Sheltie19#28 Heading south

Bonjour à tous!
Me voilà de retour après une longue absence… Il faut dire que ça a été un mois bien chargé: j’ai terminé mon master (yihaaaa), augmenté le temps de travail de mon assistanat à l’Uni, commencé un nouveau travail à HEPIA en parallèle (prochaine étape: le doctorat!), cherché un appartement avec José,… Bref, j’ai été (et suis toujours) bien occupée!

Mais il faut quand même que je termine cette rétrospective shetlandaise, on y est presque! 😉 Et puis, j’ai aussi beaucoup rêvé d’Ecosse ces temps-ci. Grâce à Sarah, la créatrice du blog French Kilt, on a suivi des pub quiz virtuels sur l’Ecosse durant le confinement (et ça se poursuit, tous les derniers vendredis du mois), et maintenant il y a même des visites virtuelles d’Edimbourg. Bref, me voilà bien dans l’ambiance pour me replonger dans les derniers souvenirs de vacances (et dire que c’était il y a déjà quasi un an!).

THE pancakes de Foodstory, Aberdeen

Je reprends là où je nous avais laissés: le ferry de retour à Aberdeen. Après la terrible nuit, on a dormi un peu dans la voiture vers le port puis on est allés prendre notre petit-déjeuner chez Foodstory, un merveilleux café sur Thistle street. Je rêvais de ses pancakes et de son mocha depuis mon retour d’Erasmus, ils sont DÉLICIEUX. Sauf qu’avec les entrailles toutes retournées par la nuit sur le ferry, on n’avait pas très faim… On devait avoir l’air de zombies: on n’arrivait quasi pas à manger et on voyait l’horizon qui tanguait. Bref, je n’ai pas vraiment pu exaucer mon rêve comme je l’avais imaginé. Résultat: je rêve encore des pancakes de Foodstory. Pour patienter, j’ai commencé à faire des pancakes à la banane pendant le confinement, yum!

On a ensuite fait quelques courses chez Morrisons (là encore, souvenirs, souvenirs!). Dans le parking, un goéland a atterri avec 0% de grâce sur le toit de la voiture, ça nous a méga fait sursauter!

Le coupable qui a osé se poser sur le toit de la voiture avec la légèreté d’un éléphant de mer

Et puis on a quitté Aberdeen pour retrouver la route côtière, les rouges-gorges, la campagne tranquille et aussi… les dual carriageways, pour filer vers le sud. En chemin, on est repassés par Perth, et on s’est à nouveau arrêtés chez Cardo, pour d’incroyables pizzas. Il y avait un monde fou dans l’ancienne capitale écossaise. On a d’abord cru qu’il devait y avoir les Highland Games, mais en fait c’était “The Great Perthshire Tattie Run”, une course où les participants portent des sacs de patates de je ne sais combien de kilos!

On a roulé toute la journée jusqu’aux Borders, dans le sud de l’Ecosse. C’était une région qu’on ne connaissait encore pas du tout, et ça nous a tellement donné envie d’y revenir pour y passer plus de temps!

Scott’s view

En route pour le village de Melrose, on s’est arrêtés à Scott’s view, un point de vue réputé pour avoir été l’un des préférés de Walter Scott, le grand poète/auteur écossais du coin. De ce point de vue, on peut admirer la vallée du fleuve Tweed, qui coule en contrebas (et est le troisième plus grand fleuve d’Ecosse!).

On a rejoint le charmant village de Melrose, où on a été accueillis comme des rois dans notre premier B&B des vacances! Incroyable mais vrai, c’était notre premier vrai lit depuis plus de trois semaines (alors que d’habitude, lors des voyages précédents en Ecosse et en Irlande, on s’offrait un B&B environ une fois par semaine). Et après la mauvaise nuit de la veille sur le ferry, c’était juste un pur bonheur.

Notre B&B, “Braidwood”

On est sortis se balader dans le village, vraiment joli et intéressant. C’est notamment là que le rugby à sept a été inventé (avant les pubs quiz virtuels de French Kilt, je ne savais même pas que ce sport existait). Dans les alentours, on trouve les Eildon Hills, où le roi Arthur serait enterré, d’après la légende. Dans le coin, il y a également un fort romain, l’abbaye de Dryburgh et Abbotsford House, la maison de Sir Walter Scott. Bref, il y a de quoi s’occuper, et on a vraiment hâte de retourner un jour dans les Borders pour étudier tout ça de plus près.

Avant tout, Melrose est surtout connu pour son abbaye, aujourd’hui en ruines. On n’a juste pas eu le temps de la visiter, car on est arrivés un peu tard, mais de toute façon je ne crois pas qu’on aurait pu lui rendre justice: on était tellement crevés, on n’aurait pas enregistré grand-chose. ^^’

C’est là, dans Melrose Abbey, que Robert The Bruce est supposé être enterré, ou du moins son coeur. Si ce n’est pas déjà fait, c’est le moment de regarder “Outlaw King“, ne serait-ce que pour les paysages et les prestations de Chris Pine et Florence Pugh.

L’horizon qui tanguait ne m’a pas empêchée de prendre beaucoup trop de photos, comme d’habitude.

Le soir, on a mangé dans un super bon resto, choisi pour son Balmoral chicken, un plat dont José rêvait depuis son dernier passage à Edimbourg en novembre 2016. C’était hyper bon mais, là encore, mon estomac chamboulé n’a pas pu faire honneur à mon plat… Fatigués comme on l’était, on est vite allés dormir, dans un vrai lit, sous un vrai duvet. Quel confort!

Le lendemain, entre les restos de la veille, le vrai lit et le petit-déjeuner de ouf du B&B, on commençait à se sentir comme des pachas en vacances. On a repris la route, toujours direction le sud, mais avec le rêve de revenir un jour dans les Borders: les collines verdoyantes, les abbayes, les portails imposants derrière chaque buisson, les allées d’arbres anciens et les tunnels de verdure… Wahou!

On a emprunté la route de Jedburgh, conseillée par un hôtelier de Spiggie originaire du Yorkshire, et qui longe une forêt et un loch bordé de pins. Ça y est, nous voilà déjà en Angleterre.
Premier véritable stop: Ripon, petite ville du Yorkshire qui figure dans la série “Downton Abbey”.

C’est super mignon, avec plein de pavés et de belles briques — et des fleurs, plein de fleurs. On a mangé un délicieux petit repas dans un tea room avant d’aller voir la fameuse cathédrale de Ripon, classée au patrimoine mondial (et dont on n’avait jamais entendu parler, bien évidemment ^^).

Puis on reprend la route, direction York! On y était déjà passés en 2016, mais que de nuit et sous la pluie. Cette fois-ci, on aura pu voir d’autres bouts de la ville, et de jour! Mais aussi avec une masse d’autres touristes!

Des immenses groupes guidés, une foule dense,… Le pire, c’était certainement vers The Shambles, une rue médiévale connue pour ses maisons biscornues. Autrefois, c’était le coin des boucheries (il y en avait 25 en 1872, eh oui, dans la même rue!). De nos jours, on dirait Diagon Alley: il y a des boutiques Harry Potter et des références à la saga tous les trois mètres.

The Shop that must not be named…

Mais bon, il faut avouer que la ville est toujours aussi belle, avec ses façades, sa cathédrale incroyable,…

Ce jour-là, on a décidé de visiter une autre attraction touristique: le Jorvik Viking Center, conseillé par un grand-père et son petit-fils rencontrés à Shetland et qui étaient partis sur la trace des vikings. C’était sympa, mais un peu bondé. Le principe? On se balade dans des “capsules” de type train fantôme qui nous font découvrir un village reconstitué d’après des fouilles archéologiques, avec plein de mannequins, maisons, musiques d’ambiance. J’ai trouvé la partie musée plus intéressante, mais il y avait tellement de monde que c’était difficile de voir tout ce qu’on voulait et de s’attarder pour tout lire.

Après cette visite “viking”, on a déambulé en ville, en reconnaissant des coins vus vite fait trois ans auparavant.

Notre ticket de parking allait expirer, donc on a rejoint la voiture et on a conduit une dizaine de minutes jusqu’au camping de Millbridge Farm, qui s’est avéré être un camping pour riches. On faisait un peu tache, avec une tente et sans BMW, entourés de caravanes autrichiennes, mais on était contents de se poser quelque part.

Et puis le coin était tout mignon! On est partis se promener dans le village voisin, Naburn, et on a aperçu un beau martin-pêcheur.

On a aussi trouvé notre première cabine téléphonique transformée en stand d’information/abri pour défibrillateur.

Le coin est joli, mais a l’air un peu snob. Partout, des maisons très grandes aux jardins hyper entretenus et d’immenses panneaux “Private”.

On est retournés au camping pour manger des nouilles du Tesco, et on a eu plusieurs visiteurs! Tout d’abord, un caribou (c’est donc moi qui fait des bois à José ^^):

Caribou!

Et puis un chiot appartenant à une famille du camping! Il nous est arrivés dessus en bondissant, tout joyeux. S’il avait été abandonné, José l’aurait bien gardé, haha!

Pas pratique de manger ses nouilles tout en caressant le chien

Allez, c’est fini pour aujourd’hui! Dans le prochain article, on continuera notre descente vers le Sud! Et puis quand cette rétrospective sera enfin finie, j’aurai encore d’autres excursions à vous raconter, plus proches de la maison et bien plus récentes.

A bientôt! 🙂

Sheltie19#27 Bye bye Shetland

Hello! Aujourd’hui, ce n’est pas le dernier article de la rétrospective, mais c’est le dernier article sur Shetland — après, il nous fallait encore rentrer!

On commence par la superbe Spiggie beach, où nous sommes allés nous promener après notre marche à Westerwick.

Outre le magnifique sable blanc, les eaux du coin sont apparemment très riches. Sur le groupe Facebook Shetland Birds & Wildlife, quelqu’un partage régulièrement de superbes photos de nudibranches, ou limaces de mer, prises à Spiggie, ainsi que d’autres petites créatures marines fascinantes.

De manière générale, les eaux écossaises abritent coraux, étoiles de mer, anémones et plein d’autres animaux marins colorés qu’on ne soupçonne même pas depuis la plage. Pour avoir une meilleure idée de cette mystérieuse vie colorée, ça vaut vraiment la peine de regarder le superbe documentaire “Hebrides, islands on the edge“, narré par Ewan McGregor (4 épisodes dévoilant la vie de la faune, flore et des humains des Hébrides), ainsi que l’épisode 3 de “Making Scotland’s landscape” sur la mer, disponible sur YouTube.

Bref, on ne s’est pas aventurés dans l’eau mais on a bien pris le soleil en marchant sur la plage, profitant de ces derniers moments seuls au coeur de ce magnifique archipel.

Puis on s’est finalement arrachés à Spiggie beach et on a décidé d’aller à Sumburgh Head pour la dernière fois. Il faut dire qu’il faisait tellement beau!

On est arrivés juste à temps pour prendre un petit café et un crumble aux cerises avant que le foodtruck de Sumburgh Head ne ferme.

On a dégusté ça en admirant le paysage, avec la vue sur Bressay et les falaises de Noss au loin, avant de rentrer à Levenwick pour notre dernière nuit au camping.

Vue sur les falaises de Noss, au loin

Le lendemain, c’était le jour du départ! On a donc dit au revoir à Levenwick pour de bon et on est allés passer la journée à Lerwick, où on a traîné au café de Mareel, fait un peu de shopping (j’ai acheté un bandeau en laine d’agneau tout doux pour les oreilles) et visité le Town Hall.

Sur Commercial street, la principale rue marchande, on a croisé la Shetlandaise de Burra rencontrée dans plusieurs campings, avec sa fille, et on a discuté un moment, c’était super sympa. La ville était très animée, car il y avait un bateau de croisière dans le port ce jour-là.

Après avoir mangé une soupe au Peerie shop & café, on est allés au Böd of Gremista, qui abrite le Shetland Textile Museum. On y a vu des exemplaires de tricot, tapis, métier à tisser, broderie,… On sent vraiment que la laine est une institution, à Shetland.

On a rencontré une femme qui filait la laine avec une sorte de toupie, un ancien instrument utilisé par ceux qui n’avaient pas de rouet, à l’époque romaine déjà. On a aussi appris l’existence du “Back to back challenge”. Le principe? Le plus vite possible, tondre un mouton, nettoyer et carder la laine, la filer, puis tricoter un pull. A la fin, on peut voir la photo avec le mouton tondu et un homme avec son pull tout neuf! Le record est de moins de huit heures, mais je ne me rappelle pas de la durée exacte!

Puis on a encore fait des courses, on est retournés au Mareel pour un bon coffee cake, puis on a fait le tour des activités qui avaient lieu devant le musée. C’était la “Sail week”, et il y avait des bateaux exposés, des bateaux télécommandés, des sorties en mer,…

Puis c’était finalement l’heure d’embarquer sur le ferry, notre maison pour la nuit! On y a retrouvé un couple de Londoniens vu dans plusieurs campings, une fille de la sortie à Foula, ainsi que le super couple de Yorkshiriens aussi rencontrés lors du day trip sur Foula.

Vue sur Mareel et Bressay en arrière-plan

Il s’est avéré que les Yorkshiriens ont vu le même pod d’orques que nous, le même jour, mais un peu plus tard. On les avait repérés à Lunna Head, tandis qu’eux les ont vus vers Mossbank. On a partagé plein de souvenirs — ainsi que nos photos, car ils regrettaient de ne pas avoir pris de photos des orques.

On est restés sur le pont pour le départ, et José en a fait un timelapse (qui file un peu le tournis):

En attendant de libérer le ferry

On a d’abord eu droit à de jolies vues sur la capitale, toute grise sous les nuages.

Town Hall sur la colline
Moi toute contente avec mon nouveau bandeau
Bain’s beach

Puis on a longé Bressay, puis le South Mainland. Il commençait à faire froid, donc on est rentrés. Pour passer le temps, on a acheté des billets pour voir “Men in Black: International”. Sympatoche film, parfait pour repousser un peu l’échéance de rejoindre nos sièges pour une nuit pas très confortable.

En arrivant à la hauteur de Fair Isle, le vent s’est levé, et ça a commencé à secouer un peu. Après l’arrêt dans les Orcades, c’est devenu carrément tempétueux. Le ferry bougeait dans tous les sens. Nos sièges étaient quasi à l’étage le plus haut, et pourtant des vagues venaient fouetter les fenêtres. Tout le plexiglas dans le bateau tremblait, ça donnait une sacrée ambiance Titanic. Chaque personne qui tentait de marcher pour aller quelque part se transformait en pirate bourré, trébuchant et tombant à moitié à cause de la houle. Je pense que j’aurais pu avoir un peu peur, mais j’ai été trop occupée à vider mes entrailles à partir d’1h du matin. J’ai ainsi pu forger des amitiés insoupçonnées dans les toilettes des filles, avant d’enfin réussir à m’endormir par terre sur la moquette. Quelle nuit! Le matin, on a appris qu’on avait eu affaire à des vents de niveau 9 sur l’échelle de Beaufort, soit juste avant le niveau tempête!

Bref, on avait trouvé que l’aller était plutôt confortable du point de vue navigation… mais on n’a pas pensé ça au retour. C’est pas comme si j’en faisais encore des cauchemars, mais presque. En quittant Shetland, on se disait que c’était tellement génial qu’il fallait absolument qu’on y revienne, et que finalement le trajet n’avait pas été si long. Mais là, après cette nuit d’horreur sur le ferry, j’avoue qu’il me faut du temps pour me refaire à l’idée d’embarquer pour une nouvelle nuit à me faire ballotter par la mer du Nord. ^^ Surtout qu’on a physiquement mis du temps à nous en remettre: les trois jours suivants, on avait encore la tête qui tournait et l’horizon qui tanguait quand on était à l’arrêt. Sur le ferry, José a d’ailleurs rencontré un pêcheur, qui lui a raconté que ça faisait 20 ans qu’il bossait en mer et qu’il n’avait jamais eu le mal de mer comme ça avant.

Quoiqu’il en soit, mise à part la nuit houleuse (c’est le prénom), on a vraiment passé d’incroyables vacances sur Shetland! Et le voyage n’était pas encore terminé, il nous fallait encore redescendre jusqu’en Suisse. J’ai donc encore 2-3 articles à vous concocter avant de finalement clore ce chapitre! See ya soon! 🙂

Libellulite aiguë

Voilà, le mois de mai vient déjà de se terminer! Un mois de mai sans Fête de la danse, sans spectacle d’impro, sans swing, sans Médiévales d’Andilly, mais un mois quand même rempli de libellules!

Mâle Libellula depressa, bois des Mouilles

J’ai encore la rétrospective shetlandaise à finir, ainsi qu’une magnifique journée passée à la montagne mi-mai à raconter, mais je ne pouvais pas attendre plus longtemps avant d’inonder le blog de photos de libellules et autres créatures rencontrées au gré de mes balades du mois dernier!

J’ai surtout passé du temps au bord de l’Aire (dont la fréquentation a à peu près quadruplé avec le confinement…!), et José et moi sommes aussi allés trois fois au Bois des Mouilles. On voulait un peu suivre l’évolution de l’étang après les travaux de 2019. Il est à nouveau bien rempli et les libellules sont de retour, même si je n’ai pas revu Coenagrion pulchellum, ni Brachytron pratense, vus le printemps dernier.

Tandem de Coenagrion puella

Les 9 et 24 mai 2020, on a revanche revu la dose de Sympecma fusca. 🙂

Sympecma fusca

Bien sûr, on a aussi croisé grenouilles vertes et oiseaux à foison. Et notamment un beau pic épeiche sur un tronc mort recouvert de mousse bien verte. 🙂
Un jour, on a discuté avec un homme qui nous a dit qu’il avait aperçu un martin-pêcheur et les couleuvres, héhé!

La libellule qu’on a vue en plus grand nombre au Bois des Mouilles durant le mois de mai, c’est sans aucun doute Libellula depressa. Comme l’année dernière, on en a également revu dans le fossé du pré de la Gavotte, en compagnie d’Orthetrum cancellatum.

Au Bois des Mouilles, on a notamment eu le plaisir d’observer plein de femelles Libellula depressa en train de pondre. Et une fois, on a même eu droit à de sacrées bagarres, avec des mâles fonçant sur les femelles en pleine ponte!

J’ai filmé une femelle pondant dans un coin tranquille, car je trouve impressionnant de voir les mouvements de ponte! En mettant le son, on peut avoir aussi une idée de l’ambiance, avec les grenouilles et oiseaux en charge de la bande-son (et notamment une foulque macroule donnant de la voix vers la fin!). 🙂

Au bord de l’Aire, on a également revu Aeshna isoceles, comme l’année dernière. Deux mâles se sont installés sur deux parties stagnantes à 20 mètres d’écart et se livrent de violentes batailles de temps à autre. Ils n’hésitent pas non plus à s’en prendre à leurs voisins, un Anax empereur et un mâle Libellula depressa.

Aeshna isoceles

On a vu plein d’autres espèces au même endroit: Platycnemis pennipes, libellule déprimée femelle, agrions jouvencelles, Ischnura elegans,… L’accès au coin est en revanche assez restreint, ce qui rend les photos difficiles. En triant des essais ratés de photos d’Aeschne en plein vol, j’ai eu la surprise d’avoir des fois des grenouilles nettes en arrière-plan, haha! ^^

Trouvez la libellule déprimée femelle!
Plein de Platycnemis et Coenagrion en train de pondre

L’aeschne isocèle a bien éprouvé ma patience, ne se posant absolument jamais… Sauf bien sûr les jours où je passe sans l’appareil photo, haha! Il y a quelques jours, je me promenais avec José, et elle était là, sagement posée sur son brin de carex. ^^ Mais je ne désespère pas de réussir un jour une photo d’Aeshna isoceles posée, avec son triangle isocèle bien visible. 😉
En attendant, je me contente de photos floues en vol (même que j’aurais vraiment bien voulu que la suivante soit nette! Elle est passée tellement proche de moi!).

Au bord de l’Aire, ça fait un petit moment qu’on n’a plus revu le faucon crécerelle résident, par contre les hérons, poules d’eau, milans noirs et foulques sont au rdv, ainsi que les harles bièvres parfois. On a aussi vu des Calopteryx, virgo et splendens, papillonner au-dessus de la rivière.

Calopteryx splendens

En plus des zones humides, les prairies fleuries bourdonnent de vie! Je n’ai pas revu d’ascalaphe, mais c’est tellement chouette de voir tous ces papillons, bourdons et abeilles! 🙂

Ce mois de mai, quand je n’étais pas en train d’observer des libellules (c’est-à-dire, la plupart du temps), je bossais sur mon mémoire sur les libellules! Eh oui, car la fin approche…!

Orthetrum cancellatum au bois des Mouilles
Nymphéa en fleur

Une autre bonne surprise de dimanche dernier au bois des Mouilles: Libellula quadrimaculata, qui a littéralement posé devant l’objectif après une vingtaine de minutes à nous voler autour!

Sur les photos suivantes, trouvez: Libellula depressa et Anax imperator!

Libellula depressa
L’empereur de l’étang

Dimanche dernier, à chaque fois que José et moi essayions de partir, une nouvelle espèce de libellule venait nous narguer et je ressortais illico presto l’appareil photo! La plus belle surprise: mon premier Anax parthenope! 🙂
Il ne s’est pas posé de notre côté (sûrement à cause de l’anax empereur qui patrouillait son secteur) mais j’ai quand même pu capturer quelques photos floues d’hyper loin:

Alors qu’on allait finalement rentrer, un Lestes viridis à peine émergé est carrément venu se poser sur la jambe de José!! C’est le tout premier que j’ai vu cette saison.

Allez, fini pour aujourd’hui, je vous laisse avec une de mes photos préférées du mois, un Anax imperator très coopératif!

Bye et à bientôt!

Update du 2 juin 2020: je viens de rentrer d’une petite balade digestive avec José riche en observations de libellules, donc je les rajoute vite fait ici!

Pour commencer, c’est un tandem d’Orthetrum brunneum qui m’a accueillie lors de mon arrivée vers la Gavotte. Le petit fossé humide bordant le pré des poneys bouillonnait de vie: ça volait de partout! Libellules déprimées, Orthétrums bruns, étourneaux prenant leur bain, moineaux,…

Coeur copulatoire d’Orthetrum brunneum

Plus loin, ce sont 4-5 chardonnerets élégants qui se sont envolés d’une superbe prairie fleurie sous nos yeux. 🙂 Malheureusement, pas de photo, tout s’est passé bien trop vite!

Nouvelle surprise: l’Aeschne isocèle a daigné se poser quelques secondes, héhé! Je savais que je l’attraperai un jour. 😉 Mais bon, elle était quand même loin, ceci est une photo sacrément recadrée.

Et puis, dernière bonne surprise: alors qu’on approchait du pont du Centenaire, on voit un tandem de Gomphidae nous passer devant! C’était la première fois que j’en observais au bord de l’Aire. Le mâle est repassé et s’est posé non loin de nous dans un arbre. Verdict: Onychogomphus forcipatus!

Je suis vraiment contente de l’avoir croisé, car jusqu’ici je n’en avais pas vu au stade adulte, j’avais juste trouvé une exuvie au bord du Rhône lors du terrain pour mon master.

Et voilà, cette fois c’est vraiment fini!
Bye pour de vrai! 😉

Sheltie19#26 W comme Westerwick

Et aussi W comme Whisky! 😉

Bonjour à tous! Aujourd’hui, c’est parti pour un looooong article avec pleeein de photos. Eh oui, car on en a vu, des beaux paysages côtiers, durant ces vacances à Shetland, mais la marche qu’on a faite à Westerwick nous a vraiment coupé le souffle. Le soleil était de la partie et c’était juste une de ces journées absolument magnifiques, où tout est beau. 🙂

Après un délicieux petit-déjeuner au Cake Fridge & Tea room, on est allés à Silwick, dans l’ouest de Mainland, pour une marche d’environ 8.5 km. Dès les premiers pas, on se retrouve face à des paysages côtiers magnifiques, avec des stacks impressionnants.

A l’ouest, on a eu de superbes vues sur Foula, avec ses hautes falaises.

Falaises, stacks, sphaigne, petites criques, tapis de fleurs, le tout sous le soleil, c’était vraiment splendide. 🙂

Tout cet espace, cet immense horizon <3

C’était notre dernière marche avant notre départ de l’archipel, donc j’en ai aussi profité pour prendre plein de photos de notre compagnon de voyage, Whisky MacKenzie!

South Mainland était magnifique, au milieu d’un océan étincelant sous le soleil.

Whisky en pleine orientation

Dans un précédent article, j’avais déjà mentionné ce petit livre rouge, “Shetland, 40 Coast and Country Walks”. On le voyait un peu partout et on l’a finalement acheté sur Unst. Toutes les marches qui sont dedans figurent déjà sur Walkhighlands, mais c’était pratique de ne pas avoir besoin d’internet pour se renseigner sur les possibilités de marche. Ça ne remplace pas une vraie carte, et il manque des infos capitales je trouve (genre le dénivelé), mais c’était quand même sympa et on s’est attachés à ce petit bouquin. Grâce à lui, on a sans doute fait bien plus de petites marches que ce qu’on pensait au départ! Ça devenait presque un peu addictif de faire le plus de marches possible. ^^ Et puis ce bouquin fait partie d’une collection avec des livres de ce genre pour plein de régions du Royaume-Uni, donc on a encore du boulot! 😉

En plissant les yeux en direction du sud, on a même réussi à apercevoir Fair Isle! On était super contents, surtout qu’on espère bien y aller un jour.

Fair Isle au loin

Et puis on a vu une baleine de Minke, héhé! 😀
Elle a plongé et resurgi quelques fois avant de disparaître dans les profondeurs.

Une baleine de Minke proche de la côte
Foula au loin
Foula

Après avoir passé une petite colline, on s’est retrouvés au milieu des moutons et très exposés au vent, donc José a même pu sortir son bonnet! 😉

On a vu les habituels oystercatchers, fous de Bassan, sternes, skuas et fulmars, qui bataillaient dans le vent.

Skua!

Le retour nous a fait passer par une plaine tourbeuse avec de la mousse sphagnum de toutes les couleurs. C’était comme de marcher sur un nuage bien moelleux.

Et puis on a bouclé notre marche et sommes retournés à la voiture pour de nouvelles aventures. Cette dernière journée entière sur l’archipel n’était en effet pas encore finie, mais ce sera tout pour aujourd’hui!

A bientôt pour la suite! 🙂

Sheltie19#25 West Burra

Hi! 🙂
C’est parti pour un nouvel article de la rétrospective shetlandaise, avec plein de photos et peu de texte, car il faut vraiment que je travaille! 😉

Vue depuis le camping de Levenwick

On s’est réveillés à Levenwick sous un beau ciel sec et on a roulé jusqu’à West Burra, une île atteignable sans ferry grâce à des ponts qui relient Mainland à Trondra et Trondra à West Burra.

Le temps d’arriver au départ de notre marche, les nuages se sont un peu rapprochés. Le temps a oscillé entre soleil, nuages, ombre et vent, c’était magnifique.

Vue sur Minn beach

Le programme de la matinée: faire le tour de la péninsule de Kettla Ness, qu’on rejoint en passant par Banna Minn, une splendide plage-tombolo au sable blanc.

*paradise*

Après celui de Saint Ninian’s isle, il s’agissait de notre second tombolo des vacances. Et qu’est-ce que c’est beau!

Etonnamment, on n’a vu aucun mammifère marin/aquatique de toute la balade, ce qui devait être une première. Normalement, quand on ne voyait pas de loutre, on avait au moins droit à un ou deux phoques, voire une baleine au loin!

Chardon!

Mais c’était quand même une superbe balade, on a adoré l’atmosphère du lieu! Et on a vu plein d’oiseaux, dont un groupe de sternes et deux plongeons catmarins.

Et des moutons, of course!

Bon, je vous laisse regarder les photos! 😉

Ci-dessous, José a dans la main un petit guide qui a été un fidèle compagnon lors de ce voyage. Je vous en parlerai davantage dans le prochain article!

Mes cheveux permettent de prouver la présence de vent ^^
Vue sur Mainland
Vue sur Sumburgh au loin

On a mis deux heures et demie à faire le tour de la péninsule, avec une petite pause carotte passée à scruter l’eau si jamais un animal pointait le bout de son museau. De retour à la voiture, il commence à bruiner, sacré timing!

Whisky la tête en bas durant toute la balade

On a roulé jusqu’à East Burrafirth pour aller manger un délicieux repas au Cake Fridge and Tea room — avec bien sûr de délicieux cakes en dessert! Après ça, sans surprise, on est retournés à Levenwick pour faire une petite sieste. ^^ Une fois sortis de notre courte hibernation, on est descendus à la plage de Levenwick. On a repéré des empreintes de loutre dans le sable et on a vu un phoque commun, des sternes, un fou de Bassan, deux plongeons catmarins, des cormorans, des fulmars et plein de bécasseaux qui couraient sur la plage, ainsi qu’un adorable groupe de gravelots qu’on a observé un moment aux jumelles. 🙂

Trouvez les limicoles! 😉

De retour au camping, on a joué aux cartes et discuté avec Tony et un couple de Sud-Africains “homeless”, qui enchaînent les voyages à vélo sur toute la planète. Là, ils avaient roulé jusqu’à Shetland depuis… Heathrow! Et leurs vélos sont bien équipés, ils se trimballent carrément des verres à vin! ^^’

Incroyable injustice au Jeu de l’EPFL… Trois “10” pour José!

Et voilà, c’était le récit d’une très chouette journée plutôt tranquille!
Le prochain article parlera d’une journée vraiment super (enfin, d’une partie de cette journée, car elle était tellement cool que j’avais beaucoup trop de photos pour un seul article ^^)… la dernière journée entière sur l’archipel! :0

A bientôt! 🙂

Sheltie19#24 Hillswick and back again

Hi there! 🙂
C’est parti pour la suite de la rétrospective shetlandaise. Aujourd’hui, je vous raconte notre dernière journée dans la péninsule de Northmavine avant de retourner à Levenwick, où se trouve notre camping préféré.

Camping de Braewick

Contre toute attente, on se réveille sous un ciel gris mais sec. Ces vacances, on aura vraiment eu du bol les jours où on devait plier la tente, car elle était miraculeusement toujours sèche! Ah, les petits plaisirs de la vie. ^^̈́’

Vue sur l’hôtel de Hillswick, le grand bâtiment en bois clair

On a donc plié bagage et on est allés faire la marche du Ness of Hillswick, d’un peu moins de 8 km. Comme souvent, on se retrouve à longer la côte et on croise quelques oiseaux, dont un gravelot (ci-dessous à droite) et des limicoles non identifiés.

On a aussi rencontré un berger sur son quad qui gueulait en rassemblant ses moutons. ^^

Ronas Hill au loin

On a guetté les loutres, sans succès, mais on a tout de même vu un phoque (c’est un peu le minimum syndical, dans le coin ^^). Et puis la côte était très sympatique, avec la vue sur West Mainland d’un côté et Ronas Hill de l’autre, la tête dans les nuages.

Goélands marins

On est passé devant un mini phare solaire puis on s’est extasiés devant les falaises rose-rouge de Braewick, les Drongs et d’autres splendides stacks. On voyait même le camping de Braewick qu’on venait de quitter, juste en face!

Les Drongs, et le camping de Braewick en arrière-plan

L’un des stacks avait une forme d’aileron de requin ou de nageoire dorsale d’orque, selon l’angle.

Selfie avec nageoire dorsale
Les falaises rose-rouge 🙂
Ribambelle de stacks

Tout en continuant à prendre des photos des Drongs de tous les côtés (je suis incorrigible), on a commencé à longer l’autre côté du Ness of Hillswick, pour faire une jolie boucle.

On a de nouveau croisé quelques brebis avec des agneaux vraiment jeunes et bien sûr incroyablement choux.

A la queue leu leu sur le sentier
Redescente sur Hillswick

A la fin de la balade, on est passés jeter un coup d’oeil au Hillswick Wildlife Sanctuary, une association qui recueille des jeunes loutres et phoques en mauvaise posture. Le plus souvent, ce sont des jeunes qui ont été séparés de leurs parents lors de grosses tempêtes, ou dont les parents ont disparu.

Une jeune femme nous a présenté trois jeunes phoques communs de 5 semaines, chacun retrouvé seul, séparés de leur mère après de forts vents. Ils étaient absolument adorables. Ils venaient d’être placés dans un bassin extérieur plus grand et observaient leur nouveau territoire, essayaient d’en sortir, nageaient dans l’eau avec grâce, soufflaient bruyamment par leurs narines… Ils allaient être relâchés à l’âge de 12 semaines environ, plus tard qu’à l’état sauvage (où ils arrivent à plus ou moins se débrouiller dès 6 semaines), car ils devaient tout apprendre par eux-mêmes.

Le centre s’occupait également de loutres au moment de notre visite, mais celles-ci étaient gardées à l’écart des visiteurs/humains car elles allaient bientôt être relâchées et les contacts étaient donc minimisés.

Hillswick Wildlife Sanctuary

On a quitté le sanctuaire vers 13 h et on est retournés au café du camping de Braewick pour y remplir nos estomacs. Les gérants ont leur propre ferme et proposent donc du boeuf maison, provenant du pré d’à côté. On a aussi mangé du cake au chocolat, car pas grand-chose n’arrive à rivaliser avec les incroyables cakes British géants, il fallait donc profiter pendant qu’on y était! ^^’

Dernière vue sur les Drongs avant de partir

On a ensuite dit au revoir aux deux adorables serveuses qu’on avait régulièrement croisées durant notre séjour à Braewick (une ado jouant super bien du fiddle et une Française) et on a roulé jusqu’à Lerwick. Plus on s’approchait, plus le temps était… disons… humide (j’allais écrire “pourri”, mais je trouvais trop négatif ^^).

A Lerwick, on a fait quelques emplettes avant d’aller admirer de superbes voiliers, dont le “Sea Cloud”, venu de Norvège pour une semaine spéciale de célébration de la voile.

“Sea Cloud”

On a discuté avec une autre touriste qui nous avait repérés au camping de Braewick (small world!), puis on est retournés planter notre tente au camping de Levenwick, où on est arrivés en même temps qu’une famille anglaise également croisée dans plusieurs autres campings. Décidément! ^^ On a aussi bien sûr retrouvé Tony, l’Anglais quasi résident du camping, qui nous a lancé un joyeux “Welcome home!”. Il faut dire que c’est un peu l’impression qu’on avait, de retourner à la maison. 🙂 Avec la vue sur la mer (sauf ce soir-là, car il y avait un sacré brouillard), la salle commune pour manger au sec (et à l’abri des midges) et discuter, et aussi John, le warden volontaire du camping, que ça faisait marrer de nous voir cuisiner dans la bruine! Il nous a même pris en photo pour l’envoyer à un autre couple de Suisses qu’il connaît bien car ils viennent chaque année pour prendre des photos sous-marines de fous de Bassan qui plongent!

La photo prise par John le warden

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui! On approche de la fin de la rétrospective, mais j’ai encore de sacrés coups de coeur à partager!
Bye et à bientôt! 🙂

Sheltie19#23 Eshaness

Hello!
C’est parti pour la suite de la rétrospective shetlandaise. Mine de rien, on se rapproche quand même gentiment de la fin (mais gentiment, hein!)! Et puisque c’est impossible de savoir avec certitude si on pourra voyager cette année, eh bien je vais pouvoir inonder le blog de photos de libellules et de quelques escapades en Suisse!

Mais on n’en est pas encore là, pour l’instant, c’est retour à Shetland!

Pour notre deuxième jour sur la péninsule de Northmavine, on a fait une chouette boucle de 13 km à pied en partant du phare d’Eshaness.

On a revu les superbes falaises aux origines volcaniques, sous une lumière vraiment splendide.

Cette fois-ci, on n’était pas seuls, contrairement au petit tour qu’on avait fait un soir deux jours plus tôt. Il faut dire que les falaises sont très connues et que des cars de touristes y viennent. D’ailleurs, au café de notre camping, il y avait régulièrement de grands groupes qui débarquaient. On a appris que certains étaient des passagers provenant des immenses bateaux de croisière faisant escale à Lerwick

Mais après une dizaine de minutes, on était de nouveau tout seuls! Comme quoi, à Shetland, il n’y a vraiment pas besoin de marcher beaucoup pour avoir l’impression d’être seul au monde.

Dans certains coins, les roches sont d’un noir absolument fou: là encore, il s’agit de restes volcaniques!

Du noir… au rose!

On a longé la côte dans une herbe magnifiquement verte, en franchissant stile après stile.

Je viens d’ailleurs tout juste de chercher la traduction de stile, car je viens seulement de me rendre compte que je ne sais pas quel est l’équivalent français. Verdict de Linguee: échalier!

Comme d’habitude, on croise des petits îlots rocheux et des moutons.

Après un petit moment, on s’est retrouvé sur une route au trafic inexistant. Pas une voiture, pas un humain, et même pas de mouton sur la route!

En revanche, on a eu une petite rencontre ornitho avec un oiseau émettant des cris plaintifs et se camouflant à merveille dans la bruyère. Il s’avère, après vérification grâce au groupe facebook “Shetland birds and wildlife”, que c’était un jeune pluvier doré! 🙂

Peu après, on est arrivés au Tangwick Haa Museum, qui porte sur l’histoire locale. La gardienne était adorable et a proposé de garder nos sacs pendant qu’on visitait les trois salles composant le musée, remplies d’objets hétéroclites, notamment la robe de mariée en soie de la femme d’un laird et des blocs de tourbe servant de moules pour la fabrication de hameçons!

Puis, on a pique-niqué dans le joli walled garden avant de reprendre notre marche côtière.

Au détour d’une plage rocailleuse, on est tombés sur tout un groupe de phoques qu’on a un peu remarqué au dernier moment. On était en train de discuter et on n’était pas du tout attentifs, donc ce fut une surprise mutuelle!

On les a observés un petit moment. Certains petits curieux nageaient proches de nous, d’autres bronzaient sur leurs rochers… et certains se bousculaient pour avoir une meilleure place!

Pendant cette partie de la balade, on a aussi eu de superbes vues sur Dore Holm, le “cheval qui boit”, sous plein d’angles différents!

Dore Holm et colonie de phoques
Ribambelle de phoques communs

Dore Holm, Dore Holm, et encore Dore Holm!

Des linaigrettes 🙂
Holm sous un autre angle
José qui m’attend, assis sur un “échalier”, huhu

Durant notre marche, on a aussi rencontré un Viking habillé de vieux filets recyclés, héhé. Il était bien sympathique. 😉

Puis nous avons bouclé notre boucle en retrouvant le phare d’Eshaness, après 4 heures environ (pauses incluses). Les nuages se sont amoncelés dans le ciel et on change donc notre plan initial, qui était de gravir Ronas Hill, le sommet de Shetland, situé à 450 mètres d’altitude.

A la place, on a décidé d’aller jeter un coup d’oeil au nord de Northmavine, en voiture.

Des Minions vers Hillswick

On a roulé jusqu’à Isbister, la pointe nord de Mainland, où on a trouvé un avion parqué devant une maison ainsi qu’un panneau interdisant d’aller plus loin en raison de l’Official Secrets Act. Bref, autant dire qu’on ne s’est pas attardés et qu’on a fait demi-tour.

On a ensuite roulé jusqu’à Collafirth Hill, le départ de la marche pour Ronas Hill, d’où on a une sacrée vue sur Sullom Voe et les environs. Ronas Hill est connue pour avoir des habitats de type toundra arctique, et on avait envie de voir à quoi ressemblait le coin, qui était effectivement bien différent du reste de l’archipel. C’est également dans ce coin que des harfangs des neiges de passage sont parfois aperçus. Là, point de chouette, mais une averse du tonnerre qui commence. Hop, on rentre donc au camping.

Pour une fois, ce ne sont pas les midges mais la pluie qui a rendu la cuisine difficile. Surtout que dans ce camping-là, point de cuisine aménagée. On a donc mangé des carottes crues et des tartines au beurre de cacahouète. 😉 C’est notamment depuis ce voyage qu’on a envie d’investir dans une tente avec un espace spécial pour cuisiner! ^^

On a tout de même passé une super soirée à faire les jeux du “Shetland Times”, et à jouer à Dobble et aux cartes!

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui! Dans le prochain article de rétrospective, ce sera toujours de superbes vues côtières, des stacks et des moutons (désolée pour le manque de variété, mais nous on ne s’en lassait pas, haha). Bye! 🙂

Sheltie19#22 La vie en rose

Bonjour! 🙂
Aujourd’hui, direction Muckle Roe, une île reliée à Mainland Shetland par un tout petit pont et sur laquelle nous avons fait une chouette marche de 11,5 km (d’après Walkhighlands mais on a réussi à en faire 13 avec des petites rallonges par-ci, par-là).

Je me réjouissais de faire cette marche depuis un moment car elle est considérée par beaucoup comme étant l’une des plus belles de l’archipel.

Et effectivement, on n’a pas été déçus! La côte est incroyablement belle et les roches ont des teintes roses vraiment superbes!

On a vu des petits lochs, des stacks, des failles, un minuscule phare, des phoques,… et puis toujours ces falaises roses de ouf.

On a aussi eu de chouettes vues sur mainland Shetland en face et des petites îles sur lesquelles on n’est pas allés, comme Papa Little (encore un Papa!), Linga et Vementry.

Trouvez José! 😛 (j’avais juste envie de rimer)

Notre pique-nique a été interrompu par une armée de midges. C’était le seul défaut de cette journée: on a vu beaucoup, beaucoup de midges, et pas qu’à Muckle Roe.

On est aussi passé les ruines d’une maison à Burg. La baie toute proche était utilisée comme port pour faire de la contrebande avec les îles Féroé!

De nos jours, pas de smugglers, mais des phoques se reposant sur le ponton!

Et puis on a vu un mouton MacDesigual! C’est l’équivalent écossais du mouton O’Desigual, décrit par Pénélope Bagieu dans le superbe récit de ses vacances en Irlande dont je ne me lasse jamais!

Le chemin du retour nous a fait longer Town loch, sur lequel nous avons pu observer de superbes plongeons catmarins vaquer à leurs occupations. On a essayé de prendre quelques photos mais on n’a vraiment pas le matos, c’était bien mieux avec les jumelles! 😉

On a aussi vu des étourneaux squatter des ruines et s’envoler tous en même temps, comme ils savent si bien le faire.

Le chemin de toute la dernière partie était un large “track” de terre et gravier, qui nous a fait passer devant quelques pans de bruyère en fleur et de la tourbe fraîchement coupée.

Mais ce n’était pas une partie de plaisir tout le long… On a été harcelés par des midges comme rarement. En fait, c’était la première fois qu’on se faisait embêter alors qu’on était en mouvement — et qu’on marchait vite, en plus. On avait l’habitude de se faire attaquer à l’arrêt (en mangeant, cuisinant, montant la tente…), mais une attaque mobile en mode “tête chercheuse”, ça, on ne connaissait pas encore (enfin, au Gap of Dunloe, en Irlande, on s’était fait un peu harceler en marchant, mais c’était rien comparé à Muckle Roe!).

The “midges track”

Bref, c’était un réel soulagement quand le vent s’est levé et que les midges ont disparu aussi vite qu’ils étaient apparu! On a passé le reste de l’après-midi à écrire des cartes postales et lire dans des fauteuils cosy de l’hôtel de Hillswick, avant d’aller faire des courses à Brae. On a aussi décidé d’y manger car on avait peur de se faire dévorer en cuisinant dehors. Wise decision! On a super bien mangé au Mid Brae Inn (et on a croisé des Glaswégiens super sympas rencontrés à Levenwick) et quand on est retournés au camping, c’était effectivement l’infestation de midges!

Des nuages de midges nous attendaient et une trentaine de monstres ont réussi à s’infiltrer dans la tente en même temps que nous, donc on avait une activité toute choisie avant de dormir: la chasse aux midges!

Et voilà, c’était un article avec beaucoup de photos et peu de texte, car c’est l’heure de retourner bosser sur mon mémoire! Dans le prochain article, je vous parlerai d’une autre super marche autour de la péninsule d’Eshaness! Bye!

Sheltie19#21 Vouiiiiii!

Bonjour à tous!
Aujourd’hui, je vais vous raconter une journée pleine de surprises dont on se rappellera encore longtemps avec José!

Première surprise du jour: le linge mis au séchoir la veille au soir n’est toujours pas sec, or c’est le jour où on avait prévu de quitter le camping de Skeld pour s’aventurer plus au nord. Par chance, il fait grand beau, donc on étend nos affaires dehors avant d’aller prendre notre petit-déjeuner au Cake Fridge & Tea room vers East Burrafirth, dont on avait vu un flyer dans la salle commune du camping.

Vue sur un bras de mer en face du Cake Fridge & Tea room

Ce tea room a été une révélation, que dis-je, un véritable coup de foudre! C’était tellement bon, et le personnel était tellement sympa, qu’on y est revenus plusieurs fois durant le reste du séjour, même quand ce n’était plus la porte à côté! Aaah, rien de tel qu’un délicieux chocolat chaud et un cake à la banane pour attaquer le reste de la journée! 🙂

Yum, yum, yum!

On a passé une bonne partie de la matinée dans le tea room, on s’y sentait bien et on n’avait pas énormément de plans pour cette journée, à part faire sécher notre linge. On y a même goûté un roll au Sassermeat beef, une spécialité shetlandaise. Yum!

On finit quand même par retourner à Skeld pour plier habits et tente. Là, avant de partir, José jette vite fait un coup d’oeil sur Facebook… Un groupe d’orques a été vu le matin à Nesting, puis il y a peu vers Lunna Kirk. C’est un coin où on n’était pas encore allés et on décide de tenter notre chance! On roule jusqu’à la péninsule de Lunna et on se parque au bout de l’unique route, où se trouve le départ d’une marche dont parle notre petit guide “40 Coast and Country Walks”. Là, on commence à marcher vite, dans l’idée d’atteindre Lunna Head et d’avoir ainsi une vue sur les deux côtés de la péninsule. On longe la côte en scrutant l’eau. Les orques n’ont pas été vues depuis une heure au moins et elles pourraient être absolument n’importe où, avoir pris n’importe quelle direction.

Et puis soudain… Je n’en crois pas mes yeux, mais voilà une immense nageoire dorsale noire qui perce la surface!

Premier repérage d’orque!

C’est l’euphorie! Il y a 6-7 orques, dont deux jeunes, et en plus ils vont dans notre direction! On les a vus longer la côte, si impressionnants, si beaux, si rapides. Wahou. Les photos d’orques qui suivent ont été prises par José avec le télé (je crois), moi j’ai un peu filmé mais je mettrai ça à la toute fin de la rétrospective.

On les suivait en marchant/courant/sautant comme des moutons! Je ne vous raconte même pas la poussée d’adrenaline. C’était un moment un peu irréel, où on ne comprenait pas trop ce qui nous arrivait tellement on en avait rêvé sans trop y croire. Les orques sont passées vraiment proches de nous, avant de s’éloigner en direction de Mossbank.

Pour donner une idée de leur proximité par rapport à la côte!

On les a vraiment bien vues, même si en un éclair, tout d’un coup, c’était passé. Nos coeurs qui battaient la chamade ont pu se calmer, pendant qu’on suivait encore le groupe aux jumelles. Là, on a rencontré une Américaine vivant à Shetland depuis dix ans et qui nous a dit que c’était la première fois qu’elle voyait enfin des orques.

Bref, on se rappellera toujours de Lunna Ness avec beaucoup d’émotion!

On s’est d’ailleurs offert un selfie “orques”, où on a à peu près les mêmes expressions que lors de notre selfie “loutres” à North Uist en 2016, pour célébrer notre toute première observation de loutre sauvage! 😉

On a vu des ORQUES! 😀

Après cette expérience, autant dire qu’on était déjà bien satisfaits de notre journée, huhu. Et ce n’était pas fini! Après avoir réalisé un rêve en observant ces majestueuses (et bad ass) créatures marines, et alors qu’on flottait sur notre petit nuage d’intense bonheur, on a décidé de reprendre notre plan initial de la journée: rejoindre la région de Northmavine.

En chemin, on s’est arrêtés à Brae pour manger des fish & chips au soleil et faire quelques courses au Co-op (où, en voyant la longue queue à la caisse, on s’est dit qu’on allait tester le self checkout… Big mistake! C’était bien plus sophistiqué qu’en Suisse: il fallait peser le sac au début, puis peser chaque article, puis bien sûr quelqu’un devait venir vérifier à chaque fois qu’on scannait une bouteille de bière, et il y avait des beugs tous les deux articles… Bref, on a compris pourquoi personne n’utilisait les caisses automatiques! ^^).

Vue sur une ferme de poissons, l’une des industries les plus importantes de l’archipel

L’entrée dans la région de Northmavine est marquée par Mavis Grind. A cet endroit, le bout de terre séparant la mer du Nord de l’Atlantique est le plus étroit de tout le Royaume-Uni. A une époque, plutôt que de faire tout le tour de la péninsule Northmavine, aux eaux dangereuses, les marins tiraient leur bateau sur la terre ferme pour retourner à l’eau de l’autre côté. Du coup, pour éviter que l’ennemi fasse de même et passe facilement durant la Seconde Guerre mondiale, les Shetlandais ont posé des “Toblerone” en béton pour empêcher le passage, on peut d’ailleurs encore les voir.

On était passés dans le coin pour aller au point de départ de notre sortie en kayak et on avait trouvé super joli, donc on a décidé d’aller se balader.

Vue sur l’Atlantique

En plus, avec le temps absolument radieux, l’eau scintillait au soleil. Elle était carrément turquoise à certains endroits, wahou!

José qui prend de la hauteur

Depuis les collines alentour, on voit vraiment bien l’étroitesse du pan de terre (ainsi qu’un grand hôtel, cf. le bâtiment blanc)!

On a marché de petite colline en petite colline, toujours au soleil.

Au retour, on est passés jeter un coup d’oeil aux ruines d’un chambered cairn qui, à notre arrivée, étaient occupées par deux moutons! On s’est mutuellement surpris et les moutons ont filé au quart de tour…

… mais pas pour aller très loin! Une fois en sécurité de l’autre côté du mur, le jeune s’est retourné pour nous observer. Haha, mais quelle bouille! ^^’

On a ensuite roulé jusqu’au camping de Braewick en passant par de splendides coins dans lesquels on avait prévu de marcher les jours suivants.

La vue depuis le camping, qui a aussi un café-restaurant, est vraiment splendide, avec plein de sea stacks, notamment les Drongs de Hillswick au loin, sur la droite.

On a planté notre tente derrière celle du couple anglais vu à Skeld, qui devait commencer à croire qu’on le suivait partout, haha! L’archipel est petit, c’est marrant de se recroiser un peu partout.

Ayant mangé des fish & chips à 15h, on a étonnamment pas très faim (haha) et on reprend donc la voiture pour aller faire un petit tour du côté d’Esha Ness. Les paysages sont grandioses et on repère notamment Dore Holm, le “cheval qui boit”.

Dore Holm

Arrivés aux falaises d’Eshaness, on se promène un peu en admirant la vue. La lumière est splendide et les falaises sont magnifiques, avec des roches volcaniques sombres. D’ailleurs, Eshaness était un volcan actif il y a 390 millions d’années!

Puisque la faim (et la soif, aussi) n’est tout de même jamais bien loin, on retourne au camping et on se pose devant la tente pour boire une bière et lire le “Shetland Times”, acheté au Co-op. Je trouve super cool de lire les journaux locaux quand je me balade en Ecosse, ça donne vraiment un aperçu de la vie sur place. Et puis on a appris des choses capitales, notamment que le Cake Fridge & Team room a en fait des distributeurs de cakes à plusieurs endroits de l’archipel! Décidément, ces gens connaissent le chemin le plus rapide jusqu’à mon coeur (enfin, estomac)!

On en a aussi appris beaucoup sur la politique locale (c’était bientôt l’heure d’une élection au parlement écossais, on voyait les affiches jaunes de campagne d’une mec du SNP absolument partout dans le sud de Mainland!), on a eu droit à une photo couleur de Nicola Sturgeon, la première ministre, en train de manger un glace lors du “Sandwick’s fun day”, et puis sinon ça parlait beaucoup de la foire de moutons et vaches de Voe, du récent concours de poneys Shetland, de compétitions de chiens de berger et hockey sur gazon… Il y avait aussi des photos de tous les Shetlandais ayant récemment reçu un diplôme, des photos de mariage, des photos de jeunes bourrés faisant n’importe quoi et aussi un reportage sur les problèmes des “Birthday buses”. Et bien sûr, une rubrique “Courrier”, où on a pu s’essayer au déchiffrage de messages en Scot et Shetlandic. Eh oui, même à lire c’est pas toujours facile, haha! Bref, c’était très instructif. Et comme on ne se refait pas, j’ai également pu remettre ma casquette de correctrice et m’exaspérer devant certaines fautes…

Passangers… It fills me with anger… ^^’

On s’est aussi amusés à faire des genres de mots croisés avant de préparer un bon repas tout en admirant la vue…

… sauf que c’était sans compter sur la fidélité des midges, qui nous ont poussés à nous retrancher dans la tente!

Vue depuis le camping

Et voilà, what a day!
Bye et à bientôt pour le prochain article (jeudi si j’arrive!)!

Sheltie19#20 Papa Stour

Bonjour à tous! C’est déjà le 20ème article de la rétrospective shetlandaise, et il sera long! Eh oui, car aujourd’hui on part direction Papa Stour, l’île rouge (surnom pas du tout officiel donné par moi), un endroit vraiment splendide, et que du coup j’ai eu toute la peine du monde à tenter (en vain) de faire un tri strict des photos.

Bref, ce jour-là, José et moi nous sommes levés à 7h15 pour partir direction West Burrafirth. La single track road pour y aller depuis Skeld est splendide et traverse une belle campagne vallonnée avec des lochs partout.

Les nuages guettent, le ciel change constamment, ce qui donne des lumières et ambiances assez incroyables.

Une fois arrivés au terminal du ferry de West Burrafirth, nous voilà entièrement enveloppés par la brume, c’est impressionnant et un peu mystique!

Mais comme souvent, ça change vite, et la brume est déjà en train de se lever alors que notre ferry quitte le petit port, direction Papa Stour!

Papa Stour

Après trente minutes, on débarque sur l’île de… 15 habitants! Une chose est sûre, il n’y a pas de problème de foule. Au 19ème siècle, pourtant, il y en avait 360. Son nom vient de Papey Stóra, qui signifie “grande île des prêtres”, car des prêtres celtiques missionnaires s’y seraient installés déjà au 6ème siècle. Même que les premiers habitants de l’île sont sûrement arrivés bien avant, vers 3000 avant J.-C.

On avait envie d’aller sur Papa Stour pour en faire le tour à pied, une très chouette marche d’un peu moins de 16 km qui offre de superbes vues, avec notamment de belles formations géologiques.

Avant les arches de pierre et les falaises, on croise d’abord quelques habitants poilus et laineux de l’île. On va aussi voir une maison Norse reconstituée avant de visiter la petite église locale, qui abrite une jolie peinture de cygnes, des vitraux ainsi que des informations sur l’île.

Le coin archéologique, avec une maison Norse reconstituée au second plan

On commence ensuite à longer la côte. Le sable des plages est rose-rouge, c’est impressionnant! Et la vue sur Mainland encore enveloppé de brume par endroits est magique.

Des pans de brume du côté de Mainland

On croise un homme avec son chien. Ce dernier, un joli chien noir de type cocker, porte un lapin mort dans sa gueule et a l’air tout fier de lui. En même temps, dans ces îles, les lapins ne doivent pas avoir énormément de prédateurs, à part peut-être certains oiseaux.

On a longé la côte presque toute la journée, admirant une succession de falaises et de criques, avec des roches rouges incroyables, du lichen orange flash et, parfois, quelques déchets échoués sur des plages inatteignables, ramenés à terre par les vagues.

On a aussi vu plein de grottes, en se demandant parfois ce qu’on pouvait y trouver, et si elles étaient accessibles en kayak.

Et partout, des “stacks” imposants, toujours debout dans l’océan malgré l’inlassable érosion par les vagues et le vent. Enfin, pas tous, justement. Le “Horn of Papa”, qui était apparemment célèbre pour avoir été mentionné dans une chanson, Rowin Foula Doon, s’est effondré lors d’une tempête en 1953.

Et puis ça reste l’Ecosse, donc l’île n’est pas seulement rouge, elle est aussi très, très verte, avec de grandes prairies et des pans de tourbe.

On a vu plusieurs planticrubs utilisés, peut-être pour du chou kale, avec des filets pour empêcher les fulmars de venir y nicher.

Et puis, pour notre plus grand bonheur, on a vu… Foula! Eh oui, émergeant du brouillard, au loin, on a enfin pu mieux discerner les contours d’une île sur laquelle on était allés en pleine brume quelques jours plus tôt.

Foula

L’île est aussi très rocailleuse, avec pas mal de cailloux et rochers aux teintes rosées, comme la couleur des falaises.

On a vu plusieurs ruines de moulins, vers lesquelles on s’est posés pour pique-niquer.

Pour nettoyer les plages en ramassant les déchets, sur Papa Stour comme dans d’autres endroits de l’archipel, c’est sportif. Dans les centres communautaires, il y a toujours des infos sur la vie locale, et on a pu voir des photos de gens descendant en rappel pour aller chercher les déchets, puis faisant remonter d’immenses sacs poubelles. Pour nettoyer le lac Léman, on a besoin de plongeurs, eh bien à Shetland il vaut mieux aimer l’escalade.

Puis on a vu un trou béant lié à l’effondrement d’une caverne. Ça aussi, c’était impressionnant, de soudain voir ce gouffre s’ouvrir devant soi. Et puis quand la visibilité est vraiment mauvaise, il vaut mieux se rappeler où il se trouve! ^^’

Le slogan de l’île est “Sculpted by the sea”, et ça lui correspond à merveille. A chaque passage de nouvelle colline, on découvrait un nouveau pan de côte superbe.

José qui me fait les cornes, pour changer ^^’
Arche après arche
Torrent herbeux

Comme partout à Shetland, il y avait également beaucoup de fulmars! Et comme souvent, pas facile d’obtenir un cliché sans photobomb d’oiseau, mais ça a aussi son charme. 😉

Et puis gentiment, le paysage a commencé à changer, pour prendre des allures de landes parsemées de petits lochs. On a commencé à grimper vers le sommet de l’île, Virdi Field.

Vue sur Virdi Field

Et quelle ascension! Après tout, le sommet de l’île est situé à… 87 m d’altitude, haha! Bref, ce n’était pas un challenge physique (non, non, on n’a pas manqué d’oxygène, je vous assure), mais la vue était quand même superbe! On voyait tout Papa Stour, ainsi que des bouts de Mainland.

On a aussi pu observer les va-et-vient d’un avion qui enchaînait les atterrissages et décollages sur l’airstrip. Sûrement un pilote qui s’entraînait.

L’avion, avec la piste visible entre le loch et l’océan

A ce moment-là, plus aucun pan de brouillard. L’eau scintillait au soleil, c’était splendide. On a mangé des digestifs au chocolat noir au sommet, c’était bien chouette. 🙂

José l’aventurier
Pano de José

Puis on est gentiment descendus de l’autre côté pour compléter notre tour de l’île, mais alors vraiment sans se presser. Le ferry du retour ne partait qu’à 18h55, donc on avait vraiment le temps.

La côte nord de l’île avait moins de grandes falaises mais était tout aussi sublime, avec des plages et des stacks, et des moutons et de l’herbe vert vif.

Ah, Shetland. 🙂

J’adore comme on peut repérer d’immenses fleurs blanches sur les stacks… eh oui, elles ont trouvé les seuls coins inaccessibles aux moutons! On voit aussi bien que c’était marée basse, avec une bande claire au pied des parois rocheuses.

terre-eau-terre-eau-terre-eau-terre!

Arrivés vers une jolie baie, on s’est posés dans l’herbe pour manger une pomme en observant les quelques phoques présents, des sternes arctiques qui pêchaient ainsi que les éternels huîtriers-pies, criaillant sans cesse (un peu comme les sternes, en fait ^^).

Un phoque gris de profil

On a même fait une sieste au soleil, c’était parfait. Il faut dire qu’on commençait à se dire qu’il fallait qu’on prenne sacrément notre temps, histoire de ne pas passer trois heures à attendre le ferry.

J’ai cherché Enallagma cyathigerum, la seule libellule (enfin, demoiselle) résidente de Shetland, dans tout l’archipel… en vain!

On a tout de même repris la marche et fait encore quelques belles observations, dont des Arctic skuas et des grands gravelots.

Puis on a trouvé des ruines recouvertes de lichen, le coin parfait pour faire une petite séance photo avec Whisky (eh oui, je vous le dis, on avait tout le temps du monde)!

Mais même en prenant plein de photos de moutons (vrais et en peluche), on a tout de même fini par arriver de nouveau au ferry terminal. La boucle était bouclée!

On a fait un saut dans la salle d’attente très bien faite du terminal: informations sur l’île, échange de livres, thé et café soluble à dispo… C’était bien équipé! Parmi les livres, il y avait notamment un “Prayer first aid kit — Prayers for every day dilemmas, decisions and emergencies”. Je ne pensais pas qu’il existait des trousses de secours dans le genre!

Puis j’ai fait une énorme erreur: j’ai activé les données mobiles sur mon natel. Il avait de la peine à se remettre d’un beug, il croyait tout le temps qu’on était en 1970 à chaque fois que je désactivais le mode avion. Bref, c’est là que j’ai reçu une notification du groupe facebook “Shetland orca sightings”. Il y avait des orques à Levenwick, en train de chasser des marsouins près de Mousa!! A Levenwick, en plus, le lieu de Shetland où on avait passé le plus de temps! Là tout d’un coup, on s’est sentis coincés sur Papa, avec 2h à attendre le ferry du retour. Caramba, on a bien ressenti notre FOMO – Fear of missing orcas, bien sûr!

Puisque de toute façon on n’avait pas franchement d’autre choix que d’attendre le ferry, on est retournés se promener sur une plage pas loin pour essayer de ne pas penser aux orques mangeant des marsouins en face de notre camping préféré.

Le sable rouge, les dessins de l’eau dans le sable, la lumière du soleil commençant gentiment (très gentiment) à songer à aller se coucher,… C’était beau!

Un delta miniature

Finalement, on a pu embarquer sur le ferry, qui nous a ramenés sur Mainland dans une splendide lumière dorée, avec des vues sur Muckle Roe, Hillswick et Eshaness, plein d’endroits qu’on se réjouissait d’aller voir de plus près.

Désormais, j’ai hâte d’aller visiter une autre île “Papa”: Papa Westray, Papay pour les intimes, dans les Orcades. J’ai notamment envie d’y aller depuis que j’ai lu “The Outrun”, d’Amy Liptrot, un livre qui m’a beaucoup touchée!

Bref, ce jour-là, après une magnifique journée sur Papa Stour, on a bataillé avec les midges pendant notre repas puis on a passé la soirée à discuter avec une autre campeuse, une mère de famille shetlandaise déjà rencontrée à l’hostel d’Unst et qui profite des week-ends pendant les vacances d’été pour aller camper aux quatre coins de son archipel avec ses enfants et son mari. Elle était vraiment hyper sympa et c’était cool de pouvoir parler plus longuement avec des habitants de Shetland!

Voilà, c’est fini pour aujourd’hui!
J’espère pouvoir écrire le prochain article pour lundi, mais il faut quand même que j’avance mon mémoire de master, donc on verra bien! D’ici là, bonne fin de semaine et portez-vous bien! 🙂