Madeira19#5 Ribeira da Janela

Bom dia! Voilà la suite des aventures à Madère — relatées et programmées avant mon départ en Ecosse.

Lors de notre deuxième nuit à São Vicente, on a malheureusement mal dormi et on s’est réveillés vachement fatigués. Qu’à cela ne tienne, on prend la route direction le nord-ouest pour aller petit-déjeuner à Porto Moniz avant notre rando du jour, la Levada da Ribeira da Janela.

Cette levada était décrite par Le Routard comme l’une des plus belles de l’île, notamment pour ses vues sur de magnifiques cultures en terrasses. En fait, on voit seulement des cultures en terrasses au départ de la marche (et depuis la route), mais du coup ça a donné du suspense à la rando. A chaque virage, on s’attendait à tomber sur un village caché… Mais non, haha.

Le sentier était tout d’abord très large et offrait de belles vues sur des rochers dans la mer et le village de Ribeira da Janela. Mais bien vite, on s’est retrouvés au coeur d’imposantes montagnes recouvertes d’une belle forêt dense, avec la rivière en contrebas.

On a revu une tonne de roitelets de Madère, pour notre plus grand bonheur. C’est vraiment incroyable à observer: ils bougent tellement vite, sans rester tranquilles, et il y en avait souvent une dizaine sur le même arbre.

Puis, nouvelle surprise ornithologique: on tombe sur le fameux pigeon trocaz, aussi endémique de l’île. On était trop contents et on est restés un bon moment à l’observer, près de son nid. On s’est fait dépasser par plusieurs marcheurs qui n’ont pas eu l’air de se demander outre mesure pourquoi on s’infligeait un début de torticolis. ^^

Au retour, on a revu un pigeon trocaz, beaucoup mieux et à notre hauteur. Il a des motifs superbes sur le cou, et une belle queue en éventail traversée d’une bande blanche.

Lors des levadas de la veille, il nous était déjà arrivé de devoir passer derrière des cascades, mais cette fois on devait carrément passer dessous! On s’est bien marrés, c’était impressionnant. Heureusement qu’il y avait une structure formant un mini tunnel, car même avec ça on était trempés. On sentait toute la force de l’eau qui s’abattait sur le petit toit de fortune.

Le passage sous la cascade

On s’est arrêtés pour pique-niquer devant une ancienne maison de levadores, les ouvriers des levadas. Tout un groupe de pinsons (pas du tout intéressés par les miettes de sandwiches ^^) nous a tenu compagnie pendant cette petite pause, donc j’en ai profité pour prendre plein de photos.

Peu après, on a dû traverser un tunnel interminable. Vraiment, on n’en voyait pas la fin. D’après notre carte, on pense qu’il faisait environ 2 km de long, et ça nous a pris 20-25 minutes de le traverser. Par endroits, on s’est fait attaquer par des trombes d’eau, c’était méga impressionnant. Le sol était aussi recouvert de flaques bien profondes, et on est ressortis trempés jusqu’aux os. C’était une sacrée expérience, d’être dans le noir total (on ne voyait vraiment pas la sortie, tellement c’était long, et le faisceau de la lampe frontale servait juste à ne pas se cogner la tête, car le plafond était bas), et c’est fou comme le son voyageait mal. On n’entendait pas les trombes d’eau avant d’être à seulement quelques mètres. On a croisé des gens à un moment, et pareil, on ne s’est remarqués qu’au dernier moment, c’était fou. C’était un moment sacrément fatigant (et froid), mais aussi sympathiquement particulier.

Après le tunnel, la rando commençait toutefois à devenir un peu longuette. Surtout avec le manque de sommeil, j’avais mal au crâne et je n’arrivais pas à profiter comme il se doit des beaux paysages montagneux.

Finalement, on arrive au bout, même si ce n’était pas très clair que c’était le bout. Voilà la rivière, avec un petit barrage et de beaux rochers. On retrouve un couple de Français qui logeait aussi à Solar da Bica et on discute un petit moment. Puis on se pose pour manger des fruits, histoire de reprendre des forces pour effectuer le retour.

Le retour était laborieux, car on était épuisés. J’avais l’impression finalement de marcher en mode automatique, comme si j’avais une mission et que mon cerveau se répétait simplement qu’il fallait continuer d’avancer. Il y a quand même eu de chouettes moments, notamment quand on a revu un pigeon trocaz et des roitelets, et aussi les régulières visites de pinsons des arbres, qui s’envolaient du chemin à notre arrivée.

C’était quand même une très chouette rando, d’environ 26 km aller-retour (30 km selon les panneaux le long du sentier), qu’on a engloutie en sept heures. Les paysages sont beaux, mais c’est une balade que je recommande de faire quand on n’est pas déjà exténués en se levant le matin. ^^’

On s’est requinqués le soir en allant se détendre dans la piscine chauffée de l’agro-tourisme puis avec un repas super délicieux et copieux dans un petit resto du front de mer de São Vicente.

A lundi prochain pour la suite de la rétrospective! 😉

Madeira19#4 Vers les nuages du Nord

Bonjour à tous!
Aujourd’hui, avec la rétrospective de Madère, je vous emmène dans les belles forêts humides enveloppées de nuages du nord de l’île. C’est là qu’on a fait nos premières levadas, les bisses locaux, qui servent donc à conduire l’eau des montagnes jusqu’aux terres cultivées. Eh oui, car il n’y a pas franchement de réservoirs d’eau douce à Madère, surtout dans le sud, par contre il pleut beaucoup dans le nord, et ces petits canaux ingénieux permettent donc de récupérer toute cette eau. Et de nos jours, ces levadas servent aussi de superbes balades le long des montagnes.

Vue sur Penha de Águia

Après notre balade à la Ponta de São Lourenço, nous avons roulé direction le nord, en empruntant le col de Portela. En un instant, les paysages ont complètement changé. Après les falaises arides du cap de l’est, place à des forêts luxuriantes recouvrant des montagnes pointues finissant abruptement dans la mer, avec des maisons disséminées un peu partout. En débouchant sur la côte nord, on découvre un impressionnant promontoire rocheux de quasi 600 mètres de haut: Penha de Águia.

Le bord de mer à Porto da Cruz

On a pris un café sur une terrasse de Porto da Cruz avant de continuer notre route le long de la superbe côte. On a emprunté plusieurs petites routes désertes et pentues, alors que le temps se couvrait et que le vent se levait.

En fin d’après-midi, on est arrivés à São Vicente, notre point de chute pour trois nuits. Caché dans une petite vallée proche de la mer, São Vicente est connu pour ses grottes, dont je vous parlais dans un autre article. On a choisi d’y rester car on avait entendu parler d’une très chouette maison d’hôtes type agro-tourisme, Solar da Bica. Eh bien on n’a pas regretté, c’était effectivement super bien!

Le lendemain, les choses sérieuses commencent! 🙂
Après un délicieux petit-déjeuner du terroir, on roule sous la pluie jusqu’au parc des Queimadas, au coeur de la forêt Laurisilva, classée au patrimoine mondial. On rejoint toutes les autres Renault Clio dans le parking bien rempli (c’était LA voiture de location de tous les touristes, toujours la même Renault Clio grise ^^), puis on commence la magnifique Levada do Caldeirão Verde.

Arbres tordus recouverts de lichens et mousses, fougères splendides, petits poissons nageant dans l’eau de la levada, passages vertigineux, grottes et cascades,… c’était vraiment beau. L’élément dominant était clairement l’eau. Il y en avait partout: dans la levada (as it should be), dégoulinant des parois, tombant du ciel (on a eu droit à pas mal de pluie) et aussi sur le chemin, bien boueux.

C’était tellement incroyablement vert. Des plantes poussaient partout, même dans les pentes hyper raides. Plus on s’enfonçait dans la vallée, plus les vues sur les montagnes voisines étaient impressionnantes, dans une atmosphère mystique accentuée par tous les nuages.

Trouvez José au milieu de tout ce vert

Très vite, on rencontre nos premiers pinsons des arbres de Madère, une sous-espèce de ceux qu’on trouve chez nous. Ils étaient vraiment trop choux, à sautiller sur le sentier. Souvent, au détour d’un virage, on tombait sur un petit groupe qui s’envolait à notre approche.

On n’était pas tout seuls, mais ce n’était pas plus gênant que ça, sauf quand on croisait d’immenses groupes guidés. Le seul moyen de croiser: mettre une jambe de chaque côté de la levada pour libérer de la place sur le sentier, bien étroit. Cette technique fonctionne très bien… à condition que les gens jouent le jeu. On a observé quelques altercations entre des marcheurs, quand personne ne voulait se mettre sur le côté. Une touriste allemande qu’on a croisée plusieurs fois avait l’air bien pressé et forçait systématiquement le passage. Bref… A part ça, l’ambiance était le plus souvent sympa et cordiale, heureusement!

Il y avait vraiment des cascades dans tous les coins, et je me croyais parfois dans la jungle, voire dans “Avatar”. Avec la brume, les sommets environnants étaient le plus souvent dissimulés, mais parfois des pans de montagnes apparaissaient, avec l’air de flotter au milieu de la vallée.

Les arbres poussaient tellement dans tous les sens qu’en triant les photos, j’avais parfois de la peine à savoir si c’était une image verticale ou horizontale, haha.

Souvent, le sentier ne consistait qu’en un petit muret. Les barrières ont été ajoutées plus récemment, pour sécuriser un peu le tout, mais on voyait régulièrement des tronçons effondrés, ça foutait un peu les jetons. Durant la marche, on imagine vraiment bien le défi qu’a dû représenter la construction de ces levadas, dès la seconde moitié du XVe siècle (source: notre compagnon Le Routard). Ça doit aussi demander un sacré entretien, surtout vu la pression touristique.

La variété de mousses et lichens était magique! J’ai souvent pensé à Genna, une amie américaine rencontrée à Aberdeen, qui s’extasiait toujours devant les tapis moussus des montagnes écossaises.

On a dû traverser quelques tunnels (d’où l’importance de ne pas oublier sa lampe frontale quand on va à Madère, et de vérifier que les piles ne sont pas à plat ^^), mais vraiment courts par rapport à ceux qu’on a empruntés durant les jours suivants.

On a admiré un faucon en plein piqué, c’était magnifique. Quelle maîtrise dans les airs! En plus, je viens de finir le livre H is for Hawk, d’Helen Macdonald, donc mon admiration pour les rapaces est encore montée d’un cran.

En approchant de la fin de la levada, la pluie s’invite avec un peu plus de force. On atteint finalement la haute cascade qui marque l’arrivée et coule dans un mini lac qui se transforme en rivière, avec plein d’énormes rochers moussus partout. On ne s’est pas attardés au pied de la cascade, en partie à cause de la pluie mais surtout en voyant les marques d’un gros éboulement récent qui n’inspiraient pas confiance.

Après la cascade, c’est le moment de faire demi-tour pour retourner au début de la marche. Eh oui, à Madère, énormément de randos ne forment pas des boucles, donc on a dû faire beaucoup d’allers-retours, ce qui pouvait être parfois un peu fatiguant et redondant.
De retour au parking, on avale un bon muffin et un bolo de arroz et on reprend la route. On a déjà 13 km dans les pattes, mais on ne s’arrête pas là. On rejoint un autre coin de la Laurisilva pour notre deuxième marche du jour: la Levada do Rei

La marche commence dans une plantation d’eucalyptus, donc on en prend plein les narines. On s’attend presque à voir un koala débouler, haha. Mais à la place, on a le grand plaisir de voir nos premiers roitelets de Madère! Endémique de l’île, cette espèce est très proche de notre roitelet à triple bandeau. Et donc absolument vraiment beaucoup trop adorable! 🙂

Il y en avait plein dans le même arbre, et ils bougeaient dans tous les sens en chantant à tue-tête. On les a observés un bon moment, tout contents, jusqu’à ce qu’ils s’envolent d’un coup à l’approche d’un autre couple de touristes.

Au fil de la levada, la forêt est devenue de plus en plus impressionnante, avec des lauriers tortueux absolument magnifiques. On a aussi eu droit à de jolies vues sur des villages proches de la côte. Et comme d’habitude, des fougères, plein de fougères!

La balade s’est terminée vers de petites chutes d’eau où on a mangé une pomme, entourés d’une flopée de jolis pinsons. Puis on a de nouveau fait demi-tour, ajoutant 10 km de plus à notre compteur.

On a mangé sur la route du retour avant de s’effondrer dans notre lit, bien fatigués par nos 23 km à pied de la journée. On était prêts à dormir à 21h, mais finalement on s’est dit que c’était un peu tôt… Résultat: on a éteint la lumière à 00:39, quand j’ai fini de relire Harry Potter 4. ^^’

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui. Tchao et à lundi prochain pour la suite (je le sais car l’article est déjà programmé, héhé)! 🙂

Madeira19#3 Ponta de São Lourenço

Bom dia! C’est parti pour la suite des aventures à Madère — même qu’aujourd’hui, si tout va bien, José et moi sommes arrivés à Shetland! Cet article vous est donc proposé grâce à la merveilleuse fonction technologique permettant de programmer les articles à l’avance, héhé!

Allez, reprenons là où on s’était arrêtés lundi dernier. Lorsqu’on a quitté Funchal pour aller chercher notre voiture de location, on s’est rendu compte qu’on avait réservé celle-ci… à Porto. Bref. Par chance, il restait une voiture de location, donc pour quelques euros de plus, on a tout de même pu s’élancer sur la route comme prévu. 😉

On prend la direction de la pointe est de l’île, en passant sous la piste de décollage de l’aéroport (si, si! Celle-ci repose en partie sur d’énormes pylônes, et dessous on trouve une route, des courts de tennis et un parking pour voitures et bateaux!). Notre premier arrêt de la journée: la Ponta de São Lourenço. Impossible de rater le début de la marche: ça commence là où la route prend fin, et on est loin d’être seuls au monde, on finit même par devoir se parquer sur le bord de la route!

Première réaction en sortant de la voiture: ça souffle. Ça souffle sacrément fort, haha!

Palmier indicateur du vent

On commence la marche qui va nous mener à la pointe orientale de l’île. Le sentier est très fréquenté, mais ça ne gêne pas trop: les paysages sont tellement sublimes! Le chemin monte et descend au gré des collines/falaises, avec toujours un vent à décorner les licornes.

Une plage de galets qu’on est allés voir de plus près au retour
Plein d’Homo sapiens sur le chemin

La géologie du coin est absolument incroyable, avec des roches aux couleurs super variées: jaune sableux, violet, rougeâtre, bleuté,… Partout, des scories et des roches sédimentaires qui strient les falaises, ainsi que des gros rochers émergeant fièrement de l’océan.
Il faut dire que Madère est d’origine volcanique, comme toute la Macaronésie. Cette dernière, soit dit en passant, n’a rien à voir avec les macaroni, haha. La Macaronésie désigne la région formée par les archipels de Madère, des îles Canaries, des Açores et du Cap-Vert.

Rapidement, on arrive à un premier point de vue sur la mer avec de belles aiguilles rocheuses au milieu de vagues déchaînées. Le vent était incroyablement fort à cet endroit, on ne tenait pas droit! D’ailleurs, si plusieurs photos de cet article ont l’horizon bancal, c’est parce que je n’étais moi-même pas très sûre sur mes jambes. On se faisait bousculer dans tous les sens, ça m’a rappelé ma première marche avec Lairig, à Lochnagar, où on s’était retrouvés avec des rafales à plus de 50 mph qui nous faisaient tituber!

A un moment, la péninsule se rétrécit sacrément et c’était magnifique, une fois un peu plus loin, de voir ce bout de terre avec l’océan de part et d’autre.

Un passage bien étroit de la péninsule

Puis on aperçoit au loin une buvette entourée de palmiers, située non loin d’un petit quai d’où partent des tours en bateau. Juste derrière, le sommet de la balade, qui offre une vue incroyable sur les îles en face du cap.

Ces magnifiques stries 🙂
Juste avant l’ascension du dernier bout

Gentiment, le temps se couvre (il fallait bien que tout ce vent ramène des nuages), ce qui donne un air encore plus dramatique aux falaises.

Durant la montée, on croise une famille de Lausannois avec laquelle on discute quelques minutes et qui nous demande de la prendre en photo, puis qui nous a rendu la pareille. Le résultat:

Merci au papa lausannois pour la photo!

Au loin, on aperçoit déjà les Ilhas desertas, trois îles de l’archipel de Madère aujourd’hui inhabitées (il n’y a pas d’eau douce, donc pas très pratique) et situées à une vingtaine de kilomètres la pointe sud-est de l’île. Aujourd’hui, elles forment une importante réserve naturelle, qui abrite notamment des phoques moines et un pétrel endémique du coin.

La flore tout au long de la balade était vraiment impressionnante et variée. Il en faut du courage (et des millénaires de sélection naturelle), pour pousser dans un coin aussi aride et venteux.

Une fois la pointe atteinte, on a fait demi-tour, et on est allés retrouver la plage de galets repérée au début de la marche. On s’est baignés, c’était génial et bien rafraîchissant! Et après, du coup, on avait la peau salée par l’eau de mer, plus seulement la transpi, haha.
Il y avait quelques autres personnes sur la plage, et à qui on a apparemment donné envie de se baigner, mais seul un courageux est allé tremper ses orteils dans l’océan. La température de l’eau tournait autour de 17-18°C, tandis que l’air devait faire environ 22°C. Nickel, mes températures favorites!

Le lieu de notre première baignade en eaux libres de l’année!

Et voilà, c’était notre première mise en jambes des vacances: 8 km aller-retour. Une bien belle balade, et très différente de ce qu’on a eu ensuite, niveau paysage et humidité.

Tchao et à bientôt! 😉

Madeira19#2 Un monde de fleurs

Hello! Ou plutôt, Bom dia, car on continue aujourd’hui avec notre visite de Funchal!
Pour notre deuxième jour entier dans la capitale madérienne, on a décidé d’aller voir le fameux jardin botanique, qui n’est en fait pas à Funchal mais à Monte, dans les collines. Alors ni une, ni deux, on saute dans une télécabine (au prix carrément exorbitant, j’espère qu’il y a des tarifs préférentiels pour les locaux…) et on admire la vue en prenant de la hauteur.

En chemin, on voit bien tous les toits de brique de la ville, les petites terrasses, les ruelles pentues,… On a même droit à un peu de street art, avec une magnifique baleine nageant sur la façade d’une bâtiment.

La baleine 🙂

On doit prendre une seconde télécabine depuis Monte pour rejoindre le jardin botanique, et durant ce trajet on voit des moutons dans un pré hyper raide et… des faucons! On était tout contents, héhé.

Un bateau de croisière au loin, dans le port

Puis on commence la visite du jardin botanique, plutôt grand (et pentu, c’est un peu le leitmotiv de Madère), alors préparez-vous à une avalanche de photos de fleurs et plantes en tous genres!

Il y a plein de thèmes différents: plantes vasculaires, cactus, “jardin géométrique”, jardin d’Alice au pays des Merveilles (pas son nom officiel, mais c’est ce que ça m’inspirait, avec des arbres taillés dans des formes originales), forêt de palmiers, serre d’orchidées, plantes cultivées, etc. On visite même une petite expo un peu glauque dans une maison: animaux empaillés très vieux (dont des mammifères marins, ça faisait bizarre), bouts de coraux dans des bocaux, c’était un poil creepy. ^^ On est vite sortis pour profiter de l’extérieur, bien plus beau et serein. 😉

Et on a aussi bu un jus d’orange fraîchement pressé en admirant la vue. Le jus d’orange de Madère était vraiment incroyablement bon. Pourtant, on n’a pas franchement vu d’orangers, donc si ça se trouve, c’était des oranges du Portugal (enfin du mainland, on se comprend). Quoiqu’il en soit, c’est sur cette belle île que j’ai bu les meilleurs jus de fruits de ma vie!

Une petite grenouille sur son trône végétal

On a croisé pas mal de chats, qui se doraient au soleil ou faisaient la sieste à l’ombre, héhé.

Toutes ces couleurs, ces formes, c’était vraiment beau.

On a aussi vu une maison traditionnelle avec toit de chaume. Au début, j’étais surprise, je n’avais pas du tout imaginé trouver des toits de chaume ici (bon, pour être honnête, je ne connaissais rien de Madère et n’avais aucune idée de ce qu’on allait rencontrer sur notre route!). Mais effectivement, on en va plusieurs, surtout dans la région de Santana, dans le nord-est de l’île.

José dans le coin des plantes cultivées.

Dans un coin du parc, on a revu un beau faucon! Il s’agit sans doute d’une sous-espèce de faucon crécerelle endémique à Madère et aux Canaries, plutôt commune.

On a pu l’observer un bon moment sur sa branche, avant qu’il ne s’envole à l’arrivée d’un groupe de visiteurs
Vue sur la voie rapide

C’est aussi dans ce jardin botanique que j’ai vu ma toute première libellule de la saison! Il s’agit peut-être de Sympetrum nigrifemur, le Sympétrum strié de Macronésie, une sous-espèce de S. striolatum.

Mon premier sympétrum de l’année!

Et juste avant de partir, alors qu’on avait emprunté un petit sentier tout isolé au milieu des arbustes, on a fait une rencontre trop choue: des petits oiseaux blottis sur une branche. J’ai d’abord repéré la mère, puis les deux adorables petits.

Un parent passereau non identifié
🙂

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui, et pour notre premier séjour à Funchal! On a passé le reste de l’après-midi à traîner tranquillement, on a super bien mangé le soir, puis le lendemain on est allés à l’aéroport pour prendre une voiture de location et partir à la découverte du reste de l’île!
La suite bientôt 🙂

Madeira19#1 Funchal

Bom dia!
Aujourd’hui, je prends enfin le temps de publier ce premier article sur nos super chouettes vacances de Pâques à Madère, qui me semblent déjà si loin… Les vacances en Ecosse, en revanche, approchent à vive allure, et je sens que j’ai déjà environ 72% de mon cerveau en mode “Shetland”, ce qui n’aide en rien ma productivité. 😉
Mais bon, allons-y, c’est parti pour la rétrospective madérienne!

Notre arrivée à Funchal

Après beaucoup d’attente et deux vols retardés — le deuxième très sympa, avec José qui jouait avec la petite moto du bébé du siège devant nous ^^ –, on arrive à Madère! Il faut attendre plus d’une heure pour le bus, donc on partage un taxi avec d’autres touristes, direction Funchal, la capitale.
Premier gros fou rire des vacances: le taxi se trompe de destination et nous pose devant un hôtel de ouf, avec des colonnes et tout le toutim. On s’étonne, questionne le chauffeur, mais non, il est sûr, c’est juste que l’hôtel a récemment été refait et a changé de nom. Bref, peu convaincus, on va à la réception, avec l’impression de faire carrément tache dans ce grand hall tout blanc. Eh bien on avait raison, ce n’était pas le bon endroit, haha! Heureusement, notre hostel était à deux pas, dans la chouquinette rua de Santa Maria, qui baigne dans une jolie lumière à notre arrivée.

Deuxième fou rire: on arrive à la réception du bon hôtel, mais il n’y a pas trace de notre réservation! Horreur, à Funchal à Pâques, sans logement réservé, alors qu’on est crevés, on se demande ce qu’on va bien pouvoir faire. En fait, pour une raison qu’on a complètement oubliée, la chambre était à mon nom, alors qu’on pensait qu’elle était à celui de José. On s’est bien marrés avec la réceptionniste une fois le quiproquo résolu, puis on a pu découvrir notre superbe chambre. On avait pris une chambre double dans une auberge de jeunesse, pour vraiment pas cher, mais c’était franchement l’un des meilleurs logements de toutes nos vacances confondues! Un lit comme un nuage, une baignoire à pieds, un parquet vernis qui craque,… Vraiment top!

Après une super chouette première soirée dans un bon resto de la rue — dans lequel on a bu du vin du Douro, vivement recommandé par le patron, comme si on ne connaissait pas, haha! Il s’est avéré que c’était pas toujours facile de trouver du vin local — et une bonne nuit dans notre lit-nuage, on part à la découverte de Funchal. La première surprise: les portes de notre rue du centre historique sont toutes décorées, et ça rend super bien. Résultat: comme d’habitude une fois que j’ai sorti l’appareil photo, on avance pas vite, haha.

On est aussi tout près de la télécabine, qu’on a prise lors du deuxième jour pour monter au jardin botanique de Monte (mais ce sera pour le prochain article).

On marche jusqu’au Mercado dos Lavradores, soit le marché des laboureurs/travailleurs. Il s’agit d’un marché couvert qui vend du poisson frais au rez-de-chaussée, ainsi que des fruits, légumes, épices et fleurs dans les autres étages. C’est vraiment très animé, mais surtout b-o-n-d-é. On se dit que ça doit être une vraie plaie pour les locaux qui veulent vraiment faire leurs courses, tellement il y a de touristes. D’ailleurs, on se demande un peu d’où sort tout ce monde… Plus tard, on a découvert que des bateaux de croisière s’arrêtent à Funchal, déversant leur flot de passagers, et les rappelant le soir à coups de gros klaxons.
(Parenthèse Shetland, car je ne peux pas m’en empêcher: on a aussi appris que des bateaux de croisière s’arrêtent à Lerwick, donc pour cet été, on est préparés et on va suivre les conseils d’internautes qui recommandent vivement de visiter la capitale et certains sites touristiques lors des jours sans bateau. C’est bien la première fois que je check les plannings d’une autorité portuaire pour préparer des vacances, ha!)

On déambule entre les stands du marché, épatés par la variété des fruits proposés. On s’arrête aussi devant une jolie vitrine montrant d’anciennes balances et autres instruments de mesure, tout en bronze. Le marché abrite aussi quelques cafés, dont un avec des balançoires comme sièges (voir photo beaucoup trop sombre ci-dessous), et un autre entouré de plein de plantes.

Un café avec des balançoires!
Café sur une terrasse du marché

Puis on dit au revoir aux effluves de poissons et aux parfums des fruits et on continue notre déambulation dans les jolies rues pavées de Funchal.

Vue sur le relief proche. Funchal, c’est loin d’être plat!

On rejoint le bord de mer (enfin, l’Océan Atlantique, plutôt), qui est super bien aménagé: des allées de fleurs et d’arbres, une jolie promenade populaire, avec des enfants faisant du vélo et des passants flânant tranquillement sous le ciel grisouille.

On cherche à rejoindre la Sé Catedral do Funchal, une église fameuse, quand soudain on aperçoit le clocher juste en face.

On quitte donc le bord de mer pour s’enfoncer dans le très joli centre historique. Partout, des arbres tortueux trop cool, des pavés, des façades incroyables,… En revanche, la cathédrale est fermée (elle avait des horaires très spéciaux), donc on continue à marcher dans les vieilles rues, au pif.

Des arbres trop classes.

A Funchal, il y a aussi pas mal de jolis parcs, parfaits pour échapper à la foule des rues commerçantes.

Sacrément gros arbre

Après le Jardim municipal do Funchal, nos pas nous mènent jusqu’au grand Parque de Santa Catarina, où se trouvent un plan d’eau, des oiseaux et même un petit kiosque où échanger des livres!

Espace de “Book crossing” ^^
Maisons blanches et toits de tuile

Dans le parc, on tombe sur une statue de Christophe Colomb, qui a vécu quelque temps à Madère et Porto Santo.

Puis on monte dans les hauteurs de la ville, et ça grimpe sec! Je n’aurais pas voulu apprendre à conduire sur ces routes, il y a des démarrages en côte monstrueux partout! En revanche, pour marcher, c’est très sympa, et ça fait les mollets. 😉

On va visiter le Museu da Quinta das Cruzes, une belle propriété avec un grand jardin, un petit cimetière, des orchidées (mais pas en fleurs pour la plupart, ce n’était pas la saison), et plein de meubles anciens à l’intérieur, ainsi que des peintures, des bijoux, etc.

C’était une visite bien sympa, et tranquille, car il y avait peu de monde. Ça faisait du bien, un peu de calme, après la foule du centre historique.

Et ça faisait vraiment plaisir de se balader dans le jardin, de voir plein de plantes bizarres et de fleurs… Ah, on ne savait pas encore ce qui nous attendait pour le reste des vacances! Tellement de fleurs partout et des forêts incroyables… mais ça, ce n’est pas pour tout de suite. 😉

Sur un arbre, on aperçoit aussi des papillons super grands, même si on ne se rend pas trop compte de leur taille sur la photo.

Puis on commencer à redescendre vers le centre-ville, en passant en chemin par un ancien couvent avec une chapelle incroyable. A l’intérieur, on voyait une grille par laquelle les soeurs assistaient autrefois à la messe, car elles ne pouvaient pas rentrer dans la chapelle. Aujourd’hui, le couvent est un jardin d’enfants!

En descendant une pente bien raide, on tombe sur une grande maison rouge-rose, encore un musée! Hop, on est motivés, on y va. Il s’agit de la Casa Museu Frederico de Freitas. On y visite d’abord une expo sur les azulejos, absolument magnifique. Je pensais que c’était juste portugais et espagnol, mais j’ai appris qu’il y en avait d’un peu partout, même d’Angleterre. Puis on a visité l’ancienne maison de Frederico de Freitas (mais on ne sait toujours pas qui était cet homme, comme quoi il y avait peu d’explications dans le musée, et notre curiosité ne nous a pas poussés jusqu’à Wikipédia), qui apparemment aimait collectionner plein de babioles. Ce qu’on a le plus aimé, c’était la bibliothèque, trop stylée, avec des livres très hétéroclites, allant de très vieilles encylopédies à l’art contemporain. La première fois qu’on y a mis les pieds, on s’en est fait chasser par les “guides”, car on n’avait pas suivi l’ordre officiel des pièces, ha! Il faut dire qu’on s’est sentis sacrément surveillés durant la visite.

On a fini la visite par le jardin d’hiver, avec une jolie vue sur la rue. Puis on arrive à la Praça do Município, où se trouve l’Igreja do Colégio, qui d’après Le Routard valait le coup d’être visitée. Sauf que c’était fermé, même qu’on était pourtant durant les heures d’ouverture. On était quatre touristes à se demander si c’était bien l’entrée, mais finalement on a dû se résoudre à l’idée que c’était bien fermé.

Praça do Município

On est donc retournés vers la rua Santa Maria en passant par le centre historique.

Le soir, on voulait manger au restaurant de notre hostel, mais ça avait tellement de succès que c’était plein, donc on a réservé pour le lendemain et on est partis vers l’est en longeant la mer. On a passé la forteresse St Tiago avant de trouver un chouette bar servant des burgers. Hop, une bonne fin à une belle première journée!

C’est la fin du récit de la première journée (ouais, je sens que ça va pas être une rétrospective hyper courte…), alors tchao et à bientôt!

Re-source

Bonjour à tous!
En attendant d’avoir fini de trier mes (nombreuses) photos de Madère, voici une petite série faite ce matin même au bord de l’Allondon.

Il y a quelque temps, quand on a eu droit à de gros orages, on s’est dit avec José que c’était l’occasion de retourner voir la source de l’Allondon, au pied du Jura. On y était déjà allés il y a deux ou trois ans, mais en automne, quand absolument rien ne coule de la paroi. Eh ben là, rebelote, on a trop attendu — surtout avec la canicule! — donc la source n’était de nouveau pas visible. C’est assez marrant, l’eau semble sortir des cailloux, comme par magie. Mais en mars, apparemment, c’est limite une cascade. Bref, on y retournera en mars prochain! 😉

On a quand même bien profité de cette petite balade matinale sans personne (sauf les tonnes de déchets laissés par certains pique-niqueurs…) et je me suis amusée à prendre plein de photos en pose longue, ça faisait bien longtemps!

Les fantômes de l’Allondon!

On s’est bien marrés le temps d’une mini séance photo, à danser sur les cailloux pendant les poses longues!

Le coin est tellement chouette, avec tous ces rochers recouverts de mousse. J’ai revu Frozen il n’y a pas longtemps (j’étais en manque de fraîcheur durant la canicule), et j’imaginais plein de trolls endormis…

Je remercie José, qui a volontairement joué à l’assistant en m’aidant à porter le trépied et à ramasser des feuilles mortes. Explication: je voulais tester un truc lu dans un magazine de photo nature, soit jeter des feuilles mortes dans l’eau pour montrer les lignes rouges qu’elles tracent en descendant le courant. Mais il aurait fallu beaucoup plus de feuilles, donc ça a été un échec total, haha. Je garde quand même l’idée pour l’automne, on ne sait jamais. 😉

Et voilà, je reviens bientôt avec des photos de Madère et/ou de libellules! Bye!

Scot18#12 Sunshine on Leith

Bonjour!
Avant une imminente avalanche de photos de libellules (je rentre de trois magnifiques jours de terrain, quoique bien éreintants à cause de la canicule) et de Madère, il est temps de finir cette rétrospective des vacances écossaises 2018, qui ont commencé et fini à Edinburgh.

The Hostel

A l’aller, je ne faisais que passer: j’avais directement pris la direction de Waverley Station pour sauter dans le train pour Glasgow. Au retour, j’ai dormi une nuit à The Hostel, une auberge juste en face de la gare Haymarket — parfait pour aller à l’aéroport en tram.

J’avais déjà eu l’occasion de visiter pas mal la capitale en 2016, mais je n’avais toujours pas vu le pittoresque Dean Village. C’est donc par ça que j’ai commencé.

En allant à Dean Village, j’ai vraiment eu l’impression d’entrer dans une carte postale grandeur nature. Et c’est tellement calme: pas de pub, pas de magasin. Et pas franchement d’habitants dehors, de ce que j’ai pu constater. Juste quelques touristes en train d’admirer l’architecture locale et la rivière.

Puis j’ai continué ma balade le long du Water of Leith Walkway, une sorte de voie verte pour piétons et cyclistes qui fait en tout plus de 15 km et se termine à Leith, au port. C’est vraiment un chemin génial, qui passe par des coins boisés, des parcs, de jolis quartiers. Je trouve super qu’il y ait un tel parcours en ville qui donne l’opportunité d’échapper au tumulte urbain de certaines rues.

Le Water of Leith Walkway se rejoint de vraiment plein d’endroits. Il y a régulièrement des escaliers qui permettent de remonter dans les rues, et beaucoup de panneaux pour indiquer le parcours.

Le chemin est devenu de plus en plus animé au fur et à mesure que je me rapprochais de Leith. Beaucoup de gens à vélo en train de rentrer du boulot, des promeneurs de chiens, et même des familles jouant dans la rivière. Ça fait plaisir de voir que le coin est vraiment utilisé par la population, ça m’a fait penser au bord de l’Aire.

Edimbourg a pas mal d’horloges stylées un peu partout!

En arrivant à Leith, j’étais crevée. J’avais eu la fausse bonne idée de mettre des petites chaussures, car il faisait super chaud et que j’avais déjà passé trois semaines à porter mes grosses chaussures de marche, mais je ne l’aurais clairement pas fait si j’avais imaginé marcher autant cet après-midi. Mes pauvres pieds tout fatigués avaient besoin d’une pause, donc je me suis offert une bonne glace en observant un peu le quartier, très vivant, avec plein de chouettes terrasses.

Il m’a fallu ensuite rentrer à pied jusqu’à Haymarket, en passant cette fois par la ville. Une fois arrivée à bon port, je découvre sans trop de surprises que j’ai de terribles cloques. J’avais prévu d’aller à une ceilidh le soir, mais j’ai finalement changé d’avis, car je ne vois pas comment j’aurais pu danser. Ce fut donc ma seule déception des vacances: pas de ceilidh! J’étais à Ròn Mara trop tôt pour celle de Tarbert, je n’avais pas de transport pour rentrer de celle de Tobermory, et mes pieds m’ont abandonnée à Edimbourg. Mais ce n’est que partie remise! 😉

Après une petite marche dans la fraîcheur de la nuit puis une soirée tranquille à l’hostel à discuter avec les filles partageant ma chambre (parenthèse: pendant ces vacances, j’étais toujours la dernière du dortoir à me coucher lorsque je dormais en auberge de jeunesse, et la première à me lever, et pourtant je me forçais à aller au lit plus tôt pour ne pas déranger, j’en revenais pas ^^), j’ai passé ce que je croyais être ma dernière nuit de ces vacances.
Le lendemain, j’avais encore toute la journée devant moi, donc j’ai flâné dans Old Town, fait le tour d’un chouette Farmer’s market (où j’ai acheté du chocolat au whisky), fait du lèche-vitrine,… Je n’ai pas sorti l’appareil photo, puisque j’ai déjà énormément de clichés d’Edinburgh, mais j’ai quand même photographié quelques bêtises avec mon natel.

Un truc qui m’a marquée, c’est que les boutiques Harry Potter avaient poussé comme des champignons depuis ma dernière visite, en 2016. Il y en avait absolument partout. Et comme pour chacun de mes passages dans la capitale écossaise, je n’ai pas pu résister à un petit saut au National Museum. Je suis retournée voir les Chessmen de Lewis et j’ai cherché d’autres artefacts archéologiques dont m’avait parlé Ed, parfois en vain (c’est tout de même un sacré labyrinthe, ce musée).

*** Avertissement: gros pavé en vue ***

Après un peu de shopping sur Princes street, je me pose dans un café pour une bonne part de cake et un moccha, et c’est là que je reçois un mail d’EasyJet m’annonçant que mon vol a tout bonnement été annulé. Oups! Je file à l’aéroport pour voir ce que je peux faire, mais après deux heures de queue au Customer Service (alors que j’étais dans les huit premières personnes, c’est dire l’efficacité…), je découvre qu’EasyJet ne peut absolument rien pour moi: la solution proposée la plus rapide était de rentrer le… mardi, en passant par Manchester. On était donc samedi après-midi, et je devais bosser le dimanche soir à Genève. Le wifi de l’aéroport n’étant gratuit que deux heures (et ayant donc expiré d’ici à la fin de la queue), j’appelle Fintan et José, qui me cherchent d’autres options, mais il n’y a vraiment aucun vol. Je réserve donc un bus de nuit pour Londres, puis José me réserve un vol Gatwick-Genève pour le dimanche… juste avant que les employées du guichet EasyJet m’apprennent que ce vol n’était pas disponible dans leur système, ce qui signifie en gros qu’ils font de l’overbooking. Effectivement, le check-in n’est pas possible, ce qui ne sent pas bon du tout. L’autre possibilité, c’est l’Eurostar, mais il y a un problème avec un poste de contrôle SNCF à Paris, ce qui fait que j’allais ensuite être en rade là-bas, sans train pour Genève.

Bref, chaque chose en son temps. Je retourne en ville, je mange, je prends mon bus de nuit. Et là, les choses commencent à s’arranger. Nous sommes tellement nombreux à aller à Londres qu’il y a finalement deux bus: un qui fait plein d’arrêts, et un qui va direct à Londres, et dans lequel j’embarque avec tous les autres qui vont jusqu’à la gare routière de Victoria. Résultat: on arrive à Londres à 5h30 au lieu de 7h du matin, magie! Eh oui, l’espoir renaît, car je savais qu’il y avait un Eurostar à 7h18 allant directement jusqu’à Lyon, sans passer par Paris. Je vole hors du bus, oubliant ma gourde derrière moi, pour découvrir que toutes les stations de métro et gares voisines sont fermées… pour cause de course cycliste. Quelle poisse! Je trouve un taxi, qui heureusement accepte les cartes de crédit (car bien ŝur je n’avais plus de cash, et le distributeur de l’aire d’autoroute sur laquelle nous nous sommes arrêtés avec le bus à 2h du mat ne marchait pas…), et on commence notre route dans le labyrinthe des routes fermées et tronçons bouclés pour l’événement sportif.

Oh miracle, j’arrive à la gare internationale de Saint Pancras, je cours jusqu’au guichet et il reste des places en deuxième classe pour Lyon, pour 192£. Ouf, ouf, ouf. Je passe la sécurité et j’ai même le temps de souffler un peu avant d’embarquer pour mes 6 heures de train. Et quel merveilleux trajet en train, tellement confortable, avec même des cookies Michel & Augustin au wagon-restaurant (j’ai toujours l’impression de rentrer à la maison quand j’en mange). Dès que j’ai aperçu l’eau verte du Rhône par la fenêtre, j’ai encore plus eu l’impression d’être chez moi. José m’a fait une surprise en allant me chercher à Lyon, et en un rien de temps on était à Genève, avec “seulement” 20 heures de retard sur mon plan de base.

Bref, c’était un peu l’épopée pour rentrer, et j’ai eu sacrément mal à la nuque à cause du stress et de la nuit dans le bus, mais c’était finalement plutôt simple et rapide, surtout grâce à l’enchaînement d’aides providentielles venu contrer la succession de pépins. La plus grosse difficulté, ça aura surtout été de me faire rembourser par EasyJet, des démarches dont je me serais bien passée… Je suis donc bien contente de ne pas avoir à prendre l’avion pour les vacances de cet été!

C’était un peu dommage de finir les vacances sur cette note stressante, mais ça n’a certainement pas suffi à gâcher ces trois merveilleuses semaines passées en Ecosse! D’ailleurs, alors que le bus de nuit s’éloignait d’Edimbourg, je ressentais déjà ce sentiment de plus en plus familier du douloureux manque d’Ecosse…
Bon, et pour finir, voilà quatre photos prises à Glasgow au début de mon séjour:

Ça y est, Scotland#2018, c’est fini!
Je vais enfin pouvoir vous parler des superbes vacances de Pâques à Madère… mais l’Ecosse repointera vite le bout de son nez, car dans trois semaines on part direction Shetland, yihaa! J’ai vraiment beaucoup trop hâte. 🙂
See ya!

Scot18#11 Souvenirs de Mull

Bonjour!
C’est reparti pour la suite de la rétrospective écossaise 2018. Aujourd’hui, je vous montre les dernières photos de Mull, notamment celles de mon natel et de mon petit appareil photo.

La vue depuis l’entrée du potager

Durant ma semaine de wwoofing à Lochdon, j’ai récolté plein de patates, mais j’ai aussi planté pas mal de trucs, notamment des poireaux, des haricots, du quinoa,…

J’ai aussi nourri les poules et… les pauvres canes, qui se faisaient carrément intimider et marcher dessus par les poulettes. Il fallait ruser pour qu’il reste des graines pour les canes. Et il fallait aussi être ponctuel, sinon les poules venaient réclamer leur nourriture jusque dans la maison, haha!

L’heure du repas pour les poules!
Des haricots qui poussent gentiment en s’enroulant autour de leur support

Le sol de l’entrée de la maison est décoré de mosaïques créées par de précédents wwoofeurs, avec “Bienvenue” écrit en plein de langues. La famille israélienne a fait une case en hébreu durant mon séjour, puis j’ai aidé Gloria à faire la sienne, en espagnol (il y avait déjà du français, bien entendu). Il ne lui restait que peu de temps avant son départ, donc elle a choisi les pièces et dessiné le motif, puis je me suis occupée de mettre le ciment après son départ. Notre case “Bienvenidos” est celle tout à droite en bas (avec le ciment encore frais et sombre).

Les mosaïques de l’entrée. Fáilte!
Une deuxième vie pour une paire de chaussures de marche

Vivre une semaine sur Mull dans une petite ferme m’a permis de découvrir des aspects de la vie sur l’île qui ne m’avaient pas traversé l’esprit lors de mon premier voyage là-bas. Exemple: il n’y a quasi pas de banque sur Mull! Il y a bien une succursale de Clydesdale Bank à Tobermory, mais c’est tout. Du coup, il y a un bus de la Bank of Scotland qui vient une fois par semaine et fait le tour des villages. J’étais justement à Craignure quand il passait, et il y avait du monde! Martyn, par exemple, ne rate jamais le passage de la banque roulante (haha) car il est payé cash et c’est sa seule opportunité de déposer de l’argent sur son compte. C’est aussi le seul ATM du coin, car celui du pub est cassé depuis un bout de temps. Bref, je n’avais jamais pensé au fait que des banques se déplacent périodiquement dans des coins paumés, mais je trouve ça plutôt cool! C’est en tout cas mieux que de devoir toujours prendre le ferry pour Oban.

“Bringing your bank to you”
La super pochette puffin à pincettes pour étendre le linge.

Les puffins, en Ecosse, c’est un peu les super-héros de l’été. K-way, gants de cuisine, bottes imperméables, parapluie… A l’office du tourisme de Mull, on peut tout trouver avec des motifs macareux!

Des rangées de plants de patates
La blague de la cuisine

Il y avait une super bibliothèque bien fournie dans la salle à manger, avec des livres sur absolument tout et rien: jardinage, tricot, histoire,… J’ai trouvé un livre de dessin pour apprendre à faire plein de noeuds celtiques, il m’a bien servi! Il y avait aussi un énorme livre de poésie à l’allure de vieux grimoire trop beau:

Pour la première fois de ma vie, j’ai aussi fait mon propre pain toute seule, héhé! J’ai eu pas mal l’occasion de cuisiner durant ce wwoofing, et surtout de bien manger (Martyn nous a concocté des petits plats délicieux, dont un haggis végétarien que j’ai déjà refait plusieurs fois ici!). Je suis aussi repartie avec une super recette de beurre vegan.

Mes petits pains
A la chasse aux patates!

Au bord de la route, juste devant la ferme, on vendait des patates en self-service, ainsi que des oeufs de cane et, parfois, des herbes aromatiques. Parfois, en bossant dans le jardin, j’entendais le tintement des pièces de monnaie qui tombaient dans la tasse, héhé.

Un bonhomme patate, et Gloria en arrière-plan

Martyn portait un kilt pour bosser au château, et l’un des fils, guide de voyage, en porte aussi un pour son travail, alors lorsqu’il est venu sur Mull, ça faisait plein de kilts qui séchaient dans la maison, haha! Ça donnait une touche bien écossaise à l’escalier. ^^’

Je rencontrais toutes sortes de bêtes en travaillant dans le jardin. Il y avait notamment des souris qui se cachaient sous les toiles de protection des patates, mais aussi des crapauds et des papillons de nuit tout fluffy!

L’allée menant à la maison

Lors d’un après-midi de congé pluvieux, Liz m’a déposée à Craignure. Elle m’avait conseillé une petite balade qui longeait une ancienne voie de chemin de fer dans une forêt. Avant de la commencer, je suis passée à l’office du tourisme et… j’ai craqué. Eh oui, il aura fallu attendre mon troisième voyage en Ecosse pour que j’achète un petit mouton en peluche pour agrandir mon troupeau! Je l’ai appelé Uan, ce qui signifie “agneau” en gaélique écossais… Et il s’est vite réfugié dans la poche de mon sac pour s’abriter de la pluie durant la balade!

Uan 🙂

Durant ma marche sous la pluie, j’ai vu un arbre faisant une grimace, un château, et une boîte aux lettres trop stylée encastrée dans un mur de pierre.

Uan sur le rebord de la fenêtre à Mo Dhachaidh

Un soir, je suis allée me poser au bord de la rivière après le pont de pierre pour dessiner. La lumière était splendide et j’ai vu un couple de limicoles non identifiés voler au-dessus de l’eau. Entre deux va-et-vient, ils se posaient sur un rocher proche avant de repartir en criant.

La vue depuis la chambre de Gloria

Puis le moment du départ est arrivé. Les deux derniers jours, j’étais la seule wwoofeuse restante à Mo Dhachaidh, mais l’ambiance était très sympa: repas concoctés par Martyn, soirée documentaire dans le salon, ramassage de patates,…

Le dernier matin, Liz m’a conduite à Craignure et accompagnée au terminal du ferry, puis c’était l’heure de dire au revoir à Mull!
Liz écrit un petit mot pour chaque wwoofeur, en souvenir et en guise de remerciement, et le donne lors du départ. Je trouve que c’est une attention super chouette. Je l’ai lu sur le ferry, sous un ciel très nuageux, en pensant à la fin de mon voyage…

Le phare de Lismore, une île sur laquelle j’ai aussi failli faire du wwoofing
Une dernière vue sur le château de Duart

J’ai débarqué à Oban sous la pluie, j’ai attendu dans un café puis j’ai pris le bus jusqu’à Glasgow et, enfin, le train pour Edinburgh, où j’ai passé un jour et demi avant de rentrer en Suisse.

J’ai encore quelques photos d’Edinburgh à vous montrer, et plein d’images de goodies bébêtes, puis ce sera enfin le moment de vous parler de Madère!
A bientôt! 🙂

Odonata

Bonjour à tous!
J’interromps à nouveau la rétrospective écossaise pour un petit intermède Odonates.

Femelle de Calopteryx splendens

Mercredi dernier, je suis retournée sur le terrain pour mon travail de master. Le but: repérer un peu les espèces présentes avant les véritables relevés dans deux semaines, pour gagner du temps lors de l’identification.

Caloptéryx mâle au milieu des carex

Avec tous les jours bien pluvieux qu’on a eus dernièrement, c’était super de profiter du soleil et d’être dehors. Avec mon prof, on a profité de prendre plein, plein de photos — déjà car c’est vachement utile pour l’identification.

Il y avait beaucoup plus d’espèces que lors de la première session sur le terrain, en mai. A commencer par les caloptéryx éclatants, en nombre!

Je les trouve magnifiques. Ils ont un style de vol complètement différent des autres odonates, on dirait presque des papillons!

Séance cache-cache avec un caloptéryx éclatant mâle

L’espèce qu’on a vue le plus restait tout de même l’Agrion jouvencelle (Coenagrion puella), très commun.

Coenagrion puella mâle immature

Mais cette fois-ci, on a également rencontré davantage d’espèces d’Anisoptères, soit des “vraies” libellules: Libellula depressa, Libellula fulva, Anax imperator, Crocothemis erythraea et un Orthétrum (probablement une femelle d’Orthetrum brunneum, mais c’était difficile à dire car l’individu venait à peine d’émerger).

Le probable Orthetrum brunneum

Du côté des Zygoptères, outre les Calopteryx splendens, nous avons trouvé deux nouvelles espèces de demoiselles pour venir rallonger notre première liste d’observations: Enallagma cyathigerum et Platycnemis pennipes.

Mon premier mâle d’Agrion porte-coupe (Enallagma cyathigerum)

On a pique-niqué au bord de l’eau, avec, face à nous, un décor de rêve et plein de vie: la vue sur le Grand Colombier, deux martins-pêcheurs volant au-dessus de la lône, un faucon filant à toute vitesse et… plein de libellules, bien sûr! Et parmi elles, un couple d’Anax empereurs. Le mâle patrouillait à toute vitesse puis venait se poser sur la branche d’un arbuste, tandis que la femelle pondait. Entre la vitesse en vol et la distance, pas facile d’obtenir des clichés satisfaisants, mais au moins on reconnaît la bête. 😉

Au même endroit, on a pu observer un Crocothémis écarlate dorant au soleil sur sa branche.

Crocothemis erythraea mâle

Ma fierté de cette journée de terrain: mes grands progrès dans le maniement du filet. J’ai réussi à attraper toutes les libellules que je voulais quand c’était nécessaire, héhé!

Platycnemis pennipes immature
Ishnura elegans en plein repas
Couple de C. puella

Les Agrions à larges pattes (Platycnemis pennipes) ont, comme leur nom l’indique d’ailleurs, les tibias un peu dilatés, surtout chez les mâles. La plupart de ceux qu’on a vus venaient à peine d’émerger, donc leur coloration n’était pas complète. Une fois matures, les mâles sont bleus, tandis que le corps des femelles va de bleu à vert clair, plus ou moins brunâtre.

On a revu quelques Petites nymphes au corps de feu (P. nymphula), mais très peu par rapport au mois de mai, où elles volaient par dizaines.

Pyrrhosoma nymphula
Platycnemis pennipes mâle
P. nymphula mâle
Tandem d’Ishnura elegans
Mâle de Libellule fauve (Libellula fulva)

Et pour finir cette ribambelle de photos d’odonates, je vous laisse avec un mâle Coenagrion puella en pleine séance de gymnastique!

A bientôt pour la suite et fin du récit de mon voyage 2018 en Ecosse!

Scot18#10 Lochdon

Hello! Je reprends le récit de mes aventures sur Mull l’été dernier, quand j’ai fait du WWOOFing à Mo Dhachaidh.

Lors de mon deuxième jour de congé, j’ai décidé d’aller faire une marche seule le long du Loch Don. Le choix de la marche a été rapide, car malheureusement, sur Mull, c’est très difficile d’accéder aux départs des marches en transports publics. J’aime beaucoup le site Walk Highlands pour choisir mes balades, mais pour le centre de l’île, plus de la moitié n’est pas accessible en bus… Ou alors, ce sont les horaires qui sont très restrictifs. Bref, pour ne pas me compliquer la vie, j’ai décidé d’aller explorer les environs de la ferme et de rejoindre la mer en longeant le Loch Don. Les Allemands rencontrés sur Iona m’avaient raconté qu’ils avaient adoré le coin (mais qu’il fallait faire super gaffe aux tiques), et Gloria l’Argentine m’avait parlé d’un “Secret loch”, qu’elle avait trouvé derrière une colline en suivant un sentier de moutons.

Martyn en route pour Duart Castle

Ce jour-là, c’était le départ de la famille israélienne, donc le début de matinée fut très, très agité. J’attendais que la famille parte pour aller faire ma marche, histoire de leur dire au revoir et aussi car ils voulaient une photo tous ensemble avec Liz et Martyn. C’était assez épique, avec la benjamine qui pleurait et refusait d’enlever les mains de son visage pour la photo. Finalement on a réussi, c’était l’heure des embrassades puis de la course pour aller choper le ferry — Heureusement, Craignure et son ferry terminal se trouvent à seulement 5-10 minutes en voiture de Mo Dhachaidh. Liz y a conduit la famille en plusieurs trajets, car la voiture (électrique, of course) était trop petite pour tout le monde en même temps. ^^

C’était aussi l’un des derniers jours de Gloria, donc elle avait décidé de rester à la maison pour ranger ses affaires. Une fois la maison soudainement calme, je suis donc enfin partie pour ma marche.

Une bonne partie du chemin se fait sur la route (il n’y a aucun sentier ou chemin de randonnée officiel). Ça commence par une jolie petite rue résidentielle au bord du loch. Sur un banc, je trouve même un guide ornitho tout mouillé, abandonné et ouvert à une page de canards.

Le banc des ornithos

Par la suite, la route emprunte un joli pont de pierre avant de grimper sur la colline, avec quelques rares cottages par-ci par-là.

Il y a de l’eau de tous les côtés, avec toujours un loch dans le champ de vision. 🙂
La lumière est fantastique, très changeante. Au fond, je vois des montagnes bleu sombre auxquelles s’accrochent des nuages bien gris, puis tout d’un coup un rayon de soleil illumine un lochan et change complètement l’atmosphère.

Pendant que je marche sur la route, je guette un possible chemin montant jusqu’au sommet de la colline. Gloria m’avait dit qu’elle avait trouvé le loch caché en suivant un sentier d’herbe aplatie. J’ai vite compris qu’il s’agissait d’un chemin tracé par des moutons ou des cerfs, vu que j’ai déjà pas mal d’expérience dans l’art de se paumer en empruntant des sentiers de moutons.

A un moment, j’aperçois effectivement un coin propice pour quitter la route et monter sur la colline. Ça me rappelait beaucoup mes randos avec Lairig, de marcher au pif dans le paysage, vu qu’il n’y a pas toujours de chemins balisés en Ecosse, et qu’il existe un “accès universel aux terres” qui donne le droit de se balader quasi partout du moment qu’on suit les règles (qui relèvent du bon sens) du Scottish Outdoor Access Code.

Bref, je me retrouve gentiment au sommet de la colline. La vue est magnifique: j’observe les allées et venues des ferries, j’aperçois Duart Castle ainsi que le phare de Lismore, une petite île toute proche. De l’autre côté, je ne vois toujours pas le loch secret, par contre une immense étendue de bracken se dresse contre moi. Je veux voir le petit loch, donc je continue quand même, les fougères m’arrivant jusqu’à la poitrine. Je marche les bras levés, et bien contente de porter des vêtements longs… Eh oui, car les fougères représentent un paradis pour les tiques, et j’en ai vu la dose! Mull subit vraiment une infestation de tiques. Liz faisait déjà super gaffe dans le jardin, car elle se faisait régulièrement piquer. Pour ma part, je n’en ai jamais vu dans le jardin, par contre j’ai dû en éjecter/souffler/”pichenetter” plein durant mon escapade dans les fougères et les bois. Hop, une tique sur le pantalon, une autre sur l’appareil photo,…

Duart Castle sur la gauche

Le sol était tapissé de coussins de sphaigne allant du vert au rouge, c’était superbe. Et tellement agréable pour marcher, je me sentais comme sur un petit nuage rebondissant!

Soudain, alors que j’étais occupée à vérifier qu’aucune tique n’essayait de se frayer un chemin jusqu’à ma peau, j’entends un bruissement dans les fougères, à seulement quelques mètres: une biche! On s’est fixées pendant quelques secondes, autant suprises l’une que l’autre par cette rencontre. Puis elle a détalé en de gracieux sauts par-dessus les hautes fougères, s’arrêtant de temps en temps pour vérifier où j’étais.

Le selfie “J’ai vu une biche!”

Une fois la biche disparue, je reprends ma route et voilà, je découvre le “Secret loch” de Gloria! Un petit loch noir, lové dans un creux du paysage. J’ai cherché sur Google au retour pour voir s’il avait un petit nom, mais je n’ai rien trouvé (il n’apparaît même pas dans la version “Plan” de Google Maps).

Entre ma rencontre avec la biche, le vent qui souffle, la course des nuages dans le ciel et un merveilleux sentiment de solitude et de liberté, j’ai l’impression d’être Corrag, dans le livre de Susan Fletcher du même nom. Après la Lost Valley de Glen Coe, me voilà au Secret Loch de Mull!

Depuis la petite crête sur laquelle je me trouve, j’ai une magnifique vue sur les environs. Je vois Mo Dhachaidh, le château, Lismore, des lochs et des montagnes, l’estuaire du Loch Don baigné de lumière…

Le vent souffle de plus en plus fort, et je me sens alors transporté dans Wuthering Heights. Je marche sur une sorte de mini plateau herbeux et croise une sauterelle et une abeille. Je me dis que c’est le moment de gentiment essayer de rejoindre la route. Je sais dans quelle direction elle se trouve, mais pas l’état du terrain pour la rejoindre, j’y suis donc allée au pifomètre.

Je marche un moment dans l’herbe (ça repose, après tout le bracken) avant de retrouver un océan de fougères. Pour me faciliter la tâche, je suis de probables sentiers de cerfs déjà tracés.

Je traverse un coin bien tourbeux et humide avant de rencontrer mes premiers arbres de la balade. Je me retrouve gentiment dans un petit bois clairsemé aux vieux chênes tortueux recouverts de mousse. C’était féérique! La pente devenait de plus en plus raide et je me concentrais pour ne pas glisser quand tout à coup… Tadaa, un cerf! Un magnifique red deer stag. Tout proche, il a fait un bond, a stoppé net et m’a regardée intensément, puis en deux pas il avait disparu. Quelle journée!

Un sol étoilé 🙂

Je n’ai pas de photos de la forêt puisque c’était carrément trop casse-gueule pour crapahuter avec l’appareil à la main. Je m’accrochais aux branches moussues pour ne pas dégringoler, j’ai dû me faufiler sous des troncs à moitié couchés, j’ai emprunté un petit couloir qui devait être un torrent lors des étés moins secs,… Et voilà, tout d’un coup j’aperçois la route à seulement une dizaine de mètres!

J’étais bien contente de mon épopée, mais je crevais de chaud. ^^ Je me suis rendu compte que j’avais passé deux heures à vagabonder dans les collines, et qu’il était déjà 11 h. Je n’ai donc pas traîné et j’ai suivi la route pour rallier Grasspoint, ma destination de la matinée.

En route, je passe devant un superbe troupeau de Highland cattle avec plein de veaux.

Puis j’atteins Grasspoint en suivant un dernier petit sentier herbeux. Je me retrouve au sommet de petites falaises avec une jolie vue sur la côte et le mainland. A mon arrivée, plusieurs oiseaux s’envolent. Décidément, j’en ai surpris des animaux durant cette balade!

Puis j’entreprends de rentrer à Mo Dhachaidh, en restant cette fois-ci sur la route. En 50 minutes, je suis de retour, prête à manger une délicieuse soupe patates-oignons-épinards. Il faut dire que ça va plus vite quand je laisse l’appareil photo dans le sac… 😉 Mais je l’ai tout de même sorti en repassant vers les vaches, car quand même, elles avaient des cornes trop belles!

Et voilà, c’était ma petite marche jusqu’à Grasspoint!
L’après-midi, malgré la pluie, j’ai fait une seconde balade qui partait de Craignure et traversait une petite forêt, longeait une ancienne voie ferrée et passait par un petit château. Je n’ai pas franchement pris de photos vu qu’il pleuvait, mais j’ai encore quelques trucs à vous montrer et raconter sur mon séjour sur Mull, donc attendez-vous encore à un article tout prochainement!

D’ici là, bye bye! 🙂