Scot25#50 Wandering under rain and sun

Bonjour tout le monde!
Il y a une semaine, José et moi sommes rentrés de deux superbes semaines de vacances en Ecosse. J’ai trop hâte de vous raconter tout ça, mais d’abord il faut que je finisse cette rétrospective 2025, alors c’est parti pour la suite du récit du Skye Trail! 😉

On a très bien dormi au coeur de Glen Sligachan, malgré le spot un peu “wonky” et la pluie qui a débarqué durant la nuit. Vu qu’il pleuvait et qu’on avait peu de kilomètres à parcourir ce jour-là (et, qu’en plus, c’était dimanche ^^), on a fait un peu la grasse mat’ et c’était très chouette.

Un rayon de soleil qui chauffe la tente entre deux averses nous motive quand même à nous activer. La lumière dans le Glen est superbe, très changeante, tout comme les nuages qui recouvrent les pics, nous laissant juste les apercevoir de temps à autre.

La pluie a transformé le paysage — comme dans le Knoydart lors de notre CWT, on est épatés par la vitesse à laquelle l’eau métamorphose les lieux: des burns et cascades dévalent les pentes des montagnes, la rivière Sligachan est désormais bien en eau (on ne voit même plus ses bancs de gravier rouge) et même le sentier se prend pour un cours d’eau. Le retour de la pluie marque aussi le retour des crapauds sur le sentier. 🙂

On a vite les pieds mouillés (surtout que la pluie a repris pile quand on a commencé à marcher, vers 11h) mais on se sent bien. C’est le retour des “river crossings” et il y en a juste un qui ne me plaît pas trop, avec des rochers un peu hauts, mais je m’en sors et les traversées suivantes sont bien plus faciles.

La pluie décide même de faire une pause et laisse l’opportunité au soleil de nous rendre visite. Wow, on s’émerveille devant la lumière qui fait briller les roches lisses et mouillées (les “slabs of gabbro”) des flancs de montagnes et qui illumine les plages des lochs.

Bog Asphodel

Puis on débouche sur Camasunary Bay et le vent nous frappe de plein fouet. On voit Soay pas loin (une île que je rêve de visiter un jour depuis ma lecture du mémoire d’Anne Cholawo: Island on the Edge: A Life on Soay), ainsi que Rùm (aux Cuillins dans les nuages, comme d’hab), Eigg et même Muck, un peu hazy dans le lointain.

Il y a trois bâtiments face à la baie, dont une maison privée et un bothy. On s’abrite dans ce dernier pour manger notre porridge et on discute avec les quatre autres personnes présentes, dont deux Allemands qui font aussi le Skye Trail (mais eux veulent dormir au bothy et faire l’option via Blà Bheinn, qui coupe par la montagne plutôt que de suivre la côte).

Le bothy de Camasunary est très spacieux et sympa, et il y a même des toilettes sèches pas loin, quel luxe! Les autres randonneurs hésitent avec leurs options d’itinéraire et se posent des questions sur les prévisions météo, donc on commande un “weather forecast” avec le Garmin InReach (il n’y a pas de réseau): ouf, c’est censé s’améliorer, avec peu de pluie pour le reste de la journée, et moins de vent.

Puis on dit au revoir et on s’engage sur le sentier côtier pour Elgol, réputé très “aérien” — le guide met en garde qu’il y a eu des “fatalities” et qu’il faut “take great care”.

Il y a effectivement des passages érodés mais franchement ça allait, je n’ai même pas eu le vertige. Comme pour le passage des Falls of Glomach sur le CWT, le guidebook fait bien plus peur que la réalité. ^^’

C’était même plutôt un très beau sentier, parfois escarpé et avec des passages boisés inattendus — ces arbres sont vraiment forts pour réussir à pousser sur ce flanc de falaise battu par les vents!

Belle surprise: un bouvreuil pivoine est venu se poser sur une branche à deux mètres de moi, avant de repartir aussitôt. Je n’en avais jamais vu d’aussi près, ça m’a fait super plaisir! 🙂

On passe par la baie de Cladach a’ Ghlinne, au bout de Glen Scaladal. Ça souffle fort et, comme à Camasunary, la plage de gros galets est jonchée de déchets échoués, arf. On croise une jeune Espagnole qui fait le Skye Trail du sud au nord et vient de planter sa tente. Elle a l’air inquiet et nous demande si on connaît les prévisions météo, donc on la rassure que c’est censé se calmer.

Puis on continue le long de la côte. Derrière nous, on aperçoit quelques pics des Black Cuillins entre les nuages et on devine l’entrée de Loch Coruisk, tout juste hors de vue. Devant nous, les Cuillins de Rùm sont dégagés pendant quelque temps, et on voit désormais l’île de Canna, yeah! 🙂

Les couleurs sont magnifiques, entre le vert vif de la côte herbeuse et le bleu tempête des montagnes. Le sentier lui-même est splendide, avec des motifs incroyables sur les roches.

On continue à longer Loch Scavaig, dont le nom serait une variante du mot Scot stravaig, signifiant “to wander with no particular intent, to roam; explore, experience” — c’est d’ailleurs aussi l’origine du nom du voilier sur lequel on avait vogué en 2024: Stravaigin (rétrospective de ces vacances à venir dans environ 1000 ans ^^).

Un peu après 17h, on atteint le petit hameau et port d’Elgol. On passe devant un B&B avec un panneau “vacancies”, on n’y croit pas (car on avait regardé la veille s’il y avait des options d’hébergement)! Et effectivement, le panneau n’est pas à jour (ce qui remet un peu en cause son utilité ^^), c’est bien complet, haha. Mais le proprio, sympa, nous confirme qu’on peut camper au bord de la rivière Allt Port na Cullaidh, pas loin des toilettes publiques (payantes, 50p.). Le coin est sympa, et déjà bien prisé. Il y a notamment un groupe de cinq tentes identiques, et un mec nous prévient que 20 personnes s’apprêtent à arriver — il s’agit d’un groupe de Français qui font le Skye Trail guidé et avec transfert de bagages, du sud au nord et en cinq jours (en sautant la section entre Broadford et Elgol). Tant pis, on a déjà commencé à planter la tente et, de toute façon, il n’y a pas vraiment d’autres spots à proximité. On finit de pitcher la tenter juste avant un bref retour de la pluie et on mange un délicieux Chili con Carne d’Expedition Foods qui nous réchauffe de l’intérieur. 🙂

Notre spot à Elgol, avant l’arrivée d’un grand groupe guidé

Et voilà, c’était encore une belle journée sur le Skye Trail, malgré le retour tonitruant de la pluie le matin! C’était une petite journée en termes de distance et dénivelé, donc on a bien pu profiter de se reposer et d’admirer les paysages magiques de ce coin de Skye. D’ailleurs, on a désormais une illustration d’Elgol dans notre salon, réalisée par David Fleck et achetée à Edimbourg à la fin de notre voyage. J’adore le travail de cet illustrateur, et José a aussi un T-shirt avec un de ses dessins.

Autre recommandation: José et moi venons de découvrir la chaîne d’Elli Hikes, une YouTubeuse qui fait plein de treks avec son chien, Otto. On aime bien regarder des vidéos de treks qu’on a déjà faits quand la nostalgie nous guette, et l’algorithme YT a géré en nous suggérant les vidéos d’Elli! Elle a notamment marché le Skye Trail en avril 2025, sous un soleil incroyable, et c’est chouette à regarder. 🙂

[Distance Jour 6: 13.5 km et 391 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 102.6 km]

Scot25#49 A fine detour to Sgùrr na Stri

Hello!
C’est parti pour la suite de la rétrospective du Skye Trail, que je reprends lors du solstice d’été, qu’on a commencé à Sligachan. 🙂

On n’a pas très bien dormi au camping de Sligachan, à cause d’un groupe qui a fait beaucoup de bruit jusqu’à 2h30 du mat’, c’était pénible. Le matin, on a donc commencé par boire un mocha (la réception du camping a une vraie machine à espresso!) et manger un muffin avant de plier la tente et partir sans stress à 9h. Malgré le boucan nocturne, c’était un bon camping, on a même pu charger nos batteries — par contre on entendait aussi pas mal la route.

On traverse la rivière Sligachan sur le fameux vieux pont de pierre (construit entre 1810 et 1818 par Thomas Telford), on passe les statues de Collie et MacKenzie (deux alpinistes célèbres), puis on s’enfonce dans Glen Sligachan.

L’air est lourd et il fait de plus en plus chaud à mesure que le ciel se bouche, les nuages formant un couvercle au-dessus de nos têtes.

Sur notre gauche se dressent les Red Cuillins, et sur notre droite, les Black Cuillins, avec leurs pics acérés.

Vers 11h, on plante déjà la tente. On a en effet des plans qui dévient du Skye Trail: gravir Sgùrr na Stri, un petit sommet de 494 m réputé pour ses vues incroyables.

On laisse dans la tente les affaires dont on n’a pas besoin et on prend juste l’essentiel dans mon sac à dos: snacks, eau, Garmin InReach, waterproofs, lampe frontale, couverture de survie… et, bien sûr, Hallival, notre nouveau compagnon mouton! 😉

José porte le sac et moi juste la banane avec l’appareil photo, je me sens si légère!

On monte d’abord jusqu’à un col proche de Sgùrr Hain, d’où on voit le beau loch a’ Ghoire Riabhaich et déjà un petit bout de Loch Coruisk, héhé! (Ça faisait des années que je rêvais de venir dans ce coin, soit en marchant, soit en bateau jusqu’à Loch Coruisk, donc j’étais vraiment trop contente!)

Au lieu de rallier le loch, on emprunte un autre sentier qui descend un peu puis remonte pour atteindre Sgùrr na Stri. On croise quelques autres personnes en montant mais on a le sommet pour nous tout seuls, et on y passe un bon moment. On se pose sur un des nombreux “slabs of gabbro” (la géologie du coin est ouf!) pour grignoter des noix et avaler une barre de céréales en admirant le paysage.

Comme attendu, les vues sont incroyables, malgré les nuages qui dissimulent un peu les sommets alentour. Ça ajoute un peu d’atmosphère “moody” aux Black Cuillins.

On surplombe d’environ 490 m “the Bad Step”, un passage rocheux notoirement scabreux le long de Loch Scavaig, et Loch Coruisk est visible en entier en contrebas. Il y a quelques bateaux et kayaks au bout de Loch Scavaig. L’eau a des teintes turquoise, c’est si beau. Des taches de soleil se déplacent rapidement à la surface, reflets de la course des nuages qui viennent envelopper les pics de la Cuillin Ridge.

Côté mer, on devine l’île de Rùm (mais pour qu’Hallival puisse voir la montagne dont il porte le nom, il faudra qu’on repasse un jour moins nuageux ^^) et on discerne tout juste Eigg, avalée par la brume. Par temps dégagé, on est censé voir jusqu’à Mull, mais ce n’était malheureusement pas le cas ce jour-là.

Depuis le “vrai sommet” de Sgùrr na Stri, on voyait bien Loch na Crèitheach, qu’on a longé le lendemain, et la baie de Camasunary. On apercevait aussi Elgol et la péninsule de Sleat au loin, mais c’était pas mal hazy.

Le nom anglais de Sgùrr na Stri est “Peak of Strife”. D’après une légende locale, c’était le lieu de vieilles disputes territoriales entre des clans, car la montagne représentait une frontière stratégique entre différents territoires.

Malgré les vues pas optimales, on ne regrette ce petit détour: c’était vraiment beau et ça faisait du bien de marcher un peu sans les gros sacs!

Le spectacle des nuages et du vent est également grandiose: des nuages dansent sur les crêtes et couvrent Blà Bheinn, d’autres sont poussés par le vent depuis la vallée et volent au-dessus du col sur le chemin du retour, c’est hypnotisant.

On croise un groupe de quatre Britanniques qui veulent rejoindre Camasunary mais ne sont pas sûrs de l’itinéraire, donc on sort la carte pour regarder les options avec eux. On croise aussi plein de petites bêtes: des papillons et moths, des coléos et des libellules (à quatre taches et des cordulégastres).

Le reste du retour jusqu’à la tente est un peu laborieux: il fait tellement chaud et lourd, on fatigue et on marche un peu en pilote automatique. On se rince dans un petit burn, ça fait du bien même si l’eau n’est pas si froide. On retrouve le Lochan Dubha, illuminé par instants par des rais de lumière qui balaient le glen, c’est magique.

Ce spectacle de lumière nous donne l’énergie nécessaire pour les derniers mètres avant de retrouver la tente, “tucked in” pas loin du sentier et entourée de bruyère en fleur.

José part chercher de l’eau à un burn (elle est si bonne et claire!) pendant que je gonfle le matelas (rapido, grâce au vent). On observe un faucon qui chasse un passereau dans une bataille aérienne frénétique et sans merci, wow.

On a ensuite mangé un délicieux poulet au curry korma d’Expedition Foods, suivi d’un chocolat chaud et de chocolate digestives en dessert, yum.

On a gardé toutes les écoutilles de la tente ouvertes pour que la brise nous rafraîchisse, et je me suis assoupie alors que j’étais en train d’écrire dans le carnet, avant de me réveiller vers 21h et de lire un peu avant de dormir, comme José.

Hallival dans la bruyère

On se sentait bien fatigués mais c’était une très bonne journée. Et c’est ainsi qu’on s’est endormis heureux, dans le calme de Glen Sligachan, après avoir enfin pu admirer “one of the finest views in Britain”. 🙂

[Distance Jour 5: 19.8 km et 880 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 89.1 km]

Scot25#48 Feeling hot, hot, hot

Bonjour!
C’est parti pour la suite de la rétrospective du Skye Trail. 🙂

Nous avons passé une bonne nuit à Fiurnean, je me suis juste levée à 2h20 pour un petit pipi (la faute aux électrolytes bus le soir, et à mon âge de plus en plus avancé, sans doute! ^^) et j’ai pu admirer un croissant de lune en feu, c’était magique. On sent qu’on approche du solstice, la nuit n’est pas très obscure. J’ai ensuite mis deux heures à me rendormir mais je ne me sentais étonnamment pas fatiguée. On a quand même repoussé le réveil à 7h30, avant de plier bagages sous un grand soleil.

La marche jusqu’à Portree était splendide, toujours le long de la côte, avec ce beau Ben Tianavaig qui donne des airs de fjord scandinave à la baie.

On voit plein de choucas, des corneilles mantelées, des étourneaux et même un grand busard majestueux (voire un petit aigle?).

Moins cool, on voit aussi une grosse “fish farm” avec plusieurs bateaux qui s’activent autour (en faisant des bruits d’hélicoptère). Durant la Diagonale, j’ai lu “The Black Loch”, de Peter May, qui parle notamment des impacts environnementaux désastreux de ces piscicultures en eaux libres. Plus récemment, j’ai aussi lu “The Last Sunset in the West – Britain’s Vanishing West Coast Orcas” de Natalie Sanders, qui parle du déclin de la communauté d’orques vivant entre l’Irlande et l’ouest de l’Ecosse. Elle y parle, entre autres pressions, du risque posé par les “répulsifs acoustiques” utilisés par ces élevages et qui visent à éloigner les prédateurs tels que les phoques, mais causent aussi plein de problèmes aux cétacés.

On a un très bon rythme et on avance plus vite que ce qu’on pensait, malgré les montées/descentes et la bogginess. On commence à longer la baie de Portree. Prés fleuris, sous-bois… c’est vraiment très sympa.

On passe de plus en plus de gens et de bancs, signe qu’on approche de Portree.

On y arrive vers 11h et on enchaîne des petites courses pour faire le plein de snacks. On a goûté des boissons “Whole Earth”, la marque de notre peanut butter préféré, et c’était vraiment bon et rafraîchissant, parfait par ces grandes chaleurs.

On s’est ensuite posés au café Summer — c’était vraiment de circonstance, vu l’ambiance estivale, avec plein de gens en robes et shorts — pour un bon mocha, un sandwich focaccia et un cookie un peu trop sucré.

On réserve un taxi pour 13h, pour sauter une partie des 14 km de “road walking” que comporte l’étape suivante. Le chauffeur a 40 minutes de retard, mais on n’est pas pressés, on se pose vers le square, où des enfants font un concert de musique écossaise à la flûte (on apprend qu’ils ont congé le vendredi après-midi, sympa). Je fais aussi un petit tour dans une boutique, où je trouve des peluches de moutons “Black Face”, avec les cornes. J’en avais vu une en 2022 à Oban et j’avais vraiment regretté de ne pas l’avoir achetée pour agrandir mon troupeau de moutons en peluche, donc cette fois-ci, je n’ai pas hésité, surtout qu’il y en avait une petite, “backpacking size”. On a prénommé notre nouveau compagnon laineux “Hallival”, du nom d’un sommet de Rùm gravi en 2023. 🙂

Puis notre chauffeur de taxi arrive enfin et nous conduit direction The Braes, un lieu important de l’histoire de la lutte des Crofters pour leurs droits. On ne regrette clairement pas notre choix d’avoir skippé cette section: que de la route au soleil, sans franchement de vues. Le taxi nous dépose vers Gedintailor, un peu avant la fin de la route, pour qu’on puisse faire un petit détour par Camas a’ Mhór-bheòil, une jolie plage.

On fait le tour de la mini péninsule, d’où on voit bien le ferry pour Raasay, juste en face. Il y a plein de cormorans sur des petits falaises et stacks, et la côte doit être chouette à explorer en kayak, avec quelques grottes.

Il y a plein de digitales immenses, ployant sous le poids des fleurs et ajoutant des touches roses au paysage, comme la bruyère de plus en plus fleurie.

On marche ensuite 2 km sur la route (comme on est contents de ne pas avoir fait les 12 km précédents!) avant de rejoindre un sentier mi-boggy, mi-caillouteux le long de loch Sligachan.

Il fait si chaud! A un moment, une petite cascade au milieu de quelques arbres offre une oasis de fraîcheur bienvenue.

On guette les rives du loch, en quête de loutre ou phoque, mais on voit juste un canoë et un groupe d’oies cendrées. On fatigue, malgré la “petite” journée, et on est contents d’atteindre le bout du loch, où des moutons paissent au milieu du sea pink des marais salants.

Encore quelques traversées de burns et de boggy pools et nous voici au camping de Sligachan, où on retrouve les Gallois rencontrés sur la Trotternish Ridge.

Après une bonne douche, on mange des tacos au food shack du camping, yum! Puis on n’a pas fait tard, on était pas mal crevés, mais heureux de cette belle journée ensoleillée!

Bye et à bientôt pour la suite!

[Distance Jour 4: 18.8 km et 389 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 69.3 km]

Scot25#47 Up and down, all the time

Hello et bienvenue pour la suite du récit de notre semaine sur le Skye Trail en juin 2025. On continue la rétrospective avec une superbe mais intense journée (c’était notre 2e jour d’affilée à plus de 1000 m de dénivelé positif). 🙂

Durant notre nuit en contrebas de Beinn Edra, nous avons été enveloppés dans un épais brouillard — Skye porte bien son surnom de “Misty Isle”. Je n’ai pas très bien dormi, donc on a repoussé un peu le réveil mais on a quand même réussi à tout plier pour 8h30, sans se presser.

Le ciel était encore bien nuageux durant la matinée, dissimulant des sommets de la Trotternish Ridge, mais on a malgré tout eu droit à de splendides vues et quelques belles lumières!

La géologie du coin a créé des paysages vraiment fous: falaises à pic couvertes de mousses, méandres de rivières en bas, cirques montagneux, cuvettes herbeuses, pics rocheux…

L’itinéraire du jour était simple à suivre: le long de la crête, gravir une colline, descendre de l’autre côté, gravir la suivante… avec des pentes toutes plus raides les unes que les autres, bien sûr. 😉

Ça m’a inspirée pour une petite chanson sur l’air de “The Wheels on the bus”:

♫ The hikers on Skye go up and down,
up and down, up and down.
The hikers on Skye go up and down,
all the time! ♫

On a croisé deux Gallois rencontrés la veille, qui avaient campé un peu avant nous sur la Ridge. Ils étaient très sympas et on les a revus plusieurs fois durant la journée. Du côté des rencontres à plumes, on a vu un beau faucon crécerelle. 🙂

On se pose au sommet de Sgùrr a’ Mhadaidh Ruaidh (593 m) pour notre “second breakfast” (= porridge), durant lequel on est rejoints par un peu de bruine et quelques midges, l’arnaque! 😉

Un peu plus loin, on atteint le sommet le plus haut du jour: Hartaval (668 m). Des sources d’eau semblent émerger directement de la mousse, c’est magique.

Puis on arrive en contrebas du Storr et on rejoint son Old Man. Comme prévu, il y a foule, et c’est une expérience bien différente de notre première visite, en 2016, quand on avait découvert le Old Man of Storr au lever du soleil, dans un cadre paisible et magnifique.

On ne s’attarde pas et on descend le long chemin jusqu’au parking, croisant la foule qui monte et survolés par plusieurs drones. On retrouve aussi les Gallois, qui ont décidé de faire du stop depuis le parking pour pouvoir dormir à Portree ce soir.

Au parking, on fait le plein d’eau et on s’octroie une pause vers une “Coffee shack” à deux pas de là: cappuccino, brownie, blueberry muffin et même carrot cake (celui de trop, un peu écoeurant). Le tout en admirant la vue désormais parfaitement dégagée sur les montagnes de Torridon, wahou!

Puis c’est reparti: on longe un bout de Loch Leathan sur une petite route qui nous amène vers la mini usine hydroélectrique de Bearreraig, d’où la vue est bien belle: falaises couvertes d’arbres (balèzes!), superbe baie, ruine de bothy.

C’est un coin connu pour les fossiles, mais on a la flemme de descendre jusqu’à la plage donc on se contente de l’admirer depuis en haut. Les couleurs sont superbes: digitales roses, roches ocres, végétation d’un doux vert, eau bleu profond… 🙂

On enchaîne avec une section “pathless” dans la tourbière, qui inspire la suite des paroles de ma chanson du jour, toujours sur l’air de “The Wheels on the bus”:

♫ It’s time for another slog through the bog,
through the bog, through the bog.
It’s time for another slog through the bog,
yes, it’s time! ♫

Je peine un peu au début car j’ai hyper mal à la tête, comme un début d’insolation. Mais un paracétamol, la belle lumière et le paysage me font vite aller mieux. C’est si beau!

Le Storr dans notre dos, les îles de Rona et Raasay au soleil sur notre gauche, les Cuillins dégagées au loin, les montagnes du mainland… Toute cette beauté nous fait chanter de bonheur (sur le soundtrack du film “A Knight’s Tale”, notamment)!

Après une ultime pente raide, on atteint Fiurnean, une splendide colline peuplée de moutons Black Face (et de bourdons, syrphes et moths!). On admire Ben Tianavaig un peu plus loin, qui garde l’entrée de Loch Portree, d’où émerge tout d’un coup un énorme bateau de croisière. On ne s’attendait pas à le voir là!

On plante la tente, et il fait si bon qu’on passe la soirée avec toutes les “portes” ouvertes, c’est si agréable!

Le “chicken rice with vegetables” d’Expedition Foods est testé et approuvé, puis on profite d’avoir du réseau pour réserver quelques trucs pour la fin du voyage.

Il faisait tellement beau, j’ai pris un nombre très exagéré de photos de notre campement, haha. On a presque tenu jusqu’au coucher du soleil (vers 22h30) puis on s’est couchés, accompagnés par le bêlement des moutons, les sifflements plaintifs des pluviers dorés et le chevrotement des bécassines.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui. C’était vraiment une de mes journées préférées sur le Skye Trail, et la météo complaisante n’y était sûrement pas pour rien! 😉

A bientôt (j’espère) pour la suite!

[Distance Jour 3: 22.9 km et 1058 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 50.5 km]

Scot25#46 A Landscape of Lava

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective de notre semaine sur le Skye Trail. Je reprends le récit à Flodigarry, où nous avons passé une nuit bien reposante à l’hôtel suivie d’une merveilleuse journée sur Skye. C’est fou, comme un peu de repos et de nourriture font toute la différence!

On a très bien dormi dans le cottage de Flora MacDonald puis on a mangé un bon petit-déj’: porridge / granola et un bacon-black pudding-crumpet stack / mushrooms on toast. C’était délicieux, mais plutôt léger. Ces restos “gastronomiques” ne satisfont pas nos appétits de randonneurs (dommage, vu leur prix). ^^

Le check-out était à 11h et on a décidé de profiter au max de la chambre en retournant se blottir dans le lit tout en regardant une vidéo de Fit For Adventure (“Paddleboarding Knoydart“, qui nous a d’ailleurs méga donné envie d’aller pagayer!).

A 11h, bien reposés, on commence donc à marcher, sous un ciel gris mais sec.

On rejoint Loch Langaig, qu’on longe avant de prendre de la hauteur et de passer un autre plan d’eau: Loch Hasco.

Dans un coin, la bruyère tout autour de nous est calcinée, il a dû y avoir un sacré feu il y a quelque temps.

Nous voilà dans le fameux Quiraing, “a crazy world of cliffs and pinnacles” (dixit le guidebook). C’est vraiment incroyablement beau! On admire les trois célèbres formations géologiques du Quiraing: “the table”, “the needle” et “the prison”.

Alors qu’on était quasi seuls jusque là, on commence à croiser de plus en plus de monde à mesure qu’on se rapproche du parking, mais rien de dérangeant — ça restait moins pire qu’un dimanche ensoleillé au Salève… sauf quand on a rattrapé le “Charity Challenge” de la veille. Le groupe galérait dans une descente un peu caillouteuse et créait des bouchons, mais heureusement on a pu le contourner grâce à un sentier juste à côté (qui était d’ailleurs le vrai tracé indiqué par notre gpx).

On s’est émerveillés devant la vue de la suite de la Trotternish Ridge — qu’on allait parcourir tout le reste de la journée et un bout du lendemain. Lors de notre premier voyage sur Skye, en 2016, on n’avait pas pu s’arrêter car le parking du Quiraing (alors beaucoup plus modeste) était plein, donc ça faisait plaisir de pouvoir revenir et bien prendre notre temps dans ce si bel endroit.

Arrivés au fameux parking, on s’octroie une pause pour manger des burgers servis par un food truck (et acheter des muffins pour plus tard ^^). Puis on attaque la suite de la Trotternish Ridge, yihaa!

Les paysages sont absolument magnifiques, c’est à couper le souffle (et pourtant, ça souffle! ^^).

Ça monte et descend constamment et on s’émerveille à chaque nouveau point de vue. J’ai donc bien sûr exagéré avec le nombre de photos, oups. 😉

Le vent est sans relâche et on s’abrite derrière un pan de mur de pierre pour déguster nos muffins au chocolat au calme. Je trouve que le plus usant avec le vent incessant quand on marche, c’est le bruit (et se faire constamment fouetter le visage, aussi). Heureusement, le vent ce jour-là n’était pas si fort (les moutons Black Face avaient d’ailleurs encore leurs cornes), juste constant.

Le panorama est si riche: on admire la côte vers Staffin, les îles de Rona et Raasay, des lochs, des pointes rocheuses, des falaises…

Ces paysages spectaculaires ont été façonnés par le plus grand glissement de terrain connu en Grande-Bretagne, lié à des coulées de lave basaltique qui ont déstabilisé les roches sédimentaires sous-jacentes formées durant le Jurassique. D’énormes blocs de roche ont alors glissé vers la mer, laissant derrière eux un paysage déchiqueté fait de falaises abruptes, pitons rocheux, cratères herbeux et bien plus.

En marchant sur cette crête, on se sent vraiment transportés dans un autre monde, ou un autre temps, et on s’imagine volontiers croiser des dinosaures — Skye est d’ailleurs un des sites paléontologiques les plus importants du monde. Lors d’un prochain voyage, il faudra qu’on parte en quête des fameuses empreintes de dinosaures fossilisées qui sont visibles sur certaines plages de l’île.

On n’aura pas rencontré de dinosaure ce jour-là, mais par contre on a vu un aigle royal! C’est José qui le repère, alors qu’il vole en contrebas. On a une superbe vue plongeante sur le rapace mais il disparaît vite. Soudain, au détour d’une pente, le revoilà, tellement proche! Nos regards se croisent, quel moment magique. On est tout émus, c’est la première fois qu’on voit un aigle royal d’aussi près, c’est impressionnant. Quelle créature majestueuse!

Image floue exportée d’une mini vidéo que j’ai réussi à prendre lors du premier passage de l’aigle

Cette rencontre nous file un méga boost, même qu’on en n’avait pas besoin: on déborde d’énergie et de joie, je chante à tue-tête sur la crête, ma voix emportée par le vent. ♥

On croise des moutons dans des pentes impossibles (des “MacDesigual” aux multiples couleurs ^^), on observe des traquets motteux et on entend des pluviers dorés siffler plaintivement.

Sur notre gauche, on admire toujours Rona, Raasay et les montagnes de Torridon en arrière-plan. Dans notre dos, on voit encore le Quiraing et Flodigarry au loin, notre point de départ de la journée. Et sur notre droite, à l’ouest, on aperçoit désormais Uig, port où on avait pris le ferry pour les Hébrides extérieures en 2016. On voit d’ailleurs ces dernières tout au fond, quelle sacré panorama!

Peu avant 18h, on atteint le sommet de Beinn Edra (611 m), le point culminant de la partie Nord de la Trotternish Ridge.

Soudain, on entend puis voit un hélicoptère. On remarque un point orange dans la pente raide avant Bealach Uige, derrière nous, et le groupe du Charity Challenge qui marche en direction d’Uig.

On a appris plus tard (et je viens de confirmer l’info avec une rapide investigation sur le groupe Facebook de “Stornoway Search And Rescue”) qu’il s’agissait d’une participante au challenge qui a glissé dans la boue et s’est cassé le péroné, ouch! (oui, je suis vieille, je dis encore péroné et pas fibula…) Heureusement, le sauvetage s’est apparemment super bien passé — et heureusement que ces incroyables groupes de sauvetage existent!

De notre côté, le vent souffle fort et il y a un coin idéal pour planter la tente, donc on s’installe pour la nuit. La lumière vers Uig est si belle, illuminant des pans de mer. Ça m’inspire, j’ai envie de dessiner.

La végétation dans ce coin a un air très alpin, presque arctique, c’est joli. On s’est un peu refroidis en pitchant la tente (et moi en admirant les plantes et en prenant plein de photos, oups), donc on se glisse vite dans les sacs de couchage pour manger un délicieux Thai Green Curry d’Expedition Foods.

Puis on a passé une soirée de bivouac habituelle: écriture, lecture, puis dodo. On était si heureux de cette journée, ça faisait du bien après le creux de la journée précédente!

Dans le prochain article, on continuera notre belle rando sur la Trotternish Ridge, avec une autre journée magnifique! 🙂

[Distance Jour 2: 14 km et 1020 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 27.6 km]

Scot25#45 Direction le bout de Skye

Bonjour tout le monde!
Après une absence d’un mois et demi, je me remets enfin à la rétrospective écossaise 2025. C’est typique: après avoir dit que j’allais essayer de continuer à publier à un rythme hebdomadaire, eh bien je me suis fait happer par le montage vidéo et je n’ai plus touché au blog, haha. ^^ Mais mon petit film avance bien, et avec un peu de chance je devrais le terminer avant le siècle prochain, ha!

Bref, petit récap: après notre super Diagonale écossaise, nous avons passé deux nuits à Inverness le temps de nous ravitailler, puis nous avons pris le bus direction Portree, la plus grande “ville” de l’île de Skye, avec quasi 2500 habitants. Le trajet de 3h15 était très agréable, et scénique: on était assis en haut tout devant, la vue était top! Il pleuvait et ventait, mais on était au sec. 🙂 Et on a aperçu nos premières vaches Highland du voyage, il était temps, haha!

Notre parcours sur Skye: 136 km à pied, et 20 en kayak 😉

Arrivés à Portree, on se fraie un chemin à travers la foule de touristes (il y avait vraiment un monde fou!) pour aller manger au Birch Café, recommandé par Hidden Scotland. Le café était délicieux (et servi dans des tasses en céramique très belles de la poterie Bowbeer, à Edimbourg) et on a mangé des bons petits plats aux ingrédients si frais! On est vraiment épaté par la qualité des cafés sur les îles écossaises, yum.

Une fois repus, on a juste le temps de passer au petit Co-op (malheureusement peu fourni en snacks sains) avant de retourner à l’arrêt de bus pour prendre le 57C de 13h20, direction le nord de l’île. Le trajet nous fait passer par Uig, d’où partent des ferries pour les Western Isles. D’ailleurs, en regardant les options d’itinéraire entre Inverness et le nord de Skye, Traveline (une appli de transports publics britannique) voulait nous faire passer par les Hébrides extérieures (et donc prendre deux longs ferries au lieu de juste un bus ^^), il avait complètement craqué! ^^’

On admire la patience du chauffeur sur les single track roads avec pas mal de trafic. En plus, c’est magique, il se rappelle même de notre arrêt paumé (ça nous change ^^). Après 1h de trajet, on est donc déposés comme prévu à “Shulista Road End”, où se trouve une cabine téléphonique rouge… avec un téléphone fonctionnel à l’intérieur (qui accepte même les cartes bancaires!)! On a tellement l’habitude de trouver des cabines téléphoniques vides ou reconverties en boîtes à livres ou honesty boxes, on ne s’y attendait pas.

Il pleut, mais on est heureux de recommencer à marcher. Nos sacs nous paraissent tout légers, alors qu’on a fait le plein d’eau et nourriture. On croise un bénévole de la MBA (Mountain Bothies Association), qui vient de participer pendant trois jours à l’entretien du Lookout bothy — qu’on se réjouit de visiter le lendemain.

Depuis le haut de falaises aux belles colonnes de basalte, on emprunte un sentier bien raide pour descendre sur Rubha Hunish, le “headland” qui marque le point le plus septentrional de Skye (Rubha = headland). On s’émerveille devant un faucon pèlerin (et la prouesse de moutons présents en contrebas, qui sont visiblement plus agiles que nous) et le paysage, c’est grandiose même sous la pluie. Un passage scabreux nécessite un peu de scrambling sur les roches mouillées: je ne suis pas fan et je passe mon sac à José pour ce mini bout.

Une fois sur le headland, on pitche la tente dans le vent — on a cherché un coin un peu à l’abri, mais les rafales restent impressionnantes. Sitôt installés (il est 17h), on s’octroie un cookie acheté chez Birch, puis une sieste (on avait déjà failli s’endormir dans le 2e bus, bercés par la route). On se sent crevés, les jours de “repos” à Inverness n’ayant pas vraiment été relaxants. Au réveil, on étudie le parcours pour les prochains jours, au son du coucou qui brave la pluie et chante dans le vent. On brave nous aussi les éléments pour faire, et je cite ici le carnet, “des pipis épiques dans le vent (pas des pipits, mais ça volait quand même, mouhaha)”. Bref, on était fatigués, haha. ^^’

On a mangé puis on s’est couchés tôt, on se réjouissait de commencer pour de vrai le Skye Trail le lendemain!

[Distance Jour 0: 3.2 km et 118 m de dénivelé positif]

***

Le lendemain, le Skye Trail a véritablement commencé, avec une journée plus courte et difficile que prévu, notamment car on était très fatigués. Entre le bruit de la pluie, le vent et des maux de ventre, on a mal dormi. Mais au réveil, la pluie avait cessé, et le vent aussi! 🙂

Des cormorans volent au ras de l’eau, des radeaux de razorbills flottent au bas des falaises et les kittiwakes sont présents en nombre. C’est beau et paisible.

On fait le tour de Rubha Hunish, admirant la côte, les Hébrides extérieures au loin, les Shiants…

A part les oiseaux et quelques moutons, on est seuls sur le headland, mais on aperçoit quelques humains tout en haut des falaises, vers le Lookout bothy.

On retourne à la tente pour plier les affaires, puis on remonte le long du raide sentier (bien plus facile que la descente!).

Arrivés en haut, on va jeter un oeil au fameux bothy. Celui-ci est bien rempli: on tombe sur plusieurs Allemandes en voyage Interrail et un Ecossais, qui nous racontent qu’ils étaient douze personnes à dormir là la nuit dernière (officiellement, ce bothy compte de la place pour trois personnes ^^), dont deux Asiatiques qui sont arrivés à minuit et ont fait voler leur drone à l’intérieur du bothy. WTF?! Bref, on était bien contents d’avoir campé.

Le Lookout bothy porte bien son nom

Vu le monde à l’intérieur et la petitesse du bothy, on sort préparer et manger notre porridge dehors, bien installés sur un banc avec vue sur Rubha Hunish. On discute tranquillement avec l’Ecossais, quand soudain une trentaine de femmes débarquent. Après enquête, on apprend qu’elles récoltent de l’argent pour une fondation contre le cancer du sein en marchant 100 km en 5 jours (mais heureusement pas tout à fait le long du Skye Trail).

Elles sont sympas, mais l’ambiance est bruyante (forcément, elles sont nombreuses et c’est le premier jour de leur challenge, plein d’excitation). Ça crie, ça écoute de la musique à fond sur haut-parleur… La paix est bel et bien ruinée, surtout pour nos têtes fatiguées en quête de calme.

La vue sur Rubha Hunish et les Hébrides extérieures

On se dépêche de dépasser le groupe pour s’éloigner du chaos, puis on peut à nouveau respirer tranquillement.

La côte est belle. Fulmars, corneilles mantelées, black-backed gulls, guillemots à miroir, grand corbeau, étourneaux… Ça piaille, siffle et roucoule partout. On voit aussi des border collies rassembler des moutons, héhé. 🙂

Au loin, on aperçoit déjà les montagnes autour du Quiraing, à l’allure si mystique.

On s’émerveille devant la géologie locale. Beaucoup de falaises sont composées de colonnes de basalte et on aperçoit plusieurs grottes marines qu’on rêve d’explorer en kayak.

Les colonnes pliées, des bouts brisés qui jonchent le pied des falaises, les angles surprenants des montagnes au loin… On croirait évoluer dans un paysage préhistorique, et on imagine facilement un dinosaure ou deux croiser notre route.

Deux burns coupent le sentier, torrentiels à cause de la pluie des jours précédents. On traverse le premier sans souci, mais j’ai un blocage pour la deuxième rivière: je ne me sens pas sûre de mes pas, je panique. Je finis quand même par y arriver, mais je me sens vidée, exténuée.

Tout d’un coup, plus rien ne va: mon sac me fait mal à l’épaule droite, l’intérieur abîmé de mes chaussures massacre mes pieds, José et moi avons les deux mal au genou et on sent qu’on fait des erreurs en marchant, roulant nos chevilles régulièrement.

On est donc soulagés d’arriver à Flodigarry, vers 14h, et on se pose au bar de l’hôtel pour manger un morceau.

L’hôtel est très stylé, mi-maison, mi-manoir, avec une petite tourelle. On y rencontre deux autres personnes qui font le Skye Trail et profitent aussi du bar pour une pause gourmande avant de continuer pour camper vers des lochs pas loin.

Alors qu’on déguste de délicieux “haggis scotch eggs”, on apprend qu’il reste une chambre de dispo à l’hôtel et on n’hésite pas longtemps (malgré le prix: 425£, gloups!): on n’est pas en forme et on a besoin de se reposer.

Quand le groupe du “charity challenge” débarque au bar, on s’éclipse dans notre chambre, qui se trouve dans l’ancien cottage de Flora MacDonald, construit en 1745, wahou! Flora MacDonald est une figure héroïque de l’histoire écossaise, surtout connue pour avoir aidé Bonnie Prince Charlie à s’échapper après la défaite des Jacobites à Culloden en 1746, ce qui nous a encore plus motivés à rester à Flodigarry pour la nuit. Il restait aussi une suite dans la partie principale de l’hôtel, mais je crois que c’était plus de 1000£ la nuit, donc on était très satisfait du cottage, haha, qui était en plus tout cosy et mignon.

On a passé le reste de l’après-midi à se reposer, avant de manger au resto de l’hôtel le soir (en même temps, c’était la seule option dans le coin ^^). C’était un peu cher, mais bon, surtout le fondant au chocolat avec fraises et glace au Cranachan, yum! Depuis notre table, on avait la vue sur la mer, ainsi que sur un groupe de pigeons rassemblés sous une mangeoire. ^^

Et voilà, c’est la fin du récit de notre début un peu chaotique sur le Skye Trail. On ne regrette pas d’avoir écourté notre première journée, car on a pu reprendre des forces et on était bien plus en forme pour la suite de l’aventure, que je vous raconterai bientôt (Je ne précise pas de planning de publication, vu que je ne le suivrai sûrement pas, haha ^^)!

[Distance Jour 1: 10.4 km et 403 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 13.6 km]