Scottish Diagonal #3 Up and down in the sunshine

Bonjour tout le monde,
C’est parti pour la suite de la rétrospective, avec le deuxième jour de trek sur notre Diagonale écossaise, à nouveau une belle journée de marche sous un grand soleil!

Armérie maritime en fleur

Je relis mon carnet de voyage pour écrire cette rétrospective, et je remercie “past Julie” d’avoir pris la peine de le rédiger, car ça me rappelle des petites anecdotes que j’avais déjà oubliées. Par exemple, mon sommeil a été un peu agité lors de cette première nuit de bivouac: j’ai rêvé qu’on se réveillait au milieu d’une foule présente pour assister à un spectacle subaquatique avec la famille royale… il y avait même le Roi Charles qui faisait de la natation synchronisée, hahaha. Bref, je me souviens m’être réveillée un peu désorientée et perplexe. ^^

On s’est réveillés avec le soleil et le chant des oiseaux, dont des alouettes! 🙂
On a repoussé le réveil pour faire une mini grasse mat’. On s’est levés à 7h30, et vers 8h30 on commençait à marcher, des champs de colza sur notre gauche, des falaises et la mer sur notre droite.

Ce jour-là avait plus de dénivelé que la veille: ça montait et descendait tout le temps. On préfère largement ça à du plat, au moins c’est plus varié. 😉

On a observé une belle chevrette (femelle du chevreuil) broutant pas loin du chemin, et plein de chouettes bourdons à l’abdomen bien roux.

On a rapidement atteint Coldingham Sands, une belle plage bordée de “beach huts” colorées. Il y avait des bécasseaux sanderling et quelques rares baigneurs. Pilar et moi adorons les bijoux en “sea glass” de Róis (Róis Scottish Sea Glass), qui précise où elle a trouvé le sea glass pour chaque bijou. Pilar a des boucles d’oreilles dont le verre vient de Coldingham, alors je me réjouissais de passer par cet endroit!

Il faisait chaud et un local nous a appris qu’il y avait une douche à disposition, ce qui nous a motivés à nous baigner! Un autre local rentrait de sa sortie en paddle: les conditions étaient si calmes qu’il avait pu aller jusqu’au phare de St Abb’s Head pour la première fois, alors qu’il habite là depuis toujours, wow!

L’eau était fraîche (9°C d’après le paddleur, mais on aurait dit moins ^^) et j’ai mis du temps à rentrer, mais après c’était super. Un autre couple essayait aussi de rentrer dans l’eau, et on se motivait mutuellement: à chaque fois que l’un allait plus loin dans l’eau, on y retournait et on essayait d’aller plus loin, haha (la pente était très graduelle, donc il fallait pas mal marcher pour pouvoir nager). Puis on s’est rincés à l’eau de la douche extérieure et on a séché au soleil en regardant les chiens (et leurs humains, accessoirement ^^) s’amuser sur la plage. Bref, un chouette moment de détente. 🙂

Puis on se rhabille, on renfile les sacs à dos et on monte jusqu’au prochain village côtier: St Abbs.

On a mangé sur la terrasse d’un café près du port (un bon Cullen skink et un panini). Avec le soleil, il y avait une chouette ambiance de vacances. On a vu une autre sculpture de Jill Watson commémorant le Fishing Disaster de 1881 (voir article précédent) puis on a rapidement visité le Visitor Centre, gratuit.

Devant le Visitor Centre, on aperçoit une fille en train de poser pour une photo avec un marteau géant. Il s’avère que des bouts du film “Avengers: Endgame” ont été tournés ici, St Abbs représentant “New Asgard”, la nouvelle patrie de Thor. José et moi ne sommes pas du tout à jour avec les nouveaux Marvel, donc on en avait aucune idée, haha. Ça nous a rappelé nos vacances en Irlande du Nord en 2015, quand on s’est retrouvés par hasard dans un petit port qui avait été utilisé pour le tournage de “Game of Thrones” (qu’on n’a pas regardé non plus) et qui était du coup pris d’assaut par des fans de la série.

On a ensuite continué notre chemin vers St Abb’s Head, connue pour sa colonie d’oiseaux et son phare. C’était assez busy en visiteurs (surtout la première partie, facilement accessible depuis le village), mais c’était splendide.

Ça faisait un moment que je voulais visiter ce lieu, et c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on avait décidé d’emprunter le Berwickshire Coastal Path plutôt que le Scottish National Trail (qui traverse les Borders par l’intérieur des terres et passe notamment par Peebles, où on logeait durant l’été 2023).

Ce bout de côte est vraiment sublime. En plus des oiseaux déjà vus la veille, on a pu observer des fulmars et des fous de Bassan. Il y avait aussi quelques bergeronnettes et des traquets motteux (wheatears).

Outre la faune aviaire, la géologie est incroyable, avec des roches rouges recouvertes de lichens, des “sea stacks”, des grottes marines… C’est un endroit que j’adorerais explorer en kayak!

On a atteint le phare et on s’est posés un petit moment dans l’herbe rase pour une micro sieste au soleil. Les sacs font de très bons appuie-têtes, haha!

On a ensuite atteint le tronçon de côte surplombant une grande colonie de guillemots, c’était superbe. Pour ceux qui sont intéressés par ces oiseaux, je recommande vivement cet épisode d’Our Ocean Podcast, présenté par Cal Major et justement enregistré à St Abb’s Head avec le ranger de la réserve naturelle.

Ce côté de la réserve est plus loin du village de St Abbs, et il y avait bien moins de monde.

Puis on a laissé St Abb’s Head National Nature Reserve derrière nous et on a continué notre marche le long de la côte.

La suite de la côte était vraiment raide, en montée comme en descente. Ajoncs, moutons, bluebells, vaches, belles vues, sea stacks… C’était beau. L’odeur de noix de coco des ajoncs était entêtante, sans doute renforcée par la chaleur et la quasi absence de vent.

Le seul truc qui aurait pu rendre la journée encore meilleure, c’était des dauphins. On a scruté la mer calme, en vain.

Le temps passant, mon niveau d’énergie a baissé, j’avais mal au dos sur les portions plates. Mais on a fait des pauses régulières et ça a été.

On avait prévu de parcourir assez peu de distance ce jour-là, car on avait anticipé une potentielle baignade à Coldingham, un long lunch à St Abbs, la visite du petit musée local, du temps pour observer les oiseaux sur les falaises… et on a bien fait, car ça nous a permis de vraiment bien profiter, sans stress!

Vers 18h, on a atteint Telegraph Hill, au-dessus de Dowlaw (où se trouve une ferme). On trouve un endroit où planter la tente et on abandonne nos gros sacs quelques instants pour aller voir la vue sur les ruines de Fast Castle, en contrebas.

Puis on a planté la tente, et j’ai rapiécé quelques trous dans mes chaussettes pendant que José nous préparait un délicieux plat de polenta avec sauce aux morilles (toute faite, faut pas exagérer ^^). Horreur, j’aperçois nos premières tiques du voyage, minuscules. Le “tick check” avant de se coucher révèle un sacré pactole: 9 tiques sur moi, 3 sur José (les tiques semblent me préférer, contrairement aux midges, qui font plus de dégâts sur José). Mais elles sont si petites, elles arrivent à peine à s’accrocher et on s’en débarrasse vite — elles finiront leur vie scotchées sur le rouleau de Leukotape. Bien fait, na! 😛

La vue depuis notre campement est belle, surtout quand le ciel prend des teintes rose-rouge. On aperçoit quelques “wind farms” (terrestres et marines) et d’énormes usines, mais autrement la vue est idyllique, avec North Berwick Law au loin, ainsi que Bass Rock, l’île de May et la côte du Fife.

Nous voici dans la tente, c’est l’heure de planifier un peu la suite, en écoutant le chant du coucou (le soundtrack du voyage, haha).

J’essaie de retrouver un rythme de publication plus régulier, tous les lundis et jeudis (sinon, je serai encore en train de rédiger cette rétrospective dans cinq ans!), donc à jeudi pour la suite! 😉

[Distance de la journée: 16.9 km et 661 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 38.9 km]

Scottish Diagonal #2 Adventure Bound

Bonjour!
Aujourd’hui, je vais vous raconter notre tout premier jour de trek sur notre “Diagonale écossaise”, le début de notre aventure à pied. 🙂

Cette journée a commencé par un trajet en train jusqu’à Berwick-upon-Tweed, la ville la plus au nord de l’Angleterre. Il nous aura fallu 50 minutes pour relier Edimbourg à Berwick, et ça allait nous prendre une semaine de retourner à la capitale écossaise en longeant plus ou moins la côte, selon le parcours visible sur cette carte (légende des points dispo dans cet article):

Le parcours de notre première semaine sur la Diagonale écossaise, de Berwick-upon-Tweed à Edimbourg

Pendant le trajet, on a vu défiler des paysages qu’on allait traverser à notre rythme les jours suivants, c’était chouette.

Une fois à Berwick-upon-Tweed, je m’émerveille devant les toilettes ultra propres et gratuites de la petite gare (il en faut peu pour être heureux ^^) puis on part en quête de gaz pour notre réchaud, qu’on a trouvé chez Trespass. On achète encore des sandwiches pour midi et nous voilà parés et prêts à partir!

On a trouvé Berwick plutôt sympathique, avec une chouette architecture et des fanions colorés, mais pas mal délabrée. Les goélands sont présents en force, et c’était difficile de trouver un banc dans le centre-ville qui n’était pas recouvert de guano. ^^

On a officiellement “lancé” l’enregistrement de notre parcours (avec la montre de José) devant l’église, et c’est parti!

On longe les quais puis un golf et un caravan park, deux trucs bien typiques du coin. Durant cette première semaine, on avait l’impression d’en traverser tous les jours!

Puis le sentier devient plus isolé. La côte est belle et variée, avec des falaises aux teintes rouges comme dans le Fife, des stacks et même des motifs impressionnants dans l’eau. José trouve que ça ressemble à des “ripples” d’une météorite qui seraient figées dans la pierre, moi j’imagine le dos crêté d’un dragon dormant en boule.

On observe nos premières colonies d’oiseaux marins, avec notamment des kittiwakes, guillemots et razorbills.

On a également vu plein d’autres oiseaux ce jour-là, dont des tarins, étourneaux, choucas, corbeaux freux, goélands, colverts, cygnes…

Le sentier aussi grouille de vie: bourdons, chenilles, araignées, papillons (dont un beau Paon du jour), escargots, coccinelles, cloportes et, surtout, plein, plein de petites mouches noires: des bibions, ou St Mark’s flies (Bibio marci). Elles portent ce nom car elles émergent en masse aux alentours du 25 avril, soit la Saint-Marc. On était le 28 avril, donc ce n’était pas étonnant d’en voir autant, mais ça rendait la conversation parfois difficile: on dirait qu’elles cherchent à tout prix à se faire avaler, donc on était obligés de respirer par le nez. Bon, ça tombait bien, Axel nous avait conseillé des exercices de respiration pour la rando qui impliquent de ne respirer que par le nez, haha! Les mouches devaient être de mèche avec lui. 😉

Après 8 kilomètres, on a passé la frontière anglo-écossaise, youhou! Celle-ci est marquée par un panneau de bienvenue en Ecosse, par contre il n’y a pas de panneau de bienvenue en Angleterre dans l’autre sens, haha (c’est d’ailleurs pareil sur l’autoroute, un immense panneau très accueillant pour l’arrivée en Ecosse, mais pas de petit mot gentil dans l’autre sens ^^).

On a pris quelques photos devant la frontière puis on s’est posés du côté écossais pour pique-niquer face à la mer, devant quelques ajoncs d’un jaune resplendissant.

Le sentier était aussi égayé par d’autres fleurs, dont des primevères, présentes en masse, et les premiers “sea pink” (Armérie maritime).

L’après-midi, on a longé quelque temps les rails de train (sur lesquels on était arrivés le matin même!) et notre marche était rythmée par le passage des trains.

Pour notre plus grand bonheur, on a aperçu un faucon pèlerin, wahou!

Puis le chemin nous a fait descendre une falaise, au pied de laquelle on a trouvé un petit village tranquille: Lower Burnmouth. On ne pensait pas trouver des maisons là, c’est comme si elles avaient surgi de nulle part, coincées entre la mer et la falaise.

Une habitante très sympa nous a vus arriver et a spontanément proposé de remplir une bouteille d’eau fraîche pour nous. C’était bienvenu, car il y a peu d’endroits pour se ravitailler en eau sur ce tronçon, et il faisait chaud. On a discuté un peu, c’était bien chouette. Elle nous a raconté qu’elle se sent parfois au bout du monde ici (en bien), surtout lorsqu’il neige et pendant le covid. Durant les lockdowns, puisqu’ils ne pouvaient pas bouger, elle a dit que la plupart des habitants n’avaient pas grand-chose à faire à part le ménage… et à 15h, quand ils n’avaient plus rien à nettoyer, ils sortaient tous vers la plage pour se retrouver et boire un verre, haha!

On s’est posés sur un banc face à la baie et on a admiré trois jeunes cygnes qui passaient. Le cadre était idyllique, si paisible. Et l’eau, si claire! Ça donnait envie d’aller explorer la côte en kayak — ce que la locale qu’on a rencontrée fait très souvent avec son fils, quelle chance!

Après une pause et une barre de céréales, on se remet en marche. On rejoint le port, bucolique. Soudain, on a l’impression de reconnaître l’endroit… C’est là que Cal Major a terminé son expédition en paddle autour de l’Ecosse, dans le magnifique documentaire Scotland Ocean Nation ! 🙂 Il est normalement toujours visible gratuitement sur STV (avec un vpn) et je le recommande chaudement!

Sculpture en bronze de Jill Watson à Burnmouth

On tombe aussi sur une oeuvre d’art très touchante de Jill Watson, qui commémore une tragédie ayant eu lieu en 1881, l’East Coast Fishing Disaster (aussi appelée Eyemouth Disaster). Le 14 octobre 1881, une tempête a en effet causé la mort de nombreux pêcheurs tout près de la côte, sous le regard impuissant de leurs familles, représentées sur la sculpture, face à la mer. On trouve des sculptures similaires dans tous les villages de ce bout de côte qui ont été touchés par la catastrophe, avec plus ou moins de femmes et enfants représentés selon la taille des villages et le nombre de familles touchées par la tragédie. A Burnmouth, 24 pêcheurs ont perdu la vie dans cette tempête.

Depuis le port, on attaque une longue montée pour retrouver le haut des falaises, couvertes de champs de colza.

Après plusieurs “headlands”, on aperçoit finalement Eyemouth, où on a prévu de manger le soir.

Eyemouth en contrebas

On observe un beau lièvre et on traverse un golf (encore!) avant d’atteindre le village à 18h, pile à l’heure pour chercher un endroit où manger.

On s’installe au restaurant The Ship, où on a dégusté un délicieux burger de cerf. On était super contents de cette première journée de trek, et ça faisait du bien de s’asseoir et de manger un bon truc bien gras, haha.

Mais la journée n’était pas encore terminée! Il nous restait encore à trouver un endroit où planter la tente. Après le resto, on a donc remis les sacs sur les épaules et on a continué à longer la côte.

Après être passés devant une autre sculpture de Jill Watson (cette fois bien plus grande, Eyemouth ayant perdu 129 personnes lors du Fishing Disaster de 1881), on remonte sur les falaises et longe un autre caravan park (il y en a vraiment beaucoup le long de la côte!).

J’avais repéré un headland sur OS maps qui avait l’air pas mal pour bivouaquer, 2 km après Eyemouth.

Effectivement, il y avait un large bout herbeux faisant très bien l’affaire, avec vue sur St Abb’s Head. On a planté la tente en admirant le coucher du soleil, un peu bouché par les nuages mais qui a tout de même teinté le ciel de rose.

Le temps qu’on se brosse les dents, que j’écrive dans le carnet et qu’on lise un peu, il était déjà 22h. On s’est couchés, seuls sur notre bout de falaise, très heureux que l’aventure ait si bien commencé!

A bientôt pour la suite de l’aventure! 🙂

[Distance de la journée: 22 km et 450 m de dénivelé positif]

Scottish Diagonal #1 On our way

Bonjour tout le monde!
Ça y est, c’est l’heure de véritablement commencer la rétrospective de notre récent voyage en Ecosse — eh oui, je vais mettre en pause celle du séjour de 2023, j’y reviendrai quand j’aurai terminé celle du trek, haha.

L’aventure a commencé par une longue journée de trajet en transports publics. On aime bien voyager en train, mais c’est toujours un peu stressant quand on a plusieurs correspondances — et surtout en France et au Royaume-Uni, qui ne sont pas connus pour la fiabilité de leurs liaisons ferroviaires… On a eu une première frayeur à Paris: comme d’habitude, on devait prendre le RER D pour passer de la Gare de Lyon à la Gare du Nord… mais les écrans d’affichage indiquaient que tous les RER D étaient annulés à cause d’un accident, argh! Google Maps annonçait environ 1h de trajet en taxi ou bus, les seules alternatives, ce qui nous aurait mis sacrément en stress pour passer les contrôles de l’Eurostar. Sauf qu’en fait ce n’était pas vrai, les RER D circulaient quand même… Bref, ce couac de communication nous a causé un petit coup de stress inutile (et pas qu’à nous, c’était le chaos dans la gare), mais on était contents d’arriver à temps à l’Eurostar — qui requiert d’arriver hyper en avance pour les contrôles douaniers et des bagages, pour ensuite nous faire poireauter mille ans (à peu près :P) dans un hall d’attente bondé.

Deuxième frayeur dans l’Eurostar: le train s’arrête juste avant le tunnel sous la Manche à cause d’un problème sur les voies. Retard annoncé: 60 minutes. Aïe, aïe, aïe, voilà qui nous ferait rater notre correspondance à Londres. Mais finalement le retard a été beaucoup plus court et on est arrivés à Londres à 16h, avec une demi-heure de marge pour prendre notre dernier train jusqu’à Edimbourg, héhé!

Partis de chez nous à 7h15, on est donc arrivés à la gare de Waverley à 21h15, après 14 heures de trajet et plein de scones au kale avalés (concoctés à la der’ afin de vider le frigo et le congélo avant de partir ^^) — et aussi plein de larmes versées dans l’Eurostar, car je lisais le récit larmoyant de Toby et Katie Carr, Moderate Becoming Good Later, que je recommande d’ailleurs à tous ceux qui aiment les histoires vraies d’aventures, le kayak, le Shipping Forecast et bien plus! (Evitez peut-être juste de lire les derniers chapitres en public si vous ne voulez pas recevoir plein de regards inquiets. ^^)
Une fois dans la capitale écossaise, on a marché jusqu’à notre hôtel vers Haymarket et, pour mon plus grand plaisir, on a pu constater que les cerisiers étaient encore en fleur (on n’était jamais venus à Edimbourg assez tôt dans la saison pour les voir). 🙂

On a passé deux nuits à Edimbourg, afin d’avoir une journée entière pour se reposer et faire quelques achats et visites. Finalement, on aura quand même fait 23’500 pas (et environ 18 km) durant cette journée de “repos”, haha!

C’était un dimanche, donc on a commencé par flâner le long de Princes Street pour admirer les cerisiers en fleur et la vue sur le château en attendant l’ouverture des magasins.

Notre mission “shopping”: trouver du gaz pour le réchaud (interdit dans l’Eurostar), du Smidge (le produit local anti-midges, tiques et insectes piqueurs en général) et des électrolytes (oubliés à la maison). Eh ben on n’aura trouvé que les électrolytes mais pas le reste, quel comble, surtout dans une grande ville! Il faut avouer qu’on est souvent déçus du peu de choix dans les chaînes “outdoor” au Royaume-Uni (dont Mountain Warehouse et Trespass), qui ressemblent parfois davantage à des magasins de vêtements en tout genre qu’à des spécialistes sportifs. En désespoir de cause, on a même osé entrer chez Sports Direct, une chaîne que j’ai en horreur. Peu importe la filiale, ça pue toujours le caoutchouc bon marché et les vendeurs rencontrés n’ont jamais été capables de nous renseigner — une vendeuse à Edimbourg ne savait même pas ce qu’étaient des midges! :0 Bref, sans surprise, on n’y a pas trouvé notre bonheur et on a décidé qu’on tenterait notre chance directement à Berwick-upon-Tweed le lendemain, avant de commencer le trek (spoiler alert: le Trespass de Berwick est mieux équipé que celui d’Edimbourg ^^).

Revenus bredouilles de notre mission shopping, on a pris la direction d’Abbeyhill, au nord de Holyrood Park. En chemin, on a croisé plein de petits lapins sur une pelouse de lawn bowling abandonnée, huhu. (Aparté: en vérifiant sur Internet que “lawn bowling” était le bon terme, j’ai découvert le mot français: boulingrin! Haha, on dirait un nom sorti tout droit de Kaamelott).

On est allés bruncher au Red Kite Café, où on a retrouvé nos amis Mathilde, Jonathan et Sarah. Ça faisait quasi deux ans qu’on ne s’était pas vus et ça nous a fait super plaisir d’avoir réussi à caser un moment pour se voir tous ensemble! 🙂

On a ensuite repris nos déambulations et on a marché vers le Royal Mile. On souhaitait admirer encore un peu plus de cerisiers en fleur, et nos amis nous ont conseillés d’aller à Canongate Kirkyard.

En chemin, on s’est arrêtés pour apprécier le calme des petites cours et ruelles et la beauté de l’architecture. On ne se lasse pas d’Edimbourg, on trouve toujours de nouveaux petits trucs à voir, des détails par-ci par-là! Cette fois-ci, on a adoré tomber par hasard sur Queen Mary’s Bath House, une mini maison qui a l’air d’appartenir à Hagrid, mais qui était en fait utilisée par la famille royale. La plaque d’information (que José lit sur la photo ci-dessous) précise que “whether it ever contained a bath is unknown”. ^^

Malgré toutes nos pauses, on a quand même fini par atteindre Canongate Kirkyard, et les cerisiers y étaient effectivement magnifiques!

Le vent créait des tempêtes de pétales et le sol était recouvert d’un tapis rose, c’était magique. On a passé un bon moment à admirer le lieu et prendre des photos. C’est sur le Royal Mile, et pourtant c’était si calme, on était quasi seuls. Je suis toujours épatée par le contraste entre la foule dans la rue principale et la tranquillité trouvée dans les cours et petits passages.

On a continué notre “parcours cerisiers” jusqu’à Greyfriar’s Kirkyard, pour profiter d’un moment paisible dans ce bel écrin de verdure.

Puis on a fait notre traditionnel passage au National Museum (aussi car j’avais besoin d’aller aux toilettes, haha). On a rapidement visité deux expos temporaires gratuites: une sur la période de la Guerre froide en Ecosse, et l’autre sur la pandémie de covid-19 et la création ultra rapide du vaccin (“Injecting hope”). C’était vraiment bien fait et sympa.

Après ça, c’était l’heure de notre visite guidée de Gladstone’s Land, un bâtiment du 17e siècle qui appartient désormais au National Trust. C’était vraiment super chouette et le guide (un bénévole à la retraite) était bien marrant.

La vue sur le Royal Mile (et la mer!) depuis les escaliers extérieurs de Gladstone’s Land

Les trois étages qui subsistent ont été aménagés pour représenter trois époques et contextes de l’histoire du lieu: une boarding house en 1911; un draper’s shop en 1766; et l’appartement de riches marchants en 1632.

On a appris plein de trucs intéressants, dont le sens du mot “secrétaire”: celui qui possède les secrets (et les tait)! Je n’en reviens pas de n’avoir jamais fait le rapprochement auparavant. Mon niveau d’époustouflement (si, si, on va dire que c’est un mot) était similaire à ce que j’ai ressenti lorsque j’ai réalisé que la couleur Bordeaux en anglais se référait à la Bourgogne, haha. ^^’

Après cette sympathique visite, on est ressortis dans la rue bondée et on s’est frayés un chemin en direction de l’université.

En effet, il nous restait un dernier arrêt sur notre “parcours cerisiers”: les Meadows. J’adore ce parc, qui est toujours très vivant et animé, avec plein d’étudiants posés dans l’herbe. Avec l’explosion printanière des cerisiers, qui forment deux belles allées roses traversant le parc, il y avait aussi plein de visiteurs et influenceurs photographiant les arbres en fleur.

On a flâné dans le parc, mangé un “kanelbulle” (= cinnamon bun) chez Söderberg, puis on a pris la direction de l’hôtel pour se reposer un peu.

En chemin, on a pu observer une adorable mésange à longue queue dans un cerisier, de retour sur Princes Street (malheureusement, elle a échappé à l’appareil photo ^^).

Le soir, on est ressortis pour manger dans un très bon resto libanais, on a récupéré nos billets de train prépayés à la gare de Haymarket puis on a passé une soirée tranquille à l’hôtel, prêts à commencer le trek le lendemain! 😀

Et voilà, c’est la fin de ce premier article de rétrospective. A tout bientôt pour la suite de l’aventure! 🙂

Scottish Diagonal #0 Deux escargots et leurs sacs à dos

Bonjour tout le monde!

Il y a bientôt un mois, José et moi sommes rentrés d’un périple de deux mois et demi en Ecosse, une merveilleuse aventure durant laquelle nous avons parcouru environ 1000 km à pied. Avant de plonger dans la rétrospective de cet incroyable trek, je voulais faire un article un peu plus “logistique” détaillant notre parcours et notre équipement. Quelqu’un m’a dit que ça l’intéressait, et je me suis dit que ça pourrait aussi être utile pour moi à l’avenir, lorsqu’on préparera un autre trek. Allez, c’est parti! 😉

Face à Lochan Fada

Itinéraire

Notre idée de départ était de parcourir une “diagonale écossaise” (pas très droite, j’avoue) entre le point le plus au sud de la côte est, au bord de la Mer du Nord, jusqu’au point le plus au nord-ouest du mainland, Cape Wrath, en suivant des trails existants: le Berwickshire Coastal Path, le John Muir Way, le West Highland Way (WHW) et le Cape Wrath Trail (CWT). La genèse du projet est racontée dans cet article.

On a ainsi marché 840 km pour rallier Cape Wrath depuis Berwick-upon-Tweed. Et puisque Cape Wrath est un peu paumé, notre distance totale pour cette “Scottish Diagonal” aura atteint 852 km, le temps qu’on rejoigne la civilisation à Durness, pour un dénivelé positif total de plus de 21’000 m.

La carte de notre périple

Cette diagonale a duré 46 jours (du 28 avril au 12 juin), dont 42 jours de marche et 4 jours de repos. En moyenne, on marchait 20 km par jour, mais avec de grandes variations selon la météo, le terrain, les options de bivouac, le dénivelé, etc.

Dans notre planning, puisqu’on avait le luxe de se le permettre, on avait prévu deux semaines de marge en cas de pépin (tempête, virus, etc.). Mais comme tout s’est passé comme sur des roulettes (on a même fini un peu plus vite que prévu), on a eu le temps d’enchaîner avec un autre trek: le Skye Trail, qui nous a fait parcourir l’île de Skye sur 136 km. Je parlerai plus en détail de chaque étape dans la rétrospective gargantuesque qui m’attend. 😉

Hébergement

On portait tout notre matos de camping sur le dos, et on a passé 40 nuits sous tente durant le voyage, la majorité en bivouac (ou “camping sauvage”). L’Ecosse offre le superbe privilège de pouvoir camper dans la nature à peu près partout du moment que le Scottish Outdoor Access Code est respecté — malheureusement, il l’est de moins en moins, surtout dans les coins faciles d’accès, et c’est vraiment démoralisant de constater le non-respect des règles par certains irresponsables: déchets, départs de feux de brousse… Bref, il y a du taff niveau sensibilisation et éducation.

Quand l’occasion se présentait, on dormait aussi dans de vrais campings, des hôtels et même des bothies.

Sur certains tronçons, il était en effet difficile de bivouaquer car c’était beaucoup plus urbanisé, principalement le long du John Muir Way, où les options étaient limitées. S’il n’y avait pas de camping, on passait alors la nuit à l’hôtel. On privilégiait aussi les hôtels pour nos jours de repos. On avait juste réservé l’hôtel à Edimbourg un peu à l’avance (mais avec annulation gratuite si besoin), et pour le reste on réservait entre un et trois jours à l’avance, dès qu’on avait une meilleure idée de quand on allait atteindre la destination. C’était parfois un peu galère, surtout à Ullapool, où la demande est très forte. On a fini par trouver, mais je crois bien qu’on a eu la dernière chambre de la ville — bon, au pire on finissait au camping, comme à Shiel Bridge. 😉

On a aussi bien profité des bothies, particulièrement sur le Cape Wrath Trail. Un bothy est un abri/refuge non gardé et accessible à tous. Ce sont généralement de vieux cottages qu’utilisaient les bergers et qui ont été retapés. En Ecosse, la plupart sont entretenus par la merveilleuse Mountain Bothies Association. Il n’y a en principe ni eau courante ni électricité, sauf dans quelques rares cas. Ils ont tous leur propre caractère. Parfois il y a des plateformes pour dormir, parfois des cheminées, parfois rien. Certains ont plusieurs pièces, voire même plusieurs étages. Bref, ils sont tous uniques. Personnellement, on est si confortables dans notre tente (voir section “Notre cocon” 😉 ) qu’on ne cherchait pas spécialement à atteindre un bothy pour la nuit, par contre on adorait s’y réfugier pour cuisiner notre petit-dèj. C’est aussi une bonne pratique de visiter tous les bothies qu’on passe et de laisser un mot dans le “Bothy book”, soit le livre d’or, en précisant la date et la direction qu’on a prévu de prendre. Il arrive en effet aux sauveteurs d’utiliser cette ressource pour aider à retrouver les randonneurs blessés ou perdus. C’est aussi cool de pouvoir suivre les aventures de ceux qui sont passés avant nous (surtout quand ce sont des gens qu’on a rencontrés et qu’ils nous laissent des messages, haha!).

Je viens de découvrir que WordPress permet d’insérer des tableaux (mais je n’ai visiblement pas le niveau requis pour changer la couleur des bordures, oups), donc voici un résumé du nombre de nuits par type d’hébergement pour les deux treks:

Scottish DiagonalSkye Trail
Bivouac216
Camping112
Bothy4
Hôtel91
Auberge1

Dans nos sacs à dos

Le contenu de nos sacs, protégé de l’humidité écossaise dans des sacs imperméables

Le moins qu’on puisse dire, c’est que José et moi n’avons pas vocation d’être “ultralight”. Ce qu’on a porté était une recherche d’équilibre entre légèreté et confort, et c’est un choix très personnel (et une question financière, aussi). On a croisé des randonneurs qui se présentaient à fond “ultralight” (le genre qui scie sa brosse à dents pour économiser le poids du manche) et qui se trimballaient pourtant des trucs qui ne nous paraissaient pas du tout essentiels (ex: une pompe électrique pour leur matelas ou un petit tapis en mousse sur lequel s’asseoir, deux accessoires qui ne nous ont pas du tout manqué). Bref, chacun a sa propre vision de ce qui est nécessaire, utile, superflu.

Le “poids de base” de nos sacs (sans eau et avec juste un repas pour deux personnes) s’élevait à environ 14 kg pour José et 12 kg pour moi. Et franchement, ça allait très bien. On a utilisé quasi tout ce qu’on a pris (je précise plus bas ce qu’on ne reprendrait pas si c’était à refaire) et on n’a pas de regrets!

Pour trimballer tout notre matos, on a pris nos sacs à dos Deuter Air Contact (volume de 55+10 L pour José et 50+10 pour moi), qu’on a depuis 2020. On les trouve très confortables et pratiques, mais ce ne sont clairement pas les plus légers, le matériau est assez lourd et non-imperméable. Autre inconvénient: l’odeur. Entre la transpiration et la pluie, nos sacs puaient l’humidité vers la fin du voyage, et on pense peut-être les upgrader pour notre prochain trek. Néanmoins, ils ont très bien fait l’affaire cette fois-ci et c’était le volume idéal pour tout notre matos.

Quasi tout ce qu’on a pris est listé sur LighterPack, mais je vais utiliser les sections suivantes pour décrire les éléments principaux et ce qu’on en a pensé.

Notre cocon

Tout d’abord, notre tente, la Hilleberg Nallo 2 GT, alias “Palace Hilleberg”! 😉
On l’a achetée en 2020 car on voulait une tente polyvalente qui résiste très bien au vent et à la pluie et qu’on puisse aussi utiliser en hiver (c’est une 4-saisons), et qu’est-ce qu’on l’adore. Elle est spacieuse et on s’y sent vraiment confortables et en sécurité. On l’a utilisée plusieurs fois dans des vents de 70 km/h et plus, sans aucun souci (elle avait notamment survécu sans problème à la tempête qui avait mené à l’annulation du Tiree Music Festival en 2023, alors que le camping était jonché de tentes détruites). C’est une tente tunnel, donc son inconvénient principal est qu’elle n’est pas autoportante, mais ça ne nous a jamais posé de problème jusqu’ici — on évite juste de camper sur des surfaces rocheuses ou sableuses. L’auvent est immense et permet de garder tout notre matos au sec sans encombrer l’intérieur de la tente, et on peut aussi y faire à manger quand il pleut. Bien sûr, le revers de sa grande taille, c’est qu’il faut trouver des spots de bivouac assez grands, mais en Ecosse on trouve que c’est rarement un problème, et que le confort d’avoir de l’espace surpasse ce léger inconvénient ainsi que son poids (2.9 kg).

Sur le Berwickshire Coastal Path

La tente se monte rapidement, avec les toiles intérieures et extérieures en même temps, mais quand il pleuvait on stockait les deux parties séparément pour ne pas mouiller la tente intérieure (et comme ça on pouvait mieux répartir le poids entre les sacs: José portait la tente extérieure — sur l’extérieur du sac si elle était mouillée — et les arceaux, et je portais la tente intérieure et les sardines). On peut aussi juste monter l’extérieur quand on veut un grand abri (par exemple pour ne pas manger sous la pluie à midi), mais on ne l’a jamais fait durant ce trek.

Pour ce trek, on a investi dans un nouveau matelas gonflable… double! Avant, nos deux matelas simples ne faisaient pas du tout la même hauteur, et ce n’était pas super confortables si on était en léger dévers. Maintenant, notre matelas (l’Exped ultra 3R duo LW) recouvre quasi toute la surface de la tente intérieure et c’est ultra pratique et confortable. Bref, un achat qu’on n’a pas regretté (en plus, le matelas double pèse moins lourd que nos deux matelas simples combinés, et a une meilleure isolation que mon ancien matelas, avec lequel j’avais vite froid).

On a pris nos sacs de couchage habituels (Western Mountaineering, modèle SummerLite pour José, AlpinLite pour moi), achetés en 2020, dont on est toujours aussi satisfaits. Leur inconvénient? Ils sont si confortables que c’est difficile de s’en extirper le matin! ^^ Lorsqu’il faisait super beau et chaud les trois premières semaines, le confort jusqu’à -7°C de mon sac de couchage était un peu exagéré, mais j’étais bien contente de l’avoir plus tard sur le Cape Wrath Trail, lorsqu’on a eu des nuits en dessous de 3°C!

Pour compléter notre cocon, on a aussi des oreillers gonflables “Sea to Summit” qu’on aime beaucoup. Eh oui, on apprécie notre petit confort! 😉 On est vraiment contents de tout ce matériel, car grâce à lui on dort vraiment très bien en trek, et c’est un aspect important quand on fait ça pendant un certain temps! (P.S. On avait aussi des boules Quiès, au cas où il y avait beaucoup de bruit à cause du vent et de la pluie… ou des ronfleurs ou fêtards dans les bothies!)

Dernier point: d’habitude, on voyage avec une petite lanterne pour éclairer l’intérieur de la tente le soir — très pratique quand on campe en automne et qu’il fait nuit à 17h. Là, vu qu’on partait de fin avril à début juillet, on s’est dit que c’était superflu, et on a bien fait de ne pas la prendre car on pouvait sans problème passer la soirée dans la tente sans manquer de lumière. On avait tout de même les lampes frontales, qu’on a utilisées quelques rares fois au début du voyage, quand le solstice paraissait encore loin (surtout moi, pour écrire dans la tente tard le soir, et aussi pour mieux repérer les tiques).

Orientation et sécurité

Pour l’orientation, on utilisait surtout l’application OS maps sur nos natels (on avait pris l’abo pour avoir les cartes hors connexion) et la montre Garmin de José. On avait des fichiers gpx pour toutes les étapes du trek: la plupart provenaient de WalkHighlands (LA bible écossaise pour les itinéraires de rando), sauf pour certaines étapes du CWT que j’avais tracées manuellement sur OS maps. On a aussi pas mal utilisé l’application gratuite Organic Maps, vraiment très complète (et plus pratique qu’OS maps pour trouver des toilettes, cafés, arrêts de bus…).

On avait également un “map booklet” pour le WHW qu’on aurait mieux fait de laisser à la maison car on ne l’a pas du tout utilisé (surtout qu’il faut être motivé pour se perdre sur le WHW, c’est très bien balisé). En revanche, on est bien contents d’avoir pris des cartes papiers pour le CWT (les Harvey Maps, très bien faites). On les avait prises comme “back up” au cas où on n’avait plus de batteries ou des pannes de natels, mais finalement on les a beaucoup utilisées. Surtout sous la pluie, c’était bien plus agréable de juste regarder la carte que de devoir sortir le natel de la poche. A partir de Strathcarron, José portait donc tout le temps la carte autour du cou, dans sa pochette imperméable.

On avait bien entendu pris une boussole, mais on n’a pas eu besoin de l’utiliser car la visibilité était toujours assez bonne. Ça fait partie de ces trucs essentiels qu’on a toujours dans le sac, comme la couverture de survie, même si on les utilise rarement (heureusement!).

Cette fois-ci, puisqu’on allait traverser des zones très isolées et sans réseau, on avait aussi investi dans un Garmin InReach Messenger, qui permet de contacter les secours par satellite lorsqu’il n’y a pas de réseau (le bouton “SOS” envoie automatiquement la position aux services d’urgence locaux, puis on peut communiquer des détails à partir de l’application natel). L’appareil était aussi connecté à la montre de José et à nos natels, depuis lesquels on peut aussi déclencher le SOS. L’appareil était donc dans mon sac à dos, mais José pouvait quand même envoyer un message satellite depuis sa montre ou son natel si je n’étais pas trop loin de lui.

On n’a heureusement pas eu besoin de tester l’option SOS, mais l’appareil a d’autres fonctions qu’on a en revanche utilisées. Déjà, il permet d’envoyer et recevoir des SMS quand il n’y a pas de réseau (notre abo nous donnait droit à 50 SMS par mois, c’était trèèèès large). On l’a notamment utilisé pour contacter le responsable de la zone militaire de Cape Wrath, pour être sûrs qu’il n’y avait pas de tirs prévus quand on passait. Autre fonction très pratique: les prévisions météo. On peut demander un bulletin météo pour notre position (ça compte comme un SMS), quelque chose qu’on a fait plusieurs fois, pour nous et pour d’autres personnes rencontrées. C’était vraiment très utile et aidait à prendre des décisions lorsque la météo était pourrie (Continuer? Attendre pour traverser cette rivière? Pousser jusqu’à un bothy?).

Habits et chaussures

Le maître-mot: mérinos! 😉
Tous nos habits étaient en laine mérinos, sauf nos pantalons de marche, nos jaquettes polaires et nos imperméables. Vraiment, on adore: ça sèche vite, ça ne pue pas, c’est confortable. Le seul inconvénient, c’est que c’est un peu fragile (ma jaquette, que je porte tout de même intensivement depuis des années, commence à être pas mal rafistolée — je n’ai d’ailleurs pas regretté d’avoir pris du fil et une aiguille pour rapiécer les trous au fur et à mesure).

On portait sur nous:
– une culotte en mérinos (de la marque Stoic pour moi, Fjork pour José)
– un pantalon de marche (Forclaz pour José, Revolution Race ou Trevolution pour moi)
– un T-shirt en mérinos (Fjork)
– une paire de chaussettes mérinos à doigts (Injinji). On adore ces chaussettes (surtout José, qui ne porte quasi plus que des chaussettes à doigts au quotidien), par contre je trouve qu’elles s’abîment assez vite, surtout au niveau du gros orteil. On a d’ailleurs commandé de nouvelles paires qu’on a fait livrer à Ullapool car deux paires avaient des énormes trous (que je n’arrêtais pas de rapiécer, en vain ^^).

Dans nos sacs, on avait chacun les affaires de rechange suivantes:
– un pantalon de marche (certains randonneurs ne partent qu’avec un seul pantalon, mais nous on aime bien en avoir de rechange histoire d’avoir quelque chose à porter quand on fait la lessive. ^^ Par exemple, un randonneur qu’on a rencontré était à poil dans son sac à viande quand il faisait la lessive, car il n’avait rien d’autre à se mettre, haha)
– un T-shirt Fjork (on alternait toutes les semaines environ, en général lors de nos jours de repos. Ils sont de si bonne qualité qu’on ne se sentait vraiment pas crades)
– deux culottes
– deux paires de chaussettes (une paire d’Injinji pour marcher, et une paire de chaussettes normales, plus rapides à enfiler la nuit s’il faut mettre les chaussures pour aller aux toilettes ^^)

On avait également chacun une jaquette mérinos Fjork, elles sont légères et top pour marcher. Pour les soirées fraîches, on avait aussi une jaquette polaire plus chaude (Patagonia pour José, Karpos pour moi). J’avais aussi un legging mérinos (Ice Breaker) et un T-shirt à manches longues (Fjork) que je ne portais que dans la tente, comme pyjama, quand il faisait un peu frais. José n’avait rien pris pour la tente et ne l’a regretté que lors d’une ou deux nuits particulièrement froides (mais il est moins frileux que moi). Tous nos habits de rechange (ainsi que nos sacs de couchage) étaient rangés dans des sacs imperméables pour rester au sec.

Contre le froid, on avait aussi chacun une paire de gants, un bandeau pour les oreilles (j’en ai même deux: un léger qui sert juste à tenir mes cheveux en place lorsqu’il y a du vent, et un en polaire pour quand il fait froid) et un tour de cou.

Contre la pluie, on avait chacun un pantalon de pluie et un K-way Patagonia, qu’on a depuis 2021 et qui ont déjà beaucoup servi (c’est la veste que je porte le plus, je la trouve très pratique à vélo). On les avait réimperméabilisés avant de partir, mais ça n’a pas servi à grand-chose et on était assez déçus de leur performance, on va d’ailleurs devoir en racheter (mon pantalon de pluie est complètement détruit, avec des trous aux coutures!).

Lorsqu’il pleuvait ou que le terrain était boueux/tourbeux, on portait aussi des guêtres Rab. On aime beaucoup, ça garde les pieds secs plus longtemps (notamment lors des traversées de rivières) et le bas des pantalons propre. En revanche, on a été un peu déçus de la qualité: elles se sont vite abîmées et le bouton pression de l’une d’elles s’est même cassé (le bouton pression de mon pantalon Trevolution s’est aussi pété assez au début du voyage, heureusement que j’avais une ceinture! Maintenant je ne fais plus confiance aux boutons pression ^^).

Niveau chaussures, on avait tous les deux les Tracker Forest ESC de Vivo Barefoot. Je ne porte plus que des chaussures “barefoot” depuis 2023, et José depuis 2024, et on ne se voit pas revenir en arrière. On a vu de tels bénéfices pour nos genoux et dos, et ça a vraiment développé la musculature de nos pieds, chevilles et mollets. Les Tracker Forest sont mon modèle préféré: la semelle adhère super bien et elles sont ultra confortables même quand elles sont mouillées. On avait pris un mini pot de cire pour entrenir le cuir (on les cirait lors de nos jours de repos), et l’extérieur est encore en bon état après plus de 1000 km de marche… Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de l’intérieur: après environ 500 km, le cuir et la mousse vers l’intérieur des chevilles ont commencé à se désagréger, ce qui était parfois désagréable. Bref, un point noir pour des chaussures qui sont autrement si bien.

Enfin, on avait aussi chacun pris une paire de sandales “Earth Runners”, des sandales de rando légères et confortables. On les portait surtout en camping, dans les bothies et lors de nos jours de repos, pour changer un peu des chaussures.

Soins des pieds, hygiène et lessive

Pour notre plus grand bonheur, on n’a pas eu de cloques aux pieds! Je pense qu’on peut remercier nos chaussures, bien souples et qui épousent la forme de nos pieds, et nos chaussettes. Les chaussettes à doigts sont en effet censées éviter les cloques entre les orteils, et la laine mérinos aide aussi vraiment en absorbant l’humidité. J’avais lu des témoignages horrifiants de gens développant le “trench foot” lors de treks aux conditions humides, et on a donc accordé une attention particulière à nos pieds. Lors des premières semaines, quand il faisait très beau et chaud, on aérait nos pieds au moins une fois par jour et on faisait trempette dans les rivières. Le soir, on mettait un spray à base de tea tree et citron, qui désinfecte et laisse les pieds avec une sensation de fraîcheur géniale. On massait aussi nos pieds avec la crème Gehwol Extra, particulièrement quand ils avaient passé la journée dans les chaussures mouillées. C’était aussi un rituel pour remercier les pieds à la fin de la journée! Bref, mes pieds n’ont jamais été aussi beaux et soignés que durant ce trek. ^^

On avait quand même pris du Leukotape et des Compeed au cas où. Les Compeed ont d’ailleurs bien servi à la fin du voyage, pour protéger la peau de nos chevilles de l’intérieur abîmé des chaussures. Les premiers jours du trek, j’ai aussi mis du Leukotape de manière préventive, car j’avais un peu peur d’avoir des cloques aux talons, mais j’ai vite arrêté. Je n’ai quand même pas regretté de l’avoir pris, car on trouve au Leukotape un autre usage essentiel: coller les tiques. Eh oui, l’Ecosse grouille de tiques (merci à la densité de cerfs et moutons…), et une pince à tiques est donc un outil indispensable (surtout si, comme moi, vous êtes apparemment un aimant à tiques). Mais que faire d’une tique une fois qu’on l’a enlevée? Notre astuce préférée, c’est de la coller sur du scotch pour être sûrs qu’elle ne s’échappe pas. C’est aussi très pratique quand on en croise en vadrouille, sur la tente ou le matelas par exemple: hop, sur le scotch! Bref, chaque matin et chaque soir, on faisait des “tick checks” très rigoureux.

Notre trousse de toilette contenait deux brosses à dents de voyage, du dentifrice naturel à l’argile, du fil dentaire, de la crème solaire, une pince à épiler, un coupe-ongle et du savon “Sea to Summit” multi-usage pour lessive, vaisselle et douche, mais on ne l’utilisait jamais directement dans les lacs et rivières (il faut toujours s’éloigner d’au moins 30 mètres pour ne pas porter atteinte à la qualité de l’eau). On avait aussi un linge microfibre de taille moyenne qu’on se partageait, et deux autres petits linges (en général un pour le visage et les mains, l’autre pour les pieds). Pour se laver les mains, on utilisait du gel hydroalcoolique (une habitude gardée du covid!). On avait aussi une mini trousse de secours, avec des lingettes désinfectantes, sparadraps, steri-strips, anti-douleurs, anti-diarrhéique et un peu de “scotch universel” ultra résistant au cas où on devait réparer du matos. On a utilisé le désinfectant et un sparadrap (j’ai réussi à me faire une petite coupure au doigt en ouvrant un portail cassé) et quelques anti-douleurs, mais c’est tout. Néanmoins, on reprendrait sûrement la même chose si c’était à refaire.

Concernant l’hygiène générale, on prenait au moins une douche par semaine, davantage lorsqu’il y avait des campings ou hôtels en chemin. Pendant les trois premières semaines du trek, quand il faisait super beau, on se baignait très souvent (on avait pris les maillots de bain pour les coins fréquentés, comme le long du WHW). La deuxième moitié du trek, il pleuvait et faisait bien plus froid, donc on n’avait pas franchement la motivation de se baigner. Si vraiment on se sentait sales, on utilisait des lingettes pour faire une toilette de chat.

On avait pris avec nous un Scrubba wash bag pour faire plus facilement la lessive durant le trek — on le trouve très pratique, et il nous sert aussi de sac à linge sale. Il permet de laver ses habits avec du savon même quand on n’a pas accès à un lavabo (il faut bien s’éloigner des plan d’eau pour le vider pour éviter que la lessive se retrouve dans les lacs et rivières). On lavait régulièrement nos culottes et chaussettes au fur et à mesure, et on faisait la “grosse lessive” (avec pantalons de marche, T-shirts, linges) chaque semaine lors des jours de repos. On avait pris une petite corde à linge qu’on adore (on l’utilise tout le temps, même à la maison) pour faire sécher les affaires (on arrive à l’accrocher dans l’auvent de la tente donc on peut même étendre quelques affaires quand il pleut). Quand il faisait sec, on accrochait aussi nos affaires mouillées sur nos sacs, à l’aide des élastiques intégrés et de mousquetons.

On avait bien sûr emporté une “pelle à crottes” légère, indispensable pour creuser son “cat hole” et enterrer ses déjections. Pour ce trip, j’avais aussi acheté un “accessoire urinaire féminin” pour faire pipi debout (il en existe des tonnes, j’ai testé le Tinkle Belle), en me disant que ça limiterait notamment le nombre de piqûres de midges sur mes fesses. Je crois que je l’ai utilisé max trois fois, haha! Je l’avais essayé plusieurs fois à la maison pour m’entraîner avant de partir mais je n’étais tout de même pas assez habituée pour être vraiment à l’aise. J’ai quand même été contente les quelques fois où il m’a servi, mais pas au point d’avoir le réflexe de l’utiliser. Bref, je ne le reprendrais pas si c’était à refaire.

Eau et nourriture

Pour “cuisiner”, on avait avec nous un réchaud à gaz Soto, une casserole légère Sea to Summit et deux longues cuillères Lifeventure, dont on est super satisfaits. J’ai mis “cuisiner” entre guillemets car on mangeait surtout des plats lyophilisés, ce qui implique juste de faire bouillir de l’eau, haha.

Voilà ce qu’on mangeait lors d’une journée typique. Pour le petit-déjeuner, on préparait du porridge instantané avec une pomme fraîche (coupée en morceau avec mon couteau suisse). Durant la journée, on mangeait des mélanges de noix et des barres de céréales (environ 2 barres de 260 kcal par personne par jour; nos préférées sont de la marque “Kind”, et on a eu la bonne surprise de voir que la Migros et la Coop en vendent aussi, donc on va pouvoir continuer notre addiction aux délicieuses barres “Dark chocolate and sea salt”, yum!). Le soir, on mangeait soit un plat lyophilisé (de Firepot et Expedition Foods, des marques qu’on pouvait facilement acheter sur place et dont on trouve les plats généralement bons), soit du couscous ou de la polenta avec une sauce toute faite en sachet. On avait juste pris un peu de sel et poivre, donc pour ce trip on n’a pas essayé de cuisiner de vrais plats.

Dès que c’était possible, on profitait des pubs et cafés qu’on trouvait sur notre chemin, particulièrement à midi. On a donc moins cuisiné lors de la première moitié du trek, vu qu’on était dans des coins moins perdus. Sur le CWT, les occasions de manger au restaurant étaient plus rares, donc on essayait de ne pas les rater — c’est fou la différence qu’un bon gros repas fait pour l’énergie et le moral!

On avait aussi du chocolat chaud instantané Cadbury, un truc qu’on ne boit qu’en trek, mais qu’est-ce qu’on adore! Ça réchauffe le corps et le coeur, et c’était très apprécié lorsqu’il faisait froid et moche. On se partageait en général un chocolat chaud le matin avec notre porridge, et on en reprenait un le soir s’il faisait froid et qu’on avait besoin de sucre.

Le matin, on avait des routines différentes en fonction de la météo. S’il faisait beau, on pliait la tente, on mangeait une barre de céréales et on commençait direct à marcher. Après environ deux heures, on prenait une pause pour manger notre porridge dehors, avec vue. S’il pleuvait (ou que les midges étaient terribles), on mangeait direct le porridge dans la tente, à l’abri, et on partait ensuite.

Petites astuces en vrac: on faisait régulièrement bouillir nos cuillères dans la casserole pour les nettoyer. On avait aussi un bol pliable en silicone, pas indispensable mais pratique pour recueillir les pommes coupées en attendant que le porridge soit prêt (en plus, le fond du bol fait office de planche à découper) ou pour manger des plats déshydratés qui ne se dégustent pas directement dans leur emballage (voir photo ci-dessous, en bas à droite: José mangeait son plat dans la casserole, et moi dans un bol — uniquement quand on avait des plats différents, sinon on mangeait les deux dans la casserole). Pour stocker nos déchets, on utilisait un petit sac en plastique (type pour poubelle de salle de bains) qu’on sécurisait dans un sac ziplock. On utilisait aussi des sacs ziplock pour rassembler les snacks, transporter la poudre de chocolat chaud, le couscous, la polenta… en fait, on utilisait des sacs ziplock pour à peu près tout, haha!

Pour l’eau, on avait chacun un camelbak (en vrai on utilise la marque Platypus, mais je ne voulais pas faire genre on se baladait avec des ornithorynques! 😉 ), d’un volume de 3L pour José, 2L pour moi, mais on ne portait en général qu’1.5L chacun, sauf si on était dans un coin où l’eau était rare. Personnellement, je n’aime pas trop boire dans des gourdes quand on a les gros sacs à dos, car il faut presque se déboîter l’épaule pour les atteindre et les ranger. Avec les camelbaks, on boit bien plus souvent car on n’a même pas besoin de s’arrêter, et l’eau reste fraîche plus longtemps quand le soleil tape, puisque les poches sont à l’abri dans le sac à dos. On avait quand même aussi une gourde en plastique molle qu’on aime prendre dans la tente pour boire la nuit, et qui est très pratique pour rincer les brosses à dents sans trop gaspiller d’eau. On avait aussi une bouteille en PET de 500 ml dans laquelle on mettait des électrolytes (on ne voulait pas que nos camelbaks et la gourde aient éternellement le goût d’agrumes ^^).

Sur la première partie du trek, on remplissait nos contenants surtout avec l’eau du robinet (dans les cafés, toilettes publiques, et aux distributeurs “Scottish Water” qui sont assez fréquents, surtout le long du WHW). Dès le CWT, on buvait l’eau des torrents et rivières, qu’on filtrait avec un filtre Platypus (pratique, mais qui ne filtre pas les virus) ou qu’on faisait bouillir. On avait aussi des tablettes purificatrices au cas où, mais on n’en a pas eu besoin.

José en train de filtrer de l’eau

Enfin, on avait acheté une bouteille Lifestraw, avec une paille qui filtre au moment de boire. On ne la reprendrait pas, car on ne l’a pas du tout utilisée! Comme dit plus haut, on trouve beaucoup plus simple de boire dans les Camelbaks, et en plus ce n’est pas très agréable de boire avec cette bouteille. On l’avait prise plutôt comme “back-up” au cas où le filtre Platypus nous lâchait, mais vu qu’on avait aussi des tablettes et l’option de bouillir l’eau, c’était vraiment très redondant.

Electronique

Place à l’électronique! On avait bien sûr nos natels, très utiles pour s’orienter, planifier, réserver des hôtels, prendre des photos, mettre un réveil… Après beaucoup d’hésitation, j’avais décidé de prendre aussi un vrai appareil photo, mais je ne voulais pas porter mon Nikon D7500, bien trop lourd et encombrant. A la place, j’ai investi dans un appareil compact Sony, le RX100 vii, et je ne regrette pas! Je l’adore, et ça m’a fait très plaisir d’avoir plus de liberté pour prendre des photos (il peut zoomer jusqu’à 200 mm et la qualité est bien meilleure que sur mon natel). On avait aussi un mini trépied Joby, très pratique pour pouvoir se prendre en photo.

Notre setup pour réhausser le mini trépied, héhé

Bien sûr, il fallait pouvoir charger tout ça (ainsi que le Garmin InReach et la montre Garmin). On avait un bloc USB sur lequel on pouvait brancher les chargeurs lorsqu’on avait accès à de l’électricité (dans les cafés, hôtels et parfois les campings). Et sinon, on avait deux batteries externes d’environ 10’000 mAh chacune (chaque batterie permettait de faire environ 2.5 charges de natel). On tenait en général la semaine sans avoir besoin de source électrique — ça dépendait aussi de ma propension à prendre des photos… La première semaine, j’ai été très sage et j’ai utilisé seulement deux batteries d’appareil photo! J’en avais pris trois au cas où, et c’était nickel pour tourner sans stresser.

On avait aussi emporté un panneau solaire qu’on avait déjà utilisé lors de précédentes vacances (très pratique au Tiree Music Festival, par exemple), mais on ne le reprendrait sûrement pas si c’était à refaire. Il est bien, il charge même quand il y a des nuages, mais ça ne valait pas vraiment le poids, surtout vu qu’on n’avait pas franchement de problèmes de batteries vides. On l’a quand même utilisé quelques fois, mais on aurait pu se débrouiller sans.

Accessoires qu’on ne regrette vraiment pas d’avoir portés

Et pour finir, voici quelques-uns de nos meilleurs alliés, qu’on ne regrette vraiment pas d’avoir pris avec nous!

Tout d’abord, les bâtons de marche. De base, j’adore les bâtons pour les pentes raides et quand je porte un gros sac, ça soulage bien les genoux. Pour ce trek, ils représentaient aussi une aide précieuse lors des traversées de rivière (pour jauger la profondeur de l’eau et le courant) et lorsqu’on marchait dans les tourbières (à nouveau, pour regarder la profondeur et aider à sauter par-dessus les fossés tourbeux).

Ensuite, nos chapeaux Tilley. Ils n’ont pas quitté nos têtes les trois premières semaines, quand le soleil tapait fort. Ils sont aussi très pratiques quand il bruine, ça protège très bien des pluies légères tout en étant plus confortable que le capuchon du K-way. Bref, on les adore, et on ne les enlevait que quand il y avait trop de vent ou que la pluie était torrentielle.

Les chapeaux sont aussi super quand on porte notre filet anti-midges, un autre indispensable. Fidèles au poste, les midges ont débarqué mi-mai. Mais bon, on les connaît et on s’est fait une raison depuis longtemps qu’il faut malheureusement partager la belle saison avec ces monstres sanguinaires. Le filet sur la tête, un peu de “smidge” sur la peau exposée, une grosse dose de résignation et c’est parti!

On a une couverture ultralight (marque Cocoon) qu’on adore, elle vit carrément dans le sac à dos de rando de José. On aime bien l’étaler dans l’auvent ou lors des pauses, pour s’asseoir ou étaler notre matos au sec.

Comme lors de tous mes voyages, j’avais pris un petit carnet pour écrire quotidiennement. C’est une tradition qui m’est chère et qui me reconnecte toujours au plaisir d’écrire. On avait aussi chacun nos liseuses Kobo, et on n’a pas regretté! On lisait vraiment souvent, il n’y a pas besoin de lumière, la batterie dure longtemps, c’est léger… Bref, on était bien contents de les avoir (ne serait-ce que pour les longues heures de trajets en train entre la Suisse et l’Ecosse!).

Autre objet fort utile: un petit sac ultralight Bowengo. Il ne prend quasi pas de place lorsqu’il est plié, et c’était très pratique pour transporter nos valeurs et nos affaires lors de nos jours de repos et en ville.

Je les ai déjà mentionnées dans la section “Chaussures”, mais nos sandales ont aussi été super pratiques. En ville, lors des jours de repos, en camping… c’était vraiment top de les avoir, on peut marcher confortablement avec, elles sont légères, ne prennent pas de place, vont dans l’eau… Bref, on les adore.

Et enfin, dernier objet, une banane Cotopaxi. Durant la Diagonale, ce n’était vraiment pas pratique d’utiliser mon natel quand il pleuvait (il est difficile à sortir de la poche du pantalon de pluie, trop haute et donc entravée par la ceinture de hanches du sac à dos) et je ne pouvais pas non plus garder l’appareil photo dehors dans sa petite sacoche en bandoulière, car celle-ci n’était pas waterproof. Avant de se lancer sur le Skye Trail, on a donc acheté une banane pour que je puisse facilement accéder au natel et à l’appareil photo même sous la pluie. C’était aussi pratique pour sortir rapidement des mouchoirs, du baume à lèvres et des barres de céréales. La banane n’est pas entièrement imperméable, donc je mettais les trucs à ne pas mouiller dans un sachet ziplock, et ça allait très bien. Bref, un petit ajout que je n’ai pas regretté!

Sur le Skye Trail, avec ma nouvelle banane Cotopaxi (noire et peu visible sur la photo, mais je n’ai pas trouvé mieux)

Et voilà, félicitations si vous avez atteint la fin de cet article à rallonge! 😉
Maintenant que j’ai longuement disserté sur ce qu’on avait pris avec nous, je me réjouis de bientôt vous raconter cette aventure avec plus de détails, de photos et d’anecdotes. A bientôt!