Scot25#49 A fine detour to Sgùrr na Stri

Hello!
C’est parti pour la suite de la rétrospective du Skye Trail, que je reprends lors du solstice d’été, qu’on a commencé à Sligachan. 🙂

On n’a pas très bien dormi au camping de Sligachan, à cause d’un groupe qui a fait beaucoup de bruit jusqu’à 2h30 du mat’, c’était pénible. Le matin, on a donc commencé par boire un mocha (la réception du camping a une vraie machine à espresso!) et manger un muffin avant de plier la tente et partir sans stress à 9h. Malgré le boucan nocturne, c’était un bon camping, on a même pu charger nos batteries — par contre on entendait aussi pas mal la route.

On traverse la rivière Sligachan sur le fameux vieux pont de pierre (construit entre 1810 et 1818 par Thomas Telford), on passe les statues de Collie et MacKenzie (deux alpinistes célèbres), puis on s’enfonce dans Glen Sligachan.

L’air est lourd et il fait de plus en plus chaud à mesure que le ciel se bouche, les nuages formant un couvercle au-dessus de nos têtes.

Sur notre gauche se dressent les Red Cuillins, et sur notre droite, les Black Cuillins, avec leurs pics acérés.

Vers 11h, on plante déjà la tente. On a en effet des plans qui dévient du Skye Trail: gravir Sgùrr na Stri, un petit sommet de 494 m réputé pour ses vues incroyables.

On laisse dans la tente les affaires dont on n’a pas besoin et on prend juste l’essentiel dans mon sac à dos: snacks, eau, Garmin InReach, waterproofs, lampe frontale, couverture de survie… et, bien sûr, Hallival, notre nouveau compagnon mouton! 😉

José porte le sac et moi juste la banane avec l’appareil photo, je me sens si légère!

On monte d’abord jusqu’à un col proche de Sgùrr Hain, d’où on voit le beau loch a’ Ghoire Riabhaich et déjà un petit bout de Loch Coruisk, héhé! (Ça faisait des années que je rêvais de venir dans ce coin, soit en marchant, soit en bateau jusqu’à Loch Coruisk, donc j’étais vraiment trop contente!)

Au lieu de rallier le loch, on emprunte un autre sentier qui descend un peu puis remonte pour atteindre Sgùrr na Stri. On croise quelques autres personnes en montant mais on a le sommet pour nous tout seuls, et on y passe un bon moment. On se pose sur un des nombreux “slabs of gabbro” (la géologie du coin est ouf!) pour grignoter des noix et avaler une barre de céréales en admirant le paysage.

Comme attendu, les vues sont incroyables, malgré les nuages qui dissimulent un peu les sommets alentour. Ça ajoute un peu d’atmosphère “moody” aux Black Cuillins.

On surplombe d’environ 490 m “the Bad Step”, un passage rocheux notoirement scabreux le long de Loch Scavaig, et Loch Coruisk est visible en entier en contrebas. Il y a quelques bateaux et kayaks au bout de Loch Scavaig. L’eau a des teintes turquoise, c’est si beau. Des taches de soleil se déplacent rapidement à la surface, reflets de la course des nuages qui viennent envelopper les pics de la Cuillin Ridge.

Côté mer, on devine l’île de Rùm (mais pour qu’Hallival puisse voir la montagne dont il porte le nom, il faudra qu’on repasse un jour moins nuageux ^^) et on discerne tout juste Eigg, avalée par la brume. Par temps dégagé, on est censé voir jusqu’à Mull, mais ce n’était malheureusement pas le cas ce jour-là.

Depuis le “vrai sommet” de Sgùrr na Stri, on voyait bien Loch na Crèitheach, qu’on a longé le lendemain, et la baie de Camasunary. On apercevait aussi Elgol et la péninsule de Sleat au loin, mais c’était pas mal hazy.

Le nom anglais de Sgùrr na Stri est “Peak of Strife”. D’après une légende locale, c’était le lieu de vieilles disputes territoriales entre des clans, car la montagne représentait une frontière stratégique entre différents territoires.

Malgré les vues pas optimales, on ne regrette ce petit détour: c’était vraiment beau et ça faisait du bien de marcher un peu sans les gros sacs!

Le spectacle des nuages et du vent est également grandiose: des nuages dansent sur les crêtes et couvrent Blà Bheinn, d’autres sont poussés par le vent depuis la vallée et volent au-dessus du col sur le chemin du retour, c’est hypnotisant.

On croise un groupe de quatre Britanniques qui veulent rejoindre Camasunary mais ne sont pas sûrs de l’itinéraire, donc on sort la carte pour regarder les options avec eux. On croise aussi plein de petites bêtes: des papillons et moths, des coléos et des libellules (à quatre taches et des cordulégastres).

Le reste du retour jusqu’à la tente est un peu laborieux: il fait tellement chaud et lourd, on fatigue et on marche un peu en pilote automatique. On se rince dans un petit burn, ça fait du bien même si l’eau n’est pas si froide. On retrouve le Lochan Dubha, illuminé par instants par des rais de lumière qui balaient le glen, c’est magique.

Ce spectacle de lumière nous donne l’énergie nécessaire pour les derniers mètres avant de retrouver la tente, “tucked in” pas loin du sentier et entourée de bruyère en fleur.

José part chercher de l’eau à un burn (elle est si bonne et claire!) pendant que je gonfle le matelas (rapido, grâce au vent). On observe un faucon qui chasse un passereau dans une bataille aérienne frénétique et sans merci, wow.

On a ensuite mangé un délicieux poulet au curry korma d’Expedition Foods, suivi d’un chocolat chaud et de chocolate digestives en dessert, yum.

On a gardé toutes les écoutilles de la tente ouvertes pour que la brise nous rafraîchisse, et je me suis assoupie alors que j’étais en train d’écrire dans le carnet, avant de me réveiller vers 21h et de lire un peu avant de dormir, comme José.

Hallival dans la bruyère

On se sentait bien fatigués mais c’était une très bonne journée. Et c’est ainsi qu’on s’est endormis heureux, dans le calme de Glen Sligachan, après avoir enfin pu admirer “one of the finest views in Britain”. 🙂

[Distance Jour 5: 19.8 km et 880 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 89.1 km]

Scot25#48 Feeling hot, hot, hot

Bonjour!
C’est parti pour la suite de la rétrospective du Skye Trail. 🙂

Nous avons passé une bonne nuit à Fiurnean, je me suis juste levée à 2h20 pour un petit pipi (la faute aux électrolytes bus le soir, et à mon âge de plus en plus avancé, sans doute! ^^) et j’ai pu admirer un croissant de lune en feu, c’était magique. On sent qu’on approche du solstice, la nuit n’est pas très obscure. J’ai ensuite mis deux heures à me rendormir mais je ne me sentais étonnamment pas fatiguée. On a quand même repoussé le réveil à 7h30, avant de plier bagages sous un grand soleil.

La marche jusqu’à Portree était splendide, toujours le long de la côte, avec ce beau Ben Tianavaig qui donne des airs de fjord scandinave à la baie.

On voit plein de choucas, des corneilles mantelées, des étourneaux et même un grand busard majestueux (voire un petit aigle?).

Moins cool, on voit aussi une grosse “fish farm” avec plusieurs bateaux qui s’activent autour (en faisant des bruits d’hélicoptère). Durant la Diagonale, j’ai lu “The Black Loch”, de Peter May, qui parle notamment des impacts environnementaux désastreux de ces piscicultures en eaux libres. Plus récemment, j’ai aussi lu “The Last Sunset in the West – Britain’s Vanishing West Coast Orcas” de Natalie Sanders, qui parle du déclin de la communauté d’orques vivant entre l’Irlande et l’ouest de l’Ecosse. Elle y parle, entre autres pressions, du risque posé par les “répulsifs acoustiques” utilisés par ces élevages et qui visent à éloigner les prédateurs tels que les phoques, mais causent aussi plein de problèmes aux cétacés.

On a un très bon rythme et on avance plus vite que ce qu’on pensait, malgré les montées/descentes et la bogginess. On commence à longer la baie de Portree. Prés fleuris, sous-bois… c’est vraiment très sympa.

On passe de plus en plus de gens et de bancs, signe qu’on approche de Portree.

On y arrive vers 11h et on enchaîne des petites courses pour faire le plein de snacks. On a goûté des boissons “Whole Earth”, la marque de notre peanut butter préféré, et c’était vraiment bon et rafraîchissant, parfait par ces grandes chaleurs.

On s’est ensuite posés au café Summer — c’était vraiment de circonstance, vu l’ambiance estivale, avec plein de gens en robes et shorts — pour un bon mocha, un sandwich focaccia et un cookie un peu trop sucré.

On réserve un taxi pour 13h, pour sauter une partie des 14 km de “road walking” que comporte l’étape suivante. Le chauffeur a 40 minutes de retard, mais on n’est pas pressés, on se pose vers le square, où des enfants font un concert de musique écossaise à la flûte (on apprend qu’ils ont congé le vendredi après-midi, sympa). Je fais aussi un petit tour dans une boutique, où je trouve des peluches de moutons “Black Face”, avec les cornes. J’en avais vu une en 2022 à Oban et j’avais vraiment regretté de ne pas l’avoir achetée pour agrandir mon troupeau de moutons en peluche, donc cette fois-ci, je n’ai pas hésité, surtout qu’il y en avait une petite, “backpacking size”. On a prénommé notre nouveau compagnon laineux “Hallival”, du nom d’un sommet de Rùm gravi en 2023. 🙂

Puis notre chauffeur de taxi arrive enfin et nous conduit direction The Braes, un lieu important de l’histoire de la lutte des Crofters pour leurs droits. On ne regrette clairement pas notre choix d’avoir skippé cette section: que de la route au soleil, sans franchement de vues. Le taxi nous dépose vers Gedintailor, un peu avant la fin de la route, pour qu’on puisse faire un petit détour par Camas a’ Mhór-bheòil, une jolie plage.

On fait le tour de la mini péninsule, d’où on voit bien le ferry pour Raasay, juste en face. Il y a plein de cormorans sur des petits falaises et stacks, et la côte doit être chouette à explorer en kayak, avec quelques grottes.

Il y a plein de digitales immenses, ployant sous le poids des fleurs et ajoutant des touches roses au paysage, comme la bruyère de plus en plus fleurie.

On marche ensuite 2 km sur la route (comme on est contents de ne pas avoir fait les 12 km précédents!) avant de rejoindre un sentier mi-boggy, mi-caillouteux le long de loch Sligachan.

Il fait si chaud! A un moment, une petite cascade au milieu de quelques arbres offre une oasis de fraîcheur bienvenue.

On guette les rives du loch, en quête de loutre ou phoque, mais on voit juste un canoë et un groupe d’oies cendrées. On fatigue, malgré la “petite” journée, et on est contents d’atteindre le bout du loch, où des moutons paissent au milieu du sea pink des marais salants.

Encore quelques traversées de burns et de boggy pools et nous voici au camping de Sligachan, où on retrouve les Gallois rencontrés sur la Trotternish Ridge.

Après une bonne douche, on mange des tacos au food shack du camping, yum! Puis on n’a pas fait tard, on était pas mal crevés, mais heureux de cette belle journée ensoleillée!

Bye et à bientôt pour la suite!

[Distance Jour 4: 18.8 km et 389 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée sur le Skye Trail: 69.3 km]