Scottish Diagonal #22 Joyeux train-train de trek

Bonjour tout le monde!
Alors qu’on entre dans le mois de décembre et que l’obscurité prend toujours plus de place, c’est parti pour le récit d’une deuxième journée ensoleillée sur le Cape Wrath Trail!

Après une bonne nuit au bord de la rivière Cona, on se réveille tranquillement vers 7h30, on plie la tente et on mange un bon et nourrissant flapjack en guise de premier petit-dèj.

On commence à marcher à 8h30, peu après Hendrick, notre voisin de campement. On s’enfonce un peu plus dans Cona Glen, toujours aussi splendide: vieux pins, petites chutes d’eau, tariers pâtres, encore une vipère (et deux autres écrasées sur le track, beuh), des patches de droséras tous plus beaux les uns que les autres (je n’arrêtais pas de m’extasier!), des lézards et grenouilles, et aussi des bécassines des marais!

Cet oiseau fait vraiment des sons incroyables. La Station ornithologique suisse propose d’ailleurs cette super description sur sa page en anglais: “you can hear its typical “drumming” sound, like the bleating of a sheep or goat, which is produced during its courtship display by vibrating its tail feathers. This peculiar sound gave the Common Snipe its German name “Himmelsziege” (sky goat).” C’est décidé, maintenant je vais aussi appeler les bécassines “chèvres du ciel”, haha!

Puis le track a laissé place à un sentier qui nous a fait prendre de la hauteur et passer un col en contrebas de Meall nan Damh. C’était boggy par endroits, José a même réussi à s’enfoncer jusqu’à la cheville (un sacré exploit vu la sécheresse du sol après des semaines sans pluie)!

Durant la descente de l’autre côté, on fait une pause pour notre deuxième petit-dèj’ (en bons hobbits que nous sommes): porridge et chocolat chaud. On était si bien, au soleil sur notre rocher, qu’on a même décidé de faire une “petite” sieste. Résultat, on a dormi 40 minutes, haha! ^^’

La perspective de manger un bout de cake au Visitor Centre de Glenfinnan (le dernier établissement avant plusieurs jours) nous motive finalement à nous remettre en route. 😉

On retrouve de beaux vieux pins le long de la rivière Allt na Cruaiche puis de la rivière Callop. Nous rejoignons un autre Forestry Track: c’est moins intéressant, mais on progresse plus vite. On croise de nombreuses libellules, dont une probable Aeschne et deux Cordulegaster boltonii. Il y a aussi plein d’oiseaux, dont une bergeronnette, un héron et un grand rapace non identifié.

On emprunte ensuite un sentier bucolique qui nous fait gravir une mini colline, Torran Ghiubhais, couverte de vieux pins (dont un tombé, sous lequel on a presque dû ramper pour passer ^^). Il s’est avéré plus tard qu’on n’était pas obligé de passer par là pour rejoindre Glenfinnan, mais on n’a eu aucun regret, c’était si beau (et ça nous a permis de quitter le track plus tôt)!

On traverse le nouveau pont au-dessus de la rivière Callop (qui avait rouvert il y a quelques semaines seulement — avant ça, il fallait faire un détour par la route, donc on était super contents de pouvoir l’emprunter!) et nous voici au Glenfinnan Monument, puis au Visitor Centre du National Trust.

Glenfinnan Monument

On se pose sur la terrasse du café (qui donne sur le parking, pas super paisible) pour manger une patate garnie, un donut au spéculoos et une glace au choc’. Eh ouais, rien que ça, haha! 😉 On est arrivés au moment du passage du Jacobite Steam Train et la foule a donc débarqué quelques minutes plus tard, c’était un peu “overwhelming”. On ne s’est donc pas trop attardés: une fois nos réserves d’eau remplies, on est repartis.

On a quand même fait un petit détour pour aller voir la vue sur le viaduc de Glenfinnan, le fameux pont sur lequel passe le Poudlard Express dans les films Harry Potter. En redescendant, on a vu un train ScotRail qui passait, et qui a fait sonner son sifflet pour saluer les gens au point de vue (même quand ce n’est pas l’heure du Jacobit Steam Train, il y a toujours du monde dans ce coin!).

On continue notre route en remontant la rivière Finnan et on croise plusieurs biches et cerfs. Puis on arrive au Corryhully bothy, juste en dessous de Glenfinnan Lodge (dont émanent des odeurs de friture qui nous chatouillent les papilles, quelle cruauté! ^^). On retrouve Hendrick, qui a planté sa tente au bord de la rivière. On fait pareil, car l’intérieur du bothy donne peu envie (même qu’il y a l’électricité, donc on charge un peu les batteries), puis on va se promener un peu.

Il y a des coins de baignade qui ont l’air vraiment pas mal dans la rivière Finnan, mais il fait un peu frais et il est déjà 19h30 passées, donc on retourne à la tente pour manger de la polenta avec une sauce peppercorn vraiment très poivrée. ^^

Une mésange bleue passe, un jeune cerf broute pas loin, le soleil passe derrière la montagne. Il y a trois autres duos de randonneurs, mais c’est quand même paisible, jusqu’à ce que les midges lancent une attaque groupée qui nous a fait passer le reste de la soirée dans la tente! 😉

Et voilà, c’était notre deuxième journée sur le CWT! A bientôt pour la suite de l’aventure… 🙂

[Distance Jour 24: 20.9 km et 479 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 465.2 km]

Scottish Diagonal #21 Heaven is a place on Earth

Bonjour tout le monde!
Ça y est, c’est enfin le moment de commencer à vous raconter notre expérience du Cape Wrath Trail (CWT pour les intimes). Don’t get me wrong, on a vraiment adoré toute notre Diagonale écossaise (enfin, un poil moins les longs canaux du John Muir Way ^^), mais le CWT est quand même la partie qui nous a le plus marqués. En termes d’aventure, c’était clairement un cran au-dessus des autres sections du trek.

Parcours de notre première semaine sur le CWT

Notre première journée sur le CWT a été vraiment magnifique. Elle a commencé à Fort William, par des pancakes chez The Old Deli — bah oui, il fallait bien emmagasiner de l’énergie pour les jours à venir! 😉

Comme à peu près partout en Ecosse, l’établissement proposait… un menu pour chiens, “The Woofchester’s”, haha! Mais bon, on s’en est tenu aux pancakes pour humains. ^^’

Pour rallier le départ du CWT, il faut prendre un petit ferry qui relie Fort William à Camusnagaul, de l’autre côté de Loch Linnhe. On a pris la traversée de 10h30, accompagnés de plusieurs cyclistes (dont un Ecossais qui faisait le tour de l’Ecosse à vélo) et d’un couple de Parisiens qui commençaient aussi le CWT — ils n’avaient prévu que deux semaines pour faire tout le trail, donc ils ont filé à peine débarqués et on ne les a plus jamais revus. ^^’

Arrivés de l’autre côté du loch, on commence la marche, sur la route et sous un ciel radieux. Un agneau hyper jeune et ultra mignon court vers nous en bêlant (on a plutôt l’habitude de voir les moutons fuir à notre approche). Bon, on ne sait pas s’il disait “coucou, venez me voir!” ou “barrez-vous de chez moi!”. ^^

La vue sur Ben Nevis est superbe! En revanche, vous commencez à nous connaître, on n’est pas fan de la marche sur le goudron. Heureusement, José a repéré sur OS maps un sentier nous permettant d’éviter une partie de la route, donc on a bifurqué dessus.

On se pose sur une petite colline pour manger des chips au haggis (trouvées dans notre chambre d’hôtel) et des morning rolls achetés à FW avant le départ. Un avion de chasse passe tout près et file vers Ben Nevis, c’était impressionnant (le bruit, notamment!).

Le sentier a l’air d’être surtout emprunté par des cerfs (il y a plein de traces) et il est étonnamment boggy malgré la sécheresse, mais il est superbe: belle forêt, mare peuplée de libellules (on a même vu une Aeschne des joncs fraîchement émergée!), vues sur le Loch Linnhe (et quelques fermes de poissons)…

On a vu énormément de droseras, les plus grands et vifs que j’ai jamais vus (et ce n’était que le début!). On a aussi croisé plein d’oiseaux, dont des pinsons et chardonnerets.

Bon, entre les traces de cerfs et le bracken (les grosses fougères), il y a aussi pas mal de tiques, et on doit régulièrement les virer de nos pantalons.

De retour sur la route, on aperçoit deux busards et un grand rapace (peut-être un aigle royal), ainsi qu’un rocher que j’ai d’abord pris pour un phoque (exciting stuff ^^). Il y avait aussi une branche en forme de bébé Nessie, héhé. On croise un mec qui nous prévient que les vipères sont de sortie avec le beau temps, donc on ouvre l’oeil. Mais à la place des serpents, on voit surtout des biches, qui paissent vers les marais salants.

On bifurque vers l’ouest et la route se transforme en track, le long de la rivière Cona.

On revoit des biches, dans un décor idyllique: étang, rhododendrons en fleur et montagnes en arrière-plan. Magique. ♥

On descend se tremper les pieds dans la rivière et manger une barre aux noisettes et chocolat noir, yum! Un héron en vol se pose pas loin de nous, les Pyrrhosoma nymphula (aka “petite nymphe au corps de feu”, une belle demoiselle rouge) pondent, on se sent en paix. ♥

Plus tard, on rencontre Hendrick, un Berlinois qui commence aussi le CWT, en solo. On fait un petit bout de chemin en discutant, avant de le laisser partir devant car on a déniché le paradis: un coin de baignade idyllique dans la rivière Cona.

Il y a une belle pool assez profonde pour nager et qui mène à une mini cascade. On se sent si heureux, on s’octroie un merveilleux skinny dip. L’eau est tellement bonne qu’on y reste un bon moment, jouant avec le courant de la petite cascade.

On finit quand même par sortir de l’eau et se rhabiller pour continuer.

Ce glen est vraiment splendide, je n’en reviens pas de n’en avoir jamais entendu parler avant.

Il y a de magnifiques pins sylvestres et vieux chênes, la rivière est incroyable, le sentier est truffé de droséras…

Ça nous rend si heureux de voir des pans de forêt calédonienne! Il en reste si peu…

Certains randonneurs sautent la première étape du CWT et commencent directement à Glenfinnan. Personnellement, je pense que Cona Glen vaut carrément le coup et est un superbe début pour le CWT (surtout que je dis rarement non à une petite traversée en ferry, héhé).

On passe devant Corrlarach bothy, qui est fermé (c’est apparemment souvent le cas) mais très beau. Surprise, une vipère se prélasse au soleil devant l’entrée, héhé! J’ai juste le temps de la filmer avant qu’elle disparaisse.

Il est 18h40 et on commence gentiment à avoir faim, donc on continue jusqu’à un replat vers la rivière. Hendrick y a déjà installé sa tente, mais il y a de la place et ça ne le gêne pas, alors on pitche à côté.

Pins, rivière Cona, quelques bluebells… C’est un super spot. José filtre de l’eau et on mange deux plats “Adventure Food” vraiment bons (ce qui n’est pas toujours le cas avec cette marque… ^^): pâtes bolo et chili con carne.

Puis j’écris dans le carnet et on étudie l’étape du lendemain. Les midges nous forcent finalement à nous réfugier dans la tente et on procède à un méticuleux “tick check”. Malgré le grand nombre de tiques observées (et pichenettées) durant la journée, on en trouve juste deux minuscules sur moi (un plutôt bon score, je trouve).

On s’est endormis paisiblement, bercés par le murmure de la rivière. Je vous laisse avec les derniers mots du carnet: “Quelle merveilleuse première journée du CWT, quel bonheur. ♥”

[Distance Jour 23: 20.3 km et 340 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 444.3 km]