Scot25#44 Unrest in Inverness

Bonjour!
C’est parti pour la suite de la rétrospective écossaise de 2025. Puisque la Diagonale écossaise est désormais close, j’ai changé le libellé du titre (de “Scottish Diagonal” à “Scot25”, sur le modèle de mes autres rétrospectives de vacances), mais je continue avec la numérotation, vu que c’est tout de même le prolongement du même voyage.

Beau ciel de minuit, Durness

Après une deuxième nuit à Durness (un peu bof, on ne se sentait de nouveau pas en forme), on s’est réveillés peu après 6h30 pour plier bagage. Par chance, il ne pleut pas et la tente est sèche, yihaa! Autre coup de bol: il reste pile deux tranches de cake à la banane au Breakfast Bar du camping. Le serveur, un Allemand sympa rencontré la veille (et qui voulait vivre la “van life” en Europe mais a fait l’erreur de commencer par l’Ecosse et a tellement aimé le pays qu’il n’est jamais reparti ^^), nous offre même deux petites bouteilles d’eau pour la route. Eh oui, car ce matin-là, on embarque dans le bus pour Inverness.

L’ambiance dans le bus est très sympa, on sent que c’est vraiment une “lifeline” locale. La chauffeure connaissait tous les locaux et leur tapait la causette, c’était chouette. Pendant le trajet, j’admire le paysage — aussi car les “winding roads” me rendaient un peu malade. Kinlochbervie, Loch Stack, Lairg… on est passés par plein d’endroits déjà traversés lors du trek ou de précédents voyages. On observe plein d’oiseaux depuis le bus, dont un grand corbeau, un vanneau huppé et au moins un aigle royal!

Food, food, food

A midi, nous voici à Inverness, et cinq minutes plus tard, au Travelodge où on a réservé pour deux nuits (on n’avait rien trouvé de mieux, et on ne recommande pas spécialement ^^). On pose nos affaires dans la chambre puis on va manger chez Wild Wee Pancakes, où on se gave de délicieuses crêpes salées et, grosse erreur qui nous a valu d’être en coma digestif pour le reste de la journée, de pancakes et gaufre en dessert. On a clairement eu les yeux plus gros que le ventre. ^^

L’après-midi, on va à Leakey’s Bookshop, que je rêvais de visiter depuis un moment. Il s’agit de la plus grande librairie de seconde main d’Ecosse. Elle se trouve dans une ancienne église gaélique et le cadre est incroyable, avec plein de livres, cartes et illustrations, certains vieux de plus de 100 ans. On passe un bon moment à parcourir les rayons, même si on sait qu’on n’a pas la place d’acheter quoi que ce soit.

On a passé le reste de l’après-midi à faire des courses. On fait le tour des “Outdoor shops” pour des plats lyophilisés (on cherchait des Real Turmat, en vain, mais on a trouvé des plats Expedition Food, bons aussi), une nouvelle poche pour l’eau à filtrer (notre “bladder” a des fuites malgré les super réparations de José, au scotch) et une banane Cotopaxi pour accéder plus facilement à mon natel et à l’appareil photo. On passe ensuite chez Waterstones pour acheter un nouveau carnet (j’arrive au bout du premier), des stylos et… le guidebook et la carte du Skye Trail, notre prochain trek. Eh oui, vu qu’il nous reste du temps avant de rentrer en Suisse, on a décidé d’enchaîner avec une autre randonnée longue distance!

C’est toujours difficile pour moi de rentrer dans un Waterstones sans acheter de bouquin. Tout est si beau et coloré, et leur choix de livres sur l’Ecosse et de Nature Writing est toujours impressionnant! Mais bon, j’ai résisté cette fois-ci… ^^

On traverse aussi le Victorian Market, très joli. On visite quelques petites boutiques mais on ne trouve rien dont on a besoin (pas sûr qu’une épée serait très utile sur le Skye Trail ^^).

Après un passage au Co-op pour se ravitailler en snacks et porridge, il est déjà 16h passées et on retourne à l’hôtel pour se reposer un peu. On n’est pas fan de shopping, et on est crevés par notre après-midi. ^^’

A 18h30, on part retrouver Alex et Carmen (nos amis australiens rencontrés sur le CWT) au Food Court du Victorian Market. L’ambiance y est très chouette, il y a même de la musique live — et c’est plein, le lieu a clairement du succès.

On mange, puis on prend la direction de Hootananny, un pub connu pour sa musique live — on m’a demandé mon âge à l’entrée, ça faisait longtemps, mouhaha (mais je n’ai quand même pas eu besoin de montrer mon ID ^^). On passe une super soirée à boire des bières et écouter de la musique. Le groupe de ce soir-là s’appelle Tuath (qui signifie “nord” en gaélique), mené par Blair Teska (au piano et à l’accordéon) et avec un joueur de fiddle hyper talentueux. Une chanteuse gaélique présente dans le public est montée sur scène pour deux chansons, c’était génial. On a aussi eu droit à des reprises folk de Jurassic Park et Avicii, haha.

Puis on retourne à l’hôtel, je ne me sens pas en super forme et j’ai besoin de me reposer. José cire nos chaussures (qui étaient devenues si rigides ^^) pendant que j’écris dans le carnet, mais je ne suis pas satisfaite de mes nouveaux stylos — la quête allait donc continuer le lendemain… ^^

Le récit du jour suivant dans mon carnet commence donc par ces mots: “Bonne nouvelle: j’ai trouvé mon stylo préféré, le Pitt Artist Pen 0.1 de Faber-Castell, donc tout va à nouveau pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, haha”. J’étais en effet tellement déçue des stylos achetés la veille que j’ai dû me résoudre à acheter un “manga set” de quatre stylos pour trouver celui que je voulais, qui n’était pas vendu individuellement. ^^

Bref, pour ce deuxième jour à Inverness, on a fait la grasse mat’ puis on a bougé au Food Court du Victorian Market pour manger des pâtes vers 13h. Commence ensuite la quête pour les derniers trucs qui nous manquent: des Compeed, les fameux stylos (finalement trouvés chez Waterstones), et la mission, jusqu’ici impossible, de refaire notre stock de mélange de noix. On est même allés dans d’immenses Marks & Spencer et Morrison’s mais on est ressortis bredouille. Il y avait des dizaines et dizaines de choix pour des chips, mais pas un seul paquet de noix sans sel ajouté. On est aussi tombés sur un rayon ultra coloré de “gâteaux de fête”, qui se conservent hors frigo pendant des semaines. Je n’ose pas imaginer ce qu’il y a dedans, ça faisait ultra chimique… Ma frustration s’exprime dans le carnet: “C’est fou comme c’est difficile de trouver des snacks sains dans ce pays…”

On passe ensuite chez Perk Coffee + Doughnuts pour… un café et un donut (sans surprise, haha), mais il n’y a ni table de libre (pour écrire) ni WiFi (pour sauver mes photos, car le WiFi du Travelodge est inutilisable, alors qu’on a payé un supplément pour y avoir accès… José s’est même retrouvé vingt minutes au téléphone avec leur service IT, en vain ^^), donc on va se poser plus longuement au Café de Paulo du Victorian Market.

J’écris une carte à mes parents – qui ont le plaisir (?), après chaque grosse étape de trek, de recevoir les trucs dont on n’a plus besoin, genre cartes, guides, et même “chaussettes trouées mais qu’on ne veut pas jeter car on a l’espoir de pouvoir mieux les rapiécer dans le futur”. ^^’ Je joins à chaque fois une carte achetée sur place, for good measure. Avant d’inclure dans le colis les stylos du “Manga set” dont je n’ai pas besoin pour le trek, j’ajoute un petit dessin à la carte: un phoque et un macareux en vol, inspirés de notre soirée à Kearvaig. Ça me fait plaisir de dessiner et de tester mes nouveaux stylos, héhé.

A 16h30, le café ferme et on retourne à l’hôtel se poser un moment avant de ressortir pour manger. On longe la rivière Ness jusqu’au Waterside Restaurant, qu’on avait réservé car le menu, bien qu’un peu cher, changeait des fish & chips et burgers habituels (dont on avait eu notre dose) et donnait vraiment envie. Pas de bol, c’est la Fête des pères et il y a donc un menu spécial (ce qui n’était pas précisé quand on a réservé). Au choix: fish & chips ou burger. Raaaaaaaah. Sur le moment, on en a vraiment marre d’Inverness, entre l’hôtel au WiFi payant mais pourri, les magasins mal fournis, les retours de flamme des voitures (fidèle à nos souvenirs de 2021, Inverness est bourrée de voitures ultra bruyantes), les feux piétons hyper longs… Bref. On passe quand même une bonne soirée, avec une bonne entrée (un délicieux Scotch egg) et un bon dessert (apple pie) et, surtout, la bonne compagnie (même que le resto était si bruyant, c’était crevant!).

Puis retour à l’hôtel pour notre dernière nuit à Inverness, qui n’est décidément pas notre ville de prédilection. On ne tient pas en place et on a hâte de recommencer à marcher, de retrouver la liberté et les grands espaces de l’Ecosse rurale…

Et voilà, c’est la fin de cet article, long en texte et pauvre en photos. Dès le prochain épisode, on sera sur l’île de Skye, avec ses paysages époustouflants et, donc, pleeeeein de photos. 😉

Je suis aussi occupée au montage d’une vidéo sur la Diagonale écossaise, donc je vais réduire le rythme de publications sur le blog, en essayant de poster quand même une fois par semaine.

A bientôt! 🙂

Scottish Diagonal #43 Rest in Durness

Bonjour tout le monde!
Aujourd’hui, je vais vous raconter notre très chouette journée de repos à Durness, juste après la fin de notre Diagonale écossaise.

On n’a pas très bien dormi après notre soirée festive (nos corps n’étaient sans doute plus habitués à autant d’alcool — j’avais bu trois bières, haha ^^’), mais nos réveils durant la nuit nous ont permis d’admirer le splendide ciel nocturne. Il y avait même une alerte rouge pour les aurores boréales, mais on n’a rien vu, entre le ciel assez nuageux et la luminosité un peu trop élevée, si proche du solstice (c’était le 13 juin) et autant au nord (>58°).

On s’est réveillés à 7h30 à cause de la chaleur du soleil (ça faisait un bail!) et on a pu dire au revoir à John, Joey, Alex et Carmen, qui prenaient le bus pour Inverness. Puis on a pris des “morning rolls” et des mochas au Breakfast Bar du camping et on les a dégustés sur un banc avec vue sur la plage — et pas n’importe quelle plage, une “Award winning beach”, comme le précise un panneau en contrebas que je me souviens avoir vu en 2016 déjà. ^^

Le lieu est vraiment splendide, et la lumière changeait en permanence, transformant la couleur de l’océan et des collines.

Malgré beaucoup de vent durant la nuit, la météo du jour était calme et clémente. Mais le toponyme gaélique de Durness, Diùranais, pourrait signifier “Tempest Point”, et on n’a pas de mal à imaginer des tempêtes se déchaînant sur cette côte.

Après notre petit-déjeuner très pittoresque, on est retournés se poser un peu dans la tente, mais même avec l’auvent ouvert, il faisait chaud (un problème qu’on a rarement en Ecosse ^^).

On est donc partis se promener. En traversant le camping pour rejoindre un sentier sur les falaises, on passe devant un couple de retraités néerlandais dont la femme jouait de la harpe! C’était super beau et allait si bien avec le cadre (elle avait l’air d’apprendre “Over the Rainbow”) — et sa harpe était très belle, en bois avec des motifs celtiques sculptés. Bref, ça m’a donné des idées pour la retraite, haha. ^^’

On a fait une jolie balade autour de Faraid Head avant de rejoindre Balnakeil, un patelin connu pour son “crafts village”.

Le coin était vraiment magnifique. Il y avait des petits pinous qui couraient partout (= des lapins, pour ceux qui ne parleraient pas le pinou ^^), un groupe d’oystercatchers, des vanneaux huppés et une compagnie d’oies cendrées en vol.

On a aussi croisé un groupe de jeunes qui avaient l’air d’être des étudiants en field trip. Ils avaient des porte-documents de terrain mais on ne sait pas trop ce qu’ils étudiaient, et d’où on était on avait surtout l’impression qu’ils se reposaient dans l’herbe. ^^

Puis on a atteint des dunes et la splendide plage de Balnakeil Bay, rayonnante sous le soleil.

On a visité l’église en ruine de Balnakeil, entourée de son cimetière avec vue sur la mer. On y trouve un mémorial pour Rob Donn, un fameux poète gaélique du coin.

On a ensuite marché jusqu’au Crafts Village, où on a visité de chouettes galeries d’art et boutiques locales (j’ai craqué pour de belles cartes). Puis on s’est posés chez Cocoa Mountain (il y en a aussi un à Dornoch, qu’on avait visité en 2023, et leurs chocolats chauds sont vraiment bons!) pour un “lunch” sucré: assortiment de chocolats, brownie, croissant au chocolat noir, mocha… ^^’

José est allé se faire couper les cheveux dans une galerie d’art voisine (si, si! L’artiste fait aussi coiffeur, masseur, nettoyeur et gérant d’une Maison hantée, une attraction locale ^^) pendant que j’écrivais des cartes, lisais et sauvegardais les photos de l’appareil sur mon natel. Puis on est retournés à pied à Durness et on est passés au SPAR pour faire des provisions pour notre trajet du lendemain direction Inverness. On a craqué pour une barquette de fraises locales qu’on a ensuite englouties depuis l’auvent de la tente, en regardant les lapins batifoler dans le camping.

Il est 15h15, il pleut au soleil, et on hésite: on est bien tentés par la Golden Eagle Zipline, une tyrolienne qui fait atterrir sur une plage, mais c’est trop loin à pied et ça ferme tout bientôt. On essaie de faire du stop pendant dix minutes puis on abandonne et on marche à la place jusqu’à la fameuse Smoo Cave, une superbe grotte naturelle. En chemin, on passe devant “the Pooch Pantry”, une “honesty box” pour chiens, avec des friandises, pinces à tiques et autres accessoires canins. ^^

Arrivés à la grotte, on ne regrette pas notre décision d’être venus là! Pendant le trajet, il a commencé à pleuvoir à grosses gouttes, et on a pu s’abriter dans la grotte juste à temps pour éviter un gros orage — ça sentait fort le pétrichor.

La grotte est impressionnante et peut se visiter soit à pied, grâce à une passerelle en accès libre, soit en bateau lors de tours guidés, mais ces derniers étaient déjà terminés lorsqu’on est arrivés. Une rivière traverse la grotte, qui abrite aussi un bassin. Sous certaines conditions, lorsqu’il pleut et que le vent souffle du sud-ouest, un loch en amont déborde et crée une cascade qui arrive directement dans le bassin de la grotte. Ce n’était pas le cas à notre arrivée, mais des employés de la grotte nous assurent que ça ne va pas tarder. On retient tous notre souffle en regardant la pluie qui tombe fort dans le lac de la grotte, en attente de la cascade. Elle se fait attendre, donc après une bonne vingtaine de minutes, on repart, avec l’idée de revenir plus tard. On est allés manger au bar du Smoo Cave Hotel, et c’était pas mal du tout. On a même pu admirer un bel arc-en-ciel par la fenêtre. 🙂

Le soleil est revenu et nous accompagne alors qu’on redescend vers la grotte. Belle surprise: deux faucons crécerelles pas farouches se laissent bien observer autour du sentier. 🙂

Une fois de retour dans la grotte, on assiste à un déchaînement des éléments: la cascade a bel et bien débarqué, c’est hyper impressionnant. On est sidérés par la puissance de l’eau qui tombe!

Puis on rentre au camping dans le vent, très contents de notre décision d’avoir passé un jour de repos dans le coin.

En chemin, on observe encore un beau vanneau huppé.

En arrivant vers le camping, José a tenté de rattraper un sac plastique volant qui avait échappé à son proprio, en vain. Un autre mec a également essayé, lui aussi en vain. ^^ Vent: 2 / Humains: 0.

A 20h, on était déjà dans nos sacs de couchage, prêts à lire un peu et dormir tôt, car on était pas mal fatigués de notre mauvaise nuit de la veille.

Bref, c’était une super journée dans les environs de Durness, avec un bon mix de repos et visites pour clore ce chapitre de notre voyage!
A bientôt pour la suite 😉

Scottish Diagonal #42 La fin?

Bonjour!
Aujourd’hui, je vous raconte la véritable fin de la Diagonale écossaise. Eh oui, techniquement, on avait déjà atteint notre destination dans l’article précédent… sauf que Cape Wrath, eh ben c’est pas mal paumé. Donc quand c’est fini, eh bien ce n’est pas tout à fait fini, car il faut encore rejoindre la civilisation d’une manière ou d’une autre. 😉

A Kearvaig Bothy

Notre nuit à Kearvaig Bothy a été plutôt courte, entre les fortes voix des bourrés jusque tard dans la nuit, puis les ronflements et, enfin, la lumière très matinale. Après 5h40, impossible de me rendormir. On s’est donc levés tôt, avant 6h30, on a embarqué tout ce qu’il nous fallait pour notre petit-déj’, et on est partis se promener.

On s’est baladés sur les falaises à l’est de la baie, en espérant voir des puffins de plus près. Au début, on a surtout vu des moutons, paissant dans les pentes herbeuses ultra raides.

Les vagues ce matin-là étaient impressionnantes, bien plus hautes et fracassantes que la veille.

On voyait plein d’oiseaux en vol, surtout des fulmars et des kittiwakes. On a aussi observé un razorbill sur un rocher ainsi que des puffins et guillemots sur des stacks et dans l’eau, mais pas de très près (de carrément loin, même ^^).

C’était tout de même une très chouette balade, avec de splendides falaises et plein d’armérie maritime.

On a mangé sur des rochers (des sortes de rochers “pancakes”, comme empilés et bien plats, très pratiques pour s’asseoir ^^) avec vue sur Cape Wrath et le phare, c’était super. Comme d’habitude, notre menu était composé de porridge avec des pommes, et un chocolat chaud.

On a encore marché un peu après notre petit-déjeûner, pour explorer un peu plus la côte. On a vu d’impressionnantes colonies de guillemots et razorbills en contrebas, et deux skuas — ces “pirates des mers”, connus pour chiper le butin des autres oiseaux.

Puis on a gentiment fait demi-tour pour retourner au bothy. Pas très rapidement, car j’ai pris plein, plein de photos et je n’étais pas pressée de quitter ce lieu enchanteur.

Hop, encore quelques photos — j’ai clairement plus de photos que de trucs à raconter, haha. Pour ma défense, ce bout de côte est vraiment beau! Des falaises, des murs de pierre sèche, des oiseaux, des fleurs… Je ne pouvais pas résister! 😉

On a revu des puffins au pied des falaises, sur leur rocher, puis on a croisé un pigeon, ça faisait longtemps! Et un pigeon dans un tel cadre paradisiaque (oui, oui, carrément!), ça faisait encore plus longtemps!

De retour au bothy, on plie bagage et on reprend notre marche sur le track, après un dernier regard pour admirer la plage.

Il nous fallait rallier le petit ferry de Keoldale, situé à environ 12 km de Kearvaig. On espérait pouvoir choper le minibus en cours de route, mais il était plein (ce qu’on avait anticipé, heureusement, car sinon on aurait peut-être attendu pour rien!)

Personnellement, ça ne me dérangeait pas de marcher quelques kilomètres de plus (surtout que le trajet en minibus est réputé très désagréable, vu l’état du track rempli de trous), mais José avait un peu mal aux muscles. :/ Ça aura même été le passage le plus douloureux du trek pour lui, étonnamment.

Heureusement, on a fait de très chouettes observations qui ont rendu la marche vraiment mémorable. Les montagnes au loin, les étendues de bog cotton, les chants d’oiseaux à foison… rien que ça, c’était génial. Puis, clou de la journée, une belle surprise pour boucler ce dernier jour de trek: on a vu une loutre!! 😀

Elle a traversé le track devant nous et, quand elle nous a remarqués, elle a filé dans la tourbière pour rejoindre un loch. On était hyper contents, ça faisait depuis 2019 (et notre voyage à Shetland, royaume des loutres) qu’on n’en avait pas vu!

Arrivés au bord du Kyle of Durness, les vues étaient incroyables, avec une belle eau turquoise.

Des phoques se prélassaient sur un banc de sable entouré d’eau, des beaux arbres bordaient la côte… bref, c’était magique, et j’ai de nouveau pris plein de photos, héhé.

Non mais regardez ces couleurs…! ♥

Il faisait chaud et venteux, surtout le matin, et c’était assez fatigant (le vent était de face, bien sûr ^^), donc on était bien contents d’arriver à la jetée… où il n’y avait aucune info pour le ferry. Heureusement, on avait le numéro de téléphone (et du réseau!). Malheureusement, personne ne répondait. Pourtant, sur le site internet, le ferry est censé être “à la demande” durant cette période, sans horaire précis ni besoin de réserver à l’avance. José essayait d’appeler toutes les cinq minutes, en vain.

On a donc fini par poireauter deux heures sur la jetée, à somnoler et observer les oiseaux du coin (un guillemot à miroir et un huîtrier-pie), jusqu’à ce que le “ferry” daigne venir pour l’arrivée du minibus de l’aprèm. On embarque, et cinq minutes plus tard nous voici de l’autre côté du Kyle, mais l’autre employé du ferry est complètement à l’ouest et ne parvient pas à amarrer le bateau. Vu l’organisation pourrie, on aurait dit que c’était leur premier jour d’opération. Finalement, c’est José qui lui a lancé la corde pour qu’on puisse accoster, sinon on y serait encore. Bref, on ne recommande pas ce service de ferry, mais il n’y a pas vraiment d’alternative pour traverser le Kyle, à part la nage — au moins on n’aura rien payé, le mec ne nous a rien demandé. ^^’

On trouve sans souci des passagers qui veulent bien nous ramener à Durness en voiture, yay! Il s’agit d’un couple de “sheep farmers” des Yorkshire Dales, très sympas. Ils nous ont posés devant le SPAR de Durness puis on a marché deux minutes jusqu’au camping de Sango Sands, à l’accueil ultra chaleureux!

On plante la tente vers un petit étang (héhé) et on est rapidement rejoints par Alex et Carmen (les Australiens) et John et Joey (les Corniques), qui terminent aussi leur épopée ce jour-là. Une belle équipe de CWTers! 🙂

Après une bonne douche et une lessive, on va tous au pub à côté du camping, où on a passé une super soirée à boire, manger, rire et discuter de tout et rien! 🙂 Et on a même vu un aigle royal depuis la fenêtre du pub! 😀

Alex nous a initiés au challenge “Splitting the G”, qui consiste à commencer sa pinte de Guiness en buvant pile poil jusqu’au milieu du “G” de Guinness écrit sur le verre. ^^’ Pas facile, haha, et un bon moyen pour vite se sentir tipsy!

On se sentait si heureux, entourés de belles personnes après un beau challenge commun! On commençait aussi à se rendre compte que la Diagonale écossaise était vraiment terminée… mais pas nos aventures écossaises de l’année! 😉 Donc à bientôt pour la suite de la rétrospective!

[Distance Jour 46: 12.1 km et 232 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 851.6 km]

Scottish Diagonal #41 Turning Point

Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce 41e article de rétrospective de la Diagonale écossaise!

Et ce n’est pas n’importe quel article, car aujourd’hui je vais vous relater notre 45e jour de trek, celui qui nous a fait arriver à Cape Wrath! 😀

La journée a commencé plutôt tranquillement car on ne voulait pas émerger de notre cocon, la pluie et les midges ayant annulé notre plan de manger notre porridge en admirant la vue sur Sandwood Bay. On a donc pris notre petit-dèj’ bien cosy dans la tente, avant de finalement plier bagage.

Malgré la météo un peu maussade, Sandwood Bay nous a offert une claque visuelle: quel lieu grandiose! (Les notes dans mon carnet précisent carrément “best poop view ever!” ^^’)

Bref, on attaque les 12 km qui nous séparent de Cape Wrath, le tout sans sentier, à travers la tourbière. On prend l’option côtière, plus difficile (car avec plus de dénivelé) mais bien plus motivante, avec des vues régulières sur les falaises et le phare au loin.

On a plutôt bien géré l’orientation, arrivant pile sur une des rares “stiles” pour passer la barrière de la zone militaire. Quelques jours avant, on avait envoyé un message au “range officer” pour bien confirmer que la zone était traversable — l’armée faisant régulièrement des exercices de bombardement dans le coin.

On monte et descend des pentes bien raides, on traverse quelques rivières et burns, et on fait “splotch” dans le bog. 🙂 Les roches des falaises ont de belles teintes rouge-rose. Il fait chaud malgré la pluie fine, et on transpire dans nos K-ways.

On est accompagnés de pluviers dorés, ils sont partout! On croise aussi des moutons et des traquets motteux. Mais à part ça, on se sent seuls au monde. On sautille au milieu des étendues de linaigrette et on chante à tue-tête le thème d’Indiana Jones, ainsi que “Country Roads”, “The Wedding Samba” et “L’histoire de la vie”. On se sent si libres et heureux!

On a quelques petits beugs d’orientation (il n’y a pas de tracé officiel, mais quand même des itinéraires mieux que d’autres pour éviter le plus boggy du bog ainsi qu’un mini canyon) mais on finit par arriver sur le track qui relie Cape Wrath au ferry de Keodale. On se fait dépasser par le minibus qui amène des visiteurs au phare puis on se fait rattraper par un Allemand qui a marché depuis le ferry et nous accompagne pour le dernier kilomètre.

En un rien de temps, nous voici à Cape Wrath, face au fameux phare qui marque la fin “officielle” de notre périple, la destination quasi mythique de notre trek.

On se pose à l’Ozone Café pour un sandwich et thé froid (le menu est très basique, car l’approvisionnement dans le coin n’est pas facile ^^) et on y retrouve John et Joey (père et fils très sympathiques venant de Cornwall), partis de Sandwood Bay à 6h du matin et qui ont prévu de dormir dans le dortoir de Cape Wrath, situé dans l’ancienne salle des machines du phare (tout comme le café, d’ailleurs).

On discute un moment tous ensemble, c’est chouette. On achète aussi une carte postale du phare, sur laquelle le proprio du café appose le tampon du lieu (on l’a ensuite envoyée à nous-mêmes depuis Durness, et elle trône désormais sur notre frigo ^^), et on écrit un message dans le livre d’or, principalement rempli de mots émouvants laissés par les randonneurs du Cape Wrath Trail et du Scottish National Trail.

Puis on sort explorer les environs du phare, construit en 1828 (par un Stevenson, of course).

On ne réalise pas trop qu’on a atteint notre destination. Quel bel accomplissement personnel, quand même, d’avoir atteint le point le plus au nord-ouest du mainland écossais, après 831 km à pied! ♥

On aimerait prendre quelques photos goofy tout seuls pour marquer le coup, mais l’Allemand rencontré en arrivant (bien que sympathique) est un peu (beaucoup) pot de colle et on a de la peine à lui faire comprendre qu’on aimerait bien un moment juste tous les deux. Il continuait sa rando jusqu’à Sandwood Bay et proposait de nous attendre pour remarcher 1 km ensemble sur le track, mais on n’avait pas spécialement envie car on souhaitait plus de temps tranquille, juste José et moi, pour marquer notre arrivée et prendre la mesure de notre épopée quasi achevée. Diverses voies plus ou moins subtiles ayant complètement échoué, on a dû être bien plus directs (en mode plus allemand, quoi ^^) et il a fini par comprendre et nous laisser seuls.

On a ensuite pu s’en donner à coeur joie: câlins, danse, jumping shots ratés… On a ri aux éclats et dégusté des Chocolate Digestives bien mérités, héhé.

Puis on renfile les sacs et on reprend le track pour marcher les quelque 8 km nous séparant de Kearvaig bothy, au sud-est de Cape Wrath.

On croise quelques moutons et cerfs et on admire la côte, parsemée d’impressionnants sea stacks.

C’est un peu laborieux car José sent soudainement son talon, mais quelle sacrée récompense en atteignant Kearvaig! La petite baie est magnifique, avec sa plage de sable blanc bordée de falaises et son eau turquoise.

De la fumée s’échappe d’une cheminée, donc on sait déjà qu’on aura de la compagnie au bothy. Un groupe (très accueillant) de facteurs du Fife est là en vacances et on rencontre aussi un couple de Français en pré-retraite qui font un méga voyage à vélo et ont planté leur tente à côté du bothy. Ce dernier est spacieux, donc on trouve sans problème une pièce où installer nos affaires pour la nuit. Un peu plus tard, quatre autres hommes (dont trois jeunes) ont débarqué, avec des cabas remplis d’alcool — vu qu’il y a l’option de prendre le minibus pour être déposé pas loin, ça a l’air d’être un bothy populaire. Deux heures plus tard, l’un des jeunes était déjà à deux doigts du coma éthylique et a dû être littéralement porté par ses potes pour retourner au bothy. Bref, une autre ambiance que notre état d’esprit du moment, mais ça ne nous a pas empêchés de passer une belle soirée tranquille. ^^

A peine arrivés, vers 18h30, on part se poser sur la splendide plage et on s’octroie une baignade rafraîchissante, héhé. C’était notre premier plouf depuis Cona Glen (lors de notre premier jour sur le CWT), ça datait! Je me sentais comme une selkie dans l’eau turquoise — et d’ailleurs, on a vu des phoques! ♥

Je vais chercher de l’eau douce à la rivière, puis on s’installe dans le sable pour manger un bon Chicken Tikka, accompagné des Thistly Cross Ciders achetés à Kinlochbervie. On avait oublié le couteau suisse pour décapsuler les bouteilles, donc j’ai fait un petit sprint jusqu’au bothy pour le récupérer, pieds nus, gambadant comme une chèvre sauvage dans les dunes couvertes de Marram grass (ammophile) — ramassant quelques tiques au passage, arf. Je débordais vraiment d’énergie! ^^

Cet endroit est magique. On s’émerveille devant des nuées de macareux qui volent autour des falaises. Ce sont les premiers puffins qu’on voit durant ce voyage, quelle belle surprise pour clore notre Diagonale écossaise!

Alors qu’on savoure nos cidres, une tête sort de l’eau juste devant nous: un phoque, enfin! Là aussi, c’est le premier de ce voyage. Il est curieux et nous observe vraiment pas loin de la plage, plongeant de temps à autre pour refaire surface juste à côté, avant de finalement s’éloigner.

Les bikepackers français nous rejoignent sur la plage pour discuter un moment, puis on reste seuls à admirer le coucher du soleil.

La lumière est très changeante, le soleil joue à cache-cache avec les nuages qui dansent dans le ciel.

Je prends plein de photos et je relate la journée dans mon carnet, face au coucher de soleil. ♥

Voici quelques passages de mes notes de ce jour-là (dont un rare bout écrit en anglais), imprégnées par mon effervescence émotionnelle en cette fin de trek:

Une journée commencée sous la pluie qui se termine par un plongeon dans l’Atlantique et un coucher de soleil, avec des puffins et phoques dans le coin — on n’aurait pu rêver mieux. Cape Wrath tient son nom du mot Norse pour “Turning Point” (car c’est là que les bateaux norvégiens tournaient vers l’est direction chez eux), et il marque aussi un tournant pour nous, la fin de ce trek dont on a rêvé durant tant de mois.

What a wonderful journey. I’m feeling so complete, happy, peaceful and grateful. Grateful to our feet and all our body for carrying us (and our packs!) every day, every step of the way. Grateful to those I love and that I carried with me on the way, in my heart. How simple life can be. How fragile, how precious. I’ll always cherish the freedom we found on the trail. Free to laugh, scream, sing at the top of our voices, jumping, dancing! Grateful to have the time to slow down and walk at our own pace, our own way. Thank you, Scotland, we love you more than ever. ♥

Un chemin de lumière se dessine sur l’eau, c’est si beau. Puis le soleil disparaît gentiment derrière un mur de nuages à l’horizon. On va prendre de l’eau à la rivière et on se lave les dents en admirant les dernières lueurs rose-rouge dans le ciel.

De retour au bothy, un des facteurs nous tape la causette, on se réchauffe rapidement devant leur feu de cheminée, puis on monte dans “notre” pièce pour un tick check minutieux (j’en avais chopé quatre, minuscules, lors de ma course dans les dunes) avant de dormir.

Et voilà, c’est une journée qui restera longtemps gravée dans nos mémoires! La Diagonale était pour ainsi dire terminée, mais pas notre voyage, donc la rétrospective écossaise 2025 se poursuivra encore les prochaines semaines. 😉

Je vous laisse avec les ultimes mots écrits dans le carnet ce soir-là: “On est si reconnaissants pour cette aventure à deux, ensemble, à s’entraider, s’aimer, se soutenir — toujours plus amoureux. Tant de mots et pensées m’ont passé par la tête durant ce trek, mais les paroles de Skipinnish résument tout: “Feel the Wonder of the World, you are Alive”. Ce trek est fini mais l’aventure, elle, continue. L’aventure, c’est toute la vie. ♥”

[Distance Jour 45: 20.8 km et 602 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 839.5 km]

Scottish Diagonal #40 Un parfum de fin

Bonjour tout le monde!
On approche gentiment de la fin de la rétrospective de la Diagonale écossaise, avec le récit d’une incroyable journée riche en émotions. Je vous préviens déjà, il y a beaucoup de photos donc ça risque d’être un article plutôt long. ^^’

Durant la nuit, j’ai pas mal été réveillée par le bruit de la pluie, mais le matin au réveil, il faisait sec, yihaa!

L’ambiance était si paisible au bord de ce loch, avec le glouglou de la rivière et les gazouillis des oiseaux.

On plie bagages et on marche les 3 km jusqu’à Rhiconich, sur un sentier au bord du loch puis le long de la rivière Rhiconich. C’est bien tourbeux mais beau. Je suis d’humeur pensive, je réfléchis à ce voyage incroyable qu’on vit et je me sens submergée par l’émotion. Je pleure de joie et de gratitude en marchant, je me sens si comblée, si vivante, si aimée. Je pense à tous ceux que j’aime, et à la fragilité de la vie.

Puis on atteint Rhiconich et la route. C’est le retour choc à la civilisation, il y a des voitures européennes et des camping-cars partout (il faut dire qu’on est sur la NC500). Et le soleil brille, ça faisait longtemps! On fait le plein d’eau aux toilettes publiques (très bien tenues, merci aux locaux!) et on enlève les pantalons de pluie, guêtres et même le K-way. Ça sent l’été. 🙂

On marche 7 km sur la route jusqu’à Kinlochbervie. Pas des plus agréables, mais les conducteurs sont respectueux et les vues sur la côte sont belles. On a fait un mini stop aux fameux “London Stores”, un mini magasin où on se ravitaille en Chocolate Digestives. On achète aussi deux “Reese’s cups” qu’on dévore tout de suite pour nous filer un coup de boost pour les derniers kilomètres.

Arrivés à Kinlochbervie, on se pose au café “Worth A Look” pour un bon cullen skink, burger, brownie, “elderflower pressé” (une boisson au sureau)… bref, la totale! On profite aussi du wifi et du réseau pour réserver des trucs importants pour la suite (bus pour Inverness, hôtel, train…). Puis, on passe au SPAR pour acheter du cidre pour notre dernière soirée du trek (on a même trouvé du Thistly Cross Cider), le lendemain. En sortant, on tombe sur Alex et Carmen (les Australiens), une bonne surprise! 🙂

On discute joyeusement un petit moment avant de reprendre la marche (eux passent la nuit dans un B&B de Kinlochbervie). Alex nous raconte qu’ils reconnaissaient nos empreintes de chaussures dans la boue et qu’ils savaient donc qu’on était devant, haha. Nous aussi on essayait souvent de deviner à qui appartenaient les traces de pas sur notre chemin, huhu. ^^

On a encore pas mal de road walking, mais la route est très peu fréquentée et les vues sont belles: la mer scintille au soleil, on voit même Handa Island. On croise des moutons, vaches, poneys, poules, hirondelles… et plein de véhicules français et allemands! ^^

Enfin, on atteint le sentier pour Sandwood Bay, sur lequel on croise plein de gens qui reviennent de la plage, tout sourire — ça faisait un bail qu’on n’avait pas vu autant de monde!

Il fait chaud, la lumière est belle et sublime les lochs et montagnes surmontés de nuages. On approche, l’anticipation est à son comble. Au loin, on aperçoit le phare de Cape Wrath, notre destination, wahou!

Soudain, on atteint les dunes. Un couple qui revient de la plage propose de nous prendre en photo. 🙂

Nous voici à Sandwood Bay, avec sa magnifique plage et son impressionnant sea stack, Am Buachaille.

On a le souffle coupé. Plus de 800 km à pied pour atteindre cette plage de bout du monde, si large (et pourtant ce n’est pas marée basse!), si belle.

En plus, il fait beau. Quelle chance on a d’être là!

On retrouve Kai, l’Allemand de Glendhu, qui est tout content d’avoir rattrapé John et Joey, un père et son fils venant de Cornwall. Il nous invite à un bonfire pour plus tard, sympa.

On longe la plage un moment, on prend le temps de s’imprégner du lieu. On ressent une telle euphorie, joie, liesse, allégresse (tous des synonymes pour elation, qui est le mot que j’avais en tête ^^)!

On traverse une rivière et rejoint les falaises, où on trouve un coin épique pour planter la tente, avec une vue incroyable sur la baie.

On s’installe puis on prend de quoi faire à manger avant de rejoindre les autres. On redescend la falaise, retraverse la rivière et remarche vers le début de la plage, où on retrouve Kai, John et Joey.

En chemin, je m’arrête tous les trois mètres pour prendre une photo, car c’est vraiment trop beau.

Rien qu’en regardant ces images, j’ai un méga sourire qui m’étire tout le visage, je ressens le bonheur de ce voyage. ♥

Une fois sur la plage, on se retourne pour voir où on a mis la tente. Elle se camoufle vachement bien, haha.

On enlève nos chaussures et on marche pieds nus dans le sable frais.

Les “day trippers” ont déserté les lieux, on a désormais la plage pour nous tout seuls, quel luxe!

On mange (vegan mushroom risotto, pas mal du tout!) en compagnie des autres, puis Kai et John allument un petit feu avec du driftwood qu’ils ont ramassé durant l’après-midi (et du charbon qu’on a trouvé abandonné vers notre campement). Le feu est hypnotisant, c’est magique.

On passe une très bonne soirée à discuter et échanger des anecdotes de trail, le temps file. On arrive au bout du bois, le feu meurt. Les nuages bouchent le coucher du soleil et il y en a même un qui menace de nous pleuvoir dessus, donc on se disperse après s’être souhaité une bonne nuit et une bonne fin de trek.

Finalement, la pluie nous évite, et le ciel se teinte même faiblement de rose-rouge. On voit même le phare de Cape Wrath en action, yeah! Quel bonheur. ♥

On remonte à pieds nus jusqu’à la tente. Pour une fois, on a tenu debout jusqu’au coucher du soleil (à 22h30), donc on finit la soirée à la lampe frontale, ça faisait longtemps!

Nous voici à la fin de cet article, je me réjouis de vous retrouver bientôt pour vous raconter l’arrivée à Cape Wrath! En attendant, je vous laisse avec les derniers mots écrits dans le carnet ce jour-là:

Quel magnifique lieu, Sandwood Bay. ♥ C’est l’heure de la dernière nuit avant Cape Wrath, bercés par le bruit (ou le fracas ^^) des vagues en contrebas. On n’en revient pas d’être arrivés jusqu’ici, et si “facilement”, plus rapidement que prévu, même. Quelle aventure, un beau rêve réalisé. ♥

[Distance Jour 44: 25 km et 424 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 818.7 km]

Scottish Diagonal #39 Ever closer

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective, avec une sacrément belle journée de loch(an)s: on en a vu plein partout!

On a super bien dormi à Glendhu bothy. Kai l’Allemand est parti à 4h30 du mat’ (car il voulait essayer d’atteindre Sandwood Bay dans la journée), mais il a été hyper discret en se levant. 🙂

De notre côté, on a mangé notre porridge et on est partis tranquillement vers 8h45.

En remontant Loch Glendhu, on aperçoit un “bateau-chantier” (avec une petite grue et des matériaux de construction) qui vogue en direction de Glencoul, probablement pour les travaux du bothy et de la maison attenante.

On aperçoit aussi des élevages de moules (on suppose) et on revoit le pont de Kylesku de plus près.

Arrivés sur une colline en face de Kylesku, on a du réseau donc on regarde s’il y a une chambre de libre à l’hôtel de Rhiconich pour le lendemain soir. Ce n’est pas le cas, donc on décide de changer un peu nos plans: au lieu de juste faire une journée courte jusqu’au Loch Stack, on décide de pousser le plus possible pour ensuite atteindre Sandwood Bay le lendemain (plutôt que de dormir pas loin de la route vers Rhiconich). C’était une très bonne décision, et on a eu un super rythme toute la journée.

On est d’abord montés sur un track jusqu’à Bealach nam Fiann, avec de splendides vues sur les montagnes alentour et Loch an Leathiad Bhuain.

Comme souvent, on s’est émerveillés devant les roches, qui avaient ici de belles teintes roses.

Arrivés au col, on quitte le track et on attaque l’ascension de Ben Dreavie.

Le paysage est un patchwork de petits lochans parsemant la tourbière.

On observe (et entend!) un pluvier doré bien vocal, huhu. Ces oiseaux sont vraiment bien camouflés quand ils ne bougent pas, par contre ils ne sont pas très discrets avec leur chant. ^^

Un pluvier doré

Au sommet de Ben Dreavie, les vues sur la côte sont grandioses. On voit notamment Eddrachillis Bay, entre le Point of Stoer et Handa Island, un coin qu’on a visité en 2016.

Malheureusement, la pluie arrive et la visibilité baisse. J’ai tellement envie de revenir ici un jour de beau temps, car le panorama doit être vraiment incroyable quand c’est dégagé, avec des vues sur les Hébrides extérieures.

Après Ben Dreavie, on a une belle section pathless à travers la tourbière ponctuée de plans d’eau.

En retrouvant ensuite un track, on croise un randonneur-pêcheur: quelqu’un qui marche avec sa canne à pêche. On en a déjà croisé plusieurs la veille, ça a l’air d’être l’activité du coin.

On descend jusqu’au Lock Stack, où on aperçoit des plongeons (catmarins, probablement) et plein de cerfs près du lodge.

On emprunte un track qui nous fait passer de loch en loch. Il est déjà 16h30 et on progresse encore très bien.

Puis on quitte le track pour une section pathless bien ardue: c’est boggy, érodé, et ça longe Loch a’ Garbh-bhaid Mor en montant et descendant tout le temps. Notre progression est bien plus lente, mais on persévère.

On atteint enfin le loch suivant, Loch a’ Gharbh-bhaid Beag, et la rivière Garbh Allt, dont la traversée est réputée difficile (et même dangereuse selon le niveau d’eau). Par chance, la rivière est calme et basse: l’eau nous arrive à mi-mollet et on traverse sans aucun stress, yihaaa!

C’était un de ces obstacles (in)fameux qui font peur en lisant le guide (comme les Falls of Glomach ou le contour de Beinn Eighe) et qu’on a finalement conquis sans problème, dans de bonnes conditions, ouf! 🙂 Garbh Allt derrière nous, on sent que Cape Wrath est plus que jamais à notre portée!

Avec déjà 29 km dans les pattes, on plante la tente juste après la traversée de Garbh Allt (surtout qu’il n’y avait pas trop d’autres options dans le coin, c’était vachement tourbeux). Il est 19h et on a hâte de se poser, après une journée intense mais si belle (malgé la météo pluvieuse l’après-midi). On vide nos chaussures remplies d’eau tourbeuse, on gonfle le matelas et on mange un bon boeuf stroganoff avant de faire une pause câlins-papouilles. Alala, qu’est-ce qu’on se sent bien! ♥

A bientôt pour la suite de l’aventure…!

[Distance Jour 43: 29 km et 950 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 793.7 km]

Scottish Diagonal #38 Step by step, to Glendhu

Bonjour! 🙂
C’est parti pour la suite de la rétrospective écossaise 2025, avec une magnifique journée bien sportive, avec pas mal de dénivelé, des sentiers parfois très boggy et, surtout, des paysages incroyables!

L’Explorers Lodge d’Inchnadamph

On a bien dormi à Inchnadamph, et assez longtemps, car on attendait le petit-dèj’ inclus dans le prix, qui commence à 8h. ^^ Toasts, céréales, weetabix: on a bien mangé, héhé. Puis on quitte ce chouette lodge, qui aura été une bonne expérience très relax et conviviale. J’ai particulièrement aimé sa déco cosy, avec des cartes partout. 🙂

On commence par monter en direction de Bealach na h-Uidhe, le col entre Glas Bheinn et Beinn Uidhe.

On croise un troupeau de biches, puis même quelques humains, dont des randonneurs-pêcheurs ayant campé vers un loch pas loin.

Petit abri de fortune ^^

Le paysage est vraiment sublime, avec des lochs de montagne partout.

On aperçoit même quelques montagnes mythiques au loin, dont le fameux Suilven, gravi en 2023.

C’est un superbe coin d’Ecosse pour randonner, et j’ai tellement envie d’y retourner pour y passer davantage de temps.

A mesure qu’on approche du col, le terrain devient de plus en plus rocailleux, donnant une ambiance un peu lunaire au paysage.

De l’autre côté du col, c’est encore plus beau, avec une cascade tombant de Loch nan Caorach, de gros rochers et plein de petits lochans partout.

Il y a des montagnes à perte de vue, on se sent si petits dans ce paysage immense.

A 13h, on fait une pause porridge au bord d’un lochan, avec même un peu de soleil!

Un beau rocher

Puis on continue à descendre le long d’un sentier escarpé et pas mal boueux. On est contents d’avoir les bâtons, ça aide tellement avec les gros sacs!

On traverse une rivière, Abhainn an Loch Bhig. Le sentier est de plus en plus boggy et non-existant, mais c’est si beau.

Loch Glencoul apparaît devant nous, magnifique, et on admire la vue sur la cascade Eas a’ Chùal Aluinn, impressionnante.

Il s’agit de la plus haute cascade de Grande-Bretagne — mais je trouve qu’elle n’est pas aussi majestueuse que les Falls of Glomach. 😉

On longe ensuite Loch Beag, le petit lac connecté à Loch Glencoul, jusqu’à rallier Glencoul bothy.

On a fait une pause snacks au bothy, qui était en train d’être rénové. Il y avait encore un toit quand on y était, mais apparemment ce n’était plus le cas le lendemain — et il pleuvait à l’intérieur quand nos amis australiens Alex et Carmen y étaient, oups. ^^’

Dans le bothy book, on a pu lire la suite des péripéties de Flora, qui avait, elle, pris l’alternative par l’est de Ben More Assynt. Elle s’est infligé une journée de 48 km dans le vent et la grêle! :0

Puis on continue notre chemin. On gravit Àird da Loch, une colline qui nous offre des vues magiques sur Loch Glencoul et au-delà.

On observe de la bruyère en fleur et des tariers pâtres.

On se retourne régulièrement pour contempler la vue sur la cascade et Glencoul.

Devant nous, les vues sont tout aussi magiques. On peut voir le pont de Kylesku (sur lequel on a roulé en 2016), la mer et même l’île de Lewis tout au fond, wahou!

Il pleut par intermittence mais la visibilité est bonne, et la lumière douce. On commence la descente vers Loch Glendhu, sur un sentier boggy et un peu accidenté — il y a d’impressionnants rochers!

Je commence à fatiguer, mais heureusement on y est presque. Quelques pas dans les algues (qui nous rappellent la section le long de Loch Hourn), le tour du bout du loch, et nous voici arrivés à Glendhu bothy!

On entre dans le bothy, où on rencontre Kai, un Allemand qui fait le CWT en deux semaines — et qui, lors de son premier jour, a rencontré Bernard, le Suisse qui est décédé vers Kinlochhourn. :/ Sa disparition a vraiment marqué les esprits.

On échange des anecdotes de trail avec Kai. Il essaie de rattraper des gens qu’il a rencontrés plus tôt sur le trail (et qui lui laissent des messages d’encouragement dans les bothy books ^^), et il enchaînait donc des journées de folie, s’épuisant par la même occasion. Ça nous a confortés dans notre mode de vie d’escargots: on prend notre temps et on profite vraiment sans (trop) souffrir.

Glendhu bothy est très bien tenu, avec deux grandes pièces pour dormir à l’étage. On avait hésité à planter la tente dehors, pour éviter une répétition de Shenavall, mais finalement on a décidé de tenter notre chance dans le bothy, en espérant une nuit un peu plus calme qu’à Shenavall. ^^

Et voilà, c’est la fin de cet article! C’était vraiment une très belle journée sur le CWT, avec des paysages à couper le souffle. ♥

[Distance Jour 42: 21.9 km et 957 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 764.7 km]

Scottish Diagonal #37 Inching forward, to Inchnadamph

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite du récit de la Diagonale écossaise, avec une journée passée en grande partie à longer la rivière Oykel et à crapahuter au coeur de splendides paysages.

Après une mauvaise nuit due à la “lumpiness” du terrain (ah, ces satanés tussocks! ^^) qui faisait mal au dos, on s’est réveillés sous une pluie intermittente qui ne nous motivait que moyennement à émerger… puis ce sont les midges qui ont débarqué. J’ai pu aller aux toilettes avec moins de dégâts que la veille (j’avais même mis du Smidge sur les cuisses ^^), mais les monstres ne nous ont pas lâchés d’une semelle pendant qu’on pliait la tente.

Puis on commence à marcher et, bonne surprise, le large track carrossable laisse place à un joli sentier le long de la rivière Oykel. Mais après un petit quart d’heure, qu’est-ce qu’on voit? Le spot de bivouac parfait: plat, herbe rase, proche de la rivière mais assez relevé. Bref, on est envahis de regrets et déception en repensant à notre spot inférieur. Je me console en me disant qu’il était peut-être pris la veille. ^^’ Heureusement, le paysage et le sentier sont sympas… jusqu’à ce qu’on retrouve une route et des montagnes défigurées par des plantations coupées.

On longe Loch Ailsh (où je vois des canetons noirs tout mignons, mais je ne sais pas de quelle espèce), dominé par le stylé Benmore Lodge, puis on retrouve la rivière Oykel, dans Benmore Forest (qui n’est pas une forêt, voir mon explication dans cet article).

On se pose au bord de l’eau pour manger notre porridge. Pas loin se trouve un squelette de cerf un peu éparpillé — on aura vu plusieurs crânes de cerf ce jour-là, c’était impressionnant.

On continue ensuite à remonter la rivière, dans une vallée vraiment belle. Toute cette région est splendide, et j’ai hâte d’y revenir un jour — notamment pour emprunter un des tracés alternatifs du CWT faisant passer par l’est de Ben More Assynt.

Le track, de plus en plus boggy, laisse place à un sentier, puis ça devient carrément pathless, et on adore!

Les montagnes tout autour de nous sont grandioses, dont Ben More Assynt.

On traverse l’Oykel juste en dessous de jolies cascades avant de grimper dans le bog dans l’ombre de Conival.

Grenouilles, tritons et lézards étaient partout sur notre passage, ça grouillait de vie. Je crois même avoir vu un orvet!

On passe maître dans l’art de naviguer dans les tourbières, tout en admirant la beauté colorée des coussins de sphaigne. On se sent vraiment en forme et heureux d’être là. Je débordais vraiment d’énergie pendant cette montée, on aurait dit une feral goat! ^^

En atteignant le col, Bealach Trallgil, on se prend le vent de plein fouet. Il ne souffle pas si fort, mais ça refroidit vachement quand même, au point que je sors les gants.

On retrouve un chemin, et un paysage plus rocailleux. Avec les sommets dans les nuages, l’ambiance fait un peu “Mordor”.

Puis un panorama splendide se dévoile sous nos yeux. La vue sur Loch Assynt est absolument magnifique, et on voit même l’Atlantique au loin, wahou! ♥

Le ciel est très changeant, de gros nuages de pluie filent vite autour de nous et je range l’appareil photo pour le mettre à l’abri. J’ai froid aux pieds et je sens mes muscles qui se sont refroidis lors d’une courte pause, donc la descente est un peu moins drôle que la montée.

Heureusement, il y a un bon sentier et on arrive à Inchnadamph vers 18h. Assynt Lodge, pas loin du village, a des airs de château moderne.

La pluie commence à tomber dru et on est contents d’arriver à l’hostel (“Explorer’s Lodge”). On a une petite frayeur en arrivant, à cause d’un mot sur la porte faisant croire qu’il est fermé, mais en fait non, ouf! On prend deux lits dans un dortoir, contents d’être au sec pour la nuit. En plus, l’hostel est super sympa et convivial, et il y a même des cerfs qui paissent sur la pelouse!

On a passé une très chouette soirée à discuter avec une cycliste allemande, une Finlandaise, des motards et un Gallois (et ancien CEO du British Wildlife Trust!) faisant le CWT du nord au sud (on a pu s’échanger des tips ^^). Inchnadamph se situe sur la NC500, donc c’est pas mal couru et animé. C’était chouette de voir du monde et de se reposer après la mauvaise nuit au bord de la rivière Oykel. ^^

Après une bonne douche, on retourne dans notre chambre et, surprise, tout le monde dans le dortoir est déjà en mode dodo, alors qu’il n’est que 21h10! ^^’ Du coup on a préparé nos affaires tranquillement, on a lu un peu et on s’est couchés tôt nous aussi. Ça faisait un bail que je n’avais pas dormi dans un “bunk bed” supérieur. ^^

Allez, c’est tout pour aujourd’hui, à jeudi pour la suite! 🙂

[Distance Jour 41: 21.9 km et 565 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 742.8 km]

Scottish Diagonal #36 Tracks & Tussocks

Bonjour tout le monde!
Aujourd’hui, je continue la rétrospective écossaise 2025 avec une journée de marche qui nous a fait passer le cap des 700 km cumulés!

Elle était malheureusement un peu moins intéressante que les précédentes car peu variée, et sur des tracks 4×4 tout le long. Il y a quand même eu quelques highlights, mais aussi des low points.

Il a plu vers 6h du matin mais il faisait sec quand on a émergé vers 7h30, ce qui était chouette. Tout est tellement plus facile quand il n’y a ni pluie, ni midges!

Le track sur lequel on marche est régulièrement inondé, et on en profite pour faire quelques photos avec notre reflet dans les grosses flaques, héhé.

Behind the scenes

On a une rivière à traverser et un petit bout boggy, mais sinon il n’y a pas grand-chose de spécial à mentionner.

Puis on atteint le Schoolhouse bothy, vraiment super mignon, où on s’arrête pour cuisiner notre “Second breakfast” (= porridge).

Comme son nom l’indique, ce bothy était anciennement une école, et il reste quelques bureaux et livres, ainsi qu’un tableau noir, héhé. Dans le bothy book, on trouve un message laissé par Flora, qu’on n’a plus vue depuis plusieurs jours (elle n’avait que peu de temps pour terminer le Cape Wrath Trail, donc elle avançait à un rythme fou) mais dont on adore suivre la progression grâce aux bothy books. On commence d’ailleurs à reconnaître les noms des gens qui nous précèdent sur le trail, vu qu’il est d’usage de laisser un message dans chaque bothy passé en chemin, qu’on y dorme ou pas.

Après cette bonne pause, on repart, toujours au sec: on a même enlevé les waterproofs et sorti les chapeaux, qui n’avaient plus vu l’air libre depuis le Knoydart. ^^

Le track se poursuit dans Glen Einig, où se trouve une jolie forêt de bouleaux et sureaux (avec aussi des plantations au loin, et même des éoliennes encore plus loin), mais c’est peu varié. On avale les kilomètres: la promesse de frites nous fait marcher plus vite.

Eh oui, car à 13h, après une quinzaine de km de marche, on se pose au public bar du Oykel Bridge Hotel pour un bon lunch: burger/hunter’s chicken, chunky chips, et un crumble pomme-fraise avec custard, yum.

L’hôtel est un repère de pêcheurs, la pêche (au saumon) étant LA grosse activité du coin. D’ailleurs, les voitures dans le parking ont presque toutes des supports à canne à pêche, haha (je n’avais jamais vu ça ^^).

Après des papouilles au magnifique border collie du pub et malgré un “food coma” intense, on quitte Oykel Bridge peu après 14h et on reprend la marche.

On passe le reste de la journée sur un track, à remonter la River Oykel. On traverse une ferme avec des vaches, on admire un petit cottage sur une colline, mais le tracé n’a rien de vraiment fascinant. On trouve les tracks ennuyeux, c’est tout. ^^ En plus, je commence à avoir mal aux pieds, la peau sous ma cheville brûle: l’intérieur de mes chaussures est tellement destroyé que ça frotte très douloureusement, ralalala. Ce n’est pas une cloque, mais j’appelle quand même Compeed à la rescousse et ça aide.

On atteint un tronçon de l’Oykel très clairement dédié à la pêche: il y a des bancs tout le long de la rivière, ainsi que des cabanons de pêcheurs. On croise plusieurs voitures (toutes avec leur support à canne à pêche sur le capot, cela va de soi), et un conducteur s’arrête pour nous saluer et nous dit, “secrètement”, qu’il y a une fishing hut ouverte que personne n’utilise ce soir, et qu’à notre place, il dormirait là-bas, *wink*. 😉 On échange aussi quelques mots sur l’absence inquiétante de poissons — ça parlait aussi de ça à Oykel Bridge.

On jette un oeil à la fameuse hut, mais c’est un peu petit quand même, donc on cherche un endroit où planter la tente. Il n’y a vraiment pas l’embarras du choix, mais on ne fait pas la fine bouche car on ne veut pas marcher encore 5 km dans l’espoir de trouver un hypothétique meilleur spot (surtout qu’il pleut à nouveau par intermittence depuis deux heures). On finit donc par planter la tente un peu plus loin au bord de la rivière, mais ce n’est pas très plat, il y a des “tussocks” partout (et pour dormir confortablement, tussocks suck ^^).

Mais le gros low point de la journée est encore à venir: alors que je vais aux toilettes à l’orée de la forêt, un million de midges débarquent pour me dévorer. Je ne plaisante pas, c’était l’horreur, un vrai cauchemar. J’avais des piqûres partout sur les cuisses, des cadavres de midges dans la culotte, olala… Bref, pas un moment agréable (et c’est le prénom!). Depuis la tente, José m’entendait hurler des insultes incohérentes aux monstres sanguinaires, haha.

Je me réfugie enfin dans la tente (toute wonky à cause des tussocks), on mange un bon risotto et on se repose, sous l’oeil vigilant des midges amassés dans l’auvent…

Et voilà, sur cette note tragicomique, c’est la fin de cet article! A bientôt pour la suite! 🙂

[Distance Jour 40: 24.8 km et 307 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 720.9 km]

Scottish Diagonal #35 Au détour de la rivière Douchary

Hello! C’est parti pour la suite de la rétrospective, avec le premier article de la dernière semaine de notre Diagonale écossaise, wouhou! On touche bientôt au but. 😉

Itinéraire de notre troisième et dernière semaine sur le CWT

Cette sixième et dernière semaine nous a menés d’Ullapool à Durness via Cape Wrath, à travers des paysages magnifiques.

Après notre jour de repos à Ullapool, on se réjouissait déjà de retourner en pleine nature (il faut dire que les murs de l’hôtel étaient si fins qu’on entendait les ronflements dans la chambre d’à côté — c’était moins calme qu’en bivouac, haha! ^^). Après un copieux petit-déjeuner au buffet de l’hôtel, on embarque dans le bus à 9h pour rallier Inverlael et reprendre le trek là où on s’était arrêtés.

Petit interlude “transports publics”: notre expérience en Ecosse nous a appris que si on doit descendre à un arrêt peu commun, eh bien le chauffeur oublie presque systématiquement de s’arrêter, peu importe que quatre heures ou cinq minutes se soient écoulées depuis le moment où on lui a précisé la destination. On était donc préparés et on est restés le plus à l’avant possible, surtout qu’on n’avait que dix minutes de trajet. Eh bien même comme ça, la chauffeure ne s’est pas arrêtée à notre arrêt, haha! On a donc été déposés un poil plus loin qu’Inverbroom Bridge et on a dû rebrousser un peu chemin le long de la route. On n’aura vraiment pas triché niveau km, en tout cas! ^^’

L’itinéraire du jour commence par une montée dans une plantation. Pas très intéressant, mais ça sent bon les aiguilles de pin.

Une fois sortis de la forêt, on se retrouve sur un plateau-lande qui nous fait penser à l’île de Lewis. La météo est très changeante, avec de fréquentes averses, mais il fait bien moins venteux et froid que les jours précédents, c’est très agréable.

Une longue et superbe section pathless nous fait descendre dans Glen Douchary. Le coin a l’air fascinant pour la botanique: on croise différentes espèces de bruyères (certaines commencent à fleurir et apportent des touches violet-rose au paysage), plein de lichens et mousses, dont de la sphaigne d’un vert fluo incroyable.

On est vraiment tout seuls au milieu de ce paysage, c’est une sensation assez incroyable. On voit des ruines au loin, preuve que ce lieu n’a pas toujours été aussi déserté d’humains.

On traverse la rivière et on fait une pause pour manger des scones (à la pomme et aux noix, yum) achetés à Ullapool avant de partir. On a aussi trouvé des Digestives au chocolat noir chez Tesco, et je devine déjà que le paquet ne va pas durer longtemps, huhu.

Dans la tourbe, on trouve plein de vestiges d’arbres, témoins d’une autre époque où les Highlands étaient encore couverts de forêts. C’est impressionnant, certains troncs sont vraiment immenses!

On sent le poids des sacs bourrés de bouffe, ça pèse sur le dos et il faut qu’on se réhabitue.

Un sentier bien tourbeux et boueux (et très érodé par endroits) nous fait ensuite longer la rivière Douchary, merveilleuse.

Des cascades, des gorges auxquelles s’accrochent des arbres, de beaux pins sylvestres… C’était vraiment très, très beau. ♥

La pluie a fini par nous rattraper, mais ça ne changeait rien à la beauté des lieux (par contre ça a signé le retour de l’appareil photo dans le sac, beuh).

Puis on s’éloigne gentiment de la rivière, et on suit même quelques panneaux pour le Cape Wrath Trail — c’était le seul bout balisé de tout le trail, je crois! Ils sont sûrement là pour indiquer une déviation par rapport à la carte, suite à la récente construction d’une “deer fence” qu’il faut désormais contourner.

On a finalement quitté Glen Douchary et rejoint Loch an Daimh, où on a retrouvé un large track caillouteux et boueux. Là, j’ai commencé à avoir mal au pied gauche, ouch — mais ça n’a heureusement pas duré (d’ailleurs, si je ne l’avais pas mentionné dans le carnet, je ne m’en serais pas souvenue ^^).

On atteint Knockdamph bothy, désert et plutôt propre. On s’assied quelques instants mais on n’a pas l’intention d’y dormir, il fait frais et on est de toute façon plus cosy dans la tente (et on est encore un peu traumatisés de notre mauvaise nuit à Shenavall ^^).

On repart avec l’intention de planter la tente plus loin le long d’une rivière, mais il y a un spot trop tentant à trois pas du bothy, dans un vieux sheepfold en ruine au bout de Loch an Daimh. On se pose là, contents de cette journée de reprise mais prêts à se reposer. 😉

On mange un bon plat lyophilisé (orzo pasta, yum), on boit du chocolat chaud et on étudie les cartes, avec le bêlement des moutons voisins en fond sonore, et le clapotis de l’eau du loch…

A bientôt pour la suite! 😉

[Distance Jour 39: 22.9 km et 726 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 696.1 km]