Scot22#15 Jura et la Montagne d’Or

Bonjour tout le monde,
Je suis super contente d’enfin atteindre ce moment de la rétrospective des vacances écossaises 2022, car il s’agit d’une de mes aventures préférées: notre visite de l’île de Jura. 🙂

Cette aventure a commencé à Port Askaig, sur Islay, où nous avons pris le ferry de 8h30 pour Feolin, sur Jura. Il s’agit d’un tout petit ferry (il était plein avec seulement trois voitures) et d’une traversée très courte. En un rien de temps, nous voilà sur Jura, où nous sommes accueillis par des dizaines et dizaines de cyclistes qui attendaient le ferry.

Nous sommes en effet le lendemain de la Jura Fell Race, une course folle de 28 km passant par sept sommets (pour un total de 2370 m de dénivelé positif) à travers les tourbières (et les plus rapides font ça en trois heures…).

Nous avons roulé jusqu’à Craighouse, le village principal de l’île, où on a croisé encore un peu plus de coureurs, dont la plupart avaient campé devant le Jura Hotel.

Nous avons patienté à l’Antlers Bistro pour un bon bacon roll en guise de petit-déjeuner (on n’était pas les seuls à avoir eu cette idée, d’où l’attente ^^) avant de rouler quelques minutes jusqu’au parking de départ du sentier pour les Paps of Jura, les trois plus fameuses montagnes de l’île. On met les guêtres (nos alliées face au terrain tourbeux), on règle les bâtons, on hisse nos gros sacs sur le dos et hop, c’est parti pour une magnifique rando!

Le chemin commence par nous faire traverser une large étendue de lande. On s’élève assez rapidement à flanc de colline et on a vite droit à une splendide vue sur la Bay of Small Isles. On peut voir l’île de Gigha, la péninsule de Kintyre et même les montagnes d’Arran!

On observe deux aigles royaux, embêtés par un drôle de goéland belliqueux (non identifié). On avait pensé à prendre les jumelles avec nous (ouf!) et on en aura vraiment bien profité. Plus tard dans la journée, on aperçoit encore un aigle royal. Trois observations dans la même journée, quelle chance! 😀

Notre itinéraire nous fait traverser la rivière Corran, sur des stepping stones parfaitement espacées, avant de longer la rive nord de Loch an t-Siob. L’eau est magnifique sous le ciel bleu, incroyablement dénué de nuages.

Le nom de Jura vient peut-être du norrois pour “l’île aux cerfs”, ce qui correspond bien au lieu puisqu’il abrite environ 7000 cerfs élaphes (et seulement 200 humains!). On a vu plein d’empreintes et de crottes… et plein de bêtes, aussi! Elles gardaient généralement leur distance, mais on les voyait bien de loin, avec leur arrière-train clair. 🙂

Après un moment, l’itinéraire nous fait quitter le sentier pour monter une pente bien raide au milieu de la bruyère et des tapis de sphaigne.

Il fait chaud, mais des nuages commencent à apparaître.

Vue sur Beinn Shiantaidh, le 2e Pap of Jura, lors de l’ascension de Beinn an Oir

On retrouve un vrai sentier pour le dernier bout de l’ascension de Beinn an Oir, “the Mountain of Gold”, le plus haut des Paps of Jura et aussi le sommet de l’île, à 785 m d’altitude.

Vue sur Loch an t-Siob, le Sound of Jura, Kintyre et les montagnes d’Arran au loin

Les vues se font de plus en plus époustouflantes. Au nord, le reste de Jura s’étend sous nos yeux. Au nord-ouest, l’île de Colonsay, sur laquelle nous étions quelques jours auparavant, apparaît toute petite et plate.

Le terrain devient rocailleux et les conditions sont venteuses, mais nous atteignons finalement le sommet, youhou! 🙂

On se croirait sur le toit du monde. On voit Islay, Colonsay, Mull, le mainland, le nord de Jura… C’est absolument sublime!

Les nuages vont et viennent à toute allure. Si le ciel était parfaitement dégagé, on verrait sans doute l’Irlande.

On mange notre pic-nic à l’abri du vent dans le cairn circulaire marquant le sommet.

Puis c’est l’heure de redescendre, ébahis par cette incroyable claque visuelle. 🙂

Une fois redescendus au col menant à Beinn Shiantaidh, le 2e plus haut Pap of Jura, on bifurque vers le nord, hors du chemin, pour tracer notre propre route jusqu’à Glenbatrick bay, au bord de l’embouchure du loch Tarbert.

On traverse de nombreux ruisseaux, nos pas rebondissent sur la sphaigne, on zigzague entre les mares tourbeuses, on observe des cerfs, des aigles royaux, des grenouilles, des lézards, des grives… et on entend des coucous qui jouent à cache-cache!

On atteint notre destination vers 18h30, après une averse. Près de la plage se trouve un hunting lodge tout barricadé. La baie est peuplée de petits îlots rocheux et on aperçoit d’immenses plages de galets surélevées sur la rive d’en face.

Deux personnes marchent sur la plage. Il y a en effet déjà deux tentes plantées vers l’embouchure de la rivière Glenbatrick. On plante la nôtre un peu à l’écart, entourée de bluebells. L’endroit est bucolique, et si calme.

Après notre repas du soir (des plats lyophilisés achetés à Oban), on est allés se promener sur la plage avec un bon chocolat chaud. Le soleil a refait son apparition et nous a offert une belle soirée lumineuse.

L’ambiance est très belle, mais le vent souffle et il fait froid. Heureusement qu’on a du chocolat chaud! 😉

Après avoir admiré les derniers rayons du soleil filtrant à travers les nuages, nous nous sommes réfugiés dans la tente pour une soirée tranquille.

Après quelques parties de cartes et de Dobble Harry Potter, on s’est effondrés dans les bras de Morphée, heureux de cette belle journée de 16.22 km de marche et ~1000 m de dénivelé positif.

Le lendemain matin, on s’est réveillés avec le glouglou de la rivière, le chant des oiseaux et le bruit de la pluie sur la toile de tente. On paresse dans les sacs de couchage en espérant la fin de l’averse qui, par chance, ne tarde pas.

On prend notre petit-déjeuner (un bon porridge à la cannelle avec une pomme), on plie gentiment la tente et on lève le camp à 10h20, avant nos voisins malgré notre grasse matinée.

On remonte la rivière Glenbatrick pour rejoindre Evan’s path, un sentier qui va nous ramener à la voiture. Le tout ne fait que 10.5 km, donc on a bien le temps. J’en profite bien sûr pour prendre des photos et quelques vidéos. Et là, alors que je pose la GoPro pour filmer un truc, je vois une vipère à deux cm de là où j’ai posé mes bâtons! Elle s’est déroulée avec grâce avant de filer en glissant dans les herbes.

On a d’abord emprunté des sentiers de cerfs, en évitant les coins avec trop de fougères (des nids à tiques, arf), avant de rejoindre un véritable sentier qui nous a menés à plusieurs petits lochs.

On s’est posés un bon moment au bord du Loch na Fùdarlaich pour manger nos sandwiches et recharger nos batteries au soleil.

On a refait plusieurs chouettes observations, dont une grenouille, des cerfs (les mâles sont en pleine repousse de leurs bois, donc ces derniers sont tout pelucheux), des grands corbeaux, et José a même aperçu deux libellules.

Le reste de la marche s’est déroulé tranquillement, à marcher dans les “tussocks” sans se tordre la cheville et à esquiver le bouts trop “boggy”. On a vu quelques droséras, mais globalement le sentier était sans doute plus sec que d’ordinaire.

Puis on a débarqué sur la route et il ne nous restait plus qu’un quart d’heure de marche. Mais les observations n’étaient pas pour autant terminées! On a vu deux coucous, un tarier pâtre, des corneilles mantelées, des chardonnerets…

Et on a aussi vu nos premières digitales en fleur de la saison! 🙂

On retrouve finalement la voiture… et les midges, qui nous avaient plutôt épargnés durant ces vacances (en même temps, vu le vent…)!

On a roulé jusqu’à Craighouse pour manger un petit cake (héhé) et boire un café au Antlers Bistro, puis on est allés poser la tente au camping du Jura Hotel (désormais vide, les participants de la Jura Fell Race ayant déjà quitté l’île).

C’était ensuite l’heure d’aller explorer un peu le reste de l’île en empruntant sa seule et unique route, qu’on a suivie jusqu’au bout, à Inverlussa.

Le petit hameau est connu pour sa roulotte “Tea on the beach”, qui marche à la confiance et l’honnêteté.

On admire la vue (les cerfs, les cygnes) mais on ne s’attarde pas car il fait bien frais, malgré le soleil.

On reprend la route dans l’autre sens. Cerfs, baies, forêts, loch Tarbert, lumière changeante sur les collines et la mer… La route est vraiment splendide, mais un peu “gratte-châssis” (on est habitués aux routes “lave-châssis” en Ecosse et en Irlande, avec les herbes hautes poussant au milieu de la chaussée, mais là c’était le niveau supérieur ^^).

De retour à Craighouse, on se pose au pub du Jura Hotel pour boire et manger. On a passé la soirée à admirer la vue sur la baie — et, dans mon cas, à écrire dans mon carnet de voyage.

Le soir, juste avant de se doucher, on procède à l’habituel “tick check”. Horreur, j’en trouve huit sur mon corps! Ce sont les plus petites tiques que j’aie jamais vues. Ayant porté des pantalons de pluie et guêtres toute la journée, je soupçonne qu’elles aient “hitched a ride” quand je faisais pipi, les sagouines! Hop, on sort la pince à tiques et on me débarrasse des petits monstres. Dehors, les Paps of Jura sont bordés de superbes nuages rose-rouge. On admire le coucher du soleil, puis dodo!

Le lendemain, la petite baie devant la tente est absolument magnifique, avec une eau calme reflétant les nuages. On va prendre notre petit-déjeuner au Antlers Bistro. Heureusement qu’on ne s’était pas pressés, car le café n’ouvre qu’à 9h. Mais l’attente en vaut la peine: on s’est partagé un délicieux Full Scottish Breakfast avec la totale: bacon, Lorne & Link sausages, oeuf au plat, haricots, tomate, haggis, black pudding, tattie scone, hash browns et toasts! C’était super bon, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on était bien contents de n’avoir pris qu’un plat pour deux. ^^’

Une fois bien repus, on a plié la tente et on s’est lancés dans les aventures du jour. On est d’abord passés voir le cimetière de Keils, qui accueille un beau florilège de tombes anciennes et plus récentes, le tout au bord d’une rivière bucolique.

Ensuite, on a roulé jusqu’à la plage de Corran Sands, une belle étendue de sable.

Les motifs laissés par l’eau dans le sable sont superbes, comme des vaguelettes sculptées. Il y a aussi plein de petits tas de spaghetti laissés par des vers. On enfile nos maillots, et les nuages sombres s’approchent. Qu’importe, c’est l’heure de la baignade! L’eau est froide et il m’aura fallu pas mal de temps pour m’immerger entièrement, mais après c’était génial, comme chaque plouf.

En sortant de l’eau, la bruine s’est rapidement transformée en véritable pluie, et on s’est réfugiés dans la voiture juste à temps pour échapper au déluge. On a roulé jusqu’à Feolin et chopé le ferry de 12h15 pour Port Askaig. A ce moment-là, Jura baignait à nouveau dans le soleil. C’est si magique, ces constants changements de lumière!

Et voilà, juste comme ça, on était de retour sur Islay, après 2 jours et demi magnifiques à explorer Jura! 🙂

Je vous laisse avec ce petit film de 10 minutes, édité tant bien que mal avec les vidéos de la GoPro. ^^

On se retrouve tout bientôt pour la suite de cette rétrospective! 😉

Bye!

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