Scottish Diagonal #42 La fin?

Bonjour!
Aujourd’hui, je vous raconte la véritable fin de la Diagonale écossaise. Eh oui, techniquement, on avait déjà atteint notre destination dans l’article précédent… sauf que Cape Wrath, eh ben c’est pas mal paumé. Donc quand c’est fini, eh bien ce n’est pas tout à fait fini, car il faut encore rejoindre la civilisation d’une manière ou d’une autre. 😉

A Kearvaig Bothy

Notre nuit à Kearvaig Bothy a été plutôt courte, entre les fortes voix des bourrés jusque tard dans la nuit, puis les ronflements et, enfin, la lumière très matinale. Après 5h40, impossible de me rendormir. On s’est donc levés tôt, avant 6h30, on a embarqué tout ce qu’il nous fallait pour notre petit-déj’, et on est partis se promener.

On s’est baladés sur les falaises à l’est de la baie, en espérant voir des puffins de plus près. Au début, on a surtout vu des moutons, paissant dans les pentes herbeuses ultra raides.

Les vagues ce matin-là étaient impressionnantes, bien plus hautes et fracassantes que la veille.

On voyait plein d’oiseaux en vol, surtout des fulmars et des kittiwakes. On a aussi observé un razorbill sur un rocher ainsi que des puffins et guillemots sur des stacks et dans l’eau, mais pas de très près (de carrément loin, même ^^).

C’était tout de même une très chouette balade, avec de splendides falaises et plein d’armérie maritime.

On a mangé sur des rochers (des sortes de rochers “pancakes”, comme empilés et bien plats, très pratiques pour s’asseoir ^^) avec vue sur Cape Wrath et le phare, c’était super. Comme d’habitude, notre menu était composé de porridge avec des pommes, et un chocolat chaud.

On a encore marché un peu après notre petit-déjeûner, pour explorer un peu plus la côte. On a vu d’impressionnantes colonies de guillemots et razorbills en contrebas, et deux skuas — ces “pirates des mers”, connus pour chiper le butin des autres oiseaux.

Puis on a gentiment fait demi-tour pour retourner au bothy. Pas très rapidement, car j’ai pris plein, plein de photos et je n’étais pas pressée de quitter ce lieu enchanteur.

Hop, encore quelques photos — j’ai clairement plus de photos que de trucs à raconter, haha. Pour ma défense, ce bout de côte est vraiment beau! Des falaises, des murs de pierre sèche, des oiseaux, des fleurs… Je ne pouvais pas résister! 😉

On a revu des puffins au pied des falaises, sur leur rocher, puis on a croisé un pigeon, ça faisait longtemps! Et un pigeon dans un tel cadre paradisiaque (oui, oui, carrément!), ça faisait encore plus longtemps!

De retour au bothy, on plie bagage et on reprend notre marche sur le track, après un dernier regard pour admirer la plage.

Il nous fallait rallier le petit ferry de Keoldale, situé à environ 12 km de Kearvaig. On espérait pouvoir choper le minibus en cours de route, mais il était plein (ce qu’on avait anticipé, heureusement, car sinon on aurait peut-être attendu pour rien!)

Personnellement, ça ne me dérangeait pas de marcher quelques kilomètres de plus (surtout que le trajet en minibus est réputé très désagréable, vu l’état du track rempli de trous), mais José avait un peu mal aux muscles. :/ Ça aura même été le passage le plus douloureux du trek pour lui, étonnamment.

Heureusement, on a fait de très chouettes observations qui ont rendu la marche vraiment mémorable. Les montagnes au loin, les étendues de bog cotton, les chants d’oiseaux à foison… rien que ça, c’était génial. Puis, clou de la journée, une belle surprise pour boucler ce dernier jour de trek: on a vu une loutre!! 😀

Elle a traversé le track devant nous et, quand elle nous a remarqués, elle a filé dans la tourbière pour rejoindre un loch. On était hyper contents, ça faisait depuis 2019 (et notre voyage à Shetland, royaume des loutres) qu’on n’en avait pas vu!

Arrivés au bord du Kyle of Durness, les vues étaient incroyables, avec une belle eau turquoise.

Des phoques se prélassaient sur un banc de sable entouré d’eau, des beaux arbres bordaient la côte… bref, c’était magique, et j’ai de nouveau pris plein de photos, héhé.

Non mais regardez ces couleurs…! ♥

Il faisait chaud et venteux, surtout le matin, et c’était assez fatigant (le vent était de face, bien sûr ^^), donc on était bien contents d’arriver à la jetée… où il n’y avait aucune info pour le ferry. Heureusement, on avait le numéro de téléphone (et du réseau!). Malheureusement, personne ne répondait. Pourtant, sur le site internet, le ferry est censé être “à la demande” durant cette période, sans horaire précis ni besoin de réserver à l’avance. José essayait d’appeler toutes les cinq minutes, en vain.

On a donc fini par poireauter deux heures sur la jetée, à somnoler et observer les oiseaux du coin (un guillemot à miroir et un huîtrier-pie), jusqu’à ce que le “ferry” daigne venir pour l’arrivée du minibus de l’aprèm. On embarque, et cinq minutes plus tard nous voici de l’autre côté du Kyle, mais l’autre employé du ferry est complètement à l’ouest et ne parvient pas à amarrer le bateau. Vu l’organisation pourrie, on aurait dit que c’était leur premier jour d’opération. Finalement, c’est José qui lui a lancé la corde pour qu’on puisse accoster, sinon on y serait encore. Bref, on ne recommande pas ce service de ferry, mais il n’y a pas vraiment d’alternative pour traverser le Kyle, à part la nage — au moins on n’aura rien payé, le mec ne nous a rien demandé. ^^’

On trouve sans souci des passagers qui veulent bien nous ramener à Durness en voiture, yay! Il s’agit d’un couple de “sheep farmers” des Yorkshire Dales, très sympas. Ils nous ont posés devant le SPAR de Durness puis on a marché deux minutes jusqu’au camping de Sango Sands, à l’accueil ultra chaleureux!

On plante la tente vers un petit étang (héhé) et on est rapidement rejoints par Alex et Carmen (les Australiens) et John et Joey (les Corniques), qui terminent aussi leur épopée ce jour-là. Une belle équipe de CWTers! 🙂

Après une bonne douche et une lessive, on va tous au pub à côté du camping, où on a passé une super soirée à boire, manger, rire et discuter de tout et rien! 🙂 Et on a même vu un aigle royal depuis la fenêtre du pub! 😀

Alex nous a initiés au challenge “Splitting the G”, qui consiste à commencer sa pinte de Guiness en buvant pile poil jusqu’au milieu du “G” de Guinness écrit sur le verre. ^^’ Pas facile, haha, et un bon moyen pour vite se sentir tipsy!

On se sentait si heureux, entourés de belles personnes après un beau challenge commun! On commençait aussi à se rendre compte que la Diagonale écossaise était vraiment terminée… mais pas nos aventures écossaises de l’année! 😉 Donc à bientôt pour la suite de la rétrospective!

[Distance Jour 46: 12.1 km et 232 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 851.6 km]

Scottish Diagonal #41 Turning Point

Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce 41e article de rétrospective de la Diagonale écossaise!

Et ce n’est pas n’importe quel article, car aujourd’hui je vais vous relater notre 45e jour de trek, celui qui nous a fait arriver à Cape Wrath! 😀

La journée a commencé plutôt tranquillement car on ne voulait pas émerger de notre cocon, la pluie et les midges ayant annulé notre plan de manger notre porridge en admirant la vue sur Sandwood Bay. On a donc pris notre petit-dèj’ bien cosy dans la tente, avant de finalement plier bagage.

Malgré la météo un peu maussade, Sandwood Bay nous a offert une claque visuelle: quel lieu grandiose! (Les notes dans mon carnet précisent carrément “best poop view ever!” ^^’)

Bref, on attaque les 12 km qui nous séparent de Cape Wrath, le tout sans sentier, à travers la tourbière. On prend l’option côtière, plus difficile (car avec plus de dénivelé) mais bien plus motivante, avec des vues régulières sur les falaises et le phare au loin.

On a plutôt bien géré l’orientation, arrivant pile sur une des rares “stiles” pour passer la barrière de la zone militaire. Quelques jours avant, on avait envoyé un message au “range officer” pour bien confirmer que la zone était traversable — l’armée faisant régulièrement des exercices de bombardement dans le coin.

On monte et descend des pentes bien raides, on traverse quelques rivières et burns, et on fait “splotch” dans le bog. 🙂 Les roches des falaises ont de belles teintes rouge-rose. Il fait chaud malgré la pluie fine, et on transpire dans nos K-ways.

On est accompagnés de pluviers dorés, ils sont partout! On croise aussi des moutons et des traquets motteux. Mais à part ça, on se sent seuls au monde. On sautille au milieu des étendues de linaigrette et on chante à tue-tête le thème d’Indiana Jones, ainsi que “Country Roads”, “The Wedding Samba” et “L’histoire de la vie”. On se sent si libres et heureux!

On a quelques petits beugs d’orientation (il n’y a pas de tracé officiel, mais quand même des itinéraires mieux que d’autres pour éviter le plus boggy du bog ainsi qu’un mini canyon) mais on finit par arriver sur le track qui relie Cape Wrath au ferry de Keodale. On se fait dépasser par le minibus qui amène des visiteurs au phare puis on se fait rattraper par un Allemand qui a marché depuis le ferry et nous accompagne pour le dernier kilomètre.

En un rien de temps, nous voici à Cape Wrath, face au fameux phare qui marque la fin “officielle” de notre périple, la destination quasi mythique de notre trek.

On se pose à l’Ozone Café pour un sandwich et thé froid (le menu est très basique, car l’approvisionnement dans le coin n’est pas facile ^^) et on y retrouve John et Joey (père et fils très sympathiques venant de Cornwall), partis de Sandwood Bay à 6h du matin et qui ont prévu de dormir dans le dortoir de Cape Wrath, situé dans l’ancienne salle des machines du phare (tout comme le café, d’ailleurs).

On discute un moment tous ensemble, c’est chouette. On achète aussi une carte postale du phare, sur laquelle le proprio du café appose le tampon du lieu (on l’a ensuite envoyée à nous-mêmes depuis Durness, et elle trône désormais sur notre frigo ^^), et on écrit un message dans le livre d’or, principalement rempli de mots émouvants laissés par les randonneurs du Cape Wrath Trail et du Scottish National Trail.

Puis on sort explorer les environs du phare, construit en 1828 (par un Stevenson, of course).

On ne réalise pas trop qu’on a atteint notre destination. Quel bel accomplissement personnel, quand même, d’avoir atteint le point le plus au nord-ouest du mainland écossais, après 831 km à pied! ♥

On aimerait prendre quelques photos goofy tout seuls pour marquer le coup, mais l’Allemand rencontré en arrivant (bien que sympathique) est un peu (beaucoup) pot de colle et on a de la peine à lui faire comprendre qu’on aimerait bien un moment juste tous les deux. Il continuait sa rando jusqu’à Sandwood Bay et proposait de nous attendre pour remarcher 1 km ensemble sur le track, mais on n’avait pas spécialement envie car on souhaitait plus de temps tranquille, juste José et moi, pour marquer notre arrivée et prendre la mesure de notre épopée quasi achevée. Diverses voies plus ou moins subtiles ayant complètement échoué, on a dû être bien plus directs (en mode plus allemand, quoi ^^) et il a fini par comprendre et nous laisser seuls.

On a ensuite pu s’en donner à coeur joie: câlins, danse, jumping shots ratés… On a ri aux éclats et dégusté des Chocolate Digestives bien mérités, héhé.

Puis on renfile les sacs et on reprend le track pour marcher les quelque 8 km nous séparant de Kearvaig bothy, au sud-est de Cape Wrath.

On croise quelques moutons et cerfs et on admire la côte, parsemée d’impressionnants sea stacks.

C’est un peu laborieux car José sent soudainement son talon, mais quelle sacrée récompense en atteignant Kearvaig! La petite baie est magnifique, avec sa plage de sable blanc bordée de falaises et son eau turquoise.

De la fumée s’échappe d’une cheminée, donc on sait déjà qu’on aura de la compagnie au bothy. Un groupe (très accueillant) de facteurs du Fife est là en vacances et on rencontre aussi un couple de Français en pré-retraite qui font un méga voyage à vélo et ont planté leur tente à côté du bothy. Ce dernier est spacieux, donc on trouve sans problème une pièce où installer nos affaires pour la nuit. Un peu plus tard, quatre autres hommes (dont trois jeunes) ont débarqué, avec des cabas remplis d’alcool — vu qu’il y a l’option de prendre le minibus pour être déposé pas loin, ça a l’air d’être un bothy populaire. Deux heures plus tard, l’un des jeunes était déjà à deux doigts du coma éthylique et a dû être littéralement porté par ses potes pour retourner au bothy. Bref, une autre ambiance que notre état d’esprit du moment, mais ça ne nous a pas empêchés de passer une belle soirée tranquille. ^^

A peine arrivés, vers 18h30, on part se poser sur la splendide plage et on s’octroie une baignade rafraîchissante, héhé. C’était notre premier plouf depuis Cona Glen (lors de notre premier jour sur le CWT), ça datait! Je me sentais comme une selkie dans l’eau turquoise — et d’ailleurs, on a vu des phoques! ♥

Je vais chercher de l’eau douce à la rivière, puis on s’installe dans le sable pour manger un bon Chicken Tikka, accompagné des Thistly Cross Ciders achetés à Kinlochbervie. On avait oublié le couteau suisse pour décapsuler les bouteilles, donc j’ai fait un petit sprint jusqu’au bothy pour le récupérer, pieds nus, gambadant comme une chèvre sauvage dans les dunes couvertes de Marram grass (ammophile) — ramassant quelques tiques au passage, arf. Je débordais vraiment d’énergie! ^^

Cet endroit est magique. On s’émerveille devant des nuées de macareux qui volent autour des falaises. Ce sont les premiers puffins qu’on voit durant ce voyage, quelle belle surprise pour clore notre Diagonale écossaise!

Alors qu’on savoure nos cidres, une tête sort de l’eau juste devant nous: un phoque, enfin! Là aussi, c’est le premier de ce voyage. Il est curieux et nous observe vraiment pas loin de la plage, plongeant de temps à autre pour refaire surface juste à côté, avant de finalement s’éloigner.

Les bikepackers français nous rejoignent sur la plage pour discuter un moment, puis on reste seuls à admirer le coucher du soleil.

La lumière est très changeante, le soleil joue à cache-cache avec les nuages qui dansent dans le ciel.

Je prends plein de photos et je relate la journée dans mon carnet, face au coucher de soleil. ♥

Voici quelques passages de mes notes de ce jour-là (dont un rare bout écrit en anglais), imprégnées par mon effervescence émotionnelle en cette fin de trek:

Une journée commencée sous la pluie qui se termine par un plongeon dans l’Atlantique et un coucher de soleil, avec des puffins et phoques dans le coin — on n’aurait pu rêver mieux. Cape Wrath tient son nom du mot Norse pour “Turning Point” (car c’est là que les bateaux norvégiens tournaient vers l’est direction chez eux), et il marque aussi un tournant pour nous, la fin de ce trek dont on a rêvé durant tant de mois.

What a wonderful journey. I’m feeling so complete, happy, peaceful and grateful. Grateful to our feet and all our body for carrying us (and our packs!) every day, every step of the way. Grateful to those I love and that I carried with me on the way, in my heart. How simple life can be. How fragile, how precious. I’ll always cherish the freedom we found on the trail. Free to laugh, scream, sing at the top of our voices, jumping, dancing! Grateful to have the time to slow down and walk at our own pace, our own way. Thank you, Scotland, we love you more than ever. ♥

Un chemin de lumière se dessine sur l’eau, c’est si beau. Puis le soleil disparaît gentiment derrière un mur de nuages à l’horizon. On va prendre de l’eau à la rivière et on se lave les dents en admirant les dernières lueurs rose-rouge dans le ciel.

De retour au bothy, un des facteurs nous tape la causette, on se réchauffe rapidement devant leur feu de cheminée, puis on monte dans “notre” pièce pour un tick check minutieux (j’en avais chopé quatre, minuscules, lors de ma course dans les dunes) avant de dormir.

Et voilà, c’est une journée qui restera longtemps gravée dans nos mémoires! La Diagonale était pour ainsi dire terminée, mais pas notre voyage, donc la rétrospective écossaise 2025 se poursuivra encore les prochaines semaines. 😉

Je vous laisse avec les ultimes mots écrits dans le carnet ce soir-là: “On est si reconnaissants pour cette aventure à deux, ensemble, à s’entraider, s’aimer, se soutenir — toujours plus amoureux. Tant de mots et pensées m’ont passé par la tête durant ce trek, mais les paroles de Skipinnish résument tout: “Feel the Wonder of the World, you are Alive”. Ce trek est fini mais l’aventure, elle, continue. L’aventure, c’est toute la vie. ♥”

[Distance Jour 45: 20.8 km et 602 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 839.5 km]

Scottish Diagonal #40 Un parfum de fin

Bonjour tout le monde!
On approche gentiment de la fin de la rétrospective de la Diagonale écossaise, avec le récit d’une incroyable journée riche en émotions. Je vous préviens déjà, il y a beaucoup de photos donc ça risque d’être un article plutôt long. ^^’

Durant la nuit, j’ai pas mal été réveillée par le bruit de la pluie, mais le matin au réveil, il faisait sec, yihaa!

L’ambiance était si paisible au bord de ce loch, avec le glouglou de la rivière et les gazouillis des oiseaux.

On plie bagages et on marche les 3 km jusqu’à Rhiconich, sur un sentier au bord du loch puis le long de la rivière Rhiconich. C’est bien tourbeux mais beau. Je suis d’humeur pensive, je réfléchis à ce voyage incroyable qu’on vit et je me sens submergée par l’émotion. Je pleure de joie et de gratitude en marchant, je me sens si comblée, si vivante, si aimée. Je pense à tous ceux que j’aime, et à la fragilité de la vie.

Puis on atteint Rhiconich et la route. C’est le retour choc à la civilisation, il y a des voitures européennes et des camping-cars partout (il faut dire qu’on est sur la NC500). Et le soleil brille, ça faisait longtemps! On fait le plein d’eau aux toilettes publiques (très bien tenues, merci aux locaux!) et on enlève les pantalons de pluie, guêtres et même le K-way. Ça sent l’été. 🙂

On marche 7 km sur la route jusqu’à Kinlochbervie. Pas des plus agréables, mais les conducteurs sont respectueux et les vues sur la côte sont belles. On a fait un mini stop aux fameux “London Stores”, un mini magasin où on se ravitaille en Chocolate Digestives. On achète aussi deux “Reese’s cups” qu’on dévore tout de suite pour nous filer un coup de boost pour les derniers kilomètres.

Arrivés à Kinlochbervie, on se pose au café “Worth A Look” pour un bon cullen skink, burger, brownie, “elderflower pressé” (une boisson au sureau)… bref, la totale! On profite aussi du wifi et du réseau pour réserver des trucs importants pour la suite (bus pour Inverness, hôtel, train…). Puis, on passe au SPAR pour acheter du cidre pour notre dernière soirée du trek (on a même trouvé du Thistly Cross Cider), le lendemain. En sortant, on tombe sur Alex et Carmen (les Australiens), une bonne surprise! 🙂

On discute joyeusement un petit moment avant de reprendre la marche (eux passent la nuit dans un B&B de Kinlochbervie). Alex nous raconte qu’ils reconnaissaient nos empreintes de chaussures dans la boue et qu’ils savaient donc qu’on était devant, haha. Nous aussi on essayait souvent de deviner à qui appartenaient les traces de pas sur notre chemin, huhu. ^^

On a encore pas mal de road walking, mais la route est très peu fréquentée et les vues sont belles: la mer scintille au soleil, on voit même Handa Island. On croise des moutons, vaches, poneys, poules, hirondelles… et plein de véhicules français et allemands! ^^

Enfin, on atteint le sentier pour Sandwood Bay, sur lequel on croise plein de gens qui reviennent de la plage, tout sourire — ça faisait un bail qu’on n’avait pas vu autant de monde!

Il fait chaud, la lumière est belle et sublime les lochs et montagnes surmontés de nuages. On approche, l’anticipation est à son comble. Au loin, on aperçoit le phare de Cape Wrath, notre destination, wahou!

Soudain, on atteint les dunes. Un couple qui revient de la plage propose de nous prendre en photo. 🙂

Nous voici à Sandwood Bay, avec sa magnifique plage et son impressionnant sea stack, Am Buachaille.

On a le souffle coupé. Plus de 800 km à pied pour atteindre cette plage de bout du monde, si large (et pourtant ce n’est pas marée basse!), si belle.

En plus, il fait beau. Quelle chance on a d’être là!

On retrouve Kai, l’Allemand de Glendhu, qui est tout content d’avoir rattrapé John et Joey, un père et son fils venant de Cornwall. Il nous invite à un bonfire pour plus tard, sympa.

On longe la plage un moment, on prend le temps de s’imprégner du lieu. On ressent une telle euphorie, joie, liesse, allégresse (tous des synonymes pour elation, qui est le mot que j’avais en tête ^^)!

On traverse une rivière et rejoint les falaises, où on trouve un coin épique pour planter la tente, avec une vue incroyable sur la baie.

On s’installe puis on prend de quoi faire à manger avant de rejoindre les autres. On redescend la falaise, retraverse la rivière et remarche vers le début de la plage, où on retrouve Kai, John et Joey.

En chemin, je m’arrête tous les trois mètres pour prendre une photo, car c’est vraiment trop beau.

Rien qu’en regardant ces images, j’ai un méga sourire qui m’étire tout le visage, je ressens le bonheur de ce voyage. ♥

Une fois sur la plage, on se retourne pour voir où on a mis la tente. Elle se camoufle vachement bien, haha.

On enlève nos chaussures et on marche pieds nus dans le sable frais.

Les “day trippers” ont déserté les lieux, on a désormais la plage pour nous tout seuls, quel luxe!

On mange (vegan mushroom risotto, pas mal du tout!) en compagnie des autres, puis Kai et John allument un petit feu avec du driftwood qu’ils ont ramassé durant l’après-midi (et du charbon qu’on a trouvé abandonné vers notre campement). Le feu est hypnotisant, c’est magique.

On passe une très bonne soirée à discuter et échanger des anecdotes de trail, le temps file. On arrive au bout du bois, le feu meurt. Les nuages bouchent le coucher du soleil et il y en a même un qui menace de nous pleuvoir dessus, donc on se disperse après s’être souhaité une bonne nuit et une bonne fin de trek.

Finalement, la pluie nous évite, et le ciel se teinte même faiblement de rose-rouge. On voit même le phare de Cape Wrath en action, yeah! Quel bonheur. ♥

On remonte à pieds nus jusqu’à la tente. Pour une fois, on a tenu debout jusqu’au coucher du soleil (à 22h30), donc on finit la soirée à la lampe frontale, ça faisait longtemps!

Nous voici à la fin de cet article, je me réjouis de vous retrouver bientôt pour vous raconter l’arrivée à Cape Wrath! En attendant, je vous laisse avec les derniers mots écrits dans le carnet ce jour-là:

Quel magnifique lieu, Sandwood Bay. ♥ C’est l’heure de la dernière nuit avant Cape Wrath, bercés par le bruit (ou le fracas ^^) des vagues en contrebas. On n’en revient pas d’être arrivés jusqu’ici, et si “facilement”, plus rapidement que prévu, même. Quelle aventure, un beau rêve réalisé. ♥

[Distance Jour 44: 25 km et 424 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 818.7 km]

Scottish Diagonal #39 Ever closer

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective, avec une sacrément belle journée de loch(an)s: on en a vu plein partout!

On a super bien dormi à Glendhu bothy. Kai l’Allemand est parti à 4h30 du mat’ (car il voulait essayer d’atteindre Sandwood Bay dans la journée), mais il a été hyper discret en se levant. 🙂

De notre côté, on a mangé notre porridge et on est partis tranquillement vers 8h45.

En remontant Loch Glendhu, on aperçoit un “bateau-chantier” (avec une petite grue et des matériaux de construction) qui vogue en direction de Glencoul, probablement pour les travaux du bothy et de la maison attenante.

On aperçoit aussi des élevages de moules (on suppose) et on revoit le pont de Kylesku de plus près.

Arrivés sur une colline en face de Kylesku, on a du réseau donc on regarde s’il y a une chambre de libre à l’hôtel de Rhiconich pour le lendemain soir. Ce n’est pas le cas, donc on décide de changer un peu nos plans: au lieu de juste faire une journée courte jusqu’au Loch Stack, on décide de pousser le plus possible pour ensuite atteindre Sandwood Bay le lendemain (plutôt que de dormir pas loin de la route vers Rhiconich). C’était une très bonne décision, et on a eu un super rythme toute la journée.

On est d’abord montés sur un track jusqu’à Bealach nam Fiann, avec de splendides vues sur les montagnes alentour et Loch an Leathiad Bhuain.

Comme souvent, on s’est émerveillés devant les roches, qui avaient ici de belles teintes roses.

Arrivés au col, on quitte le track et on attaque l’ascension de Ben Dreavie.

Le paysage est un patchwork de petits lochans parsemant la tourbière.

On observe (et entend!) un pluvier doré bien vocal, huhu. Ces oiseaux sont vraiment bien camouflés quand ils ne bougent pas, par contre ils ne sont pas très discrets avec leur chant. ^^

Un pluvier doré

Au sommet de Ben Dreavie, les vues sur la côte sont grandioses. On voit notamment Eddrachillis Bay, entre le Point of Stoer et Handa Island, un coin qu’on a visité en 2016.

Malheureusement, la pluie arrive et la visibilité baisse. J’ai tellement envie de revenir ici un jour de beau temps, car le panorama doit être vraiment incroyable quand c’est dégagé, avec des vues sur les Hébrides extérieures.

Après Ben Dreavie, on a une belle section pathless à travers la tourbière ponctuée de plans d’eau.

En retrouvant ensuite un track, on croise un randonneur-pêcheur: quelqu’un qui marche avec sa canne à pêche. On en a déjà croisé plusieurs la veille, ça a l’air d’être l’activité du coin.

On descend jusqu’au Lock Stack, où on aperçoit des plongeons (catmarins, probablement) et plein de cerfs près du lodge.

On emprunte un track qui nous fait passer de loch en loch. Il est déjà 16h30 et on progresse encore très bien.

Puis on quitte le track pour une section pathless bien ardue: c’est boggy, érodé, et ça longe Loch a’ Garbh-bhaid Mor en montant et descendant tout le temps. Notre progression est bien plus lente, mais on persévère.

On atteint enfin le loch suivant, Loch a’ Gharbh-bhaid Beag, et la rivière Garbh Allt, dont la traversée est réputée difficile (et même dangereuse selon le niveau d’eau). Par chance, la rivière est calme et basse: l’eau nous arrive à mi-mollet et on traverse sans aucun stress, yihaaa!

C’était un de ces obstacles (in)fameux qui font peur en lisant le guide (comme les Falls of Glomach ou le contour de Beinn Eighe) et qu’on a finalement conquis sans problème, dans de bonnes conditions, ouf! 🙂 Garbh Allt derrière nous, on sent que Cape Wrath est plus que jamais à notre portée!

Avec déjà 29 km dans les pattes, on plante la tente juste après la traversée de Garbh Allt (surtout qu’il n’y avait pas trop d’autres options dans le coin, c’était vachement tourbeux). Il est 19h et on a hâte de se poser, après une journée intense mais si belle (malgé la météo pluvieuse l’après-midi). On vide nos chaussures remplies d’eau tourbeuse, on gonfle le matelas et on mange un bon boeuf stroganoff avant de faire une pause câlins-papouilles. Alala, qu’est-ce qu’on se sent bien! ♥

A bientôt pour la suite de l’aventure…!

[Distance Jour 43: 29 km et 950 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 793.7 km]