Scot25#47 Up and down, all the time

Hello et bienvenue pour la suite du récit de notre semaine sur le Skye Trail en juin 2025. On continue la rétrospective avec une superbe mais intense journée (c’était notre 2e jour d’affilée à plus de 1000 m de dénivelé positif). 🙂

Durant notre nuit en contrebas de Beinn Edra, nous avons été enveloppés dans un épais brouillard — Skye porte bien son surnom de “Misty Isle”. Je n’ai pas très bien dormi, donc on a repoussé un peu le réveil mais on a quand même réussi à tout plier pour 8h30, sans se presser.

Le ciel était encore bien nuageux durant la matinée, dissimulant des sommets de la Trotternish Ridge, mais on a malgré tout eu droit à de splendides vues et quelques belles lumières!

La géologie du coin a créé des paysages vraiment fous: falaises à pic couvertes de mousses, méandres de rivières en bas, cirques montagneux, cuvettes herbeuses, pics rocheux…

L’itinéraire du jour était simple à suivre: le long de la crête, gravir une colline, descendre de l’autre côté, gravir la suivante… avec des pentes toutes plus raides les unes que les autres, bien sûr. 😉

Ça m’a inspirée pour une petite chanson sur l’air de “The Wheels on the bus”:

♫ The hikers on Skye go up and down,
up and down, up and down.
The hikers on Skye go up and down,
all the time! ♫

On a croisé deux Gallois rencontrés la veille, qui avaient campé un peu avant nous sur la Ridge. Ils étaient très sympas et on les a revus plusieurs fois durant la journée. Du côté des rencontres à plumes, on a vu un beau faucon crécerelle. 🙂

On se pose au sommet de Sgùrr a’ Mhadaidh Ruaidh (593 m) pour notre “second breakfast” (= porridge), durant lequel on est rejoints par un peu de bruine et quelques midges, l’arnaque! 😉

Un peu plus loin, on atteint le sommet le plus haut du jour: Hartaval (668 m). Des sources d’eau semblent émerger directement de la mousse, c’est magique.

Puis on arrive en contrebas du Storr et on rejoint son Old Man. Comme prévu, il y a foule, et c’est une expérience bien différente de notre première visite, en 2016, quand on avait découvert le Old Man of Storr au lever du soleil, dans un cadre paisible et magnifique.

On ne s’attarde pas et on descend le long chemin jusqu’au parking, croisant la foule qui monte et survolés par plusieurs drones. On retrouve aussi les Gallois, qui ont décidé de faire du stop depuis le parking pour pouvoir dormir à Portree ce soir.

Au parking, on fait le plein d’eau et on s’octroie une pause vers une “Coffee shack” à deux pas de là: cappuccino, brownie, blueberry muffin et même carrot cake (celui de trop, un peu écoeurant). Le tout en admirant la vue désormais parfaitement dégagée sur les montagnes de Torridon, wahou!

Puis c’est reparti: on longe un bout de Loch Leathan sur une petite route qui nous amène vers la mini usine hydroélectrique de Bearreraig, d’où la vue est bien belle: falaises couvertes d’arbres (balèzes!), superbe baie, ruine de bothy.

C’est un coin connu pour les fossiles, mais on a la flemme de descendre jusqu’à la plage donc on se contente de l’admirer depuis en haut. Les couleurs sont superbes: digitales roses, roches ocres, végétation d’un doux vert, eau bleu profond… 🙂

On enchaîne avec une section “pathless” dans la tourbière, qui inspire la suite des paroles de ma chanson du jour, toujours sur l’air de “The Wheels on the bus”:

♫ It’s time for another slog through the bog,
through the bog, through the bog.
It’s time for another slog through the bog,
yes, it’s time! ♫

Je peine un peu au début car j’ai hyper mal à la tête, comme un début d’insolation. Mais un paracétamol, la belle lumière et le paysage me font vite aller mieux. C’est si beau!

Le Storr dans notre dos, les îles de Rona et Raasay au soleil sur notre gauche, les Cuillins dégagées au loin, les montagnes du mainland… Toute cette beauté nous fait chanter de bonheur (sur le soundtrack du film “A Knight’s Tale”, notamment)!

Après une ultime pente raide, on atteint Fiurnean, une splendide colline peuplée de moutons Black Face (et de bourdons, syrphes et moths!). On admire Ben Tianavaig un peu plus loin, qui garde l’entrée de Loch Portree, d’où émerge tout d’un coup un énorme bateau de croisière. On ne s’attendait pas à le voir là!

On plante la tente, et il fait si bon qu’on passe la soirée avec toutes les “portes” ouvertes, c’est si agréable!

Le “chicken rice with vegetables” d’Expedition Foods est testé et approuvé, puis on profite d’avoir du réseau pour réserver quelques trucs pour la fin du voyage.

Il faisait tellement beau, j’ai pris un nombre très exagéré de photos de notre campement, haha. On a presque tenu jusqu’au coucher du soleil (vers 22h30) puis on s’est couchés, accompagnés par le bêlement des moutons, les sifflements plaintifs des pluviers dorés et le chevrotement des bécassines.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui. C’était vraiment une de mes journées préférées sur le Skye Trail, et la météo complaisante n’y était sûrement pas pour rien! 😉

A bientôt (j’espère) pour la suite!

[Distance Jour 3: 22.9 km et 1058 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 50.5 km]

Scot25#46 A Landscape of Lava

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite de la rétrospective de notre semaine sur le Skye Trail. Je reprends le récit à Flodigarry, où nous avons passé une nuit bien reposante à l’hôtel suivie d’une merveilleuse journée sur Skye. C’est fou, comme un peu de repos et de nourriture font toute la différence!

On a très bien dormi dans le cottage de Flora MacDonald puis on a mangé un bon petit-déj’: porridge / granola et un bacon-black pudding-crumpet stack / mushrooms on toast. C’était délicieux, mais plutôt léger. Ces restos “gastronomiques” ne satisfont pas nos appétits de randonneurs (dommage, vu leur prix). ^^

Le check-out était à 11h et on a décidé de profiter au max de la chambre en retournant se blottir dans le lit tout en regardant une vidéo de Fit For Adventure (“Paddleboarding Knoydart“, qui nous a d’ailleurs méga donné envie d’aller pagayer!).

A 11h, bien reposés, on commence donc à marcher, sous un ciel gris mais sec.

On rejoint Loch Langaig, qu’on longe avant de prendre de la hauteur et de passer un autre plan d’eau: Loch Hasco.

Dans un coin, la bruyère tout autour de nous est calcinée, il a dû y avoir un sacré feu il y a quelque temps.

Nous voilà dans le fameux Quiraing, “a crazy world of cliffs and pinnacles” (dixit le guidebook). C’est vraiment incroyablement beau! On admire les trois célèbres formations géologiques du Quiraing: “the table”, “the needle” et “the prison”.

Alors qu’on était quasi seuls jusque là, on commence à croiser de plus en plus de monde à mesure qu’on se rapproche du parking, mais rien de dérangeant — ça restait moins pire qu’un dimanche ensoleillé au Salève… sauf quand on a rattrapé le “Charity Challenge” de la veille. Le groupe galérait dans une descente un peu caillouteuse et créait des bouchons, mais heureusement on a pu le contourner grâce à un sentier juste à côté (qui était d’ailleurs le vrai tracé indiqué par notre gpx).

On s’est émerveillés devant la vue de la suite de la Trotternish Ridge — qu’on allait parcourir tout le reste de la journée et un bout du lendemain. Lors de notre premier voyage sur Skye, en 2016, on n’avait pas pu s’arrêter car le parking du Quiraing (alors beaucoup plus modeste) était plein, donc ça faisait plaisir de pouvoir revenir et bien prendre notre temps dans ce si bel endroit.

Arrivés au fameux parking, on s’octroie une pause pour manger des burgers servis par un food truck (et acheter des muffins pour plus tard ^^). Puis on attaque la suite de la Trotternish Ridge, yihaa!

Les paysages sont absolument magnifiques, c’est à couper le souffle (et pourtant, ça souffle! ^^).

Ça monte et descend constamment et on s’émerveille à chaque nouveau point de vue. J’ai donc bien sûr exagéré avec le nombre de photos, oups. 😉

Le vent est sans relâche et on s’abrite derrière un pan de mur de pierre pour déguster nos muffins au chocolat au calme. Je trouve que le plus usant avec le vent incessant quand on marche, c’est le bruit (et se faire constamment fouetter le visage, aussi). Heureusement, le vent ce jour-là n’était pas si fort (les moutons Black Face avaient d’ailleurs encore leurs cornes), juste constant.

Le panorama est si riche: on admire la côte vers Staffin, les îles de Rona et Raasay, des lochs, des pointes rocheuses, des falaises…

Ces paysages spectaculaires ont été façonnés par le plus grand glissement de terrain connu en Grande-Bretagne, lié à des coulées de lave basaltique qui ont déstabilisé les roches sédimentaires sous-jacentes formées durant le Jurassique. D’énormes blocs de roche ont alors glissé vers la mer, laissant derrière eux un paysage déchiqueté fait de falaises abruptes, pitons rocheux, cratères herbeux et bien plus.

En marchant sur cette crête, on se sent vraiment transportés dans un autre monde, ou un autre temps, et on s’imagine volontiers croiser des dinosaures — Skye est d’ailleurs un des sites paléontologiques les plus importants du monde. Lors d’un prochain voyage, il faudra qu’on parte en quête des fameuses empreintes de dinosaures fossilisées qui sont visibles sur certaines plages de l’île.

On n’aura pas rencontré de dinosaure ce jour-là, mais par contre on a vu un aigle royal! C’est José qui le repère, alors qu’il vole en contrebas. On a une superbe vue plongeante sur le rapace mais il disparaît vite. Soudain, au détour d’une pente, le revoilà, tellement proche! Nos regards se croisent, quel moment magique. On est tout émus, c’est la première fois qu’on voit un aigle royal d’aussi près, c’est impressionnant. Quelle créature majestueuse!

Image floue exportée d’une mini vidéo que j’ai réussi à prendre lors du premier passage de l’aigle

Cette rencontre nous file un méga boost, même qu’on en n’avait pas besoin: on déborde d’énergie et de joie, je chante à tue-tête sur la crête, ma voix emportée par le vent. ♥

On croise des moutons dans des pentes impossibles (des “MacDesigual” aux multiples couleurs ^^), on observe des traquets motteux et on entend des pluviers dorés siffler plaintivement.

Sur notre gauche, on admire toujours Rona, Raasay et les montagnes de Torridon en arrière-plan. Dans notre dos, on voit encore le Quiraing et Flodigarry au loin, notre point de départ de la journée. Et sur notre droite, à l’ouest, on aperçoit désormais Uig, port où on avait pris le ferry pour les Hébrides extérieures en 2016. On voit d’ailleurs ces dernières tout au fond, quelle sacré panorama!

Peu avant 18h, on atteint le sommet de Beinn Edra (611 m), le point culminant de la partie Nord de la Trotternish Ridge.

Soudain, on entend puis voit un hélicoptère. On remarque un point orange dans la pente raide avant Bealach Uige, derrière nous, et le groupe du Charity Challenge qui marche en direction d’Uig.

On a appris plus tard (et je viens de confirmer l’info avec une rapide investigation sur le groupe Facebook de “Stornoway Search And Rescue”) qu’il s’agissait d’une participante au challenge qui a glissé dans la boue et s’est cassé le péroné, ouch! (oui, je suis vieille, je dis encore péroné et pas fibula…) Heureusement, le sauvetage s’est apparemment super bien passé — et heureusement que ces incroyables groupes de sauvetage existent!

De notre côté, le vent souffle fort et il y a un coin idéal pour planter la tente, donc on s’installe pour la nuit. La lumière vers Uig est si belle, illuminant des pans de mer. Ça m’inspire, j’ai envie de dessiner.

La végétation dans ce coin a un air très alpin, presque arctique, c’est joli. On s’est un peu refroidis en pitchant la tente (et moi en admirant les plantes et en prenant plein de photos, oups), donc on se glisse vite dans les sacs de couchage pour manger un délicieux Thai Green Curry d’Expedition Foods.

Puis on a passé une soirée de bivouac habituelle: écriture, lecture, puis dodo. On était si heureux de cette journée, ça faisait du bien après le creux de la journée précédente!

Dans le prochain article, on continuera notre belle rando sur la Trotternish Ridge, avec une autre journée magnifique! 🙂

[Distance Jour 2: 14 km et 1020 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 27.6 km]