Scot22#16 Fèis Ìle Life

Bonjour tout le monde, c’est parti pour la suite de la rétrospective des vacances écossaises 2022!

Dès notre retour sur Islay (après deux merveilleuses journées sur Jura), nous avons roulé jusqu’à Laphroaig pour l’open day de la distillerie. En chemin, on a fait deux chouettes rencontres. Tout d’abord, deux lièvres sur la route, qui ont un peu galéré à quitter la chaussée et qu’on a donc bien eu le temps d’observer. J’ai même réussi à dégainer la GoPro à temps pour capturer la fin de la rencontre. 😉

Ensuite, on a vu un busard Saint-Martin mâle! On était vraiment super contents, car on n’avait pas réussi à en voir lors de la marche guidée du RSPB. J’ai aussi dégainé l’appareil photo et mitraillé une vingtaine de photos, toutes floues, haha. ^^

On arrive ensuite à Laphroaig, où on reçoit des cadeaux de bienvenue: une gourde, un bon pour un dram gratuit, et un petit verre de dégustation avec une lanière pour le trimballer autour du cou, haha!

L’ambiance était très sympa, avec plein de gens, plusieurs chiens trop choux, des stands d’artisanat et de nourriture, de la musique live… On a acheté du chocolat local au sel de mer, goûté les bières de la brasserie d’Islay et mangé des pizzas au feu de bois de la roulotte “Scozzese”. Et bien sûr, José a dégusté du whisky: le “Càirdeas”, un whisky conçu exprès pour Fèis Ìle.

Puis on a quitté Laphroaig et roulé jusqu’à Port Charlotte, où on a visité le Wildlife Centre. C’est un chouette espace assez interactif, particulièrement bien fait pour les enfants (et les grands enfants, voir photo ci-dessous), avec des jeux et plein de trucs à toucher: os d’animaux, exosquelettes de crustacés, nids d’oiseaux, cailloux de différentes roches… Il y avait aussi des aquariums avec des crabes, un homard, des étoiles de mer… Très sympa! On est partis uniquement car ça fermait, sinon on aurait pu rester encore un moment (il y avait aussi une vraie ruche, une bibliothèque bien fournie, des loupes binoculaires…).

Channeling my inner crab at the Wildlife Centre 😉

Après ce petit interlude éducatif, on retourne au camping de Port Mór planter la tente pour nos deux dernières nuits sur Islay.

On est ensuite descendus profiter du soleil à la petite crique du camping, avec une belle vue panoramique des Paps of Jura jusqu’au Mull of Oa.

On a mangé au restaurant du camping avant de passer la soirée dans la salle commune, à charger les batteries, écrire et discuter avec d’autres campeurs, dont deux Glaswégiens voyageant à moto et une Américaine qui travaillait pendant ses vacances car son employeur ne l’autorisait pas à prendre ses deux semaines de congé annuel d’un coup… Bref, une sympathique soirée après une super journée marquée par une météo très changeante, des rencontres sympas et une lumière incroyable. C’est si beau, l’Ecosse! 😉

Le lendemain, c’était déjà notre dernière journée entière sur Islay. On s’est à nouveau réveillés sous un magnifique ciel bleu et on a mangé notre petit-déjeuner accompagnés de quelques midges, qui heureusement ne nous ont pas suivis le reste de la journée. On a pris la voiture et on a roulé jusqu’à Port Ellen pour un tour en bateau. En chemin, on a pris un auto-stoppeur vers Bruichladdich, un Polonais qui allait à Bowmore pour l’open day de la distillerie. On aura donc “réussi” notre tradition de prendre au moins un hitch-hiker par road-trip, huhu.

Une fois arrivés à Port Ellen, on embarque avec Islay Sea Adventures pour un très chouette wildlife boat tour de plus de 2h30. Dès la sortie du port, on a croisé plein de phoques communs. Préparez-vous, j’ai pris beaucoup trop de photos et j’ai eu de la peine à réduire la sélection pour cet article! ^^’

On a aussi vu, entre autres, plein de cormorans, des tadornes de Belon, des guillemots à miroir, un fou de Bassan, des oies cendrées (avec des oisons!), des bernaches, les habituels goélands et mouettes, des Sandwich terns (sterne caugek, je les adore) et, pour la première fois (je crois), des Great Northern Divers (plongeon huard)! Bref, une super sortie en mer! 🙂

Puisque c’est Islay, on est également passés devant plusieurs distilleries: Laphroaig, Lagavulin et Ardbeg. C’était chouette de les voir depuis l’eau! Le skipper nous a appris que le château en ruine vers Lagavulin (voir cet article) date du 13e siècle.

On a vraiment eu de la chance avec la météo: la lumière était incroyable et la mer, si calme.

La plupart des phoques communs qu’on a observés étaient énooormes, car c’était bientôt l’arrivée des bébés (on était le 1er juin et les naissances arrivent autour du 15 juin).

On a eu le loisir d’admirer de splendides vues sur Jura, le Kintyre, et même l’Irlande du Nord, qui paraissait bien plus proche que ce que je croyais. On a sûrement dû la voir depuis le sommet de Beinn an Oir, sur Jura, sans le savoir. ^^

On a également vu… plein de cerfs élaphes! Ce n’est pas le genre d’animaux que je m’attendais à voir lors d’une sortie en mer, haha. Apparemment, les biches aiment bien passer l’été sur une petite île, en paix. J’aimerais tellement les voir nager depuis Islay lorsqu’elles font la traversée, ça doit être super cool à voir!

Les paysages étaient si beaux dans la douce lumière, revoir les photos me donne envie de faire de l’aquarelle!

On a eu la chance de voir un magnifique pygargue à queue blanche (le plus grand des aigles européens), majestueusement perché sur une branche d’arbre aux aords d’un château. Bref, plutôt classe, et en plus sous un soleil éclatant! Les photos ne rendent pas grand chose, mais on a pu super bien observer l’aigle aux jumelles.

Sur le bateau, on a reçu un dram de Laphroaig (que je n’ai pas pris, mais José en a eu deux, car il a été resservi en voulant rendre son verre, le skipper était généreux, haha!) avant de retourner à Port Ellen.

Très contents de cette sortie en mer, on est allés remplir nos estomacs affamés au Seasalt Bistro. Les assiettes étaient si copieuses, on se sentait un peu comme les gros phoques sur leurs rochers, avec une forte envie de faire la sieste. C’est donc ce qu’on a fait! On est retournés au camping et on s’est endormis comme des loques dans la tente, avec toutes les aérations ouvertes car il faisait chaud (17°C d’après la voiture, mais un ressenti bien plus haut au soleil).

On s’est réveillés vers 16h20 et on est allés se baigner à la petite plage du camping, qu’on avait pour nous tout seuls. L’eau était si claire, on voyait des petits bancs de mini poissons. Des bergeronnettes grises se dandinaient sur les rochers et la vue sur Lochindaal était vraiment magnifique. C’était si paisible! On a mis un moment à s’immerger car l’eau était froide, mais après c’était le pur bonheur, comme les autres fois. Je me sentais comme une loutre ou une sirène — ou une selkie. 😉 J’avais rapidement assemblé quelques clips enregistrés sur la GoPro dans la vidéo ci-dessous, justement nommée “V1” car je n’étais pas satisfaite et voulais l’améliorer, ce que je n’ai pas encore fait, haha. Donc la voici quand même, faute de mieux!

Le soir, on est allés au Ballygrant Hall pour le “Clootie Dumpling Ceilidh”, une soirée “family friendly” organisée par Fèis Ile. On voulait à la base aller au Ceilidh d’ouverture de Fèis Ile, mais les tickets pour l’événement se sont vendus si vite qu’on n’avait pas réussi à en acheter. Les jeunes danseuses de Scottish Dance déjà présentes à la cérémonie d’ouverture du Fèis Ile étaient à nouveau là et on refait une démonstration, puis c’était notre tour de danser! On a dansé toutes les danses proposées, mais il y avait malheureusement peu d’enthousiasme (ce n’était pas la même ambiance endiablée que les ceilidhs de l’Uni d’Aberdeen ^^) car beaucoup de personnes présentes étaient d’autres touristes qui n’avaient jamais dansé et n’osaient pas se lancer et étaient plutôt venus comme spectateurs que comme participants…

C’était tout de même une très chouette soirée. Il y a eu une tombola et quasi tous les prix ont été gagnés par des enfants, alors que quasi tous les prix étaient à base d’alcool, haha! ^^’ On a bien sûr dégusté une part de clootie dumpling, un gâteau cuit à la vapeur avec des raisins secs. Etonnamment, on a trouvé super bon alors qu’on n’est pas fan de raisin sec. On a aussi rencontré un très gentil couple de Canadiens vivant à Vancouver Island avec qui on a dansé “Strip-the-Willow”. Ils nous ont offert un porte-clés/décapsuleur en forme d’élan, trop chou! On suppose qu’ils en prennent plein avec eux et les distribuent au fil de leurs rencontres, j’aime bien l’idée.

Photo prise par Mary Beth, la Canadienne rencontrée au Ceilidh

On est restés jusqu’à la fin de la soirée (22h ^^) à écouter les tunes du groupe de musique. C’est tellement beau, cette musique folk. 🙂

Le lendemain, c’était le moment de quitter Islay. On a plié la tente et roulé jusqu’à Port Ellen. Pour rendre la voiture de location, on avait reçu comme instruction de simplement la parquer dans la rue en laissant les clés dedans, easy! On embarque sur le ferry et on s’offre un dernier petit breakfast roll.

On a passé une partie du trajet sur le pont, face au vent. On n’a pas vu de dauphins, malheureusement, mais on a observé des fous de Bassan, guillemots à miroir et cormorans, et on a admiré de belles vues sur l’île de Gigha et sur le mainland. En entrant dans Loch Tarbert, on a vu Ferry Wood, pour mon plus grand plaisir, avec la petite cabane de hobbits et Ardpatrick. Pour ceux qui ne savent pas, Ferry Wood est un endroit où j’ai passé de chouettes moments en 2018, lorsque je faisais du WWOOFing dans la péninsule de Kintyre.

On a débarqué à Kennacraig et passé trois heures dans le bus jusqu’à Glasgow, où on a chopé un train express pour Edimbourg. A 17h30, on arrivait à Haymarket, après une longue journée de trajet.

On touche à la fin de cette rétrospective (miracle!), il me reste encore à vous raconter notre journée à Edimbourg avant de rentrer à Genève. A bientôt pour le prochain article Scotland#2022! 😉

Scot22#14 Plage par-ci, whisky par-là

Hello, hello! Je reprends le récit de notre visite d’Islay. 🙂
Après notre marche au Mull of Oa, nous avons changé de décor avec une autre balade côtière.

Nous sommes passés par le mignonnet phare de Carraig Fhada, situé juste en face de Port Ellen, le second plus grand village de l’île (après Bowmore).

On était bien mieux protégés du vent à Kilnaughton Bay (du moins par rapport aux falaises du Mull of Oa, plus tôt dans la journée), et on en a donc profité pour flâner (et prendre plein de photos, mais ça c’est comme d’habitude, vent ou pas vent ^^).

La destination principale de cette balade: les “Singing Sands” de Tràigh Bhàn. On ne savait pas pourquoi ils s’appelaient comme ça, mais du coup je me suis amusée à chanter en marchant dans le sable. D’après mon carnet de voyage, je chantais un de mes “sea shanties” favoris: “No hopers, jokers and rogues”

(N.B. Depuis 2022, on a visité d’autres “Singing Sands en Ecosse et, en général, ils sont appelés ainsi car leur sable crisse avec une sonorité particulière quand on marche dessus, mais de là à dire qu’ils chantent…)

La marche nous a ensuite fait monter sur les hauteurs avant de redescendre vers Kilnaughton beach. On a croisé un nombre incroyable de lapins, et aussi des campeurs venus s’installer juste derrière la plage.

Les plages du coin donnaient bien envie de se baigner, mais l’inlassable vent et les nuages sombres m’ont vite fait changer d’avis, haha. A la place d’une baignade fraîche, on a pris la direction de Port Ellen pour la soirée d’ouverture de Fèis Ile!

Fèis Ile est le festival d’Islay, qui s’adresse surtout aux fans de whisky, mais pas seulement. Pendant une semaine, il y a une tonne d’événements culturels et festifs, aussi dont des ceilidhs et concerts. Chaque distillerie organise une journée portes ouvertes, et propose pour l’occasion une édition spéciale de whisky. L’île se trouve prise d’assaut à cette période, notamment par des collectionneurs de whisky. Islay compte 3000 habitants et accueille 15’000 visiteurs pour Fèis Ile!

La soirée d’ouverture était très sympa, avec une ambiance familiale et plein d’attractions pour les enfants (dont des châteaux gonflables ^^). On a eu droit à une démonstration de Highland Dancing par des enfants du coin, un Pipe band, des groupes de musique et des food trucks, et ça nous a fait très plaisir de danser en extérieur!

Le lendemain, nous sommes allés visiter la distillerie Kilchoman. On était seulement quatre personnes (tout le reste de l’île devait être chez Lagavulin, qui faisait ses portes ouvertes — c’est d’ailleurs la stratégie parfaite quand on veut un peu de calme durant Fèis Ile: il suffit de se tenir loin de la “distillerie du jour” ^^) et c’était vraiment super intéressant. J’ai beau ne pas aimer le whisky, j’aime toujours autant visiter des distilleries. 🙂

Kilchoman est une distillerie encore indépendante et locale au possible, qui participe à toutes les phases de production sur place: culture céréalière sur leur ferme, coupe et séchage de leur tourbe, séchage de l’orge, mise en bouteille… On a pu goûter à leur whisky “100% Islay” et j’ai même bien aimé le goût, c’est dingue, haha!

Après la visite (dont on est repartis avec des verres de dégustation, inclus dans le prix, et une bouteille de “100% Islay”), on est allés jeter un oeil à Kilchoman Cross, une croix celtique du 14e siècle. On n’a malheureusement pas pu la voir de près car l’église en ruine qui se trouve à côté menace de s’effondrer, et l’accès était donc interdit.

On a continué notre pérégrination avec un passage à la fameuse Machir Bay et sa belle plage de sable.

Il faisait si beau et chaud (16°C!), ça donnait envie de se baigner! Malheureusement, c’est déconseillé à cet endroit. Il y a un risque de noyade élevé sur quasi toutes les plages de la côte ouest d’Islay à cause de forts courants.

Kilchoman a un whisky qui porte le nom de “Machir Bay”. Il a une belle couleur dorée comme la plage, mais il est très “peaty”, beaucoup trop pour moi. ^^

On a marché le long de la plage en observant les grands gravelots courir rapidement sur le sable, puis on est retournés à Kilchoman pour manger des patates farcies au café de la distillerie.

Une fois repus, c’est partis pour une nouvelle balade côtière, direction Saligo Bay. Là encore, on a pu admirer une belle plage avec des vagues impressionnantes.

La géologie du coin est splendide, avec des roches plissées et courbées comme le dos d’un dragon. Les roches très sombres de certaines falaises nous ont aussi rappelé les roches volcaniques d’Eshaness, à Shetland.

L’itinéraire, un peu boggy, devait nous mener à des arches naturelles, mais on ne les a pas trouvées… on s’est demandé si elles s’étaient peut-être effondrées (ou bien on n’était tout simplement pas au bon endroit, haha).

En plus des habituels moutons, lapins et huîtriers-pie, on a vu des chevaux, qui paissaient tranquillement à côté de bunkers (un autre truc qu’on n’a pas l’habitude de voir en Ecosse).

Durant cette journée magnifiquement ensoleillée, on a eu droit à une vue dégagée sur les trois Paps of Jura, c’était superbe.

Une fois de retour à la voiture, on a roulé jusqu’à Bowmore pour quelques courses avant de filer jusqu’à Lagavulin pour la fin de l’open day de la distillerie.

Les stands de nourriture étaient déjà fermés mais il y avait encore de l’ambiance, avec plein de gens bourrés et de la musique.

La petite baie de Lagavulin est mignonne comme tout. On a marché jusqu’à un petit promontoire où se trouvent les ruines d’un château, et d’où on a de belles vues sur la distillerie d’un côté et sur le mainland de l’autre.

Là encore, la relative chaleur donnait envie de se baigner, mais le coin ne s’y prêtait pas trop, avec plein de rochers acérés. On est donc retournés à une plage repérée la veille vers Port Ellen, mais le vent y soufflait si fort qu’on a eu froid sitôt sortis de la voiture. La baignade, ce ne sera pas pour ce jour-là, haha!

Il était déjà 18h30, donc on est retournés au camping pour préparer nos sacs de trekking pour les prochains jours.

On a pris des repas du café du camping à l’emporter (c’était complet) et on a mangé dans l’auvent de la tente, bien à l’abri du vent mais avec de belles vues sur les Paps of Jura et le loch Indaal au soleil.

On a ensuite fait une petite marche vers la plage du camping pour digérer, avant de passer le reste de la soirée au café avec une bière et un cidre, en admirant la lumière décliner. La serveuse du café n’avait que 15 ans et elle a du coup dû attendre le retour de sa collègue car elle n’avait pas le droit de servir de l’alcool. ^^’

Dans le prochain article, on quittera Islay (mais pas pour toujours!) pour la superbe île de Jura, le temps d’un mini trek-bivouac que j’ai hâte de vous raconter. 🙂

Je vous laisse avec Westering Home, l’hymne de Fèis Ile (et d’Islay en général). Durant le festival, on l’entendait partout! A bientôt! 🙂

Scot22#13 Islay: vagues, vaches et croix

Hello! C’est parti pour la suite de la rétrospective écossaise 2022.

Nous voilà sur le ferry de Colonsay à Port Askaig, sur Islay. C’était la traversée du soir, et on a eu droit à de splendides lumières en approchant du Sound of Islay.

La traversée entre les deux îles dure une heure. Après avoir mangé, je suis sortie sur le pont pour admirer les fous de Bassan, et Colonsay et Oronsay dans une lumière dorée, s’éloignant à l’horizon.

Arc-en-ciel sur l’île de Jura

Sur notre gauche se trouve la magnifique côte ouest de l’île de Jura, avec ses plages de galets surélevées , ses petites falaises et ses “Paps”, trois fameuses montagnes. Un arc-en-ciel ajoute encore un peu de magie à la scène. Sur notre droite, la côte nord-est d’Islay, avec le phare de Rhuvaal et la distillerie Bunnahabhain (une des neuf distilleries de l’île).

Débarqués à Port Askaig, on récupère notre voiture de location auprès d’une dame très sympathique d’Islay Car Hire, puis on roule 25 minutes à travers la campagne, entre pluie et lumière du coucher et soleil (et un autre arc-en-ciel, donc ^^). Petites collines, bois, champs, baies, bétail… Notre première impression de l’île est que les paysages ont l’air plutôt variés.

On arrive à l’auberge de jeunesse de Port Charlotte à 21h25, juste avant la fermeture de la réception, ouf! Je me suis posée à un vieux pupitre dans le lounge pour écrire, et le réceptionniste m’a amené une lampe supplémentaire pour que j’aie plus de lumière. Très sympa! 🙂

Le lendemain, nos aventures sur Islay ont commencé! On s’est rendus au centre RSPB de Loch Gruinart, à l’occasion d’une marche guidée. On a été très bien accueillis par deux poilus humides qui ont monopolisé l’attention de José, héhé.

Puis l’activité a débuté. On était un assez grand groupe, ce qui n’était pas idéal pour observer la faune sauvage, mais on a quand même appris plein de trucs intéressants et c’était une bonne introduction pour mieux connaître l’île.

Le RSPB gère lui-même la ferme où se situe la réserve naturelle, afin de montrer qu’il est possible d’avoir une “working farm” tout en utilisant des méthodes compatibles avec la conservation de la biodiversité. Le site est notamment important pour les busards Saint-Martin, les craves à bec rouge, les corncrakes, plein d’échassiers en tout genre et, en hiver, de grandes colonies de bernaches nonnettes. La réserve comprend des habitats variés: sous-bois, landes, marais salants…

A la fin de la visite guidée, on est restés un moment pour aller à l’observatoire de la zone humide. La pluie est revenue faire un coucou pile à ce moment-là, mais on était bien à l’abri dans l’observatoire, à admirer des canards souchets, vanneaux huppés, hérons cendrés, poules d’eau, mouettes, chevaliers gambettes… On a fait de très chouettes observations, notamment une altercation entre un héron et un vanneau, et les acrobaties aériennes des hirondelles de rivage.

Les sous-bois étaient splendides, avec des arbres tortueux couverts de mousses et lichens, des fougères et des bluebells… une ambiance magique à la “Seigneur des anneaux”! Et aussi un peu “Les Oiseaux” de Hitchcock, avec les cris des nombreux corbeaux freux.

Au moment de retourner à la voiture, il est déjà 13h, et on n’avait pas eu le temps d’acheter des sandwiches le matin. On a donc roulé jusqu’à Bowmore pour se rassasier avant de faire quelques courses. On a mangé de délicieuses pizzas chez Peatzeria (+1 point pour le jeu de mots, haha), une très chouette adresse.

Le village de Bowmore est la capitale administrative de l’île et est notamment connu pour son église ronde. “Why is it round? Because the devil lurks in the corners” (lu dans les avis sur Google Maps, haha).

On a visité le cimetière, qui accueille plein de tombes anciennes et plus récentes, et une belle sélection de croix celtiques.

Puis on a repris la route. Après un petit passage à la distillerie Bruichladdich, où se trouvait un sympathique petit marché artisanal, on est allés visiter le petit village de Portnahaven, tout au sud-ouest de l’île.

On a fait une petite marche côtière de 6.5 km. Le village était tout mignon, avec des phoques et oiseaux marins dans le petit port.

On a pu admirer le phare du Rhinns of Islay ainsi qu’une impressionnante plage de galets surélevée. Et, surtout, des vagues super impressionnantes.

Le vent était décidément toujours de la partie! Après l’annulation du kayak sur Barra (pour cause de vent, justement), j’avais essayé de réserver une sortie en kayak sur Islay. Mais ce jour-là, le guide m’a justement répondu qu’il devait malheureusement annuler toutes les sorties des prochains jours à cause des conditions trop venteuses. Ça aura donc été des vacances sans kayak, beuh. :/

Mais en voyant les vagues se fracasser sur la côte, on comprenait bien l’impossibilité de faire du kayak. Il valait mieux rester sur la terre ferme — et c’était carrément difficile de prendre des photos pas trop floues, tant ça soufflait fort!

Après deux heures de marche dans le vent (mais avec une belle lumière du soir), on est retournés à l’auberge pour cuisiner et passer une soirée tranquille — et une nuit dans un vrai lit, la dernière avant de reprendre le camping!

Le lendemain, on a pris la direction de l’est de l’île, en écoutant BBC Gael (la radio gaélique, on adore!) dans la voiture. On est allés voir Kildalton Cross, un magnifique exemple de croix celtique du même style que celles qu’on trouve sur Iona et en Irlande. Elle daterait de l’an 800 environ et se trouve dans un cimetière à côté d’une église médiévale en ruine. Ambiance assez magique, qui me rappelle l’Irlande.

Ce coin de l’île est splendide, avec pas mal d’arbres, des cottages féeriques, des murs de pierre et des bluebells. On a même vu une biche et un cerf!

Cerise sur le gâteau: “Cake at the cross”, une glacière remplie de parts de cake, avec une “honesty box” pour payer. On a pris un délicieux brownie, héhé. J’adore tomber sur ce genre de petites surprises. Ailleurs sur l’île, on a aussi visité “Shop in the box”, une cabine téléphonique convertie en boutique d’artisanat, où on a acheté de très belles cartes.

Puis c’était déjà l’heure de manger, donc on a fait demi-tour direction la distillerie Ardbeg. En chemin, on s’arrête pour admirer une flopée de phoques communs dans une petite baie.

A Ardbeg, on s’est réchauffés et rassasiés avec de bons hot buns et du chowder. On a tout juste réussi à manger sans s’envoler, avec le vent de ouf. ^^

On a ensuite pris la direction du Mull of Oa, tout au sud-est, une autre réserve RSPB.

On a fait une petite marche circulaire passant par l’American Monument, une tour de 131 m de haut érigée par la Croix Rouge américaine en mémoire des victimes de deux naufrages ayant eu lieu pas loin en 1918.

C’était très venteux par moments, mais une chouette balade quand même, avec de belles falaises, des chèvres sauvages et, surtout, un magnifique troupeau de vaches Highland qu’on a dû traverser (avec notamment un taureau et plusieurs veaux).

La journée n’était de loin pas finie, mais cet article est déjà suffisamment long, donc je vous raconterai la suite au prochain épisode! 😉

A bientôt!

Scot22#2 Barra, nous voilà!

Hello!
C’est parti pour la suite des aventures écossaises de 2022, avec un article composé presque uniquement de photos prises avec le natel, la météo n’ayant pas été très propice à la photographie… Mais peu importe, car cette journée fut épique! 😀

Pour rappel, après une journée à Edimbourg, nous avons pris le train direction Glasgow et passé la nuit au Premier Inn de l’aéroport. Pas très romantique, mais très pratique!

Le lendemain, c’était le grand jour. Le jour de mon cadeau pour Fintan et Axel: le mythique vol Glasgow-Barra, avec le Twin Otter aux couleurs écossaises qui atterrit directement sur la plage. Le fameux vol dont l’horaire dépend des marées. Et aussi le vol qui est régulièrement annulé à cause de la météo. Trop de brouillard, trop de vent, et tout peut capoter. Or, la météo ne s’annonçait pas super et je craignais vraiment qu’on se retrouve coincés à Glasgow. Mais comme révélé par la première photo, l’avion a pu décoller — et, très important aussi, atterrir! Ce qui tombait bien, car le temps qu’on rejoigne l’aéroport à pied le matin, Laurine était déjà dans le bus pour Oban — pour y prendre le ferry, car l’avion était déjà plein au moment où elle a appris qu’elle était dispo pour nous accompagner.

Bref, la moitié de cet article consiste en des photos d’avion ou de bout d’avion — vous êtes prévenus. 😉

Je ne vous raconte pas notre excitation à l’aéroport quand on a vu que le vol était maintenu sur les panneaux d’affichage — en fait si, je suis absolument en train de vous raconter ça. 😉
A l’heure de rejoindre le gate, on gambadait dans l’aéroport comme de joyeux bambins. On s’est bien marrés en passant par une porte absolument inutile, vestige d’un ancien layout du couloir (enfin, je suppose, à moins que ce soit juste pour que les gens puissent s’amuser à choisir entre passer ou contourner la porte ^^).

Et quand on a vu le Twin Otter, quel bonheur!
C’est peut-être le moment de préciser que Fintan et Axel adorent voler et tout ce qui vole — les engins volants, pas spécialement les oiseaux et les libellules, ça c’est surtout mon truc ;-). D’où ce cadeau pour leurs 60 et 30 ans — et moi, je reçois régulièrement des tasses ou des chaussettes avec des dessins de libellules, comme ça tout le monde est content, haha!

On a été accueillis sur le tarmac par le copilote est on s’est faufilés dans l’avion, qui était plein et transportait 18 passagers. C’était la première fois que je rentrais dans un avion aussi petit et j’ai été étonnée par l’étroitesse de la cabine et la faible hauteur du plafond. ^^
Le copilote nous a donné le safety briefing, à moitié plié entre la cabine et le cockpit, et je crois que je n’ai jamais été aussi attentive — la probabilité de se crasher dans ce petit coucou ne me paraissait pas très faible. ^^

Puis l’heure de partir est arrivée, et la captain (une Belge à propos de laquelle Fintan avait lu un article dans un magazine, quel hasard!) a lancé le moteur à fond et est partie en marche arrière pour sortir de la “place de parking” (je me rends compte que mon vocabulaire technique aéronautique est peu développé. Bref). A ce moment-là, Fintan éclate de rire, abasourdi. Apparemment, les plus gros avions ne font pas de marche arrière, ils sont poussés par un autre véhicule pour faire demi-tour — un fait qui ne m’avait jamais traversé l’esprit, n’ayant d’habitude pas une bonne vue sur ce qui se passe devant l’appareil. On en apprend tous les jours, ha!

Puis c’est parti, moteur à fond, en avant cette fois, et on décolle! Les deux hélices tournent à toute vitesse, bien visibles à la hauteur de nos hublots. On est tout gaga. Bon, pour la vue, il faudra repasser. On se retrouve vite entourés de nuages, entre deux mers blanches. Mais qu’importe, je suis déjà tellement contente qu’on soit en route pour Barra!
De ma place, j’ai une belle vue sur l’écran de bord et je peux suivre notre progression sur la carte: loch Fyne, Mull, la pointe nord de Coll puis, enfin, Barra. Je n’imagine pas la beauté du panorama quand il fait beau!

En approchant de Barra, les nuages s’écartent pour dévoiler quelques îles du sud de l’archipel des Hébrides extérieures. Malgré le temps gris, l’eau est turquoise et les paysages, magnifiques!

On a survolé le nord de Barra avant de faire demi-tour pour atterrir par le sud-ouest. L’aéroport de Barra est une immense étendue de sable et on a atterri tout doucement sur le sable mouillé, les roues faisant gicler l’eau. Magique. ♡

C’est le moment de descendre de l’avion et de faire nos premiers pas dans le sable hébridéen: ça y est, nous voilà à Barra!

Nous sommes accueillis par le vent, suivi rapidement par la pluie, mais rien ne peut étouffer notre euphorie et notre bonheur. On récupère nos sacs au “baggage claim” le plus chill du monde (un abribus) avant de monter dans le bus direction Castlebay, le village principal de l’île, tout au sud.

“Baggage Reclaim” extrêmement rapide!

Confortablement posés dans le bus, on regarde les paysages qui défilent, derrière un rideau de pluie. Partout, des petits agneaux — un des plaisirs de voyager au printemps!

Arrivés à Castlebay, on aperçoit pour la première fois le château Kisimul, qui donne son nom au lieu. Caisteal Chiosmuil, le nom gaélique de Castlebay, signifie en effet “château du rocher de la petite baie”.
Il est trop tôt pour aller à l’auberge, donc on se réfugie au petit office du tourisme pour y manger une soupe et un scone. Le lieu est en effet multifonctionnel: information touristique, boutique, minuscule café. On y aura passé un bon moment pour échapper à la pluie, avant d’aller à l’hostel pour y poser nos affaires.

Le ciel est toujours bouché, mais il ne pleut plus. On décide donc de partir se promener. Fintan, Pilar, José et moi partons gravir Heaval, le sommet de l’île, pendant qu’Axel va faire une petite balade côtière vers le château.

Heaval trône à 383 m d’altitude et sa tête est cachée dans les nuages. Après une section sur la route, on se retrouve à marcher au pif dans l’herbe, en suivant tour à tour des sentiers de moutons et d’humanoïdes. Comme souvent en Ecosse, il n’y a pas de chemin officiel.

La vue sur la baie est magnifique malgré le mauvais temps. On admire Castlebay, son château, ainsi que Vatersay et les autres îles juste au sud de Barra.

Vue sur Castlebay

Plus on monte, plus les éléments sont déchaînés. On atteint le sommet mais on n’y traîne pas, chassés par le vent et la pluie, perdus au milieu des nuages.

On passe devant une statue de Marie et Jésus, dont je connaissais l’existence mais que j’imaginais beaucoup plus grande. On retrouve ensuite rapidement la route. En tout, ça nous aura pris 2h30 depuis l’auberge, sans se presser, pour 6.5 km. Et ravitaillés par deux sucres de raisin, pour l’énergie. 😉

L’année dernière, José et moi avons découvert Relive, qui crée des petites vidéos à partir du suivi de la montre connectée de José, en ajoutant automatiquement les photos que José prend avec son natel. On a pour l’instant uniquement testé la version gratuite, qui ne permet pas de personnaliser, mais on trouve le résultat déjà sympa. Pour le résumé de la montée de Heaval sous la pluie, c’est donc juste ici que ça se passe:

De retour sur la route, on a croisé d’adorables agneaux et brebis, qui m’ont motivée à dégainer l’appareil photo. 😉 On a aussi entendu un coucou!

Il est où le magneau? Il est là!

Puis, après une bonne douche et un chocolat chaud à l’hostel, on a aperçu le ferry qui arrivait au port. L’heure d’aller accueillir Laurine, qui a vu des dauphins lors de son périple de presque 5 heures en mer 🙂 !

Petite anecdote: alors que je courais pour rattraper le groupe qui se dirigeait vers le port (sûrement parce que j’avais pris du retard en prenant des photos ^^), une voiture s’est arrêtée pour me demander si j’avais besoin d’un lift pour le terminal du ferry, haha! Vraiment sympa 🙂 (mais en l’occurrence inutile, il me restait à peine 100 m et les passagers n’avaient pas commencé à descendre. Néanmoins, j’adore les endroits où les gens proposent des lifts sans même avoir besoin de demander, ce qui m’est arrivé plusieurs fois en Ecosse!)

La journée s’est terminée de la meilleure manière possible: en bonne compagnie au café Kisimul, avec de délicieux plats au curry (je salive rien que d’y repenser!), des employés super sympas et même du Thistly Cross Cider!

L’équipe au complet au Café Kisimul

Bon, sur ce, après un nouvel article de 10 km de long, je vous dis à la prochaine! 🙂