Rétrospective de l’année 2020

Ça y est, 2020, c’est “fini” (même si le cauchemar n’est pas terminé…). Clairement, points de vue sanitaire, politique, droits de l’humain et violences policières, c’était une année de l’horreur, et j’espère qu’on commencera à voir la lumière au bout du tunnel en 2021. Mais c’était malgré tout une année remplie de beaux moments au niveau personnel, et aussi de grands moments. Avec José, bien avant l’arrivée du virus, on savait que ce serait une année spéciale, notre année de “transition”: fin des études, recherche de job, recherche d’appartement,… et finalement, tout s’est mis en place plutôt facilement, avec cette chouette sensation qu’on était exactement là où on voulait être, à faire ce qu’on voulait faire. 🙂

Allez, sans attendre, place à la rétrospective de cette année que nous ne sommes pas prêts d’oublier!
Je n’ai pas lésiné avec le nombre de photos, et beaucoup ont été prises avec mon natel (voire par José). Par périodes, j’ai aussi beaucoup utilisé le Nikon, mais j’ai encore l’espoir de concocter des articles sur ces escapades, donc je profite de caser dans cette rétrospective des photos un peu pourries niveau qualité mais qui me font chaud au coeur! ♡

Janvier

Petite séance photo au Salève

En janvier, on n’avait encore aucune idée de ce qui allait nous tomber dessus en 2020. Je me rappelle qu’on parlait du coronavirus au boulot comme d’un truc hyper lointain et abstrait.
Dans les événements et activités notables, je me suis mise au tricot pour faire des manchons avec l’aide de Pilar et Florence, j’ai encadré des séances de révision de statistiques à l’uni pour la deuxième année consécutive, il y a eu des soirées théâtre et cinéma (Star Waaaars), des soirées swing, et j’ai obtenu mon certificat de géomatique! C’est fou, quand je repense à ma soutenance, j’ai l’impression que c’était déjà il y a un siècle…!

Ah, et le 31 janvier, il y a eu le Brexit. Bouh.

Février

Zéro photo dans mon dossier Nikon, quel sacrilège! Pourtant, ce fut un mois super chouette et bien actif. José et moi avons d’abord rejoint Axel et Laurine à Anzère, pour un peu de ski, avant de rejoindre Fintan et Pilar à Vercorin, pour de la raquette et une tempête. Eh oui, on n’aura pas eu l’occasion de skier à Verco’, juste de faire une super rando, car la tempête Ciara a frappé la Suisse et les remontées mécaniques ont fermé. Mais c’était tout de même une semaine à la montagne absolument géniale, avec fondue sur les pistes, soirée raclette, grand bol d’air frais et balades dans la neige!

Le reste du mois a aussi été bien rempli, comme en témoigne mon agenda: restos, repas de famille, swing, cafés, Salève, match d’impro, assistanat à l’uni et crémaillère de Nora! Ma vie sociale a dû atteindre son pic annuel durant ce mois. On est aussi allés à Neuchâtel pour voir la superbe exposition de Wildlife Photographer of the year.

Mars

Vive les sorties en raquettes!

Mars, le mois des premières annulations, à commencer par les Brandons d’Yverdon. Je vais à Lausanne pour le “Career in Conservation Day” de l’Unil avec des potes de master, j’assiste à une dernière conférence en présentiel à l’uni, puis c’est le début des E-Apéros et le transfert de la vie sociale sur Zoom. Avec José, on fait quand même une chouette sortie en raquettes de La Givrine à La Cure, puis c’est le début du semi-confinement. Je planche sur mon travail de master et Pilar et moi faisons plein de balades au bord de l’Aire, un bord de l’Aire soudainement envahi de monde, comme on ne l’avait jamais vu! Le printemps est absolument magnifique, et on s’émerveille devant toutes les fleurs et les oiseaux!

Le sous-bois peuplé d’orchidées au bord de l’Aire

Mars, c’est aussi le début des merveilleux pub quiz virtuels organisés par Sarah de French Kilt, un véritable highlight de 2020!

Avril

Libellule à l’encre de Chine

Les jours se suivent et se ressemblent: travail de master, bord de l’Aire, travail de master… Mon agenda est rempli de rdv barrés, avec des “reporté” et “annulé” gribouillés dans tous les coins. Pilar et moi testons le yoga et le pilates sur Zoom. Avec les amis, on teste aussi les soirées jeux en ligne, en jouant à Saboteurs ou au Pictionary sur Skribbl.io. Je recommence aussi à dessiner et je suis hyper régulière avec la rétrospective de Shetland sur le blog. Je commence également un compte Instagram (@julie.ulva2)!

Mai

Bisse du Ro

Grâce à José, je rejoue à Super Bombad Racing, un des jeux Playstation de mon enfance. Les balades se diversifient un peu: en plus de l’Aire, je retourne au Bois des Mouilles et à la Bistoquette. La saison des libellules est officiellement ouverte, et je ressors avec bonheur l’objectif macro! J’accompagne aussi quelques fois Fintan dans son jogging — en me demandant à chaque fois quelle mouche m’avait piquée pour que je reprenne la course, mais ce virus-là n’est heureusement pas resté longtemps, ha!

Un jour, en route pour le bord de l’Aire, José et moi trouvons un jeune grimpereau en train de se faire tourmenter par un chat. On chasse ce dernier et le grimpereau vient littéralement tenir la jambe de José (tronc ou jeans, même combat, haha). On a amené le petit bout de chou tout doux au Centre ornithologique de réadaptation de Genthod, et on espère qu’il a pu se remettre de ses émotions.

José et moi rejoignons aussi mes parents à Crans-Montana le temps d’un week-end. Ça faisait un bien fou de quitter Genève, et de voir des marmottes et un chamois. 🙂 Ah, et le 29 mai, notre équipe des Chardons à tête ronde (du nom d’une passerelle du bord de l’Aire) gagne le pub quiz French Kilt, huhu! 😀

Juin

Cormorans et mouettes en face de l’île aux oiseaux de Préverenges

Juin est là, et on respire de plus en plus! Brunch, grillades, mon agenda retrouve des traces d’activités habituelles pour la saison. On peut même aller à une sortie ornitho à l’île aux oiseaux de Préverenges, et on voit nos premiers guêpiers d’Europe à Penthaz! J’ai un entretien pour un doctorat à HEPIA, et je suis prise! Le 26 juin, je passe ma soutenance de master et clos ainsi une immense étape de mon parcours!

Mais l’un des plus beaux événements de ce mois de juin, ça reste la réouverture de la frontière avec la France, le 15 juin. A 9h, Fintan et moi sommes dans le parking pour notre première montée de Salève depuis le mois de mars! L’atmosphère est tellement bon enfant, tous les marcheurs qu’on croise sont si heureux de pouvoir être là et ça se sent. Ah, le Salève, clairement un petit bonheur de la vie qui nous avait manqué. On le monte d’ailleurs plusieurs fois durant la fin du mois afin de rattraper notre retard dû au confinement (pour rappel, notre objectif est de le faire au moins une fois par mois).

Juillet

Suivons les écureuils! Ils indiquent le chemin pour se balader le long de la Seymaz.

Ce mois de juillet démarre sur les chapeaux de roue. A peine mon master en poche, je commence un 30% à HEPIA et mon assistanat pour l’uni et GE-21 passe de 20 à 70%. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce fut un mois très orienté “libellules”. Et je leur dois beaucoup, à ces libellules! En plus d’avoir rendu mon travail de master passionnant, c’est grâce à elles que j’ai obtenu mon job d’assistante à HEPIA. Je fais beaucoup de terrain durant ce mois: j’accompagne ma nouvelle collègue Aurélie pour un inventaire de macrophytes dans des étangs urbains de Genève et Yverdon, puis je pars en Isère pour des échantillonnages de macroinvertébrés aquatiques et de l’observation de libellules adultes avec l’équipe dont je fais désormais partie.

Mais ce n’est pas un mois 100% boulot, quand même! Fintan, Pilar, José et moi passons une magnifique journée vers Chamonix, autour du lac Blanc et des lacs des Chéserys, que je rêvais de voir en vrai après les avoir étudiés lors de mon travail de géomatique. J’assiste aussi à un super webinaire sur l’éventuelle réintroduction du lynx en Ecosse, un truc auquel je n’aurais pas pu assister s’il n’y avait pas eu cette pandémie (c’est l’un des seuls avantages: on a tout d’un coup facilement accès à des événements qui se passent dans d’autres pays). Et José et moi participons à la première visite virtuelle d’Edimbourg, organisée par Edimbourg à emporter. Un autre point positif de cette année, ce sont les super rencontres virtuelles et liens tissés avec des blogueurs et gens de la Toile, et je pense bien sûr à la communauté de French Kilt!

La fin du mois est bien chargée car José et moi emménageons dans notre appart le 31 juillet! Tout se passe bien et hyper rapidement grâce à l’aide de nos super familles et amis!
Ce déménagement a aussi créé plein de moments *nostalgie*, avec la redécouverte et le tri de plein de trucs de mon enfance, notamment une tonne de dessins et de bricolages.

Août

Août est un mois magnifique. Libellules, BBQ, baignade dans le lac, petits-déjeuners dans notre nouveau “jardin”, et puis c’est déjà l’heure des vacances (Enfin, je dis “déjà”, mais ce sont nos premières vacances depuis février et on les attendait de pied ferme, après avoir dû renoncer à nos rêves de rando en Bretagne à Pâques et de Québec en été!). Pour ces vacances, on reste donc en Suisse, pour un très chouette road trip. On campe sur les terrains d’amis de José rencontrés à l’armée, on fait plein de super marches, on se baigne beaucoup. Neuchâtel, Jura, Fribourg, Gruyère Pays-d’Enhaut, Alpes vaudoises. Vraiment de chouettes vacances, même si très éloignées de ce qui était prévu à la base. Je ne désespère d’ailleurs pas d’arriver un jour à écrire les articles de rétrospective de ces vacances en Suisse, car j’ai tellement de photos et anecdotes à partager! 🙂

On découvre aussi peu à peu notre nouveau quartier, en faisant notamment la connaissance de voisins qui s’invitent régulièrement chez nous les soirs d’été: des frelons européens!

Notre premier frelon, capturé avec un verre à vin après une épique chasse dans le salon, puis relâché dans le jardin

Septembre

Vue sur le Léman depuis les Rochers de Naye

José termine à son tour ses études en soutenant son travail de bachelor le 1er septembre! C’est un mois parsemé de restos et soirées en famille et entre amis, à croire que le virus a (presque) disparu de nos esprits. Nous grimpons aux Rochers de Naye avec des collègues de l’uni, j’assiste à mes premiers TP et réunions de filière à HEPIA, et José et moi passons même un week-end à Verbier avec ses parents. On va d’ailleurs souvent en Valais avec José durant ce mois, pour une démonstration de fauconnerie à Saillon et la visite de l’expo “Chefs d’oeuvre suisses” à la Fondation Pierre Gianadda.

Octobre

Un piège à émergence pour capturer des insectes aquatiques, posé sur un étang des bois de Jussy

En octobre, c’est l’heure de mon premier terrain dans le cadre du projet EUROPONDS, un projet pour jeunes chercheurs auquel je participe avec d’autres doctorants de l’UNIGE et d’INRAE. L’occasion d’aller patauger encore un peu dans des étangs avant l’arrivée de l’hiver.
José et moi allons au col de Jaman pour assister au baguage des oiseaux. On va également visiter les mines de sel de Bex et faire le tour du sublime lac de Tseuzier, comme l’année dernière. On découvre également des balades plus proches de nous, directement depuis la maison.

L’automne est magnifique, avec des couleurs absolument resplendissantes!

Il y a encore quelques expos et soirées jeux, mais on sent que ça ne va pas durer longtemps… et effectivement, on assiste à une pièce juste avant la fermeture des théâtres, cinémas et musées. Les coiffeurs ferment aussi, tout comme les restos, et c’est le retour du télétravail pour José et moi (eh oui, pour José aussi, car il a entretemps trouvé un boulot, à peine un mois après la fin de son bachelor!).

Novembre

Balade près de la maison dans une lumière dorée

Novembre, c’est pas mal de boulot et quelques balades près de chez nous, au bord de la Seymaz, et aussi dans le Jura vaudois, suite au reconfinement des Français qui rend l’accès au Salève plus difficile. La Dôle, le mont Sâla, ça fait du bien d’aller dans des coins qu’on fréquente moins! Pour ne pas passer tout notre temps assis devant l’ordi en télétravail, José et moi avons pris l’habitude de faire une balade vers Vandoeuvres tous les après-midis. C’est vraiment un coin superbe et plein de vie, où on croise régulièrement écureuils roux, mésanges bleues et charbonnières, sittelle torchepot, grimpereau des jardins, héron cendré, pic vert, pic épeiche, geai des chênes, faucon crécerelle et rouges-gorges! En ce moment, il y a aussi plein d’étourneaux, et on a eu le bonheur d’observer un jour plein de mésanges à longue queue pas du tout farouches! Mais on n’a pas encore eu la chance de les recroiser depuis…

L’arbre qui danse

Décembre

La fin de l’année approche! Je n’arrive pas à savoir si 2020 est passé vite ou super lentement. Un peu les deux. En décembre, José et moi allons faire de la raquette entre La Cure et La Givrine dans un beau paradis blanc, et c’est le retour au Salève, enfin! J’ai offert des crampons à José pour son anni, et on a directement pu les tester sur un sentier d’Orjobet presque entièrement gelé. 🙂

Décembre, c’est aussi le début officiel de mon doctorat! Un début un peu spécial, puisque je suis tout le temps à la maison. C’est une période un peu stressante, car j’ai 40’000 projets dans tous les coins et vraiment beaucoup à faire, mais on trouve quand même bien le temps de se poser avec José! Avec les journées hivernales si courtes, on en profite pour binge-watcher “The Queen’s Gambit” (on a adoré!), et je regarde pour la première fois la série “Pride and Prejudice” de 1995 (Ah, Colin Firth!).

Avec l’arrivée des vacances, on prend enfin le temps de bien se reposer! Je n’ai pas allumé l’ordi pendant 10 jours, une déconnexion qui m’a fait du bien! Le jour de Noël, on est montés au Salève avec Pilar, comme le veut notre (relativement nouvelle) tradition. C’était notre 12e montée de l’année à José et moi, on a donc réussi à tenir notre “résolution” malgré les chamboulements des confinements!

On a bien profité de ne rien faire pendant plusieurs jours, passés à lire les livres reçus à Noël et à glander sur le canapé, puis on est allés passer quatre jours à Anzère pour y fêter le Nouvel An, avec Axel, Laurine et Nora. De super moments de balades dans la neige et jeux de société, histoire de bien finir et commencer l’année!

Voilà, c’est tout pour cette rétrospective 2020. Malgré toutes les tragédies vécues sur la planète, je suis infiniment reconnaissante que nos familles et amis aient été épargnés pour l’instant, et consciente qu’on fait partie des privilégiés, avec des jobs, un toit au-dessus de nos têtes et, surtout, la santé et la joie de vivre. Bien sûr, on a dû renoncer à plein de choses cette année, on a découvert que les frontières pouvaient fermer soudainement, qu’un virus pouvait chambouler nos sociétés et notre quotidien, restreindre notre liberté de mouvement, nos contacts et certaines opportunités, mais aussi que, malgré tout, la vie continue. Dans toute sa laideur et ses problèmes, le monde est toujours aussi beau, aussi rempli de merveilles. J’espère que l’année 2021 sera moins tragique, plus tendre, plus calme, et plus propice à s’émerveiller!

Après tout le tumulte de cette année, je me retrouve à souhaiter des trucs pour la nouvelle année qui me semblaient auparavant évidents et toujours à ma portée: serrer fort mes proches dans mes bras, faire des soirées jeux sans se soucier du nombre d’invités ou d’un couvre-feu, voyager, traverser la frontière sans même y penser pour aller monter le Salève, “lindy hopper” dans une soirée swing, rire aux éclats devant un match d’impro au théâtre…
Espérons que tout ça sera un jour à nouveau normal! D’ici là, tous mes voeux de bonheur pour 2021, que cette année soit remplie d’amour, d’entraide et d’émerveillement! ♡♡♡

Tu t’envoles!

Bonjour à tous!
Olala, ça faisait tellement longtemps que je ne m’étais pas connectée au blog… J’ai pris peur en voyant la longue liste de brouillons d’articles. J’avais complètement zappé que j’avais encore à concocter toute la rétrospective des vacances d’été en Suisse, et même de week-ends encore plus anciens. Bon, ce sera sûrement pour 2021, à moins que je m’y mette pendant les vacances de Noël.

Mais en attendant, voici un (long) article de libellules, pour changer, haha!
J’ai récemment lu un petit livre d’Alain Cugno intitulé La libellule et le philosophe, qui m’a beaucoup plu. Certains passages partaient un peu trop dans de la philosophie complexe, mais d’autres m’ont vraiment parlé. J’ai donc voulu partager quelques extraits avec vous.

Sympetrum striolatum

Et c’est aussi l’occasion de partager des photos de mes terrains estivaux avec HEPIA, car j’ai posté quelques photos sur Instagram mais rien ici (shame on me!).

Aeshna cyanea femelle

Cet été, j’ai eu l’opportunité d’aller une semaine en Isère pour des relevés de libellules adultes et de macroinvertébrés aquatiques, puis j’ai encore fait du terrain à Genève et Yverdon dans le cadre d’un projet qui s’intéresse aux services écosystémiques des étangs urbains.

Crocothemis erythraea

Autant dire que j’ai plein de photos inédites qui dormaient sur mon ordinateur… Cet article est donc l’occasion de leur faire prendre leur envol!

Libellula quadrimaculata

Le vol, c’est d’ailleurs ce qui rend les libellules (adultes) si magiques!

Pour accompagner toutes ces photos de l’été dernier, voici donc quelques passages de La libellule et le philosophe, d’Alain Cugno (nouvelle édition au format poche, Albin Michel, 2014). Certains décrivent à merveille, je trouve, ce qu’est l’observation des libellules (ainsi que leur photographie). D’autres sont juste très bien écrits, poétiques, philosophiques. Il est possible que quelques extraits n’aient pas trop de sens hors contexte, et dans ce cas je vous conseille de lire le livre! 😉

Aeshna affinis, en Isère

“La seule réponse est l’envol […]
les libellules volent jusqu’au bout. En fin de saison, on les trouve, usées, les ailes réduites en lambeaux, manifestement épuisées. Et pourtant, elles volent encore. Comme si la seule réponse qu’elles savaient donner, à quelque situation que ce soit, était l’envol. De même que la pensée ne peut pas s’arrêter de penser, même lorsqu’elle est extrêmement affaiblie ou délirante, même lorsque la parole se dérobe, de même les libellules volent encore quand elles ne le peuvent plus”
(La libellule et le philosophe, p.104)

“Les libellules ne volent pas, elles s’en vont — toujours. Leur présence est leur départ. Elles nous quittent.” (p.101)

Deux Anax parthenope en pleine course aérienne, à la fois trop loin et à portée d’objectif.

“Je n’ai encore jamais réussi à photographier une libellule en vol. […]
Si bien que ce trait si caractéristique, si glorieusement caractéristique, qui est à l’origine de l’amour que je porte aux odonates, je ne le rencontre concrètement chez les grandes espèces au vol le plus spectaculaire que sous la forme de l’agacement, de l’impatience (“Vas-tu te poser, oui ou non?”) et de la frustration […]
Il y a ainsi ce paradoxe: ce qui nous est à tous le plus familier chez les libellules, leur vol, est aussi le plus inaccessible, le plus étranger à celui qui tente de les approcher passionnément. Pour entrer, d’ailleurs, dans le monde du vol des libellules, la photographie ne suffirait pas. Celles que j’ai vues sont décevantes. Je le dis sans trop de jalousie. Ou bien les ailes sont floues, tant leurs battements sont rapides, ou bien, nettes, elles paraissent en vrac, sans rien traduire de ce que l’on a vu de légèreté, de puissance et de rapidité.” (pp.91-92)

“Maintenant que vous avez décidé, la porte se referme derrière vous et vous entrez dans un monde neuf, puissamment orienté, prodigieusement intéressant (passionnant!) leur monde de marécages, de fossés remplis de végétation, de mares et de tourbières. Un monde où vous les chercherez sans relâche, un monde qui ne peut être fait que d’attentes souvent frustrées et de rencontres fulgurantes.” (p.30)

Orthetrum albistylum au milieu des joncs

“En verrai-je? Et si j’en vois, à quoi les reconnaîtrai-je? Par quel trait, cette fois-ci encore, signaleront-elles leur originalité immédiatement repérée parmi tout ce qui bouge et tout ce qui vole? […] Où sera la première que je verrai: dans l’herbe, au dos d’une fougère, plaquée contre un tronc d’arbre? Infatigablement en vol, ce qui est sa manière de dire “non” — ou immobile assez longtemps pour que la rafale canonique de sept clichés puisse être prise, ce qui est sa manière de dire “oui” ?” (pp.30-31)

“L’essence de la poésie se lit dans ce que dévoile une libellule photographiée: l’étrangeté d’un monde entièrement inventé.” (p.69)

“Il y a un monde qui est caché dans le nôtre.
Changer d’échelle change le monde. Leibniz s’en émerveillait: “Chaque portion de la matière peut être conçue, comme un jardin plein de plantes, et comme un étang plein de poissons. Mais chaque rameau de plante, chaque membre de l’animal, chaque goutte de ses humeurs est encore un tel jardin, ou un tel étang.” Et c’est là où l’originalité des libellules joue à plein. Q’un changement d’échelle nous ouvre à des mondes inconnus, qui ne le sait? Il suffit d’avoir vu une photographie d’acarien… Mais, justement, les acariens ne sont pas visibles à l’oeil nu, alors que vous avez une expérience familière des libellules — et voici que la photographie vous révèle qu’elles sont tout autres que vous ne pensiez.” (p.67)

“Les libellules s’en vont, quittent, vont ailleurs, et cet ailleurs est justement ce qu’elles habitent, là où elles volent, maintenant. Elles sont le détachement même. Elles ne tiennent à rien, si ce n’est à s’en aller. Elles habitent leur départ — elles sont toujours déjà arrivées là où elles ne finissent pas de partir. Une telle constance dans l’inconstance — une telle impatience patiemment habitée.” (p.102)

Exuvie d’Aeshnidae

“Il faut se rendre à l’évidence: [les libellules] naissent d’un ailleurs qui est leur propre perfection.” (p.114)

Délicat Platycnemis pennipes

“Les libellules sont des êtres de la distance moyenne. Trop petites pour être vraiment vues de loin, trop grosses et trop farouches pour l’être de très près, on les cherche et on les repère sans entrer dans leur monde puisqu’elles ne vous laissent pas le temps de changer d’échelle pour vous adapter. Repérées, elles se laissent approcher, mais repartent en se déplaçant d’une dizaine de mètres au moment précis où vous étiez sur le point d’y parvenir, semblables en cela aux grands cerfs des chasses mystiques, capables de vous emmener jusqu’à la sainteté ou jusqu’à la damnation parce qu’ils diffèrent constamment une promesse presque tenue.” (p.42)

Erythromma lindenii

“Mais le miracle s’est produit, votre attente anxieuse et déjà désespérée (décidément, je rentrerai bredouille) s’est transformée en un surcroît de tension qui pourtant est une détente. Il n’y a qu’un mot qui puisse traduire ce sentiment de satisfaction, celui de don. […] Une profondeur inouïe se creuse derrière ce que vous connaissiez déjà, avec une intensité qui vous certifie que maintenant, enfin, vous êtes devant la réalité.” (p.45)

Erythromma viridulum

“Les animaux vivent dans des oeuvres d’art. Même un pylône électrique devient poétique si un rapace s’y perche. La vraie vie existe, elle ne peut être offerte que par un mouvement qui n’était ni promis ni dû, et dont la libellule est la messagère.” (pp.46-48)

Un héron pourpré sur une photo ratée, prise avec des réglages pour libellules plutôt que pour oiseaux 😉

“Les oiseaux appartiennent à notre monde, se meuvent dans le même espace que nous, alors que les insectes nous font changer d’échelle, nous introduisent à un autre univers, un microcosmos qui exige qu’on parle une autre langue.” (p.34)

“Que se passe-t-il vraiment, lorsque je suis traversé par un éclair que je connais bien, d’une intensité unique, parce que je viens de repérer le scintillement caractéristique d’ailes nervurées comme des vitraux, ou la silhouette impossible à confondre, avec ses yeux énormes?
Etre naturaliste, c’est d’abord cela: éprouver une émotion indicible, simplement pour avoir reconnu son animal préféré.” (p.13)

Il s’agit des premiers mots du chapitre 1, intitulé “Etre amoureux des libellules”, et ils figurent sans conteste parmi mes préférés de tout le livre. En les lisant, j’ai su que le reste allait me plaire, me parler, me faire sourire et me rappeler des moments passés dans un étang, les cuisses bien au chaud dans les waders, en train de transpirer au soleil, les jumelles et l’appareil photo pesant autour de mon cou, mais tellement contente et le visage tout rayonnant lorsqu’une libellule passe enfin près de moi. 🙂

“[…] les libellules nous échappent en leur essence même — et là-bas, dans leur va-et-vient inaccessible ou, au loin, sur les étangs, nous ne pouvons les rejoindre qu’en imagination. Pour nous, qui voulons les photographier, la vérité du vol des libellules est quand elles se posent, c’est-à-dire quand elles ne volent pas.” (p.97)

J’adore le jeu de cache-cache que proposent les libellules, surtout les Zygoptères mais parfois aussi les Anisoptères, lorsqu’elles pivotent pour toujours garder leur tige de support entre elles et moi. Alain Cugno en parle à propos de Sympecma fusca, mais d’autres espèces font de même:

“[…] elle qui se tient d’ordinaire timidement plaquée contre une tige, un oeil dépassant sur le côté pour vous observer et tourner autour de son support afin de vous échapper.” (p.36)

Un Orthetrum cancellatum jouant à cache-cache à Yverdon
Le cache-cache se joue aussi avec les sauterelles 🙂
Sympetrum sanguineum
Jeune sympétrum aux ailes encore brillantes (probablement S. striolatum)

“C’est pourquoi l’identification est une activité très haute de l’esprit. La formule pourra paraître excessive à beaucoup: “Pourquoi diable voulez-vous absolument savoir s’il s’agit de Sympetrum striolatum ou de Sympetrum vulgatum? En quoi les intérêts de l’esprit sont-ils convoqués par le fait qu’un trait noir descende ou ne descende pas le long des yeux de cette pauvre bête? Votre libellule en sera-t-elle plus ou moins belle? Ne pourriez-vous pas vous contenter de la contempler? […]”
[…] Et encore: toute recherche de l’identité d’un animal est une éthique de la rigueur […]” (pp.147-148)

Ce passage m’a aussi bien fait sourire, en me rappelant des souvenirs de chasse au sympétrum, quand la bête me tourne le dos et ne montre que son abdomen, alors que je suis en quête de la longueur des taches sous les yeux! ^^

“Les animaux sont des réponses à des questions qui n’ont même pas eu à être posées.” (p.18)

“Les animaux sont des êtres énigmatiques parce qu’ils sont entièrement présents, là où ils sont. Fondamentalement affirmatifs, ils avancent leurs formes et leur couleurs comme des évidences irréfutables.” (p.19)

Enallagma cyathigerum

“[La photographie] ouvre l’instant et montre quelque chose qui pour avoir existé n’a cependant jamais été, car il s’est, dans la réalité, immédiatement transformé en autre chose: tous les éléments ont bougé et pris une autre configuration. Cette objectivité crée donc un lien au passé beaucoup plus fort que dans le cas de la collection — et même que dans le cas de la chasse — car il ne s’agit pas d’un souvenir, mais de la découverte de ce qui a eu lieu. Un fragment de passé qui n’a jamais été abrité par une mémoire.” (p.60)

Ribambelle d’Erythromma viridulum

“Toute votre activité d’entomologiste s’oriente vers l’identification des spécimens que vous rencontrez […] Qui “s’y connaît” en libellules est capable de les déterminer: mettre un nom exact donne accès à votre dignité de naturaliste. De là, l’importance des guides d’identification dont on attend qu’ils soient fiables et exhaustifs. Que le plus récent guide des libellules d’Europe fasse mention de Pachydiplax longipennis en lui consacrant autant de place qu’aux autres espèces alors qu'”il n’existe qu’une donnée européenne qui concerne la découverte d’une femelle morte sur une plate-forme pétrolière à l’est des Shetlands le 6/09/1999″ est profondément rassurant quant au sérieux de l’ouvrage.” (pp.137-138)

J’ai la version anglaise de ce guide des libellules d’Europe de Dijkstra et al., dont je viens justement de recevoir la nouvelle édition, et je l’adore. En revanche, la version française a commis l’impair de confondre Shetland, en Ecosse, et Shetlands, en Antarctique… pas très sérieux, tout ça! 😉
(A moins que l’erreur ne provienne de la citation, who knows!)

Un coeur de Sympetrum vulgatum

“Les idées sont des libellules
dont les mots sont les ailes et le corps.” (p.100)

— elles filent, comme des éclairs, nous traversent et puis s’en vont.

Sympetrum sanguineum faisant l’obélisque sur un Lythrum salicaria

Voilà, je m’arrête là, après un article aussi long que l’hiver qui nous prive de libellules adultes — mais il y a la neige et plein d’oiseaux qu’on voit mieux sur les branches nues des arbres, donc ça compense! 😉

J’espère que ces photos et extraits de livre vous auront plu, et je vous donne rdv bientôt pour la rétrospective de cette folle année 2020!

Sheltie19#27 Bye bye Shetland

Hello! Aujourd’hui, ce n’est pas le dernier article de la rétrospective, mais c’est le dernier article sur Shetland — après, il nous fallait encore rentrer!

On commence par la superbe Spiggie beach, où nous sommes allés nous promener après notre marche à Westerwick.

Outre le magnifique sable blanc, les eaux du coin sont apparemment très riches. Sur le groupe Facebook Shetland Birds & Wildlife, quelqu’un partage régulièrement de superbes photos de nudibranches, ou limaces de mer, prises à Spiggie, ainsi que d’autres petites créatures marines fascinantes.

De manière générale, les eaux écossaises abritent coraux, étoiles de mer, anémones et plein d’autres animaux marins colorés qu’on ne soupçonne même pas depuis la plage. Pour avoir une meilleure idée de cette mystérieuse vie colorée, ça vaut vraiment la peine de regarder le superbe documentaire “Hebrides, islands on the edge“, narré par Ewan McGregor (4 épisodes dévoilant la vie de la faune, flore et des humains des Hébrides), ainsi que l’épisode 3 de “Making Scotland’s landscape” sur la mer, disponible sur YouTube.

Bref, on ne s’est pas aventurés dans l’eau mais on a bien pris le soleil en marchant sur la plage, profitant de ces derniers moments seuls au coeur de ce magnifique archipel.

Puis on s’est finalement arrachés à Spiggie beach et on a décidé d’aller à Sumburgh Head pour la dernière fois. Il faut dire qu’il faisait tellement beau!

On est arrivés juste à temps pour prendre un petit café et un crumble aux cerises avant que le foodtruck de Sumburgh Head ne ferme.

On a dégusté ça en admirant le paysage, avec la vue sur Bressay et les falaises de Noss au loin, avant de rentrer à Levenwick pour notre dernière nuit au camping.

Vue sur les falaises de Noss, au loin

Le lendemain, c’était le jour du départ! On a donc dit au revoir à Levenwick pour de bon et on est allés passer la journée à Lerwick, où on a traîné au café de Mareel, fait un peu de shopping (j’ai acheté un bandeau en laine d’agneau tout doux pour les oreilles) et visité le Town Hall.

Sur Commercial street, la principale rue marchande, on a croisé la Shetlandaise de Burra rencontrée dans plusieurs campings, avec sa fille, et on a discuté un moment, c’était super sympa. La ville était très animée, car il y avait un bateau de croisière dans le port ce jour-là.

Après avoir mangé une soupe au Peerie shop & café, on est allés au Böd of Gremista, qui abrite le Shetland Textile Museum. On y a vu des exemplaires de tricot, tapis, métier à tisser, broderie,… On sent vraiment que la laine est une institution, à Shetland.

On a rencontré une femme qui filait la laine avec une sorte de toupie, un ancien instrument utilisé par ceux qui n’avaient pas de rouet, à l’époque romaine déjà. On a aussi appris l’existence du “Back to back challenge”. Le principe? Le plus vite possible, tondre un mouton, nettoyer et carder la laine, la filer, puis tricoter un pull. A la fin, on peut voir la photo avec le mouton tondu et un homme avec son pull tout neuf! Le record est de moins de huit heures, mais je ne me rappelle pas de la durée exacte!

Puis on a encore fait des courses, on est retournés au Mareel pour un bon coffee cake, puis on a fait le tour des activités qui avaient lieu devant le musée. C’était la “Sail week”, et il y avait des bateaux exposés, des bateaux télécommandés, des sorties en mer,…

Puis c’était finalement l’heure d’embarquer sur le ferry, notre maison pour la nuit! On y a retrouvé un couple de Londoniens vu dans plusieurs campings, une fille de la sortie à Foula, ainsi que le super couple de Yorkshiriens aussi rencontrés lors du day trip sur Foula.

Vue sur Mareel et Bressay en arrière-plan

Il s’est avéré que les Yorkshiriens ont vu le même pod d’orques que nous, le même jour, mais un peu plus tard. On les avait repérés à Lunna Head, tandis qu’eux les ont vus vers Mossbank. On a partagé plein de souvenirs — ainsi que nos photos, car ils regrettaient de ne pas avoir pris de photos des orques.

On est restés sur le pont pour le départ, et José en a fait un timelapse (qui file un peu le tournis):

En attendant de libérer le ferry

On a d’abord eu droit à de jolies vues sur la capitale, toute grise sous les nuages.

Town Hall sur la colline
Moi toute contente avec mon nouveau bandeau
Bain’s beach

Puis on a longé Bressay, puis le South Mainland. Il commençait à faire froid, donc on est rentrés. Pour passer le temps, on a acheté des billets pour voir “Men in Black: International”. Sympatoche film, parfait pour repousser un peu l’échéance de rejoindre nos sièges pour une nuit pas très confortable.

En arrivant à la hauteur de Fair Isle, le vent s’est levé, et ça a commencé à secouer un peu. Après l’arrêt dans les Orcades, c’est devenu carrément tempétueux. Le ferry bougeait dans tous les sens. Nos sièges étaient quasi à l’étage le plus haut, et pourtant des vagues venaient fouetter les fenêtres. Tout le plexiglas dans le bateau tremblait, ça donnait une sacrée ambiance Titanic. Chaque personne qui tentait de marcher pour aller quelque part se transformait en pirate bourré, trébuchant et tombant à moitié à cause de la houle. Je pense que j’aurais pu avoir un peu peur, mais j’ai été trop occupée à vider mes entrailles à partir d’1h du matin. J’ai ainsi pu forger des amitiés insoupçonnées dans les toilettes des filles, avant d’enfin réussir à m’endormir par terre sur la moquette. Quelle nuit! Le matin, on a appris qu’on avait eu affaire à des vents de niveau 9 sur l’échelle de Beaufort, soit juste avant le niveau tempête!

Bref, on avait trouvé que l’aller était plutôt confortable du point de vue navigation… mais on n’a pas pensé ça au retour. C’est pas comme si j’en faisais encore des cauchemars, mais presque. En quittant Shetland, on se disait que c’était tellement génial qu’il fallait absolument qu’on y revienne, et que finalement le trajet n’avait pas été si long. Mais là, après cette nuit d’horreur sur le ferry, j’avoue qu’il me faut du temps pour me refaire à l’idée d’embarquer pour une nouvelle nuit à me faire ballotter par la mer du Nord. ^^ Surtout qu’on a physiquement mis du temps à nous en remettre: les trois jours suivants, on avait encore la tête qui tournait et l’horizon qui tanguait quand on était à l’arrêt. Sur le ferry, José a d’ailleurs rencontré un pêcheur, qui lui a raconté que ça faisait 20 ans qu’il bossait en mer et qu’il n’avait jamais eu le mal de mer comme ça avant.

Quoiqu’il en soit, mise à part la nuit houleuse (c’est le prénom), on a vraiment passé d’incroyables vacances sur Shetland! Et le voyage n’était pas encore terminé, il nous fallait encore redescendre jusqu’en Suisse. J’ai donc encore 2-3 articles à vous concocter avant de finalement clore ce chapitre! See ya soon! 🙂

Libellulite aiguë

Voilà, le mois de mai vient déjà de se terminer! Un mois de mai sans Fête de la danse, sans spectacle d’impro, sans swing, sans Médiévales d’Andilly, mais un mois quand même rempli de libellules!

Mâle Libellula depressa, bois des Mouilles

J’ai encore la rétrospective shetlandaise à finir, ainsi qu’une magnifique journée passée à la montagne mi-mai à raconter, mais je ne pouvais pas attendre plus longtemps avant d’inonder le blog de photos de libellules et autres créatures rencontrées au gré de mes balades du mois dernier!

J’ai surtout passé du temps au bord de l’Aire (dont la fréquentation a à peu près quadruplé avec le confinement…!), et José et moi sommes aussi allés trois fois au Bois des Mouilles. On voulait un peu suivre l’évolution de l’étang après les travaux de 2019. Il est à nouveau bien rempli et les libellules sont de retour, même si je n’ai pas revu Coenagrion pulchellum, ni Brachytron pratense, vus le printemps dernier.

Tandem de Coenagrion puella

Les 9 et 24 mai 2020, on a revanche revu la dose de Sympecma fusca. 🙂

Sympecma fusca

Bien sûr, on a aussi croisé grenouilles vertes et oiseaux à foison. Et notamment un beau pic épeiche sur un tronc mort recouvert de mousse bien verte. 🙂
Un jour, on a discuté avec un homme qui nous a dit qu’il avait aperçu un martin-pêcheur et les couleuvres, héhé!

La libellule qu’on a vue en plus grand nombre au Bois des Mouilles durant le mois de mai, c’est sans aucun doute Libellula depressa. Comme l’année dernière, on en a également revu dans le fossé du pré de la Gavotte, en compagnie d’Orthetrum cancellatum.

Au Bois des Mouilles, on a notamment eu le plaisir d’observer plein de femelles Libellula depressa en train de pondre. Et une fois, on a même eu droit à de sacrées bagarres, avec des mâles fonçant sur les femelles en pleine ponte!

J’ai filmé une femelle pondant dans un coin tranquille, car je trouve impressionnant de voir les mouvements de ponte! En mettant le son, on peut avoir aussi une idée de l’ambiance, avec les grenouilles et oiseaux en charge de la bande-son (et notamment une foulque macroule donnant de la voix vers la fin!). 🙂

Au bord de l’Aire, on a également revu Aeshna isoceles, comme l’année dernière. Deux mâles se sont installés sur deux parties stagnantes à 20 mètres d’écart et se livrent de violentes batailles de temps à autre. Ils n’hésitent pas non plus à s’en prendre à leurs voisins, un Anax empereur et un mâle Libellula depressa.

Aeshna isoceles

On a vu plein d’autres espèces au même endroit: Platycnemis pennipes, libellule déprimée femelle, agrions jouvencelles, Ischnura elegans,… L’accès au coin est en revanche assez restreint, ce qui rend les photos difficiles. En triant des essais ratés de photos d’Aeschne en plein vol, j’ai eu la surprise d’avoir des fois des grenouilles nettes en arrière-plan, haha! ^^

Trouvez la libellule déprimée femelle!
Plein de Platycnemis et Coenagrion en train de pondre

L’aeschne isocèle a bien éprouvé ma patience, ne se posant absolument jamais… Sauf bien sûr les jours où je passe sans l’appareil photo, haha! Il y a quelques jours, je me promenais avec José, et elle était là, sagement posée sur son brin de carex. ^^ Mais je ne désespère pas de réussir un jour une photo d’Aeshna isoceles posée, avec son triangle isocèle bien visible. 😉
En attendant, je me contente de photos floues en vol (même que j’aurais vraiment bien voulu que la suivante soit nette! Elle est passée tellement proche de moi!).

Au bord de l’Aire, ça fait un petit moment qu’on n’a plus revu le faucon crécerelle résident, par contre les hérons, poules d’eau, milans noirs et foulques sont au rdv, ainsi que les harles bièvres parfois. On a aussi vu des Calopteryx, virgo et splendens, papillonner au-dessus de la rivière.

Calopteryx splendens

En plus des zones humides, les prairies fleuries bourdonnent de vie! Je n’ai pas revu d’ascalaphe, mais c’est tellement chouette de voir tous ces papillons, bourdons et abeilles! 🙂

Ce mois de mai, quand je n’étais pas en train d’observer des libellules (c’est-à-dire, la plupart du temps), je bossais sur mon mémoire sur les libellules! Eh oui, car la fin approche…!

Orthetrum cancellatum au bois des Mouilles
Nymphéa en fleur

Une autre bonne surprise de dimanche dernier au bois des Mouilles: Libellula quadrimaculata, qui a littéralement posé devant l’objectif après une vingtaine de minutes à nous voler autour!

Sur les photos suivantes, trouvez: Libellula depressa et Anax imperator!

Libellula depressa
L’empereur de l’étang

Dimanche dernier, à chaque fois que José et moi essayions de partir, une nouvelle espèce de libellule venait nous narguer et je ressortais illico presto l’appareil photo! La plus belle surprise: mon premier Anax parthenope! 🙂
Il ne s’est pas posé de notre côté (sûrement à cause de l’anax empereur qui patrouillait son secteur) mais j’ai quand même pu capturer quelques photos floues d’hyper loin:

Alors qu’on allait finalement rentrer, un Lestes viridis à peine émergé est carrément venu se poser sur la jambe de José!! C’est le tout premier que j’ai vu cette saison.

Allez, fini pour aujourd’hui, je vous laisse avec une de mes photos préférées du mois, un Anax imperator très coopératif!

Bye et à bientôt!

Update du 2 juin 2020: je viens de rentrer d’une petite balade digestive avec José riche en observations de libellules, donc je les rajoute vite fait ici!

Pour commencer, c’est un tandem d’Orthetrum brunneum qui m’a accueillie lors de mon arrivée vers la Gavotte. Le petit fossé humide bordant le pré des poneys bouillonnait de vie: ça volait de partout! Libellules déprimées, Orthétrums bruns, étourneaux prenant leur bain, moineaux,…

Coeur copulatoire d’Orthetrum brunneum

Plus loin, ce sont 4-5 chardonnerets élégants qui se sont envolés d’une superbe prairie fleurie sous nos yeux. 🙂 Malheureusement, pas de photo, tout s’est passé bien trop vite!

Nouvelle surprise: l’Aeschne isocèle a daigné se poser quelques secondes, héhé! Je savais que je l’attraperai un jour. 😉 Mais bon, elle était quand même loin, ceci est une photo sacrément recadrée.

Et puis, dernière bonne surprise: alors qu’on approchait du pont du Centenaire, on voit un tandem de Gomphidae nous passer devant! C’était la première fois que j’en observais au bord de l’Aire. Le mâle est repassé et s’est posé non loin de nous dans un arbre. Verdict: Onychogomphus forcipatus!

Je suis vraiment contente de l’avoir croisé, car jusqu’ici je n’en avais pas vu au stade adulte, j’avais juste trouvé une exuvie au bord du Rhône lors du terrain pour mon master.

Et voilà, cette fois c’est vraiment fini!
Bye pour de vrai! 😉

Sheltie19#26 W comme Westerwick

Et aussi W comme Whisky! 😉

Bonjour à tous! Aujourd’hui, c’est parti pour un looooong article avec pleeein de photos. Eh oui, car on en a vu, des beaux paysages côtiers, durant ces vacances à Shetland, mais la marche qu’on a faite à Westerwick nous a vraiment coupé le souffle. Le soleil était de la partie et c’était juste une de ces journées absolument magnifiques, où tout est beau. 🙂

Après un délicieux petit-déjeuner au Cake Fridge & Tea room, on est allés à Silwick, dans l’ouest de Mainland, pour une marche d’environ 8.5 km. Dès les premiers pas, on se retrouve face à des paysages côtiers magnifiques, avec des stacks impressionnants.

A l’ouest, on a eu de superbes vues sur Foula, avec ses hautes falaises.

Falaises, stacks, sphaigne, petites criques, tapis de fleurs, le tout sous le soleil, c’était vraiment splendide. 🙂

Tout cet espace, cet immense horizon <3

C’était notre dernière marche avant notre départ de l’archipel, donc j’en ai aussi profité pour prendre plein de photos de notre compagnon de voyage, Whisky MacKenzie!

South Mainland était magnifique, au milieu d’un océan étincelant sous le soleil.

Whisky en pleine orientation

Dans un précédent article, j’avais déjà mentionné ce petit livre rouge, “Shetland, 40 Coast and Country Walks”. On le voyait un peu partout et on l’a finalement acheté sur Unst. Toutes les marches qui sont dedans figurent déjà sur Walkhighlands, mais c’était pratique de ne pas avoir besoin d’internet pour se renseigner sur les possibilités de marche. Ça ne remplace pas une vraie carte, et il manque des infos capitales je trouve (genre le dénivelé), mais c’était quand même sympa et on s’est attachés à ce petit bouquin. Grâce à lui, on a sans doute fait bien plus de petites marches que ce qu’on pensait au départ! Ça devenait presque un peu addictif de faire le plus de marches possible. ^^ Et puis ce bouquin fait partie d’une collection avec des livres de ce genre pour plein de régions du Royaume-Uni, donc on a encore du boulot! 😉

En plissant les yeux en direction du sud, on a même réussi à apercevoir Fair Isle! On était super contents, surtout qu’on espère bien y aller un jour.

Fair Isle au loin

Et puis on a vu une baleine de Minke, héhé! 😀
Elle a plongé et resurgi quelques fois avant de disparaître dans les profondeurs.

Une baleine de Minke proche de la côte
Foula au loin
Foula

Après avoir passé une petite colline, on s’est retrouvés au milieu des moutons et très exposés au vent, donc José a même pu sortir son bonnet! 😉

On a vu les habituels oystercatchers, fous de Bassan, sternes, skuas et fulmars, qui bataillaient dans le vent.

Skua!

Le retour nous a fait passer par une plaine tourbeuse avec de la mousse sphagnum de toutes les couleurs. C’était comme de marcher sur un nuage bien moelleux.

Et puis on a bouclé notre marche et sommes retournés à la voiture pour de nouvelles aventures. Cette dernière journée entière sur l’archipel n’était en effet pas encore finie, mais ce sera tout pour aujourd’hui!

A bientôt pour la suite! 🙂

Sheltie19#25 West Burra

Hi! 🙂
C’est parti pour un nouvel article de la rétrospective shetlandaise, avec plein de photos et peu de texte, car il faut vraiment que je travaille! 😉

Vue depuis le camping de Levenwick

On s’est réveillés à Levenwick sous un beau ciel sec et on a roulé jusqu’à West Burra, une île atteignable sans ferry grâce à des ponts qui relient Mainland à Trondra et Trondra à West Burra.

Le temps d’arriver au départ de notre marche, les nuages se sont un peu rapprochés. Le temps a oscillé entre soleil, nuages, ombre et vent, c’était magnifique.

Vue sur Minn beach

Le programme de la matinée: faire le tour de la péninsule de Kettla Ness, qu’on rejoint en passant par Banna Minn, une splendide plage-tombolo au sable blanc.

*paradise*

Après celui de Saint Ninian’s isle, il s’agissait de notre second tombolo des vacances. Et qu’est-ce que c’est beau!

Etonnamment, on n’a vu aucun mammifère marin/aquatique de toute la balade, ce qui devait être une première. Normalement, quand on ne voyait pas de loutre, on avait au moins droit à un ou deux phoques, voire une baleine au loin!

Chardon!

Mais c’était quand même une superbe balade, on a adoré l’atmosphère du lieu! Et on a vu plein d’oiseaux, dont un groupe de sternes et deux plongeons catmarins.

Et des moutons, of course!

Bon, je vous laisse regarder les photos! 😉

Ci-dessous, José a dans la main un petit guide qui a été un fidèle compagnon lors de ce voyage. Je vous en parlerai davantage dans le prochain article!

Mes cheveux permettent de prouver la présence de vent ^^
Vue sur Mainland
Vue sur Sumburgh au loin

On a mis deux heures et demie à faire le tour de la péninsule, avec une petite pause carotte passée à scruter l’eau si jamais un animal pointait le bout de son museau. De retour à la voiture, il commence à bruiner, sacré timing!

Whisky la tête en bas durant toute la balade

On a roulé jusqu’à East Burrafirth pour aller manger un délicieux repas au Cake Fridge and Tea room — avec bien sûr de délicieux cakes en dessert! Après ça, sans surprise, on est retournés à Levenwick pour faire une petite sieste. ^^ Une fois sortis de notre courte hibernation, on est descendus à la plage de Levenwick. On a repéré des empreintes de loutre dans le sable et on a vu un phoque commun, des sternes, un fou de Bassan, deux plongeons catmarins, des cormorans, des fulmars et plein de bécasseaux qui couraient sur la plage, ainsi qu’un adorable groupe de gravelots qu’on a observé un moment aux jumelles. 🙂

Trouvez les limicoles! 😉

De retour au camping, on a joué aux cartes et discuté avec Tony et un couple de Sud-Africains “homeless”, qui enchaînent les voyages à vélo sur toute la planète. Là, ils avaient roulé jusqu’à Shetland depuis… Heathrow! Et leurs vélos sont bien équipés, ils se trimballent carrément des verres à vin! ^^’

Incroyable injustice au Jeu de l’EPFL… Trois “10” pour José!

Et voilà, c’était le récit d’une très chouette journée plutôt tranquille!
Le prochain article parlera d’une journée vraiment super (enfin, d’une partie de cette journée, car elle était tellement cool que j’avais beaucoup trop de photos pour un seul article ^^)… la dernière journée entière sur l’archipel! :0

A bientôt! 🙂

Sheltie19#24 Hillswick and back again

Hi there! 🙂
C’est parti pour la suite de la rétrospective shetlandaise. Aujourd’hui, je vous raconte notre dernière journée dans la péninsule de Northmavine avant de retourner à Levenwick, où se trouve notre camping préféré.

Camping de Braewick

Contre toute attente, on se réveille sous un ciel gris mais sec. Ces vacances, on aura vraiment eu du bol les jours où on devait plier la tente, car elle était miraculeusement toujours sèche! Ah, les petits plaisirs de la vie. ^^̈́’

Vue sur l’hôtel de Hillswick, le grand bâtiment en bois clair

On a donc plié bagage et on est allés faire la marche du Ness of Hillswick, d’un peu moins de 8 km. Comme souvent, on se retrouve à longer la côte et on croise quelques oiseaux, dont un gravelot (ci-dessous à droite) et des limicoles non identifiés.

On a aussi rencontré un berger sur son quad qui gueulait en rassemblant ses moutons. ^^

Ronas Hill au loin

On a guetté les loutres, sans succès, mais on a tout de même vu un phoque (c’est un peu le minimum syndical, dans le coin ^^). Et puis la côte était très sympatique, avec la vue sur West Mainland d’un côté et Ronas Hill de l’autre, la tête dans les nuages.

Goélands marins

On est passé devant un mini phare solaire puis on s’est extasiés devant les falaises rose-rouge de Braewick, les Drongs et d’autres splendides stacks. On voyait même le camping de Braewick qu’on venait de quitter, juste en face!

Les Drongs, et le camping de Braewick en arrière-plan

L’un des stacks avait une forme d’aileron de requin ou de nageoire dorsale d’orque, selon l’angle.

Selfie avec nageoire dorsale
Les falaises rose-rouge 🙂
Ribambelle de stacks

Tout en continuant à prendre des photos des Drongs de tous les côtés (je suis incorrigible), on a commencé à longer l’autre côté du Ness of Hillswick, pour faire une jolie boucle.

On a de nouveau croisé quelques brebis avec des agneaux vraiment jeunes et bien sûr incroyablement choux.

A la queue leu leu sur le sentier
Redescente sur Hillswick

A la fin de la balade, on est passés jeter un coup d’oeil au Hillswick Wildlife Sanctuary, une association qui recueille des jeunes loutres et phoques en mauvaise posture. Le plus souvent, ce sont des jeunes qui ont été séparés de leurs parents lors de grosses tempêtes, ou dont les parents ont disparu.

Une jeune femme nous a présenté trois jeunes phoques communs de 5 semaines, chacun retrouvé seul, séparés de leur mère après de forts vents. Ils étaient absolument adorables. Ils venaient d’être placés dans un bassin extérieur plus grand et observaient leur nouveau territoire, essayaient d’en sortir, nageaient dans l’eau avec grâce, soufflaient bruyamment par leurs narines… Ils allaient être relâchés à l’âge de 12 semaines environ, plus tard qu’à l’état sauvage (où ils arrivent à plus ou moins se débrouiller dès 6 semaines), car ils devaient tout apprendre par eux-mêmes.

Le centre s’occupait également de loutres au moment de notre visite, mais celles-ci étaient gardées à l’écart des visiteurs/humains car elles allaient bientôt être relâchées et les contacts étaient donc minimisés.

Hillswick Wildlife Sanctuary

On a quitté le sanctuaire vers 13 h et on est retournés au café du camping de Braewick pour y remplir nos estomacs. Les gérants ont leur propre ferme et proposent donc du boeuf maison, provenant du pré d’à côté. On a aussi mangé du cake au chocolat, car pas grand-chose n’arrive à rivaliser avec les incroyables cakes British géants, il fallait donc profiter pendant qu’on y était! ^^’

Dernière vue sur les Drongs avant de partir

On a ensuite dit au revoir aux deux adorables serveuses qu’on avait régulièrement croisées durant notre séjour à Braewick (une ado jouant super bien du fiddle et une Française) et on a roulé jusqu’à Lerwick. Plus on s’approchait, plus le temps était… disons… humide (j’allais écrire “pourri”, mais je trouvais trop négatif ^^).

A Lerwick, on a fait quelques emplettes avant d’aller admirer de superbes voiliers, dont le “Sea Cloud”, venu de Norvège pour une semaine spéciale de célébration de la voile.

“Sea Cloud”

On a discuté avec une autre touriste qui nous avait repérés au camping de Braewick (small world!), puis on est retournés planter notre tente au camping de Levenwick, où on est arrivés en même temps qu’une famille anglaise également croisée dans plusieurs autres campings. Décidément! ^^ On a aussi bien sûr retrouvé Tony, l’Anglais quasi résident du camping, qui nous a lancé un joyeux “Welcome home!”. Il faut dire que c’est un peu l’impression qu’on avait, de retourner à la maison. 🙂 Avec la vue sur la mer (sauf ce soir-là, car il y avait un sacré brouillard), la salle commune pour manger au sec (et à l’abri des midges) et discuter, et aussi John, le warden volontaire du camping, que ça faisait marrer de nous voir cuisiner dans la bruine! Il nous a même pris en photo pour l’envoyer à un autre couple de Suisses qu’il connaît bien car ils viennent chaque année pour prendre des photos sous-marines de fous de Bassan qui plongent!

La photo prise par John le warden

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui! On approche de la fin de la rétrospective, mais j’ai encore de sacrés coups de coeur à partager!
Bye et à bientôt! 🙂

Sheltie19#23 Eshaness

Hello!
C’est parti pour la suite de la rétrospective shetlandaise. Mine de rien, on se rapproche quand même gentiment de la fin (mais gentiment, hein!)! Et puisque c’est impossible de savoir avec certitude si on pourra voyager cette année, eh bien je vais pouvoir inonder le blog de photos de libellules et de quelques escapades en Suisse!

Mais on n’en est pas encore là, pour l’instant, c’est retour à Shetland!

Pour notre deuxième jour sur la péninsule de Northmavine, on a fait une chouette boucle de 13 km à pied en partant du phare d’Eshaness.

On a revu les superbes falaises aux origines volcaniques, sous une lumière vraiment splendide.

Cette fois-ci, on n’était pas seuls, contrairement au petit tour qu’on avait fait un soir deux jours plus tôt. Il faut dire que les falaises sont très connues et que des cars de touristes y viennent. D’ailleurs, au café de notre camping, il y avait régulièrement de grands groupes qui débarquaient. On a appris que certains étaient des passagers provenant des immenses bateaux de croisière faisant escale à Lerwick

Mais après une dizaine de minutes, on était de nouveau tout seuls! Comme quoi, à Shetland, il n’y a vraiment pas besoin de marcher beaucoup pour avoir l’impression d’être seul au monde.

Dans certains coins, les roches sont d’un noir absolument fou: là encore, il s’agit de restes volcaniques!

Du noir… au rose!

On a longé la côte dans une herbe magnifiquement verte, en franchissant stile après stile.

Je viens d’ailleurs tout juste de chercher la traduction de stile, car je viens seulement de me rendre compte que je ne sais pas quel est l’équivalent français. Verdict de Linguee: échalier!

Comme d’habitude, on croise des petits îlots rocheux et des moutons.

Après un petit moment, on s’est retrouvé sur une route au trafic inexistant. Pas une voiture, pas un humain, et même pas de mouton sur la route!

En revanche, on a eu une petite rencontre ornitho avec un oiseau émettant des cris plaintifs et se camouflant à merveille dans la bruyère. Il s’avère, après vérification grâce au groupe facebook “Shetland birds and wildlife”, que c’était un jeune pluvier doré! 🙂

Peu après, on est arrivés au Tangwick Haa Museum, qui porte sur l’histoire locale. La gardienne était adorable et a proposé de garder nos sacs pendant qu’on visitait les trois salles composant le musée, remplies d’objets hétéroclites, notamment la robe de mariée en soie de la femme d’un laird et des blocs de tourbe servant de moules pour la fabrication de hameçons!

Puis, on a pique-niqué dans le joli walled garden avant de reprendre notre marche côtière.

Au détour d’une plage rocailleuse, on est tombés sur tout un groupe de phoques qu’on a un peu remarqué au dernier moment. On était en train de discuter et on n’était pas du tout attentifs, donc ce fut une surprise mutuelle!

On les a observés un petit moment. Certains petits curieux nageaient proches de nous, d’autres bronzaient sur leurs rochers… et certains se bousculaient pour avoir une meilleure place!

Pendant cette partie de la balade, on a aussi eu de superbes vues sur Dore Holm, le “cheval qui boit”, sous plein d’angles différents!

Dore Holm et colonie de phoques
Ribambelle de phoques communs

Dore Holm, Dore Holm, et encore Dore Holm!

Des linaigrettes 🙂
Holm sous un autre angle
José qui m’attend, assis sur un “échalier”, huhu

Durant notre marche, on a aussi rencontré un Viking habillé de vieux filets recyclés, héhé. Il était bien sympathique. 😉

Puis nous avons bouclé notre boucle en retrouvant le phare d’Eshaness, après 4 heures environ (pauses incluses). Les nuages se sont amoncelés dans le ciel et on change donc notre plan initial, qui était de gravir Ronas Hill, le sommet de Shetland, situé à 450 mètres d’altitude.

A la place, on a décidé d’aller jeter un coup d’oeil au nord de Northmavine, en voiture.

Des Minions vers Hillswick

On a roulé jusqu’à Isbister, la pointe nord de Mainland, où on a trouvé un avion parqué devant une maison ainsi qu’un panneau interdisant d’aller plus loin en raison de l’Official Secrets Act. Bref, autant dire qu’on ne s’est pas attardés et qu’on a fait demi-tour.

On a ensuite roulé jusqu’à Collafirth Hill, le départ de la marche pour Ronas Hill, d’où on a une sacrée vue sur Sullom Voe et les environs. Ronas Hill est connue pour avoir des habitats de type toundra arctique, et on avait envie de voir à quoi ressemblait le coin, qui était effectivement bien différent du reste de l’archipel. C’est également dans ce coin que des harfangs des neiges de passage sont parfois aperçus. Là, point de chouette, mais une averse du tonnerre qui commence. Hop, on rentre donc au camping.

Pour une fois, ce ne sont pas les midges mais la pluie qui a rendu la cuisine difficile. Surtout que dans ce camping-là, point de cuisine aménagée. On a donc mangé des carottes crues et des tartines au beurre de cacahouète. 😉 C’est notamment depuis ce voyage qu’on a envie d’investir dans une tente avec un espace spécial pour cuisiner! ^^

On a tout de même passé une super soirée à faire les jeux du “Shetland Times”, et à jouer à Dobble et aux cartes!

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui! Dans le prochain article de rétrospective, ce sera toujours de superbes vues côtières, des stacks et des moutons (désolée pour le manque de variété, mais nous on ne s’en lassait pas, haha). Bye! 🙂

Sheltie19#22 La vie en rose

Bonjour! 🙂
Aujourd’hui, direction Muckle Roe, une île reliée à Mainland Shetland par un tout petit pont et sur laquelle nous avons fait une chouette marche de 11,5 km (d’après Walkhighlands mais on a réussi à en faire 13 avec des petites rallonges par-ci, par-là).

Je me réjouissais de faire cette marche depuis un moment car elle est considérée par beaucoup comme étant l’une des plus belles de l’archipel.

Et effectivement, on n’a pas été déçus! La côte est incroyablement belle et les roches ont des teintes roses vraiment superbes!

On a vu des petits lochs, des stacks, des failles, un minuscule phare, des phoques,… et puis toujours ces falaises roses de ouf.

On a aussi eu de chouettes vues sur mainland Shetland en face et des petites îles sur lesquelles on n’est pas allés, comme Papa Little (encore un Papa!), Linga et Vementry.

Trouvez José! 😛 (j’avais juste envie de rimer)

Notre pique-nique a été interrompu par une armée de midges. C’était le seul défaut de cette journée: on a vu beaucoup, beaucoup de midges, et pas qu’à Muckle Roe.

On est aussi passé les ruines d’une maison à Burg. La baie toute proche était utilisée comme port pour faire de la contrebande avec les îles Féroé!

De nos jours, pas de smugglers, mais des phoques se reposant sur le ponton!

Et puis on a vu un mouton MacDesigual! C’est l’équivalent écossais du mouton O’Desigual, décrit par Pénélope Bagieu dans le superbe récit de ses vacances en Irlande dont je ne me lasse jamais!

Le chemin du retour nous a fait longer Town loch, sur lequel nous avons pu observer de superbes plongeons catmarins vaquer à leurs occupations. On a essayé de prendre quelques photos mais on n’a vraiment pas le matos, c’était bien mieux avec les jumelles! 😉

On a aussi vu des étourneaux squatter des ruines et s’envoler tous en même temps, comme ils savent si bien le faire.

Le chemin de toute la dernière partie était un large “track” de terre et gravier, qui nous a fait passer devant quelques pans de bruyère en fleur et de la tourbe fraîchement coupée.

Mais ce n’était pas une partie de plaisir tout le long… On a été harcelés par des midges comme rarement. En fait, c’était la première fois qu’on se faisait embêter alors qu’on était en mouvement — et qu’on marchait vite, en plus. On avait l’habitude de se faire attaquer à l’arrêt (en mangeant, cuisinant, montant la tente…), mais une attaque mobile en mode “tête chercheuse”, ça, on ne connaissait pas encore (enfin, au Gap of Dunloe, en Irlande, on s’était fait un peu harceler en marchant, mais c’était rien comparé à Muckle Roe!).

The “midges track”

Bref, c’était un réel soulagement quand le vent s’est levé et que les midges ont disparu aussi vite qu’ils étaient apparu! On a passé le reste de l’après-midi à écrire des cartes postales et lire dans des fauteuils cosy de l’hôtel de Hillswick, avant d’aller faire des courses à Brae. On a aussi décidé d’y manger car on avait peur de se faire dévorer en cuisinant dehors. Wise decision! On a super bien mangé au Mid Brae Inn (et on a croisé des Glaswégiens super sympas rencontrés à Levenwick) et quand on est retournés au camping, c’était effectivement l’infestation de midges!

Des nuages de midges nous attendaient et une trentaine de monstres ont réussi à s’infiltrer dans la tente en même temps que nous, donc on avait une activité toute choisie avant de dormir: la chasse aux midges!

Et voilà, c’était un article avec beaucoup de photos et peu de texte, car c’est l’heure de retourner bosser sur mon mémoire! Dans le prochain article, je vous parlerai d’une autre super marche autour de la péninsule d’Eshaness! Bye!

Sheltie19#21 Vouiiiiii!

Bonjour à tous!
Aujourd’hui, je vais vous raconter une journée pleine de surprises dont on se rappellera encore longtemps avec José!

Première surprise du jour: le linge mis au séchoir la veille au soir n’est toujours pas sec, or c’est le jour où on avait prévu de quitter le camping de Skeld pour s’aventurer plus au nord. Par chance, il fait grand beau, donc on étend nos affaires dehors avant d’aller prendre notre petit-déjeuner au Cake Fridge & Tea room vers East Burrafirth, dont on avait vu un flyer dans la salle commune du camping.

Vue sur un bras de mer en face du Cake Fridge & Tea room

Ce tea room a été une révélation, que dis-je, un véritable coup de foudre! C’était tellement bon, et le personnel était tellement sympa, qu’on y est revenus plusieurs fois durant le reste du séjour, même quand ce n’était plus la porte à côté! Aaah, rien de tel qu’un délicieux chocolat chaud et un cake à la banane pour attaquer le reste de la journée! 🙂

Yum, yum, yum!

On a passé une bonne partie de la matinée dans le tea room, on s’y sentait bien et on n’avait pas énormément de plans pour cette journée, à part faire sécher notre linge. On y a même goûté un roll au Sassermeat beef, une spécialité shetlandaise. Yum!

On finit quand même par retourner à Skeld pour plier habits et tente. Là, avant de partir, José jette vite fait un coup d’oeil sur Facebook… Un groupe d’orques a été vu le matin à Nesting, puis il y a peu vers Lunna Kirk. C’est un coin où on n’était pas encore allés et on décide de tenter notre chance! On roule jusqu’à la péninsule de Lunna et on se parque au bout de l’unique route, où se trouve le départ d’une marche dont parle notre petit guide “40 Coast and Country Walks”. Là, on commence à marcher vite, dans l’idée d’atteindre Lunna Head et d’avoir ainsi une vue sur les deux côtés de la péninsule. On longe la côte en scrutant l’eau. Les orques n’ont pas été vues depuis une heure au moins et elles pourraient être absolument n’importe où, avoir pris n’importe quelle direction.

Et puis soudain… Je n’en crois pas mes yeux, mais voilà une immense nageoire dorsale noire qui perce la surface!

Premier repérage d’orque!

C’est l’euphorie! Il y a 6-7 orques, dont deux jeunes, et en plus ils vont dans notre direction! On les a vus longer la côte, si impressionnants, si beaux, si rapides. Wahou. Les photos d’orques qui suivent ont été prises par José avec le télé (je crois), moi j’ai un peu filmé mais je mettrai ça à la toute fin de la rétrospective.

On les suivait en marchant/courant/sautant comme des moutons! Je ne vous raconte même pas la poussée d’adrenaline. C’était un moment un peu irréel, où on ne comprenait pas trop ce qui nous arrivait tellement on en avait rêvé sans trop y croire. Les orques sont passées vraiment proches de nous, avant de s’éloigner en direction de Mossbank.

Pour donner une idée de leur proximité par rapport à la côte!

On les a vraiment bien vues, même si en un éclair, tout d’un coup, c’était passé. Nos coeurs qui battaient la chamade ont pu se calmer, pendant qu’on suivait encore le groupe aux jumelles. Là, on a rencontré une Américaine vivant à Shetland depuis dix ans et qui nous a dit que c’était la première fois qu’elle voyait enfin des orques.

Bref, on se rappellera toujours de Lunna Ness avec beaucoup d’émotion!

On s’est d’ailleurs offert un selfie “orques”, où on a à peu près les mêmes expressions que lors de notre selfie “loutres” à North Uist en 2016, pour célébrer notre toute première observation de loutre sauvage! 😉

On a vu des ORQUES! 😀

Après cette expérience, autant dire qu’on était déjà bien satisfaits de notre journée, huhu. Et ce n’était pas fini! Après avoir réalisé un rêve en observant ces majestueuses (et bad ass) créatures marines, et alors qu’on flottait sur notre petit nuage d’intense bonheur, on a décidé de reprendre notre plan initial de la journée: rejoindre la région de Northmavine.

En chemin, on s’est arrêtés à Brae pour manger des fish & chips au soleil et faire quelques courses au Co-op (où, en voyant la longue queue à la caisse, on s’est dit qu’on allait tester le self checkout… Big mistake! C’était bien plus sophistiqué qu’en Suisse: il fallait peser le sac au début, puis peser chaque article, puis bien sûr quelqu’un devait venir vérifier à chaque fois qu’on scannait une bouteille de bière, et il y avait des beugs tous les deux articles… Bref, on a compris pourquoi personne n’utilisait les caisses automatiques! ^^).

Vue sur une ferme de poissons, l’une des industries les plus importantes de l’archipel

L’entrée dans la région de Northmavine est marquée par Mavis Grind. A cet endroit, le bout de terre séparant la mer du Nord de l’Atlantique est le plus étroit de tout le Royaume-Uni. A une époque, plutôt que de faire tout le tour de la péninsule Northmavine, aux eaux dangereuses, les marins tiraient leur bateau sur la terre ferme pour retourner à l’eau de l’autre côté. Du coup, pour éviter que l’ennemi fasse de même et passe facilement durant la Seconde Guerre mondiale, les Shetlandais ont posé des “Toblerone” en béton pour empêcher le passage, on peut d’ailleurs encore les voir.

On était passés dans le coin pour aller au point de départ de notre sortie en kayak et on avait trouvé super joli, donc on a décidé d’aller se balader.

Vue sur l’Atlantique

En plus, avec le temps absolument radieux, l’eau scintillait au soleil. Elle était carrément turquoise à certains endroits, wahou!

José qui prend de la hauteur

Depuis les collines alentour, on voit vraiment bien l’étroitesse du pan de terre (ainsi qu’un grand hôtel, cf. le bâtiment blanc)!

On a marché de petite colline en petite colline, toujours au soleil.

Au retour, on est passés jeter un coup d’oeil aux ruines d’un chambered cairn qui, à notre arrivée, étaient occupées par deux moutons! On s’est mutuellement surpris et les moutons ont filé au quart de tour…

… mais pas pour aller très loin! Une fois en sécurité de l’autre côté du mur, le jeune s’est retourné pour nous observer. Haha, mais quelle bouille! ^^’

On a ensuite roulé jusqu’au camping de Braewick en passant par de splendides coins dans lesquels on avait prévu de marcher les jours suivants.

La vue depuis le camping, qui a aussi un café-restaurant, est vraiment splendide, avec plein de sea stacks, notamment les Drongs de Hillswick au loin, sur la droite.

On a planté notre tente derrière celle du couple anglais vu à Skeld, qui devait commencer à croire qu’on le suivait partout, haha! L’archipel est petit, c’est marrant de se recroiser un peu partout.

Ayant mangé des fish & chips à 15h, on a étonnamment pas très faim (haha) et on reprend donc la voiture pour aller faire un petit tour du côté d’Esha Ness. Les paysages sont grandioses et on repère notamment Dore Holm, le “cheval qui boit”.

Dore Holm

Arrivés aux falaises d’Eshaness, on se promène un peu en admirant la vue. La lumière est splendide et les falaises sont magnifiques, avec des roches volcaniques sombres. D’ailleurs, Eshaness était un volcan actif il y a 390 millions d’années!

Puisque la faim (et la soif, aussi) n’est tout de même jamais bien loin, on retourne au camping et on se pose devant la tente pour boire une bière et lire le “Shetland Times”, acheté au Co-op. Je trouve super cool de lire les journaux locaux quand je me balade en Ecosse, ça donne vraiment un aperçu de la vie sur place. Et puis on a appris des choses capitales, notamment que le Cake Fridge & Team room a en fait des distributeurs de cakes à plusieurs endroits de l’archipel! Décidément, ces gens connaissent le chemin le plus rapide jusqu’à mon coeur (enfin, estomac)!

On en a aussi appris beaucoup sur la politique locale (c’était bientôt l’heure d’une élection au parlement écossais, on voyait les affiches jaunes de campagne d’une mec du SNP absolument partout dans le sud de Mainland!), on a eu droit à une photo couleur de Nicola Sturgeon, la première ministre, en train de manger un glace lors du “Sandwick’s fun day”, et puis sinon ça parlait beaucoup de la foire de moutons et vaches de Voe, du récent concours de poneys Shetland, de compétitions de chiens de berger et hockey sur gazon… Il y avait aussi des photos de tous les Shetlandais ayant récemment reçu un diplôme, des photos de mariage, des photos de jeunes bourrés faisant n’importe quoi et aussi un reportage sur les problèmes des “Birthday buses”. Et bien sûr, une rubrique “Courrier”, où on a pu s’essayer au déchiffrage de messages en Scot et Shetlandic. Eh oui, même à lire c’est pas toujours facile, haha! Bref, c’était très instructif. Et comme on ne se refait pas, j’ai également pu remettre ma casquette de correctrice et m’exaspérer devant certaines fautes…

Passangers… It fills me with anger… ^^’

On s’est aussi amusés à faire des genres de mots croisés avant de préparer un bon repas tout en admirant la vue…

… sauf que c’était sans compter sur la fidélité des midges, qui nous ont poussés à nous retrancher dans la tente!

Vue depuis le camping

Et voilà, what a day!
Bye et à bientôt pour le prochain article (jeudi si j’arrive!)!