Scot18#1 La maison sur la colline

Bonjour à tous!

Aujourd’hui, je commence la rétrospective de mes vacances en Ecosse de l’été dernier. C’était la première fois que je repartais seule depuis mon voyage en Nouvelle-Zélande, et j’avais envie d’en profiter pour faire à nouveau un peu de WWOOFing.

La toute première photo des vacances

En juillet 2018, j’ai donc atterri à Edimbourg, embarqué dans le train pour Glasgow et pris un bus direction la péninsule du Kintyre. Déjà là, c’était l’aventure, car je ne descendais pas à un arrêt de bus officiel, mais à North Beachmore, aussi connu en tant qu'”arrêt des alpagas”. Enfin, surtout connu des chauffeurs de bus qui habitent à Campbeltown, le terminus de la ligne. Moi, j’ai eu droit à un chauffeur de Glasgow, et en presque 4 heures de trajet, il y avait le temps d’oublier mon arrêt spécial et paumé… Bref, je suis finalement descendue en catastrophe à Muasdale, le véritable arrêt le plus proche, et j’ai commencé à marcher en sens inverse au bord de la route.

La vue depuis le jardin, avec l’Irlande du Nord tout au fond, visible lors des journées au ciel bien dégagé 🙂

Après cinq minutes, Ed, mon hôte de WWOOFing, débarque avec son 4×4 électrique. Il voulait m’accueillir à l’arrêt de bus des alpagas, mais vu que le bus avait du retard, il a décidé de monter sur la colline pour voir où en était le bus. Bim, c’est bien sûr lorsqu’il est au sommet que je passais justement en bas, et qu’il a du coup remarqué mon bus qui filait tout droit sans s’arrêter devant les alpagas. Bref, il m’a récupérée sur le bord de la route et en cinq minutes, on était arrivés.

Ròn Mara, la superbe maison sur la colline, avec sa petite serre/véranda où poussent tomates, pêches et vigne!

Je découvre alors la magnifique maison d’Ed et Carina, perchée sur la colline, avec une vue splendide sur Gigha (une petite île juste en face, qui produit du très bon lait!), Jura et Islay, des îles que je rêve de visiter un jour (en hiver, lorsque plein d’oiseaux migrateurs y établissent leurs quartiers).

Ed et Carina ont designé eux-mêmes leur maison, comme leur jardin — Ed est un adepte de la permaculture, et il organise même des workshops, après avoir été notamment journaliste environnemental durant sa riche vie; Carina, elle, est médecin en semi-retraite, et elle bosse quelques jours par semaine à Tarbert, la ville la plus proche (36 km) en allant vers le Nord.
Ils ont vécu et connaissent tant de choses, et j’ai appris tellement durant mon (trop court) séjour avec eux!

Graminées dans la lumière de fin d’après-midi

Une fois installée dans la chambre de leur fils, qui étudie à Edimbourg (et qui a une chambre de ouf, avec tellement de livres intéressants, allant des dragons à l’astrophysique, avec des figurines des Chessmen de Lewis sur l’étagère — j’aurais bien aimé le rencontrer, il a l’air marrant), je suis partie explorer les environs. Une route bien raide descend jusqu’à la route principale qui longe toute la péninsule. En chemin, j’admire la mer et la côte, les montagnes de Jura, et je croise des vaches Highland.

Un membre du Death row, comme l’appellent Ed et Carina… Eh oui, car il y a régulièrement un tournus dans les vaches du voisin, puisqu’elles sont destinées à finir en steak & ale pie.
Une église au bord de l’eau
La vue sur la maison, avec une file de veaux trop mignons

Je n’ai passé que 10 jours à Ròn Mara, mais qu’est-ce que c’était chouette, et varié. Je n’ai vraiment pas eu l’impression de “travailler”, mais d’accompagner la vie de tous les jours d’Ed et Carina, de découvrir plein de trucs, d’échanger, d’apprendre, de m’émerveiller… Et de ressentir le bonheur d’être à nouveau en Ecosse. 🙂

La vue depuis la fenêtre de ma chambre. Comme les moutons du Yorkshire, les vaches semblent monter dans les hauteurs une fois le soir venu.

A Ròn Mara (qui signifie “phoque de mer” en gaélique écossais), j’ai cueilli et écossé (huhu, comme dans Ecosse) des broads beans (= des gros haricots/fèves), j’ai nourri les plantes au liquid feed fait maison d’Ed (une mixture d’algues et d’orties macérées qui sent très, très fort), j’ai tressé des oignons et de l’ail (des photos suivront prochainement), j’ai fait du canoë avec Karina, au milieu des phoques et des huîtriers-pies, j’ai fauché du bracken (fougère locale qui envahit tout et que quasi rien ne broute, sauf les cochons) avec une faux de la mort qui tue (littéralement la faux de la Mort, je mettrai aussi des photos), je me suis émerveillée devant les couchers de soleil incroyables sur Islay et Jura, et devant le ballet des abeilles et autres insectes dans le jardin, j’ai préparé du compost, j’ai fait du pesto avec des capucines, j’ai appris plein de mots en gaélique, j’ai discuté environnement, politique, culture écossaise, évolution, j’ai vu plein d’oiseaux, j’ai dessiné sur la plage, j’ai fait de la voile, j’ai réparé un vélo et poncé un mât de bateau… Bon, et j’ai pris des photos, évidemment.

Gigha au premier plan, Islay au second.
Les broad beans, que c’était un plaisir d’écosser. Ils sont tellement beaux, quand ils sont lovés dans leur cosse. Et c’est une tâche répétitive parfaite à effectuer dans le jardin, en discutant et profitant du beau temps.

J’ai aussi super bien mangé, des produits frais du jardin. Choux-fleurs, rainbow chard, broccoli, fruits rouges, salade, courgettes… J’adore cette manière de choisir le menu en se baladant dans l’immense jardin et en cueillant des trucs au fur et à mesure. Le matin, je me régalais avec des petits-déj’ de ouf: muesli, noisettes grillées, cassis ou fraises du jardin,… Ça me donne faim rien que d’y penser.

Vue depuis le salon, avec la petite île de Cara sur la droite.

Bon, j’ai encore tellement d’anecdotes à raconter et de photos à montrer, mais cet article est déjà suffisamment long, et c’est l’heure d’aller regarder le dernier épisode de la série Shetland de la BBC… histoire de rêver au moment où je reposerai les pieds en terre écossaise!

Je vous laisse donc avec une photo d’un merveilleux coucher de soleil, admiré depuis Ròn Mara. Avec, à droite, des montagnes de Jura à moitié enveloppées dans les nuages…