Scottish Diagonal #32 Mountains of Beauty

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective écossaise 2025, avec le récit d’une journée particulièrement belle dont on se souviendra longtemps. ♥

On avait mis le réveil à 5h30 (gasp!) car on savait que ça allait être une grosse journée. Mais, nous connaissant, on a bien sûr mis plus de temps à émerger de nos sacs de couchage tout douillets. ^^

On était quand même prêts plus tôt que d’habitude: à 7h45, porridge englouti, on commence à marcher.

On sent déjà que la météo du jour va être bien changeante, mais pour l’instant on est au sec, avec même quelques rayons de soleil intermittents.

Par instants, les nuages découvrent même les sommets de Liathach et Beinn Eighe, wahou!

Le paysage est dingue, avec ces montagnes impressionnantes et ces gros rochers.

La pluie débarque, et les couleurs de la bien nommée Coire Dubh Mòr (“the Great Black Corrie”) font penser au Mordor.

Miraculeusement, la pluie ne s’attarde pas (même si on l’a revue plusieurs fois dans la journée, mais pas aussi forte et pendant pas trop longtemps, quelle chance!) et le vent chasse une partie des nuages, dévoilant un panorama incroyable en direction de Shieldaig et Flowerdale Forests.

Il n’y a toutefois pas d’arbre en vue: le terme “Forest”, rencontré dans plein de toponymes écossais (Shieldaig Forest, Fisherfield Forest, etc.), désignerait historiquement une zone réservée à la chasse (aux cerfs, principalement) et viendrait de l’usage médiéval du mot latin “foris” signifiant “dehors, ouvert” (merci à cet article Wikipédia d’avoir mis fin à notre perplexité).

On s’émerveille devant ce magnifique paysage, ces montagnes d’un autre temps, entourées de plein de petits lochs, avec les ombres des nuages dansant sur le flanc des massifs. Wahou, juste wahou.

Le nom d’une des montagnes du coin, Beinn Alligin, signifie d’ailleurs “Mountain of Beauty” ou “Jewelled mountain”. Et franchement, toutes les montagnes de Torridon mériteraient ce nom, tant le coin est sublime.

Le soir, j’ai envoyé une photo de ce paysage à une amie, qui m’a demandé si on était dans le Rohan, huhu. Comme quoi, on n’est pas les seuls à trouver des airs tolkienesques à ces endroits! 😉

Vers 11h, on atteint Loch Coire Mhic Fhearchair, lové dans un cirque rocheux qui en jette. Nous sommes dans le massif montagneux de Beinn Eighe, qui donne son nom à la Beinn Eighe National Nature Reserve dans laquelle nous nous trouvons.

Après avoir traversé la rivière (qui a d’ailleurs de jolies petites cascades), on attaque une section décrite comme “very rough and trackless”. D’après notre guidebook, cette étape est une des plus challenging de tout le trail, à cause du terrain difficile.

Et effectivement, surtout au début de la section sans sentier, c’est assez rude: un mix de rochers et bruyères avec des trous partout, dans une pente bien raide. Pas mal de témoignages en ligne mentionnent des chevilles tordues et des bâtons cassés dans cette section, et ce n’est pas difficile à imaginer. On avance donc prudemment et on progresse lentement (ce qui était attendu, vu le terrain et l’absence de chemin), mais wahou, qu’est-ce que c’est spectaculaire!

Sur les conseils du guide, on contourne les flancs de Ruadh-Stac Mòr en essayant de rester aux alentours de 400 m d’altitude (“Try to avoid dropping too low at all costs as it will take you into some horrible, rough, boggy ground” – warning de Iain Harper dans le guide ^^).

Après une autre traversée de rivière, on descend longer Allt Toll a’ Giubhais dans sa plaine alluviale bien boggy.

On s’extasie devant de belles étendues de linaigrette et des mares de sphaigne aux couleurs vives, de vert fluo à rouge vermeil. Les grenouilles sont en vadrouille!

On traverse la rivière et on retrouve enfin un sentier — parfois trop caillouteux et moins confortable que la tourbe pour les pieds. ^^’

Le paysage est désormais lunaire, parsemé de cailloux blancs. On croise quelques “moths” immenses, beiges et à l’allure de papier froissé volant. On passe un col et découvre d’autres vues splendides, notamment sur les montagnes de Fisherfield. Une montagne, Beinn a’ Mhùinidh, est particulièrement belle, avec une splendide cascade — Fun Fact: je viens de la googler pour vérifier son nom, et l’Aperçu IA m’informe que la montagne est “connue pour son nom qui se traduit par « Montagne de la pisse » en raison d’une cascade spectaculaire sur sa face ouest”, hahahaha. ^^’

On était un peu stressés car on ne savait pas si on allait pouvoir camper à Kinlochewe (on n’avait pas de réponse du Caravan Club malgré nos nombreux appels depuis la veille, et on savait qu’il n’y avait que 3-4 emplacements réservés aux tentes, et que tous les autres hébergements étaient complets), et si on ne pouvait pas dormir là, il fallait qu’on arrive au village avant 17h pour pouvoir se ravitailler un peu à l’épicerie locale avant de continuer pour aller bivouaquer plus loin. Il ne nous restait que 3.5 km avant Kinlochewe, mais il était déjà 15h45 et je commençais à avoir mal à la cheville et au genou droits en essayant de me dépêcher, arf. José, ce héros, est donc parti devant en trottinant pour arriver au shop avant la fermeture pendant que je suivais derrière à mon rythme.

Le sentier nous a fait passer par une forêt assez jeune appartenant à la Beinn Eighe NNR et que je me rappelle avoir photographiée lors de notre road trip en 2016. C’était si chouette de revoir ce lieu, et de constater que la forêt avait déjà bien poussé en presque 10 ans!

Tout est bien qui finit bien: José a pu passer au shop, bien approvisionné, et il reste de la place au camping! On est vraiment crevés, mais nos yeux sont remplis de paillettes par la beauté des paysages traversés. On plante la tente et on file direct au Old Hall Café pour de délicieuses pizzas, du vin rouge et un warm chocolate brownie avec glace, oh yum! On y croise Alex et Carmen, les Australiens, qui avaient réussi à réserver la dernière chambre dispo à l’hôtel. Le bon repas nous fait un bien fou, mais José tombe particulièrement de fatigue après son “jogging” et me laisse même finir le brownie car il est “trop fatigué pour manger” — un concept dont nous avait parlé Alex mais dont on n’avait pas encore fait l’expérience, nous les estomacs sur pattes! ^^

On arrive à réserver un hôtel pour notre jour de repos à Ullapool, dans deux jours (yihaa, car la dernière fois qu’on avait regardé, il n’y avait rien de dispo!), puis on rentre au camping sous une pluie fine, éreintés et prêts pour une bonne nuit de sommeil. Sur le papier, ce n’était peut-être pas une si grosse journée (“seulement” 20 km), mais l’absence de sentier et le terrain demandaient clairement un effort supplémentaire — et on a adoré! Et avoir autant aimé cette section réputée difficile nous a mis en confiance pour la suite du trek, on se sentait bien en forme et motivés!

Et voilà, c’est la fin du récit de cette merveilleuse journée autour de Beinn Eighe. Mes photos ne rendent vraiment pas justice à l’incroyable beauté de cette région. J’ai hâte d’y retourner un jour pour explorer d’autres coins (et faire du kayak sur Loch Maree!). Allez, je vous laisse avec le “Relive” de cette journée, et je vous dis à bientôt pour la suite de la rétrospective! 😉

[Distance Jour 35: 20 km et 799 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 627 km]

Scottish Diagonal #31 Rock’n Lochs

Bonjour tout le monde!
L’année 2025 est peut-être terminée, mais pas la rétrospective écossaise 2025, haha. 😉 C’est donc parti pour la suite du récit, avec une belle journée émerveillante dans les montagnes de Torridon et une météo écossaise bien changeante!

José et moi n’avons pas super bien dormi à Strathcarron, mais on a quand même réussi à plier bagages pour 9h (malgré quelques “snooze”). On commence par longer la rivière Carron, en passant devant plusieurs spots de pêche avec de chouettes noms, dont “Kindness Run”. 🙂

On retrouve rapidement Alex et Carmen, avec qui on a marché une partie de la journée. Le chemin était vraiment beau et agréable, avec de gros rochers parsemés dans le glen.

Vers 11h30, on atteint le bothy de Coire Fionnaraich, juste à temps pour une pause lunch à l’abri de la pluie qui commence à tomber.

Ayant économisé deux plats déshydratés en mangeant au pub la veille, on s’octroie même un vrai repas chaud pour midi, yum.

Alex et Carmen sont repartis un peu avant nous (ils mangeaient juste des wraps et des bonbons), puis on a enfilé les waterproofs et on a continué nous aussi, dans une météo un peu moins clémente.

Ça pleut et ça souffle, mais heureusement pas en continu, et la visibilité reste plutôt bonne, donc on peut quand même admirer la beauté des lieux.

Les roches des environs sont incroyables! Le sentier est constitué de cailloux rose-rouge, d’autres ont des teintes bleutées. La région de Torridon est connue pour ses roches très anciennes, dont le grès torridonien, formé il y a environ 1 milliard d’années, durant le Précambrien.

On passe Bealach Bàn, où le vent souffle hyper fort, s’engouffrant à toute vitesse dans le col.

Puis on recroise Alex et Carmen dans la descente pour Ling Hut. Ils avaient dévié du sentier sans faire exprès et se sont donc octroyés une section “off track” bonus (sans ça, on ne les aurait sans doute pas rattrapés avant Ling Hut!).

Les vues sur Loch Torridon (au loin) et de petits lochans sont splendides, malgré la pluie et les nuages qui semblent parfois de plus en plus bas. Plein de grenouilles sont en vadrouille, sautant hors du sentier à notre passage (j’ai peur de les écraser!). On croise aussi un triton hyper chou qui se prend pour un petit dragon.

Puis on arrive à Ling Hut, qui appartient au Scottish Mountaineering Club et où j’étais restée avec le Lairig de l’Uni d’Aberdeen en 2016 (je crois que c’était même mon premier week-end entier avec le club!).

Alex, Carmen, José et moi plantons nos tentes juste à côté (les refuges du SMC sont réservés aux membres). On bataille un peu face au vent qui souffle hyper fort — et qui gèle nos pauvres mains alors qu’on enfonce les sardines dans le sol.

Mais, belle surprise, le vent chasse momentanément les nuages: le soleil débarque et illumine Glen Torridon, c’est magique. Le ciel partiellement dégagé nous permet d’admirer Liathach et Beinn Eighe dans toute leur splendeur! 🙂

Les rayons du soleil chauffent direct la tente et c’est fort agréable! Ayant retrouvé l’usage de mes doigts, j’en profite pour prendre beaucoup trop de photos, haha. Il faut dire que je suis aussi un peu toute émue de revenir dans ce si beau lieu, après presque dix ans.

On mange tôt, vers 18h, avant de passer la soirée dans notre tente ballottée par le fort vent. On était si crevés qu’on s’est endormis vers 19h, avant même d’avoir pu se brosser les dents (une occurrence rarissime!). ^^

Un crapaud voisin de Ling Hut

Et voilà, c’est la fin de cet article. C’était une journée vraiment très chouette malgré la pluie, et qui nous a fait passer le cap des 600 km!

A bientôt pour la suite, avec le récit d’une de mes étapes préférées de tout le trek! 😀

[Distance Jour 34: 18.9 km et 687 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 607 km]

Rétrospective de l’année 2025

Bonjour tout le monde et, avant toute chose, Bonne Année 2026!
Ça y est, l’année 2025 est arrivée à sa fin, c’est le moment de changer de calendrier et de commencer une nouvelle année. Mais avant de reléguer le calendrier obsolète à la cave, j’aime feuilleter ses pages et revenir sur l’année écoulée. Allez, c’est parti pour un retour personnel mois par mois, entre temps forts et petits “snapshots” de la vie quotidienne.

Janvier

Le premier mois de 2025 est placé sous le signe du repos (et de bouts de sinusite, arf) mais est tout de même bien rempli. Après ma course folle pour déposer ma thèse à Noël 2024, je sens que j’ai besoin de me ressourcer et je m’octroie de chouettes petites balades quasi quotidiennes, vers Lullier lorsque je suis au travail et dans la campagne de Vandoeuvres lorsque je suis à la maison. Notre nouvel appareil photo compact Sony, reçu en décembre 2024, m’accompagne presque tout le temps et je prends beaucoup de plaisir à capturer quelques clichés lors de mes sorties.

Côté social-culture-découvertes, on a plein de chouettes moments en famille et entre amis, avec de bons repas, un plouf dans le lac de Bienne, une belle pièce de théâtre (“Louise”), de superbes illuminations au Festival des Lumières de Morat et à Geneva Lux, une balade sur l’étang gelé de la Gruère (et autour de l’étang semi-gelé du Bois des Mouilles), un atelier de gravure sur le thème “Animaux disparus” à la Biblio de la Cité, une splendide première montée de Salève, dans un monde tout givré… et même une petite chasse aux aurores boréales plus ou moins concluante, avec une très légère teinte rouge dans le ciel étoilé (et un beau renard observé dans la nuit choulésienne). Mais plus le mois avance, plus le stress monte…

Février

Eh oui, car avec l’arrivée de février, ma soutenance de thèse approche! La menace plane, l’angoisse monte, j’ai hâte que ce soit enfin derrière moi… et puis le grand jour arrive et se déroule merveilleusement bien! Quel soulagement! “Libérée, Délivrée!” Je suis d’autant plus heureuse de garder de chouettes souvenirs de cette journée, alors que je pensais que j’allais être trop stressée pour vraiment profiter du moment. J’ai vraiment été très touchée par les gens présents et la bienveillance du jury — je n’aurais pas pu imaginer une meilleure fin à ces quatre ans et demi de doctorat! ♥ Après une bière et un repas au resto pour célébrer (en famille avec Axel, venu exprès de Bienne pour l’événement!), j’étais en revanche complètement lessivée, une fois toute l’adrénaline retombée, et prête à vraiment me reposer.

Le reste de ce mois est rempli de beaux moments: Afterwork au MAH, spectacle d’impro, soirées entre amis, couture avec Pilar, sortie raquette avec José vers le Plateau des Glières, binge-watching de “Severance”, et plein de belles lumières et oiseaux observés lors de mes trajets à vélo et petites balades.

Mars

Mars, c’est mon dernier mois de boulot en tant qu’assistante. Je me sens productive et généralement en forme (excepté une semaine où j’ai ramené un virus de Bienne ^^), la vie est plutôt belle! Je reprends les ateliers de danse animés par Caroline de Cornière et ça me fait tellement plaisir de danser à nouveau. 🙂

On aura été très actifs ce mois-ci! Accueil d’une amie doctorante autrichienne en visite, plein de repas de famille, quelques jours à Bienne pour le mariage d’Axel et Laurine, visite de l’expo “Wildlife Photographer of the Year” à Bâle, concert de “Tubular Bells” à l’Alhambra (épique!), Afterwork “Groove ‘n Move” au MAH, quelques balades digestives au soleil avec une collègue et de nombreuses promenades pour s’émerveiller face à l’éveil du printemps… Et, pour clore ce beau mois, une petite escapade dans les montagnes pour l’anniversaire de la mère de José: visite des mines de sel de Bex et bol d’air frais à Glacier 3000!

Avril

Avril débarque! Mon contrat à HEPIA a beau être terminé, j’ai une révision d’article à faire, puis une autre. Ça me motive moyennement, car je suis à fond dans les derniers préparatifs de notre trek en Ecosse. Je profite de mon temps libre pour faire de plus grandes balades et bien former mes nouvelles chaussures de marche. José et moi parcourons par exemple pour la troisième fois le Sentier du Rhône genevois et je fais une très chouette balade dans les bois de Versoix avec mon amie Aurélie (et, au retour, je découvre que mon vélo électrique a été volé à la gare…). Pour tester une dernière fois notre équipement avant le grand départ, José et moi partons faire un bivouac du côté du Mont Baron. Surprise, après plusieurs semaines chaudes et radieuses, la neige est de retour! C’est sympa, ça faisait un moment qu’on voulait tenter l’expérience de camper dans la neige. 😉 On se réveille le matin avec le chant des oiseaux, plus enthousiastes que jamais de partir à l’aventure!

C’est aussi un mois très “famille”, avec plusieurs repas et BBQ, une sortie à la Gavotte, une chasse aux oeufs pour Pâques, une session de “Belly Painting” avec Laurine, des restos… Je me lance dans un nouveau projet couture avec Pilar, je fais pas mal de rangement et d’admin (surtout en lien avec mon vol de vélo –‘), on va à un nouvel Afterwork au MAH (tango et spritz au musée, que demander de plus?! ^^), on vide le frigo et le congélateur… et ça y est, l’heure du départ est déjà là!

Train après train, nous voilà en Ecosse! Après une journée à Edimbourg pour voir des amis et acheter quelques dernières bricoles (dont du gaz, vu qu’on ne peut pas en transporter dans l’Eurostar), on s’élance sur notre “Diagonale écossaise”, parés pour l’aventure!

Mai

Quelle merveilleuse période, on est si heureux! Marcher, traverser des paysages si beaux, s’imprégner de leur beauté, vivre de super rencontres, se désencombrer des tracas quotidiens, profiter de l’instant présent… Je ne vais pas m’attarder puisque je suis en train de faire une rétrospective détaillée du voyage sur le blog, mais vraiment, qu’est-ce que c’était bien! ♥ En plus, la majeure partie du mois de mai nous offre un temps absolument radieux dont on profite à fond.

Juin

Ce mois-ci aura été bien plus humide que le précédent, mais certainement pas moins émerveillant! On se sent si bien dans notre vie sur le trail, on a l’impression qu’on pourrait continuer indéfiniment. D’ailleurs, quand on atteint la fin de notre Diagonale, tout au nord-ouest du Mainland écossais, on ne tarde pas à repartir sur un autre trek, puisqu’on a la chance d’avoir encore du temps avant de devoir revenir en Suisse. Hop, nous voici engagés sur le Skye Trail, sublime. Nos chaussures sont par contre arrivées au bout de leur vie, l’intérieur est détruit et devient très inconfortable. Notre trek terminé, on profite encore de l’Ecosse quelques jours, en faisant du kayak dans les vagues (épique!) et des visites plus tranquilles.

Juillet

Après quelques derniers jours à Glasgow, l’heure du retour a sonné et nous enchaînons les trains pour rentrer à la maison, où un mois de juillet bien rempli et très familial nous attend! Notre nièce, Elowen, est née peu avant notre retour, et nous filons à Bienne pour revoir toute la famille et rencontrer la petite puce! Vu que j’ai beaucoup de temps libre, j’en profite pour venir régulièrement à Bienne voir mon neveu et ma nièce (et leurs parents, aussi :P).

Et puis, c’est la saison des apéros et d’une riche programmation culturelle! Concerts dans le parc, baignades dans le lac, paddle et visite du Musée du Léman à Nyon, week-end à Annecy pour le mariage de ma cousine Alison, BBQ au jardin, lunch aux Bains des Pâquis, initiation au tango au MAH… Et, aussi, un peu de procrastination. Deux de mes articles scientifiques ont été acceptés durant le voyage en Ecosse (yay!), mais j’ai encore des révisions à soumettre pour un autre article, et je ne me sens vraiment pas du tout motivée.

Août

Si juillet était déjà bien rempli, août est méga giga actif! Et chaud, donc on passe beaucoup de temps au bord du lac, à barboter. Parmi les souvenirs notables: swing à la Canopée pour le 1er Août, balade pour voir l’expo “Art en Campagne” à Collex-Bossy, soirées à Ciné Transat (pour le film japonais “La famille Asada” et la merveilleuse nuit “Choréoké”!), cuisine de bons petits plats, super Aubes musicales aux Bains des Pâquis, sortie à la Pointe à la Bise (à pied et en paddle), visites à Bienne, paddle, baignades, repas entre amis et en famille, hyper chouettes Rencontres musicales celtiques de Bernex (avec bal folk et ceilidh!) et aussi une belle escapade à Sion, pour aller au Guinness Irish Festival et en profiter pour visiter Valère et son Musée d’Histoire du Valais. 🙂

Et puis c’est un mois créatif et de découvertes. Je fais de la couture avec Pilar, je teste la broderie, je dessine et peins, et on participe à une initiation à la voile avec Geneva Sailing School, durant laquelle on a pu admirer un splendide coucher de soleil! Bref, plein de beaux souvenirs. Mais il y a toujours l’ombre de la révision d’article qui me pèse. Je n’arrive pas à m’y mettre, et ça me stresse. Heureusement, ça ne m’aura quand même pas trop empêché de profiter de mon été de liberté.

Septembre

C’est le mois du retour au boulot, pour un nouveau chapitre professionnel! Me voilà toujours à HEPIA, mais en tant que collaboratrice scientifique sur un projet de monitoring du Rhône. Je suis si heureuse de pouvoir prolonger un peu mon temps là-bas, de retrouver les collègues, les projets, mon bureau et les trajets à vélo le long de la Seymaz!

Je dessine beaucoup et suis notamment un cours Skillshare qui donne des idées de sujets/thèmes à dessiner chaque jour (un de mes préférés: Bug Party! ^^’). On va au Cirque Knie avec la mère de José, au ciné pour voir le dernier “Downton Abbey”, aux Ponts-de-Martel pour admirer les tourbières et les libellules avant de passer un week-end à Bienne, et à Saillon avec des amis pour les merveilleuses Médiévales!

Octobre

Le mois d’octobre est splendide, avec plein de belles observations lors de mes trajets à vélo (les oiseaux, le ciel, la lumière…), le Festival Salamandre (sur le thème des Métamorphoses), un cours d’aquarelle sur Skillshare, de super spectacles d’impro et Afterwork au MAH, Kaamelott au cinéma, une séance photo au Salève avec mon nouveau haut libellules (cousu avec Pilar), des soirées tranquilles à préparer l’album photo de notre voyage en Ecosse, plein de chouettes moments au boulot… Sur l’incitation d’une collègue, je rejoins d’ailleurs Les Verts de Chêne-Bougeries, et je suis élue membre suppléante du Conseil municipal (ce qui signifie que je peux remplacer les conseillers municipaux Verts lorsqu’ils sont indisponibles pour un Conseil municipal ou une Commission).

Mais le temps fort de ce mois, c’est sans aucun doute notre semaine de vacances en famille en Toscane! C’était nos premières vacances tous ensemble avec les enfants et c’était super, même si ce n’était pas de tout repos. ^^

On a loué un grand appartement avec jardin pas loin de Sienne, c’était nickel. Au menu: plein de baignades (dans la mer, dans une rivière et dans une source thermale), visite de splendides villages et villes (Volterra, Sienne, Arezzo), dégustation de vin du Chianti (à Castelo di Meleto), marche à Colle di Val d’Elsa… Et on s’est régalés de glaces et de pici, miam!

Novembre

Ce mois commence avec de super soirées d’Halloween entre amis et collègues (et une Murder Party, héhé), ça faisait longtemps! La vie au boulot est très chouette: un de mes autres articles scientifiques est accepté, j’adore mes journées au labo passées à trier des échantillons de macroinvertébrés, il y a plusieurs apéros entre collègues, les Rencontres de la Faune genevoise, le 10e anniversaire de GE-21, et je m’émerveille chaque matin et chaque soir lors de mes trajets à vélo… Bref, c’est bien cool. 🙂

Outre les habituels spectacles d’impro, cours de danse et Afterwork au MAH, on arrive aussi à caser une très chouette sortie raquettes de La Givrine à La Cure (on a bien fait d’y aller dès la première neige, car les conditions d’enneigement se sont bien dégradées depuis!). On s’amuse comme des fous dans l’Escape Game de Trip Trap “Une soirée avec la Reine Vaudou”, fait en famille pour l’anni de Pilar, on visite une expo sur le plancton au Musée du Léman, et on passe encore un beau week-end à Bienne. 🙂

Décembre

Ce dernier mois de l’année a filé si vite, je ne l’ai quasi pas vu passer. J’ai l’impression d’avoir ralenti et fait moins de choses, mais d’un autre côté on a enchaîné les activités: pleeein de spectacles d’impro, festivités de l’Escalade, marché de Noël, soirées de fin d’année (danse, EMS de mon grand-père, boulot), prestation de serment au Conseil municipal (je deviens donc officiellement membre suppléante des Verts), super Escape Game de Trip Trap entre amis (“La Maison de Tonton Cornélius”, épique!)… et voilà, les vacances sont déjà là!

On passe de très chouettes moments en famille pour Noël, on se repose, on va voir “Avatar 3” avec Fintan, Pilar et DD, on profite de glander un peu… et puis on rallie Bienne pour passer les derniers instants de 2025 (et les premiers de 2026) avec Axel, Laurine, Nolan et Elowen (et Yuki, le chat!). On mange bien, on se promène dans le froid, on joue aux Duplo, on virevolte et on fait des pas chassés dans l’appart en rigolant (quand Nolan est réveillé), on joue à des jeux de société (“Escape Game Geo” — on note la légère obsession des Escape Games en tout genre en cette fin d’année ^^) et à Mario Kart (quand Nolan dort). Bref, on s’amuse bien! 🙂

“There is a sunrise and a sunset every day, and you can choose to be there for it.”

Ce mois de décembre nous a offert quelques splendides levers et couchers de soleil (puis une longue période de stratus déprimant, mais bon). Pendant la première moitié du mois, j’ai eu la chance de pouvoir synchroniser mes trajets à vélo avec ces lumineux moments si émerveillant. Comme toujours, ce sont ces petits moments quotidiens, ces petites pauses pour respirer, admirer, inspirer, qui rendent la vie si belle jour après jour. On ne peut pas toujours être en trek, en vacances ou en congé sabbatique, mais on peut choisir de voir la beauté dans chaque journée. ♥ Ça me fait d’ailleurs penser à un bref moment de fin d’été. Un jour, alors que je rentrais à la maison à vélo, j’ai aperçu un pré-ado et une adulte sur Grange-Falquet, les yeux tout brillants d’émerveillement: ils observaient un caloptéryx qui voletait le long d’une haie. Je me rappelle que ça m’avait fait tout chaud au coeur de voir ces gens fascinés par une libellule, et j’avais pédalé le reste de mon trajet avec un grand sourire aux lèvres. 🙂

En décembre, José et moi sommes d’ailleurs allés voir le nouveau film de Vincent Munier, “Le Chant des Forêts”. Un grand moment d’émotion et, justement, d’émerveillement. Je recommande vraiment ce film, magnifique, qui lutte contre l’indifférence face à la nature et invite à vraiment ralentir et se laisser toucher par la beauté qui nous entoure. Il y a quelques années, dans un documentaire, Vincent Munier avait d’ailleurs cité cette phrase que j’aime tant et à laquelle je pense régulièrement: “Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais par manque d’émerveillement.” Dans un contexte vraiment déchirant à l’échelle mondiale en termes de droits humains, d’environnement et de géopolitique, je trouve que ce sont les petits moments quotidiens d’émerveillement et de gratitude qui aident à donner du sens au monde et à la vie. Une belle lumière, un beau rouge-gorge, un bon repas, un beau regard, un peu d’espoir. ♥

***

Et voilà, on approche de la fin de cette rétrospective, enfin. 😉
Quelle année, 2025! Un très bon cru, en ce qui me concerne. La fin tant attendue de mon doctorat; la réalisation d’un rêve avec notre trek en Ecosse, qui aura été une période si heureuse, si belle; le début d’un nouveau chapitre professionnel avec mon poste de collaboratrice scientifique; la naissance d’Elowen, venue agrandir la famille, et justement tous ces beaux moments passés en famille, remplis de rire et de joie (et de bouffe)! C’est aussi l’année où j’ai renoué avec ma fibre artistique, en écrivant davantage (grâce au trek, notamment), reprenant plus régulièrement la photo, commençant l’aquarelle et prenant plus de temps pour dessiner et tester de nouveaux trucs en général (comme la broderie). Je me sens si satisfaite de là où je me trouve, et pleine d’enthousiasme et d’énergie pour l’année à venir. ♥

Vous croyiez que c’était fini?! Eh non, haha! Une rétrospective ne serait pas complète sans mes petits bilans “Salève, baignade, lecture”. En 2025, j’ai tout juste réussi à gravir le Salève 12 fois (deux fois en avril et en décembre, pour compenser les deux mois en Ecosse). J’aime toujours autant cette petite tradition de “un Salève par mois” et je compte bien continuer les années prochaines. J’adore aussi la récente addition de “une baignade par mois”, et le challenge a été largement réussi en 2025: plus de 32 ploufs en eau libre! Davantage en été, c’est sûr, mais on a bien tenu le coup toute l’année et j’aime de plus en plus la nage en eau froide. Niveau lecture, j’ai continué sur ma lancée de 2024 et lu encore un peu plus: 23 livres. J’ai renoué avec la fiction et j’ai lu davantage de romans, même si mon genre favori reste les mémoires britanniques de “Nature Writing”, héhé (mention spéciale à “Moderate becoming good later”, de Toby & Katie Parr, qui m’a fait pleurer à chaudes larmes dans l’Eurostar).

“Supergirl” bonus 😉

Et voilà, félicitations si vous êtes arrivés au bout de cette rétrospective quasi interminable. 😉 Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une lumineuse année 2026 remplie d’émerveillement, d’amour, de rire et d’espoir! ♥

Scottish Diagonal #30 To Strathcarron

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour le dernier article de rétrospective écossaise de l’année! 🙂

On a plutôt bien dormi dans le bothy de Bendronaig mais on se sentait quand même tous assez fatigués, donc on a fait une petite journée et c’était très bien comme ça. On se réveille à 7h, on déjeune, on se prépare et on quitte Bendronaig à 9h, pour une journée qui s’annonce sèche, yay! Enfin, en ce qui concerne le ciel, du moins. On a bien sûr quand même eu les pieds mouillés dans la tourbe et les torrents. 😉

On observe des chevaliers gambettes et d’autres limicoles le long d’Uisge Dubh (Black Water) et on marche un petit moment sur un track avant d’attaquer une section pathless bien raide mais très chouette.

La bruyère et le sol tourbeux créent comme des marches d’escalier, c’est très pratique. ^^’

Puis on retrouve un sentier qu’on allait suivre jusqu’à Strathcarron.

On passe Bealach Alltan Ruairidh et la vue (et la lumière!) est splendide. On admire de beaux loch(an)s et de superbes montagnes vers Torridon.

Al’, Flora et Rob nous distancent et on reste derrière à prendre notre temps et admirer le paysage, les incroyables tapis de droséras et les pools de sphaigne inondées à l’eau si claire.

On aperçoit gentiment Strathcarron en contrebas, et des paysages dévastés là où des plantations ont récemment été coupées.

On aperçoit aussi deux panneaux avec une coquille St Jacques (ça fait un bout jusqu’à Compostelle!), héhé.

Peu après midi, on retrouve Al’, Flora et Rob au “Bothy Bar” du Strathcarron Hotel pour boire et manger. Au menu: Thistly Cross Cider (yum), Cullen Skink, Scampi & chips, et même un apple crumble (noyé dans un peu trop de crème anglaise). On étudie les prévisions météo et on hésite pour la suite: continuer cet après-midi avec Al’ et Flora jusqu’à un bothy à 8 km d’ici, ou camper devant le Strathcarron Hotel et se reposer.

On choisit finalement la deuxième option, car on sent qu’on a besoin de se reposer et José sent un de ses genoux qui tire un peu. Rob reste ici lui aussi car il prend le train le lendemain pour rentrer chez lui. On plante donc les tentes dans le pré d’en face (qui grouille de tiques!) pour 5£, avant de prendre une douche à l’hôtel moyennant 5£ supplémentaires.

On a fait le tour du village (très vite fait, il n’y a pas grand-chose à part la gare) avant de retourner se poser au Bothy Bar pour écrire et lire. On est rapidement rejoints par Rob, puis Alex et Carmen, un frère et une soeur australiens que Rob avait déjà rencontrés. On a passé la soirée tous ensemble et c’était super sympa!

Vers 22h, direction la tente pour dormir!

Et voilà, c’est sur cette petite journée de marche que je vous laisse. On se retrouve l’année prochaine pour la suite de la rétrospective (et la traditionnelle rétrospective annuelle)! 😉

[Distance Jour 33: 10.8 km et 249 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 588.1 km]

Scottish Diagonal #29 Very wet again, naturally

Bonjour tout le monde, et joyeuses Fêtes de fin d’année! 🙂

C’est parti pour la suite de notre aventure sur le Cape Wrath Trail. Vous vous souvenez qu’on avait terminé le jour précédent sous un soleil radieux, et qu’on disait que c’était si chouette d’être à nouveau secs? Haha, comme les conditions changent vite! ^^

Dans l’auvent, une limace se prélasse

Eh oui, le soleil ne sera pas resté longtemps ce coup-ci. On s’est réveillés sous la pluie, ce qui ne nous a pas super motivés à bouger. Mais bon, on arrive quand même à émerger et on commence à marcher sous la pluie.

Fini les pieds quasi secs, c’est le retour des chaussures-piscines, entre le sol boggy et les rivières à traverser. Et il y en a, des rivières à traverser, et elles font peur, avec beaucoup de courant. La première grosse rivière ne nous inspire pas confiance, le débit nous paraît trop fort, donc on fait un grand détour pour l’éviter (surtout que l’itinéraire nous aurait fait la retraverser plus haut, donc on ne voyait pas trop l’intérêt). C’est vraiment l’aventure: on saute par-dessus les burns et les coins tourbeux inondés, on monte, on descend, tout ça dans la pluie et le vent, qui souffle fort, avec des rafales qui nous “stop in our tracks” régulièrement.

Finalement, nous voici “back on track” (littéralement, puisqu’on retrouve un chemin après plusieurs kilomètres sans sentier). On approche de Maol Bhuidhe, un bothy dans lequel on aimerait bien se réfugier le temps d’une pause. Mais pour l’atteindre, il reste une sacrée rivière à traverser, avec du courant et une hauteur d’eau qui nous arrive au-dessus des genoux. On descend un peu en aval, à la recherche d’un endroit plus favorable où traverser. On y arrive, mais on n’est pas hyper confiants et on est contents d’arriver au bothy, very 14h.

Surprise, on retrouve Al, Flora et Rob dans le bothy! C’est chouette de discuter tous ensemble. Le bothy a été restauré récemment et l’intérieur est vraiment très beau, tout en bois.

On enlève nos affaires mouillées et on se prépare du porridge pour se réchauffer. A cinq dans le petit espace “cuisine” du bothy, l’atmosphère se réchauffe vite. On discute de nos plans et des options pour la suite de la journée. Rester? Partir et marcher jusqu’au prochain bothy? Telle est la question.

Alors que José fait une requête météo sur le Garmin, un rayon de soleil passe par la fenêtre, magie! Les prévisions annoncent un temps sec jusqu’à la nuit, et le ciel bleu nous motive à continuer. Hop, c’est parti, on renfile nos affaires trempées et on repart tous ensemble.

On est contents d’être accompagnés d’Al, Rob et Flora, car on n’aurait sans doute pas osé faire le “river crossing” suivant seuls et on est rassurés par leur expérience. L’eau nous arrivait au genou mais était sombre, donc c’était difficile d’évaluer la profondeur avant le passage d’Al, qui a traversé en premier. Le courant vers la fin de la traversée était impressionnant, et c’était aussi pratique d’être plusieurs pour s’aider à sortir plus facilement de l’eau.

On était fiers de nous d’avoir réussi ces traversées plus “challenging” et ça nous a mis en confiance pour la suite de l’aventure.

On attaque ensuite une partie “pathless” mais assez facile et on atteint Loch Calavie, très beau.

Puis on est descendus jusqu’à Bendronaig Lodge bothy, où se trouvait déjà un Ecossais venu gravir quelques Munros dans le coin. Juste avant d’atteindre le bothy, il y a une ultime rivière à traverser, avec deux ponts au choix: un pont stable qui ne fait pas peur, et un pont à moitié pété auquel il ne reste plus qu’une planche sur deux. José a suivi Al, Rob et Flora sur la passerelle de la mort, et moi j’ai préféré prendre l’option safe (on va dire que c’était pour pouvoir prendre José en photo, haha! ^^).

On a passé une très chouette soirée au bothy, où deux Anglaises nous ont encore rejoints. Il y avait largement assez de place pour tout le monde, avec trois “chambres” et une grande pièce commune. Il y a même un “flushing toilet”, mais vu qu’il n’y a pas d’eau courante, il faut remplir des seaux au ruisseau pour remplir la chasse.

Rob et Al ont fait sécher leurs tentes au soleil, on a admiré les cerfs paissant dans la plaine alluviale, puis on a tous mangé et discuté autour du poêle à bois, avant de se coucher à 22h!

Et voilà, c’était la fin d’une sacrée journée bien aventureuse!

Joyeux Noël et à bientôt pour la suite de la rétrospective! ♥

[Distance Jour 32: 19.6 km et 772 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 577.3 km]

Scottish Diagonal #28 The Mighty Falls of Glomach

Bonjour tout le monde!
Aujourd’hui, on embarque pour la suite de la rétrospective de la Diagonale écossaise, avec le récit du premier jour de notre deuxième semaine sur le Cape Wrath Trail, qui nous a menés de Shiel Bridge à Ullapool.

Parcours de notre deuxième semaine sur le CWT

C’était une semaine vraiment splendide du trek, et ça a commencé fort dès le premier jour. On se sentait bien en forme après notre jour de repos, et on a bien marché.

Premier “win” de la journée: on a pu plier la tente au sec, mais avec quelques midges (you win some, you lose some ^^). Le soleil brille alors qu’on quitte le camping de Glenshiel direction The Wee Bun House, un “snack stop” à côté du Kintail Lodge. Deuxième “win”: c’est ouvert, et on mange de délicieux bacon & egg rolls, tout en ayant la super idée de prendre des sausage rolls et une part de chocolate fudge cake à l’emporter, pour plus tard. On aperçoit à nouveau un grand rapace voler au-dessus du Kintail Lodge — on l’avait déjà vu la veille. On n’est pas sûr si c’était un aigle royal, mais ça paraissait en tout cas bien plus grand qu’une buse! En tout cas, c’était beau. 🙂

A The Wee Bun House, on rencontre un groupe de trois randonneurs très sympas: Al (short for Alasdair), doctorant en physique à l’EPFL originaire d’Edimbourg; sa soeur Flora, en année sabbatique avant de commencer un doctorat en géologie au Canada; et leur ami Rob, un Berlinois qu’Al a rencontré en parcourant Te Araroa, cet incroyable trek qui traverse la Nouvelle-Zélande (oui oui, ça fait rêver!). On discute un peu avant de les laisser (ils attendaient l’ouverture du Pit Stop pour avaler un burger avant de partir — kindred spirits, haha) pour attaquer l’étape du jour.

On marche d’un bon pas jusqu’à Morvich, en admirant un bref arc-en-ciel au-dessus de Loch Duich. On croise des oies cendrées avec des oisons et on remarque que le niveau des rivières a baissé. Il a peu plu depuis la veille, et ça se voit! C’est vraiment fou comme ça change vite.

On s’attelle à l’ascension de Bealach na Sròine. La lumière est bien changeante mais il ne pleut pas, les conditions sont idéales.

Le col est sur un petit plateau couvert de linaigrettes qui dansent dans la brise, et la vue sur les montagnes autour est merveilleuse. Que c’est beau! ♥

On commence la descente de l’autre côté du col et on croise quelques day hikers qui nous lancent des “Lovely day for it!”. Ça faisait longtemps. 🙂 On croise aussi une femme marchant de John O’ Groats (tout au nord du mainland écossais) jusqu’à Land’s End (à la pointe sud-ouest des Cornouailles), wahou!

On atteint le haut des fameuses Falls of Glomach, une des plus hautes cascades de Grande-Bretagne (mais pas la plus haute, celle-là on l’a vue plus loin sur le CWT, en Assynt).

On pose les gros sacs et on descend voir le point de vue sur les Falls of Glomach, vraiment sublimes. Cerise sur le gâteau, un arc-en-ciel orne le bas de la cascade — ça me rappelle de beaux souvenirs de Nouvelle-Zélande!

On remonte jusqu’à nos sacs et on se fait une pause (il était 14h30 et on marchait non stop depuis 9h30) pour manger nos bons sausage rolls.

Puis c’est reparti! Je range l’appareil photo dans le sac car on attaque la descente des Falls of Glomach, réputée “tricky” et “precarious at times, particularly with a heavy pack”, d’après le Cicerone guidebook écrit par Iain Harper.

J’avais lu tellement de récits terrifiants de ce passage, j’avais peur que ce soit méga galère et vertigineux, mais en fait pas du tout. Il fallait effectivement faire attention pour passer certains rochers, mais ce n’était vraiment pas aussi terrible que ce qu’on craignait — et, heureusement, il faisait plutôt sec! Sous une pluie diluvienne, ça aurait sans doute été une autre histoire.

La gorge de la rivière est splendide, bordée d’arbres poussant dans des pentes pas possibles (là aussi, ça m’a rappelé des coins de NZ, décidément!). On a droit à une légère averse et on croise deux chèvres sauvages, héhé.

Après quelques passages un peu escarpés, on atteint Glen Elchaig.

Pour célébrer le fait d’avoir survécu à la descente, on déguste notre part de chocolate fudge cake, yum!

Des paysages magnifiques, du gâteau au chocolat, des chèvres, un peu de soleil… C’est franchement une sacrément bonne recette du bonheur, je trouve.

On traverse la rivière Elchaig sur des ponts très bien entretenus (merci le National Trust for Scotland!) et on recroise brièvement Alasdair, qui arrivait en courant, ayant temporairement semé ses compagnons de voyage (il avait déjà fait le CWT il y a quelques années, on ne sait pas s’il essayait de battre un record personnel ^^).

On continue notre route en longeant Loch na Leitreach, un beau loch bordé d’ajoncs et de pâturages de moutons.

Des bébés Ents luttant contre la barrière?

La lumière est vraiment belle et on est tout attendris par les nombreux agneaux “Black Face” qui peuplent les rives du loch.

On passe le mini hameau de Carnach. C’est un toponyme qu’on a croisé plusieurs fois dans les Highlands, donc je viens de chercher sa signification par curiosité. Verdict: “a rocky or stony place”. Rien d’étonnant quand on pense aussi à Carnac, en Bretagne, connu pour ses alignements de menhir (mais je n’avais jamais fait le rapprochement avant! ^^).

On se rapproche d’Allt na Doire Gairbhe pour planter la tente. Le sol est hyper dur et on galère un peu à enfoncer les sardines (a stony place indeed!), mais le coin est super beau et paisible. Sur le versant de l’autre côté de la rivière se trouve un grand troupeau de cerfs.

Comme d’habitude, je prépare l’intérieur de la tente pendant que José va filtrer de l’eau à la rivière. Il fait grand soleil et on est si heureux de la journée écoulée: les paysages, les lumières, la météo… C’était si agréable d’avoir un répit de la pluie (et de la grêle et du vent! ^^) et de se sentir débordant d’énergie (sûrement grâce à toute la nourriture avalée et au jour de repos!). 🙂

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui! A bientôt pour la suite! 🙂

[Distance Jour 31: 20 km et 712 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 557.7 km]

Scottish Diagonal #27 Among mountains and stone walls

Bonjour et bienvenue pour la suite de la rétrospective!
C’est parti pour le récit d’une sacrée journée bien aventureuse pour clore notre première semaine sur le CWT.

On s’est réveillés au coeur des montagnes, avec une belle sensation d’être seuls au monde. Il pleut, donc pour une fois on mange notre porridge dans la tente. Au moins, il fait trop froid pour les midges, donc c’est top pour cuisiner dans l’auvent. On plie ensuite la tente dans le vent et le froid, j’ai les mains gelées et je dois même enfiler mes gants.

La montée jusqu’à Bealach Coire Mhàlagain, le col en dessous de la Forcan Ridge, est magnifique. Il n’y a pas de sentier et on forge notre chemin à flanc de montagne. La météo change littéralement toutes les quatre minutes, et on s’émerveille à chaque fois que le soleil illumine le paysage. Trois cerfs gambadent dans la pente, les nuages filent à toute vitesse.

Arrivés au Bealach, on sent la puissance du vent de plein fouet. Je dois m’appuyer contre un rocher pour ne pas m’envoler (vraiment!). On utilise nos bâtons comme points d’ancrage avant de bouger les pieds, mais le vent arrive quand même parfois à nous déstabiliser.

On longe les restes d’un vieux mur de pierre à flanc de montagne, c’est comme marcher dans un pierrier. Je glisse une fois sur un rocher lisse et pentu, mais heureusement je ne me fais pas mal (j’ai juste une fesse endolorie par l’atterrissage sur un rocher pointu, ouch).

Le sentier devient un peu mieux (et on croise quelques day trippers) mais il pleut, puis grêle. Avec le vent, on se fait fouetter le visage de petits grêlons, et on est obligés de faire des pauses régulières dos au vent.

A cause des fortes pluies des derniers jours, on traverse la rivière bien plus en amont que l’itinéraire normal et ça se passe bien, on est rassurés! L’eau est même plus chaude que la température dans nos chaussures, donc c’est presque agréable, héhé.

Le “tricky river crossing” derrière nous, on se sent tout légers. C’est encore un tronçon sans sentier, mais le terrain est confortable: du bog facile à naviguer, sans s’enfoncer. Et de toute façon, on a déjà les pieds mouillés donc on n’a plus besoin de faire attention à éviter la sphaigne gorgée d’eau. Les grenouilles sautent à notre passage et le soleil refait même quelques brèves apparitions, c’est magique.

On retrouve finalement un track qui nous amène rapidement à Shiel Bridge, où on plante la tente dans le même camping qu’en octobre 2021 (aussi sous la flotte, ha!). C’est ici qu’on a prévu notre premier ravitaillement et jour de repos du CWT, après une incroyable première semaine sur ce trail!

[Distance Jour 29: 9.6 km et 389 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 537.7 km]

Vu chez Kintail Crafts

Il est 15h30 et on décide de marcher jusqu’à Ault a’ Chruinn pour vite manger au “Pit Stop”, qui ferme à 17h. Quelle bonne décision! On a bu un bon Thistly Cross Cider et dévoré un burger de cerf. Puis on passe chez Kintail Crafts, un magasin/caverne d’Ali Baba (il y a même des Antiquités!), pour faire le plein de Firepot meals (des plats lyophilisés), porridge et barres de céréales pour la semaine suivante. Plus chargés (mais délestés de 150£ ^^’), on rentre au camping pour notre première douche (bien chaude!) en une semaine, yay! Puis c’était l’heure de faire la lessive, trier les photos, charger les batteries et planifier la suite du trek!

Le lendemain, on a passé une super journée de repos, largement centrée autour de la bouffe. ^^ Après une grasse mat’ au camping, on a fait l’ouverture de Chocolates of Glenshiel, à 10h, où on a mangé un énorme brownie accompagné de délicieux chocolats chauds.

A 11h30, on prend le bus direction Dornie, à seulement une dizaine de minutes de route, et on visite enfin Eilean Donan Castle. Depuis le temps qu’on passe devant sans jamais pouvoir s’arrêter (car le parking est souvent complet), c’est l’occase!

Le château existe depuis le 13e siècle mais était en ruine depuis le milieu du 18e, jusqu’à ce qu’un descendant (du clan McRae) décide de le restaurer en 1912 — un dur labeur qui dura 20 ans, le château ayant été inauguré en 1932.

La visite était sympa, avec des mix d’époques représentées (dont des robes de ~1750 extrêmement bien conservées!).

Depuis le château, on voit l’un des points d’ancrage où on avait passé la nuit avec Stravaigin lors de notre voyage en voilier en 2024, ça nous a rappelé de bons souvenirs. 🙂

La lumière sur Loch Duich et Loch Alsh était splendide, ça faisait tant de bien de voir le soleil! (Même qu’on a aussi eu droit à de sacrées averses le matin!)

En plus, on portait nos sandales (pour donner une chance à nos chaussures de sécher et pour aérer nos pieds), donc le soleil réchauffait un peu nos petits orteils! ^^

Après la visite, on se pose au café en face du château pour manger des toasties et charger les batteries, utiliser le Wifi et lire un peu.

On s’est aussi baladés et j’ai pris plein de photos de ce lieu mythique — un des plus photographiés d’Ecosse! A 16h40, on prend le bus du retour, mais on descend avant le camping, pour repasser chez Kintail Crafts, car on a oublié de se ravitailler en chocolat chaud et mouchoirs (malheureusement, on ressort bredouille).

Même si on a 1h d’avance sur notre réservation, on va déjà se poser au bar du Kintail Lodge, où on a passé une super soirée. ♥ C’était notre revanche pour octobre 2021 et la fin de notre trek sur l’Affric-Kintail Way, quand on avait voulu y manger mais que l’établissement était déjà fermé pour la saison. ^^

On a vraiment hyper bien mangé — les légumes frais nous avaient manqué — et on a passé la soirée à discuter de tout et rien, c’était si bien!

Puis on est rentrés à pied au camping, dans une superbe lumière.

On se sentait d’aplomb pour la suite de l’aventure, si heureux d’être là. ♥

A bientôt pour la suite du récit! 🙂

Scottish Diagonal #26 Pluie, soleil et grêle

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective. Nous reprenons le fil du récit à Kinloch Hourn, lors d’une journée faite de hauts et de bas.

Il a plu fort pendant la nuit et ça soufflait pas mal par moments. On imaginait les rivières en crue, infranchissables — on entendait d’ailleurs Allt Coire Sgoir adail qui grondait super fort juste à côté, j’avais peur qu’elle inonde la zone de camping. Bref, on se sentait un peu inquiets et peu confiants, un peu déprimés d’être coincés dans la tente à cause de la pluie.

Cimetière de midges

On n’avait pas mis de réveil puisqu’on comptait rester dans le coin jusqu’à midi et l’ouverture du tea room — ça tombait bien, car du coup j’avais lu la veille jusqu’à minuit pour finir mon livre. ^^ A 10h30, on s’active quand même gentiment pour ranger les affaires. L’auvent est couvert de midges endormis, et l’extérieur de l’inner tent est couverte de midges morts, noyés dans les gouttes de pluie.

Il y a des averses toutes les cinq minutes, entrecoupées parfois de… rayons de soleil, yeah! Ça faisait plus de 24 heures qu’on ne l’avait pas vu et il nous avait manqué (malgré les trois semaines précédentes durant lesquelles il nous collait ^^). Vers 11h40, on bouge vers Lochhournhead tearoom et on attend l’ouverture.

Lochhournhead B&B and Tearoom

Dans la cour, on découvre “Predator”, une machine pour attirer (avec du CO₂) et piéger les midges. Il y en a des milliers coincés à l’intérieur, dingue. Les tenanciers du tea room sont un couple anglais très sympathique, qui habite là depuis 14 mois. Le lieu est bien organisé, avec une “Boots room” pour faire sécher nos sacs et imperméables, et des crocs à disposition — c’est la toute première fois qu’on en portait, haha.

On s’est offert un repas de rois: red pepper soup, hot sandwiches, chocolat chaud et une part de Victoria Sponge. Ce n’était pas donné (il fallait même payer 5£ pour le Wifi et 5£ pour charger nos batteries), mais ça en valait la peine car ça nous a bien requinqués!

Un peu avant 14h, on part et on commence notre demi-journée de marche. La météo change constamment: pluie, soleil, pluie, soleil… ce qui fait qu’on s’émerveille constamment, et la lumière est splendide.

On s’élève au-dessus de Kinloch Hourn, en traversant au début la forêt-jardin du lodge, remplie d’eucalyptus. On croise d’ailleurs des guests du lodge un peu plus haut, avec qui on discute quelques minutes. Puis on s’enfonce dans les montagnes, et wahou: les vues sur Loch Hourn sont magnifiques!

On observe les nuages de pluie qui se déplacent à toute vitesse dans le paysage et le soleil qui illumine furtivement les collines.

C’est si beau que j’en crie de joie. Et je chante aussi “Flying, Soaring” de High School Musical, car on venait de l’entendre au tea room, haha. J’ai d’ailleurs partagé un moment trop drôle au tea room, en chantonnant les paroles de la chanson (“Breaking free”) en même temps qu’un autre visiteur, qui faisait partie d’un groupe de motards, mouhaha.

Inspirée par les montagnes, et comme à mon habitude, je modifie légèrement les paroles de la chanson: “There’s not a burn in Scotland that we can’t cross”, en espérant que ce soit vrai. 😉 On arrive justement à une petite “wooden stalker’s hut” (un petit abri utilisé par les chasseurs) qui marque le croisement avec Allt a’ Choire Reidh, une rivière réputée difficile à traverser lorsqu’il a fortement plu.

A notre grand soulagement, on s’en sort comme des chefs, juste avec les pieds trempés, donc on fait une pause pour vider nos chaussures et essorer nos chaussettes. Ce jour-là, l’eau arrivait juste au-dessus de la cheville et il n’y avait pas trop de courant, mais ce n’est pas toujours le cas: malheureusement, on a appris vers la fin du trek qu’un autre Suisse qui faisait le CWT en solo avait été emporté par cette rivière quelques jours après notre passage… Ça montre bien à quel point les conditions peuvent vite changer dans ces montagnes, et que ce n’est pas sans danger de les traverser.

On continue en direction de la prochaine rivière à traverser. On quitte le track et commence à remonter le long de la rivière, au milieu des tourbières et monticules de bruyère.

C’est exactement le genre de terrain que j’imaginais sur le CWT, je ne suis pas déçue! 🙂

On voit de gros nuages menaçants qui approchent vite, donc on se dit que c’est le moment de chercher un coin où planter la tente.

En plus, il est déjà 17h30 et on ne trouverait sûrement pas d’autres spots plats avant d’être redescendus de l’autre côté de la Forcan Ridge, ce qui ferait trop long.

Comme pour nous motiver à nous décider, une averse de grêle nous tombe dessus! Heureusement, ce sont de petits grêlons et seulement de courte durée. Par contre, il commence à faire froid — la météo prévoyait une température ressentie de 3°C le soir. On plante la tente sur une petite butte pas trop humide et dans un décor assez épique: nous sommes entourés de montagnes! 🙂

Dès qu’on se réfugie dans la tente, une grosse averse débarque, quel timing! On a un peu froid, donc on se réchauffe avec un chocolat chaud — on est vraiment fan de ce Cadbury instantané, haha — puis un couscous aux épices fajitas, un poil trop piquant pour moi mais qui nous a bien réchauffés. ^^

Cette journée s’est finalement avérée bien meilleure que ce qu’on pensait, même si on a peu marché — il faut dire que sur les tronçons sans sentier, dans la tourbe, le rythme est bien plus lent, mais ça nous va bien! 😉

A bientôt pour la suite!

[Distance Jour 28: 8.6 km et 601 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 528.1 km]

Scottish Diagonal #25 Wet, wet, wet

Bonjour et bienvenue pour la suite de la rétrospective, avec le récit de notre cinquième jour sur le Cape Wrath Trail!
Après des semaines de soleil, la pluie a fait un retour fracassant et a transformé le paysage du jour au lendemain.

On a plutôt bien dormi dans les collines vers Mam Unndalain, malgré quelques fortes rafales de vent et de la pluie par intermittence. Le matin, on s’est levés au milieu des nuages, dans un monde métamorphosé: il y a des petites mares et des ruisseaux qui dégoulinent de tous les côtés. Nous sommes dans un paysage quasi aquatique!

On entame la descente vers Barisdale, à travers Gleann Unndalain. Il y a régulièrement des averses, mais finalement on a surtout droit à de la bruine. L’humidité vient avant tout du sol, avec plein de torrents à traverser et des sentiers parfois eux-mêmes transformés en ruisseaux.

C’est vraiment fou comme une seule nuit de pluie peut transformer le paysage. Fini les burns à sec, l’eau coule partout! On a vite les pieds mouillés, mais on s’en fout, c’est l’aventure, on est heureux et c’est magnifique: avec toutes ces cascades, on se croirait à Rivendell. ♥

On se sent comme de véritables aventuriers, à passer agilement de rocher en rocher pour traverser les torrents, l’eau grondant de toutes parts autour de nous. On est d’ailleurs impressionnés par le volume (physique et sonore) de toute cette eau.

Exemple d’un des nombreux torrents qu’on a traversés ce matin-là

La météo s’est peut-être “dégradée”, mais pas notre moral, on se sent en forme.

On atteint Barisdale, où on se réfugie dans le bothy — de luxe, avec électricité et toilettes, mais payant (5£ la nuit) — le temps de manger notre porridge. Un couple du Peak District arrive peu après, en provenance de Kinloch Hourn et en route pour Inverie. Ils ont dormi au B&B de Kinlochhourn la veille et nous annoncent que le tea room ferme à 20h, et que le camping juste à côté a l’air d’avoir un bon “shower block”. On est surpris, car on croyait qu’il y avait juste une aire informelle de camping sauvage, mais du coup on se réjouit d’autant plus d’arriver à Kinloch Hourn. De la bouffe et une douche, voilà qui motive!

On voit un cerf brouter juste devant le bothy et on reprend la marche.

On longe la rive sud de Loch Hourn, et c’est absolument magique.

Les montagnes sont à peine visibles dans les nuages mais c’est très atmosphérique, on se croirait dans une aquarelle.

De beaux arbres (dont de superbes pins sylvestres) me donnent d’ailleurs super envie de dessiner!

Après toutes ces semaines de soleil, c’est comme si la pluie faisait ressortir les couleurs du paysage: le bleu-gris de l’eau, le vert pomme du bracken, l’ocre des algues sur les rives. ♥

Le sentier nous fait passer tout près de l’eau et dans des petits sous-bois à l’ambiance incroyable, c’est vraiment superbe.

Je m’émerveille devant toutes les mousses et plantes qui poussent sur les troncs et les rochers.

Malgré mon enthousiasme jusqu’ici, je peine sur la fin: après une brève pause, je n’arrive plus à régler parfaitement mon sac et j’ai l’impression qu’il pèse une tonne, alors qu’il me paraissait si léger le reste de la journée.

Mais surtout, j’ai faim. Alors c’est le désespoir quand on atteint Kinlochhourn vers 16h30 et qu’on se retrouve devant le tea-room fermé. Horaires d’ouverture affichés sur la porte: 12-16h. Le couple de Barisdale a dû nous filer les horaires pour les résidents du B&B…

Puis on va jeter un oeil à l’aire de camping, où se trouve une “honesty box” (mais sans montant précisé). On ne sait pas où le couple croisé à Barisdale a imaginé un “shower block”, il n’y a même pas de toilettes. C’est juste une zone d’herbe détrempée entre la rivière et la “route” — eh oui, Kinloch Hourn est un cul-de-sac au bout d’une petite route isolée, qui dessert juste le tea room et le domaine.

C’est un coup dur pour le moral. En plus, la pluie s’est calmée et les midges sont voraces. On ne sait pas trop quoi faire, rester ou continuer. L’étape d’après est décrite comme “rough”, avec des traversées de rivières difficiles (et dangereuses) lorsqu’il pleut. Il n’y a pas de réseau, mais on regarde les prévisions météo avec le Garmin InReach: le lendemain matin s’annonce encore plus pluvieux. On ne pourrait pas aller bien loin le soir, donc on décide de planter la tente à Kinloch Hourn, à côté de la rivière qui gronde, en se disant qu’on va s’octroyer un demi-jour de repos le lendemain, pour éviter le gros de la pluie — et, accessoirement, pouvoir manger au tea-room avant de repartir.

Nos pieds sont tout flétris comme s’ils sortaient du bain, après avoir passé la journée mouillés. On se prépare un chocolat chaud pour nous réchauffer et remonter le moral. Les midges s’invitent en masse dans la tente et on passe un moment à essayer de les exterminer, avant de manger un bon repas et de passer la soirée dans la tente. Entre la pluie et les midges, c’est de toute façon dans la tente qu’on est le mieux! 😉

Avec l’arrivée de la pluie, c’est le début du montage de la tente en deux parties, pour toujours garder l’intérieur sec

Après une grande première partie de journée enchanteresse et remplie de joie face à la beauté des lieux (cascades, couleurs, loch!), cette fin d’après-midi à Kinloch Hourn aura vraiment été un “low point” du trek — voire le low point. L’indécision, les doutes quant au “best course of action”, l’inquiétude pour les traversées de rivières à venir… ce n’était pas un moment des plus agréables. Avec le recul, on est bien contents de notre décision et d’avoir pris du temps pour nous reposer avant de continuer.

A bientôt pour la suite!

[Distance Jour 27: 16.8 km et 444 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 519.5 km]

Scottish Diagonal #24 Across Middle Earth

Bonjour!
C’est parti pour la suite de la rétrospective de la Diagonale écossaise, avec le 4ème jour sur le Cape Wrath Trail… jour où la pluie a finalement fait son grand retour! Le carnet ce jour-là commence d’ailleurs par ces mots: “Ça y est, la pluie nous a finalement rattrapés, et ça tombe bien. Enfin, ça tombe fort, quoi.”

Mais il a tout de même fait sec jusqu’à environ 17h, et c’était une bien belle journée. J’avais lu jusqu’à tard la veille (j’étais happée par l’histoire de “The Island Home”, de Libby Page) donc j’ai eu un peu de peine à me lever le matin. Mais quand on a enfin émergé de la tente, on a eu droit à une vue splendide sur la vallée et Lochan à Mhaim, bien bleu au soleil.

Durant tout le trek, on s’est régulièrement fait la réflexion qu’on pourrait être dans la Terre du Milieu. Des airs de Shire par-ci, Rohan par-là… Et ce jour-là, on a vraiment eu beaucoup l’impression d’avoir été transportés dans l’univers du Seigneur des Anneaux, c’était magique.

La marche dans le coin de Màm na Cloich Airde était magnifique, on se croyait dans les Alpes. On a pu observer des bécasseaux non identifiés voler au-dessus des lacs et, comme d’hab, il y avait des biches dans tous les coins.

Soudain, ça y est, on a droit à nos premières vues sur Loch Nevis! Je ne sais pas pourquoi, mais on était vraiment tout heureux de voir ce loch, haha. On en a donc profité pour faire une petite séance photo, héhé.

On continue la descente vers le loch, et on aperçoit rapidement Sourlies au loin, un petit bothy.

On traverse la rivière Finiskaig sur un pont dans une gorge splendide. Comme souvent, c’est là que la densité d’arbres est la plus grande, car c’est difficile d’accès pour les cerfs et autres grands herbivores.

Après le petit passage boisé, on atteint le bout de Loch Nevis. C’est un loch marin, qui va jusqu’au Sound of Sleat, vers Maillaig et Skye. Ça sent la mer!

On jette un oeil à Sourlies bothy, qui est tout petit et tout mignon… et bien équipé: des toilettes sèches ont récemment été installées à proximité, quel luxe!

Dans le bothy, on tombe sur une carte avec les tracés conseillés pour contourner le bout du loch en évitant le pire du bog (très pratique!) et un pot de Nutella quasi plein. On s’octroie donc un petit goûter shortbread-nutella, héhé.

Dans le coin, on aperçoit nos premières orchidées sauvages du voyage. Il y a aussi plein de digitales en fleur (je les adore!) et de superbes tapis de sea pink (armérie maritime, mais je préfère le nom anglais).

C’est marée basse, et des cerfs chillent sur le bord du loch. On croise aussi de grands gravelots.

Grâce à la marée basse, on peut facilement contourner le loch sans avoir à gravir une petite falaise, ce qui nous fait gagner du temps.

Plus loin, le bog est si sec qu’on s’enfonce à peine dans les tapis de sphaigne, ce qui facilite grandement la marche.

Seuls dans ce grand espace, on se sent si libres!

Foxgloves

On traverse la rivière Carnach (sur un pont en très bon état, pour changer!) et on la remonte pendant un moment.

Elle est superbe, avec des berges parfois taillées dans la roche (il y a plein de rochers incroyables dans le coin), des pools, des petites chutes d’eau.

Plus on remonte la rivière, plus les berges sont arborées. De vieux chênes recouverts de mousse semblent pousser directement au-dessus de la rivière, sur des rochers.

Le coin est bucolique, mais il y a un passage assez dodgy, sur un bout de sentier hyper érodé. On se pose peu après pour reprendre des forces en mangeant un bon porridge.

Je recroise un carabe comme celui m’ayant “attaqué” la veille (bon ok, c’était de la légitime défense de sa part) et cette fois j’arrive à le prendre en photo — en gardant mes distances, haha! ^^

The death beetle 😛

On croise un “Cape Wrather” venant du Nord et on échange quelques mots. Il nous raconte l’expérience (peu reposante) d’avoir croisé les 200 coureurs du Cape Wrath Ultra il y a quelques jours! Eh oui, chaque année, une course se déroule sur le Cape Wrath Trail, durant laquelle les participants avalent 400 km en 8 jours! En bons petits escargots, inutile de préciser qu’on n’est pas tentés par le challenge, haha!

On continue notre lente et agréable progression le long de la rivière Carnach. Le guidebook dit que le paysage devient “Tolkienesque”, et on est bien d’accord.

Puis on quitte la rivière alors qu’on entre dans ce qui doit être un ancien royaume elfique, avec des airs de Rivendell. C’est si beau!

On s’élève sur une pente raide, et les vues sur la rivière Carnach en contrebas, les arbres qui s’accrochent aux falaises et deux lochs au loin (Lochan nam Breac et Loch Cuaich) sont tout bonnement merveilleuses.

Malheureusement, les photos ne font pas honneur au lieu: il a commencé à pleuvoir, légèrement d’abord, et j’ai donc dû ranger l’appareil photo.

On approche de Mam Unndalain et on commence à chercher un spot pour planter la tente. On crapahute un moment entre les mêmes trois buttes avant de finalement se décider, juste à temps car la pluie devient de plus en plus forte!

Malgré la pluie, des midges nous attaquent pendant qu’on plante la tente, quelle arnaque! Normalement, l’avantage de la pluie, c’est qu’au moins il n’y a pas de midges, non mais oh! ^^’ Mais on a vite retrouvé la cosiness de notre cocon, une fois glissés dans les sacs de couchage.

Les têtes d’allumés ^^ On devait être un peu secoués par le combo pluie + midges

On a vraiment adoré ce coin du trek. Le soir même, dans la tente, on parlait déjà d’y revenir, de remonter Loch Nevis en kayak ou bateau et d’aller voir un jour Lochan nam Breac. Résultat: on a récemment réservé nos prochaines vacances en Ecosse, et on a prévu quelques jours dans le Knoydart, mais plutôt du côté d’Inverie. On se réjouit d’y retourner!

A bientôt pour la suite, qui s’annonce mouillée, très mouillée… 😉

[Distance Jour 26: 16.6 km et 614 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 502.7 km]