Sheltie19#7 On dirait le sud

Hi there!
Je reprends la rétrospective shetlandaise là où je m’étais arrêtée: notre départ de la merveilleuse île de Noss, l’île aux oiseaux. Dans le Routard, il est écrit: “Allez à Shetland sans aller sur Noss, c’est comme aller en Egypte sans aller voir les pyramides.” Je ne peux pas dire pour les pyramides, n’ayant jamais mis les pieds en Egypte, mais c’est certain que Noss vaut vraiment, vraiment, vraiment le détour.

Une fois sur Bressay, on a tourniqué un peu en voiture, roulant sur de désertes single track roads, avant de reprendre le ferry pour Lerwick.

José sur le ferry
Bressay à gauche, Lerwick à droite

Il fait tellement beau, et tellement jour (vive les hautes latitudes en été!), on décide d’aller voir quelques highlights du sud du Mainland plutôt que de retourner au camping.

Depuis la route, on a de magnifiques vues sur Mousa, l’île au fameux broch super bien conservé (qu’on voit d’ailleurs bien depuis le Mainland), dont je vous parlerai une fois plus en détail.

Mousa broch
Vue sur Noss, au loin

Puis, alors qu’on roulait sur une petite route de campagne, on tombe sur un panneau pour un village au nom très sympa… 😉

Et soudain, il apparaît sous nos yeux: le célèbre tombolo qui relie le Mainland à St Ninian’s isle. On est subjugués par la beauté du lieu, ce passage de sable d’une île à l’autre.

De l’autre côté du sable, St Ninian’s isle

On va se promener sur la plage, éblouis (littéralement) par le soleil couchant.

On a pu sortir les lunettes de soleil, et pas pour la dernière fois des vacances…!

Un “photo bomb” tout en grâce ^^

On croise quelques sternes en vol et des bécasseaux qui courent à toute vitesse le long de l’eau, les pattes léchant l’écume des vagues.

On a fait quelques pas sur l’île de St Ninian, où un trésor a été découvert par un enfant dans les ruines d’une église médiévale lors d’excavations en 1958. On en a vu quelques pièces au musée à Lerwick, dont de superbes broches en argent.

On a vu des kayakistes tirer leurs kayaks dans le sable pour traverser la plage, avant de recommencer à pagayer de l’autre côté. Qu’est-ce que ça donnait envie (enfin, surtout la partie dans l’eau)!

Puis on quitte ce lieu magique et on continue nos pérégrinations du sud du Mainland. Au détour d’un virage, on voit plusieurs voitures parquées à la sauvage et des gens vissés à leurs jumelles. On se dit qu’il y a sûrement un truc à voir (eh oui, c’est l’éternelle technique du touriste. Comment trouve-t-on des koalas en Australie? On trouve d’abord des gens plantés sous un arbre. Pareil pour les mammifères marins à Shetland!). Point d’orques, mais une colonie de phoques qui se reposent tranquillement sur une plage en contrebas, profitant des derniers rayons du soleil.

De l’autre côté de la baie, on aperçoit Spiggie beach, une superbe plage, et le loch of Spiggie juste derrière.

Vue sur Spiggie beach + loch

On continue notre route jusqu’à Sumburgh Head, à l’extrêmité sud du Mainland. Le phare-musée est déjà fermé, mais on monte quand même pour aller voir la vue et quelques puffins.

Le coin est censé être pas mal pour observer les baleines et orques, car la rencontre entre l’Atlantique et la mer du Nord crée d’importants courants qui font remonter plein de nutriments, ce sont donc des eaux riches, avec plein de bons trucs à manger quand on est un cétacé.

Notre première orque! 😉

La lumière est de plus en plus rasante. Quelques puffins profitent des rayons du soleil depuis leurs terriers en terrasses avec vue sur la mer. Cette colonie est réputée comme étant la plus accessible de Shetland. Pas besoin de prendre de bateau, pas de long sentier, il suffit de passer la tête par dessus le muret qui borde le chemin jusqu’au phare, et ils sont là, au milieu des fleurs.

Mais il n’y en avait pas beaucoup ce soir-là. On a en revanche revu plein de lapins, bien grassouillets!

Les grands pinous 🙂

Pour aller et revenir de Sumburgh Head, il faut traverser… la piste de l’aéroport! Il y a donc un passage à niveau peu commun. Quand un avion décolle ou atterrit, une barrière se baisse et tout le monde regarde le volatile métallique passer tout près.

En train de rouler sur le tarmac!

De retour au camping, on se fait direct attaquer par une armée de midges assoiffés de sang. C’était vraiment affreux. On abandonne donc l’idée de cuisiner dehors et on roule à nouveau jusqu’à Spiggie, pour manger au Spiggie Hotel.

Le bar du Spiggie Hotel

En arrivant, on apprend qu’en fait on ne peut manger que sur réservation, mais le proprio va quand même demander en cuisine s’il y a de quoi faire deux plats, et nous annonce qu’on peut rester, et choisir entre fish and chips et poulet au curry. On choisit le second et on va boire une bière dans la partie pub en attendant. On a discuté avec le proprio, hyper sympa, qui est originaire du Yorkshire et nous a conseillé de jolis itinéraires pour notre trajet du retour.

Il y avait des quiz sur les sous-verres, et certains étaient vraiment hardcore. Ci-dessous, notre meilleur score: on a réussi à répondre aux questions 1, 3 et 4.

Puis on est passés dans la partie resto, avec vue sur le loch of Spiggie et le coucher du soleil (qui met décidément beaucoup de temps à se coucher, dans le “Grand Nord” ^^) et on a mangé un délicieux curry! La cuisinière, indienne, est revenue plusieurs fois nous demander si ça allait, elle avait peur que ce soit trop épicé pour nous, mais c’était délicieux (même si j’ai effectivement bien transpiré ^^).

Et voilà, c’est ainsi que s’est terminée notre première journée entière dans l’archipel… et quelle journée! Notre première draatsi (loutre de Shetland), des puffins, des fous de Bassan par milliers, des plages paradisiaques, de la pluie et du soleil, et plein de merveilleux souvenirs! 🙂

Dans le prochain épisode, on ira faire un sacré voyage dans le temps. See ya!

Sheltie19#6 Gannet city

Bonjour!
Aujourd’hui, je vous présente un article que je me réjouissais d’écrire, car il relate une journée vraiment géniale, la première où on s’est dit “wahou, Shetland est vraiment carrément beaucoup trop magique”!! 😀

Vue sur Noss depuis Bressay

Après une bonne nuit de sommeil bien reposante, on s’est réveillés avec le bruit de la pluie frappant la toile de tente. Pas très prometteur, tout ça, mais on prend quand même la direction de Lerwick. Timing de ouf, on arrive pile à temps pour embarquer sur le ferry pour Bressay. En sept minutes, on est sur une nouvelle île, qu’on traverse rapidement en suivant une autre voiture de touristes. Et voià, nous nous trouvons face à Noss, une petite île classée réserve naturelle et qui n’est habitée que pendant l’été par les deux rangers qui passent la saison à compter les oiseaux et accueillir les visiteurs.

Il pleut des cordes désormais, alors on s’équipe de la tête aux pieds avant de marcher jusqu’au petit quai, où le ranger vient nous chercher avec le “ferry”, qui est en fait un zodiac. Les éléments sont déchaînés et tout autour de nous, des fous de Bassan plongent dans la mer à la vitesse de l’éclair, créant des splashes impressionnants. Sternes et cormorans sont aussi là. Wahou.
En quelques minutes, on débarque sur Noss, le warden nous file quelques indications, et ça y est, on est partis pour faire le tour de l’île.

Shetland wren – Troglodytes troglodytes zetlandicus

On a d’abord longé la côte sud de l’île sous la bruine, en scrutant les baies à la recherche de loutres et l’horizon en quête d’orques, en vain. On croise en revanche des phoques gris et des Great skuas (“Grands labbes” en français, mais c’est pas beau), qui à Shetland sont appelés “bonxies”.

Le chemin commence à grimper, et la pluie à se calmer. Et là, dans les creux des murets de pierre sèche, on découvre nos premiers troglodytes shetlandais, une sous-espèce de notre troglodyte mignon continental. Ils sont absolument adorables, et ils sont partout! On ne s’en lasse pas, on observe une mère nourrir ses jeunes, ça volette de partout, on est aux anges. 🙂

En plus, la lumière commence à percer les épais nuages. On aperçoit même des pans de ciel bleu…

L’île de Bressay et le sud du Mainland, au loin

Et puis on a aperçu quelque chose d’encore mieux que du ciel bleu…

Sur un îlot juste en face, un grand groupe de fous de Bassan. Et sur le chemin juste devant nous, des macareux, nos premiers à Shetland!

On était tout heureux, il y en avait partout: en train de courir dans l’herbe, couchés sur des replats de falaise, en vol,…

On a pique-niqué dans l’herbe, avec vue sur les macareux (et vive les pantalons de pluie pour garder les fesses au sec!).

Sous un ciel de plus en plus radieux, on reprend la marche, avec de nombreuses pauses. On s’arrêtait à chaque fou de Bassan qui nous survolait, à chaque rassemblement de macareux sur l’îlot d’en face,…

L’épopée d’un macareux qui a mis plus de 5 minutes à réussir à descendre sur sa corniche pour rejoindre ses potes
Quelle envergure!
Un fou de Bassan en train se d’ébouriffer en plein vol
Un fulmar boréal, pour changer

Soudain, un murmure emplit l’air. De nouvelles odeurs atteignent nos narines. Nous voilà arrivés à Gannet City. Devant nous se dresse une immense falaise gris-blanc, recouverte de fous de Bassan et de guano. Ça vole dans tous les sens, ça plonge, ça criaille. C’est vraiment une sacrée expérience multisensorielle.

Lors du briefing, le warden nous avait prévenus qu’arriver devant la colonie de fous de Bassan était “quite something”! Et effectivement, ça coupait le souffle. Et encore, sur les photos, on ne se rend pas bien compte de la densité d’oiseaux en vol!

On longe la falaise pour atteindre le sommet de l’île. Durant la montée, on et surpris par un petit piaillement. Il y a un drôle de poussin à quelques mètres de nous! C’était sûrement un jeune skua.

On croise aussi un jeune wheatear (traquet motteux) qui nous a fait une petite démonstration d’entretien des plumes. C’est l’un des oiseaux qu’on a croisés le plus souvent, c’était devenu une vision familière de voir un traquet “bouncer” sur un rocher ou s’envoler à notre approche.

Et puis aussi, on a croisé la dose de lapins!! Même parfois dans les replats des falaises, eh ben!

Comptez les lapins!

Depuis le sommet, la vue était incroyable. Déjà, on voyait toute l’île en entier, ainsi que Lerwick de l’autre côté de Bressay, le South Mainland au Sud, et même des îles du nord de l’archipel, dont Unst et Fetlar.

Et avec nos habits imperméables, on commençait à bien crever de chaud, vu que le soleil était désormais de la partie! J’ai d’ailleurs pris un méga coup de soleil, mais vu que j’avais mon bandeau, je me suis retrouvée avec une fine ligne du front toujours blanche, tandis que le reste de mon visage était rouge tomate, haha.

Durant les vacances, on a découvert que c’était très difficile de prendre une photo sans oiseaux. Les fulmars, plus particulièrement, étaient ultra doués en photo-bomb!

Durant notre descente de l’autre côté de Noss, on arrive vers une colonie de guillemots. Mais ces oiseaux sont parmi les premiers à partir, donc ils étaient déjà peu nombreux par rapport au début de la saison.

Un lapin 🙂
Oystercatcher

Puis, en s’approchant d’une plage, on s’est retrouvés entourés de sternes. Elles nichent à même le sol, parfois proche des sentiers, alors dès qu’un humain approche, l’alerte est lancée et un concert de cris stridents commence.

On les a vues voler avec des sandeels (lançons) dans le bec, tournoyer, plonger dans l’eau avec précision, virevolter avec grâce…

Mais on a vite quitté leur territoire et on s’est posés sur une petite butte avec vue sur une petite baie. On a mangé une pomme en scrutant les eaux, à la recherche de loutres et phoques.

On a d’abord vu plusieurs phoques. Après un moment, on s’apprêtait à partir, quand soudain j’ai aperçu une tête d’une forme différente… Ce n’était pas un phoque! La créature nageait dans notre direction. C’était bien une loutre! On l’a observée pêcher puis venir manger sur un rocher au bord de l’eau.

Une loutre dans le lointain! 🙂

Puis la loutre s’est encore rapprochée, elle a disparu un instant sous l’eau, puis on l’a aperçue juste en contrebas, à seulement quelques mètres de nous! On était aussi surpris qu’elle, qui nous a du coup vite fait repérés et a filé. Voilà, c’était notre première “draatsi” de Shetland! 🙂

On était vraiment tout foufous et heureux après cette rencontre, et on a continué notre chemin au milieu d’un vert pâturage avec plein de moutons.

José en train de passer une “stile”
Groumpf groumpf, la bonne patte!

On a pris notre temps, en flânant dans le pré, observant les sternes qui plongeaient dans Noss sound.

Puis, de retour au point de départ, on était tout surpris de trouver plein de monde vers la maison des rangers et la plage. On a à peine reconnu cette dernière, qui le matin était une bande grise perdue dans la bruine. ^^

On a repris le zodiac pour retourner sur Bressay, on a retrouvé la voiture, puis, tout enthousiastes après cette magnifique excursion, on a décidé de profiter autant que possible du temps radieux!

Et je me réjouis de vous raconter la fin de cette superbe journée dans le prochain article! Bye! 🙂

Sheltie19#5 Vert, bleu, brume

Hello!
C’est parti pour la suite de la rétrospective shetlandaise. 🙂

Après avoir quitté Lerwick, on a roulé direction le sud. On a vite été surpris par le relief: la route longe d’impressionnantes collines, tandis qu’une verte campagne peuplée de moutons, vaches et poneys Shetland s’étale en contrebas jusqu’à la mer.

En 25 minutes, on arrive à Levenwick, où on allait passer pas mal de temps durant les vacances — mais on ne le savait pas encore à ce moment-là. Il fait gris, plutôt sombre, mais qu’est-ce que c’est beau!

Première vue sur la plage de Levenwick

On va se poser au camping communautaire de Levenwick, au-dessus du village, avec une splendide vue sur la côte et un petit jardin tout mignon, entretenu par la communauté.

On plante notre tente dans un coin un peu abrité du vent et on rencontre Tony, un Anglais qui est dans ce camping depuis déjà 8 semaines, et voyage depuis un bail, sans voiture ni vélo. A force d’être à Levenwick, il est un peu devenu le deuxième warden du camping, tout le monde le connaissait!

On descend jusqu’à la plage de Levenwick pour profiter d’une éclaircie.

Terre de contrastes. Le soleil brille sur la plage, tandis qu’une couverture de brume et nuage recouvre la colline.

On marche le long de l’eau, avant de prendre quelques photos au bout de la plage, au soleil (eh non, on ne s’en lasse pas).

A notre arrivée, la plage est déserte… enfin, vide d’humains. Car de la vie, il y en avait! Ça volait dans tous les sens! Un fou de Bassan pêchait dans le coin, ainsi que des sternes pierregarins et arctiques, des goélands et mouettes, des fulmars, des cormorans… et aussi notre premier plongeon catmarin du voyage, ainsi qu’un guillemot à miroir, une espèce dont je ne connaissais même pas l’existence (et qui est maintenant un de mes oiseaux préférés!). On a aussi croisé un phoque qui faisait la bouteille.

Autant dire que le Guide ornitho nous a été d’une aide précieuse durant tout le voyage! Je me rappelle d’une soirée au camping, tous regroupés autour du Guide, à essayer d’identifier un oiseau dont on n’avait qu’une photo moche et pixélisée prise à 150 m. Ah, those were the days… 🙂

Puis on a été rejoints par une famille et son chien, qui galopait joyeusement d’un bout à l’autre de la plage.

Photo prise par José 🙂
Celle-ci aussi — il s’amusait avec le télé 😉

On s’est ensuite baladés pas loin de la plage, en traversant notamment un cimetière situé sur un petit talus, avec des fleurs partout et encerclé d’un muret de pierre. Et puis bien sûr, on est tombés sur des moutons! Et un truc qui nous a marqués durant le voyage, c’est qu’on a vu plein de béliers! Alors que durant notre tour d’Ecosse 2016, on n’avait vu quasi que des brebis et (grands) agneaux.

Bon, et on a aussi vu la dose d’agneaux! Notamment car dans les îles Shetland, ils naissent plus tard que dans le reste de l’Ecosse. Eh oui, il ne faut pas oublier que c’est le Grand Nord! 😉

Et puis les moutons shetlandais sont connus pour leur laine tricolore. Il y a plein de coloris différents (j’ai même failli ramener un poster avec toutes les couleurs et motifs différents trouvés sur les moutons shetlandais, mais je me suis retenue). Ci-dessous, celui qui est brun avec le cou et le front blancs et le reste de la tête noir, c’est vraiment un mouton typique de l’archipel.

Epuisés par notre petite nuit sur le ferry et la journée à visiter Lerwick, on est remontés dans notre camping pour cuisiner un bon petit plat et manger dans la super salle commune: LE méga giga génial point fort du camping.

Et voilà, déjà une journée passée dans l’archipel!
A bientôt (j’espère) pour la suite!

Bye! 🙂

Sheltie19#4 Une capitale dans le brouillard

Bonsoir!
Je sens que le travail me rattrape et que je vais avoir de plus en plus de peine à publier des articles hebdomadaires… mais ce soir, je suis d’humeur procrastinatrice, donc voilà quand même un article sur notre arrivée à Shetland!

Nous sommes arrivés à Lerwick tout fatigués, après une nuit plutôt agitée, mais pas à cause des flots. C’est le bruit et la difficulté à trouver une position confortable qui ont entravé notre sommeil. Mais on n’a pas eu le mal de mer, donc on était contents, héhé.

On a découvert la capitale dans la brume. Il y avait tellement de brouillard qu’on discernait à peine l’île de Bressay, pourtant juste en face.
On a débarqué à 7h30 et on a flâné dans Commercial street, où tout était encore fermé. On attendait qu’un café ouvre pour pouvoir prendre le petit-déjeuner.

Partout dans le centre, des fanions apportent un peu de couleurs au milieu de la grisaille. Vous vous rappelez des closes d’Edimbourg, ces petits passages entre les rues? Eh bien à Lerwick, il y a la même chose mais en bien plus minuscule! Des passages tout petits dans lesquels on peut se perdre comme dans un labyrinthe.

Le coin est désert, ça donne un côté un peu mystérieux aux ruelles. Rien à voir avec l’atmosphère qu’on a eu l’occasion de voir plus tard durant les vacances, quand il y avait des bateaux de croisière dans le port.

Market Cross

Alors qu’on marche sous la bruine, on repère déjà des lieux qui apparaissent dans la série Shetland de la BBC. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une série policière adaptée des romans d’Ann Cleeves. Avec José, on l’adore! Et on n’est pas les seuls: ça a apparemment dopé le tourisme dans l’archipel (un peu trop, d’après certains), surtout en provenance des Etats-Unis.

On traverse Market Cross, là où le Jarl Squad vient afficher “the Up Helly Aa Bill” lors du festival du feu en janvier. Pour ceux qui veulent en apprendre plus sur Up Helly Aa, vous pouvez aller voir cette vidéo faite par l’humoriste Marjolein Robertson.
Puis on passe devant The Dowry, un bar-restaurant qui apparaît dans la série Shetland. Bien sûr, à cette heure-ci, c’est fermé (comme tout ^^).

Puis enfin, c’est l’heure de déjeuner! On va se poser au Peerie Shop and Café. “Peerie”, c’est l’équivalent shetlandais de “wee” (“petit”, donc). Durant cette première heure à déambuler dans Lerwick, on a d’ailleurs eu notre première expérience du dialecte shetlandais: on a pu essayer de traduire des textes affichés dans la vitrine d’une boutique de laine:

Une fois posés dans le café, avec des oeufs brouillés et des boissons chaudes, on se rend tout de même compte que le sol tangue un peu. Et qu’on est fatigués, aussi. On en profite donc pour se reposer, en admirant les superbes dessins affichés au mur. Et aussi des drôles de têtes de moutons en peluche.

Puis, dans les toilettes, c’est la découverte: un poème! Et on a vu ça dans plein d’endroits de Shetland. Il s’agit d’une initiative, Bards in the Bog, qui vise à amener de la poésie originale dans les toilettes publiques. ^^

Une fois requinqués, on part faire une petite marche pour découvrir Lerwick et les environs. En longeant le port, on voit notre première sterne des vacances, une sterne pierregarin! 🙂

On voit aussi un drakkar qui flotte dans le brouillard.

On aperçoit Bain’s beach, lovée entre deux lodberries, des maisons qui finissent directement dans l’eau.

Lerwick dans la brume
Bain’s beach

Puis on passe devant The lodberry, celle qui sert de décor extérieur à la maison de Jimmy Perez, le personnage principal de Shetland.

La maison de Jimmy Perez, dans Shetland

Puis on quitte gentiment le centre, on se retrouve dans des quartiers avec des sacrées baraques.

On marche jusqu’au Knab, un promontoire rocheux qui offre normalement de belles vues lorsqu’il n’y a pas de brouillard. ^^ On observe des fulmars, qui volent tout près de nous en faisant de grands cercles, et aussi des goélands, cormorans, sternes et un occasionnel fou de Bassan.

Le brouillard devient de plus en plus épais alors qu’on traverse un quartier résidentiel. On observe une petite dispute entre deux goélands qui se battent pour un vieil emballage en alu. C’est finalement l’adulte qui aura gagné…
On voyait que les sacs poubelles dans les jardins étaient toujours recouverts de filets de pêche ou autre. On a vite compris que c’était pour essayer d’éviter de voir tous ses déchets disséminés partout par les piafs. Déjà à Aberdeen, je me rappelle que les goélands étaient de véritables plaies avec les poubelles… Et une de mes potes s’était même fait voler son sandwich par un goéland!

On aperçoit ensuite une petite “cabane” de jardin version Shetland: des murs de pierre sèche et un bateau retourné en guise de toit. On en a vu un peu partout, c’est plutôt cool!

Nos pas nous ont ensuite menés jusqu’au broch de Clickimin, juste à la sortie de Lerwick.

Plein de sternes volent au-dessus du petit loch, et un cheval broute tranquillement dans son pré… mais pas encore de poney Shetland. 😉

On peut se balader librement au milieu des ruines, ce qui est vraiment sympa. On rampe pour se faufiler dans les petits tunnels, on admire le lichen et les petites fougères qui poussent au milieu des vieilles pierres…

Puis on retourne dans le centre, on traverse à nouveau Commercial street, et on arrive finalement au fameux Shetland Museum and Archives. Il pleut, c’est la météo idéale pour un musée!

On en apprend tout d’abord sur la géologie de l’archipel, sa faune, sa flore, avant d’aller déguster des patates garnies au café. On a un méga coup de barre, mais on se force à continuer la visite, et l’énergie revient! Surtout que le musée est très interactif. José s’entraîne à moudre du grain sur une quernstone — durant les vacances, il est d’ailleurs devenu un champion pour les repérer sur les sites archéologiques ^^ –, on admire de superbes artefacts de différents âges préhistoriques, d’anciens habits traditionnels, des bateaux — oui oui, il y a des bateaux entiers dans le musée — et on découvre plein de trucs sur l’arrivée du christianisme, les vikings, la vie rurale, la pêche, les guerres, le commerce, la laine, le passage des îles en mains écossaises, des légendes locales,…

Bref, il y a de quoi faire dans ce musée, qui est super bien fait (et gratuit, en plus!). En sortant, on passe devant Mareel, le centre culturel/hub/cinéma/théâtre/bar/école de musique. On ne le savait pas encore, mais on allait y passer plusieurs fois durant les vacances! 😉

Mareel

On est ensuite retournés à la voiture, en passant par l’office du tourisme, d’où on est ressortis avec un CD de musique shetlandaise gratuit.

Orques, fou de Bassan, mouton, jeunes… une fresque shetlandaise 🙂

Puis on a roulé direction le sud du Mainland, vers d’autres aventures…
C’est tout pour aujourd’hui, bye et à bientôt! 😉

Sheltie19#3 Pèlerinage aberdeenois

Bonjour!
Dans cet article, je vous emmène sur les traces de mon Erasmus à Aberdeen dans la “journée pèlerinage” qui a précédé notre départ en ferry pour les îles Shetland. 🙂

Et je commence par la révélation du jour: après trois ans passés à dire “aberdonien”, j’ai appris que l’adjectif en français était en fait “aberdeenois”. Pas sûr que j’arrive à m’y faire… ^^’

Bref, pour ce quatrième jour de vacances, on s’est réveillés à Cruden Bay avec le chant des oiseaux et le soleil tapant sur la tente. Notre voeu avait été exaucé: une tente sèche pour le voyage en ferry! Yihaa.
Dans la salle de bains du camping, on rencontre un superbe papillon de nuit avec le dessous des ailes orange. La veille, on était déjà tombés nez à nez avec un beau et énorme carabe. Puis une tourterelle a salué notre départ au détour d’un virage. C’est beau, la vie du camping!

Our buddy the moth

On a passé la matinée dans la réserve naturelle de Forvie, près de Newburgh, là où se trouve l’estuaire de la rivière Ythan.

C’est l’une des premières excursions que j’ai faites dans l’Aberdeenshire lors de mon Erasmus. C’était organisé par la Conservation Society et j’en garde des méga bons souvenirs. Une plage immense, une colonie de phoques se vautrant sur un banc de sable au loin, un vent infatigable et des oiseaux partout. 🙂

On commence la balade en traversant un petit bois puis un pâturage, où on croise déjà quelques joggeurs et des promeneurs de chiens. On marche dans des dunes herbeuses, avec des explosions de fleurs par endroits, et on passe devant une maison en ruines avec une inscription “Free the Scots” sur l’un des murs.

Puis l’herbe laisse la place au sable et on se retrouve sur une immense plage, face à la mer du Nord et aux éoliennes qui tournent inlassablement, les pieds dans l’eau.

Le soleil joue à cache-cache. Une seconde il est là, l’autre il disparaît derrière un gros nuage.

José qui m’attend car je prends trop de photos des empreintes d’oiseaux dans le sable…

C’est la période de reproduction pour les phoques et les sternes, donc l’accès à une partie de la plage est temporairement interdit, histoire de leur garantir un peu de paix.
En relisant mon carnet de voyage, j’ai bien ri en voyant que j’avais écrit, en parlant des phoques et des sternes qu’on n’avait donc pas vus à Forvie: “On en croisera peut-être sur Shetland!”
Haha, le vrai challenge aurait plutôt été de ne pas en croiser, comme vous vous en rendrez compte dans les prochains articles… 😉

Puis on quitte la plage pour les dunes. Wahou, c’est beau! Un monde de sable et de cailloux, comme des bosses de chameau recouvertes de touffes d’herbe.

Une transition cailloux-herbe-sable
Une dune immense et impressionnante, qu’il ne doit pas être facile de gravir!

Puis on rejoint les bords de la rivière Ythan, juste avant qu’elle aille rejoindre la mer du Nord. C’est le paradis des oiseaux: huîtriers-pies, courlis, mouettes rieuses, hirondelles de rivage, goélands, eiders à duvet. Il y a aussi plein de papillons qui volettent, et des squelettes de crabes un peu partout.

De retour à la voiture, on mange une pomme puis on file jusqu’à Aberdeen pour engloutir un délicieux panini chez Grub, juste à côté de l’uni. Ah, comme ces paninis m’avaient manqué! Je pensais pouvoir en manger à Glasgow ou Edimbourg lors de l’été 2018, mais j’avais découvert à ce moment-là qu’il n’y en avait qu’à Aberdeen, et ça avait été la grosse déception. ^^ En plus, les toilettes du Grub d’Old Aberdeen sont trop cool, avec des personnages de Star Wars recouvrant les murs, héhé!

Puis on s’est baladés sur le campus, ce magnifique campus, si beau, si majestueux, si chouette. Ça m’a rappelé tellement de bons souvenirs 🙂

King’s College Chapel, avec son clocher-couronne

J’en ai profité pour me faire prendre en photo avec plein de coins iconiques du campus, haha. Eh oui, car je me suis rendu compte il y a quelque temps que je n’avais même pas de photo de moi devant l’entrée de l’uni, alors que mes parents, oui! ^^

Ça faisait quand même tout drôle de se balader sur le campus durant les vacances, sans aucun étudiant. C’était tellement calme et dépeuplé… enfin, sauf sur le terrain de sport, où il y avait apparemment un méga tournoi de jeunes estival!

Puis on est allés en ville car j’avais des bouquins à acheter chez Waterstones, et des donuts chez Krispy Kreme. Eh oui, rien que des essentiels. ^^
Puis on a même encore eu le temps de se poser chez Books & Beans, un café-librairie trop bien où je n’étais pas encore allée car il était fermé à chaque fois que j’essayais d’y aller pendant le semestre, haha.

Et puis ça y est, on achète encore des sandwiches chez Boots (José était tout perturbé d’acheter à manger dans une pharmacie ^^) et on embarque sur le ferry, avec un stock de nourriture suffisant pour tenir la traversée. 😉

On reste sur le pont lors de la sortie du port et on regarde la terre qui s’éloigne. Ça souffle, les goélands glissent dans les airs. On scrute l’eau, mais pour l’instant point de marsouin ni dauphin.

On va se poser sur nos sièges et on observe les vagues en sirotant un cidre Magner’s (pour moi) et une bière brune des Orcades “Dark Islands” (pour José) . De temps à autre, on aperçoit de majestueux fous de Bassan, qui volent, plongent et flottent dans le creux des vagues…

Et voilà, il ne restait plus qu’à passer une nuit tranquille — or so we thought — et à se réveiller dans les îles Shetland! C’est d’ailleurs ainsi que j’ai fini le récit de la journée dans le carnet: “Et demain matin, on débarquera à Lerwick, sauf scénario “Titanic”!” (eh ouais, ça rime!)

Bref, c’est fini pour aujourd’hui, à bientôt pour la suite! 🙂

Sheltie19#2 Un peu plus au Nord

Hiya!
Je reprends là où je m’étais arrêtée dans l’article de lundi: le départ de l’East Lothian direction le Nord.

On a roulé de North Berwick à Perth, l’ancienne capitale de l’Ecosse, en passant par le pont du Firth of Forth, à côté d’Edinburgh.
Il y a un immense parc juste au sud du centre-ville (avec plein de corbeaux freux) et une église avec un clocher-couronne intact, l’une des trois dernières d’Ecosse avec King’s Chapel à Aberdeen et St Gile’s Cathedral à Edinburgh.

St Leonard’s in the Fields

On a mangé d’incroyables pizzas au restaurant Cardo. C’était vraiment un hyper bon repas, avec un moelleux au chocolat avec coeur à la fraise en dessert pour couronner le tout. On a tellement aimé qu’on s’y est de nouveau arrêtés lors du retour de Shetland. ^^

Perth

On a ensuite repris la route en longeant plus ou moins la côte est. On a à nouveau essuyé de sacrées averses, mais passagères, tout en traversant une campagne rappelant la Comté, avec des collines recouvertes de champs et des petits bois parsemés ici et là.

On a fait un bref arrêt aux falaises surplombant la plage de St Cyrus, longue de 3 miles. On observait la vue quand soundain on a été enveloppés par un épais brouillard.

St Cyrus
Nuages sombres à l’horizon
Foxgloves

Avec l’arrivée de la brume, une fille qui dessinait, assise sur un banc, a levé les voiles et on l’a vue s’éloigner vers le village, l’église désormais presque invisible.

On a repris la route, dépassé Aberdeen, et on est allés planter notre tente à Craighead, vers Cruden Bay. En chemin, on aura vu des vaches Galloway, des éoliennes dans la mer avec une lumière incoyable, des nuages de toutes les formes et nuances de gris, de beaux vieux arbres, des châteaux, des églises, des moutons!

Jumelles autour du cou, on part se promener à Bullers of Buchan, un endroit où j’avais toujours eu envie d’aller.

Ça souffle fort, le ciel est menaçant, et des oiseaux volent partout! Goélands, guillemots, kittiwakes, fulmars, cormorans, dans l’eau, dans les airs, sur les falaises. Quelle ambiance! Ça bouge, ça crie… et ça sent. ^^

Puis, José les repère: les premiers macareux du voyage! 🙂
On emprunte un sentier bien boueux qui longe les falaises direction le sud, pour essayer de mieux les observer.

Bien vite, on commence à en voir partout! Des petits perroquets des mers perchés à l’entrée de leurs terriers, ou flottant à la surface de l’eau.

On observe leurs va-et-vient ainsi que la magnifique vue sur les falaises et les champs environnants.

On est accompagnés par une fine bruine alors qu’on continue notre balade, entre boue, bruyères en fleurs et nuages bleu-gris.

Pas facile de prendre en photo les macareux en vol en contrebas
Kittiwake et razorbill

Puis le ciel s’est dégagé et on a eu droit à un magnifique coucher de soleil. Des passereaux volaient dans tous les sens au-dessus des champs et toute la campagne baignait dans une lumière dorée.

On a marché jusqu’à apercevoir les ruines de Slains castle, un château qui a apparemment joué un rôle d’inspiration pour l’auteur de “Dracula”. Au loin, on revoit les “éoliennes de mer”, proches d’Aberdeen.

Slains castle

On a fait demi-tour et on est rentrés au camping pour faire à manger et déguster du cidre écossais acheté le matin. On était bien crevés, mais tellement heureux de cette journée bien remplie, durant laquelle José a vu ses premiers puffins!

A lundi pour la suite! Bye!

Sheltie19#1 De la Suisse au sud de l’Ecosse

Hi there!
C’est parti pour le début de la rétrospective shetlandaise 2019!
Ça me fait incroyablement plaisir de penser à tous ces articles à écrire, les photos à trier, les anecdotes à rassembler, car c’était vraiment un voyage magnifique. Avec José, on en garde de super souvenirs, que je me réjouis de partager ici.

Comme tous nos derniers voyages dans les îles britanniques, celui-ci a commencé par la longue route jusqu’à Dunkerque, désormais presque familière, avec le passage dans les Vosges (et un pic-nic accompagné de Caloptéryx!), la “troutoroute” belge (en voie d’amélioration!), les noms de lieux marrants (Remiromont, Lunéville, Mondelange, Amnéville, Bouillon, Recogne et Faucogney, notamment), les pauses-café, les pneus éclatés gisant sur le bord des routes et le ciel nuageux toujours magnifique en arrivant dans le Nord, comme une aquarelle champêtre. (Ah, et cette année, la nouveauté: les radars gilets-jaunisés!)

Et comme d’habitude, l’arrivée fatiguée à Saint-Pol-sur-Mer avant le réveil aux aurores, le lendemain, pour prendre le ferry!

“Elena is hiding inside!”, vu au terminal du ferry à Dunkerque

Mais “Horreur! Catastrophe! Tragédie!” (citation tirée du carnet de voyage): cette année, point de cookie.
Pour ceux qui ne seraient pas au courant, l’intérêt principal du ferry Dunkerque-Douvres, c’est qu’on pouvait y acheter (à la belle époque…) le plus délicieux cookie du monde, avec du chocolat belge. Plus maintenant… Mais bon, je m’en suis vite remise, comme le prouve le carnet de voyage:
“J’avais juré de mettre le feu au ferry si jamais il n’y avait pas mon cookie (j’avais un pressentiment…), mais finalement j’ai été raisonnable et j’ai juste pris un English breakfast.” ^^

La traversée s’est bien passée, on a débarqué à Douvres, acheté les trucs “Don’t dazzle!” à mettre sur les phares pour ne pas éblouir ceux d’en face avec notre voiture du “Continent” (+ des nouvelles ampoules pour les phares car il y en a qui avaient rendu l’âme le premier jour de route…), recollé notre sticker de conversion kmh/mph, puis on s’est élancé sur la route direction le Nord!

On prend le tunnel sous la Tamise (qu’il faut payer en ligne avant minuit le lendemain) et on alterne entre “dual carriageways” et autoroutes à 8 voies. Conduire en Angleterre, ce n’est pas de tout repos. Il y a des fous du volant qui foutent franchement les jetons et 40’000 camions. C’est presque pire que le périph’ lyonnais, c’est dire (je dis ça car on a failli mourir en allant à Lyon pour un concert de Lindsey Stirling, il y a quelques semaines. Un mec se croyait clairement dans “Taxi” et ça roulait n’importe comment).

L’effet miroir du selfie donne même l’impression qu’on a une vraie voiture britannique! ^^

Néanmoins, on a survécu! 🙂
Et c’est même passé plutôt vite, en chantant, écoutant de la musique et rigolant de la toponymie (franchement l’activité la plus prenante à faire sur l’autoroute. Petit florilège: Lolworth (“where it’s worth laughing out loud”), Boston, Lincoln, Hungerton, Cromwell, Carcroft, Scotch Corner, Bishop Auckland, Dollar, Chester-le-Street, Coldstream, Eyemouth, Skillington, Little Pinkerton et plein d’autres -ton).

Plus on montait vers le Nord, plus les vaches cédaient la place aux moutons. Il a pas mal plu (à chaque fois qu’on a un long trajet à faire au UK, on a un “heavy rain forecast – yellow warning”), mais on a quand même eu droit à de beaux paysages aux teintes pastel, avec de chouettes nuages et de superbes arbres.

Enfin, on arrive en Ecosse (il y a même un “border viewpoint” pour admirer le panneau de bienvenue) et on se pose à Dunbar, dans l’East Lothian, au bord de la mer du Nord. On plante la tente dans un camping (trop) cher, et on a vite compris pourquoi: c’était du luxe, il y avait carrément de la musique dans les douches. Du chouette swing, mais ce n’est pas franchement essentiel. ^^’

Le truc vachement plus cool, c’est qu’il y avait un étang juste à côté. On va se promener dans la bruine et on repère quelques Enallagma cyathigerum (les seules libellules des vacances!) prêtes à dormir, des poules d’eau avec leur progéniture, des foulques, des colverts, des lapins, des hérons, des mouettes, des midges, des pies, des corbeaux, des goélands… et des grèbes castagneux, avec un poussin juste adorable. Les adultes sont déjà tellement choupinets, impossible de ne pas craquer devant leur petit!

Le repas du petit grèbe castagneux (photo moche)

On observe un bon moment la famille de grèbes aux jumelles, puis on va se promener sur le front de mer, où on croise encore plus d’oiseaux, dont un courlis.

Dunbar est le lieu de naissance de John Muir, le fameux naturaliste et philosophe environnemental, et se trouve bien sûr sur l’itinéraire de la John Muir Way, une voie de 215 km pour marcheurs et cyclistes.

Dunbar est aussi connu pour le Belhaven Bridge, ce petit pont qui permet de traverser la petite rivière Biel pour rallier la plage à marée basse.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, océan, ciel, plein air, eau et nature

A marée haute, ce Bridge to Nowhere est entouré d’eau, ce qui donne un joli petit effet. Et le groupe de musique Tide Lines a aussi fait des photos trop classes là-bas!

On a croisé de nombreux escargots et limaces, témoins du temps pluvieux

Depuis la plage, outre le pont, on aperçoit un autre landmark de l’East Lothian: Bass Rock! Ce rocher est recouvert de fous de Bassan, et a d’ailleurs donné son nom français à l’oiseau. Ce serait même la plus grande colonie de fous de Bassan au monde, avec parfois jusqu’à 150’000 individus!
L’îlot est aussi appelé “l’Alcatraz écossais”, car il a servi de prison (pour opposants politiques ou religieux, Jacobites, etc.).

José sur le pont de Belhaven

Après une bonne nuit à être bercés par le bruit de la pluie sur la toile de tente, on va voir Bass Rock de plus près en allant à Seacliff Beach, une plage qui apparaît dans la dernière scène du film “Outlaw King”. On y accède via une route privée à 3£ avec barrière automatique dans la forêt, on n’avait jamais vu ça! ^^’

On va d’abord se promener le long de champs au-dessus de la plage. On croise un lièvre, on voit plein de chardons, et on admire la superbe vue sur Bass Rock et les ruines de Tantallon Castle

Le temps était typiquement écossais. Un instant du soleil, le suivant de la pluie, et un peu tout entre-deux. 😉

Tantallon Castle

Je ne me lassais pas de prendre Bass Rock en photo. Je le trouve fascinant, avec son phare planté au milieu de l’îlot, sa roche blanchie par le guano, les milliers d’oiseaux volant tout autour.
Mais je n’étais pas la seule en mode paparazzi. 😉

Plus à l’ouest, on aperçoit North Berwick Law (ci-dessus), une colline conique de 200 mètres d’altitude qui surplombe les environs.

Le pays des chardons 🙂

Finalement, on descend jusqu’à la plage, où on a passé un super moment. On s’est éclatés comme des petits fous, à courir dans le sable et faire des séances photos.

Il y avait plein de vie, malgré le peu de monde: une famille qui se baignait, des cavaliers qui sont passés le temps d’un petit galop, des courageux qui faisaient du Stand-up Paddle,…

On a posé le trépied dans le sable et fait plein de photos, en profitant de tout l’espace à disposition… Du coup, l’appareil était souvent loin de là où se trouvait José, et ce dernier agitait les bras en se marrant quand je n’arrivais pas à le rejoindre à temps pour le premier déclenchement (pourtant je courais)! ^^

Puis on s’est chopés une grosse averse et on a gentiment plié bagage. Bien sûr, le temps qu’on s’installe dans la voiture, il y avait de nouveau du ciel bleu! ^^ Mais il fallait de toute façon qu’on reprenne la route, car notre épopée vers le Nord était encore loin d’être finie… 😉

Bye et à bientôt pour la suite!
Je vais essayer de publier des articles tous les lundis et jeudis, mais je pense pouvoir dire avec une quasi-certitude que je n’y parviendrai pas chaque semaine…!

Scot18#12 Sunshine on Leith

Bonjour!
Avant une imminente avalanche de photos de libellules (je rentre de trois magnifiques jours de terrain, quoique bien éreintants à cause de la canicule) et de Madère, il est temps de finir cette rétrospective des vacances écossaises 2018, qui ont commencé et fini à Edinburgh.

The Hostel

A l’aller, je ne faisais que passer: j’avais directement pris la direction de Waverley Station pour sauter dans le train pour Glasgow. Au retour, j’ai dormi une nuit à The Hostel, une auberge juste en face de la gare Haymarket — parfait pour aller à l’aéroport en tram.

J’avais déjà eu l’occasion de visiter pas mal la capitale en 2016, mais je n’avais toujours pas vu le pittoresque Dean Village. C’est donc par ça que j’ai commencé.

En allant à Dean Village, j’ai vraiment eu l’impression d’entrer dans une carte postale grandeur nature. Et c’est tellement calme: pas de pub, pas de magasin. Et pas franchement d’habitants dehors, de ce que j’ai pu constater. Juste quelques touristes en train d’admirer l’architecture locale et la rivière.

Puis j’ai continué ma balade le long du Water of Leith Walkway, une sorte de voie verte pour piétons et cyclistes qui fait en tout plus de 15 km et se termine à Leith, au port. C’est vraiment un chemin génial, qui passe par des coins boisés, des parcs, de jolis quartiers. Je trouve super qu’il y ait un tel parcours en ville qui donne l’opportunité d’échapper au tumulte urbain de certaines rues.

Le Water of Leith Walkway se rejoint de vraiment plein d’endroits. Il y a régulièrement des escaliers qui permettent de remonter dans les rues, et beaucoup de panneaux pour indiquer le parcours.

Le chemin est devenu de plus en plus animé au fur et à mesure que je me rapprochais de Leith. Beaucoup de gens à vélo en train de rentrer du boulot, des promeneurs de chiens, et même des familles jouant dans la rivière. Ça fait plaisir de voir que le coin est vraiment utilisé par la population, ça m’a fait penser au bord de l’Aire.

Edimbourg a pas mal d’horloges stylées un peu partout!

En arrivant à Leith, j’étais crevée. J’avais eu la fausse bonne idée de mettre des petites chaussures, car il faisait super chaud et que j’avais déjà passé trois semaines à porter mes grosses chaussures de marche, mais je ne l’aurais clairement pas fait si j’avais imaginé marcher autant cet après-midi. Mes pauvres pieds tout fatigués avaient besoin d’une pause, donc je me suis offert une bonne glace en observant un peu le quartier, très vivant, avec plein de chouettes terrasses.

Il m’a fallu ensuite rentrer à pied jusqu’à Haymarket, en passant cette fois par la ville. Une fois arrivée à bon port, je découvre sans trop de surprises que j’ai de terribles cloques. J’avais prévu d’aller à une ceilidh le soir, mais j’ai finalement changé d’avis, car je ne vois pas comment j’aurais pu danser. Ce fut donc ma seule déception des vacances: pas de ceilidh! J’étais à Ròn Mara trop tôt pour celle de Tarbert, je n’avais pas de transport pour rentrer de celle de Tobermory, et mes pieds m’ont abandonnée à Edimbourg. Mais ce n’est que partie remise! 😉

Après une petite marche dans la fraîcheur de la nuit puis une soirée tranquille à l’hostel à discuter avec les filles partageant ma chambre (parenthèse: pendant ces vacances, j’étais toujours la dernière du dortoir à me coucher lorsque je dormais en auberge de jeunesse, et la première à me lever, et pourtant je me forçais à aller au lit plus tôt pour ne pas déranger, j’en revenais pas ^^), j’ai passé ce que je croyais être ma dernière nuit de ces vacances.
Le lendemain, j’avais encore toute la journée devant moi, donc j’ai flâné dans Old Town, fait le tour d’un chouette Farmer’s market (où j’ai acheté du chocolat au whisky), fait du lèche-vitrine,… Je n’ai pas sorti l’appareil photo, puisque j’ai déjà énormément de clichés d’Edinburgh, mais j’ai quand même photographié quelques bêtises avec mon natel.

Un truc qui m’a marquée, c’est que les boutiques Harry Potter avaient poussé comme des champignons depuis ma dernière visite, en 2016. Il y en avait absolument partout. Et comme pour chacun de mes passages dans la capitale écossaise, je n’ai pas pu résister à un petit saut au National Museum. Je suis retournée voir les Chessmen de Lewis et j’ai cherché d’autres artefacts archéologiques dont m’avait parlé Ed, parfois en vain (c’est tout de même un sacré labyrinthe, ce musée).

*** Avertissement: gros pavé en vue ***

Après un peu de shopping sur Princes street, je me pose dans un café pour une bonne part de cake et un moccha, et c’est là que je reçois un mail d’EasyJet m’annonçant que mon vol a tout bonnement été annulé. Oups! Je file à l’aéroport pour voir ce que je peux faire, mais après deux heures de queue au Customer Service (alors que j’étais dans les huit premières personnes, c’est dire l’efficacité…), je découvre qu’EasyJet ne peut absolument rien pour moi: la solution proposée la plus rapide était de rentrer le… mardi, en passant par Manchester. On était donc samedi après-midi, et je devais bosser le dimanche soir à Genève. Le wifi de l’aéroport n’étant gratuit que deux heures (et ayant donc expiré d’ici à la fin de la queue), j’appelle Fintan et José, qui me cherchent d’autres options, mais il n’y a vraiment aucun vol. Je réserve donc un bus de nuit pour Londres, puis José me réserve un vol Gatwick-Genève pour le dimanche… juste avant que les employées du guichet EasyJet m’apprennent que ce vol n’était pas disponible dans leur système, ce qui signifie en gros qu’ils font de l’overbooking. Effectivement, le check-in n’est pas possible, ce qui ne sent pas bon du tout. L’autre possibilité, c’est l’Eurostar, mais il y a un problème avec un poste de contrôle SNCF à Paris, ce qui fait que j’allais ensuite être en rade là-bas, sans train pour Genève.

Bref, chaque chose en son temps. Je retourne en ville, je mange, je prends mon bus de nuit. Et là, les choses commencent à s’arranger. Nous sommes tellement nombreux à aller à Londres qu’il y a finalement deux bus: un qui fait plein d’arrêts, et un qui va direct à Londres, et dans lequel j’embarque avec tous les autres qui vont jusqu’à la gare routière de Victoria. Résultat: on arrive à Londres à 5h30 au lieu de 7h du matin, magie! Eh oui, l’espoir renaît, car je savais qu’il y avait un Eurostar à 7h18 allant directement jusqu’à Lyon, sans passer par Paris. Je vole hors du bus, oubliant ma gourde derrière moi, pour découvrir que toutes les stations de métro et gares voisines sont fermées… pour cause de course cycliste. Quelle poisse! Je trouve un taxi, qui heureusement accepte les cartes de crédit (car bien ŝur je n’avais plus de cash, et le distributeur de l’aire d’autoroute sur laquelle nous nous sommes arrêtés avec le bus à 2h du mat ne marchait pas…), et on commence notre route dans le labyrinthe des routes fermées et tronçons bouclés pour l’événement sportif.

Oh miracle, j’arrive à la gare internationale de Saint Pancras, je cours jusqu’au guichet et il reste des places en deuxième classe pour Lyon, pour 192£. Ouf, ouf, ouf. Je passe la sécurité et j’ai même le temps de souffler un peu avant d’embarquer pour mes 6 heures de train. Et quel merveilleux trajet en train, tellement confortable, avec même des cookies Michel & Augustin au wagon-restaurant (j’ai toujours l’impression de rentrer à la maison quand j’en mange). Dès que j’ai aperçu l’eau verte du Rhône par la fenêtre, j’ai encore plus eu l’impression d’être chez moi. José m’a fait une surprise en allant me chercher à Lyon, et en un rien de temps on était à Genève, avec “seulement” 20 heures de retard sur mon plan de base.

Bref, c’était un peu l’épopée pour rentrer, et j’ai eu sacrément mal à la nuque à cause du stress et de la nuit dans le bus, mais c’était finalement plutôt simple et rapide, surtout grâce à l’enchaînement d’aides providentielles venu contrer la succession de pépins. La plus grosse difficulté, ça aura surtout été de me faire rembourser par EasyJet, des démarches dont je me serais bien passée… Je suis donc bien contente de ne pas avoir à prendre l’avion pour les vacances de cet été!

C’était un peu dommage de finir les vacances sur cette note stressante, mais ça n’a certainement pas suffi à gâcher ces trois merveilleuses semaines passées en Ecosse! D’ailleurs, alors que le bus de nuit s’éloignait d’Edimbourg, je ressentais déjà ce sentiment de plus en plus familier du douloureux manque d’Ecosse…
Bon, et pour finir, voilà quatre photos prises à Glasgow au début de mon séjour:

Ça y est, Scotland#2018, c’est fini!
Je vais enfin pouvoir vous parler des superbes vacances de Pâques à Madère… mais l’Ecosse repointera vite le bout de son nez, car dans trois semaines on part direction Shetland, yihaa! J’ai vraiment beaucoup trop hâte. 🙂
See ya!

Scot18#11 Souvenirs de Mull

Bonjour!
C’est reparti pour la suite de la rétrospective écossaise 2018. Aujourd’hui, je vous montre les dernières photos de Mull, notamment celles de mon natel et de mon petit appareil photo.

La vue depuis l’entrée du potager

Durant ma semaine de wwoofing à Lochdon, j’ai récolté plein de patates, mais j’ai aussi planté pas mal de trucs, notamment des poireaux, des haricots, du quinoa,…

J’ai aussi nourri les poules et… les pauvres canes, qui se faisaient carrément intimider et marcher dessus par les poulettes. Il fallait ruser pour qu’il reste des graines pour les canes. Et il fallait aussi être ponctuel, sinon les poules venaient réclamer leur nourriture jusque dans la maison, haha!

L’heure du repas pour les poules!
Des haricots qui poussent gentiment en s’enroulant autour de leur support

Le sol de l’entrée de la maison est décoré de mosaïques créées par de précédents wwoofeurs, avec “Bienvenue” écrit en plein de langues. La famille israélienne a fait une case en hébreu durant mon séjour, puis j’ai aidé Gloria à faire la sienne, en espagnol (il y avait déjà du français, bien entendu). Il ne lui restait que peu de temps avant son départ, donc elle a choisi les pièces et dessiné le motif, puis je me suis occupée de mettre le ciment après son départ. Notre case “Bienvenidos” est celle tout à droite en bas (avec le ciment encore frais et sombre).

Les mosaïques de l’entrée. Fáilte!
Une deuxième vie pour une paire de chaussures de marche

Vivre une semaine sur Mull dans une petite ferme m’a permis de découvrir des aspects de la vie sur l’île qui ne m’avaient pas traversé l’esprit lors de mon premier voyage là-bas. Exemple: il n’y a quasi pas de banque sur Mull! Il y a bien une succursale de Clydesdale Bank à Tobermory, mais c’est tout. Du coup, il y a un bus de la Bank of Scotland qui vient une fois par semaine et fait le tour des villages. J’étais justement à Craignure quand il passait, et il y avait du monde! Martyn, par exemple, ne rate jamais le passage de la banque roulante (haha) car il est payé cash et c’est sa seule opportunité de déposer de l’argent sur son compte. C’est aussi le seul ATM du coin, car celui du pub est cassé depuis un bout de temps. Bref, je n’avais jamais pensé au fait que des banques se déplacent périodiquement dans des coins paumés, mais je trouve ça plutôt cool! C’est en tout cas mieux que de devoir toujours prendre le ferry pour Oban.

“Bringing your bank to you”
La super pochette puffin à pincettes pour étendre le linge.

Les puffins, en Ecosse, c’est un peu les super-héros de l’été. K-way, gants de cuisine, bottes imperméables, parapluie… A l’office du tourisme de Mull, on peut tout trouver avec des motifs macareux!

Des rangées de plants de patates
La blague de la cuisine

Il y avait une super bibliothèque bien fournie dans la salle à manger, avec des livres sur absolument tout et rien: jardinage, tricot, histoire,… J’ai trouvé un livre de dessin pour apprendre à faire plein de noeuds celtiques, il m’a bien servi! Il y avait aussi un énorme livre de poésie à l’allure de vieux grimoire trop beau:

Pour la première fois de ma vie, j’ai aussi fait mon propre pain toute seule, héhé! J’ai eu pas mal l’occasion de cuisiner durant ce wwoofing, et surtout de bien manger (Martyn nous a concocté des petits plats délicieux, dont un haggis végétarien que j’ai déjà refait plusieurs fois ici!). Je suis aussi repartie avec une super recette de beurre vegan.

Mes petits pains
A la chasse aux patates!

Au bord de la route, juste devant la ferme, on vendait des patates en self-service, ainsi que des oeufs de cane et, parfois, des herbes aromatiques. Parfois, en bossant dans le jardin, j’entendais le tintement des pièces de monnaie qui tombaient dans la tasse, héhé.

Un bonhomme patate, et Gloria en arrière-plan

Martyn portait un kilt pour bosser au château, et l’un des fils, guide de voyage, en porte aussi un pour son travail, alors lorsqu’il est venu sur Mull, ça faisait plein de kilts qui séchaient dans la maison, haha! Ça donnait une touche bien écossaise à l’escalier. ^^’

Je rencontrais toutes sortes de bêtes en travaillant dans le jardin. Il y avait notamment des souris qui se cachaient sous les toiles de protection des patates, mais aussi des crapauds et des papillons de nuit tout fluffy!

L’allée menant à la maison

Lors d’un après-midi de congé pluvieux, Liz m’a déposée à Craignure. Elle m’avait conseillé une petite balade qui longeait une ancienne voie de chemin de fer dans une forêt. Avant de la commencer, je suis passée à l’office du tourisme et… j’ai craqué. Eh oui, il aura fallu attendre mon troisième voyage en Ecosse pour que j’achète un petit mouton en peluche pour agrandir mon troupeau! Je l’ai appelé Uan, ce qui signifie “agneau” en gaélique écossais… Et il s’est vite réfugié dans la poche de mon sac pour s’abriter de la pluie durant la balade!

Uan 🙂

Durant ma marche sous la pluie, j’ai vu un arbre faisant une grimace, un château, et une boîte aux lettres trop stylée encastrée dans un mur de pierre.

Uan sur le rebord de la fenêtre à Mo Dhachaidh

Un soir, je suis allée me poser au bord de la rivière après le pont de pierre pour dessiner. La lumière était splendide et j’ai vu un couple de limicoles non identifiés voler au-dessus de l’eau. Entre deux va-et-vient, ils se posaient sur un rocher proche avant de repartir en criant.

La vue depuis la chambre de Gloria

Puis le moment du départ est arrivé. Les deux derniers jours, j’étais la seule wwoofeuse restante à Mo Dhachaidh, mais l’ambiance était très sympa: repas concoctés par Martyn, soirée documentaire dans le salon, ramassage de patates,…

Le dernier matin, Liz m’a conduite à Craignure et accompagnée au terminal du ferry, puis c’était l’heure de dire au revoir à Mull!
Liz écrit un petit mot pour chaque wwoofeur, en souvenir et en guise de remerciement, et le donne lors du départ. Je trouve que c’est une attention super chouette. Je l’ai lu sur le ferry, sous un ciel très nuageux, en pensant à la fin de mon voyage…

Le phare de Lismore, une île sur laquelle j’ai aussi failli faire du wwoofing
Une dernière vue sur le château de Duart

J’ai débarqué à Oban sous la pluie, j’ai attendu dans un café puis j’ai pris le bus jusqu’à Glasgow et, enfin, le train pour Edinburgh, où j’ai passé un jour et demi avant de rentrer en Suisse.

J’ai encore quelques photos d’Edinburgh à vous montrer, et plein d’images de goodies bébêtes, puis ce sera enfin le moment de vous parler de Madère!
A bientôt! 🙂

Scot18#10 Lochdon

Hello! Je reprends le récit de mes aventures sur Mull l’été dernier, quand j’ai fait du WWOOFing à Mo Dhachaidh.

Lors de mon deuxième jour de congé, j’ai décidé d’aller faire une marche seule le long du Loch Don. Le choix de la marche a été rapide, car malheureusement, sur Mull, c’est très difficile d’accéder aux départs des marches en transports publics. J’aime beaucoup le site Walk Highlands pour choisir mes balades, mais pour le centre de l’île, plus de la moitié n’est pas accessible en bus… Ou alors, ce sont les horaires qui sont très restrictifs. Bref, pour ne pas me compliquer la vie, j’ai décidé d’aller explorer les environs de la ferme et de rejoindre la mer en longeant le Loch Don. Les Allemands rencontrés sur Iona m’avaient raconté qu’ils avaient adoré le coin (mais qu’il fallait faire super gaffe aux tiques), et Gloria l’Argentine m’avait parlé d’un “Secret loch”, qu’elle avait trouvé derrière une colline en suivant un sentier de moutons.

Martyn en route pour Duart Castle

Ce jour-là, c’était le départ de la famille israélienne, donc le début de matinée fut très, très agité. J’attendais que la famille parte pour aller faire ma marche, histoire de leur dire au revoir et aussi car ils voulaient une photo tous ensemble avec Liz et Martyn. C’était assez épique, avec la benjamine qui pleurait et refusait d’enlever les mains de son visage pour la photo. Finalement on a réussi, c’était l’heure des embrassades puis de la course pour aller choper le ferry — Heureusement, Craignure et son ferry terminal se trouvent à seulement 5-10 minutes en voiture de Mo Dhachaidh. Liz y a conduit la famille en plusieurs trajets, car la voiture (électrique, of course) était trop petite pour tout le monde en même temps. ^^

C’était aussi l’un des derniers jours de Gloria, donc elle avait décidé de rester à la maison pour ranger ses affaires. Une fois la maison soudainement calme, je suis donc enfin partie pour ma marche.

Une bonne partie du chemin se fait sur la route (il n’y a aucun sentier ou chemin de randonnée officiel). Ça commence par une jolie petite rue résidentielle au bord du loch. Sur un banc, je trouve même un guide ornitho tout mouillé, abandonné et ouvert à une page de canards.

Le banc des ornithos

Par la suite, la route emprunte un joli pont de pierre avant de grimper sur la colline, avec quelques rares cottages par-ci par-là.

Il y a de l’eau de tous les côtés, avec toujours un loch dans le champ de vision. 🙂
La lumière est fantastique, très changeante. Au fond, je vois des montagnes bleu sombre auxquelles s’accrochent des nuages bien gris, puis tout d’un coup un rayon de soleil illumine un lochan et change complètement l’atmosphère.

Pendant que je marche sur la route, je guette un possible chemin montant jusqu’au sommet de la colline. Gloria m’avait dit qu’elle avait trouvé le loch caché en suivant un sentier d’herbe aplatie. J’ai vite compris qu’il s’agissait d’un chemin tracé par des moutons ou des cerfs, vu que j’ai déjà pas mal d’expérience dans l’art de se paumer en empruntant des sentiers de moutons.

A un moment, j’aperçois effectivement un coin propice pour quitter la route et monter sur la colline. Ça me rappelait beaucoup mes randos avec Lairig, de marcher au pif dans le paysage, vu qu’il n’y a pas toujours de chemins balisés en Ecosse, et qu’il existe un “accès universel aux terres” qui donne le droit de se balader quasi partout du moment qu’on suit les règles (qui relèvent du bon sens) du Scottish Outdoor Access Code.

Bref, je me retrouve gentiment au sommet de la colline. La vue est magnifique: j’observe les allées et venues des ferries, j’aperçois Duart Castle ainsi que le phare de Lismore, une petite île toute proche. De l’autre côté, je ne vois toujours pas le loch secret, par contre une immense étendue de bracken se dresse contre moi. Je veux voir le petit loch, donc je continue quand même, les fougères m’arrivant jusqu’à la poitrine. Je marche les bras levés, et bien contente de porter des vêtements longs… Eh oui, car les fougères représentent un paradis pour les tiques, et j’en ai vu la dose! Mull subit vraiment une infestation de tiques. Liz faisait déjà super gaffe dans le jardin, car elle se faisait régulièrement piquer. Pour ma part, je n’en ai jamais vu dans le jardin, par contre j’ai dû en éjecter/souffler/”pichenetter” plein durant mon escapade dans les fougères et les bois. Hop, une tique sur le pantalon, une autre sur l’appareil photo,…

Duart Castle sur la gauche

Le sol était tapissé de coussins de sphaigne allant du vert au rouge, c’était superbe. Et tellement agréable pour marcher, je me sentais comme sur un petit nuage rebondissant!

Soudain, alors que j’étais occupée à vérifier qu’aucune tique n’essayait de se frayer un chemin jusqu’à ma peau, j’entends un bruissement dans les fougères, à seulement quelques mètres: une biche! On s’est fixées pendant quelques secondes, autant suprises l’une que l’autre par cette rencontre. Puis elle a détalé en de gracieux sauts par-dessus les hautes fougères, s’arrêtant de temps en temps pour vérifier où j’étais.

Le selfie “J’ai vu une biche!”

Une fois la biche disparue, je reprends ma route et voilà, je découvre le “Secret loch” de Gloria! Un petit loch noir, lové dans un creux du paysage. J’ai cherché sur Google au retour pour voir s’il avait un petit nom, mais je n’ai rien trouvé (il n’apparaît même pas dans la version “Plan” de Google Maps).

Entre ma rencontre avec la biche, le vent qui souffle, la course des nuages dans le ciel et un merveilleux sentiment de solitude et de liberté, j’ai l’impression d’être Corrag, dans le livre de Susan Fletcher du même nom. Après la Lost Valley de Glen Coe, me voilà au Secret Loch de Mull!

Depuis la petite crête sur laquelle je me trouve, j’ai une magnifique vue sur les environs. Je vois Mo Dhachaidh, le château, Lismore, des lochs et des montagnes, l’estuaire du Loch Don baigné de lumière…

Le vent souffle de plus en plus fort, et je me sens alors transporté dans Wuthering Heights. Je marche sur une sorte de mini plateau herbeux et croise une sauterelle et une abeille. Je me dis que c’est le moment de gentiment essayer de rejoindre la route. Je sais dans quelle direction elle se trouve, mais pas l’état du terrain pour la rejoindre, j’y suis donc allée au pifomètre.

Je marche un moment dans l’herbe (ça repose, après tout le bracken) avant de retrouver un océan de fougères. Pour me faciliter la tâche, je suis de probables sentiers de cerfs déjà tracés.

Je traverse un coin bien tourbeux et humide avant de rencontrer mes premiers arbres de la balade. Je me retrouve gentiment dans un petit bois clairsemé aux vieux chênes tortueux recouverts de mousse. C’était féérique! La pente devenait de plus en plus raide et je me concentrais pour ne pas glisser quand tout à coup… Tadaa, un cerf! Un magnifique red deer stag. Tout proche, il a fait un bond, a stoppé net et m’a regardée intensément, puis en deux pas il avait disparu. Quelle journée!

Un sol étoilé 🙂

Je n’ai pas de photos de la forêt puisque c’était carrément trop casse-gueule pour crapahuter avec l’appareil à la main. Je m’accrochais aux branches moussues pour ne pas dégringoler, j’ai dû me faufiler sous des troncs à moitié couchés, j’ai emprunté un petit couloir qui devait être un torrent lors des étés moins secs,… Et voilà, tout d’un coup j’aperçois la route à seulement une dizaine de mètres!

J’étais bien contente de mon épopée, mais je crevais de chaud. ^^ Je me suis rendu compte que j’avais passé deux heures à vagabonder dans les collines, et qu’il était déjà 11 h. Je n’ai donc pas traîné et j’ai suivi la route pour rallier Grasspoint, ma destination de la matinée.

En route, je passe devant un superbe troupeau de Highland cattle avec plein de veaux.

Puis j’atteins Grasspoint en suivant un dernier petit sentier herbeux. Je me retrouve au sommet de petites falaises avec une jolie vue sur la côte et le mainland. A mon arrivée, plusieurs oiseaux s’envolent. Décidément, j’en ai surpris des animaux durant cette balade!

Puis j’entreprends de rentrer à Mo Dhachaidh, en restant cette fois-ci sur la route. En 50 minutes, je suis de retour, prête à manger une délicieuse soupe patates-oignons-épinards. Il faut dire que ça va plus vite quand je laisse l’appareil photo dans le sac… 😉 Mais je l’ai tout de même sorti en repassant vers les vaches, car quand même, elles avaient des cornes trop belles!

Et voilà, c’était ma petite marche jusqu’à Grasspoint!
L’après-midi, malgré la pluie, j’ai fait une seconde balade qui partait de Craignure et traversait une petite forêt, longeait une ancienne voie ferrée et passait par un petit château. Je n’ai pas franchement pris de photos vu qu’il pleuvait, mais j’ai encore quelques trucs à vous montrer et raconter sur mon séjour sur Mull, donc attendez-vous encore à un article tout prochainement!

D’ici là, bye bye! 🙂