands, puis de me doucher et de me poser dans mon lit tout douillet pour regarder les centaines de photos de puffins prises dans la journée. Puis on a remarqué une superbe lumière. Les Allemands (tous deux photographes) étaient trop crevés pour ressortir, mais j’étais curieuse donc je suis sortie seule, à pied nus, pour aller admirer le coucher de soleil depuis la plage!

Le lendemain, c’est le jour de mon départ d’Iona. Avant de quitter l’hostel, je décide d’aller voir une petite plage du nord-est où je n’étais pas encore allée. En chemin, je croise plein de moutons qui se réveillent gentiment. Et une fois sur la plage, je découvre plein d’empreintes animales de toutes sortes (dont pas mal de chiens, j’avoue).

Mais je tombe aussi sur des traces d’animaux sauvages, non identifiés.

Puis c’est l’heure d’aller chercher mon sac et d’aller prendre le ferry direction Fionnphort. Ce jour-là, j’ai repris le bus direction Lochdon, juste avant Craignure, pour rejoindre mon deuxième WWOOFing des vacances, dont je vous parlerai dans les prochains articles!

Allez, en attendant, voilà encore trois photos de mon petit Lumix que je ne savais pas où caser: les dessins des toilettes de l’hostel, et moi à la plage lors de ma baignade bien fraîche! 😉

Et je vous laisse avec une chanson de Tide Lines: Far Side of the World. Je n’arrête pas d’écouter les chansons de ce groupe en ce moment. Je les ai vus live à Aberdeen en décembre 2016, et j’ai hâte de pouvoir retourner à un de leurs concerts. Leur musique me rend tellement nostalgique de l’Ecosse…
See you soon!

“I want to feel the breeze of the Hebrides
On the far side of the world”

Vie aquatique

Bonjour!
Aujourd’hui, j’interromps la rétrospective écossaise pour vous parler d’un sujet bien plus d’actualité dans ma vie (quoique l’Ecosse, avec moi, c’est toujours plus ou moins actuel ^^). Préparez-vous pour une overdose de… libellules! Eh oui, mon mémoire de master virevolte autour des Odonates, et j’ai vécu mon premier terrain les 6 et 7 mai dernier. Il y avait plus de vent que ce qu’on aurait voulu et c’était encore un peu tôt dans la saison pour les espèces de milieux courants, mais j’ai quand même passé deux superbes journées!

Petite photo de la bucolique lône Chantemerle, prise avec mon natel.

J’ai observé mes premiers Pyrrhosoma nymphula (de belles demoiselles rouges, au nom commun trop stylé de Petite nymphe au corps de feu), des Coenagrion puella, des Ishnura elegans et possiblement une superbe Aeshne printanière (Brachytron pratense, pas facile à identifier étant donné la vitesse sidérante à laquelle ça vole, en changeant constamment de direction et sans jamais se poser à vue — faut d’ailleurs que je m’entraîne au maniement du filet à papillons). Il y avait peut-être peu d’espèces, mais l’abondance était parfois étonnante! Un matin, en marchant dans des hautes herbes pas loin d’un des sites d’étude, il y avait des dizaines et des dizaines de Coenagrion puella et Pyrrhosoma nymphula qui s’envolaient à notre passage, c’était magique! J’ai vu des Zygoptères à peine émergés, faisant sécher leurs ailes translucides, leurs exuvies juste à côté. J’ai vu une larve de Pyrrhosoma nymphula qui grimpait le long d’un carex, cherchant son spot pour son ultime mue. J’ai vu plein de demoiselles voler en tandem et pondre à la surface de l’eau. J’ai vu d’immenses aeshnes patrouiller à toute vitesse.

Mais j’ai aussi vu des martins-pêcheurs, des aigrettes, des hérons, des milans, des cygnes et tant d’autres oiseaux, des traces de sangliers dans la boue, des troncs rongés par des castors, des moucherons volant par centaines à la surface de l’eau, des abeilles sauvages butinant au milieu des fleurs (et des renouées du Japon, qui envahissent tout le coin)… Bref, deux belles journées à marcher dans les bois pour rejoindre les lônes (nom donné aux bras secondaires du Rhône), à pagayer (on a un petit bateau gonflable, génial pour observer la rivière au plus près dans les coins profonds), à m’enfoncer dans la vase avec mes cuissardes géniales, à m’émerveiller devant cette fascinante nature.

Le bateau à Chantemerle (photo natel)

Bref, le seul truc qui me manquait, c’est que je n’avais même pas sorti l’appareil photo (ça commençait à faire beaucoup de trucs autour du cou et dans les mains, entre le filet, les jumelles, le guide d’identification, les fiches pour les relevés…)! Mais je m’étais promis que ce n’était que partie remise et que j’allais prendre le temps d’aller photographier des libellules à un autre moment, à Genève comme à Belley (mon site d’étude, en France). Mais voilà, entre la pluie suivie des longues journées de bise, il n’y avait pas exactement des conditions appropriées… Jusqu’à hier!

Le soleil brillant dans un ciel dégagé et les arbres ayant retrouvé leur position habituelle verticale (avec la bise, le mélèze devant chez moi était plutôt oblique ces derniers jours ^^), José et moi sommes allés nous promener au Bois des Mouilles, armés de nos objectifs. Jackpot! On a passé une magnifique après-midi et on a pu observer plein de trucs autour de cet étang plein de vie!

Couple de Sympecma fusca (leste brun)

En arrivant au bord de l’étang, on repère rapidement nos premières demoiselles. Des couples de Sympecma fusca, Coenagrion puella et Coenagrion pulchellum virevoltent un peu partout. C’est parti pour plein de photos!

Mâle de Coenagrion puella (agrion jouvencelle)
Couple de Coenagrion pulchellum

Il y avait beaucoup de couples occupés à pondre, c’était super chouette à observer. Je suis particulièrement fière de la photo de lestes bruns ci-dessous: j’étais si proche que je n’ai pas eu besoin de la recadrer, et on voit un peu les jolies teintes bleues des yeux du mâle (si jamais, les photos sont censées s’agrandir si on clique dessus).

Couple de Sympecma fusca, avec la femelle en train de pondre

Tout à coup, une énorme libellule file devant nos yeux. En un éclair, elle a fait trois allers-retours devant nous avant de disparaître. J’ai à peine eu le temps de discerner des flashes de bleu et vert. Une aeshne! Mais laquelle? Aux aguets, on scrute l’étang en attendant son retour. Une autre libellule ne tarde pas à démontrer ses prouesses aériennes. Mais cette fois, j’aperçois un flash vert métallique. C’en est une autre!

On essaie de prendre des photos pour tenter de les identifier, mais il y a beaucoup d’essais ratés. Voilà ce que ça donne, haha:

Heureusement, la libellule aux teintes métalliques affectionne le vol stationnaire, ce qui nous aide grandement. On parvient finalement à “réussir” quelques photos. Après réflexion, il me semble bien que nous avons affaire à Cordulia aenea, avec son thorax vert métallique, ses yeux verts et son abdomen dilaté en massue (qui se remarque mieux vu du dessus):

Une probable cordulie bronzée

Pour l’aeshne, ça prend plus de temps. Le vol stationnaire, elle n’a pas l’air de connaître. Finalement, par je ne sais quel miracle, j’arrive à la capturer sur quelques clichés flous!

Cette tache floue est une aeshne!

C’est seulement en rentrant à la maison que j’ai remarqué que j’avais une photo presque réussie, avec assez de détails pour décider qu’il s’agit d’un mâle de Brachytron pratense, l’aeshne printanière!

Brachytron pratense, qui m’a donné du fil à retordre!

Après avoir passé un bon moment sur les pontons, on a fait tout le tour de l’étang comme à notre habitude. On a croisé en chemin plein de lézards verts et quelques grenouilles (qu’on a plus entendues que vues). Un héron cendré et des milans noirs nous ont survolés, et on aussi pu admirer avec plaisir des petites familles à plumes!

Il n’y a pas à dire, les canetons de colvert, c’est vraiment hyper chou.

Une famille de foulques

Mais ma mission première, ça restait nos amies les libellules! Je scrutais donc chaque nénuphar et perchoir potentiel, à la recherche de créatures graciles et allongées.

Et sur un nénuphar, au loin, j’ai aperçu encore une autre espèce: Erythromma najas, la Naïade aux yeux rouges. Le challenge si vous l’acceptez: la trouver sur la photo ci-dessous! 😉 (C’est pas compliqué)

Erythromma najas qui bronze au soleil

Et bien entendu, pendant toute la balade, j’ai encore pris beaucoup trop d’autres photos de Zygoptères et de nénuphars… 🙂

J’ai passé pas mal de temps à mitrailler un couple de Coenagrion puella en train de pondre au milieu des plantes aquatiques. Je ne vous dis pas le boulot pour trier les photos en rentrant… ^^’

Le seul truc dommage, c’est que les meilleures plages horaires pour observer les libellules ne correspondent pas exactement aux lumières les plus douces. Mon prochain défi, ce sera d’essayer d’en photographier au lever du jour, avant leur réveil…

Agrion femelle
C. puella en vol, avec reflet 🙂

Un peu à l’écart, au milieu des herbes, on a croisé un joli petit insecte au croisement entre un papillon et une libellule. Après une rapide recherche Google, il me semble bien qu’il s’agit d’un Ascalaphe soufré (Libelloides coccajus). Je le trouve vraiment beau, avec ses longues antennes et ses taches jaunes!

Ascalaphe soufré (probablement)

Toutes les photos de la journée ont été prises avec mon nouvel objectif macro Sigma 150 mm, acheté spécialement pour les libellules! Je l’ai depuis Noël (merci Pépé!) mais n’avais quasi pas eu le temps de l’utiliser à cause de mon emploi du temps surchargé. Je l’ai testé pour la première fois le jour de mon anni, lors d’une fraîche et pluvieuse journée de mars. Je ne pense pas que j’aurai l’occasion d’en faire un article entier, donc je vous mets quelques photos ici. J’adore aussi cette ambiance totalement différente. 🙂

Et voilà, cet article est enfin fini!
Dès le prochain, retour en Ecosse! 🙂

Scot18#7 Lunga, l’île aux oiseaux

Hello! C’est parti pour la suite de mon escapade sur Iona et ses îles voisines.
Après une très bonne première nuit au bout du monde (enfin, à Lagandorain), je me suis réveillée super motivée pour… Puffin day! Eh oui, c’était le jour de mon excursion dans les Treshnish Isles. Le couple d’Allemands partageant ma chambre à l’hostel faisait aussi partie de l’aventure (ils adorent les macareux, ils en étaient déjà à leur deuxième excursion spécial macareux de leurs vacances), mais je suis partie plus tôt de l’auberge car je voulais jeter un coup d’oeil aux alentours et m’acheter un pique-nique.

En chemin, je croise plein de moutons qui se réveillent gentiment sous un ciel grisouille.

Je ne croise pas d’âme humaine jusqu’au village. C’est fou comme c’est calme le matin avant l’arrivée du premier ferry. Bon, une fois au village, il n’y avait pas grand monde non plus, et c’est là que j’ai découvert que l’épicerie de l’île n’ouvrait pas avant 9h30, donc après mon départ en bateau. Pour midi, j’allais donc me contenter de digestifs au chocolat noir, haha.

Peu avant 9h, je retrouve le couple d’Allemands à l’embarcadère. On embarque dans un bateau de Staffa Tours, qui nous emmène d’abord à Fionnphort pour récupérer d’autres passagers, avant de partir en mer, direction les Treshnish isles! 🙂

Après une dizaine de minutes, une bonne suprise nous remplit de joie: des bottlenose dolphins! 😀
La joyeuse troupe de grands dauphins nous accompagne un petit moment avant de s’en aller. C’était vraiment incroyable. A chaque fois que je vois des dauphins, c’est pareil: j’ai l’impression que c’est la première fois et que c’est absolument extraordinaire!

Une autre créature impressionnante qui erre dans ses eaux en été, c’est le requin pèlerin, ou basking shark, le second plus grand poisson après le requin-baleine. Il se nourrit de plancton en ouvrant son énooorme bouche et en nageant lentement. Je n’en ai pas encore vu en vrai, mais les images du documentaire de la BBC Hebrides: Islands on the Edge donnent une bonne idée du gigantisme et de la force tranquille de ce requin

Dauphin proche d’Iona

Pendant le trajet en bateau, j’ai aussi vu mes tout premiers macareux! J’ai d’abord remarqué quelques guillemots qui volaient, puis des petits oiseaux bouboules à l’allure maladroite, qui flottaient dans le creux des vagues ou voletaient: des puffins!! 😀 Autant dire qu’entre les dauhins et des macareux avant même de poser les pieds sur Lunga, j’étais déjà extrêmement satisfaite de ma journée. 🙂

Puis on a débarqué sur Lunga, la plus grande des Treshnish Isles. L’arrivée en bateau était marrante: puisqu’il n’y a pas de véritable débarcadère, il y a des genres de passerelles flottantes dans l’eau proche de la berge. Le bateau s’accroche dont à l’une des passerelles et la pousse jusqu’à la plage de cailloux. Je n’avais jamais vu ça, héhé!

Une fois à terre, on grimpe un petit sentier jusqu’au sommet de la falaise, puis il n’y a pas à chercher longtemps: partout sur les côtés, des terriers de macareux et leurs locataires estivaux. A notre approche, certains prennent peur et se cachent, mais reviennent pointer le bout de leur bec après même pas deux minutes, puis continuent de vaquer à leurs occupations. Au milieu des macareux, j’aperçois quelques razorbills (Alca torda: petits pingouins ou pingouins tordas en français), à la figure si élégante. C’est vraiment des oiseaux super beaux, avec leur fine ligne blanche sur le bec.

Razorbill

Je décide d’emprunter le sentier qui longe la falaise pour voir d’autres coins de l’île, mais je ne progresse pas vite: je suis sans cesse joyeusement détournée par un macareux tout proche aménageant son nid, des atterrissages parfois maladroits, des petits pingouins flânant au soleil et même des jeunes cormorans qui prennent le soleil devant leur nid-caverne.

Plus j’avance sur le chemin, plus je vois d’oiseaux. Au milieu des macareux, je croise mes premiers guillemots, eux aussi magnifiques, avec leur ligne blanche près de l’oeil. Ce que je ne savais pas encore, c’est que les guillemots représentent l’espèce la plus nombreuse du coin. Autour de Lunga, il y a plein d’autres petites îles et de gros rochers. C’est sur une énorme masse rocheuse que vit une colonie de guillemots. Avant de la voir, on l’entend – et on la sent!

Mon premier guillemot, seul avec quelques macareux

Puis le rocher apparaît, recouvert de points noirs: des centaines et des centaines de guillemots, jeunes et adultes.

Je continue ma route, accompagnée par les cris de guillemots et les macareux qui s’activent sur le bas-côté.

Puis soudain, le paysage change complètement: je fais face à un plateau bien plus bas de l’île. Je suis au sommet d’une petite colline, avec une vue bien dégagée sur les alentours, et c’est là que je décide de manger quelques délicieux digestifs aux chocolats noirs. 🙂

Puis je retourne du côté de l’embarcadère de fortune en passant par un autre sentier, qui traverse le milieu de l’île. On avait environ 2h30 sur l’île, il me semble, et je n’ai pas vu le temps filer!

Lotissement pour macareux avec vue sur la mer 🙂

On est remontés sur le bateau et on est partis en direction de notre deuxième destination du jour: Staffa! Mais ça, ce sera pour le prochain article! 😉

Scot18#6 Iona

Bonjour à tous!
Après une magnifique dizaine de jours sur l’île de Madère (d’où j’ai bien sûr ramené plein de photos et d’anecdotes), je reprends ma rétrospective écossaise 2018 (je vous préviens, cet article fait 4,8 km de long, soit autant que l’île d’Iona, haha).

Sur le ferry au départ d’Oban (avec des kayaks!)

Lors de mon dernier article, je m’étais arrêtée à mon arrivée sur la superbe île d’Iona. Pour la rejoindre, il faut d’abord traverser l’île de Mull puis prendre le ferry depuis Fionnphort pour un court trajet de dix minutes, durant lequel on peut admirer les magnifiques roches roses de Mull, l’eau merveilleusement turquoise et, bien entendu, la fameuse abbaye de Saint Colomba.

Vue depuis le petit port de Fionnphort

Durant ces vacances, je me suis beaucoup intéressée à la toponymie gaélique, et j’avais repéré le mot ‘fionn’ au détour d’une page du livre de John Murray Reading the Gaelic Landscape. Il signifie “white, fair, pale, blessed, holy”. Fionnphort est donc le port blanc. En vérifiant la signification de ‘phort’, je suis tombée sur ce site, Gaelic Place-Names of Scotland, qui a l’air pas mal pour trouver les noms gaéliques des lieux.

Le ferry, avec Iona Abbey en arrière-plan

Seuls les résidents d’Iona ont le droit d’embarquer leur voiture sur le ferry, et c’est très bien comme ça. L’île est de toute façon bien petite et ne possède en gros qu’une route, donc tout se fait facilement à pied.
Les journées d’été, Iona est prise d’assaut par les touristes qui souhaitent visiter l’abbaye, et c’était bien sûr le cas quand j’y suis allée.

Les belles roches aux teintes roses de Fionnphort

En arrivant en plein après-midi, je n’étais donc pas seule, ni sur le ferry ni sur l’île! Mais à 18h30, un truc magique se produit: le dernier ferry pour Fionnphort s’en va, et l’île est soudain envahie par un calme merveilleux. En effet, il y a peu d’opportunités de logement sur Iona, et seuls quelques touristes décident d’y passer la nuit. J’avais réservé deux nuits à l’unique auberge de l’île, et je n’ai vraiment pas regretté!

Iona Abbey et le point culminant de l’île: Dùn I, 101 mètres d’altitude

Une fois débarquée du ferry, j’ai directement entrepris la marche d’une vingtaine de minutes qui mène jusqu’à la pointe nord de l’île, où se trouve Iona Hostel. En chemin, je passe bien sûr devant la fameuse abbaye, qui date du XIIIe siècle. Mais l’histoire sacrée du lieu est bien plus ancienne: l’Irlandais Saint Columba y a débarqué en 563 et y a fondé un monastère d’où il a évangélisé l’Ecosse. Iona est ainsi devenu un grand centre religieux, et de nombreux rois y ont été enterrés dont, possiblement, Macbeth. C’est aussi le lieu supposé de la création du célèbre Book of Kells, qu’on peut aujourd’hui voir à Dublin, au Trinity College.

L’Abbaye

Le monastère d’Iona a en effet subi de nombreux raids vikings au cours de son histoire, et le précieux manuscrit enluminé aurait donc été déplacé à Kells, en Irlande, pour le mettre en sécurité. C’est plus tard, vers 1200, que l’abbaye a été construite par les fils de Somerled, “King of the isles”

Dans un précédent article, je vous ai parlé vite fait du très beau film d’animation Song of the Sea. Eh bien son réalisateur, Tomm Moore, a sorti en 2009 The Secret of Kells, l’histoire d’un jeune moine irlandais de 12 ans qui rêve de devenir enlumineur, à Kells. Je ne l’ai pas encore vu, mais il est clairement sur ma liste! D’après certaines critiques, le film est plutôt sombre et le récit n’est pas aussi prenant que Song of the Sea, mais les dessins ont l’air tout aussi magique!

Bref, revenons-en à nos moutons, et à Iona! 😉

Agenouillé pour mieux brouter, héhé!

Une fois l’abbaye passée, le chemin s’est fait plus calme: moins d’humains, beaucoup plus de moutons! Le trajet m’a donc pris bien plus que les vingt minutes prévues, car je me suis du coup arrêtée pour dire bonjour à toutes les créatures laineuses que je croisais… Eh oui, on ne se refait pas, j’ai donc aussi pris plein de photos, à moitié assise dans l’herbe pour passer l’objectif entre les fils métalliques des barrières!

J’arrive finalement en face de deux moutons qui font la sieste sur leur petit monticule, comme pour accueillir les visiteurs de l’auberge (il s’est avéré que c’est leur coin quotidien, je les y ai vus à chaque fois que je passais).

Le goudron laisse place au gravier, le chemin me mène à travers le jardin de quelqu’un, puis la route devient carrément herbeuse. Je suis enfin à Lagandorain, nom du lieu et de l’hostel, et j’ai cette agréable impression d’être au bout du monde.

Mais je n’étais pas seulement arrivée à la pointe septentrionale d’Iona, j’avais également atterri dans le meilleur hostel dans lequel j’ai dormi jusqu’ici! Bon, ok, plutôt ma seconde auberge préférée, après la super génialissime de Turangi, en Nouvelle-Zélande, où j’avais l’impression de faire partie d’une grande famille — on regardait même la télé avec le proprio, le soir, et on n’arrêtait pas de prolonger notre séjour, et pas seulement parce que la voiture était en panne! 😉

J’ai adoré cet hostel pour plein de raisons. Déjà, sa situation: tout au bout du bout d’Iona, posé au milieu du machair, avec une magnifique plage de sable blanc à deux pas: Traigh an t-Suidhe. Lagandorain est aussi une croft encore en activité: les proprios travaillent la terre depuis des générations et perpétuent des modes d’agriculture qui font partie intégrante de l’héritage écossais. Ensuite, son nom: Lagandorain signifie “The Hollow of the Otter”, soit le creux de la loutre, et c’est franchement trop cool!

Et bien sûr, l’ambiance dans l’auberge était super: on mangeait tous le soir à l’unique grande table en bois (avec, en dessert, un gâteau concocté chaque jour par deux filles) et on était beaucoup à lire et écrire dans l’espace commun après les repas (la bibliothèque était d’ailleurs bien fournie!). L’aménagement était méga cosy: une cuisine et un salon super chouettes, des peintures colorées dans les salles de bains, des images marrantes au mur (et aussi une carte topographique de l’île, rien de tel pour capter mon attention), des petites chambres lumineuses avec des lits bien confortables, un jardin,… Mais le top du top: aucune clé, ni pour la porte d’entrée ni pour les chambres. J’adore cette ambiance super relax, cette confiance qui règne dans les coins paumés où vivent de petites communautés.

Sitôt après mon arrivée, je suis allée profiter du soleil en allant me balader, en commençant par la plage toute proche, que j’ai longée vers l’ouest avant de monter vers Dùn I.

Il y avait de magnifiques motifs creusés dans le sable par le va-et-vient de l’eau. Par endroits, on aurait dit des dessins d’arbres!

Puis je quitte la plage et je marche sur un petit sentier plus ou moins défini dans le machair (un chemin d’un mètre de large avait été tondu). J’étais entourée de fleurs et de bourdons, c’était magnifique!

Après un petit moment, le chemin a brusquement disparu et j’ai continué au pif, à l’écossaise. Dans certains coins, je n’avais plus du tout affaire à de la prairie fleurie, mais à de petits marécages peuplés de superbes orchidées sauvages qui se balançaient dans le vent. Bien entendu, le “bog factor” était plus important. Durant les périodes moins extraordinairement sèches, ça doit être limite impraticable.

Il y avait également de drôles de fleurs cotonneuses dans ces coins bien humides, ce qui m’aidait à les repérer pour les éviter.
J’ai grimpé à flanc de colline jusqu’à atteindre une barrière avec, devinez quoi, plein de moutons de l’autre côté. 😉
Tout le long, la vue était splendide, avec une lumière magnifique qui mettait en valeur le vert de l’herbe et le bleu de la mer…

Tout à coup, j’ai remarqué une tache noire sur mes dernières photos. Je me suis donc posée un moment pour essayer de l’éliminer. J’ai d’abord nettoyé le verre du filtre protecteur, puis le verre de l’objectif, en vain. J’ai pris des photos en LiveView, le miroir levé, mais la tache apparaissait tout de même. Je n’avais jamais eu de tache derrière le miroir… J’avais un peu peur de tout casser ou d’empirer la situation en essayant de l’enlever, mais en même temps je n’avais pas envie d’une poussière grise sur toutes mes photos à venir (il y en a une sur quasi toutes celles de cet article, plus ou moins visible). De retour à l’auberge, j’ai finalement donné un petit coup de pinceau à l’intérieur du boîtier, au pif, et, miracle, ça a marché, héhé!
Bref, c’était la petite frayeur photographique du jour

L’hostel, bien camouflé dans le paysage
Des moutons qui fuient à mon arrivée, près du sommet de Dùn I
Une flopée de moutons noirs au pied de la colline

Je suis finalement descendue de la colline, après maints détours entre les patches de marécage, et je suis retournée à l’hostel en empruntant la plage.

La plage était absolument déserte, et je n’ai pas pu résister: j’ai filé mettre mon maillot de bain et je suis revenue me jeter à l’eau. Verdict: elle était glaciale, mais c’était super. Après ce petit bain de fin de journée en solitaire, c’était l’heure d’aller manger mes pâtes au pesto (le parfait repas de flemmard en auberge quand on ne veut pas se trimballer trop de nourriture) et de discuter avec le couple d’Allemands partageant ma chambre!

Et voilà, comme prévu, c’était très long (et ce n’est pas fini!). La prochaine fois, je vous parlerai plus en détail de mon escapade dans les Treshnish isles. See ya!