Scottish Diagonal #37 Inching forward, to Inchnadamph

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour la suite du récit de la Diagonale écossaise, avec une journée passée en grande partie à longer la rivière Oykel et à crapahuter au coeur de splendides paysages.

Après une mauvaise nuit due à la “lumpiness” du terrain (ah, ces satanés tussocks! ^^) qui faisait mal au dos, on s’est réveillés sous une pluie intermittente qui ne nous motivait que moyennement à émerger… puis ce sont les midges qui ont débarqué. J’ai pu aller aux toilettes avec moins de dégâts que la veille (j’avais même mis du Smidge sur les cuisses ^^), mais les monstres ne nous ont pas lâchés d’une semelle pendant qu’on pliait la tente.

Puis on commence à marcher et, bonne surprise, le large track carrossable laisse place à un joli sentier le long de la rivière Oykel. Mais après un petit quart d’heure, qu’est-ce qu’on voit? Le spot de bivouac parfait: plat, herbe rase, proche de la rivière mais assez relevé. Bref, on est envahis de regrets et déception en repensant à notre spot inférieur. Je me console en me disant qu’il était peut-être pris la veille. ^^’ Heureusement, le paysage et le sentier sont sympas… jusqu’à ce qu’on retrouve une route et des montagnes défigurées par des plantations coupées.

On longe Loch Ailsh (où je vois des canetons noirs tout mignons, mais je ne sais pas de quelle espèce), dominé par le stylé Benmore Lodge, puis on retrouve la rivière Oykel, dans Benmore Forest (qui n’est pas une forêt, voir mon explication dans cet article).

On se pose au bord de l’eau pour manger notre porridge. Pas loin se trouve un squelette de cerf un peu éparpillé — on aura vu plusieurs crânes de cerf ce jour-là, c’était impressionnant.

On continue ensuite à remonter la rivière, dans une vallée vraiment belle. Toute cette région est splendide, et j’ai hâte d’y revenir un jour — notamment pour emprunter un des tracés alternatifs du CWT faisant passer par l’est de Ben More Assynt.

Le track, de plus en plus boggy, laisse place à un sentier, puis ça devient carrément pathless, et on adore!

Les montagnes tout autour de nous sont grandioses, dont Ben More Assynt.

On traverse l’Oykel juste en dessous de jolies cascades avant de grimper dans le bog dans l’ombre de Conival.

Grenouilles, tritons et lézards étaient partout sur notre passage, ça grouillait de vie. Je crois même avoir vu un orvet!

On passe maître dans l’art de naviguer dans les tourbières, tout en admirant la beauté colorée des coussins de sphaigne. On se sent vraiment en forme et heureux d’être là. Je débordais vraiment d’énergie pendant cette montée, on aurait dit une feral goat! ^^

En atteignant le col, Bealach Trallgil, on se prend le vent de plein fouet. Il ne souffle pas si fort, mais ça refroidit vachement quand même, au point que je sors les gants.

On retrouve un chemin, et un paysage plus rocailleux. Avec les sommets dans les nuages, l’ambiance fait un peu “Mordor”.

Puis un panorama splendide se dévoile sous nos yeux. La vue sur Loch Assynt est absolument magnifique, et on voit même l’Atlantique au loin, wahou! ♥

Le ciel est très changeant, de gros nuages de pluie filent vite autour de nous et je range l’appareil photo pour le mettre à l’abri. J’ai froid aux pieds et je sens mes muscles qui se sont refroidis lors d’une courte pause, donc la descente est un peu moins drôle que la montée.

Heureusement, il y a un bon sentier et on arrive à Inchnadamph vers 18h. Assynt Lodge, pas loin du village, a des airs de château moderne.

La pluie commence à tomber dru et on est contents d’arriver à l’hostel (“Explorer’s Lodge”). On a une petite frayeur en arrivant, à cause d’un mot sur la porte faisant croire qu’il est fermé, mais en fait non, ouf! On prend deux lits dans un dortoir, contents d’être au sec pour la nuit. En plus, l’hostel est super sympa et convivial, et il y a même des cerfs qui paissent sur la pelouse!

On a passé une très chouette soirée à discuter avec une cycliste allemande, une Finlandaise, des motards et un Gallois (et ancien CEO du British Wildlife Trust!) faisant le CWT du nord au sud (on a pu s’échanger des tips ^^). Inchnadamph se situe sur la NC500, donc c’est pas mal couru et animé. C’était chouette de voir du monde et de se reposer après la mauvaise nuit au bord de la rivière Oykel. ^^

Après une bonne douche, on retourne dans notre chambre et, surprise, tout le monde dans le dortoir est déjà en mode dodo, alors qu’il n’est que 21h10! ^^’ Du coup on a préparé nos affaires tranquillement, on a lu un peu et on s’est couchés tôt nous aussi. Ça faisait un bail que je n’avais pas dormi dans un “bunk bed” supérieur. ^^

Allez, c’est tout pour aujourd’hui, à jeudi pour la suite! 🙂

[Distance Jour 41: 21.9 km et 565 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 742.8 km]

Scottish Diagonal #36 Tracks & Tussocks

Bonjour tout le monde!
Aujourd’hui, je continue la rétrospective écossaise 2025 avec une journée de marche qui nous a fait passer le cap des 700 km cumulés!

Elle était malheureusement un peu moins intéressante que les précédentes car peu variée, et sur des tracks 4×4 tout le long. Il y a quand même eu quelques highlights, mais aussi des low points.

Il a plu vers 6h du matin mais il faisait sec quand on a émergé vers 7h30, ce qui était chouette. Tout est tellement plus facile quand il n’y a ni pluie, ni midges!

Le track sur lequel on marche est régulièrement inondé, et on en profite pour faire quelques photos avec notre reflet dans les grosses flaques, héhé.

Behind the scenes

On a une rivière à traverser et un petit bout boggy, mais sinon il n’y a pas grand-chose de spécial à mentionner.

Puis on atteint le Schoolhouse bothy, vraiment super mignon, où on s’arrête pour cuisiner notre “Second breakfast” (= porridge).

Comme son nom l’indique, ce bothy était anciennement une école, et il reste quelques bureaux et livres, ainsi qu’un tableau noir, héhé. Dans le bothy book, on trouve un message laissé par Flora, qu’on n’a plus vue depuis plusieurs jours (elle n’avait que peu de temps pour terminer le Cape Wrath Trail, donc elle avançait à un rythme fou) mais dont on adore suivre la progression grâce aux bothy books. On commence d’ailleurs à reconnaître les noms des gens qui nous précèdent sur le trail, vu qu’il est d’usage de laisser un message dans chaque bothy passé en chemin, qu’on y dorme ou pas.

Après cette bonne pause, on repart, toujours au sec: on a même enlevé les waterproofs et sorti les chapeaux, qui n’avaient plus vu l’air libre depuis le Knoydart. ^^

Le track se poursuit dans Glen Einig, où se trouve une jolie forêt de bouleaux et sureaux (avec aussi des plantations au loin, et même des éoliennes encore plus loin), mais c’est peu varié. On avale les kilomètres: la promesse de frites nous fait marcher plus vite.

Eh oui, car à 13h, après une quinzaine de km de marche, on se pose au public bar du Oykel Bridge Hotel pour un bon lunch: burger/hunter’s chicken, chunky chips, et un crumble pomme-fraise avec custard, yum.

L’hôtel est un repère de pêcheurs, la pêche (au saumon) étant LA grosse activité du coin. D’ailleurs, les voitures dans le parking ont presque toutes des supports à canne à pêche, haha (je n’avais jamais vu ça ^^).

Après des papouilles au magnifique border collie du pub et malgré un “food coma” intense, on quitte Oykel Bridge peu après 14h et on reprend la marche.

On passe le reste de la journée sur un track, à remonter la River Oykel. On traverse une ferme avec des vaches, on admire un petit cottage sur une colline, mais le tracé n’a rien de vraiment fascinant. On trouve les tracks ennuyeux, c’est tout. ^^ En plus, je commence à avoir mal aux pieds, la peau sous ma cheville brûle: l’intérieur de mes chaussures est tellement destroyé que ça frotte très douloureusement, ralalala. Ce n’est pas une cloque, mais j’appelle quand même Compeed à la rescousse et ça aide.

On atteint un tronçon de l’Oykel très clairement dédié à la pêche: il y a des bancs tout le long de la rivière, ainsi que des cabanons de pêcheurs. On croise plusieurs voitures (toutes avec leur support à canne à pêche sur le capot, cela va de soi), et un conducteur s’arrête pour nous saluer et nous dit, “secrètement”, qu’il y a une fishing hut ouverte que personne n’utilise ce soir, et qu’à notre place, il dormirait là-bas, *wink*. 😉 On échange aussi quelques mots sur l’absence inquiétante de poissons — ça parlait aussi de ça à Oykel Bridge.

On jette un oeil à la fameuse hut, mais c’est un peu petit quand même, donc on cherche un endroit où planter la tente. Il n’y a vraiment pas l’embarras du choix, mais on ne fait pas la fine bouche car on ne veut pas marcher encore 5 km dans l’espoir de trouver un hypothétique meilleur spot (surtout qu’il pleut à nouveau par intermittence depuis deux heures). On finit donc par planter la tente un peu plus loin au bord de la rivière, mais ce n’est pas très plat, il y a des “tussocks” partout (et pour dormir confortablement, tussocks suck ^^).

Mais le gros low point de la journée est encore à venir: alors que je vais aux toilettes à l’orée de la forêt, un million de midges débarquent pour me dévorer. Je ne plaisante pas, c’était l’horreur, un vrai cauchemar. J’avais des piqûres partout sur les cuisses, des cadavres de midges dans la culotte, olala… Bref, pas un moment agréable (et c’est le prénom!). Depuis la tente, José m’entendait hurler des insultes incohérentes aux monstres sanguinaires, haha.

Je me réfugie enfin dans la tente (toute wonky à cause des tussocks), on mange un bon risotto et on se repose, sous l’oeil vigilant des midges amassés dans l’auvent…

Et voilà, sur cette note tragicomique, c’est la fin de cet article! A bientôt pour la suite! 🙂

[Distance Jour 40: 24.8 km et 307 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 720.9 km]

Scottish Diagonal #35 Au détour de la rivière Douchary

Hello! C’est parti pour la suite de la rétrospective, avec le premier article de la dernière semaine de notre Diagonale écossaise, wouhou! On touche bientôt au but. 😉

Itinéraire de notre troisième et dernière semaine sur le CWT

Cette sixième et dernière semaine nous a menés d’Ullapool à Durness via Cape Wrath, à travers des paysages magnifiques.

Après notre jour de repos à Ullapool, on se réjouissait déjà de retourner en pleine nature (il faut dire que les murs de l’hôtel étaient si fins qu’on entendait les ronflements dans la chambre d’à côté — c’était moins calme qu’en bivouac, haha! ^^). Après un copieux petit-déjeuner au buffet de l’hôtel, on embarque dans le bus à 9h pour rallier Inverlael et reprendre le trek là où on s’était arrêtés.

Petit interlude “transports publics”: notre expérience en Ecosse nous a appris que si on doit descendre à un arrêt peu commun, eh bien le chauffeur oublie presque systématiquement de s’arrêter, peu importe que quatre heures ou cinq minutes se soient écoulées depuis le moment où on lui a précisé la destination. On était donc préparés et on est restés le plus à l’avant possible, surtout qu’on n’avait que dix minutes de trajet. Eh bien même comme ça, la chauffeure ne s’est pas arrêtée à notre arrêt, haha! On a donc été déposés un poil plus loin qu’Inverbroom Bridge et on a dû rebrousser un peu chemin le long de la route. On n’aura vraiment pas triché niveau km, en tout cas! ^^’

L’itinéraire du jour commence par une montée dans une plantation. Pas très intéressant, mais ça sent bon les aiguilles de pin.

Une fois sortis de la forêt, on se retrouve sur un plateau-lande qui nous fait penser à l’île de Lewis. La météo est très changeante, avec de fréquentes averses, mais il fait bien moins venteux et froid que les jours précédents, c’est très agréable.

Une longue et superbe section pathless nous fait descendre dans Glen Douchary. Le coin a l’air fascinant pour la botanique: on croise différentes espèces de bruyères (certaines commencent à fleurir et apportent des touches violet-rose au paysage), plein de lichens et mousses, dont de la sphaigne d’un vert fluo incroyable.

On est vraiment tout seuls au milieu de ce paysage, c’est une sensation assez incroyable. On voit des ruines au loin, preuve que ce lieu n’a pas toujours été aussi déserté d’humains.

On traverse la rivière et on fait une pause pour manger des scones (à la pomme et aux noix, yum) achetés à Ullapool avant de partir. On a aussi trouvé des Digestives au chocolat noir chez Tesco, et je devine déjà que le paquet ne va pas durer longtemps, huhu.

Dans la tourbe, on trouve plein de vestiges d’arbres, témoins d’une autre époque où les Highlands étaient encore couverts de forêts. C’est impressionnant, certains troncs sont vraiment immenses!

On sent le poids des sacs bourrés de bouffe, ça pèse sur le dos et il faut qu’on se réhabitue.

Un sentier bien tourbeux et boueux (et très érodé par endroits) nous fait ensuite longer la rivière Douchary, merveilleuse.

Des cascades, des gorges auxquelles s’accrochent des arbres, de beaux pins sylvestres… C’était vraiment très, très beau. ♥

La pluie a fini par nous rattraper, mais ça ne changeait rien à la beauté des lieux (par contre ça a signé le retour de l’appareil photo dans le sac, beuh).

Puis on s’éloigne gentiment de la rivière, et on suit même quelques panneaux pour le Cape Wrath Trail — c’était le seul bout balisé de tout le trail, je crois! Ils sont sûrement là pour indiquer une déviation par rapport à la carte, suite à la récente construction d’une “deer fence” qu’il faut désormais contourner.

On a finalement quitté Glen Douchary et rejoint Loch an Daimh, où on a retrouvé un large track caillouteux et boueux. Là, j’ai commencé à avoir mal au pied gauche, ouch — mais ça n’a heureusement pas duré (d’ailleurs, si je ne l’avais pas mentionné dans le carnet, je ne m’en serais pas souvenue ^^).

On atteint Knockdamph bothy, désert et plutôt propre. On s’assied quelques instants mais on n’a pas l’intention d’y dormir, il fait frais et on est de toute façon plus cosy dans la tente (et on est encore un peu traumatisés de notre mauvaise nuit à Shenavall ^^).

On repart avec l’intention de planter la tente plus loin le long d’une rivière, mais il y a un spot trop tentant à trois pas du bothy, dans un vieux sheepfold en ruine au bout de Loch an Daimh. On se pose là, contents de cette journée de reprise mais prêts à se reposer. 😉

On mange un bon plat lyophilisé (orzo pasta, yum), on boit du chocolat chaud et on étudie les cartes, avec le bêlement des moutons voisins en fond sonore, et le clapotis de l’eau du loch…

A bientôt pour la suite! 😉

[Distance Jour 39: 22.9 km et 726 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 696.1 km]

Scottish Diagonal #34 Ups and downs

Bonjour et bienvenue pour la suite de la rétrospective de la Diagonale écossaise, avec une journée assez éreintante qui nous a menés de Shenavall à Ullapool!

Cette journée aura été faite de hauts et bas topographiques, météorologiques et émotionnels. Déjà, on a passé une très mauvaise nuit: après s’être paisiblement endormis à 22h30, on est réveillés en sursaut à minuit par la porte de “notre” “chambre” qui s’ouvre brusquement et une lampe frontale qui nous éblouit. Sans un mot, la personne laisse la porte ouverte et part explorer le reste du bothy, avant de revenir dix minutes plus tard pour la refermer. S’ensuit un bruyant concert de bruissement de sacs plastiques, de gonflage de matelas et de forts chuchotements dans la pièce voisine. Bref, on a eu de la peine à bien dormir après ça et on s’est réveillés crevés, malgré un réveil repoussé de 6h30 à 7h.

Le matin, on rencontre les responsables du dérangement: trois jeunes Français qui se sont à peine excusés et ont fait cuire du bacon par terre au milieu du passage — on a dû enjamber leur réchaud pour sortir alors qu’il y avait trois tables disponibles dans la pièce où ils étaient…

Bref, ils ne m’ont clairement pas laissé une bonne impression et je les ai maudits quasi tout le reste de la journée pour la mauvaise nuit, car la journée n’était pas facile avec le manque de sommeil.

Autre difficulté: la météo. On a eu beaucoup de pluie, avec quand même quelques rares instants de soleil — mais je n’ai jamais eu le temps de sortir l’appareil Sony, l’averse suivante nous guettant toujours de près. On a aussi eu droit à de la grêle (dans le dos, heureusement, contrairement à notre expérience dans le Knoydart où elle nous fouettait en pleine face ^^) et à beaucoup de vent, avec des rafales déstabilisantes et qui refroidissaient l’air ambiant de manière conséquente (j’ai eu très froid aux mains).

En plus positif, les paysages étaient bien beaux! On a aperçu un furtif arc-en-ciel et on a eu droit à quelques vues sur An Teallach, qui jouait à cache-cache avec les nuages sombres, dans une ambiance digne du Mordor.

Quand le soleil pointait le bout de son nez, la lande entière s’illuminait, prenant de merveilleuses couleurs dorées.

Dundonnell River

On a finalement rejoint une route, qu’on a dû longer sur quelques centaines de mètres avant de traverser un pont sur la rivière Dundonnell et de remonter dans les hauteurs. Les vues sur An Teallach, dans notre dos, étaient vraiment superbes. On a aussi pu admirer quelques jolies cascades et lochans.

Après avoir traversé Allt an Duibhe, on a emprunté un chemin qui était autrefois utilisé pour transporter des cercueils de Dundonnell jusqu’à Clachan, où ils étaient enterrés. Ça m’a rappelé un roman de Peter May, “Coffin Road”.

Avec la pluie, le sentier était transformé en véritable torrent. Le bog était parcouru de petites rivières éphémères mais étonnamment profondes. Contrairement à la veille, on a vite abandonné l’illusion de garder nos pieds secs — il y avait de toute façon quelques rivières à traverser, mais rien de bien méchant.

On passe devant Lochan Dubh (“petit lac noir”) et les vestiges d’un petit barrage de pierre sèche. Soudain, Loch Broom apparaît en contrebas, splendide.

Le soleil tente un timide retour mais sa chaleur ne peut pas rivaliser avec le froid et la force du vent, brrr.

On atteint Inverbroom Bridge, vers Inverlael, où passe la route pour Ullapool, qui se trouve 13 km à l’ouest et où on a prévu de prendre un jour de repos. On n’a aucune intention de marcher 13 km le long de cette route pas mal fréquentée (par plein de camions, en plus) mais il n’y a pas de bus avant plusieurs heures, le vent souffle hyper fort et les arbres font un peu peur — on voit d’ailleurs une branche fraîchement tombée sur la route. On n’a pas envie de passer trop de temps à la merci des éléments en tentant notre chance au stop (Alex et Carmen, les Australiens, nous ont plus tard raconté avoir dû attendre vachement longtemps avant d’être pris en stop à cet endroit), donc on décide d’appeler un taxi.

En quelques minutes, nous voici au sec et en route pour Ullapool. Notre conductrice, très sympa, nous met à jour sur les dernières nouvelles et nous apprend qu’il y a des incertitudes avec le ferry à cause des forts vents, ça ne rigole pas! Ça crée un peu la pagaille car les hébergements du coin sont quasi tout le temps complets et des passagers en rade se retrouvent coincés sans nulle part où dormir — on avait d’ailleurs galéré à réserver une chambre, mais finalement on a déniché une twin room (la toute dernière chambre dispo!) au Caledonian Hotel, yay. Malheureusement, on apprend aussi qu’un randonneur suisse qui faisait le Cape Wrath Trail en solo a trouvé la mort quelques jours auparavant, probablement en traversant une rivière vers Kinloch Hourn. Arf, ça nous file un petit coup au moral et nous rappelle les risques inhérents aux sorties en montagne et qu’un accident est si vite arrivé…

En un rien de temps (et 20£ plus légers), nous voici déposés devant le Caledonian Hotel. Après une douche bien longue et chaude, on s’effondre dans les lits pour se reposer. On est bien contents d’être à l’intérieur, car il pleut de nouveau fort. On s’extirpe avec difficulté à 18h30 pour notre réservation au resto de l’hôtel (heureusement qu’on n’a pas à aller trop loin! ^^), où on s’est offert un festin (avec entrées ET dessert, héhé): wild mushroom toast, haggis croquettes, Balmoral burger, chocolate truffle torte… yum! Une fois bien repus, on n’a pas tardé à aller dormir, car on avait pas mal de sommeil à rattraper.

[Distance Jour 37: 18.1 km et 740 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 673.2 km]

Le lendemain, on a vécu une journée de repos idéale à Ullapool. Point le plus important, on a super bien mangé: granola au Cult Café le matin, pizza napolitaine à tomber chez Oak & Grain à midi, et super Fish & chips le soir chez Delicasea (où les clientes de la table voisine parlaient gaélique, héhé!). Ensuite, on a pu faire faire notre lessive par un laundry service ultra sympa qui a pris nos habits alors même qu’il était full (la dame a clairement eu pitié de nous ^^). On a pu se ravitailler chez Tesco et chez Ullapool Outdoors, un magasin local hyper bien fourni et très sympa où nous attendaient plein de plats lyophilisés et un paquet de nouvelles chaussettes Injinji (on avait des paires tellement trouées qu’on n’arrivait plus à les rapiécer ^^). Il faisait bien pluvieux et on avait déjà visité le musée local en 2023, donc on a passé l’après-midi à regarder des vidéos YouTube en mangeant des fraises et buvant du chocolat chaud, héhé.

Bref, on était désormais requinqués et prêts pour la suite de l’aventure et la dernière semaine jusqu’à Cape Wrath! 🙂

A bientôt pour la suite du récit!

P.S. Dans les toilettes de l’hôtel, on a été tout contents de tomber sur des autocollants d’Ullapool Sea Savers (USS), un groupe local de jeunes hyper impliqués dans la conservation de la vie marine. On en avait déjà entendu parler dans le super documentaire “Scotland: Ocean Nation” de Cal Major, qui invite aussi régulièrement des membres d’USS dans son podcast “Our Ocean“, que je vous recommande chaudement!

Scottish Diagonal #33 Onwards to Shenavall

Bonjour tout le monde!
On continue la rétrospective écossaise 2025 avec le récit d’une nouvelle superbe journée — durant laquelle j’ai pu garder l’appareil photo hors du sac tout le long, preuve qu’il n’a pas plu de toute la journée, ha (ça faisait longtemps)!

Il a quand même plu durant la nuit et au réveil, mais ça s’est arrêté quand on a quitté le camping de Kinlochewe, vers 8h30. Après avoir plié la tente en compagnie d’un rouge-gorge curieux (et de midges, moins cool ^^), on est allés prendre notre petit-déj’ au café de la station service de Kinlochewe, très sympa. Là encore, il y avait un rouge-gorge qui voletait de chaise en chaise, héhé. 🙂

Puis on commence à marcher, d’abord sur un trottoir, le long d’une haie d’immenses rhododendrons, puis sur une route bordée d’ajoncs, puis sur un track qui nous a menés dans les Heights of Kinlochewe.

Alex et Carmen, les Australiens, nous ont rattrapés et on a marché un moment ensemble avant de les laisser partir devant (leurs longues jambes sont un peu rapides pour nous).

On s’enfonce dans Gleann na Muice, où un projet de plantation d’arbres indigènes est en train de transformer le paysage — il y a déjà une belle jeune forêt clairsemée!

Ça grimpe gentiment, et les vues sur Lochan Fada sont splendides, avec Slioch (et Letterewe Forest) d’un côté et les sommets de Fisherfield de l’autre.

Le ciel est très nuageux et gris, mais ça fait ressortir le bleu des lochs, c’est si beau!

A la hauteur d’un cairn, on quitte le sentier pour une section pathless mais facile à naviguer: il suffit de suivre des cairns (et d’éviter les bogs ^^), héhé.

Soudain, un tétras lyre (black grouse) s’envole à côté de nous, wahou!

On se sent si légers et agiles, on saute de bute en bute comme des cabris, en riant. On est si heureux! ♥

Je me sens inspirée et créative, et je concocte quelques nouvelles parodies de chansons, sur les airs de “Home Bird” des Laurettes et de “Come to Australia” de Scared Wired Little Guys.

On traverse Allt Coire Mhir Fhearchair, une splendide rivière qui coule par endroits sur des roches lisses en formant comme un toboggan, héhé.

Nos pieds sont quasi secs depuis le matin et on est contents de trouver de bons endroits où traverser les rivières pour que ce confort dure un peu plus longtemps. 🙂

On continue à marcher à travers la tourbière pour passer Bealach na Croise.

Des plaques de roches lisses impressionnantes recouvrent certaines pentes des collines, on dirait à nouveau des toboggans naturels, haha.

Après avoir traversé Allt Cùl Doireachan, on retrouve un sentier qui longe Loch an Nid. Ironiquement, on est plus lents sur le sentier (un peu caillouteux et boueux) que lorsqu’on droit tracer notre propre chemin à travers la tourbière! ^^

Le vent souffle très fort par moments, mais heureusement on l’a majoritairement dans le dos, ouf. On fait une petite pause pour déguster un muffin au chocolat acheté à Kinlochewe avant de partir (toujours une bonne idée, héhé).

On suit une belle rivière avec quelques beaux spots de baignade — dommage qu’il ne fasse pas plus chaud! Elle s’appelle Abhainn Loch an Nid, puis Abhainn Strath na Sealga.

Cette vallée est superbe: méandres, cascades au loin, montagnes impressionnantes, vieux arbres feuillus (une rareté dans le coin!),…

On croise plein d’oiseaux: tariers pâtres, mésanges charbonnières, pinsons…

… puis on se retrouve face à une magnifique biche au détour d’un virage! Elle n’est pas trop farouche et se laisse prendre en photo tranquillement, héhé.

On a vu Alex et Carmen établir leur campement dans un troupeau d’arbres au bord de la rivière, mais on décide de continuer jusqu’à Shenavall, où se trouve un bothy.

Les deux derniers kilomètres avant notre destination étaient les plus longs, comme souvent, mais on a pris notre temps et les paysages étaient si beaux!

Le panorama s’est soudain ouvert sur Loch na Sealga, c’était magnifique. Un troupeau de vaches paisse pas loin — dont des Belted Galloway, une race qu’on adore. On ne s’attendait pas à en trouver dans un coin si paumé!

Au bothy, on retrouve deux Allemands déjà croisés la veille et durant la journée. Le bothy est bien spacieux: les Allemands prennent la pièce du haut, et nous la “chambre” du bas. On a passé la soirée à discuter de rando (et de barefoot ^^), c’était très chouette! Puis la pluie a débarqué en force et on était bien contents d’être à l’abri dans le bothy. 🙂

C’était vraiment une si belle journée, on se sentait si bien, exactement là où on devait être. Un pas après l’autre, heureux. ♥

A bientôt pour la suite de l’aventure! 🙂

[Distance Jour 36: 28.1 km et 887 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 655.1 km]

Scottish Diagonal #31 Rock’n Lochs

Bonjour tout le monde!
L’année 2025 est peut-être terminée, mais pas la rétrospective écossaise 2025, haha. 😉 C’est donc parti pour la suite du récit, avec une belle journée émerveillante dans les montagnes de Torridon et une météo écossaise bien changeante!

José et moi n’avons pas super bien dormi à Strathcarron, mais on a quand même réussi à plier bagages pour 9h (malgré quelques “snooze”). On commence par longer la rivière Carron, en passant devant plusieurs spots de pêche avec de chouettes noms, dont “Kindness Run”. 🙂

On retrouve rapidement Alex et Carmen, avec qui on a marché une partie de la journée. Le chemin était vraiment beau et agréable, avec de gros rochers parsemés dans le glen.

Vers 11h30, on atteint le bothy de Coire Fionnaraich, juste à temps pour une pause lunch à l’abri de la pluie qui commence à tomber.

Ayant économisé deux plats déshydratés en mangeant au pub la veille, on s’octroie même un vrai repas chaud pour midi, yum.

Alex et Carmen sont repartis un peu avant nous (ils mangeaient juste des wraps et des bonbons), puis on a enfilé les waterproofs et on a continué nous aussi, dans une météo un peu moins clémente.

Ça pleut et ça souffle, mais heureusement pas en continu, et la visibilité reste plutôt bonne, donc on peut quand même admirer la beauté des lieux.

Les roches des environs sont incroyables! Le sentier est constitué de cailloux rose-rouge, d’autres ont des teintes bleutées. La région de Torridon est connue pour ses roches très anciennes, dont le grès torridonien, formé il y a environ 1 milliard d’années, durant le Précambrien.

On passe Bealach Bàn, où le vent souffle hyper fort, s’engouffrant à toute vitesse dans le col.

Puis on recroise Alex et Carmen dans la descente pour Ling Hut. Ils avaient dévié du sentier sans faire exprès et se sont donc octroyés une section “off track” bonus (sans ça, on ne les aurait sans doute pas rattrapés avant Ling Hut!).

Les vues sur Loch Torridon (au loin) et de petits lochans sont splendides, malgré la pluie et les nuages qui semblent parfois de plus en plus bas. Plein de grenouilles sont en vadrouille, sautant hors du sentier à notre passage (j’ai peur de les écraser!). On croise aussi un triton hyper chou qui se prend pour un petit dragon.

Puis on arrive à Ling Hut, qui appartient au Scottish Mountaineering Club et où j’étais restée avec le Lairig de l’Uni d’Aberdeen en 2016 (je crois que c’était même mon premier week-end entier avec le club!).

Alex, Carmen, José et moi plantons nos tentes juste à côté (les refuges du SMC sont réservés aux membres). On bataille un peu face au vent qui souffle hyper fort — et qui gèle nos pauvres mains alors qu’on enfonce les sardines dans le sol.

Mais, belle surprise, le vent chasse momentanément les nuages: le soleil débarque et illumine Glen Torridon, c’est magique. Le ciel partiellement dégagé nous permet d’admirer Liathach et Beinn Eighe dans toute leur splendeur! 🙂

Les rayons du soleil chauffent direct la tente et c’est fort agréable! Ayant retrouvé l’usage de mes doigts, j’en profite pour prendre beaucoup trop de photos, haha. Il faut dire que je suis aussi un peu toute émue de revenir dans ce si beau lieu, après presque dix ans.

On mange tôt, vers 18h, avant de passer la soirée dans notre tente ballottée par le fort vent. On était si crevés qu’on s’est endormis vers 19h, avant même d’avoir pu se brosser les dents (une occurrence rarissime!). ^^

Un crapaud voisin de Ling Hut

Et voilà, c’est la fin de cet article. C’était une journée vraiment très chouette malgré la pluie, et qui nous a fait passer le cap des 600 km!

A bientôt pour la suite, avec le récit d’une de mes étapes préférées de tout le trek! 😀

[Distance Jour 34: 18.9 km et 687 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 607 km]

Scottish Diagonal #30 To Strathcarron

Bonjour tout le monde!
C’est parti pour le dernier article de rétrospective écossaise de l’année! 🙂

On a plutôt bien dormi dans le bothy de Bendronaig mais on se sentait quand même tous assez fatigués, donc on a fait une petite journée et c’était très bien comme ça. On se réveille à 7h, on déjeune, on se prépare et on quitte Bendronaig à 9h, pour une journée qui s’annonce sèche, yay! Enfin, en ce qui concerne le ciel, du moins. On a bien sûr quand même eu les pieds mouillés dans la tourbe et les torrents. 😉

On observe des chevaliers gambettes et d’autres limicoles le long d’Uisge Dubh (Black Water) et on marche un petit moment sur un track avant d’attaquer une section pathless bien raide mais très chouette.

La bruyère et le sol tourbeux créent comme des marches d’escalier, c’est très pratique. ^^’

Puis on retrouve un sentier qu’on allait suivre jusqu’à Strathcarron.

On passe Bealach Alltan Ruairidh et la vue (et la lumière!) est splendide. On admire de beaux loch(an)s et de superbes montagnes vers Torridon.

Al’, Flora et Rob nous distancent et on reste derrière à prendre notre temps et admirer le paysage, les incroyables tapis de droséras et les pools de sphaigne inondées à l’eau si claire.

On aperçoit gentiment Strathcarron en contrebas, et des paysages dévastés là où des plantations ont récemment été coupées.

On aperçoit aussi deux panneaux avec une coquille St Jacques (ça fait un bout jusqu’à Compostelle!), héhé.

Peu après midi, on retrouve Al’, Flora et Rob au “Bothy Bar” du Strathcarron Hotel pour boire et manger. Au menu: Thistly Cross Cider (yum), Cullen Skink, Scampi & chips, et même un apple crumble (noyé dans un peu trop de crème anglaise). On étudie les prévisions météo et on hésite pour la suite: continuer cet après-midi avec Al’ et Flora jusqu’à un bothy à 8 km d’ici, ou camper devant le Strathcarron Hotel et se reposer.

On choisit finalement la deuxième option, car on sent qu’on a besoin de se reposer et José sent un de ses genoux qui tire un peu. Rob reste ici lui aussi car il prend le train le lendemain pour rentrer chez lui. On plante donc les tentes dans le pré d’en face (qui grouille de tiques!) pour 5£, avant de prendre une douche à l’hôtel moyennant 5£ supplémentaires.

On a fait le tour du village (très vite fait, il n’y a pas grand-chose à part la gare) avant de retourner se poser au Bothy Bar pour écrire et lire. On est rapidement rejoints par Rob, puis Alex et Carmen, un frère et une soeur australiens que Rob avait déjà rencontrés. On a passé la soirée tous ensemble et c’était super sympa!

Vers 22h, direction la tente pour dormir!

Et voilà, c’est sur cette petite journée de marche que je vous laisse. On se retrouve l’année prochaine pour la suite de la rétrospective (et la traditionnelle rétrospective annuelle)! 😉

[Distance Jour 33: 10.8 km et 249 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 588.1 km]

Scottish Diagonal #29 Very wet again, naturally

Bonjour tout le monde, et joyeuses Fêtes de fin d’année! 🙂

C’est parti pour la suite de notre aventure sur le Cape Wrath Trail. Vous vous souvenez qu’on avait terminé le jour précédent sous un soleil radieux, et qu’on disait que c’était si chouette d’être à nouveau secs? Haha, comme les conditions changent vite! ^^

Dans l’auvent, une limace se prélasse

Eh oui, le soleil ne sera pas resté longtemps ce coup-ci. On s’est réveillés sous la pluie, ce qui ne nous a pas super motivés à bouger. Mais bon, on arrive quand même à émerger et on commence à marcher sous la pluie.

Fini les pieds quasi secs, c’est le retour des chaussures-piscines, entre le sol boggy et les rivières à traverser. Et il y en a, des rivières à traverser, et elles font peur, avec beaucoup de courant. La première grosse rivière ne nous inspire pas confiance, le débit nous paraît trop fort, donc on fait un grand détour pour l’éviter (surtout que l’itinéraire nous aurait fait la retraverser plus haut, donc on ne voyait pas trop l’intérêt). C’est vraiment l’aventure: on saute par-dessus les burns et les coins tourbeux inondés, on monte, on descend, tout ça dans la pluie et le vent, qui souffle fort, avec des rafales qui nous “stop in our tracks” régulièrement.

Finalement, nous voici “back on track” (littéralement, puisqu’on retrouve un chemin après plusieurs kilomètres sans sentier). On approche de Maol Bhuidhe, un bothy dans lequel on aimerait bien se réfugier le temps d’une pause. Mais pour l’atteindre, il reste une sacrée rivière à traverser, avec du courant et une hauteur d’eau qui nous arrive au-dessus des genoux. On descend un peu en aval, à la recherche d’un endroit plus favorable où traverser. On y arrive, mais on n’est pas hyper confiants et on est contents d’arriver au bothy, very 14h.

Surprise, on retrouve Al, Flora et Rob dans le bothy! C’est chouette de discuter tous ensemble. Le bothy a été restauré récemment et l’intérieur est vraiment très beau, tout en bois.

On enlève nos affaires mouillées et on se prépare du porridge pour se réchauffer. A cinq dans le petit espace “cuisine” du bothy, l’atmosphère se réchauffe vite. On discute de nos plans et des options pour la suite de la journée. Rester? Partir et marcher jusqu’au prochain bothy? Telle est la question.

Alors que José fait une requête météo sur le Garmin, un rayon de soleil passe par la fenêtre, magie! Les prévisions annoncent un temps sec jusqu’à la nuit, et le ciel bleu nous motive à continuer. Hop, c’est parti, on renfile nos affaires trempées et on repart tous ensemble.

On est contents d’être accompagnés d’Al, Rob et Flora, car on n’aurait sans doute pas osé faire le “river crossing” suivant seuls et on est rassurés par leur expérience. L’eau nous arrivait au genou mais était sombre, donc c’était difficile d’évaluer la profondeur avant le passage d’Al, qui a traversé en premier. Le courant vers la fin de la traversée était impressionnant, et c’était aussi pratique d’être plusieurs pour s’aider à sortir plus facilement de l’eau.

On était fiers de nous d’avoir réussi ces traversées plus “challenging” et ça nous a mis en confiance pour la suite de l’aventure.

On attaque ensuite une partie “pathless” mais assez facile et on atteint Loch Calavie, très beau.

Puis on est descendus jusqu’à Bendronaig Lodge bothy, où se trouvait déjà un Ecossais venu gravir quelques Munros dans le coin. Juste avant d’atteindre le bothy, il y a une ultime rivière à traverser, avec deux ponts au choix: un pont stable qui ne fait pas peur, et un pont à moitié pété auquel il ne reste plus qu’une planche sur deux. José a suivi Al, Rob et Flora sur la passerelle de la mort, et moi j’ai préféré prendre l’option safe (on va dire que c’était pour pouvoir prendre José en photo, haha! ^^).

On a passé une très chouette soirée au bothy, où deux Anglaises nous ont encore rejoints. Il y avait largement assez de place pour tout le monde, avec trois “chambres” et une grande pièce commune. Il y a même un “flushing toilet”, mais vu qu’il n’y a pas d’eau courante, il faut remplir des seaux au ruisseau pour remplir la chasse.

Rob et Al ont fait sécher leurs tentes au soleil, on a admiré les cerfs paissant dans la plaine alluviale, puis on a tous mangé et discuté autour du poêle à bois, avant de se coucher à 22h!

Et voilà, c’était la fin d’une sacrée journée bien aventureuse!

Joyeux Noël et à bientôt pour la suite de la rétrospective! ♥

[Distance Jour 32: 19.6 km et 772 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 577.3 km]

Scottish Diagonal #28 The Mighty Falls of Glomach

Bonjour tout le monde!
Aujourd’hui, on embarque pour la suite de la rétrospective de la Diagonale écossaise, avec le récit du premier jour de notre deuxième semaine sur le Cape Wrath Trail, qui nous a menés de Shiel Bridge à Ullapool.

Parcours de notre deuxième semaine sur le CWT

C’était une semaine vraiment splendide du trek, et ça a commencé fort dès le premier jour. On se sentait bien en forme après notre jour de repos, et on a bien marché.

Premier “win” de la journée: on a pu plier la tente au sec, mais avec quelques midges (you win some, you lose some ^^). Le soleil brille alors qu’on quitte le camping de Glenshiel direction The Wee Bun House, un “snack stop” à côté du Kintail Lodge. Deuxième “win”: c’est ouvert, et on mange de délicieux bacon & egg rolls, tout en ayant la super idée de prendre des sausage rolls et une part de chocolate fudge cake à l’emporter, pour plus tard. On aperçoit à nouveau un grand rapace voler au-dessus du Kintail Lodge — on l’avait déjà vu la veille. On n’est pas sûr si c’était un aigle royal, mais ça paraissait en tout cas bien plus grand qu’une buse! En tout cas, c’était beau. 🙂

A The Wee Bun House, on rencontre un groupe de trois randonneurs très sympas: Al (short for Alasdair), doctorant en physique à l’EPFL originaire d’Edimbourg; sa soeur Flora, en année sabbatique avant de commencer un doctorat en géologie au Canada; et leur ami Rob, un Berlinois qu’Al a rencontré en parcourant Te Araroa, cet incroyable trek qui traverse la Nouvelle-Zélande (oui oui, ça fait rêver!). On discute un peu avant de les laisser (ils attendaient l’ouverture du Pit Stop pour avaler un burger avant de partir — kindred spirits, haha) pour attaquer l’étape du jour.

On marche d’un bon pas jusqu’à Morvich, en admirant un bref arc-en-ciel au-dessus de Loch Duich. On croise des oies cendrées avec des oisons et on remarque que le niveau des rivières a baissé. Il a peu plu depuis la veille, et ça se voit! C’est vraiment fou comme ça change vite.

On s’attelle à l’ascension de Bealach na Sròine. La lumière est bien changeante mais il ne pleut pas, les conditions sont idéales.

Le col est sur un petit plateau couvert de linaigrettes qui dansent dans la brise, et la vue sur les montagnes autour est merveilleuse. Que c’est beau! ♥

On commence la descente de l’autre côté du col et on croise quelques day hikers qui nous lancent des “Lovely day for it!”. Ça faisait longtemps. 🙂 On croise aussi une femme marchant de John O’ Groats (tout au nord du mainland écossais) jusqu’à Land’s End (à la pointe sud-ouest des Cornouailles), wahou!

On atteint le haut des fameuses Falls of Glomach, une des plus hautes cascades de Grande-Bretagne (mais pas la plus haute, celle-là on l’a vue plus loin sur le CWT, en Assynt).

On pose les gros sacs et on descend voir le point de vue sur les Falls of Glomach, vraiment sublimes. Cerise sur le gâteau, un arc-en-ciel orne le bas de la cascade — ça me rappelle de beaux souvenirs de Nouvelle-Zélande!

On remonte jusqu’à nos sacs et on se fait une pause (il était 14h30 et on marchait non stop depuis 9h30) pour manger nos bons sausage rolls.

Puis c’est reparti! Je range l’appareil photo dans le sac car on attaque la descente des Falls of Glomach, réputée “tricky” et “precarious at times, particularly with a heavy pack”, d’après le Cicerone guidebook écrit par Iain Harper.

J’avais lu tellement de récits terrifiants de ce passage, j’avais peur que ce soit méga galère et vertigineux, mais en fait pas du tout. Il fallait effectivement faire attention pour passer certains rochers, mais ce n’était vraiment pas aussi terrible que ce qu’on craignait — et, heureusement, il faisait plutôt sec! Sous une pluie diluvienne, ça aurait sans doute été une autre histoire.

La gorge de la rivière est splendide, bordée d’arbres poussant dans des pentes pas possibles (là aussi, ça m’a rappelé des coins de NZ, décidément!). On a droit à une légère averse et on croise deux chèvres sauvages, héhé.

Après quelques passages un peu escarpés, on atteint Glen Elchaig.

Pour célébrer le fait d’avoir survécu à la descente, on déguste notre part de chocolate fudge cake, yum!

Des paysages magnifiques, du gâteau au chocolat, des chèvres, un peu de soleil… C’est franchement une sacrément bonne recette du bonheur, je trouve.

On traverse la rivière Elchaig sur des ponts très bien entretenus (merci le National Trust for Scotland!) et on recroise brièvement Alasdair, qui arrivait en courant, ayant temporairement semé ses compagnons de voyage (il avait déjà fait le CWT il y a quelques années, on ne sait pas s’il essayait de battre un record personnel ^^).

On continue notre route en longeant Loch na Leitreach, un beau loch bordé d’ajoncs et de pâturages de moutons.

Des bébés Ents luttant contre la barrière?

La lumière est vraiment belle et on est tout attendris par les nombreux agneaux “Black Face” qui peuplent les rives du loch.

On passe le mini hameau de Carnach. C’est un toponyme qu’on a croisé plusieurs fois dans les Highlands, donc je viens de chercher sa signification par curiosité. Verdict: “a rocky or stony place”. Rien d’étonnant quand on pense aussi à Carnac, en Bretagne, connu pour ses alignements de menhir (mais je n’avais jamais fait le rapprochement avant! ^^).

On se rapproche d’Allt na Doire Gairbhe pour planter la tente. Le sol est hyper dur et on galère un peu à enfoncer les sardines (a stony place indeed!), mais le coin est super beau et paisible. Sur le versant de l’autre côté de la rivière se trouve un grand troupeau de cerfs.

Comme d’habitude, je prépare l’intérieur de la tente pendant que José va filtrer de l’eau à la rivière. Il fait grand soleil et on est si heureux de la journée écoulée: les paysages, les lumières, la météo… C’était si agréable d’avoir un répit de la pluie (et de la grêle et du vent! ^^) et de se sentir débordant d’énergie (sûrement grâce à toute la nourriture avalée et au jour de repos!). 🙂

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui! A bientôt pour la suite! 🙂

[Distance Jour 31: 20 km et 712 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 557.7 km]

Scottish Diagonal #27 Among mountains and stone walls

Bonjour et bienvenue pour la suite de la rétrospective!
C’est parti pour le récit d’une sacrée journée bien aventureuse pour clore notre première semaine sur le CWT.

On s’est réveillés au coeur des montagnes, avec une belle sensation d’être seuls au monde. Il pleut, donc pour une fois on mange notre porridge dans la tente. Au moins, il fait trop froid pour les midges, donc c’est top pour cuisiner dans l’auvent. On plie ensuite la tente dans le vent et le froid, j’ai les mains gelées et je dois même enfiler mes gants.

La montée jusqu’à Bealach Coire Mhàlagain, le col en dessous de la Forcan Ridge, est magnifique. Il n’y a pas de sentier et on forge notre chemin à flanc de montagne. La météo change littéralement toutes les quatre minutes, et on s’émerveille à chaque fois que le soleil illumine le paysage. Trois cerfs gambadent dans la pente, les nuages filent à toute vitesse.

Arrivés au Bealach, on sent la puissance du vent de plein fouet. Je dois m’appuyer contre un rocher pour ne pas m’envoler (vraiment!). On utilise nos bâtons comme points d’ancrage avant de bouger les pieds, mais le vent arrive quand même parfois à nous déstabiliser.

On longe les restes d’un vieux mur de pierre à flanc de montagne, c’est comme marcher dans un pierrier. Je glisse une fois sur un rocher lisse et pentu, mais heureusement je ne me fais pas mal (j’ai juste une fesse endolorie par l’atterrissage sur un rocher pointu, ouch).

Le sentier devient un peu mieux (et on croise quelques day trippers) mais il pleut, puis grêle. Avec le vent, on se fait fouetter le visage de petits grêlons, et on est obligés de faire des pauses régulières dos au vent.

A cause des fortes pluies des derniers jours, on traverse la rivière bien plus en amont que l’itinéraire normal et ça se passe bien, on est rassurés! L’eau est même plus chaude que la température dans nos chaussures, donc c’est presque agréable, héhé.

Le “tricky river crossing” derrière nous, on se sent tout légers. C’est encore un tronçon sans sentier, mais le terrain est confortable: du bog facile à naviguer, sans s’enfoncer. Et de toute façon, on a déjà les pieds mouillés donc on n’a plus besoin de faire attention à éviter la sphaigne gorgée d’eau. Les grenouilles sautent à notre passage et le soleil refait même quelques brèves apparitions, c’est magique.

On retrouve finalement un track qui nous amène rapidement à Shiel Bridge, où on plante la tente dans le même camping qu’en octobre 2021 (aussi sous la flotte, ha!). C’est ici qu’on a prévu notre premier ravitaillement et jour de repos du CWT, après une incroyable première semaine sur ce trail!

[Distance Jour 29: 9.6 km et 389 m de dénivelé positif]
[Distance cumulée: 537.7 km]

Vu chez Kintail Crafts

Il est 15h30 et on décide de marcher jusqu’à Ault a’ Chruinn pour vite manger au “Pit Stop”, qui ferme à 17h. Quelle bonne décision! On a bu un bon Thistly Cross Cider et dévoré un burger de cerf. Puis on passe chez Kintail Crafts, un magasin/caverne d’Ali Baba (il y a même des Antiquités!), pour faire le plein de Firepot meals (des plats lyophilisés), porridge et barres de céréales pour la semaine suivante. Plus chargés (mais délestés de 150£ ^^’), on rentre au camping pour notre première douche (bien chaude!) en une semaine, yay! Puis c’était l’heure de faire la lessive, trier les photos, charger les batteries et planifier la suite du trek!

Le lendemain, on a passé une super journée de repos, largement centrée autour de la bouffe. ^^ Après une grasse mat’ au camping, on a fait l’ouverture de Chocolates of Glenshiel, à 10h, où on a mangé un énorme brownie accompagné de délicieux chocolats chauds.

A 11h30, on prend le bus direction Dornie, à seulement une dizaine de minutes de route, et on visite enfin Eilean Donan Castle. Depuis le temps qu’on passe devant sans jamais pouvoir s’arrêter (car le parking est souvent complet), c’est l’occase!

Le château existe depuis le 13e siècle mais était en ruine depuis le milieu du 18e, jusqu’à ce qu’un descendant (du clan McRae) décide de le restaurer en 1912 — un dur labeur qui dura 20 ans, le château ayant été inauguré en 1932.

La visite était sympa, avec des mix d’époques représentées (dont des robes de ~1750 extrêmement bien conservées!).

Depuis le château, on voit l’un des points d’ancrage où on avait passé la nuit avec Stravaigin lors de notre voyage en voilier en 2024, ça nous a rappelé de bons souvenirs. 🙂

La lumière sur Loch Duich et Loch Alsh était splendide, ça faisait tant de bien de voir le soleil! (Même qu’on a aussi eu droit à de sacrées averses le matin!)

En plus, on portait nos sandales (pour donner une chance à nos chaussures de sécher et pour aérer nos pieds), donc le soleil réchauffait un peu nos petits orteils! ^^

Après la visite, on se pose au café en face du château pour manger des toasties et charger les batteries, utiliser le Wifi et lire un peu.

On s’est aussi baladés et j’ai pris plein de photos de ce lieu mythique — un des plus photographiés d’Ecosse! A 16h40, on prend le bus du retour, mais on descend avant le camping, pour repasser chez Kintail Crafts, car on a oublié de se ravitailler en chocolat chaud et mouchoirs (malheureusement, on ressort bredouille).

Même si on a 1h d’avance sur notre réservation, on va déjà se poser au bar du Kintail Lodge, où on a passé une super soirée. ♥ C’était notre revanche pour octobre 2021 et la fin de notre trek sur l’Affric-Kintail Way, quand on avait voulu y manger mais que l’établissement était déjà fermé pour la saison. ^^

On a vraiment hyper bien mangé — les légumes frais nous avaient manqué — et on a passé la soirée à discuter de tout et rien, c’était si bien!

Puis on est rentrés à pied au camping, dans une superbe lumière.

On se sentait d’aplomb pour la suite de l’aventure, si heureux d’être là. ♥

A bientôt pour la suite du récit! 🙂