Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective écossaise 2023. Après quelques jours à Edimbourg (notamment pour passer à l’Edinburgh Napier University et récupérer du matériel pour mon travail de terrain), nous avons pris la direction des Borders. C’est dans le coin d’Eddleston, à une petite heure au sud de la capitale, que nous avons passé la majorité de mon séjour de recherche.
Notre “home away from home” était Nether Linnfall. Wendy et Jeremy, les proprios, ont transformé l’étage supérieur de leur maison en appartement et le louent sur AirBnB. On a été vraiment super bien accueillis et on n’aurait pas pu rêver mieux comme base dans la région. L’endroit était bucolique, avec un grand jardin, et on s’est super bien entendus avec Wendy et Jeremy. On leur a d’ailleurs déjà rendu visite depuis cet été 2023.
La première chose qu’on a vue en arrivant, c’est un panneau “Attention Eléphant”. Wendy et Jeremy ont tous deux grandi et vécu dans plusieurs pays d’Afrique, et leur maison est truffée de jolis clins d’oeil à ce continent et à leurs vies d’avant.



Le jardin était vraiment superbe. Lorsque Wendy et Jeremy se sont installés ici, il y a une vingtaine d’années, il n’y avait quasi rien et ils se sont attellés à réensauvager le terrain. Ils ont notamment créé un étang, héhé, ce qui était très pratique pour moi pour voir s’il y avait de l’activité libellulesque. Mais je ne vais pas parler de mon terrain ici, je ferai plutôt un article dédié bientôt (vous vous doutez que j’ai plein, plein, plein de photos)!


Avoir cet espace sur le pas de notre porte était vraiment super. On se faisait généralement une petite balade pour commencer ou finir chaque journée, et quand je n’étais pas sur le terrain et que la météo le permettait, on mangeait aussi dans le jardin à midi, sur un banc surplombant l’étang.




Le cadre était idyllique pour travailler. J’étais à max 20 minutes en voiture des étangs que j’étudiais. Lorsque la météo n’était pas propice au terrain ou que j’avais d’autres tâches à effectuer, je bossais à une petite table du salon, avec vue sur le jardin. José, lui, avait carrément un vrai bureau dans la deuxième chambre (et on était venus équipés, avec un deuxième écran d’ordinateur et une station d’accueil).


On s’est très vite sentis chez nous à Nether Linnfall — on est toujours épatés à quel point on se crée rapidement des petites routines et habitudes. Par exemple, les jours de terrain, José m’accompagnait jusqu’au bout du chemin pour m’ouvrir le portail puis retournait à pied à la maison. Quand on prenait la voiture ensemble, c’est moi qui faisais la “danse du portail” (danser pour ouvrir et fermer le portail, un des petits plaisirs de la vie, huhu).
Et puis, il y avait nos voisins poilus! Wendy et Jeremy ont deux adorables chiens: Pip et Willow. A chaque fois qu’on revenait à la maison, ils se pressaient vers la voiture pour recevoir des papouilles sitôt la porte ouverte. Quel super accueil! 🙂





Il y a plusieurs projets de reforestation dans la région, dont un sur le pas de notre porte! Des arbres indigènes ont commencé à être plantés sur un large terrain adjacent à Nether Linnfall en 2011. Wendy et Jeremy sont bien sûr impliqués, et un groupe de bénévoles (les Lothians Conservation Volunteers) vient régulièrement pour aider. On les a parfois rejoints quand on était dispos et c’était très sympa (et pas seulement parce que Wendy prépare de délicieux brownies pour les bénévoles, héhé)!



Quand on y était, la tâche principale consistait à retirer les tubes placés autour des petits arbres lors de la plantation, pour les protéger des herbivores. Il était temps, car ça devenait serré pour certains troncs d’arbres qui avaient sacrément poussé. Ces tubes-là sont en plastique, et ça demande pas mal de main-d’oeuvre de les enlever et rassembler. On en voit beaucoup en Ecosse, car il y a pas mal de projets de reforestation, mais on a l’impression que les tubes sont parfois abandonnés sur place, ou laissés trop longtemps…Des réflexions sont en cours pour trouver des solutions alternatives plus naturelles. On triait aussi les bouts de bois ayant servi de tuteurs, car ceux qui sont en bon état sont réutilisés pour d’autres projets.



C’était très chouette de passer la journée dans le woodland. On faisait plein de belles découvertes et observations: des oiseaux, des araignées, des nids d’abeilles ou guêpes sauvages, des fleurs et mousses ayant poussé dans les tubes…
C’est fou de voir comme les arbres poussent vite quand les conditions sont bonnes. Je me réjouis de retourner dans le coin dans le futur pour voir l’évolution!
Wendy et Jeremy sont aussi impliqués dans un autre projet de reforestation et renaturation: Leadburn Community woodland. Ce terrain est une ancienne plantation commerciale qui a été rachetée par la communauté en 2006. Depuis, des travaux de reforestation, renaturation d’une tourbière et création d’étangs ont été entrepris. Wendy est la présidente du groupe et a même reçu un prix de Tweed Forum en 2023 (elle m’a accusée d’être à l’origine de sa nomination, mais je n’y étais pour rien ^^).


C’est aussi un très chouette coin de balade pour les habitants. On y est allés un soir avec José pour une petite promenade, et de mon côté j’y suis allée aussi plusieurs fois car j’étudiais deux étangs du site. Là encore, c’est inspirant de voir comment une ancienne monoculture peut être transformée en une mosaïque d’habitats divers. Les quelques épicéas qui subsistent sont vendus comme sapins de Noël chaque année.



Notre premier samedi soir dans le coin, on a rejoint le village d’Eddleston à pied depuis Nether Linnfall, pour aller manger au pub. On a traversé la forêt nouvellement plantée avant d’emprunter une ancienne “Drove road”, soit un chemin qui était autrefois utilisé par les bergers pour amener le bétail au marché.




L’élevage de vaches et moutons est une des activités principales de la région, et on a croisé plein d’agneaux et de veaux (dont certains avaient l’air d’être nés le jour même).



On a aussi traversé de superbes sous-bois dans lesquels j’avais déjà vagabondé lors de ma première semaine de terrain. Il y a même un coin qui s’appelle “Swiss Cabin Woods”! ^^



On a finalement débouché sur “The Barony”, un hôtel-château qui abrite la fameuse “Great Polish map of Scotland”, une immense carte en relief créée par le Polonais Jan Tomasik. C’est impressionnant, même s’il vaut mieux être un oiseau pour pouvoir l’admirer dans toute sa splendeur. Je vous laisse aller sur Google ou l’article Wikipédia dédié pour une vue du ciel (et aussi pour avoir une meilleure idée de sa taille!)



On est arrivés au “Horseshoe Inn” pile à l’heure de notre réservation. C’est le seul pub-resto du village et il est vraiment chouette: bons plats, bonne bière, bon cidre, bon whisky et bon service. Et une “Ladies Room” avec fauteuil, bibelots et papier peint “ananas” dans les toilettes, haha. J’aime bien les toilettes de pub en Ecosse car on y trouve souvent de la crème pour les mains. ^^





Puis c’était l’heure de marcher les 5 km et quelque du retour, au crépuscule. On a croisé des moutons indifférents, deux lièvres et des oiseaux non identifiés, et on a admiré un splendide lever de lune. Elle était pleine, immense et orange vif. C’était magnifique.


Outre le pub à Eddleston, il y avait aussi un café au bord de la route principale, le “Scots Pine café”, où on allait parfois manger à midi. L’ambiance était super sympa et c’était tout à fait le genre d’endroit où on se verrait bien devenir des habitués si on résidait dans le coin. Mais la plupart du temps, on se faisait des bons petits plats à la maison, bien sûr. L’Ecosse nous a un peu déteint dessus, et quand on est là-bas on se fait plaisir avec du haggis et des breakfast rolls. ^^





On se laissait aussi inspirer par ce qu’il y avait de dispo dans le potager de Wendy et Jeremy, auquel on avait accès. Les petits pois frais, qu’est-ce que c’est bon! 🙂



Un jour, on a entendu un fort bourdonnement. Des abeilles essayaient d’emménager sous le toit de la maison, juste à côté de la porte d’entrée. J’en ai profité pour sortir le macro (qui était de toute façon tout le temps dehors, du fait de mon terrain libellules ^^). Une des abeilles avait l’air de toquer à la vitre pour rentrer, haha.


Heureusement, elles ne se sont finalement pas installées là, mais c’était une expérience impressionnante, comme en témoigne la petite vidéo prise ce jour-là. Je n’avais jamais vu autant d’abeilles en même temps!
D’autres créatures volantes habitent à Eddleston: des fées! On aura juste vu leurs maisons, qui sont dispersées dans un petit “Fairy wood” pas loin de l’école primaire.




Nous logions à une dizaine de minutes en voiture de Peebles, une petite bourgade qui a obtenu le statut de “Royal Burgh” en 1367 (ce qui lui conférait des privilèges commerciaux). Aujourd’hui, c’est une sympathique petite “ville” au bord de la rivière Tweed.




Un vendredi ensoleillé en fin d’après-midi, on est allés faire une petite balade de 6 km et quelque le long de la Tweed. C’était vraiment bucolique!



En contrebas du château de Neidpath, on a trouvé un chouette endroit où se baigner. L’eau était même bonne! On a pataugé un moment en observant les petits poissons et les exuvies de plécoptères sur les rochers et rives.


On a vu plusieurs familles se baigner sur d’autres “plages” plus proches de Peebles, et on a croisé des groupes de (pré)ados qui venaient flâner au bord de la rivière après l’école. C’est vraiment un chouette coin où il fait bon vivre. 🙂




Les méandres tranquilles alternaient avec de mini rapides et les bordures de chemin débordaient de fleurs sauvages (et, parfois, de rhubarbe!).










Le chemin nous a ensuite menés un peu dans les hauteurs et dans des sous-bois tapissés de shamrocks et fougères dans lesquels on n’aurait pas été surpris de voir passer un vélociraptor! (Mais on aura juste vu un bébé chouette mort, vraisemblablement tombé du nid, beuh.)









Puis notre boucle nous a ramenés à Peebles, où nous avons mangé une pizza chez “Franco”, un autre resto où on est devenus des habitués. A la fin de notre séjour, les serveurs et le proprio nous reconnaissaient et savaient ce qu’on faisait dans le coin, héhé. Le menu comportait plusieurs pizzas avec du maïs, ce qui me faisait très plaisir car je mets toujours du maïs sur mes pizzas maison, et certains de mes collègues trouvent ça ultra bizarre. ^^



Peebles, malgré sa petite taille, est une bourgade plutôt vivante. Il y a plusieurs cafés et restos, une église transformée en salle de théâtre et plein de boutiques indépendantes très sympas. On a notamment acheté du whisky pour l’anni d’Axel chez Villeneuve Wines, une bonne boutique d’alcool au nom bien francophone.






José m’a également offert des boucles d’oreilles en Harris Tweed qui venaient d’une boutique d’artisanat que j’avais envie de dévaliser tant tout était beau! Ça a inspiré ma fibre créative, et j’ai pas mal dessiné durant le séjour (surtout sur la tablette), parfois accompagnée de Tom-Tom, un nouveau compagnon poilu adopté pendant nos vacances. 😉



La région autour de Peebles est aussi connue pour ses événements cyclistes. En août 2023 se tenait par exemple un championnat mondial de mountain biking et le coin était en effervescence! On a personnellement pas assisté aux courses, mais on a croisé des cyclistes suisses dans un café, haha!

On n’a pas fait de vélo pendant notre séjour dans les Borders, par contre on a gonflé le paddle plusieurs fois! La sortie la plus mémorable a eu lieu un mercredi soir de juin. C’était une semaine stressante, je bossais à fond sur ma présentation pour une conférence à Newcastle la semaine suivante et j’avais hyper mal au dos et à la tête. A 20h30, pour changer d’air, on a roulé jusqu’à Gladstone reservoir, à seulement dix minutes de voiture de la maison, pour un beau “sunset paddle”. La lumière était splendide, et l’eau si bonne. On a fait le tour d’une belle île couverte de pins, en bataillant parfois contre le vent. De quoi bien changer les idées! Le clou de sortie: les oiseaux! On a vu des vanneaux huppés, des huîtriers-pie, une famille de colverts avec plein de canetons, des oies et, pour notre plus grand bonheur, un couple de balbuzards en train de pêcher. 😀


En regardant ces photos, on a l’impression qu’il faisait tout le temps beau, mais on a quand même eu un peu de pluie (surtout en août, par contre c’était une année record niveau sécheresse en mai-juin). Notre destination favorite lors des week-ends pluvieux était Galashiels, une petite ville à 40 minutes en voiture de Peebles. On y trouve plusieurs musées, un cinéma, et il y a même une gare! On y a notamment visité Old Gala House, une belle bâtisse data de 1583 qui est désormais un musée/galerie d’art. On a aussi testé un chouette café vegan (qui aime prendre en photo les clients poilus, avec un mur de photos de chiens, ce qui me rappelait mes activités d’enfance avec Anaëlle, haha, quand on prenait en photo les chiens dans la rue pour en faire des albums ^^) et on a même vu “Barbie” au cinéma, haha.







Mais pour nous, ce qui rend Galashiels incontournable, c’est la Great Tapestry of Scotland. Il s’agit d’une collection de 160 panneaux brodés par 1000 “stitchers” bénévoles et qui racontent 420 millions d’années d’histoire écossaise. Franchement, on a adoré cette expo bien plus que ce qu’on pensait! On est arrivés deux heures avant la fermeture du musée, en se disant que c’était large, et bien non, on a dû être poussés dehors car on n’avait plus envie de partir! ^^’








Les panneaux comportent tellement de détails et de textures différentes. Ça donnait envie de se mettre à la broderie! J’ai juste mis quelques photos ici (avec plein de plantes et animaux, oui, je suis biaisée ^^) mais j’aurais pu en mettre bien plus!









Durant notre séjour, j’ai profité d’être au pays de Vivo Barefoot pour commander une paire de chaussures de trail (grosse arnaque: il y avait moins de choix de couleurs qu’en Europe et je me suis retrouvée avec des chaussures blanches avec accents bleu-vert pastel, génial pour marcher dans la boue ^^). Je les ai étrennées lors d’une sortie improvisée de plus de 9 km et 150 m de dénivelé.




C’était plutôt de la course-marche, car je m’arrêtais tous les 100 mètres pour prendre une photo, haha. J’étais partie complètement au pif, inventant mon itinéraire au fur et à mesure, et ça m’a fait découvrir de chouettes coins.






Mes pieds m’ont menée jusqu’au Portmore reservoir puis de retour à la maison.



Pour notre dernière semaine dans les Borders, on a dû quitter Nether Linnfall, à regret (l’AirBnB était déjà réservé pour ces dates-là quasi une année à l’avance, par des gens venant assister aux championnats de mountain biking). Pour ces derniers jours de terrain, on avait donc trouvé un autre logement à dix minutes de là, à Windylaws. Il s’agissait d’un petit cottage dans une ferme sur une colline.
C’était moins cosy que Nether Linnfall, et moins bien équipé. Il n’y avait par exemple qu’une minuscule table ronde (ok pour manger, mais pas assez grand pour bosser à deux, heureusement que j’étais sur le terrain tous les jours), et il fallait s’asseoir sur le bord de l’évier pour atteindre la fenêtre de la cuisine, haha. ^^ Mais c’était bien situé pour nos besoins, et ça a très bien fait l’affaire pour une semaine (même si on aurait préféré pouvoir rester à Nether Linnfall jusqu’au bout du séjour, évidemment).

Le cadre était tout de même sympa, au milieu des prés, et avec une belle vue sur les collines environnantes. Il y avait également une télé, et c’était intéressant de découvrir des programmes britanniques qu’on ne connaissait pas, dont “The Yorkshire Vets”, une émission de télé-réalité du style “L’hôpital des animaux” (que j’adorais regarder quand j’étais petite, et qui suivait la vie quotidienne dans un hôpital vétérinaire de Zurich). Mais on n’a pas regardé grand chose d’autre, car le nombre de publicités au UK est infernal. ^^





Pour une de nos dernières soirées dans le coin, on a décidé de marcher à nouveau jusqu’au pub d’Eddleston. Il y avait des sentiers et portails tout le long, jusqu’à une centaine de mètres du village, où on s’est retrouvés coincés (il y avait un sentier indiqué sur OS maps, mais visiblement ce n’était plus d’actualité). On a galéré à trouver un passage et on a finalement dû passer par-dessus des barbelés avant d’arriver au resto juste à temps pour notre réservation! Pour le retour, après un délicieux repas, on a plutôt emprunté le nouveau chemin piéton/cycliste qui relie Eddleston à Peebles (et qui est sympa, mais du coup on a ensuite dû remonter jusqu’à la ferme en empruntant la route, ce qui est moins agréable que les prés).




Et voilà, quelques jours plus tard, c’était déjà le moment de dire au revoir aux Borders, pour aller passer les deux dernières semaines de mon séjour de recherche à Edimbourg.



Et voilà, c’est la fin de ce long article “melting pot” sur notre temps passé dans les Borders. J’y ai regroupé un peu toutes les anecdotes trop petites pour justifier un article à elles toutes seules, mais j’ai bien sûr plein d’autres aventures à raconter et qui feront l’objet d’autres articles: des visites de monuments historiques, une jolie rando, mon travail de terrain, un week-end dans le Fife… Et aussi notre passage à Newcastle pour une conférence ainsi que, cerise sur le gâteau, nos trois semaines de vacances entre mes deux campagnes de terrain! Bref, cette rétrospective écossaise 2023 n’en est qu’à ses débuts! 🙂
Merci à celleux qui ont tenu jusqu’à la fin de l’article, et à bientôt pour la suite!