Bonjour!
Aujourd’hui, je vous raconte la véritable fin de la Diagonale écossaise. Eh oui, techniquement, on avait déjà atteint notre destination dans l’article précédent… sauf que Cape Wrath, eh ben c’est pas mal paumé. Donc quand c’est fini, eh bien ce n’est pas tout à fait fini, car il faut encore rejoindre la civilisation d’une manière ou d’une autre. 😉
Notre nuit à Kearvaig Bothy a été plutôt courte, entre les fortes voix des bourrés jusque tard dans la nuit, puis les ronflements et, enfin, la lumière très matinale. Après 5h40, impossible de me rendormir. On s’est donc levés tôt, avant 6h30, on a embarqué tout ce qu’il nous fallait pour notre petit-déj’, et on est partis se promener.





On s’est baladés sur les falaises à l’est de la baie, en espérant voir des puffins de plus près. Au début, on a surtout vu des moutons, paissant dans les pentes herbeuses ultra raides.





Les vagues ce matin-là étaient impressionnantes, bien plus hautes et fracassantes que la veille.


On voyait plein d’oiseaux en vol, surtout des fulmars et des kittiwakes. On a aussi observé un razorbill sur un rocher ainsi que des puffins et guillemots sur des stacks et dans l’eau, mais pas de très près (de carrément loin, même ^^).







C’était tout de même une très chouette balade, avec de splendides falaises et plein d’armérie maritime.





On a mangé sur des rochers (des sortes de rochers “pancakes”, comme empilés et bien plats, très pratiques pour s’asseoir ^^) avec vue sur Cape Wrath et le phare, c’était super. Comme d’habitude, notre menu était composé de porridge avec des pommes, et un chocolat chaud.
On a encore marché un peu après notre petit-déjeûner, pour explorer un peu plus la côte. On a vu d’impressionnantes colonies de guillemots et razorbills en contrebas, et deux skuas — ces “pirates des mers”, connus pour chiper le butin des autres oiseaux.





Puis on a gentiment fait demi-tour pour retourner au bothy. Pas très rapidement, car j’ai pris plein, plein de photos et je n’étais pas pressée de quitter ce lieu enchanteur.







Hop, encore quelques photos — j’ai clairement plus de photos que de trucs à raconter, haha. Pour ma défense, ce bout de côte est vraiment beau! Des falaises, des murs de pierre sèche, des oiseaux, des fleurs… Je ne pouvais pas résister! 😉








On a revu des puffins au pied des falaises, sur leur rocher, puis on a croisé un pigeon, ça faisait longtemps! Et un pigeon dans un tel cadre paradisiaque (oui, oui, carrément!), ça faisait encore plus longtemps!







De retour au bothy, on plie bagage et on reprend notre marche sur le track, après un dernier regard pour admirer la plage.


Il nous fallait rallier le petit ferry de Keoldale, situé à environ 12 km de Kearvaig. On espérait pouvoir choper le minibus en cours de route, mais il était plein (ce qu’on avait anticipé, heureusement, car sinon on aurait peut-être attendu pour rien!)







Personnellement, ça ne me dérangeait pas de marcher quelques kilomètres de plus (surtout que le trajet en minibus est réputé très désagréable, vu l’état du track rempli de trous), mais José avait un peu mal aux muscles. :/ Ça aura même été le passage le plus douloureux du trek pour lui, étonnamment.


Heureusement, on a fait de très chouettes observations qui ont rendu la marche vraiment mémorable. Les montagnes au loin, les étendues de bog cotton, les chants d’oiseaux à foison… rien que ça, c’était génial. Puis, clou de la journée, une belle surprise pour boucler ce dernier jour de trek: on a vu une loutre!! 😀


Elle a traversé le track devant nous et, quand elle nous a remarqués, elle a filé dans la tourbière pour rejoindre un loch. On était hyper contents, ça faisait depuis 2019 (et notre voyage à Shetland, royaume des loutres) qu’on n’en avait pas vu!






Arrivés au bord du Kyle of Durness, les vues étaient incroyables, avec une belle eau turquoise.





Des phoques se prélassaient sur un banc de sable entouré d’eau, des beaux arbres bordaient la côte… bref, c’était magique, et j’ai de nouveau pris plein de photos, héhé.





Non mais regardez ces couleurs…! ♥





Il faisait chaud et venteux, surtout le matin, et c’était assez fatigant (le vent était de face, bien sûr ^^), donc on était bien contents d’arriver à la jetée… où il n’y avait aucune info pour le ferry. Heureusement, on avait le numéro de téléphone (et du réseau!). Malheureusement, personne ne répondait. Pourtant, sur le site internet, le ferry est censé être “à la demande” durant cette période, sans horaire précis ni besoin de réserver à l’avance. José essayait d’appeler toutes les cinq minutes, en vain.



On a donc fini par poireauter deux heures sur la jetée, à somnoler et observer les oiseaux du coin (un guillemot à miroir et un huîtrier-pie), jusqu’à ce que le “ferry” daigne venir pour l’arrivée du minibus de l’aprèm. On embarque, et cinq minutes plus tard nous voici de l’autre côté du Kyle, mais l’autre employé du ferry est complètement à l’ouest et ne parvient pas à amarrer le bateau. Vu l’organisation pourrie, on aurait dit que c’était leur premier jour d’opération. Finalement, c’est José qui lui a lancé la corde pour qu’on puisse accoster, sinon on y serait encore. Bref, on ne recommande pas ce service de ferry, mais il n’y a pas vraiment d’alternative pour traverser le Kyle, à part la nage — au moins on n’aura rien payé, le mec ne nous a rien demandé. ^^’


On trouve sans souci des passagers qui veulent bien nous ramener à Durness en voiture, yay! Il s’agit d’un couple de “sheep farmers” des Yorkshire Dales, très sympas. Ils nous ont posés devant le SPAR de Durness puis on a marché deux minutes jusqu’au camping de Sango Sands, à l’accueil ultra chaleureux!
On plante la tente vers un petit étang (héhé) et on est rapidement rejoints par Alex et Carmen (les Australiens) et John et Joey (les Corniques), qui terminent aussi leur épopée ce jour-là. Une belle équipe de CWTers! 🙂
Après une bonne douche et une lessive, on va tous au pub à côté du camping, où on a passé une super soirée à boire, manger, rire et discuter de tout et rien! 🙂 Et on a même vu un aigle royal depuis la fenêtre du pub! 😀
Alex nous a initiés au challenge “Splitting the G”, qui consiste à commencer sa pinte de Guiness en buvant pile poil jusqu’au milieu du “G” de Guinness écrit sur le verre. ^^’ Pas facile, haha, et un bon moyen pour vite se sentir tipsy!



On se sentait si heureux, entourés de belles personnes après un beau challenge commun! On commençait aussi à se rendre compte que la Diagonale écossaise était vraiment terminée… mais pas nos aventures écossaises de l’année! 😉 Donc à bientôt pour la suite de la rétrospective!
[Distance Jour 46: 12.1 km et 232 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 851.6 km]

