Scot25#53 Walking on the Waves

Bonjour tout le monde!
Après une petite pause de blog (pour avancer sur le montage vidéo de la Diagonale écossaise, qui sera prêt tout bientôt!), me voici de retour avec un article sur les quelques jours qui ont suivi notre rando sur le Skye Trail.

Après une bonne nuit au Flora MacDonald Hostel, on a marché cinq minutes jusqu’au QG de South Skye Sea Kayak, où on a troqué nos bâtons de marche pour des pagaies le temps d’une journée!

José et moi adorons le kayak de mer, et on essaie toujours d’organiser une sortie à chaque voyage en Ecosse (car les opportunités manquent en Suisse, étonnamment, ha! ^^’). Malheureusement, ces excursions sont souvent annulées à cause de la météo, et on avait peur que ce soit à nouveau le cas cette fois-ci, car il y avait pas mal de vent.

Mais heureusement, ça n’a pas été le cas et on a passé une super journée bien aventureuse! On était les seuls participants, accompagnés de… trois guides: Erin, Andy et Janni! Sacré ratio, haha. La raison: Erin et Andy sont de jeunes guides et ne peuvent accompagner des groupes que lorsque le vent atteint max 4 sur l’échelle de Beaufort, or les conditions s’annonçaient un poil plus corsées. Janni était donc là pour superviser les deux “apprentis” (mais ils nous ont dit que si on avait été plus que deux et qu’on n’avait jamais fait de kayak de mer, ça aurait été annulé. J’ai rappelé qu’on avait fait que deux-trois fois du kayak de mer, et le patron a rétorqué: “yeah but you’re adventurous, right?” ^^’).

On nous équipe avec wet suit, bottines, jacket, spray deck (la jupe), gilet de sauvetage et, très important, les petits cordons pour sécuriser les lunettes de soleil — car oui, le soleil était avec nous de temps en temps, mais un peu timide — puis on roule cinq minutes en voiture jusqu’à Armadale, où on met les kayaks à l’eau.

C’était si chouette de se glisser à nouveau dans un kayak et de voguer sur les flots! On commence par pagayer vers le sud, passant vers les petits îlots d’Eilean Maol et Eilean Sgorach, où des phoques communs paressent sur les rochers. Dans une petite baie, on a droit à un petit cours de rappel sur les différentes techniques pour manoeuvrer et on fait des figures de 8 autour des bateaux ancrés dans la baie. Janni est satisfaite de notre technique et on continue l’aventure, retournant vers Armadale et direction le nord, pour avoir le vent dominant dans le dos.

En longeant le “sea wall” entre Armadale et Kilbeg, Erin nous apprend que les loutres utilisent les gros tuyaux de canalisation des rivières pour traverser la route par dessous, héhé — après les crapauducs en Suisse, les “otterducts” en Ecosse! 🙂

On fait une pause snack sur une petite plage vers Kilbeg, puis on passe dans le double kayak (dans lequel étaient Janni et Andy): on approche d’une section plus exposée et beaucoup plus choppy (avec des “white horses” qui galopent), et on sera ainsi plus stables.

José est à l’arrière, en charge de la navigation (il a même des pédales pour manoeuvrer un aileron). On passe devant les ruines de Knock Castle et une petite distillerie qu’il faudra qu’on visite un jour: Torabhaig.

On fait une pause pic-nic sur une autre plage, et on reprend ensuite les single kayaks. Janni trouve qu’on se débrouille très bien et qu’on est à l’aise, ça fait plaisir. Même si c’est moins exposé que le passage précédent, il y a quand même des grosses vagues, et on danse au milieu, c’est grisant! Des sternes volent et piquent, la pluie va et vient, tout comme le soleil.

Parfois, on surfe sur les vagues, plus ou moins intentionnellement. Janni encourage José à faire davantage de surf: ça nécessite de mettre le turbo pour accélérer à fond et choper le dessus de la vague. José réussit à en prendre une immense, il s’envole! Mais le surf épique se termine en bain de mer, il chavire, plouf! En voulant retenir la pagaie qui s’échappe, c’est le kayak qui s’en va, caramba! Erin vient à la rescousse, ainsi que Janni et Andy (qui sont de nouveau dans le kayak double, qu’ils surnomment le “divorce boat” ^^). José arrive à remettre le kayak à l’endroit et à se hisser dedans mais c’est si houleux que plouf, il retombe à l’eau. En s’aidant du kayak d’Erin comme soutien, il parvient ensuite à remonter. Un petit coup de pompe pour vider l’eau avant de remettre le spray deck et c’est bon, tout est bien qui finit bien, il a même encore les lunettes de soleil sur le nez (c’est vraiment bien, ces petits cordons de sécurité ^^)! 😉

On continue l’aventure et on passe devant le phare d’Isle Ornsay, qu’on avait vu en 2024 avec Stravaigin (rétrospective de ces vacances-là à venir dans environ 1000 ans ^^). J’adore repasser par des endroits déjà visités mais avec un autre moyen de transport, qui offre une perspective différente.

En contournant Ornsay, on se retrouve avec le vent de face et ça fait bien travailler les bras (et tout le reste du corps aussi, d’ailleurs!). On traverse la petite baie pour retrouver un peu de “shelter” de l’autre côté. On cherche une plage pour une pause et s’étirer les jambes, mais il y a des phoques partout, dont des jeunes, donc on garde nos distances pour ne pas les déranger. Plein de têtes curieuses sortent de l’eau puis replongent, on est observés, huhu. J’aime particulièrement quand un phoque se propulse tout droit pour mieux voir d’un peu plus haut (comme une baleine qui fait du “spy hopping”, un joueur de water polo ou même un lapin qui fait la chandelle, mais version phoque ^^).

On trouve une plage de sable libre sur la rive ouest de Loch na Dal, mais les phoques nous ont suivis et continuent de nous avoir à l’oeil. On se croirait dans le film d’animation “Song of the Sea”. 🙂

On retourne ensuite explorer le reste du sea loch mais la marée est assez basse et on manque vite de profondeur. L’eau est si claire, c’est beau. J’admire les différentes algues et les coquillages et galets colorés (turquoise, ocre, noir, gris) qui ornent le fond.

Vers 16h, après un dernier petit push face au vent, on débarque à Duisdale. Il reste encore à porter les kayaks jusqu’au van, les vider avec la pompe, retourner à la base, se changer, rincer les affaires… et voilà, cette incroyable journée de kayak touche à sa fin! On aura pagayé 20.5 km et, comme à chaque fois qu’on fait du kayak, ça nous a donné envie d’en faire bien plus souvent. Si seulement on habitait vers la côte! En attendant, on se console avec du paddle sur le lac. 😉

On est retournés à l’hostel où on a passé une soirée tranquille, car on était heureux mais très fatigués! On a mangé le dernier plat lyophilisé qu’il nous restait (on aura bien géré notre stock!) et on a regardé les photos partagées par Janni et Andy (envoyées avec une rapidité éclair!), qui m’ont bien aidée à illustrer cet article (chaque photo de José et/ou moi dans un kayak a été prise par Andy ou Janni, j’ai juste pris des photos quand on faisait des pauses à terre).

Le lendemain, c’était une journée plus tranquille. Notre seule mission: atteindre Arisaig. Et on puisqu’on avait deux heures d’attente entre chaque transport, eh bien ça a pris la journée. On a commencé par prendre le bus jusqu’au Clan Donald Centre, qu’on avait déjà visité (et adoré!) en 2016. Cette fois-ci, on y allait juste pour profiter du café (“The Stables”), dont on gardait de bons souvenirs. Pas de bol, la qualité a bien baissé en neuf ans: pas de nourriture chaude servie, plus de vraie machine à café, uniquement de la vaisselle jetable… Ce dernier point nous a particulièrement marqués pendant tout le voyage: c’est de plus en plus répandu d’être servis avec de la vaisselle jetable… c’est probablement lié à toutes les “staffing issues” depuis le Brexit, mais c’est vraiment dommage. On a quand même pris un café pas bon, puis on a marché dix minutes jusqu’à Armadale, où se trouve le terminal du ferry. On rend visite à Erin (une des guides de kayak), qui travaille le vendredi dans le “leather shop” de son oncle. José a acheté une ceinture, puis c’était l’heure d’embarquer sur le ferry pour Mallaig, pour une traversée dans un épais brouillard. C’était un peu choppy mais rien de dramatique, et le trajet est passé plutôt vite.

Dans le port de Mallaig, on revoit un beau bateau en bois déjà aperçu la veille depuis les kayaks, et on est tout contents de voir qu’il s’agit de Bessie Ellen, dont on connaissait l’existence grâce à “Going the Whole Hogg“. On a navigué dix jours sur ce voilier en juin 2026, donc ça me fait encore plus plaisir de repenser à cette rencontre fortuite!

On avait pas mal à attendre avant notre train, donc on a passé le temps à The Bakehouse, on a jeté un oeil au “Wizard shop” (juste avant l’arrivée du Jacobite Steam Train, qui a déversé son lot de Harry Potter fans), on est passés au Co-op pour acheter des biscuits… Il n’y a nulle part où patienter au sec à la gare (et il pleuvait des cordes, bien sûr), donc on se réfugie au Marine Bar, où une Américaine prend José pour un local (ce n’est pas la première fois, et je pense que la barbe y est pour quelque chose ^^). C’est un peu bruyant, il y a des mecs bien bourrés (il est 15h…) et certains vapotent même à l’intérieur, wow. Heureusement, on n’y reste pas longtemps et on embarque enfin dans notre train, pour un trajet de 15 minutes jusqu’à Arisaig.

Le train est trop long pour les quais de certaines petites gares (dont Morar et Arisaig), donc on doit sortir par les wagons du milieu, alors que nos places réservées étaient tout à l’arrière (le système pourrait prendre ce critère en compte pour l’allocation des places…). Bref, nous voici à la gare d’Arisaig, si petite et peu fréquentée qu’il n’y a ni pont ni tunnel pour traverser les voies, ça fait bizarre. ^^’ La pluie est torrentielle et horizontale, et on arrive trempés au Arisaig Hotel, haha. On avait réservé cet hôtel quand on randonnait sur le Skye Trail, et on s’était trop marrés lors du processus de réservation, qui nous demandait si on voulait un “Sir Woofchester’s doggie welcome pack”, mouhaha.

L’Ecosse et l’amour des chiens

L’accueil est très chaleureux et notre chambre plutôt cosy mais un peu dangereuse: on est sous les toits et le plafond fait plein d’angles bizarres et est particulièrement bas de mon côté du lit, je me suis assez violemment cogné le crâne, ouch. ^^ Il y a aussi de sacrés courants d’air. Les fenêtres ont du double vitrage mais les cadres ne sont pas isolés, ce qui rend le double vitrage inutile. On se repose un peu puis on va manger à 19h à The Old Library, une ancienne écruie transformée en biblio puis en auberge. C’était délicieux! On a reçu des After Eight avec l’addition, ça faisait longtemps que je n’en avais plus goûté — ça me donne l’impression de manger du chocolat tout en me brossant les dents, car la menthe rappelle le goût du dentifrice. ^^ On est ensuite allés au bar de l’hôtel car il y avait une “trad music session”, c’était très chouette!

Avant de me coucher, j’ai découvert ma première vraie cloque du voyage… sur l’annulaire de la main gauche, haha! Quand je pense qu’on a marché 1000 km sans problème, mais que c’est une journée de kayak qui m’a filé une cloque, haha. Heureusement, les Compeed pour orteils marchent très bien pour les doigts. 😉

Après une nuit plutôt bonne, on se réveille avec les branches des arbres qui se balancent dans le vent, qui souffle fort. Il y a pas mal de vagues dans la baie, alors que celle-ci est très abritée, ce qui n’augure rien de bon pour notre programme de la journée: on avait réservé un day trip sur l’île de Muck, la seule des Small Isles qu’on a encore jamais visitée. Mais pour l’instant on n’a pas reçu de nouvelles du bateau, donc on se lève comme prévu et on va prendre notre petit-déjeûner. J’ai peur d’être malade sur le bateau si je prends un Full Scottish Breakfast comme José, donc j’opte pour un truc plus léger. Je n’avais pas besoin de m’inquiéter: de retour à la chambre, on apprend que la traversée pour Muck est annulée. On est bien sûr déçus, mais pas surpris: le MET Office annonce des rafales à 60 km/h en provenance du sud-ouest, et le port de Muck est connu pour sa difficulté d’accès.

On a tout d’un coup la journée de libre et pas de plan, donc on se repose un moment dans la chambre. Les pièces de l’hôtel sont si mal insonorisées (c’est un vieux bâtiment avec beaucoup de charme) qu’on entend la musique qu’écoute la nettoyeuse dans la chambre voisine comme si on y était. ^^ Puis on se motive quand même à sortir, surtout qu’il fait plutôt beau. WalkHighlands ne propose qu’une seule marche au départ du village, donc on n’a pas à tergiverser longtemps avant de concocter notre programme. 😉 On part faire une petite boucle de 4.5 km dans le Strath of Arisaig, entre prés et sous-bois.

Il y a plein d’agneaux et de veaux, un loch (Loch nan Eala, soit le “lac des cygnes”), de beaux arbres et une atmosphère paisible.

Il fait chaud et on se balade en T-shirt. Le tracé se termine sur une mini route, la Rhu Road, qu’on avait empruntée en 2023 pour aller faire du kayak de mer, huhu. On a de belles vues sur la baie et on admire les vagues créées par le vent — et on voit bien comment elles s’atténuent dès qu’elles atteignent les zones d’algues.

On va ensuite visiter le “Land, Sea and Islands Visitor Centre”, un petit musée local gratuit et très bien fait. Outre les infos et objets liés à la vie des crofters et pêcheurs et à l’histoire naturelle, il y a toute une partie dédiée à la Deuxième Guerre Mondiale, car Arisaig a joué un rôle important en tant que lieu secret de formation pour le SOE, the Special Operations Executives. Des volontaires en provenance de tout le Royaume-Uni, de France, Norvège et Tchécoslovaquie venaient ici pour acquérir plein de compétences (survie, sabotage, combat, utilisation d’explosifs, “silent killing”, arts martiaux, etc.) avant de partir sur le Continent pour saboter les infrastructures utilisées par l’armée allemande, quelle histoire!

Bref, après avoir appris plein de trucs fascinants dans ce petit musée (qui fait aussi office de biblio et propose des activités pour les enfants), on est prêts pour une bonne part de cake bien décadente. Sauf que malheureusement, on n’en trouve pas (ça aura été une des tragédies de ces vacances: on trouve de plus en plus difficilement des gâteaux dans les cafés :/), donc à la place on a mangé un vrai lunch au café Sound Bites, où on a pu se consoler en faisant des papouilles à un magnifique border collie très affectueux, héhé. 🙂

On s’est reposés le reste de l’après-midi (on était étonnamment fatigués) avant de manger au restaurant de l’hôtel. C’était délicieux mais on a beaucoup trop mangé, on a même eu de la peine à remonter les escaliers jusqu’à la chambre, haha!

Et voilà, c’est la fin de cet article à rallonge! Dans les prochains, je vous parlerai de nos quelques jours à Glasgow, avant la vraie fin du voyage.

P.S. Le titre de cet article se réfère à une chanson de Skipinnish.

Scot25#52 Reaching the end

Bonjour!
Aujourd’hui, je vais vous raconter notre toute dernière journée sur le Skye Trail, de Camas Malag à Broadford. Une journée relativement courte et peu spectaculaire, mais bien quand même! 😉

On a bien dormi malgré la pluie et le vent, mais on a quand même traîné un peu (tout est relatif, on a commencé à plier les affaires vers 7h40) car la pluie ne nous motivait pas à sortir.

La météo annonçait des précipitations toute la matinée, mais finalement c’était surtout de la bruine — même que ça mouille quand même, surtout que mon pantalon de pluie était alors dans un piteux état, avec plein de trous le long des coutures. ^^

Le tracé nous fait passer par deux ruines de villages victimes des Highland Clearances: Suisnish et Boreraig.

Entre les deux villages, le sentier nous fait descendre sur une plage rocailleuse, aux grosses roches noires impressionnantes, et passer devant deux belles cascades.

Comme souvent, on est épatés de trouver des arbres et des moutons même dans les coins les plus escarpés. On scrute la côte dans l’espoir de voir une loutre, mais on aura “juste” observé des oiseaux, dont des sternes plongeant à pic pour pêcher, des goélands, gravelots et bécasseaux, des huîtriers-pies, tariers, coucous (juste entendus, comme souvent), hérons, et même un fou de Bassan. On tombe aussi sur nos premiers chardons en fleur de la saison, si vifs!

On s’éloigne ensuite de la côte et passe devant d’anciennes carrières de marbre où paissent désormais vaches et moutons. On suit la “Marble Line”, une ancienne voie ferroviaire (fermée en 1912) qui reliait plusieurs carrières à Broadford. Le marbre de Skye était apparemment très recherché et a été utilisé à Iona Abbey et Hamilton Palace (au sud-est de Glasgow), entre autres endroits — certains disent qu’il y en a aussi au Vatican et à Versailles, mais c’est peut-être une légende.

Alors qu’on avait un très bon rythme jusque là, on commence à souffrir à seulement 2 km de l’arrivée: nos épaules tirent, José a mal aux malléoles, et ma chaussure droite détruite frotte la peau vers ma cheville, ouch. Mais il nous reste juste un petit tronçon de route, puis nous voici à Broadford, l’arrivée du Skye Trail, héhé!

Il n’est même pas 14h (heure du check-in pour le camping) donc on va se poser au Café Sia pour un Thistly Cross Cider et une pizza au feu de bois, yum! On recroise le Japonais rencontré à Elgol et les Allemands de Camasunary.

On est crevés, donc on se rend ensuite au camping de Broadford, à l’accueil très chaleureux. La réceptionniste rigole qu’on n’a pas l’air d’avoir juste fini le Skye Trail (elle nous a demandé si on venait d’arriver sur l’île), car on a l’air trop en forme et jovial, mouhaha! On l’avait déjà entendu sur le Cape Wrath Trail, qu’on avait l’air de trop bonne humeur et pas assez fatigués. ^^’

On plante la tente et on aère nos affaires qui sentent le mouton (notre bivouac de la veille était dans un coin miné de crottes, c’était pungent ^^), avant de se reposer un peu. Le soir, on a marché jusqu’à l’autre bout de Broadford pour manger au resto The Claymore, où on a passé une super soirée.

Le lendemain, on s’est octroyé un jour de repos/shopping! On voulait faire la grasse mat’, mais bien sûr on était réveillés dès 7h30. ^^’ On voulait prendre notre petit-déjeuner à un food truck voisin, mais c’était fermé — on n’était pas trop surpris, on a appris à ne pas faire confiance aux heures d’ouverture annoncées sur Google maps.

A la place, on a atterri au Kitchen Market, un genre de “crafts village” (ambiance marché de Noël sans Noël) hyper sympa, avec des boutiques artisanales et un café servant de délicieux morning rolls et du bon café (de Skye Coffee Roasters, un torréfacteur local qu’on voit partout sur l’île).

Une fois repus (on avait la dalle malgré le repas gargantuesque de la veille), on fait le tour des boutiques de Broadford. J’achète de la crème pour ma peau toute sèche, un chouchou en tartan, et je craque aussi pour une jolie petite broche celtique, dénichée dans un atelier de filage de laine.

On souhaite ensuite tester la deuxième pizzeria de Broadford: Gasta. Un imposant panneau sur la route indique que le resto sert aussi des petits-déjeuners, donc on se dit qu’il doit déjà être ouvert (il est 11h25). Bah non, raté, il ouvre à midi. On se replie donc sur le Coffee Bothy, qu’on voulait tester aussi de toute façon. Pas de bol, il est fermé le mercredi. ^^ On attend donc l’ouverture de Gasta… sauf qu’en fait ils ne font pas de pizzas ce jour-là (pour une raison inconnue), donc on a juste le choix entre lasagne ou mac’n cheese. Bref, on a pris la lasagne mais ce n’était pas extraordinaire. Pour le café/dessert, on bouge chez GTs, un tout nouveau café que voulait tester José (il les choisit en fonction des photos de machine à café sur Google maps, mouhaha). Jackpot, c’était super sympa, les proprios étaient marrants, le mocha délicieux, et on a mangé le savoureux “1st attempt at Oma’s apple pie”, haha. Très bon, et servie avec une “handmade Italian cream” à tomber!

José est reparti avec des grains de café, puis on a encore dû faire quatre magasins en quête de bougies Isle of Skye au parfum “island whisky” — on en avait vu plein toute la journée, mais on voulait initialement les acheter directement à l’Isle of Skye Candle Company, sauf que le shop était fermé, sans explication. Décidément! ^^’ Bref, après avoir enfin trouvé tout ce qu’on voulait, on est repassés pour récupérer nos sacs, qu’on avait laissés à la réception. On recommande vraiment le camping de Broadford: des pitches bien plats, un abri pour les campeurs, des bonnes douches… et en plus il est géré par la communauté, sans but lucratif. Les gérants étaient d’ailleurs contents de récupérer nos restes de gaz, qui seront utilisés à leur “Forest school”, trop stylé — on ne pouvait pas voyager avec, donc c’était win-win!

Puis on a pris le bus local direction la péninsule de Sleat. C’était l’heure du “school run” des écoliers: le bus était rempli d’ados, tous habillés en noir (uniforme ou mode?), avec des sacs à dos noirs, quelques instruments de musique et affaires de shinty, héhé! On descend à Kilmore, où se trouve le Flora MacDonald Hostel, notre toit pour les deux prochaines nuits. On est accueillis par deux poneys (qui paissent dans un pré avec vue sur le Sound of Sleat, quelle chance!) puis un employé qui nous fait visiter les lieux. Le soir, on a préparé un bon plat réconfortant de polenta et sauce aux champignons, que José portait depuis le début du voyage, haha. Avec la fin du trekking, on sentait la fin du voyage qui approchait, mais il restait encore plein de belles choses à vivre!

A bientôt pour la suite! Le récit du Skye Trail est terminé, mais il me reste à relater nos derniers jours en Ecosse. 😉

[Distance Jour 8: 16.5 km et 410 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 135.8 km]

Scot25#51 Belles rencontres

Bonjour!
Je reprends la rétrospective du Skye Trail, avec une septième journée riche en belles rencontres.

Après une nuit plutôt bonne, on s’active vers 7h22, et à 7h50 tout est déjà packé et on est devant le Café Elgol (ouvert depuis 2 mois seulement) à attendre l’ouverture (à 8h), en compagnie d’une retraitée anglaise (le pied dans le plâtre) et d’un Tokyoïte qui fait aussi le Skye Trail. On avait tellement envie d’un bon petit-déjeuner dans un café (rien de tel que la promesse de nourriture pour nous motiver à nous lever), et on a bien fait de venir tôt, car c’était tout petit à l’intérieur — mais très cosy. On a pris des mochas et des morning rolls (avec bacon, Lorne sausage et pain ciabatta, yum!), suivis d’une part de cake au nutella, un peu doux mais merveilleusement moelleux (et avec de la glace vanille maison à tomber)!

La proprio du café est hyper sympa. Après le rush du lundi matin (lié au départ du groupe de randonneurs guidés), elle s’est posée pour discuter et on s’est bien marrés, elle avait un super sens de l’humour. On a fini par passer plus d’1h30 au café, haha! Puis on a pris deux sandwiches et un flapjack à l’emporter et on a enfin commencé à marcher.

Une single track road (étonnamment courue alors qu’elle mène à un cul-de-sac) nous fait passer devant de belles maisons à Glasnakille, avec vue sur la péninsule de Sleat.

Puis on se retrouve face à de belles Highland coos le long d’un sentier boueux. Ce sont les premières qu’on voit du voyage (excepté un petit troupeau vu de loin depuis le bus entre Inverness et Portree)!

La lumière est changeante et extraordinaire, illuminant des pans de mer et des bouts de montagnes.

En atteignant Kilmarie, les couleurs vers Loch Slapin nous émerveillent. L’eau est bleu turquoise et contraste avec l’ocre des algues à marée basse, le vert vif des collines et le gris-bleu des sommets dans les nuages.

Il y a des averses régulières mais courtes, qui font ressortir encore plus vivement les couleurs du paysage: le rose des digitales et centaurées, le jaune des boutons d’or, le vert du bracken.

Au-dessus d’une colline, on aperçoit un immense oiseau à la queue blanche: un pygargue, wow! C’est notre première observation de ces vacances. On a aussi croisé le chemin d’un jeune merle et de plein de pinsons.

On abandonne les gros sacs pendant un moment pour faire un petit détour jusqu’à Dùn Ringill, les ruines d’un château qui avait été construit sur le site d’un ancien broch.

Le chemin pour l’atteindre passe par une forêt bucolique aux arbres couverts de mousses, lichens et fougères. Je suis sûre que des trolls et des fées y vivent! 😉

Puis on bataille dans le bracken (qui nous arrive aux aisselles) jusqu’aux ruines, qui sont effectivement sacrément en ruine, haha.

On explore le lieu, plutôt cool, avant de manger nos délicieux sandwiches en admirant la vue.

Puis on remarche le kilomètre nous séparant de nos sacs et José nous dégote une alternative sur OS maps qui nous fait vadrouiller plus longtemps dans les bois et moins sur le tarmac, yiha!

Les tapis de mousses sont impressionnants, et on passe même par une stile de champions, immense, pour permettre de franchir une “deer fence”.

Le trail nous mène ensuite à Keppoch, une des premières victimes des Clearances (44 familles évincées et envoyées pour la plupart en Australie…), qui est désormais une ancienne plantation où un projet de renaturation est en cours.

Un chouette sentier dans la forêt nous fait arriver au parking pour Blà Bheinn, où on discute avec une locale très sympa qui est là pour nettoyer les toilettes publiques. Elle nous parle de la difficulté accrue pour les visiteurs de trouver des B&Bs maintenant que les exigences légales ont augmenté et sont devenues trop compliquées pour plein de dames âgées qui louaient des chambres pour arrondir leurs fins de mois (le principe d’origine des B&Bs et AirBnB). Elle nous demande où on dort ce soir et nous confirme que le coin qu’on a en tête est un bon spot, chouette.

Puis l’itinéraire prévoit 5 km de “road walking”, sous la pluie qui reprend de plus belle. On voulait tenter de faire du stop pour skipper ce bout, mais avec peu d’espoir… eh bien finalement ça a roulé comme sur des roulettes! 😉 La première voiture qu’on croise nous prend, victoire! C’est un couple italien en vacances, très sympa, qui nous a déposés juste après Torrin et nous a bien avancés! Il pleut encore mais on est tout contents d’avoir évité plus d’une heure de marche sur le bitume. Il nous reste à peine 2 km jusqu’à Camas Malag, une petite baie avec de l’herbe bien rase.

Le vent a commencé à souffler super fort pile au moment de planter la tente, c’était sportif. Mais une fois dans la tente avec un bon chocolat chaud, notre bulle de cosiness est restaurée. 🙂 Il y a du réseau, donc on en profite pour organiser quelques trucs pour la fin du voyage, avant de manger un bon plat et de dormir.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui! A bientôt pour le récit du dernier jour sur le Skye Trail.

[Distance Jour 7: 16.7 km et 542 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 119.3 km]

Scot25#50 Wandering under rain and sun

Bonjour tout le monde!
Il y a une semaine, José et moi sommes rentrés de deux superbes semaines de vacances en Ecosse. J’ai trop hâte de vous raconter tout ça, mais d’abord il faut que je finisse cette rétrospective 2025, alors c’est parti pour la suite du récit du Skye Trail! 😉

On a très bien dormi au coeur de Glen Sligachan, malgré le spot un peu “wonky” et la pluie qui a débarqué durant la nuit. Vu qu’il pleuvait et qu’on avait peu de kilomètres à parcourir ce jour-là (et, qu’en plus, c’était dimanche ^^), on a fait un peu la grasse mat’ et c’était très chouette.

Un rayon de soleil qui chauffe la tente entre deux averses nous motive quand même à nous activer. La lumière dans le Glen est superbe, très changeante, tout comme les nuages qui recouvrent les pics, nous laissant juste les apercevoir de temps à autre.

La pluie a transformé le paysage — comme dans le Knoydart lors de notre CWT, on est épatés par la vitesse à laquelle l’eau métamorphose les lieux: des burns et cascades dévalent les pentes des montagnes, la rivière Sligachan est désormais bien en eau (on ne voit même plus ses bancs de gravier rouge) et même le sentier se prend pour un cours d’eau. Le retour de la pluie marque aussi le retour des crapauds sur le sentier. 🙂

On a vite les pieds mouillés (surtout que la pluie a repris pile quand on a commencé à marcher, vers 11h) mais on se sent bien. C’est le retour des “river crossings” et il y en a juste un qui ne me plaît pas trop, avec des rochers un peu hauts, mais je m’en sors et les traversées suivantes sont bien plus faciles.

La pluie décide même de faire une pause et laisse l’opportunité au soleil de nous rendre visite. Wow, on s’émerveille devant la lumière qui fait briller les roches lisses et mouillées (les “slabs of gabbro”) des flancs de montagnes et qui illumine les plages des lochs.

Bog Asphodel

Puis on débouche sur Camasunary Bay et le vent nous frappe de plein fouet. On voit Soay pas loin (une île que je rêve de visiter un jour depuis ma lecture du mémoire d’Anne Cholawo: Island on the Edge: A Life on Soay), ainsi que Rùm (aux Cuillins dans les nuages, comme d’hab), Eigg et même Muck, un peu hazy dans le lointain.

Il y a trois bâtiments face à la baie, dont une maison privée et un bothy. On s’abrite dans ce dernier pour manger notre porridge et on discute avec les quatre autres personnes présentes, dont deux Allemands qui font aussi le Skye Trail (mais eux veulent dormir au bothy et faire l’option via Blà Bheinn, qui coupe par la montagne plutôt que de suivre la côte).

Le bothy de Camasunary est très spacieux et sympa, et il y a même des toilettes sèches pas loin, quel luxe! Les autres randonneurs hésitent avec leurs options d’itinéraire et se posent des questions sur les prévisions météo, donc on commande un “weather forecast” avec le Garmin InReach (il n’y a pas de réseau): ouf, c’est censé s’améliorer, avec peu de pluie pour le reste de la journée, et moins de vent.

Puis on dit au revoir et on s’engage sur le sentier côtier pour Elgol, réputé très “aérien” — le guide met en garde qu’il y a eu des “fatalities” et qu’il faut “take great care”.

Il y a effectivement des passages érodés mais franchement ça allait, je n’ai même pas eu le vertige. Comme pour le passage des Falls of Glomach sur le CWT, le guidebook fait bien plus peur que la réalité. ^^’

C’était même plutôt un très beau sentier, parfois escarpé et avec des passages boisés inattendus — ces arbres sont vraiment forts pour réussir à pousser sur ce flanc de falaise battu par les vents!

Belle surprise: un bouvreuil pivoine est venu se poser sur une branche à deux mètres de moi, avant de repartir aussitôt. Je n’en avais jamais vu d’aussi près, ça m’a fait super plaisir! 🙂

On passe par la baie de Cladach a’ Ghlinne, au bout de Glen Scaladal. Ça souffle fort et, comme à Camasunary, la plage de gros galets est jonchée de déchets échoués, arf. On croise une jeune Espagnole qui fait le Skye Trail du sud au nord et vient de planter sa tente. Elle a l’air inquiet et nous demande si on connaît les prévisions météo, donc on la rassure que c’est censé se calmer.

Puis on continue le long de la côte. Derrière nous, on aperçoit quelques pics des Black Cuillins entre les nuages et on devine l’entrée de Loch Coruisk, tout juste hors de vue. Devant nous, les Cuillins de Rùm sont dégagés pendant quelque temps, et on voit désormais l’île de Canna, yeah! 🙂

Les couleurs sont magnifiques, entre le vert vif de la côte herbeuse et le bleu tempête des montagnes. Le sentier lui-même est splendide, avec des motifs incroyables sur les roches.

On continue à longer Loch Scavaig, dont le nom serait une variante du mot Scot stravaig, signifiant “to wander with no particular intent, to roam; explore, experience” — c’est d’ailleurs aussi l’origine du nom du voilier sur lequel on avait vogué en 2024: Stravaigin (rétrospective de ces vacances à venir dans environ 1000 ans ^^).

Un peu après 17h, on atteint le petit hameau et port d’Elgol. On passe devant un B&B avec un panneau “vacancies”, on n’y croit pas (car on avait regardé la veille s’il y avait des options d’hébergement)! Et effectivement, le panneau n’est pas à jour (ce qui remet un peu en cause son utilité ^^), c’est bien complet, haha. Mais le proprio, sympa, nous confirme qu’on peut camper au bord de la rivière Allt Port na Cullaidh, pas loin des toilettes publiques (payantes, 50p.). Le coin est sympa, et déjà bien prisé. Il y a notamment un groupe de cinq tentes identiques, et un mec nous prévient que 20 personnes s’apprêtent à arriver — il s’agit d’un groupe de Français qui font le Skye Trail guidé et avec transfert de bagages, du sud au nord et en cinq jours (en sautant la section entre Broadford et Elgol). Tant pis, on a déjà commencé à planter la tente et, de toute façon, il n’y a pas vraiment d’autres spots à proximité. On finit de pitcher la tenter juste avant un bref retour de la pluie et on mange un délicieux Chili con Carne d’Expedition Foods qui nous réchauffe de l’intérieur. 🙂

Notre spot à Elgol, avant l’arrivée d’un grand groupe guidé

Et voilà, c’était encore une belle journée sur le Skye Trail, malgré le retour tonitruant de la pluie le matin! C’était une petite journée en termes de distance et dénivelé, donc on a bien pu profiter de se reposer et d’admirer les paysages magiques de ce coin de Skye. D’ailleurs, on a désormais une illustration d’Elgol dans notre salon, réalisée par David Fleck et achetée à Edimbourg à la fin de notre voyage. J’adore le travail de cet illustrateur, et José a aussi un T-shirt avec un de ses dessins.

Autre recommandation: José et moi venons de découvrir la chaîne d’Elli Hikes, une YouTubeuse qui fait plein de treks avec son chien, Otto. On aime bien regarder des vidéos de treks qu’on a déjà faits quand la nostalgie nous guette, et l’algorithme YT a géré en nous suggérant les vidéos d’Elli! Elle a notamment marché le Skye Trail en avril 2025, sous un soleil incroyable, et c’est chouette à regarder. 🙂

[Distance Jour 6: 13.5 km et 391 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 102.6 km]

Scot25#49 A fine detour to Sgùrr na Stri

Hello!
C’est parti pour la suite de la rétrospective du Skye Trail, que je reprends lors du solstice d’été, qu’on a commencé à Sligachan. 🙂

On n’a pas très bien dormi au camping de Sligachan, à cause d’un groupe qui a fait beaucoup de bruit jusqu’à 2h30 du mat’, c’était pénible. Le matin, on a donc commencé par boire un mocha (la réception du camping a une vraie machine à espresso!) et manger un muffin avant de plier la tente et partir sans stress à 9h. Malgré le boucan nocturne, c’était un bon camping, on a même pu charger nos batteries — par contre on entendait aussi pas mal la route.

On traverse la rivière Sligachan sur le fameux vieux pont de pierre (construit entre 1810 et 1818 par Thomas Telford), on passe les statues de Collie et MacKenzie (deux alpinistes célèbres), puis on s’enfonce dans Glen Sligachan.

L’air est lourd et il fait de plus en plus chaud à mesure que le ciel se bouche, les nuages formant un couvercle au-dessus de nos têtes.

Sur notre gauche se dressent les Red Cuillins, et sur notre droite, les Black Cuillins, avec leurs pics acérés.

Vers 11h, on plante déjà la tente. On a en effet des plans qui dévient du Skye Trail: gravir Sgùrr na Stri, un petit sommet de 494 m réputé pour ses vues incroyables.

On laisse dans la tente les affaires dont on n’a pas besoin et on prend juste l’essentiel dans mon sac à dos: snacks, eau, Garmin InReach, waterproofs, lampe frontale, couverture de survie… et, bien sûr, Hallival, notre nouveau compagnon mouton! 😉

José porte le sac et moi juste la banane avec l’appareil photo, je me sens si légère!

On monte d’abord jusqu’à un col proche de Sgùrr Hain, d’où on voit le beau loch a’ Ghoire Riabhaich et déjà un petit bout de Loch Coruisk, héhé! (Ça faisait des années que je rêvais de venir dans ce coin, soit en marchant, soit en bateau jusqu’à Loch Coruisk, donc j’étais vraiment trop contente!)

Au lieu de rallier le loch, on emprunte un autre sentier qui descend un peu puis remonte pour atteindre Sgùrr na Stri. On croise quelques autres personnes en montant mais on a le sommet pour nous tout seuls, et on y passe un bon moment. On se pose sur un des nombreux “slabs of gabbro” (la géologie du coin est ouf!) pour grignoter des noix et avaler une barre de céréales en admirant le paysage.

Comme attendu, les vues sont incroyables, malgré les nuages qui dissimulent un peu les sommets alentour. Ça ajoute un peu d’atmosphère “moody” aux Black Cuillins.

On surplombe d’environ 490 m “the Bad Step”, un passage rocheux notoirement scabreux le long de Loch Scavaig, et Loch Coruisk est visible en entier en contrebas. Il y a quelques bateaux et kayaks au bout de Loch Scavaig. L’eau a des teintes turquoise, c’est si beau. Des taches de soleil se déplacent rapidement à la surface, reflets de la course des nuages qui viennent envelopper les pics de la Cuillin Ridge.

Côté mer, on devine l’île de Rùm (mais pour qu’Hallival puisse voir la montagne dont il porte le nom, il faudra qu’on repasse un jour moins nuageux ^^) et on discerne tout juste Eigg, avalée par la brume. Par temps dégagé, on est censé voir jusqu’à Mull, mais ce n’était malheureusement pas le cas ce jour-là.

Depuis le “vrai sommet” de Sgùrr na Stri, on voyait bien Loch na Crèitheach, qu’on a longé le lendemain, et la baie de Camasunary. On apercevait aussi Elgol et la péninsule de Sleat au loin, mais c’était pas mal hazy.

Le nom anglais de Sgùrr na Stri est “Peak of Strife”. D’après une légende locale, c’était le lieu de vieilles disputes territoriales entre des clans, car la montagne représentait une frontière stratégique entre différents territoires.

Malgré les vues pas optimales, on ne regrette ce petit détour: c’était vraiment beau et ça faisait du bien de marcher un peu sans les gros sacs!

Le spectacle des nuages et du vent est également grandiose: des nuages dansent sur les crêtes et couvrent Blà Bheinn, d’autres sont poussés par le vent depuis la vallée et volent au-dessus du col sur le chemin du retour, c’est hypnotisant.

On croise un groupe de quatre Britanniques qui veulent rejoindre Camasunary mais ne sont pas sûrs de l’itinéraire, donc on sort la carte pour regarder les options avec eux. On croise aussi plein de petites bêtes: des papillons et moths, des coléos et des libellules (à quatre taches et des cordulégastres).

Le reste du retour jusqu’à la tente est un peu laborieux: il fait tellement chaud et lourd, on fatigue et on marche un peu en pilote automatique. On se rince dans un petit burn, ça fait du bien même si l’eau n’est pas si froide. On retrouve le Lochan Dubha, illuminé par instants par des rais de lumière qui balaient le glen, c’est magique.

Ce spectacle de lumière nous donne l’énergie nécessaire pour les derniers mètres avant de retrouver la tente, “tucked in” pas loin du sentier et entourée de bruyère en fleur.

José part chercher de l’eau à un burn (elle est si bonne et claire!) pendant que je gonfle le matelas (rapido, grâce au vent). On observe un faucon qui chasse un passereau dans une bataille aérienne frénétique et sans merci, wow.

On a ensuite mangé un délicieux poulet au curry korma d’Expedition Foods, suivi d’un chocolat chaud et de chocolate digestives en dessert, yum.

On a gardé toutes les écoutilles de la tente ouvertes pour que la brise nous rafraîchisse, et je me suis assoupie alors que j’étais en train d’écrire dans le carnet, avant de me réveiller vers 21h et de lire un peu avant de dormir, comme José.

Hallival dans la bruyère

On se sentait bien fatigués mais c’était une très bonne journée. Et c’est ainsi qu’on s’est endormis heureux, dans le calme de Glen Sligachan, après avoir enfin pu admirer “one of the finest views in Britain”. 🙂

[Distance Jour 5: 19.8 km et 880 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 89.1 km]

Scot25#48 Feeling hot, hot, hot

Bonjour!
C’est parti pour la suite de la rétrospective du Skye Trail. 🙂

Nous avons passé une bonne nuit à Fiurnean, je me suis juste levée à 2h20 pour un petit pipi (la faute aux électrolytes bus le soir, et à mon âge de plus en plus avancé, sans doute! ^^) et j’ai pu admirer un croissant de lune en feu, c’était magique. On sent qu’on approche du solstice, la nuit n’est pas très obscure. J’ai ensuite mis deux heures à me rendormir mais je ne me sentais étonnamment pas fatiguée. On a quand même repoussé le réveil à 7h30, avant de plier bagages sous un grand soleil.

La marche jusqu’à Portree était splendide, toujours le long de la côte, avec ce beau Ben Tianavaig qui donne des airs de fjord scandinave à la baie.

On voit plein de choucas, des corneilles mantelées, des étourneaux et même un grand busard majestueux (voire un petit aigle?).

Moins cool, on voit aussi une grosse “fish farm” avec plusieurs bateaux qui s’activent autour (en faisant des bruits d’hélicoptère). Durant la Diagonale, j’ai lu “The Black Loch”, de Peter May, qui parle notamment des impacts environnementaux désastreux de ces piscicultures en eaux libres. Plus récemment, j’ai aussi lu “The Last Sunset in the West – Britain’s Vanishing West Coast Orcas” de Natalie Sanders, qui parle du déclin de la communauté d’orques vivant entre l’Irlande et l’ouest de l’Ecosse. Elle y parle, entre autres pressions, du risque posé par les “répulsifs acoustiques” utilisés par ces élevages et qui visent à éloigner les prédateurs tels que les phoques, mais causent aussi plein de problèmes aux cétacés.

On a un très bon rythme et on avance plus vite que ce qu’on pensait, malgré les montées/descentes et la bogginess. On commence à longer la baie de Portree. Prés fleuris, sous-bois… c’est vraiment très sympa.

On passe de plus en plus de gens et de bancs, signe qu’on approche de Portree.

On y arrive vers 11h et on enchaîne des petites courses pour faire le plein de snacks. On a goûté des boissons “Whole Earth”, la marque de notre peanut butter préféré, et c’était vraiment bon et rafraîchissant, parfait par ces grandes chaleurs.

On s’est ensuite posés au café Summer — c’était vraiment de circonstance, vu l’ambiance estivale, avec plein de gens en robes et shorts — pour un bon mocha, un sandwich focaccia et un cookie un peu trop sucré.

On réserve un taxi pour 13h, pour sauter une partie des 14 km de “road walking” que comporte l’étape suivante. Le chauffeur a 40 minutes de retard, mais on n’est pas pressés, on se pose vers le square, où des enfants font un concert de musique écossaise à la flûte (on apprend qu’ils ont congé le vendredi après-midi, sympa). Je fais aussi un petit tour dans une boutique, où je trouve des peluches de moutons “Black Face”, avec les cornes. J’en avais vu une en 2022 à Oban et j’avais vraiment regretté de ne pas l’avoir achetée pour agrandir mon troupeau de moutons en peluche, donc cette fois-ci, je n’ai pas hésité, surtout qu’il y en avait une petite, “backpacking size”. On a prénommé notre nouveau compagnon laineux “Hallival”, du nom d’un sommet de Rùm gravi en 2023. 🙂

Puis notre chauffeur de taxi arrive enfin et nous conduit direction The Braes, un lieu important de l’histoire de la lutte des Crofters pour leurs droits. On ne regrette clairement pas notre choix d’avoir skippé cette section: que de la route au soleil, sans franchement de vues. Le taxi nous dépose vers Gedintailor, un peu avant la fin de la route, pour qu’on puisse faire un petit détour par Camas a’ Mhór-bheòil, une jolie plage.

On fait le tour de la mini péninsule, d’où on voit bien le ferry pour Raasay, juste en face. Il y a plein de cormorans sur des petits falaises et stacks, et la côte doit être chouette à explorer en kayak, avec quelques grottes.

Il y a plein de digitales immenses, ployant sous le poids des fleurs et ajoutant des touches roses au paysage, comme la bruyère de plus en plus fleurie.

On marche ensuite 2 km sur la route (comme on est contents de ne pas avoir fait les 12 km précédents!) avant de rejoindre un sentier mi-boggy, mi-caillouteux le long de loch Sligachan.

Il fait si chaud! A un moment, une petite cascade au milieu de quelques arbres offre une oasis de fraîcheur bienvenue.

On guette les rives du loch, en quête de loutre ou phoque, mais on voit juste un canoë et un groupe d’oies cendrées. On fatigue, malgré la “petite” journée, et on est contents d’atteindre le bout du loch, où des moutons paissent au milieu du sea pink des marais salants.

Encore quelques traversées de burns et de boggy pools et nous voici au camping de Sligachan, où on retrouve les Gallois rencontrés sur la Trotternish Ridge.

Après une bonne douche, on mange des tacos au food shack du camping, yum! Puis on n’a pas fait tard, on était pas mal crevés, mais heureux de cette belle journée ensoleillée!

Bye et à bientôt pour la suite!

[Distance Jour 4: 18.8 km et 389 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 69.3 km]

Scot25#47 Up and down, all the time

Hello et bienvenue pour la suite du récit de notre semaine sur le Skye Trail en juin 2025. On continue la rétrospective avec une superbe mais intense journée (c’était notre 2e jour d’affilée à plus de 1000 m de dénivelé positif). 🙂

Durant notre nuit en contrebas de Beinn Edra, nous avons été enveloppés dans un épais brouillard — Skye porte bien son surnom de “Misty Isle”. Je n’ai pas très bien dormi, donc on a repoussé un peu le réveil mais on a quand même réussi à tout plier pour 8h30, sans se presser.

Le ciel était encore bien nuageux durant la matinée, dissimulant des sommets de la Trotternish Ridge, mais on a malgré tout eu droit à de splendides vues et quelques belles lumières!

La géologie du coin a créé des paysages vraiment fous: falaises à pic couvertes de mousses, méandres de rivières en bas, cirques montagneux, cuvettes herbeuses, pics rocheux…

L’itinéraire du jour était simple à suivre: le long de la crête, gravir une colline, descendre de l’autre côté, gravir la suivante… avec des pentes toutes plus raides les unes que les autres, bien sûr. 😉

Ça m’a inspirée pour une petite chanson sur l’air de “The Wheels on the bus”:

♫ The hikers on Skye go up and down,
up and down, up and down.
The hikers on Skye go up and down,
all the time! ♫

On a croisé deux Gallois rencontrés la veille, qui avaient campé un peu avant nous sur la Ridge. Ils étaient très sympas et on les a revus plusieurs fois durant la journée. Du côté des rencontres à plumes, on a vu un beau faucon crécerelle. 🙂

On se pose au sommet de Sgùrr a’ Mhadaidh Ruaidh (593 m) pour notre “second breakfast” (= porridge), durant lequel on est rejoints par un peu de bruine et quelques midges, l’arnaque! 😉

Un peu plus loin, on atteint le sommet le plus haut du jour: Hartaval (668 m). Des sources d’eau semblent émerger directement de la mousse, c’est magique.

Puis on arrive en contrebas du Storr et on rejoint son Old Man. Comme prévu, il y a foule, et c’est une expérience bien différente de notre première visite, en 2016, quand on avait découvert le Old Man of Storr au lever du soleil, dans un cadre paisible et magnifique.

On ne s’attarde pas et on descend le long chemin jusqu’au parking, croisant la foule qui monte et survolés par plusieurs drones. On retrouve aussi les Gallois, qui ont décidé de faire du stop depuis le parking pour pouvoir dormir à Portree ce soir.

Au parking, on fait le plein d’eau et on s’octroie une pause vers une “Coffee shack” à deux pas de là: cappuccino, brownie, blueberry muffin et même carrot cake (celui de trop, un peu écoeurant). Le tout en admirant la vue désormais parfaitement dégagée sur les montagnes de Torridon, wahou!

Puis c’est reparti: on longe un bout de Loch Leathan sur une petite route qui nous amène vers la mini usine hydroélectrique de Bearreraig, d’où la vue est bien belle: falaises couvertes d’arbres (balèzes!), superbe baie, ruine de bothy.

C’est un coin connu pour les fossiles, mais on a la flemme de descendre jusqu’à la plage donc on se contente de l’admirer depuis en haut. Les couleurs sont superbes: digitales roses, roches ocres, végétation d’un doux vert, eau bleu profond… 🙂

On enchaîne avec une section “pathless” dans la tourbière, qui inspire la suite des paroles de ma chanson du jour, toujours sur l’air de “The Wheels on the bus”:

♫ It’s time for another slog through the bog,
through the bog, through the bog.
It’s time for another slog through the bog,
yes, it’s time! ♫

Je peine un peu au début car j’ai hyper mal à la tête, comme un début d’insolation. Mais un paracétamol, la belle lumière et le paysage me font vite aller mieux. C’est si beau!

Le Storr dans notre dos, les îles de Rona et Raasay au soleil sur notre gauche, les Cuillins dégagées au loin, les montagnes du mainland… Toute cette beauté nous fait chanter de bonheur (sur le soundtrack du film “A Knight’s Tale”, notamment)!

Après une ultime pente raide, on atteint Fiurnean, une splendide colline peuplée de moutons Black Face (et de bourdons, syrphes et moths!). On admire Ben Tianavaig un peu plus loin, qui garde l’entrée de Loch Portree, d’où émerge tout d’un coup un énorme bateau de croisière. On ne s’attendait pas à le voir là!

On plante la tente, et il fait si bon qu’on passe la soirée avec toutes les “portes” ouvertes, c’est si agréable!

Le “chicken rice with vegetables” d’Expedition Foods est testé et approuvé, puis on profite d’avoir du réseau pour réserver quelques trucs pour la fin du voyage.

Il faisait tellement beau, j’ai pris un nombre très exagéré de photos de notre campement, haha. On a presque tenu jusqu’au coucher du soleil (vers 22h30) puis on s’est couchés, accompagnés par le bêlement des moutons, les sifflements plaintifs des pluviers dorés et le chevrotement des bécassines.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui. C’était vraiment une de mes journées préférées sur le Skye Trail, et la météo complaisante n’y était sûrement pas pour rien! 😉

A bientôt (j’espère) pour la suite!

[Distance Jour 3: 22.9 km et 1058 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 50.5 km]

Scot25#46 A Landscape of Lava

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective de notre semaine sur le Skye Trail. Je reprends le récit à Flodigarry, où nous avons passé une nuit bien reposante à l’hôtel suivie d’une merveilleuse journée sur Skye. C’est fou, comme un peu de repos et de nourriture font toute la différence!

On a très bien dormi dans le cottage de Flora MacDonald puis on a mangé un bon petit-déj’: porridge / granola et un bacon-black pudding-crumpet stack / mushrooms on toast. C’était délicieux, mais plutôt léger. Ces restos “gastronomiques” ne satisfont pas nos appétits de randonneurs (dommage, vu leur prix). ^^

Le check-out était à 11h et on a décidé de profiter au max de la chambre en retournant se blottir dans le lit tout en regardant une vidéo de Fit For Adventure (“Paddleboarding Knoydart“, qui nous a d’ailleurs méga donné envie d’aller pagayer!).

A 11h, bien reposés, on commence donc à marcher, sous un ciel gris mais sec.

On rejoint Loch Langaig, qu’on longe avant de prendre de la hauteur et de passer un autre plan d’eau: Loch Hasco.

Dans un coin, la bruyère tout autour de nous est calcinée, il a dû y avoir un sacré feu il y a quelque temps.

Nous voilà dans le fameux Quiraing, “a crazy world of cliffs and pinnacles” (dixit le guidebook). C’est vraiment incroyablement beau! On admire les trois célèbres formations géologiques du Quiraing: “the table”, “the needle” et “the prison”.

Alors qu’on était quasi seuls jusque là, on commence à croiser de plus en plus de monde à mesure qu’on se rapproche du parking, mais rien de dérangeant — ça restait moins pire qu’un dimanche ensoleillé au Salève… sauf quand on a rattrapé le “Charity Challenge” de la veille. Le groupe galérait dans une descente un peu caillouteuse et créait des bouchons, mais heureusement on a pu le contourner grâce à un sentier juste à côté (qui était d’ailleurs le vrai tracé indiqué par notre gpx).

On s’est émerveillés devant la vue de la suite de la Trotternish Ridge — qu’on allait parcourir tout le reste de la journée et un bout du lendemain. Lors de notre premier voyage sur Skye, en 2016, on n’avait pas pu s’arrêter car le parking du Quiraing (alors beaucoup plus modeste) était plein, donc ça faisait plaisir de pouvoir revenir et bien prendre notre temps dans ce si bel endroit.

Arrivés au fameux parking, on s’octroie une pause pour manger des burgers servis par un food truck (et acheter des muffins pour plus tard ^^). Puis on attaque la suite de la Trotternish Ridge, yihaa!

Les paysages sont absolument magnifiques, c’est à couper le souffle (et pourtant, ça souffle! ^^).

Ça monte et descend constamment et on s’émerveille à chaque nouveau point de vue. J’ai donc bien sûr exagéré avec le nombre de photos, oups. 😉

Le vent est sans relâche et on s’abrite derrière un pan de mur de pierre pour déguster nos muffins au chocolat au calme. Je trouve que le plus usant avec le vent incessant quand on marche, c’est le bruit (et se faire constamment fouetter le visage, aussi). Heureusement, le vent ce jour-là n’était pas si fort (les moutons Black Face avaient d’ailleurs encore leurs cornes), juste constant.

Le panorama est si riche: on admire la côte vers Staffin, les îles de Rona et Raasay, des lochs, des pointes rocheuses, des falaises…

Ces paysages spectaculaires ont été façonnés par le plus grand glissement de terrain connu en Grande-Bretagne, lié à des coulées de lave basaltique qui ont déstabilisé les roches sédimentaires sous-jacentes formées durant le Jurassique. D’énormes blocs de roche ont alors glissé vers la mer, laissant derrière eux un paysage déchiqueté fait de falaises abruptes, pitons rocheux, cratères herbeux et bien plus.

En marchant sur cette crête, on se sent vraiment transportés dans un autre monde, ou un autre temps, et on s’imagine volontiers croiser des dinosaures — Skye est d’ailleurs un des sites paléontologiques les plus importants du monde. Lors d’un prochain voyage, il faudra qu’on parte en quête des fameuses empreintes de dinosaures fossilisées qui sont visibles sur certaines plages de l’île.

On n’aura pas rencontré de dinosaure ce jour-là, mais par contre on a vu un aigle royal! C’est José qui le repère, alors qu’il vole en contrebas. On a une superbe vue plongeante sur le rapace mais il disparaît vite. Soudain, au détour d’une pente, le revoilà, tellement proche! Nos regards se croisent, quel moment magique. On est tout émus, c’est la première fois qu’on voit un aigle royal d’aussi près, c’est impressionnant. Quelle créature majestueuse!

Image floue exportée d’une mini vidéo que j’ai réussi à prendre lors du premier passage de l’aigle

Cette rencontre nous file un méga boost, même qu’on en n’avait pas besoin: on déborde d’énergie et de joie, je chante à tue-tête sur la crête, ma voix emportée par le vent. ♥

On croise des moutons dans des pentes impossibles (des “MacDesigual” aux multiples couleurs ^^), on observe des traquets motteux et on entend des pluviers dorés siffler plaintivement.

Sur notre gauche, on admire toujours Rona, Raasay et les montagnes de Torridon en arrière-plan. Dans notre dos, on voit encore le Quiraing et Flodigarry au loin, notre point de départ de la journée. Et sur notre droite, à l’ouest, on aperçoit désormais Uig, port où on avait pris le ferry pour les Hébrides extérieures en 2016. On voit d’ailleurs ces dernières tout au fond, quelle sacré panorama!

Peu avant 18h, on atteint le sommet de Beinn Edra (611 m), le point culminant de la partie Nord de la Trotternish Ridge.

Soudain, on entend puis voit un hélicoptère. On remarque un point orange dans la pente raide avant Bealach Uige, derrière nous, et le groupe du Charity Challenge qui marche en direction d’Uig.

On a appris plus tard (et je viens de confirmer l’info avec une rapide investigation sur le groupe Facebook de “Stornoway Search And Rescue”) qu’il s’agissait d’une participante au challenge qui a glissé dans la boue et s’est cassé le péroné, ouch! (oui, je suis vieille, je dis encore péroné et pas fibula…) Heureusement, le sauvetage s’est apparemment super bien passé — et heureusement que ces incroyables groupes de sauvetage existent!

De notre côté, le vent souffle fort et il y a un coin idéal pour planter la tente, donc on s’installe pour la nuit. La lumière vers Uig est si belle, illuminant des pans de mer. Ça m’inspire, j’ai envie de dessiner.

La végétation dans ce coin a un air très alpin, presque arctique, c’est joli. On s’est un peu refroidis en pitchant la tente (et moi en admirant les plantes et en prenant plein de photos, oups), donc on se glisse vite dans les sacs de couchage pour manger un délicieux Thai Green Curry d’Expedition Foods.

Puis on a passé une soirée de bivouac habituelle: écriture, lecture, puis dodo. On était si heureux de cette journée, ça faisait du bien après le creux de la journée précédente!

Dans le prochain article, on continuera notre belle rando sur la Trotternish Ridge, avec une autre journée magnifique! 🙂

[Distance Jour 2: 14 km et 1020 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 27.6 km]

Scot25#45 Direction le bout de Skye

Bonjour tout le monde!
Après une absence d’un mois et demi, je me remets enfin à la rétrospective écossaise 2025. C’est typique: après avoir dit que j’allais essayer de continuer à publier à un rythme hebdomadaire, eh bien je me suis fait happer par le montage vidéo et je n’ai plus touché au blog, haha. ^^ Mais mon petit film avance bien, et avec un peu de chance je devrais le terminer avant le siècle prochain, ha!

Bref, petit récap: après notre super Diagonale écossaise, nous avons passé deux nuits à Inverness le temps de nous ravitailler, puis nous avons pris le bus direction Portree, la plus grande “ville” de l’île de Skye, avec quasi 2500 habitants. Le trajet de 3h15 était très agréable, et scénique: on était assis en haut tout devant, la vue était top! Il pleuvait et ventait, mais on était au sec. 🙂 Et on a aperçu nos premières vaches Highland du voyage, il était temps, haha!

Notre parcours sur Skye: 136 km à pied, et 20 en kayak 😉

Arrivés à Portree, on se fraie un chemin à travers la foule de touristes (il y avait vraiment un monde fou!) pour aller manger au Birch Café, recommandé par Hidden Scotland. Le café était délicieux (et servi dans des tasses en céramique très belles de la poterie Bowbeer, à Edimbourg) et on a mangé des bons petits plats aux ingrédients si frais! On est vraiment épaté par la qualité des cafés sur les îles écossaises, yum.

Une fois repus, on a juste le temps de passer au petit Co-op (malheureusement peu fourni en snacks sains) avant de retourner à l’arrêt de bus pour prendre le 57C de 13h20, direction le nord de l’île. Le trajet nous fait passer par Uig, d’où partent des ferries pour les Western Isles. D’ailleurs, en regardant les options d’itinéraire entre Inverness et le nord de Skye, Traveline (une appli de transports publics britannique) voulait nous faire passer par les Hébrides extérieures (et donc prendre deux longs ferries au lieu de juste un bus ^^), il avait complètement craqué! ^^’

On admire la patience du chauffeur sur les single track roads avec pas mal de trafic. En plus, c’est magique, il se rappelle même de notre arrêt paumé (ça nous change ^^). Après 1h de trajet, on est donc déposés comme prévu à “Shulista Road End”, où se trouve une cabine téléphonique rouge… avec un téléphone fonctionnel à l’intérieur (qui accepte même les cartes bancaires!)! On a tellement l’habitude de trouver des cabines téléphoniques vides ou reconverties en boîtes à livres ou honesty boxes, on ne s’y attendait pas.

Il pleut, mais on est heureux de recommencer à marcher. Nos sacs nous paraissent tout légers, alors qu’on a fait le plein d’eau et nourriture. On croise un bénévole de la MBA (Mountain Bothies Association), qui vient de participer pendant trois jours à l’entretien du Lookout bothy — qu’on se réjouit de visiter le lendemain.

Depuis le haut de falaises aux belles colonnes de basalte, on emprunte un sentier bien raide pour descendre sur Rubha Hunish, le “headland” qui marque le point le plus septentrional de Skye (Rubha = headland). On s’émerveille devant un faucon pèlerin (et la prouesse de moutons présents en contrebas, qui sont visiblement plus agiles que nous) et le paysage, c’est grandiose même sous la pluie. Un passage scabreux nécessite un peu de scrambling sur les roches mouillées: je ne suis pas fan et je passe mon sac à José pour ce mini bout.

Une fois sur le headland, on pitche la tente dans le vent — on a cherché un coin un peu à l’abri, mais les rafales restent impressionnantes. Sitôt installés (il est 17h), on s’octroie un cookie acheté chez Birch, puis une sieste (on avait déjà failli s’endormir dans le 2e bus, bercés par la route). On se sent crevés, les jours de “repos” à Inverness n’ayant pas vraiment été relaxants. Au réveil, on étudie le parcours pour les prochains jours, au son du coucou qui brave la pluie et chante dans le vent. On brave nous aussi les éléments pour faire, et je cite ici le carnet, “des pipis épiques dans le vent (pas des pipits, mais ça volait quand même, mouhaha)”. Bref, on était fatigués, haha. ^^’

On a mangé puis on s’est couchés tôt, on se réjouissait de commencer pour de vrai le Skye Trail le lendemain!

[Distance Jour 0: 3.2 km et 118 m de dénivelé positif]

***

Le lendemain, le Skye Trail a véritablement commencé, avec une journée plus courte et difficile que prévu, notamment car on était très fatigués. Entre le bruit de la pluie, le vent et des maux de ventre, on a mal dormi. Mais au réveil, la pluie avait cessé, et le vent aussi! 🙂

Des cormorans volent au ras de l’eau, des radeaux de razorbills flottent au bas des falaises et les kittiwakes sont présents en nombre. C’est beau et paisible.

On fait le tour de Rubha Hunish, admirant la côte, les Hébrides extérieures au loin, les Shiants…

A part les oiseaux et quelques moutons, on est seuls sur le headland, mais on aperçoit quelques humains tout en haut des falaises, vers le Lookout bothy.

On retourne à la tente pour plier les affaires, puis on remonte le long du raide sentier (bien plus facile que la descente!).

Arrivés en haut, on va jeter un oeil au fameux bothy. Celui-ci est bien rempli: on tombe sur plusieurs Allemandes en voyage Interrail et un Ecossais, qui nous racontent qu’ils étaient douze personnes à dormir là la nuit dernière (officiellement, ce bothy compte de la place pour trois personnes ^^), dont deux Asiatiques qui sont arrivés à minuit et ont fait voler leur drone à l’intérieur du bothy. WTF?! Bref, on était bien contents d’avoir campé.

Le Lookout bothy porte bien son nom

Vu le monde à l’intérieur et la petitesse du bothy, on sort préparer et manger notre porridge dehors, bien installés sur un banc avec vue sur Rubha Hunish. On discute tranquillement avec l’Ecossais, quand soudain une trentaine de femmes débarquent. Après enquête, on apprend qu’elles récoltent de l’argent pour une fondation contre le cancer du sein en marchant 100 km en 5 jours (mais heureusement pas tout à fait le long du Skye Trail).

Elles sont sympas, mais l’ambiance est bruyante (forcément, elles sont nombreuses et c’est le premier jour de leur challenge, plein d’excitation). Ça crie, ça écoute de la musique à fond sur haut-parleur… La paix est bel et bien ruinée, surtout pour nos têtes fatiguées en quête de calme.

La vue sur Rubha Hunish et les Hébrides extérieures

On se dépêche de dépasser le groupe pour s’éloigner du chaos, puis on peut à nouveau respirer tranquillement.

La côte est belle. Fulmars, corneilles mantelées, black-backed gulls, guillemots à miroir, grand corbeau, étourneaux… Ça piaille, siffle et roucoule partout. On voit aussi des border collies rassembler des moutons, héhé. 🙂

Au loin, on aperçoit déjà les montagnes autour du Quiraing, à l’allure si mystique.

On s’émerveille devant la géologie locale. Beaucoup de falaises sont composées de colonnes de basalte et on aperçoit plusieurs grottes marines qu’on rêve d’explorer en kayak.

Les colonnes pliées, des bouts brisés qui jonchent le pied des falaises, les angles surprenants des montagnes au loin… On croirait évoluer dans un paysage préhistorique, et on imagine facilement un dinosaure ou deux croiser notre route.

Deux burns coupent le sentier, torrentiels à cause de la pluie des jours précédents. On traverse le premier sans souci, mais j’ai un blocage pour la deuxième rivière: je ne me sens pas sûre de mes pas, je panique. Je finis quand même par y arriver, mais je me sens vidée, exténuée.

Tout d’un coup, plus rien ne va: mon sac me fait mal à l’épaule droite, l’intérieur abîmé de mes chaussures massacre mes pieds, José et moi avons les deux mal au genou et on sent qu’on fait des erreurs en marchant, roulant nos chevilles régulièrement.

On est donc soulagés d’arriver à Flodigarry, vers 14h, et on se pose au bar de l’hôtel pour manger un morceau.

L’hôtel est très stylé, mi-maison, mi-manoir, avec une petite tourelle. On y rencontre deux autres personnes qui font le Skye Trail et profitent aussi du bar pour une pause gourmande avant de continuer pour camper vers des lochs pas loin.

Alors qu’on déguste de délicieux “haggis scotch eggs”, on apprend qu’il reste une chambre de dispo à l’hôtel et on n’hésite pas longtemps (malgré le prix: 425£, gloups!): on n’est pas en forme et on a besoin de se reposer.

Quand le groupe du “charity challenge” débarque au bar, on s’éclipse dans notre chambre, qui se trouve dans l’ancien cottage de Flora MacDonald, construit en 1745, wahou! Flora MacDonald est une figure héroïque de l’histoire écossaise, surtout connue pour avoir aidé Bonnie Prince Charlie à s’échapper après la défaite des Jacobites à Culloden en 1746, ce qui nous a encore plus motivés à rester à Flodigarry pour la nuit. Il restait aussi une suite dans la partie principale de l’hôtel, mais je crois que c’était plus de 1000£ la nuit, donc on était très satisfait du cottage, haha, qui était en plus tout cosy et mignon.

On a passé le reste de l’après-midi à se reposer, avant de manger au resto de l’hôtel le soir (en même temps, c’était la seule option dans le coin ^^). C’était un peu cher, mais bon, surtout le fondant au chocolat avec fraises et glace au Cranachan, yum! Depuis notre table, on avait la vue sur la mer, ainsi que sur un groupe de pigeons rassemblés sous une mangeoire. ^^

Et voilà, c’est la fin du récit de notre début un peu chaotique sur le Skye Trail. On ne regrette pas d’avoir écourté notre première journée, car on a pu reprendre des forces et on était bien plus en forme pour la suite de l’aventure, que je vous raconterai bientôt (Je ne précise pas de planning de publication, vu que je ne le suivrai sûrement pas, haha ^^)!

[Distance Jour 1: 10.4 km et 403 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 13.6 km]

Scot25#44 Unrest in Inverness

Bonjour!
C’est parti pour la suite de la rétrospective écossaise de 2025. Puisque la Diagonale écossaise est désormais close, j’ai changé le libellé du titre (de “Scottish Diagonal” à “Scot25”, sur le modèle de mes autres rétrospectives de vacances), mais je continue avec la numérotation, vu que c’est tout de même le prolongement du même voyage.

Beau ciel de minuit, Durness

Après une deuxième nuit à Durness (un peu bof, on ne se sentait de nouveau pas en forme), on s’est réveillés peu après 6h30 pour plier bagage. Par chance, il ne pleut pas et la tente est sèche, yihaa! Autre coup de bol: il reste pile deux tranches de cake à la banane au Breakfast Bar du camping. Le serveur, un Allemand sympa rencontré la veille (et qui voulait vivre la “van life” en Europe mais a fait l’erreur de commencer par l’Ecosse et a tellement aimé le pays qu’il n’est jamais reparti ^^), nous offre même deux petites bouteilles d’eau pour la route. Eh oui, car ce matin-là, on embarque dans le bus pour Inverness.

L’ambiance dans le bus est très sympa, on sent que c’est vraiment une “lifeline” locale. La chauffeure connaissait tous les locaux et leur tapait la causette, c’était chouette. Pendant le trajet, j’admire le paysage — aussi car les “winding roads” me rendaient un peu malade. Kinlochbervie, Loch Stack, Lairg… on est passés par plein d’endroits déjà traversés lors du trek ou de précédents voyages. On observe plein d’oiseaux depuis le bus, dont un grand corbeau, un vanneau huppé et au moins un aigle royal!

Food, food, food

A midi, nous voici à Inverness, et cinq minutes plus tard, au Travelodge où on a réservé pour deux nuits (on n’avait rien trouvé de mieux, et on ne recommande pas spécialement ^^). On pose nos affaires dans la chambre puis on va manger chez Wild Wee Pancakes, où on se gave de délicieuses crêpes salées et, grosse erreur qui nous a valu d’être en coma digestif pour le reste de la journée, de pancakes et gaufre en dessert. On a clairement eu les yeux plus gros que le ventre. ^^

L’après-midi, on va à Leakey’s Bookshop, que je rêvais de visiter depuis un moment. Il s’agit de la plus grande librairie de seconde main d’Ecosse. Elle se trouve dans une ancienne église gaélique et le cadre est incroyable, avec plein de livres, cartes et illustrations, certains vieux de plus de 100 ans. On passe un bon moment à parcourir les rayons, même si on sait qu’on n’a pas la place d’acheter quoi que ce soit.

On a passé le reste de l’après-midi à faire des courses. On fait le tour des “Outdoor shops” pour des plats lyophilisés (on cherchait des Real Turmat, en vain, mais on a trouvé des plats Expedition Food, bons aussi), une nouvelle poche pour l’eau à filtrer (notre “bladder” a des fuites malgré les super réparations de José, au scotch) et une banane Cotopaxi pour accéder plus facilement à mon natel et à l’appareil photo. On passe ensuite chez Waterstones pour acheter un nouveau carnet (j’arrive au bout du premier), des stylos et… le guidebook et la carte du Skye Trail, notre prochain trek. Eh oui, vu qu’il nous reste du temps avant de rentrer en Suisse, on a décidé d’enchaîner avec une autre randonnée longue distance!

C’est toujours difficile pour moi de rentrer dans un Waterstones sans acheter de bouquin. Tout est si beau et coloré, et leur choix de livres sur l’Ecosse et de Nature Writing est toujours impressionnant! Mais bon, j’ai résisté cette fois-ci… ^^

On traverse aussi le Victorian Market, très joli. On visite quelques petites boutiques mais on ne trouve rien dont on a besoin (pas sûr qu’une épée serait très utile sur le Skye Trail ^^).

Après un passage au Co-op pour se ravitailler en snacks et porridge, il est déjà 16h passées et on retourne à l’hôtel pour se reposer un peu. On n’est pas fan de shopping, et on est crevés par notre après-midi. ^^’

A 18h30, on part retrouver Alex et Carmen (nos amis australiens rencontrés sur le CWT) au Food Court du Victorian Market. L’ambiance y est très chouette, il y a même de la musique live — et c’est plein, le lieu a clairement du succès.

On mange, puis on prend la direction de Hootananny, un pub connu pour sa musique live — on m’a demandé mon âge à l’entrée, ça faisait longtemps, mouhaha (mais je n’ai quand même pas eu besoin de montrer mon ID ^^). On passe une super soirée à boire des bières et écouter de la musique. Le groupe de ce soir-là s’appelle Tuath (qui signifie “nord” en gaélique), mené par Blair Teska (au piano et à l’accordéon) et avec un joueur de fiddle hyper talentueux. Une chanteuse gaélique présente dans le public est montée sur scène pour deux chansons, c’était génial. On a aussi eu droit à des reprises folk de Jurassic Park et Avicii, haha.

Puis on retourne à l’hôtel, je ne me sens pas en super forme et j’ai besoin de me reposer. José cire nos chaussures (qui étaient devenues si rigides ^^) pendant que j’écris dans le carnet, mais je ne suis pas satisfaite de mes nouveaux stylos — la quête allait donc continuer le lendemain… ^^

Le récit du jour suivant dans mon carnet commence donc par ces mots: “Bonne nouvelle: j’ai trouvé mon stylo préféré, le Pitt Artist Pen 0.1 de Faber-Castell, donc tout va à nouveau pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, haha”. J’étais en effet tellement déçue des stylos achetés la veille que j’ai dû me résoudre à acheter un “manga set” de quatre stylos pour trouver celui que je voulais, qui n’était pas vendu individuellement. ^^

Bref, pour ce deuxième jour à Inverness, on a fait la grasse mat’ puis on a bougé au Food Court du Victorian Market pour manger des pâtes vers 13h. Commence ensuite la quête pour les derniers trucs qui nous manquent: des Compeed, les fameux stylos (finalement trouvés chez Waterstones), et la mission, jusqu’ici impossible, de refaire notre stock de mélange de noix. On est même allés dans d’immenses Marks & Spencer et Morrison’s mais on est ressortis bredouille. Il y avait des dizaines et dizaines de choix pour des chips, mais pas un seul paquet de noix sans sel ajouté. On est aussi tombés sur un rayon ultra coloré de “gâteaux de fête”, qui se conservent hors frigo pendant des semaines. Je n’ose pas imaginer ce qu’il y a dedans, ça faisait ultra chimique… Ma frustration s’exprime dans le carnet: “C’est fou comme c’est difficile de trouver des snacks sains dans ce pays…”

On passe ensuite chez Perk Coffee + Doughnuts pour… un café et un donut (sans surprise, haha), mais il n’y a ni table de libre (pour écrire) ni WiFi (pour sauver mes photos, car le WiFi du Travelodge est inutilisable, alors qu’on a payé un supplément pour y avoir accès… José s’est même retrouvé vingt minutes au téléphone avec leur service IT, en vain ^^), donc on va se poser plus longuement au Café de Paulo du Victorian Market.

J’écris une carte à mes parents – qui ont le plaisir (?), après chaque grosse étape de trek, de recevoir les trucs dont on n’a plus besoin, genre cartes, guides, et même “chaussettes trouées mais qu’on ne veut pas jeter car on a l’espoir de pouvoir mieux les rapiécer dans le futur”. ^^’ Je joins à chaque fois une carte achetée sur place, for good measure. Avant d’inclure dans le colis les stylos du “Manga set” dont je n’ai pas besoin pour le trek, j’ajoute un petit dessin à la carte: un phoque et un macareux en vol, inspirés de notre soirée à Kearvaig. Ça me fait plaisir de dessiner et de tester mes nouveaux stylos, héhé.

A 16h30, le café ferme et on retourne à l’hôtel se poser un moment avant de ressortir pour manger. On longe la rivière Ness jusqu’au Waterside Restaurant, qu’on avait réservé car le menu, bien qu’un peu cher, changeait des fish & chips et burgers habituels (dont on avait eu notre dose) et donnait vraiment envie. Pas de bol, c’est la Fête des pères et il y a donc un menu spécial (ce qui n’était pas précisé quand on a réservé). Au choix: fish & chips ou burger. Raaaaaaaah. Sur le moment, on en a vraiment marre d’Inverness, entre l’hôtel au WiFi payant mais pourri, les magasins mal fournis, les retours de flamme des voitures (fidèle à nos souvenirs de 2021, Inverness est bourrée de voitures ultra bruyantes), les feux piétons hyper longs… Bref. On passe quand même une bonne soirée, avec une bonne entrée (un délicieux Scotch egg) et un bon dessert (apple pie) et, surtout, la bonne compagnie (même que le resto était si bruyant, c’était crevant!).

Puis retour à l’hôtel pour notre dernière nuit à Inverness, qui n’est décidément pas notre ville de prédilection. On ne tient pas en place et on a hâte de recommencer à marcher, de retrouver la liberté et les grands espaces de l’Ecosse rurale…

Et voilà, c’est la fin de cet article, long en texte et pauvre en photos. Dès le prochain épisode, on sera sur l’île de Skye, avec ses paysages époustouflants et, donc, pleeeeein de photos. 😉

Je suis aussi occupée au montage d’une vidéo sur la Diagonale écossaise, donc je vais réduire le rythme de publications sur le blog, en essayant de poster quand même une fois par semaine.

A bientôt! 🙂