Scottish Diagonal #2 Adventure Bound

Bonjour!
Aujourd’hui, je vais vous raconter notre tout premier jour de trek sur notre “Diagonale écossaise”, le début de notre aventure à pied. 🙂

Cette journée a commencé par un trajet en train jusqu’à Berwick-upon-Tweed, la ville la plus au nord de l’Angleterre. Il nous aura fallu 50 minutes pour relier Edimbourg à Berwick, et ça allait nous prendre une semaine de retourner à la capitale écossaise en longeant plus ou moins la côte, selon le parcours visible sur cette carte (légende des points dispo dans cet article):

Le parcours de notre première semaine sur la Diagonale écossaise, de Berwick-upon-Tweed à Edimbourg

Pendant le trajet, on a vu défiler des paysages qu’on allait traverser à notre rythme les jours suivants, c’était chouette.

Une fois à Berwick-upon-Tweed, je m’émerveille devant les toilettes ultra propres et gratuites de la petite gare (il en faut peu pour être heureux ^^) puis on part en quête de gaz pour notre réchaud, qu’on a trouvé chez Trespass. On achète encore des sandwiches pour midi et nous voilà parés et prêts à partir!

On a trouvé Berwick plutôt sympathique, avec une chouette architecture et des fanions colorés, mais pas mal délabrée. Les goélands sont présents en force, et c’était difficile de trouver un banc dans le centre-ville qui n’était pas recouvert de guano. ^^

On a officiellement “lancé” l’enregistrement de notre parcours (avec la montre de José) devant l’église, et c’est parti!

On longe les quais puis un golf et un caravan park, deux trucs bien typiques du coin. Durant cette première semaine, on avait l’impression d’en traverser tous les jours!

Puis le sentier devient plus isolé. La côte est belle et variée, avec des falaises aux teintes rouges comme dans le Fife, des stacks et même des motifs impressionnants dans l’eau. José trouve que ça ressemble à des “ripples” d’une météorite qui seraient figées dans la pierre, moi j’imagine le dos crêté d’un dragon dormant en boule.

On observe nos premières colonies d’oiseaux marins, avec notamment des kittiwakes, guillemots et razorbills.

On a également vu plein d’autres oiseaux ce jour-là, dont des tarins, étourneaux, choucas, corbeaux freux, goélands, colverts, cygnes…

Le sentier aussi grouille de vie: bourdons, chenilles, araignées, papillons (dont un beau Paon du jour), escargots, coccinelles, cloportes et, surtout, plein, plein de petites mouches noires: des bibions, ou St Mark’s flies (Bibio marci). Elles portent ce nom car elles émergent en masse aux alentours du 25 avril, soit la Saint-Marc. On était le 28 avril, donc ce n’était pas étonnant d’en voir autant, mais ça rendait la conversation parfois difficile: on dirait qu’elles cherchent à tout prix à se faire avaler, donc on était obligés de respirer par le nez. Bon, ça tombait bien, Axel nous avait conseillé des exercices de respiration pour la rando qui impliquent de ne respirer que par le nez, haha! Les mouches devaient être de mèche avec lui. 😉

Après 8 kilomètres, on a passé la frontière anglo-écossaise, youhou! Celle-ci est marquée par un panneau de bienvenue en Ecosse, par contre il n’y a pas de panneau de bienvenue en Angleterre dans l’autre sens, haha (c’est d’ailleurs pareil sur l’autoroute, un immense panneau très accueillant pour l’arrivée en Ecosse, mais pas de petit mot gentil dans l’autre sens ^^).

On a pris quelques photos devant la frontière puis on s’est posés du côté écossais pour pique-niquer face à la mer, devant quelques ajoncs d’un jaune resplendissant.

Le sentier était aussi égayé par d’autres fleurs, dont des primevères, présentes en masse, et les premiers “sea pink” (Armérie maritime).

L’après-midi, on a longé quelque temps les rails de train (sur lesquels on était arrivés le matin même!) et notre marche était rythmée par le passage des trains.

Pour notre plus grand bonheur, on a aperçu un faucon pèlerin, wahou!

Puis le chemin nous a fait descendre une falaise, au pied de laquelle on a trouvé un petit village tranquille: Lower Burnmouth. On ne pensait pas trouver des maisons là, c’est comme si elles avaient surgi de nulle part, coincées entre la mer et la falaise.

Une habitante très sympa nous a vus arriver et a spontanément proposé de remplir une bouteille d’eau fraîche pour nous. C’était bienvenu, car il y a peu d’endroits pour se ravitailler en eau sur ce tronçon, et il faisait chaud. On a discuté un peu, c’était bien chouette. Elle nous a raconté qu’elle se sent parfois au bout du monde ici (en bien), surtout lorsqu’il neige et pendant le covid. Durant les lockdowns, puisqu’ils ne pouvaient pas bouger, elle a dit que la plupart des habitants n’avaient pas grand-chose à faire à part le ménage… et à 15h, quand ils n’avaient plus rien à nettoyer, ils sortaient tous vers la plage pour se retrouver et boire un verre, haha!

On s’est posés sur un banc face à la baie et on a admiré trois jeunes cygnes qui passaient. Le cadre était idyllique, si paisible. Et l’eau, si claire! Ça donnait envie d’aller explorer la côte en kayak — ce que la locale qu’on a rencontrée fait très souvent avec son fils, quelle chance!

Après une pause et une barre de céréales, on se remet en marche. On rejoint le port, bucolique. Soudain, on a l’impression de reconnaître l’endroit… C’est là que Cal Major a terminé son expédition en paddle autour de l’Ecosse, dans le magnifique documentaire Scotland Ocean Nation ! 🙂 Il est normalement toujours visible gratuitement sur STV (avec un vpn) et je le recommande chaudement!

Sculpture en bronze de Jill Watson à Burnmouth

On tombe aussi sur une oeuvre d’art très touchante de Jill Watson, qui commémore une tragédie ayant eu lieu en 1881, l’East Coast Fishing Disaster (aussi appelée Eyemouth Disaster). Le 14 octobre 1881, une tempête a en effet causé la mort de nombreux pêcheurs tout près de la côte, sous le regard impuissant de leurs familles, représentées sur la sculpture, face à la mer. On trouve des sculptures similaires dans tous les villages de ce bout de côte qui ont été touchés par la catastrophe, avec plus ou moins de femmes et enfants représentés selon la taille des villages et le nombre de familles touchées par la tragédie. A Burnmouth, 24 pêcheurs ont perdu la vie dans cette tempête.

Depuis le port, on attaque une longue montée pour retrouver le haut des falaises, couvertes de champs de colza.

Après plusieurs “headlands”, on aperçoit finalement Eyemouth, où on a prévu de manger le soir.

Eyemouth en contrebas

On observe un beau lièvre et on traverse un golf (encore!) avant d’atteindre le village à 18h, pile à l’heure pour chercher un endroit où manger.

On s’installe au restaurant The Ship, où on a dégusté un délicieux burger de cerf. On était super contents de cette première journée de trek, et ça faisait du bien de s’asseoir et de manger un bon truc bien gras, haha.

Mais la journée n’était pas encore terminée! Il nous restait encore à trouver un endroit où planter la tente. Après le resto, on a donc remis les sacs sur les épaules et on a continué à longer la côte.

Après être passés devant une autre sculpture de Jill Watson (cette fois bien plus grande, Eyemouth ayant perdu 129 personnes lors du Fishing Disaster de 1881), on remonte sur les falaises et longe un autre caravan park (il y en a vraiment beaucoup le long de la côte!).

J’avais repéré un headland sur OS maps qui avait l’air pas mal pour bivouaquer, 2 km après Eyemouth.

Effectivement, il y avait un large bout herbeux faisant très bien l’affaire, avec vue sur St Abb’s Head. On a planté la tente en admirant le coucher du soleil, un peu bouché par les nuages mais qui a tout de même teinté le ciel de rose.

Le temps qu’on se brosse les dents, que j’écrive dans le carnet et qu’on lise un peu, il était déjà 22h. On s’est couchés, seuls sur notre bout de falaise, très heureux que l’aventure ait si bien commencé!

A bientôt pour la suite de l’aventure! 🙂

[Distance Jour 1: 22 km et 450 m de dénivelé positif]

Scottish Diagonal #0 Deux escargots et leurs sacs à dos

Bonjour tout le monde!

Il y a bientôt un mois, José et moi sommes rentrés d’un périple de deux mois et demi en Ecosse, une merveilleuse aventure durant laquelle nous avons parcouru environ 1000 km à pied. Avant de plonger dans la rétrospective de cet incroyable trek, je voulais faire un article un peu plus “logistique” détaillant notre parcours et notre équipement. Quelqu’un m’a dit que ça l’intéressait, et je me suis dit que ça pourrait aussi être utile pour moi à l’avenir, lorsqu’on préparera un autre trek. Allez, c’est parti! 😉

Face à Lochan Fada

Itinéraire

Notre idée de départ était de parcourir une “diagonale écossaise” (pas très droite, j’avoue) entre le point le plus au sud de la côte est, au bord de la Mer du Nord, jusqu’au point le plus au nord-ouest du mainland, Cape Wrath, en suivant des trails existants: le Berwickshire Coastal Path, le John Muir Way, le West Highland Way (WHW) et le Cape Wrath Trail (CWT). La genèse du projet est racontée dans cet article.

On a ainsi marché 840 km pour rallier Cape Wrath depuis Berwick-upon-Tweed. Et puisque Cape Wrath est un peu paumé, notre distance totale pour cette “Scottish Diagonal” aura atteint 852 km, le temps qu’on rejoigne la civilisation à Durness, pour un dénivelé positif total de plus de 21’000 m.

La carte de notre périple

Cette diagonale a duré 46 jours (du 28 avril au 12 juin), dont 42 jours de marche et 4 jours de repos. En moyenne, on marchait 20 km par jour, mais avec de grandes variations selon la météo, le terrain, les options de bivouac, le dénivelé, etc.

Dans notre planning, puisqu’on avait le luxe de se le permettre, on avait prévu deux semaines de marge en cas de pépin (tempête, virus, etc.). Mais comme tout s’est passé comme sur des roulettes (on a même fini un peu plus vite que prévu), on a eu le temps d’enchaîner avec un autre trek: le Skye Trail, qui nous a fait parcourir l’île de Skye sur 136 km. Je parlerai plus en détail de chaque étape dans la rétrospective gargantuesque qui m’attend. 😉

Hébergement

On portait tout notre matos de camping sur le dos, et on a passé 40 nuits sous tente durant le voyage, la majorité en bivouac (ou “camping sauvage”). L’Ecosse offre le superbe privilège de pouvoir camper dans la nature à peu près partout du moment que le Scottish Outdoor Access Code est respecté — malheureusement, il l’est de moins en moins, surtout dans les coins faciles d’accès, et c’est vraiment démoralisant de constater le non-respect des règles par certains irresponsables: déchets, départs de feux de brousse… Bref, il y a du taff niveau sensibilisation et éducation.

Quand l’occasion se présentait, on dormait aussi dans de vrais campings, des hôtels et même des bothies.

Sur certains tronçons, il était en effet difficile de bivouaquer car c’était beaucoup plus urbanisé, principalement le long du John Muir Way, où les options étaient limitées. S’il n’y avait pas de camping, on passait alors la nuit à l’hôtel. On privilégiait aussi les hôtels pour nos jours de repos. On avait juste réservé l’hôtel à Edimbourg un peu à l’avance (mais avec annulation gratuite si besoin), et pour le reste on réservait entre un et trois jours à l’avance, dès qu’on avait une meilleure idée de quand on allait atteindre la destination. C’était parfois un peu galère, surtout à Ullapool, où la demande est très forte. On a fini par trouver, mais je crois bien qu’on a eu la dernière chambre de la ville — bon, au pire on finissait au camping, comme à Shiel Bridge. 😉

On a aussi bien profité des bothies, particulièrement sur le Cape Wrath Trail. Un bothy est un abri/refuge non gardé et accessible à tous. Ce sont généralement de vieux cottages qu’utilisaient les bergers et qui ont été retapés. En Ecosse, la plupart sont entretenus par la merveilleuse Mountain Bothies Association. Il n’y a en principe ni eau courante ni électricité, sauf dans quelques rares cas. Ils ont tous leur propre caractère. Parfois il y a des plateformes pour dormir, parfois des cheminées, parfois rien. Certains ont plusieurs pièces, voire même plusieurs étages. Bref, ils sont tous uniques. Personnellement, on est si confortables dans notre tente (voir section “Notre cocon” 😉 ) qu’on ne cherchait pas spécialement à atteindre un bothy pour la nuit, par contre on adorait s’y réfugier pour cuisiner notre petit-dèj. C’est aussi une bonne pratique de visiter tous les bothies qu’on passe et de laisser un mot dans le “Bothy book”, soit le livre d’or, en précisant la date et la direction qu’on a prévu de prendre. Il arrive en effet aux sauveteurs d’utiliser cette ressource pour aider à retrouver les randonneurs blessés ou perdus. C’est aussi cool de pouvoir suivre les aventures de ceux qui sont passés avant nous (surtout quand ce sont des gens qu’on a rencontrés et qu’ils nous laissent des messages, haha!).

Je viens de découvrir que WordPress permet d’insérer des tableaux (mais je n’ai visiblement pas le niveau requis pour changer la couleur des bordures, oups), donc voici un résumé du nombre de nuits par type d’hébergement pour les deux treks:

Scottish DiagonalSkye Trail
Bivouac216
Camping112
Bothy4
Hôtel91
Auberge1

Dans nos sacs à dos

Le contenu de nos sacs, protégé de l’humidité écossaise dans des sacs imperméables

Le moins qu’on puisse dire, c’est que José et moi n’avons pas vocation d’être “ultralight”. Ce qu’on a porté était une recherche d’équilibre entre légèreté et confort, et c’est un choix très personnel (et une question financière, aussi). On a croisé des randonneurs qui se présentaient à fond “ultralight” (le genre qui scie sa brosse à dents pour économiser le poids du manche) et qui se trimballaient pourtant des trucs qui ne nous paraissaient pas du tout essentiels (ex: une pompe électrique pour leur matelas ou un petit tapis en mousse sur lequel s’asseoir, deux accessoires qui ne nous ont pas du tout manqué). Bref, chacun a sa propre vision de ce qui est nécessaire, utile, superflu.

Le “poids de base” de nos sacs (sans eau et avec juste un repas pour deux personnes) s’élevait à environ 14 kg pour José et 12 kg pour moi. Et franchement, ça allait très bien. On a utilisé quasi tout ce qu’on a pris (je précise plus bas ce qu’on ne reprendrait pas si c’était à refaire) et on n’a pas de regrets!

Pour trimballer tout notre matos, on a pris nos sacs à dos Deuter Air Contact (volume de 55+10 L pour José et 50+10 pour moi), qu’on a depuis 2020. On les trouve très confortables et pratiques, mais ce ne sont clairement pas les plus légers, le matériau est assez lourd et non-imperméable. Autre inconvénient: l’odeur. Entre la transpiration et la pluie, nos sacs puaient l’humidité vers la fin du voyage, et on pense peut-être les upgrader pour notre prochain trek. Néanmoins, ils ont très bien fait l’affaire cette fois-ci et c’était le volume idéal pour tout notre matos.

Quasi tout ce qu’on a pris est listé sur LighterPack, mais je vais utiliser les sections suivantes pour décrire les éléments principaux et ce qu’on en a pensé.

Notre cocon

Tout d’abord, notre tente, la Hilleberg Nallo 2 GT, alias “Palace Hilleberg”! 😉
On l’a achetée en 2020 car on voulait une tente polyvalente qui résiste très bien au vent et à la pluie et qu’on puisse aussi utiliser en hiver (c’est une 4-saisons), et qu’est-ce qu’on l’adore. Elle est spacieuse et on s’y sent vraiment confortables et en sécurité. On l’a utilisée plusieurs fois dans des vents de 70 km/h et plus, sans aucun souci (elle avait notamment survécu sans problème à la tempête qui avait mené à l’annulation du Tiree Music Festival en 2023, alors que le camping était jonché de tentes détruites). C’est une tente tunnel, donc son inconvénient principal est qu’elle n’est pas autoportante, mais ça ne nous a jamais posé de problème jusqu’ici — on évite juste de camper sur des surfaces rocheuses ou sableuses. L’auvent est immense et permet de garder tout notre matos au sec sans encombrer l’intérieur de la tente, et on peut aussi y faire à manger quand il pleut. Bien sûr, le revers de sa grande taille, c’est qu’il faut trouver des spots de bivouac assez grands, mais en Ecosse on trouve que c’est rarement un problème, et que le confort d’avoir de l’espace surpasse ce léger inconvénient ainsi que son poids (2.9 kg).

Sur le Berwickshire Coastal Path

La tente se monte rapidement, avec les toiles intérieures et extérieures en même temps, mais quand il pleuvait on stockait les deux parties séparément pour ne pas mouiller la tente intérieure (et comme ça on pouvait mieux répartir le poids entre les sacs: José portait la tente extérieure — sur l’extérieur du sac si elle était mouillée — et les arceaux, et je portais la tente intérieure et les sardines). On peut aussi juste monter l’extérieur quand on veut un grand abri (par exemple pour ne pas manger sous la pluie à midi), mais on ne l’a jamais fait durant ce trek.

Pour ce trek, on a investi dans un nouveau matelas gonflable… double! Avant, nos deux matelas simples ne faisaient pas du tout la même hauteur, et ce n’était pas super confortables si on était en léger dévers. Maintenant, notre matelas (l’Exped ultra 3R duo LW) recouvre quasi toute la surface de la tente intérieure et c’est ultra pratique et confortable. Bref, un achat qu’on n’a pas regretté (en plus, le matelas double pèse moins lourd que nos deux matelas simples combinés, et a une meilleure isolation que mon ancien matelas, avec lequel j’avais vite froid).

On a pris nos sacs de couchage habituels (Western Mountaineering, modèle SummerLite pour José, AlpinLite pour moi), achetés en 2020, dont on est toujours aussi satisfaits. Leur inconvénient? Ils sont si confortables que c’est difficile de s’en extirper le matin! ^^ Lorsqu’il faisait super beau et chaud les trois premières semaines, le confort jusqu’à -7°C de mon sac de couchage était un peu exagéré, mais j’étais bien contente de l’avoir plus tard sur le Cape Wrath Trail, lorsqu’on a eu des nuits en dessous de 3°C!

Pour compléter notre cocon, on a aussi des oreillers gonflables “Sea to Summit” qu’on aime beaucoup. Eh oui, on apprécie notre petit confort! 😉 On est vraiment contents de tout ce matériel, car grâce à lui on dort vraiment très bien en trek, et c’est un aspect important quand on fait ça pendant un certain temps! (P.S. On avait aussi des boules Quiès, au cas où il y avait beaucoup de bruit à cause du vent et de la pluie… ou des ronfleurs ou fêtards dans les bothies!)

Dernier point: d’habitude, on voyage avec une petite lanterne pour éclairer l’intérieur de la tente le soir — très pratique quand on campe en automne et qu’il fait nuit à 17h. Là, vu qu’on partait de fin avril à début juillet, on s’est dit que c’était superflu, et on a bien fait de ne pas la prendre car on pouvait sans problème passer la soirée dans la tente sans manquer de lumière. On avait tout de même les lampes frontales, qu’on a utilisées quelques rares fois au début du voyage, quand le solstice paraissait encore loin (surtout moi, pour écrire dans la tente tard le soir, et aussi pour mieux repérer les tiques).

Orientation et sécurité

Pour l’orientation, on utilisait surtout l’application OS maps sur nos natels (on avait pris l’abo pour avoir les cartes hors connexion) et la montre Garmin de José. On avait des fichiers gpx pour toutes les étapes du trek: la plupart provenaient de WalkHighlands (LA bible écossaise pour les itinéraires de rando), sauf pour certaines étapes du CWT que j’avais tracées manuellement sur OS maps. On a aussi pas mal utilisé l’application gratuite Organic Maps, vraiment très complète (et plus pratique qu’OS maps pour trouver des toilettes, cafés, arrêts de bus…).

On avait également un “map booklet” pour le WHW qu’on aurait mieux fait de laisser à la maison car on ne l’a pas du tout utilisé (surtout qu’il faut être motivé pour se perdre sur le WHW, c’est très bien balisé). En revanche, on est bien contents d’avoir pris des cartes papiers pour le CWT (les Harvey Maps, très bien faites). On les avait prises comme “back up” au cas où on n’avait plus de batteries ou des pannes de natels, mais finalement on les a beaucoup utilisées. Surtout sous la pluie, c’était bien plus agréable de juste regarder la carte que de devoir sortir le natel de la poche. A partir de Strathcarron, José portait donc tout le temps la carte autour du cou, dans sa pochette imperméable.

On avait bien entendu pris une boussole, mais on n’a pas eu besoin de l’utiliser car la visibilité était toujours assez bonne. Ça fait partie de ces trucs essentiels qu’on a toujours dans le sac, comme la couverture de survie, même si on les utilise rarement (heureusement!).

Cette fois-ci, puisqu’on allait traverser des zones très isolées et sans réseau, on avait aussi investi dans un Garmin InReach Messenger, qui permet de contacter les secours par satellite lorsqu’il n’y a pas de réseau (le bouton “SOS” envoie automatiquement la position aux services d’urgence locaux, puis on peut communiquer des détails à partir de l’application natel). L’appareil était aussi connecté à la montre de José et à nos natels, depuis lesquels on peut aussi déclencher le SOS. L’appareil était donc dans mon sac à dos, mais José pouvait quand même envoyer un message satellite depuis sa montre ou son natel si je n’étais pas trop loin de lui.

On n’a heureusement pas eu besoin de tester l’option SOS, mais l’appareil a d’autres fonctions qu’on a en revanche utilisées. Déjà, il permet d’envoyer et recevoir des SMS quand il n’y a pas de réseau (notre abo nous donnait droit à 50 SMS par mois, c’était trèèèès large). On l’a notamment utilisé pour contacter le responsable de la zone militaire de Cape Wrath, pour être sûrs qu’il n’y avait pas de tirs prévus quand on passait. Autre fonction très pratique: les prévisions météo. On peut demander un bulletin météo pour notre position (ça compte comme un SMS), quelque chose qu’on a fait plusieurs fois, pour nous et pour d’autres personnes rencontrées. C’était vraiment très utile et aidait à prendre des décisions lorsque la météo était pourrie (Continuer? Attendre pour traverser cette rivière? Pousser jusqu’à un bothy?).

Habits et chaussures

Le maître-mot: mérinos! 😉
Tous nos habits étaient en laine mérinos, sauf nos pantalons de marche, nos jaquettes polaires et nos imperméables. Vraiment, on adore: ça sèche vite, ça ne pue pas, c’est confortable. Le seul inconvénient, c’est que c’est un peu fragile (ma jaquette, que je porte tout de même intensivement depuis des années, commence à être pas mal rafistolée — je n’ai d’ailleurs pas regretté d’avoir pris du fil et une aiguille pour rapiécer les trous au fur et à mesure).

On portait sur nous:
– une culotte en mérinos (de la marque Stoic pour moi, Fjork pour José)
– un pantalon de marche (Forclaz pour José, Revolution Race ou Trevolution pour moi)
– un T-shirt en mérinos (Fjork)
– une paire de chaussettes mérinos à doigts (Injinji). On adore ces chaussettes (surtout José, qui ne porte quasi plus que des chaussettes à doigts au quotidien), par contre je trouve qu’elles s’abîment assez vite, surtout au niveau du gros orteil. On a d’ailleurs commandé de nouvelles paires qu’on a fait livrer à Ullapool car deux paires avaient des énormes trous (que je n’arrêtais pas de rapiécer, en vain ^^).

Dans nos sacs, on avait chacun les affaires de rechange suivantes:
– un pantalon de marche (certains randonneurs ne partent qu’avec un seul pantalon, mais nous on aime bien en avoir de rechange histoire d’avoir quelque chose à porter quand on fait la lessive. ^^ Par exemple, un randonneur qu’on a rencontré était à poil dans son sac à viande quand il faisait la lessive, car il n’avait rien d’autre à se mettre, haha)
– un T-shirt Fjork (on alternait toutes les semaines environ, en général lors de nos jours de repos. Ils sont de si bonne qualité qu’on ne se sentait vraiment pas crades)
– deux culottes
– deux paires de chaussettes (une paire d’Injinji pour marcher, et une paire de chaussettes normales, plus rapides à enfiler la nuit s’il faut mettre les chaussures pour aller aux toilettes ^^)

On avait également chacun une jaquette mérinos Fjork, elles sont légères et top pour marcher. Pour les soirées fraîches, on avait aussi une jaquette polaire plus chaude (Patagonia pour José, Karpos pour moi). J’avais aussi un legging mérinos (Ice Breaker) et un T-shirt à manches longues (Fjork) que je ne portais que dans la tente, comme pyjama, quand il faisait un peu frais. José n’avait rien pris pour la tente et ne l’a regretté que lors d’une ou deux nuits particulièrement froides (mais il est moins frileux que moi). Tous nos habits de rechange (ainsi que nos sacs de couchage) étaient rangés dans des sacs imperméables pour rester au sec.

Contre le froid, on avait aussi chacun une paire de gants, un bandeau pour les oreilles (j’en ai même deux: un léger qui sert juste à tenir mes cheveux en place lorsqu’il y a du vent, et un en polaire pour quand il fait froid) et un tour de cou.

Contre la pluie, on avait chacun un pantalon de pluie et un K-way Patagonia, qu’on a depuis 2021 et qui ont déjà beaucoup servi (c’est la veste que je porte le plus, je la trouve très pratique à vélo). On les avait réimperméabilisés avant de partir, mais ça n’a pas servi à grand-chose et on était assez déçus de leur performance, on va d’ailleurs devoir en racheter (mon pantalon de pluie est complètement détruit, avec des trous aux coutures!).

Lorsqu’il pleuvait ou que le terrain était boueux/tourbeux, on portait aussi des guêtres Rab. On aime beaucoup, ça garde les pieds secs plus longtemps (notamment lors des traversées de rivières) et le bas des pantalons propre. En revanche, on a été un peu déçus de la qualité: elles se sont vite abîmées et le bouton pression de l’une d’elles s’est même cassé (le bouton pression de mon pantalon Trevolution s’est aussi pété assez au début du voyage, heureusement que j’avais une ceinture! Maintenant je ne fais plus confiance aux boutons pression ^^).

Niveau chaussures, on avait tous les deux les Tracker Forest ESC de Vivo Barefoot. Je ne porte plus que des chaussures “barefoot” depuis 2023, et José depuis 2024, et on ne se voit pas revenir en arrière. On a vu de tels bénéfices pour nos genoux et dos, et ça a vraiment développé la musculature de nos pieds, chevilles et mollets. Les Tracker Forest sont mon modèle préféré: la semelle adhère super bien et elles sont ultra confortables même quand elles sont mouillées. On avait pris un mini pot de cire pour entrenir le cuir (on les cirait lors de nos jours de repos), et l’extérieur est encore en bon état après plus de 1000 km de marche… Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de l’intérieur: après environ 500 km, le cuir et la mousse vers l’intérieur des chevilles ont commencé à se désagréger, ce qui était parfois désagréable. Bref, un point noir pour des chaussures qui sont autrement si bien.

Enfin, on avait aussi chacun pris une paire de sandales “Earth Runners”, des sandales de rando légères et confortables. On les portait surtout en camping, dans les bothies et lors de nos jours de repos, pour changer un peu des chaussures.

Soins des pieds, hygiène et lessive

Pour notre plus grand bonheur, on n’a pas eu de cloques aux pieds! Je pense qu’on peut remercier nos chaussures, bien souples et qui épousent la forme de nos pieds, et nos chaussettes. Les chaussettes à doigts sont en effet censées éviter les cloques entre les orteils, et la laine mérinos aide aussi vraiment en absorbant l’humidité. J’avais lu des témoignages horrifiants de gens développant le “trench foot” lors de treks aux conditions humides, et on a donc accordé une attention particulière à nos pieds. Lors des premières semaines, quand il faisait très beau et chaud, on aérait nos pieds au moins une fois par jour et on faisait trempette dans les rivières. Le soir, on mettait un spray à base de tea tree et citron, qui désinfecte et laisse les pieds avec une sensation de fraîcheur géniale. On massait aussi nos pieds avec la crème Gehwol Extra, particulièrement quand ils avaient passé la journée dans les chaussures mouillées. C’était aussi un rituel pour remercier les pieds à la fin de la journée! Bref, mes pieds n’ont jamais été aussi beaux et soignés que durant ce trek. ^^

On avait quand même pris du Leukotape et des Compeed au cas où. Les Compeed ont d’ailleurs bien servi à la fin du voyage, pour protéger la peau de nos chevilles de l’intérieur abîmé des chaussures. Les premiers jours du trek, j’ai aussi mis du Leukotape de manière préventive, car j’avais un peu peur d’avoir des cloques aux talons, mais j’ai vite arrêté. Je n’ai quand même pas regretté de l’avoir pris, car on trouve au Leukotape un autre usage essentiel: coller les tiques. Eh oui, l’Ecosse grouille de tiques (merci à la densité de cerfs et moutons…), et une pince à tiques est donc un outil indispensable (surtout si, comme moi, vous êtes apparemment un aimant à tiques). Mais que faire d’une tique une fois qu’on l’a enlevée? Notre astuce préférée, c’est de la coller sur du scotch pour être sûrs qu’elle ne s’échappe pas. C’est aussi très pratique quand on en croise en vadrouille, sur la tente ou le matelas par exemple: hop, sur le scotch! Bref, chaque matin et chaque soir, on faisait des “tick checks” très rigoureux.

Notre trousse de toilette contenait deux brosses à dents de voyage, du dentifrice naturel à l’argile, du fil dentaire, de la crème solaire, une pince à épiler, un coupe-ongle et du savon “Sea to Summit” multi-usage pour lessive, vaisselle et douche, mais on ne l’utilisait jamais directement dans les lacs et rivières (il faut toujours s’éloigner d’au moins 30 mètres pour ne pas porter atteinte à la qualité de l’eau). On avait aussi un linge microfibre de taille moyenne qu’on se partageait, et deux autres petits linges (en général un pour le visage et les mains, l’autre pour les pieds). Pour se laver les mains, on utilisait du gel hydroalcoolique (une habitude gardée du covid!). On avait aussi une mini trousse de secours, avec des lingettes désinfectantes, sparadraps, steri-strips, anti-douleurs, anti-diarrhéique et un peu de “scotch universel” ultra résistant au cas où on devait réparer du matos. On a utilisé le désinfectant et un sparadrap (j’ai réussi à me faire une petite coupure au doigt en ouvrant un portail cassé) et quelques anti-douleurs, mais c’est tout. Néanmoins, on reprendrait sûrement la même chose si c’était à refaire.

Concernant l’hygiène générale, on prenait au moins une douche par semaine, davantage lorsqu’il y avait des campings ou hôtels en chemin. Pendant les trois premières semaines du trek, quand il faisait super beau, on se baignait très souvent (on avait pris les maillots de bain pour les coins fréquentés, comme le long du WHW). La deuxième moitié du trek, il pleuvait et faisait bien plus froid, donc on n’avait pas franchement la motivation de se baigner. Si vraiment on se sentait sales, on utilisait des lingettes pour faire une toilette de chat.

On avait pris avec nous un Scrubba wash bag pour faire plus facilement la lessive durant le trek — on le trouve très pratique, et il nous sert aussi de sac à linge sale. Il permet de laver ses habits avec du savon même quand on n’a pas accès à un lavabo (il faut bien s’éloigner des plan d’eau pour le vider pour éviter que la lessive se retrouve dans les lacs et rivières). On lavait régulièrement nos culottes et chaussettes au fur et à mesure, et on faisait la “grosse lessive” (avec pantalons de marche, T-shirts, linges) chaque semaine lors des jours de repos. On avait pris une petite corde à linge qu’on adore (on l’utilise tout le temps, même à la maison) pour faire sécher les affaires (on arrive à l’accrocher dans l’auvent de la tente donc on peut même étendre quelques affaires quand il pleut). Quand il faisait sec, on accrochait aussi nos affaires mouillées sur nos sacs, à l’aide des élastiques intégrés et de mousquetons.

On avait bien sûr emporté une “pelle à crottes” légère, indispensable pour creuser son “cat hole” et enterrer ses déjections. Pour ce trip, j’avais aussi acheté un “accessoire urinaire féminin” pour faire pipi debout (il en existe des tonnes, j’ai testé le Tinkle Belle), en me disant que ça limiterait notamment le nombre de piqûres de midges sur mes fesses. Je crois que je l’ai utilisé max trois fois, haha! Je l’avais essayé plusieurs fois à la maison pour m’entraîner avant de partir mais je n’étais tout de même pas assez habituée pour être vraiment à l’aise. J’ai quand même été contente les quelques fois où il m’a servi, mais pas au point d’avoir le réflexe de l’utiliser. Bref, je ne le reprendrais pas si c’était à refaire.

Eau et nourriture

Pour “cuisiner”, on avait avec nous un réchaud à gaz Soto, une casserole légère Sea to Summit et deux longues cuillères Lifeventure, dont on est super satisfaits. J’ai mis “cuisiner” entre guillemets car on mangeait surtout des plats lyophilisés, ce qui implique juste de faire bouillir de l’eau, haha.

Voilà ce qu’on mangeait lors d’une journée typique. Pour le petit-déjeuner, on préparait du porridge instantané avec une pomme fraîche (coupée en morceaux avec mon couteau suisse). Durant la journée, on mangeait des mélanges de noix et des barres de céréales (environ 2 barres de 260 kcal par personne par jour; nos préférées sont de la marque “Kind”, et on a eu la bonne surprise de voir que la Migros et la Coop en vendent aussi, donc on va pouvoir continuer notre addiction aux délicieuses barres “Dark chocolate and sea salt”, yum!). Le soir, on mangeait soit un plat lyophilisé (de Firepot et Expedition Foods, des marques qu’on pouvait facilement acheter sur place et dont on trouve les plats généralement bons), soit du couscous ou de la polenta avec une sauce toute faite en sachet. On avait juste pris un peu de sel et poivre, donc pour ce trip on n’a pas essayé de cuisiner de vrais plats.

Dès que c’était possible, on profitait des pubs et cafés qu’on trouvait sur notre chemin, particulièrement à midi. On a donc moins cuisiné lors de la première moitié du trek, vu qu’on était dans des coins moins perdus. Sur le CWT, les occasions de manger au restaurant étaient plus rares, donc on essayait de ne pas les rater — c’est fou la différence qu’un bon gros repas fait pour l’énergie et le moral!

On avait aussi du chocolat chaud instantané Cadbury, un truc qu’on ne boit qu’en trek, mais qu’est-ce qu’on adore! Ça réchauffe le corps et le coeur, et c’était très apprécié lorsqu’il faisait froid et moche. On se partageait en général un chocolat chaud le matin avec notre porridge, et on en reprenait un le soir s’il faisait froid et qu’on avait besoin de sucre.

Le matin, on avait des routines différentes en fonction de la météo. S’il faisait beau, on pliait la tente, on mangeait une barre de céréales et on commençait direct à marcher. Après environ deux heures, on prenait une pause pour manger notre porridge dehors, avec vue. S’il pleuvait (ou que les midges étaient terribles), on mangeait direct le porridge dans la tente, à l’abri, et on partait ensuite.

Petites astuces en vrac: on faisait régulièrement bouillir nos cuillères dans la casserole pour les nettoyer. On avait aussi un bol pliable en silicone, pas indispensable mais pratique pour recueillir les pommes coupées en attendant que le porridge soit prêt (en plus, le fond du bol fait office de planche à découper) ou pour manger des plats déshydratés qui ne se dégustent pas directement dans leur emballage (voir photo ci-dessous, en bas à droite: José mangeait son plat dans la casserole, et moi dans un bol — uniquement quand on avait des plats différents, sinon on mangeait les deux dans la casserole). Pour stocker nos déchets, on utilisait un petit sac en plastique (type pour poubelle de salle de bains) qu’on sécurisait dans un sac ziplock. On utilisait aussi des sacs ziplock pour rassembler les snacks, transporter la poudre de chocolat chaud, le couscous, la polenta… en fait, on utilisait des sacs ziplock pour à peu près tout, haha!

Pour l’eau, on avait chacun un camelbak (en vrai on utilise la marque Platypus, mais je ne voulais pas faire genre on se baladait avec des ornithorynques! 😉 ), d’un volume de 3L pour José, 2L pour moi, mais on ne portait en général qu’1.5L chacun, sauf si on était dans un coin où l’eau était rare. Personnellement, je n’aime pas trop boire dans des gourdes quand on a les gros sacs à dos, car il faut presque se déboîter l’épaule pour les atteindre et les ranger. Avec les camelbaks, on boit bien plus souvent car on n’a même pas besoin de s’arrêter, et l’eau reste fraîche plus longtemps quand le soleil tape, puisque les poches sont à l’abri dans le sac à dos. On avait quand même aussi une gourde en plastique molle qu’on aime prendre dans la tente pour boire la nuit, et qui est très pratique pour rincer les brosses à dents sans trop gaspiller d’eau. On avait aussi une bouteille en PET de 500 ml dans laquelle on mettait des électrolytes (on ne voulait pas que nos camelbaks et la gourde aient éternellement le goût d’agrumes ^^).

Sur la première partie du trek, on remplissait nos contenants surtout avec l’eau du robinet (dans les cafés, toilettes publiques, et aux distributeurs “Scottish Water” qui sont assez fréquents, surtout le long du WHW). Dès le CWT, on buvait l’eau des torrents et rivières, qu’on filtrait avec un filtre Platypus (pratique, mais qui ne filtre pas les virus) ou qu’on faisait bouillir. On avait aussi des tablettes purificatrices au cas où, mais on n’en a pas eu besoin.

José en train de filtrer de l’eau

Enfin, on avait acheté une bouteille Lifestraw, avec une paille qui filtre au moment de boire. On ne la reprendrait pas, car on ne l’a pas du tout utilisée! Comme dit plus haut, on trouve beaucoup plus simple de boire dans les Camelbaks, et en plus ce n’est pas très agréable de boire avec cette bouteille. On l’avait prise plutôt comme “back-up” au cas où le filtre Platypus nous lâchait, mais vu qu’on avait aussi des tablettes et l’option de bouillir l’eau, c’était vraiment très redondant.

Electronique

Place à l’électronique! On avait bien sûr nos natels, très utiles pour s’orienter, planifier, réserver des hôtels, prendre des photos, mettre un réveil… Après beaucoup d’hésitation, j’avais décidé de prendre aussi un vrai appareil photo, mais je ne voulais pas porter mon Nikon D7500, bien trop lourd et encombrant. A la place, j’ai investi dans un appareil compact Sony, le RX100 vii, et je ne regrette pas! Je l’adore, et ça m’a fait très plaisir d’avoir plus de liberté pour prendre des photos (il peut zoomer jusqu’à 200 mm et la qualité est bien meilleure que sur mon natel). On avait aussi un mini trépied Joby, très pratique pour pouvoir se prendre en photo.

Notre setup pour réhausser le mini trépied, héhé

Bien sûr, il fallait pouvoir charger tout ça (ainsi que le Garmin InReach et la montre Garmin). On avait un bloc USB sur lequel on pouvait brancher les chargeurs lorsqu’on avait accès à de l’électricité (dans les cafés, hôtels et parfois les campings). Et sinon, on avait deux batteries externes d’environ 10’000 mAh chacune (chaque batterie permettait de faire environ 2.5 charges de natel). On tenait en général la semaine sans avoir besoin de source électrique — ça dépendait aussi de ma propension à prendre des photos… La première semaine, j’ai été très sage et j’ai utilisé seulement deux batteries d’appareil photo! J’en avais pris trois au cas où, et c’était nickel pour tourner sans stresser.

On avait aussi emporté un panneau solaire qu’on avait déjà utilisé lors de précédentes vacances (très pratique au Tiree Music Festival, par exemple), mais on ne le reprendrait sûrement pas si c’était à refaire. Il est bien, il charge même quand il y a des nuages, mais ça ne valait pas vraiment le poids, surtout vu qu’on n’avait pas franchement de problèmes de batteries vides. On l’a quand même utilisé quelques fois, mais on aurait pu se débrouiller sans.

Accessoires qu’on ne regrette vraiment pas d’avoir portés

Et pour finir, voici quelques-uns de nos meilleurs alliés, qu’on ne regrette vraiment pas d’avoir pris avec nous!

Tout d’abord, les bâtons de marche. De base, j’adore les bâtons pour les pentes raides et quand je porte un gros sac, ça soulage bien les genoux. Pour ce trek, ils représentaient aussi une aide précieuse lors des traversées de rivière (pour jauger la profondeur de l’eau et le courant) et lorsqu’on marchait dans les tourbières (à nouveau, pour regarder la profondeur et aider à sauter par-dessus les fossés tourbeux).

Ensuite, nos chapeaux Tilley. Ils n’ont pas quitté nos têtes les trois premières semaines, quand le soleil tapait fort. Ils sont aussi très pratiques quand il bruine, ça protège très bien des pluies légères tout en étant plus confortable que le capuchon du K-way. Bref, on les adore, et on ne les enlevait que quand il y avait trop de vent ou que la pluie était torrentielle.

Les chapeaux sont aussi super quand on porte notre filet anti-midges, un autre indispensable. Fidèles au poste, les midges ont débarqué mi-mai. Mais bon, on les connaît et on s’est fait une raison depuis longtemps qu’il faut malheureusement partager la belle saison avec ces monstres sanguinaires. Le filet sur la tête, un peu de “smidge” sur la peau exposée, une grosse dose de résignation et c’est parti!

On a une couverture ultralight (marque Cocoon) qu’on adore, elle vit carrément dans le sac à dos de rando de José. On aime bien l’étaler dans l’auvent ou lors des pauses, pour s’asseoir ou étaler notre matos au sec.

Comme lors de tous mes voyages, j’avais pris un petit carnet pour écrire quotidiennement. C’est une tradition qui m’est chère et qui me reconnecte toujours au plaisir d’écrire. On avait aussi chacun nos liseuses Kobo, et on n’a pas regretté! On lisait vraiment souvent, il n’y a pas besoin de lumière, la batterie dure longtemps, c’est léger… Bref, on était bien contents de les avoir (ne serait-ce que pour les longues heures de trajets en train entre la Suisse et l’Ecosse!).

Autre objet fort utile: un petit sac ultralight Bowengo. Il ne prend quasi pas de place lorsqu’il est plié, et c’était très pratique pour transporter nos valeurs et nos affaires lors de nos jours de repos et en ville.

Je les ai déjà mentionnées dans la section “Chaussures”, mais nos sandales ont aussi été super pratiques. En ville, lors des jours de repos, en camping… c’était vraiment top de les avoir, on peut marcher confortablement avec, elles sont légères, ne prennent pas de place, vont dans l’eau… Bref, on les adore.

Et enfin, dernier objet, une banane Cotopaxi. Durant la Diagonale, ce n’était vraiment pas pratique d’utiliser mon natel quand il pleuvait (il est difficile à sortir de la poche du pantalon de pluie, trop haute et donc entravée par la ceinture de hanches du sac à dos) et je ne pouvais pas non plus garder l’appareil photo dehors dans sa petite sacoche en bandoulière, car celle-ci n’était pas waterproof. Avant de se lancer sur le Skye Trail, on a donc acheté une banane pour que je puisse facilement accéder au natel et à l’appareil photo même sous la pluie. C’était aussi pratique pour sortir rapidement des mouchoirs, du baume à lèvres et des barres de céréales. La banane n’est pas entièrement imperméable, donc je mettais les trucs à ne pas mouiller dans un sachet ziplock, et ça allait très bien. Bref, un petit ajout que je n’ai pas regretté!

Sur le Skye Trail, avec ma nouvelle banane Cotopaxi (noire et peu visible sur la photo, mais je n’ai pas trouvé mieux)

Et voilà, félicitations si vous avez atteint la fin de cet article à rallonge! 😉
Maintenant que j’ai longuement disserté sur ce qu’on avait pris avec nous, je me réjouis de bientôt vous raconter cette aventure avec plus de détails, de photos et d’anecdotes. A bientôt!

Scot21#4 Pluie sans accalmie

Dernier jour de trek, nous voici!

Camban bothy

Durant notre nuit dans le bothy de Camban, on a été bercés par un vent fort et une pluie incessante tambourinant sur le toit, qui nous ont rendus encore plus reconnaissants d’être à l’abri.

Au réveil, je sors faire pipi, en m’extasiant devant la vue comme la veille, et qu’est-ce que je vois sur le sentier, à 200m à peine? Quatre personnes qui avancent dans ma direction! Haha, on ne croise quasi personne pendant deux jours, mais bien sûr c’est quand je fais pipi en contrebas du chemin, pas du tout cachée, que des humains apparaissent! ^^’
Bon, finalement ils ont bifurqué bien avant ma hauteur, donc je n’ai pas eu l’embarras de devoir leur dire bonjour, ouf. ^^
On les voyait depuis le bothy pendant qu’on prenait notre petit-déj’, et on pense que c’était des travailleurs venus planter des arbres ou autre, car ils transportaient des gros sacs qui ressemblaient à de la terre.

La pièce du bothy où on a dormi

On a rempli le carnet du bothy, qui en était à sa toute dernière page, et on s’est amusés à lire les derniers messages. Deux jours plus tôt, des étudiants de Lairig de l’Uni d’Aberdeen étaient dans le coin et se sont réfugiés dans le bothy pour manger à midi, héhé. D’autres ont écrit une parodie de la chanson “Jolene”, ce qui fait que je l’ai fredonnée dans ma tête quasi toute la journée. Presque tous les messages mentionnent la pluie et la force des éléments — ce qui me fait sourire car c’est aussi ce qui ressort de mes derniers titres d’articles. ^^

On a plié bagages et quitté le bothy pour notre dernier jour de trek, sous une pluie quasi constante et un fort vent de face. Les gouttes de pluie attaquaient nos visages comme des millions de mini baffes froides, haha. Si on avait eu des masques de ski avec nous, on les aurait mis!

Ces couleurs 🙂

La météo était si humide et violente que je n’ai pas sorti l’appareil photo de la journée, c’est dire! En revanche, j’ai pris plein, plein de photos avec mon natel, car les paysages étaient trop beaux — même que la plupart des images sont floues, à cause du vent.

On s’est émerveillés toute la journée devant les magnifiques paysages: grosses cascades, méandres de rivière, jeunes forêts, incroyables couleurs d’automne, avec quelques grives, rouge-gorges et autres passereaux, et un cincle plongeur et un héron à la toute fin du trek!

On a changé de bassin versant, et ce n’est plus la rivière Affric que l’on longe ce jour-là, mais le cours supérieur d’Allt Grannda et Allt Cam-ban. La plus grande cascade d’Allt Grannda est impressionnante, mais les photos ne lui rendent malheureusement pas justice.

Nous traversons des coins magnifiques. Le sentier devient de plus en plus intéressant et raide alors que nous descendons vers les gorges d’Allt Grannda, après la cascade.

Les sommets du Kintail, une région qu’il me tarde d’explorer davantage!

En effet, le sentier s’est fait plus montagnard du bothy jusqu’à Glenlicht, avec pas mal de dénivelé négatif. Ce changement faisait du bien, il fallait plus se concentrer pour marcher et donc on était moins en mode “pilote automatique sous la pluie”. 😉

On a traversé un nombre incalculable de torrents et rivières, et le sentier était souvent inondé. Résultat: pieds mouillés. En plus de la semelle intérieure à changer, il faut donc que je regarde pour réimperméabiliser mes chaussures. ^^

Deux passerelles nous ont permis de traverser les gorges d’Allt Grannda puis le torrent Allt Lapain pour passer sur la rive gauche de la rivière Croe. Là, juste avant Glen Licht House (fermée, qui appartient à un club de mountaineering), on s’est réfugiés quelques instants dans des ruines pour manger une barre de céréales. On n’avait rien mangé depuis plusieurs heures, mais la pluie et le vent ne donnaient pas envie de s’arrêter pour un véritable pic-nic.

Les ruines ne protégeaient pas franchement de la pluie, on s’entend, mais elles étaient quand même utiles face au vent.

On a ensuite continué le long de la rivière Croe, belle dans sa large plaine alluviale. Il nous restait 6 km le long de Gleann Lichd avant d’arriver à Morvich, le point final du trek. On a commencé à sentir qu’on se rapprochait de la fin lorsqu’on a vu du bétail paissant tranquillement vers la rivière — et au milieu du chemin, aussi.

Vers Morvich, le village marquant la fin officielle du trek, on a échangé quelques mots avec un promeneur et son chien, qui nous a lancé un “Well done!”. Mais la marche n’était pas tout à fait finie pour nous. On a encore eu un long moment sur la route pour rejoindre Glenshiel et son camping.

En chemin, on se réjouissait de s’arrêter au Kintail lodge pour se réchauffer avec un bon chocolat chaud (ainsi qu’avec un petit repas au pub le soir), donc ce fut la grosse déception de découvrir qu’il était fermé. C’était sa première semaine de passage à l’horaire d’hiver, durant lequel le lodge n’est ouvert que le weekend.

Un mouton curieux, juste avant d’arriver à Morvich

A la place, on a donc directement rejoint le camping (ce qui signifiait encore 1,6 km de marche sur la route, clairement parcouru en mode pilote automatique, car on n’avait plus trop d’énergie à ce stade, notre moral étant un peu sapé par la pluie et le goudron). Au programme de la soirée: douche, cuisine et repas dans l’auvent de la tente. Le camping de Glenshiel a l’air d’être un coin sublime, mais entre la nuit, la pluie torrentielle et la fatigue, on en a peu profité.

Ces couleurs, encore! 🙂

Après manger, on n’a pas fait long feu, et je me rappellerai encore longtemps du plaisir de me glisser dans le sac de couchage et de sombrer profondément dans le sommeil!

La rivière Croe juste avant son embouchure avec Loch Duich, un loch salé

C’était donc déjà la fin de ce premier trek en Ecosse, mais sûrement pas le dernier, même si on aurait clairement préféré en célébrer la fin au pub avec un bon repas chaud et une pinte! 😉

Loch Duich, le long de la route entre Morvich et Shiel Bridge

Et ce n’est pas tout à fait la fin de cette rétrospective, puisqu’on a encore passé quelques jours à Edimbourg et Glasgow après notre randonnée. Mais ça, ce sera pour de prochains articles! 🙂

Scot21#3 Pluie et accalmies

C’est parti pour la suite du récit de notre trek sur l’Affric-Kintail Way en octobre 2021! Je reprends directement là où je m’étais arrêtée à la fin de l’article précédent.

Après une nuit plutôt mouvementée, la pluie et le vent fouettant inlassablement la toile de tente, je me suis réveillée à 7h20 en pleine accalmie.

Je saisis alors ma chance et sors faire pipi au sec. Et là, wahou, quelle claque! En arrivant la veille, entre la bruine et l’obscurité (il était 18h15 quand on a planté la tente), je n’avais pas remarqué à quel point le lieu était enchanteur, entre deux lochs entourés de montagnes.

Je retourne dans la tente pour récupérer l’appareil photo. Il fait encore un peu sombre, mais qu’est-ce que c’est beau! Je m’extasie devant le paysage. Lochs, montagnes, cascades et silhouettes de pins majestueux. Sphaignes et lichens tapissent le sol. Je vois brièvement la lune entre deux nuages.
Je pense aux poètes qui se sont sentis inspirés par les Highlands. Comme je les comprends.

C’était vraiment un de ces moments où j’ai l’impression que mon coeur pourrait exploser tellement il est rempli de bonheur. Cela m’arrive souvent dans la nature, et souvent quand il y a du vent. ♥

Happy selfie 🙂

Avec le retour de la pluie, je retourne dans la tente retrouver José, encore blotti dans son sac de couchage. Le bruit de la pluie qui tombe sur la tente ne nous motive pas trop à nous lever, et en plus c’est dimanche, donc grasse mat’ autorisée! 😉

On a récemment découvert la chaîne youtube “Fit for Adventure”. Sarah, une Galloise, y partage ses aventures de bivouac, trek, vélo, paddle et plus! En août dernier, elle a marché le Cape Wrath Trail, un des treks les plus exigeants et magnifiques d’Ecosse: 370 km de Fort William à Cape Wrath. Durant ce trek, elle mettait son réveil à 5h du mat’, ce qui nous a bien fait sourire avec José. Bon, il faut dire qu’entre août et octobre, le soleil ne se lève pas non plus à la même heure. ^^’

Le selfie du petit-déj’ dans l’auvent (avec un photo-bomb de graminée)

On a finalement émergé de nos cocons à l’accalmie suivante. Petit-déj’, pliage de tente, et encore quelques photos dans ce lieu magique que j’ai eu de la peine à quitter!

Toute la journée, le ciel nous a offert un spectacle aux multiples rebondissements, de la pluie et des accalmies en alternance et, chouette corollaire lorsqu’il y a un peu de soleil, plusieurs arcs-en-ciel!

Les quelques mémorables glorieux moments de lumière ont bien éclairé cette deuxième journée de marche, pluvieuse mais aux paysages magnifiques. Allez, c’est parti pour l’avalanche de photos, entre rares rayons de soleil et nuages obscurs.

Alors qu’on longeait encore le splendide loch Affric, on s’est fait dépasser par… un petit fourgon, à notre grande surprise! ^^ Il se dirigeait vers une maison isolée située après le loch. Et isolé, c’est le mot, quand il y a juste un chemin à peine carrossable qui mène chez soi. On a aussi vu une cycliste, mais sinon on n’aura pas croisé âme qui vive de la journée, si ce n’est un lagopède d’Ecosse, quelques passereaux (dont des grives), un rapace non identifié (mais qui ressemblait fortement à un aigle royal!) et deux grosses limaces noires.

Le bout du loch Affric était vraiment splendide, adjacent au petit Loch na Camaig, séparé de son voisin par une digue naturelle. Sous nos yeux se dévoile une superbe mosaïque de petits îlots herbeux et d’eau.

Après le loch Affric, on a suivi la rivière dans sa merveilleuse plaine alluviale, avec méandres et petits bras secondaires.

Le chemin se fait plus humide, voire carrément inondé, mais aussi un peu plus intéressant, de plus en plus étroit.
On zigzague entre les flaques d’eau et les coins tourbeux, ça fait des petits challenges sympas qui animent la marche! 😉

Après une petite pause pic-nic face à la rivière, entre deux averses, on est passés devant l’auberge de jeunesse de Glen Affric, à Alltbeithe, qui est réputée pour son isolement — puisqu’il faut environ 3-4 heures de marche pour l’atteindre depuis le parking le plus proche. Elle était déjà fermée à cette période de l’année, mais ça a l’air d’être un très chouette endroit où rester quelques jours, pour avoir le temps de bien explorer les environs — et notamment les sommets alentour!

La marche continue le long de la rivière. Le temps se fait de plus en plus maussade, le ciel s’assombrit gentiment, mais les paysages sont toujours aussi envoûtants.

On arrive aux croisements de plusieurs affluents qui se jettent dans la rivière Affric, nous offrant de jolies cascades au passage.

La vue depuis une passerelle bienvenue

Un peu avant 17h, après avoir traversé environ 150 torrents, ruisseaux et bouts de sentier inondés, on aperçoit Camban bothy, avec son toit rouge.

Camban bothy, c’est notre abri pour la nuit.
Après toute cette marche sous la pluie, on est bien contents d’arriver (surtout que j’avais des cloques sous les talons, un truc que je n’avais jamais eu, sans doute à cause de l’état désastreux de mes semelles intérieures… que je n’ai toujours pas changées, d’ailleurs, mais il faut vraiment que je le fasse).

On va faire le plein d’eau dans un torrent puis on s’installe dans le bothy, désert. Il y a plein de petits trucs laissés par de généreux précédents visiteurs, dont du chocolat chaud instantané Cadbury à l’eau — du véritable bonheur en poudre! Sur le moment, avec le froid, c’était le meilleur chocolat chaud (en poudre) de ma vie, et il nous a bien réchauffé l’âme.

C’était la première fois qu’on restait dans un bothy écossais.
J’ai dormi dans plusieurs refuges des divers Mountaineering clubs du pays, mais les bothies sont plus rudimentaires. Sauf exceptions, il n’y a dans les bothies ni eau courante ni électricité, mais ils sont en libre accès, avec possibilité de laisser un don si on veut/peut.

Merveilleux monde de chlorophylle

C’était donc notre première expérience en bothy et on n’a pas de point de comparaison, mais on a trouvé Camban bothy très bien aménagé, avec deux pièces, chacune avec une cheminée et du charbon de bois (mais on n’a pas fait de feu, en l’occurrence). Il y avait des cordelettes pour suspendre des affaires, un super chandelier avec des bougies, une grande table. La prochaine fois qu’on prévoit de dormir en bothy, on essaiera de penser à prendre des bougies pour ravitailler le stock!

Dehors, le vent et la pluie ont repris de plus belle, et on est d’autant plus contents d’être à l’abri. On a mangé nos plats déshydratés (à nouveau un très bon, du boeuf à la hongroise, et un vachement moins bon, du sauté de boeuf aux haricots), feuilleté un peu le carnet du bothy, puis on n’a pas tardé à se coucher!

Les alentours du bothy, avec une ruine

Dans le prochain article, je vous raconterai la dernière étape de ce trek! 🙂
Bye!

Scot21#2 Bruine et forêts

C’est parti pour la suite des aventures écossaises en octobre dernier!

Après une très bonne nuit de repos à Inverness, nous avons rejoint la gare routière au petit matin. En attendant notre bus, une locale nous a tapé la causette — mais on n’a pas tout compris. ^^ On pensait qu’elle attendait aussi le bus, mais en fait non, on a l’impression qu’elle venait là juste pour voir du monde (même qu’à 7h30, il n’y avait que nous ^^).

Nous avons pris le bus jusqu’à Cannich, un village à l’ouest du loch Ness. La nuit a laissé place au jour, les lueurs roses à l’horizon sublimant la silhouette des montagnes.
Pour se réchauffer un peu avant le départ, on a pris des chocolats chauds à l’épicerie du coin, avant de se lancer pour trois jours de trek!

L’Affric-Kintail Way est un petit trek d’environ 70 km, conçu en quatre étapes. On avait décidé de sauté la première, déjà car on avait peu de temps, et aussi car il paraît qu’elle est peu intéressante, dominée par des plantations et avec pas mal de sections sur la route.
On a donc fait environ 50 km en tout, de Cannich à Morvich.

Selfie quasi obligatoire avec le panneau 😉

On a choisi ce trek pour son bon rapport facilité/dépaysement. Il traverse le superbe Glen Affric, connu pour ses fragments de forêt calédonienne, avec très peu de dénivelé et un chemin balisé tout le long. C’était notre première marche de plusieurs jours en Ecosse, donc on ne voulait pas commencer avec un itinéraire trop exigeant. Eh bien on est très contents, car c’était exactement ce qu’il nous fallait! 🙂

Après avoir traversé le petit village de Cannich et une courte section de route, d’où on a entendu les meuglements sonores d’un troupeau de vaches, on a rejoint un large chemin au milieu d’une ancienne plantation.

Régulièrement, des red grouse (le lagopède d’Ecosse) s’envolent à notre arrivée, pour se dissimuler dans les fougères brunies par l’automne. Les sous-bois sont pleins de vie, notamment peuplés de grives et d’autres passereaux, et parsemés de petits fossés inondés et de mares.

Après un petit moment, on a fait un détour pour aller voir des ruines très en ruine et on en a profité pour faire une petite séance photo avec nos sacs à dos!

L’itinéraire nous a ensuite fait emprunter un superbe petit sentier dans la forêt jusqu’aux Dog Falls, des petites chutes d’eau sur la rivière Affric. On y a croisé des humains pour la première fois depuis le début de la rando, car il y a un parking avec plusieurs départs de marche. C’est d’ailleurs un chouette endroit où retourner une prochaine fois!

Après une petite pause ‘cookie’ au bord de la rivière, c’est reparti!
Le sentier monte un peu et nous offre rapidement une splendide vue sur Loch Beinn a’ Mheadhoin, un beau loch parsemé d’îles boisées.

Point de vue sur Loch Beinn a’ Mheadhoin

Le chemin longe la rive sud du loch. Partout, des pins, des bouleaux, des lichens, mousses et fougères, et plein de champignons! Des rouges, des orange, bruns, noirs, blancs, des minuscules et des énoooormes!

Glen Affric est connu pour ses magnifiques Scots pines (pins sylvestres), dont certains très anciens (appelés “granny pines”, huhu). C’est l’une des rares vallées où on trouve encore des vestiges de la forêt calédonienne, qui recouvrait autrefois quasi toute l’Ecosse.

On dit même qu’à l’époque, un écureuil roux pouvait voyager de Lockerbie (vers Dumfries, tout au sud de l’Ecosse) jusqu’à Lochinver (en Assynt, le nord-ouest) sans jamais toucher le sol, tant les forêts formaient alors des ensembles connectés.

Au fil de la marche, on s’émerveille toujours autant devant la richesse du sous-bois. La bruyère, les mousses, les arbustes… J’imagine des botanistes en train de faire des inventaires, avec leurs quadrats débordant de vie. Je me vois aussi passer la journée là avec l’objectif macro. Toutes les plantes, toutes les possibilités! Dans les fossés, sur chaque vieille souche, se dévoile tout un monde.

La seule chose qui aurait pu rendre la journée encore plus belle, ç’aurait été un peu de lumière! Contrairement aux prévisions météo (soleil-nuages), il a beaucoup bruiné. Après manger, on a donc enfilé les pantalons de pluie, qui ne nous ont quasi plus quittés du trek!

En fin d’après-midi, on a atteint le bout du loch Beinn a’ Mheadhoin, près duquel se trouve également un parking, le tout dernier du trek. On a donc recroisé quelques familles, venues admirer les quelques rapides de la rivière Affric.

On est ensuite passés devant le majestueux Affric lodge, qui se trouve au bord est de notre second loch du trek: le magnifique loch Affric. Dans la bruine et l’obscurité qui approche, j’imagine à quoi peut bien ressembler l’intérieur du lodge. Sûrement de la moquette et des banquettes bien cosy pour siroter un whisky, avec vue sur le loch.

On admire la belle étendue d’herbe plate où paissent des poneys, en se disant qu’il faut gentiment qu’on cherche un endroit où planter la tente.

On voit bien quelques emplacements sur le bord du chemin, mais rien de bien fou-fou. On commence à explorer, et on trouve finalement un chouette coin entre loch Affric et le petit loch Salach a’ Ghiubhais.

Et ça tombe bien, parce que le vent se lève avec force, la nuit tombe, puis la pluie décide de faire son apparition.
On a mangé dans l’auvent, heureux d’être à l’abri des éléments et d’avoir passé une si belle première journée de trek dans un endroit si beau. ♥

On a mangé des plats déshydratés de la marque trek’n eat. On en avait déjà goûté deux lors d’un bivouac dans le massif de la Chartreuse plus tôt dans l’année et on avait été agréablement surpris, donc on pensait naïvement qu’ils étaient tous délicieux. ^^’ Ce soir-là, on a donc dégusté un délicieux Tikka massala, mais aussi un horrifiant curry au goût de médicament à l’ananas. Oh well!

Cela n’a pas entaché notre bonne humeur, et on s’est endormis dans la tente ballottée par le vent…
La suite une prochaine fois! 🙂