Scottish Diagonal #32 Mountains of Beauty

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective écossaise 2025, avec le récit d’une journée particulièrement belle dont on se souviendra longtemps. ♥

On avait mis le réveil à 5h30 (gasp!) car on savait que ça allait être une grosse journée. Mais, nous connaissant, on a bien sûr mis plus de temps à émerger de nos sacs de couchage tout douillets. ^^

On était quand même prêts plus tôt que d’habitude: à 7h45, porridge englouti, on commence à marcher.

On sent déjà que la météo du jour va être bien changeante, mais pour l’instant on est au sec, avec même quelques rayons de soleil intermittents.

Par instants, les nuages découvrent même les sommets de Liathach et Beinn Eighe, wahou!

Le paysage est dingue, avec ces montagnes impressionnantes et ces gros rochers.

La pluie débarque, et les couleurs de la bien nommée Coire Dubh Mòr (“the Great Black Corrie”) font penser au Mordor.

Miraculeusement, la pluie ne s’attarde pas (même si on l’a revue plusieurs fois dans la journée, mais pas aussi forte et pendant pas trop longtemps, quelle chance!) et le vent chasse une partie des nuages, dévoilant un panorama incroyable en direction de Shieldaig et Flowerdale Forests.

Il n’y a toutefois pas d’arbre en vue: le terme “Forest”, rencontré dans plein de toponymes écossais (Shieldaig Forest, Fisherfield Forest, etc.), désignerait historiquement une zone réservée à la chasse (aux cerfs, principalement) et viendrait de l’usage médiéval du mot latin “foris” signifiant “dehors, ouvert” (merci à cet article Wikipédia d’avoir mis fin à notre perplexité).

On s’émerveille devant ce magnifique paysage, ces montagnes d’un autre temps, entourées de plein de petits lochs, avec les ombres des nuages dansant sur le flanc des massifs. Wahou, juste wahou.

Le nom d’une des montagnes du coin, Beinn Alligin, signifie d’ailleurs “Mountain of Beauty” ou “Jewelled mountain”. Et franchement, toutes les montagnes de Torridon mériteraient ce nom, tant le coin est sublime.

Le soir, j’ai envoyé une photo de ce paysage à une amie, qui m’a demandé si on était dans le Rohan, huhu. Comme quoi, on n’est pas les seuls à trouver des airs tolkienesques à ces endroits! 😉

Vers 11h, on atteint Loch Coire Mhic Fhearchair, lové dans un cirque rocheux qui en jette. Nous sommes dans le massif montagneux de Beinn Eighe, qui donne son nom à la Beinn Eighe National Nature Reserve dans laquelle nous nous trouvons.

Après avoir traversé la rivière (qui a d’ailleurs de jolies petites cascades), on attaque une section décrite comme “very rough and trackless”. D’après notre guidebook, cette étape est une des plus challenging de tout le trail, à cause du terrain difficile.

Et effectivement, surtout au début de la section sans sentier, c’est assez rude: un mix de rochers et bruyères avec des trous partout, dans une pente bien raide. Pas mal de témoignages en ligne mentionnent des chevilles tordues et des bâtons cassés dans cette section, et ce n’est pas difficile à imaginer. On avance donc prudemment et on progresse lentement (ce qui était attendu, vu le terrain et l’absence de chemin), mais wahou, qu’est-ce que c’est spectaculaire!

Sur les conseils du guide, on contourne les flancs de Ruadh-Stac Mòr en essayant de rester aux alentours de 400 m d’altitude (“Try to avoid dropping too low at all costs as it will take you into some horrible, rough, boggy ground” – warning de Iain Harper dans le guide ^^).

Après une autre traversée de rivière, on descend longer Allt Toll a’ Giubhais dans sa plaine alluviale bien boggy.

On s’extasie devant de belles étendues de linaigrette et des mares de sphaigne aux couleurs vives, de vert fluo à rouge vermeil. Les grenouilles sont en vadrouille!

On traverse la rivière et on retrouve enfin un sentier — parfois trop caillouteux et moins confortable que la tourbe pour les pieds. ^^’

Le paysage est désormais lunaire, parsemé de cailloux blancs. On croise quelques “moths” immenses, beiges et à l’allure de papier froissé volant. On passe un col et découvre d’autres vues splendides, notamment sur les montagnes de Fisherfield. Une montagne, Beinn a’ Mhùinidh, est particulièrement belle, avec une splendide cascade — Fun Fact: je viens de la googler pour vérifier son nom, et l’Aperçu IA m’informe que la montagne est “connue pour son nom qui se traduit par « Montagne de la pisse » en raison d’une cascade spectaculaire sur sa face ouest”, hahahaha. ^^’

On était un peu stressés car on ne savait pas si on allait pouvoir camper à Kinlochewe (on n’avait pas de réponse du Caravan Club malgré nos nombreux appels depuis la veille, et on savait qu’il n’y avait que 3-4 emplacements réservés aux tentes, et que tous les autres hébergements étaient complets), et si on ne pouvait pas dormir là, il fallait qu’on arrive au village avant 17h pour pouvoir se ravitailler un peu à l’épicerie locale avant de continuer pour aller bivouaquer plus loin. Il ne nous restait que 3.5 km avant Kinlochewe, mais il était déjà 15h45 et je commençais à avoir mal à la cheville et au genou droits en essayant de me dépêcher, arf. José, ce héros, est donc parti devant en trottinant pour arriver au shop avant la fermeture pendant que je suivais derrière à mon rythme.

Le sentier nous a fait passer par une forêt assez jeune appartenant à la Beinn Eighe NNR et que je me rappelle avoir photographiée lors de notre road trip en 2016. C’était si chouette de revoir ce lieu, et de constater que la forêt avait déjà bien poussé en presque 10 ans!

Tout est bien qui finit bien: José a pu passer au shop, bien approvisionné, et il reste de la place au camping! On est vraiment crevés, mais nos yeux sont remplis de paillettes par la beauté des paysages traversés. On plante la tente et on file direct au Old Hall Café pour de délicieuses pizzas, du vin rouge et un warm chocolate brownie avec glace, oh yum! On y croise Alex et Carmen, les Australiens, qui avaient réussi à réserver la dernière chambre dispo à l’hôtel. Le bon repas nous fait un bien fou, mais José tombe particulièrement de fatigue après son “jogging” et me laisse même finir le brownie car il est “trop fatigué pour manger” — un concept dont nous avait parlé Alex mais dont on n’avait pas encore fait l’expérience, nous les estomacs sur pattes! ^^

On arrive à réserver un hôtel pour notre jour de repos à Ullapool, dans deux jours (yihaa, car la dernière fois qu’on avait regardé, il n’y avait rien de dispo!), puis on rentre au camping sous une pluie fine, éreintés et prêts pour une bonne nuit de sommeil. Sur le papier, ce n’était peut-être pas une si grosse journée (“seulement” 20 km), mais l’absence de sentier et le terrain demandaient clairement un effort supplémentaire — et on a adoré! Et avoir autant aimé cette section réputée difficile nous a mis en confiance pour la suite du trek, on se sentait bien en forme et motivés!

Et voilà, c’est la fin du récit de cette merveilleuse journée autour de Beinn Eighe. Mes photos ne rendent vraiment pas justice à l’incroyable beauté de cette région. J’ai hâte d’y retourner un jour pour explorer d’autres coins (et faire du kayak sur Loch Maree!). Allez, je vous laisse avec le “Relive” de cette journée, et je vous dis à bientôt pour la suite de la rétrospective! 😉

[Distance Jour 35: 20 km et 799 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 627 km]

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