Sheltie19#12 Unst, la suite!

Bonjour à tous, et désolée pour le manque d’originalité du titre!
Sans plus attendre, c’est parti pour la suite de notre super visite sur l’île d’Unst, tout au nord de Shetland.

Un endroit très connu sur Unst est Bobby’s bus stop. Il s’agit d’un abribus décoré, avec même des petits gâteaux et boissons à disposition et un livre d’or.

Bobby’s bus stop

Son histoire: Bobby était un enfant du coin, qui utilisait l’abribus pour ranger son vélo pendant qu’il était à l’école. Dans les années 1990, la Commune voulait l’enlever, mais Bobby a envoyé une lettre pour demander qu’il soit conservé, et ça a marché. Maintenant, il est donc même meublé et décoré, avec un thème qui change régulièrement. On a eu de la peine à trouver le thème de 2019, entre buffles et espace. D’après Wikipédia, c’est “Fake Gnus”.

On est allés marcher dans la réserve de Keen of Hamar, qui est connue pour ses rares roches serpentines et sa flore arctique.

Effectivement, ça change beaucoup du reste de Shetland, avec des pierres et des fleurs inhabituelles et un aspect un peu lunaire. De loin, on a l’impression que rien ne pousse. Mais de plus près, il y a des petites fleurs partout. On a cherché en vain la fameuse Edmonton’s chickweed, aussi appelée “mouse-ear”, qui est endémique de Keen of Hamar.

José à la recherche d’Edmonton’s chickweed

Le sol alternait entre bog et rocaille sèche (et c’est rare de trouver du sol sec, là-bas ^^), avec plein de lichens, des drôles de mousse, des fleurs violettes, jaunes, ocre et j’en passe!

On a continué notre balade le long de la côte, sous un ciel très changeant alternant entre soleil, nuages et brouillard.

On a gravi de jolies falaises avant de redescendre vers une belle baie.

Les sacs à dos empilés pour remplacer le trépied, notre pratique favorite des vacances
Vue sur une grotte

Le temps a brusquement changé: une minute on était en T-shirt, celle d’après avec K-way et bonnet, car le vent s’était levé.

Des fermes de saumons, qu’on trouve un peu partout à Shetland

On a revu quelques phoques, traversé un troupeau de vaches, puis la marche s’est terminée sur la route, avec une jolie lumière et un ciel pastel.

On mange une pomme, puis on roule jusqu’au sud-ouest de l’île, vers Westing, pour voir la vue sur l’océan, les moutons, les collines. En route, on croise un bruyant whimbrel, ou courlis corlieu.

Whimbrel en vol
Sheltie

Typiquement shetlandais: plein de petites routes se terminent directement sur une plage, avec l’impression de plonger directement dans la mer. On trouve aussi pas mal de ruines de maisons, comme sur North Uist.

Des moutons et des îles 🙂
Attention canards!

Il commençait gentiment à être tard, donc on est rentrés à Uyeasound vers 20h, pour cuisiner un délicieux couscous de légumes et se reposer.

C’était une journée bien remplie, avec deux marches, une loutre, plein de phoques, deux musées, un drakkar et plein de moutons! Encore une belle journée sur l’archipel.

Dans le prochain article de la rétrospective, on ira à Fetlar, une autre île splendide sur laquelle on a passé une journée. See ya! 🙂

Scot18#1 La maison sur la colline

Bonjour à tous!

Aujourd’hui, je commence la rétrospective de mes vacances en Ecosse de l’été dernier. C’était la première fois que je repartais seule depuis mon voyage en Nouvelle-Zélande, et j’avais envie d’en profiter pour faire à nouveau un peu de WWOOFing.

La toute première photo des vacances

En juillet 2018, j’ai donc atterri à Edimbourg, embarqué dans le train pour Glasgow et pris un bus direction la péninsule du Kintyre. Déjà là, c’était l’aventure, car je ne descendais pas à un arrêt de bus officiel, mais à North Beachmore, aussi connu en tant qu'”arrêt des alpagas”. Enfin, surtout connu des chauffeurs de bus qui habitent à Campbeltown, le terminus de la ligne. Moi, j’ai eu droit à un chauffeur de Glasgow, et en presque 4 heures de trajet, il y avait le temps d’oublier mon arrêt spécial et paumé… Bref, je suis finalement descendue en catastrophe à Muasdale, le véritable arrêt le plus proche, et j’ai commencé à marcher en sens inverse au bord de la route.

La vue depuis le jardin, avec l’Irlande du Nord tout au fond, visible lors des journées au ciel bien dégagé 🙂

Après cinq minutes, Ed, mon hôte de WWOOFing, débarque avec son 4×4 électrique. Il voulait m’accueillir à l’arrêt de bus des alpagas, mais vu que le bus avait du retard, il a décidé de monter sur la colline pour voir où en était le bus. Bim, c’est bien sûr lorsqu’il est au sommet que je passais justement en bas, et qu’il a du coup remarqué mon bus qui filait tout droit sans s’arrêter devant les alpagas. Bref, il m’a récupérée sur le bord de la route et en cinq minutes, on était arrivés.

Ròn Mara, la superbe maison sur la colline, avec sa petite serre/véranda où poussent tomates, pêches et vigne!

Je découvre alors la magnifique maison d’Ed et Carina, perchée sur la colline, avec une vue splendide sur Gigha (une petite île juste en face, qui produit du très bon lait!), Jura et Islay, des îles que je rêve de visiter un jour (en hiver, lorsque plein d’oiseaux migrateurs y établissent leurs quartiers).

Ed et Carina ont designé eux-mêmes leur maison, comme leur jardin — Ed est un adepte de la permaculture, et il organise même des workshops, après avoir été notamment journaliste environnemental durant sa riche vie; Carina, elle, est médecin en semi-retraite, et elle bosse quelques jours par semaine à Tarbert, la ville la plus proche (36 km) en allant vers le Nord.
Ils ont vécu et connaissent tant de choses, et j’ai appris tellement durant mon (trop court) séjour avec eux!

Graminées dans la lumière de fin d’après-midi

Une fois installée dans la chambre de leur fils, qui étudie à Edimbourg (et qui a une chambre de ouf, avec tellement de livres intéressants, allant des dragons à l’astrophysique, avec des figurines des Chessmen de Lewis sur l’étagère — j’aurais bien aimé le rencontrer, il a l’air marrant), je suis partie explorer les environs. Une route bien raide descend jusqu’à la route principale qui longe toute la péninsule. En chemin, j’admire la mer et la côte, les montagnes de Jura, et je croise des vaches Highland.

Un membre du Death row, comme l’appellent Ed et Carina… Eh oui, car il y a régulièrement un tournus dans les vaches du voisin, puisqu’elles sont destinées à finir en steak & ale pie.
Une église au bord de l’eau
La vue sur la maison, avec une file de veaux trop mignons

Je n’ai passé que 10 jours à Ròn Mara, mais qu’est-ce que c’était chouette, et varié. Je n’ai vraiment pas eu l’impression de “travailler”, mais d’accompagner la vie de tous les jours d’Ed et Carina, de découvrir plein de trucs, d’échanger, d’apprendre, de m’émerveiller… Et de ressentir le bonheur d’être à nouveau en Ecosse. 🙂

La vue depuis la fenêtre de ma chambre. Comme les moutons du Yorkshire, les vaches semblent monter dans les hauteurs une fois le soir venu.

A Ròn Mara (qui signifie “phoque de mer” en gaélique écossais), j’ai cueilli et écossé (huhu, comme dans Ecosse) des broads beans (= des gros haricots/fèves), j’ai nourri les plantes au liquid feed fait maison d’Ed (une mixture d’algues et d’orties macérées qui sent très, très fort), j’ai tressé des oignons et de l’ail (des photos suivront prochainement), j’ai fait du canoë avec Karina, au milieu des phoques et des huîtriers-pies, j’ai fauché du bracken (fougère locale qui envahit tout et que quasi rien ne broute, sauf les cochons) avec une faux de la mort qui tue (littéralement la faux de la Mort, je mettrai aussi des photos), je me suis émerveillée devant les couchers de soleil incroyables sur Islay et Jura, et devant le ballet des abeilles et autres insectes dans le jardin, j’ai préparé du compost, j’ai fait du pesto avec des capucines, j’ai appris plein de mots en gaélique, j’ai discuté environnement, politique, culture écossaise, évolution, j’ai vu plein d’oiseaux, j’ai dessiné sur la plage, j’ai fait de la voile, j’ai réparé un vélo et poncé un mât de bateau… Bon, et j’ai pris des photos, évidemment.

Gigha au premier plan, Islay au second.
Les broad beans, que c’était un plaisir d’écosser. Ils sont tellement beaux, quand ils sont lovés dans leur cosse. Et c’est une tâche répétitive parfaite à effectuer dans le jardin, en discutant et profitant du beau temps.

J’ai aussi super bien mangé, des produits frais du jardin. Choux-fleurs, rainbow chard, broccoli, fruits rouges, salade, courgettes… J’adore cette manière de choisir le menu en se baladant dans l’immense jardin et en cueillant des trucs au fur et à mesure. Le matin, je me régalais avec des petits-déj’ de ouf: muesli, noisettes grillées, cassis ou fraises du jardin,… Ça me donne faim rien que d’y penser.

Vue depuis le salon, avec la petite île de Cara sur la droite.

Bon, j’ai encore tellement d’anecdotes à raconter et de photos à montrer, mais cet article est déjà suffisamment long, et c’est l’heure d’aller regarder le dernier épisode de la série Shetland de la BBC… histoire de rêver au moment où je reposerai les pieds en terre écossaise!

Je vous laisse donc avec une photo d’un merveilleux coucher de soleil, admiré depuis Ròn Mara. Avec, à droite, des montagnes de Jura à moitié enveloppées dans les nuages…