Scot22#13 Islay: vagues, vaches et croix

Hello! C’est parti pour la suite de la rétrospective écossaise 2022.

Nous voilà sur le ferry de Colonsay à Port Askaig, sur Islay. C’était la traversée du soir, et on a eu droit à de splendides lumières en approchant du Sound of Islay.

La traversée entre les deux îles dure une heure. Après avoir mangé, je suis sortie sur le pont pour admirer les fous de Bassan, et Colonsay et Oronsay dans une lumière dorée, s’éloignant à l’horizon.

Arc-en-ciel sur l’île de Jura

Sur notre gauche se trouve la magnifique côte ouest de l’île de Jura, avec ses plages de galets surélevées , ses petites falaises et ses “Paps”, trois fameuses montagnes. Un arc-en-ciel ajoute encore un peu de magie à la scène. Sur notre droite, la côte nord-est d’Islay, avec le phare de Rhuvaal et la distillerie Bunnahabhain (une des neuf distilleries de l’île).

Débarqués à Port Askaig, on récupère notre voiture de location auprès d’une dame très sympathique d’Islay Car Hire, puis on roule 25 minutes à travers la campagne, entre pluie et lumière du coucher et soleil (et un autre arc-en-ciel, donc ^^). Petites collines, bois, champs, baies, bétail… Notre première impression de l’île est que les paysages ont l’air plutôt variés.

On arrive à l’auberge de jeunesse de Port Charlotte à 21h25, juste avant la fermeture de la réception, ouf! Je me suis posée à un vieux pupitre dans le lounge pour écrire, et le réceptionniste m’a amené une lampe supplémentaire pour que j’aie plus de lumière. Très sympa! 🙂

Le lendemain, nos aventures sur Islay ont commencé! On s’est rendus au centre RSPB de Loch Gruinart, à l’occasion d’une marche guidée. On a été très bien accueillis par deux poilus humides qui ont monopolisé l’attention de José, héhé.

Puis l’activité a débuté. On était un assez grand groupe, ce qui n’était pas idéal pour observer la faune sauvage, mais on a quand même appris plein de trucs intéressants et c’était une bonne introduction pour mieux connaître l’île.

Le RSPB gère lui-même la ferme où se situe la réserve naturelle, afin de montrer qu’il est possible d’avoir une “working farm” tout en utilisant des méthodes compatibles avec la conservation de la biodiversité. Le site est notamment important pour les busards Saint-Martin, les craves à bec rouge, les corncrakes, plein d’échassiers en tout genre et, en hiver, de grandes colonies de bernaches nonnettes. La réserve comprend des habitats variés: sous-bois, landes, marais salants…

A la fin de la visite guidée, on est restés un moment pour aller à l’observatoire de la zone humide. La pluie est revenue faire un coucou pile à ce moment-là, mais on était bien à l’abri dans l’observatoire, à admirer des canards souchets, vanneaux huppés, hérons cendrés, poules d’eau, mouettes, chevaliers gambettes… On a fait de très chouettes observations, notamment une altercation entre un héron et un vanneau, et les acrobaties aériennes des hirondelles de rivage.

Les sous-bois étaient splendides, avec des arbres tortueux couverts de mousses et lichens, des fougères et des bluebells… une ambiance magique à la “Seigneur des anneaux”! Et aussi un peu “Les Oiseaux” de Hitchcock, avec les cris des nombreux corbeaux freux.

Au moment de retourner à la voiture, il est déjà 13h, et on n’avait pas eu le temps d’acheter des sandwiches le matin. On a donc roulé jusqu’à Bowmore pour se rassasier avant de faire quelques courses. On a mangé de délicieuses pizzas chez Peatzeria (+1 point pour le jeu de mots, haha), une très chouette adresse.

Le village de Bowmore est la capitale administrative de l’île et est notamment connu pour son église ronde. “Why is it round? Because the devil lurks in the corners” (lu dans les avis sur Google Maps, haha).

On a visité le cimetière, qui accueille plein de tombes anciennes et plus récentes, et une belle sélection de croix celtiques.

Puis on a repris la route. Après un petit passage à la distillerie Bruichladdich, où se trouvait un sympathique petit marché artisanal, on est allés visiter le petit village de Portnahaven, tout au sud-ouest de l’île.

On a fait une petite marche côtière de 6.5 km. Le village était tout mignon, avec des phoques et oiseaux marins dans le petit port.

On a pu admirer le phare du Rhinns of Islay ainsi qu’une impressionnante plage de galets surélevée. Et, surtout, des vagues super impressionnantes.

Le vent était décidément toujours de la partie! Après l’annulation du kayak sur Barra (pour cause de vent, justement), j’avais essayé de réserver une sortie en kayak sur Islay. Mais ce jour-là, le guide m’a justement répondu qu’il devait malheureusement annuler toutes les sorties des prochains jours à cause des conditions trop venteuses. Ça aura donc été des vacances sans kayak, beuh. :/

Mais en voyant les vagues se fracasser sur la côte, on comprenait bien l’impossibilité de faire du kayak. Il valait mieux rester sur la terre ferme — et c’était carrément difficile de prendre des photos pas trop floues, tant ça soufflait fort!

Après deux heures de marche dans le vent (mais avec une belle lumière du soir), on est retournés à l’auberge pour cuisiner et passer une soirée tranquille — et une nuit dans un vrai lit, la dernière avant de reprendre le camping!

Le lendemain, on a pris la direction de l’est de l’île, en écoutant BBC Gael (la radio gaélique, on adore!) dans la voiture. On est allés voir Kildalton Cross, un magnifique exemple de croix celtique du même style que celles qu’on trouve sur Iona et en Irlande. Elle daterait de l’an 800 environ et se trouve dans un cimetière à côté d’une église médiévale en ruine. Ambiance assez magique, qui me rappelle l’Irlande.

Ce coin de l’île est splendide, avec pas mal d’arbres, des cottages féeriques, des murs de pierre et des bluebells. On a même vu une biche et un cerf!

Cerise sur le gâteau: “Cake at the cross”, une glacière remplie de parts de cake, avec une “honesty box” pour payer. On a pris un délicieux brownie, héhé. J’adore tomber sur ce genre de petites surprises. Ailleurs sur l’île, on a aussi visité “Shop in the box”, une cabine téléphonique convertie en boutique d’artisanat, où on a acheté de très belles cartes.

Puis c’était déjà l’heure de manger, donc on a fait demi-tour direction la distillerie Ardbeg. En chemin, on s’arrête pour admirer une flopée de phoques communs dans une petite baie.

A Ardbeg, on s’est réchauffés et rassasiés avec de bons hot buns et du chowder. On a tout juste réussi à manger sans s’envoler, avec le vent de ouf. ^^

On a ensuite pris la direction du Mull of Oa, tout au sud-est, une autre réserve RSPB.

On a fait une petite marche circulaire passant par l’American Monument, une tour de 131 m de haut érigée par la Croix Rouge américaine en mémoire des victimes de deux naufrages ayant eu lieu pas loin en 1918.

C’était très venteux par moments, mais une chouette balade quand même, avec de belles falaises, des chèvres sauvages et, surtout, un magnifique troupeau de vaches Highland qu’on a dû traverser (avec notamment un taureau et plusieurs veaux).

La journée n’était de loin pas finie, mais cet article est déjà suffisamment long, donc je vous raconterai la suite au prochain épisode! 😉

A bientôt!

Scot22#12 Colonsay, presque parfait

Hello!
C’est l’heure de continuer la rétrospective écossaise 2022, héhé. Je reprends là où je m’étais arrêtée dans le dernier article, c’est-à-dire à la fin de notre balade vers Ardskenish, dans le sud-ouest de l’île de Colonsay. Ayant terminé notre marche, nous avons repris les vélos pour continuer notre boucle de l’île, côté ouest.

On passe devant d’adorables cochons bruns, à travers un petit hameau et le long de superbes lochs brillant au soleil. On a fait une halte à l’Heritage Centre, situé dans une ancienne église baptiste. C’est maintenant un petit musée de l’île, gratuit et accessible en tout temps, avec une chouette collection bien fournie et diverse: vieux instruments, cailloux, bouts de squelettes d’animaux, photos d’archives, cartes, panneaux explicatifs sur l’archéologie locale…

C’était très intéressant et on aurait pu y passer un long moment, mais il était déjà 15h et on voulait encore passer aux jardins de Colonsay House. Après s’être extasiés devant des oisons près de Loch Fada, on a donc pédalé rapidement jusqu’au Backpackers Lodge.

On a récupéré nos habits sales pour faire une lessive gratuite vers Colonsay House, accessible à pied depuis notre Lodge en traversant une magnifique forêt au parfum d’ail des ours et peuplée de fougères et bluebells.

Pendant que la machine à laver tournait, on voulait visiter les fameux jardins de Colonsay House, juste à côté. Malheureusement, il était déjà trop tard pour visiter le jardin, et trop tard pour une part de cake, car le café était en rupture de stock, *gasp*!

On s’est quand même posés sur la terrasse avec un café, au soleil. Et on aura quand même vu des bouts du jardin en marchant jusqu’au café. Il y a plein d’arbres exotiques inconnus, les habituels palmiers (si, si, on en croise vraiment pas mal sur la côte ouest de l’Ecosse, tout comme en Irlande) et de grands massifs de fleurs.

En attendant la fin de la lessive, on est retournés se balader dans les bois et on a pris quelques photos, dont des portraits de nous avec nos merveilleux “becs de puffins” (c’est à dire, nos grands nez cramés par le soleil ^^).

Les sous-bois sont vraiment superbes, avec toutes les fougères et mousses. Même nos bagues Claddagh ont eu droit à leur séance photo, haha. On a ramassé quelques feuilles d’ail des ours pour agrémenter notre repas du soir, puis c’était l’heure de récupérer les habits et d’aller les étendre dans le jardin du Backpackers Lodge.

Une fois le linge étendu au soleil, on repart se promener dans le coin. On s’enfonce sur un sentier boueux dans la forêt, qui ressemble par endroits à une véritable jungle, avec tous ces arbres exotiques, c’est assez fou. Si un vélociraptor avait surgi des buissons, ça m’aurait à peine surprise, haha.

On est aussi montés sur la colline derrière le lodge et, pour mon plus grand bonheur, il y avait des libellules à quatre taches au milieu des joncs! C’était la “journée libellule” des vacances, car on avait aussi vu des petites nymphes au corps de feu vers Ardskenish.

Puis on est retournés au lodge pour cuisiner, discuter un peu avec d’autres voyageurs et plier notre linge. On était bien crevés et indécis quant à notre programme du lendemain (on voulait vraiment tenter la traversée jusqu’à Oronsay, une “tidal island” au sud de Colonsay, mais on savait que ce n’était pas une bonne idée car les conditions de vent et marée n’étaient pas bonnes, donc on cherchait un plan B). On a joué à “Scottish Quest” dans notre chambre, d’où on entendait un corncrake chanter dans la nuit, une parfaite fin pour cette belle journée d’exploration de l’île (>25 km de vélo/marche).

Le lendemain, c’était notre dernière journée (partielle) sur l’île, car on prenait le ferry en fin d’après-midi. On a fait plutôt tranquille le matin (puisqu’on ne pouvait pas aller à Oronsay), avant de trouver l’énergie d’aller explorer un peu du côté d’Uragaig, pas loin de Kiloran Bay.

Dans la prairie, un corncrake jouait à cache-cache: il chantait quand on marchait et se taisait dès qu’on s’arrêtait pour scruter les hautes herbes avec les jumelles. Lapins, pinsons, hirondelles, grives, bergeronnettes grises, rouges-gorges, étourneaux… Tous fidèles au rendez-vous. Mais le corncrake, lui, est resté invisible. 😉

On croise deux vaches Highland, des oies cendrées, des moutons, et on s’engage sur un “sentier” au milieu de la lande tourbeuse.

Sphaigne, mousses en tous genres, petites mares… Le sol est riche et humide.

On marche jusqu’à de splendides falaises, avec vue sur d’autres magnifiques falaises!

Nous voilà sur le site de Dun Uragaig, où se trouvait autrefois un fort (dont on ne voit plus rien, ou alors on était trop distraits par les oiseaux). Désormais, ce site appartient à des colonies d’oiseaux marins. Ça soufflait fort, et on les observait/photographiait appuyés contre les rochers pour ne pas s’envoler!

Il y avait plein de fulmars boréaux (on n’en avait pas encore beaucoup vu durant ces vacances donc ça nous a fait très plaisir), quelques fous de Bassan, cormorans, goélands et kittiwakes et, surtout, des razorbills! Après les puffins, c’est clairement “the next best thing”. 😉

On en voyait qui flottaient en groupe dans la mer en contrebas, et d’autres qui s’essayaient au vol acrobatique. Eh oui, car ça soufflait sacrément fort, et le razorbill n’est pas le plus aérodynamique des oiseaux, contrairement aux fulmars ou aux sternes. ^^

On a passé un bon moment à les observer. Il y avait aussi de superbes sea pinks, d’autres fleurs et de belles roches qui ont retenu mon attention. Quel bel endroit!

On est ensuite descendus voir la “raised pebble beach” à Port nam Fliuchan (en gros, des étendues d’énormes galets qui ont l’air de s’être perdus au-dessus de la vraie plage ^^) avant de se poser dans l’herbe pour manger notre pic-nic. On avait un petit coup de barre et on a failli se refaire une sieste “al fresco” comme la veille, mais à la place on a continué la balade.

L’itinéraire nous disait ensuite de longer la rive de Loch an Sgoltaire pour le retour, mais le portail qu’on devait franchir avait été barricadé avec trois couches de barbelés. Visiblement, on n’était pas les bienvenus, donc on est rentrés par le même chemin qu’à l’aller.

On a hésité à aller explorer Loch Fada, situé au pied du lodge, mais le vent était assez éreintant donc on est allés se poser dans la cuisine extérieure du bothy pour se réchauffer avec un chocolat chaud.

On a fait une nouvelle partie de “Scottish Quest” et, cette fois, José m’a battue à plates coutures (j’avais gagné la veille). Pour ma défense, José n’a chopé que des cartes “Destin” avantageuses, et moi des pénalisantes, haha.

On a traînassé à l’intérieur jusqu’à 16h40, avant de prendre toutes nos affaires et de nous rendre à une ferme pas loin, lieu de rdv avec une habitante de l’île qui avait généreusement proposé de nous amener au port. Elle travaillait à la fois pour l’agence de location de l’île (qui gère tous les hébergements de vacances, dont le Backpackers Lodge où on logeait) et pour CalMac, et elle devait donc de toute façon se rendre elle aussi au terminal du ferry. Elle était vraiment super sympa et ça faisait très plaisir de discuter avec une locale.

A chaque croisement avec une voiture, c’était l’occasion d’une petite “discussion de comptoir” sur la passing place, c’était trop drôle. Arrivés au ferry terminal, notre conductrice a directement enregistré nos billets, comme ça c’était fait. Efficace!

On avait pas mal de temps à attendre, donc on est allés jeter un coup d’oeil à la superbe croix celtique du village et j’ai pris quelques photos des marais salants entre deux averses. La météo changeait littéralement toutes les cinq minutes, nous offrant plusieurs arcs-en-ciel. On a mangé une part de carrot cake à “The Pantry” et on a visité “The Old Waiting Room Gallery”, un craft store rempli de belles choses artisanales. J’ai craqué pour un joli bandeau en laine vert et bleu, qui n’a quasi plus quitté mes oreilles de la soirée (et qui m’accompagne encore aujourd’hui lors de mes balades hivernales, je l’adore!).

Puis le ferry est arrivé, un peu en retard, en provenance d’Oban. On a embarqué et on a dit au revoir à Colonsay, prêts pour la suite des aventures!

A bientôt pour le prochain épisode de cette rétrospective! 🙂

Scot22#11 Sheepish near Ardskenish

Hello!
Je reprends la rétrospective écossaise 2022 là où je m’étais arrêtée, avec la suite de notre séjour sur l’île de Colonsay.

Notre deuxième journée entière sur l’île a commencé tranquillement. On devait en effet attendre le remplacement du vélo de José (celui qui avait essayé de lui apprendre à voler la veille), à 9h, avant de pouvoir partir explorer. On en a profité pour prendre notre petit-déjeuner en compagnie des deux soeurs de Helensburg, très sympas.

Une fois le vélo remplacé, on a pu se rendre à Scalasaig (ce qui implique une montée suivie d’une descente, bien sûr ^^) pour faire quelques courses.

On a ensuite roulé jusqu’à l’aérodrome pour notre marche du jour: Ardskenish et Dun Ghallain. On a commencé par traverser le golf, où paissaient des moutons, avant de gravir la petite colline d’An Aird, où se trouvent les ruines d’un fort.

On a ensuite emprunté un track tout boueux puis rocailleux qui nous a menés à une belle étendue de sable blanc, Plaide Mhòr.

On a mis un sacré bout de temps à longer la plage (longue d’environ 500 m), tant il y avait à voir (traduction: j’ai pris beaucoup de photos!). On s’arrêtait tous les trois mètres, tantôt pour admirer un coquillage de plus près, tantôt pour observer des oiseaux. En plus des huîtriers-pies et goélands marins, on a aussi vu des courlis et des tournepierres à collier.

Mais l’attraction principale, c’était les phoques! Ils étaient plusieurs à bronzer sur leurs rochers et on a passé pas mal de temps à les observer aux jumelles.

On pense qu’il s’agissait surtout de phoques communs, mais il y avait également au moins un phoque gris dans l’eau.

Si le soleil était de nouveau de la partie ce jour-là, pour notre plus grand bonheur, le vent avait également décidé de s’inviter, ce qui rendait la prise de photos un peu plus difficile. Pour vous donner une idée, voici un court clip des phoques et des vagues. Je vous conseille de couper le son si vous ne voulez pas entendre le mugissement du vent.

La plage était également parsemée d’intéressants rochers, avec des roches lisses et ondulantes mais également des épines acérées. Peut-être qu’un dragon géant sommeillait sous le sable?

On a finalement atteint la fin de la plage et continué notre marche sur le machair peuplé de moutons.

On a longé un pan de côte rocheuse déchiquetée, où les roches ressemblaient à des lames de rasoir rustiques pointées vers le ciel. Là, j’ai vu du Sea pink d’un rose vif vraiment magnifique!

Notre balade au milieu des moutons nous a fait traverser la petite ferme isolée d’Ardskenish, avant de nous mener en direction d’une autre baie et plage: Traigh Nam Barc.

Sur notre droite, on devinait au loin Beinn Oronsay, le point culminant d’Oronsay, une île accessible à pied depuis Colonsay… lorsque la marée le permet. On rêvait de s’y rendre, mais malheureusement les conditions n’étaient pas bonnes lors de notre séjour, entre la direction du vent et le timing et la taille de la marée basse. On s’était renseignés à la Poste de Scalasaig, car le postier affiche en effet les horaires des marées et renseigne les visiteurs qui souhaitent traverser The Strand (l’étendue de sable entre Colonsay et Oronsay) à pied. Il faudra donc qu’on y retourne lors d’une “Spring tide”, quand l’étendue de la marée est particulièrement grande et qu’il y a donc une plus grande fenêtre pour visiter Oronsay. Je pense que ça en vaut vraiment la peine, ne serait-ce que pour voir son prieuré — l’île est aussi connue pour sa population de craves à bec rouge. En attendant de pouvoir y aller un jour, j’aime beaucoup écouter cet épisode du podcast “Wild for Scotland”.

Puisqu’on n’allait pas pouvoir se rendre à Oronsay durant ces vacances, je me suis consolée en prenant plein de photos de moutons. 😉

On s’est posés dans l’herbe pour pique-niquer au soleil. A l’abri du vent, il faisait agréablement chaud et on s’est même octroyés une petite sieste sur le machair.

On aurait pu passer la journée là, à paresser, mais on a quand même fini par se remettre en route pour terminer notre boucle et retourner à nos vélos.

On a ensuite repris nos vélos pour continuer notre tour de l’île. Mais ça, je vous en parlerai dans le prochain article. A bientôt! 🙂

Scot22#10 Away to Colonsay

Hello!
Je suis super contente d’arriver à ce stade de la rétrospective écossaise 2022, où je vais enfin pouvoir vous montrer la beauté de l’île de Colonsay, un endroit qu’on a vraiment adoré avec José — aussi parce qu’on a eu la chance d’avoir pas mal de soleil, ce qui faisait un bien fou après plusieurs jours de forte pluie à Oban.

Chocolat chaud à Oban

Mais avant de vous montrer Colonsay, il fallait d’abord qu’on y arrive. Notre ferry ne partait que dans l’après-midi et on avait donc encore quelques heures pluvieuses à passer à Oban. On en a profité pour faire la grasse matinée et quitter l’auberge de jeunesse le plus tard possible, à 10h. On a ensuite pris la direction de Taste of Argyll Kitchen, un petit restaurant “Field to Fork” dont les aliments sont produits dans une ferme toute proche d’Oban. On y a mangé un Full Scottish Breakfast absolument délicieux. Même le Stornoway Black Pudding était hyper bon, alors que je n’en suis généralement pas très fan. C’est devenu notre adresse favorite pour prendre le petit-déjeuner à Oban, on y va à chaque fois qu’on passe par là!

Des phrases inspirantes sur la façade de l’Oban Chocolate Company ^^

Après un peu de shopping (José s’est acheté un chapeau Tilley), on s’est réfugiés à l’Oban Chocolate Company (notre 2e visite durant ces vacances ^^). On a partagé notre table avec un vieux assez loufoque qui lisait plein de journaux et avait beaucoup voyagé (on ne comprenait pas tout ce qu’il disait, mais on voyait que ça lui faisait plaisir de discuter — et de rire de ses propres blagues ^^) et un couple de retraités du Devon qui étaient là en voyage organisé. Ils étaient absolument adorables. La femme avait même été jeune fille au pair à Coire! Bref, une chouette rencontre intergénérationnelle le temps d’un chocolat chaud.

Enfin, l’heure d’embarquer sur le ferry est arrivée. C’était parti pour un nouveau chapitre de ces vacances, concentré sur les îles de Colonsay, Islay et Jura, qui se trouvent au sud-ouest d’Oban.

Notre itinéraire de cette 2e partie de vacances

On a laissé Oban et Kerrera derrière nous, et on s’est vite réfugiés à l’intérieur du ferry, car il pleuvait à nouveau. On est passé entre Mull et les Garvellachs. Malgré la pluie, il y avait une belle atmosphère, et on a même eu droit à un arc-en-ciel au-dessus de Jura. On a aussi pu admirer les habituels fous de Bassan et quelques sternes.

A l’approche de Scalasaig, notre port d’arrivée sur Colonsay, une locale nous a demandé où on logeait et nous a arrangé un “lift” jusqu’au Backpackers Lodge avec Richard, un autre habitant de Colonsay, ce qui nous aura évité une heure de marche sur la route. Quelle gentillesse! 🙂 Il n’y a en effet pas de transport public sur Colonsay. Heureusement, l’île est plutôt petite et des vélos loués nous attendaient au lodge pour qu’on puisse facilement se déplacer durant notre séjour.

Notre chauffeur Richard était fort sympathique et généreux. Cela faisait cinq ans qu’il habitait sur l’île, après avoir vécu à Aberdeen et Edimbourg. Il était en train de créer une “smokery” pour pouvoir fumer le saumon élevé localement. Il y a effectivement une ferme de saumons tout près de Colonsay, qui emploie une bonne partie de la population de l’île.

Richard nous a déposés devant le Backpackers Lodge, où on a rencontré Deifer et Dave, deux Gallois dans la cinquantaine, eux aussi en vacances. On est partis explorer les alentours du lodge en montant sur une mini colline où trônait une éolienne entourée de taureaux. Là encore, on s’est chopés une belle averse, mais on a aussi eu droit à un bel arc-en-ciel!

De retour au lodge, on a cuisiné un bon plat de pâtes avant de passer la soirée à discuter avec Deifer et Dave, qui nous ont offert bière et vin. Deifer était fan de foot et regardait les “highlights” des matches de foot de la journée, c’était drôle à suivre car il était vraiment à fond. Le lodge était plutôt cosy et avait aussi l’avantage d’avoir un exemplaire de “Scottish Quest”, un jeu de société dont j’avais entendu parler mais qui est très difficile à trouver. On y a joué plusieurs fois durant notre séjour, c’était génial.

Le lendemain, notre exploration de Colonsay, le “Jewel of the Hebrides”, a réellement débuté. Et quelle journée magnifique!

On a récupéré nos vélos de location (pas le même service ni la même qualité qu’à Barra, ils étaient tout rouillés, n’étaient pas équipés de pare-boue et le frein avant du vélo de José frottait en permanence…) et on a pédalé direction la toute proche et fameuse Kiloran Bay, où on a pris notre première claque visuelle de la journée.

Qu’est-ce que c’était beau!

L’eau bleu turquoise couleur Caraïbes, le sable doré brillant au soleil, le vert du machair pâturé par les moutons… Le paysage était si radieux, si coloré. Pour cet article, j’ai d’ailleurs hésité avec d’autres idées de titre, dont “Les couleurs du bonheur” — on verra si je parviens à trouver des rimes pour tous les titres de cette rétrospective. ^^

On voyait le Ross of Mull et même Iona à l’horizon.

J’ai pris plein, plein, plein de photos. Il faut dire qu’après tous ces jours de pluie et relativement pauvres en photos, j’avais le déclencheur facile, haha.

Une plage avec deux Josés!

On a longé la plage, accompagnés de sternes, gravelots, pipits, corneilles mantelées et, bien sûr, d’huîtriers-pies qui se sont mis à crier bruyamment à notre arrivée.

Au bout de la plage se trouvaient les restes du squelette d’une baleine échouée: le crâne et quelques vertèbres, dont certaines servaient de “stiles” pour passer les clôtures (N.B: je viens d’apprendre que “stile” se dit “échalier” en français, mais je crois que je vais continuer à dire “stile” ^^).

On a fait demi-tour en passant par les dunes, qui grouillaient de lapins et de moutons Black Face, mes préférés (notamment car les femelles ont aussi des cornes, et les agneaux sont beaucoup trop choux avec leurs mini cornes).

On a repris nos vélos et on s’est engagés sur un track sableux-caillouteux qui allait nous mener jusqu’à Balnahard bay, au nord-est de l’île. Il y avait de sacrées montées, si raides qu’on a parfois dû pousser les vélos.

On s’arrêtait régulièrement pour des photos (surprenant, je sais) et pour admirer la vue qui ne cessait de nous en mettre plein les mirettes.

Kiloran bay en arrière-plan

On a laissé les vélos un moment vers “The Whale”, une oeuvre d’art collaborative en plein air: chacun peut ajouter une pierre à la baleine monumentale tracée au sol. On a littéralement posé notre pierre à l’édifice puis on a gravi la petite colline de Meall na Suiridhe, où se trouve un petit menhir. On a pique-niqué au sommet, avec vue sur Mull et les collines du nord de Colonsay. On a aussi vu nos premiers fulmars des vacances, qui nichaient sur les falaises.

En plus des ubiquistes moutons, il y avait une bernache du Canada, plein d’huîtriers-pies et quelques vanneaux huppés. On a ensuite repris nos destriers rouillés et on a roulé jusqu’à Balnahard pour notre deuxième grosse claque de beauté de la journée.

Première vue sur Balnahard bay

Nous voilà à Balnahard bay. Une plage de sable fin, des eaux turquoises, un groupe d’eiders qui barbotent, et des vues sublimes sur Mull, les Garvellachs, Seil, Scarba et Jura.

On avait la plage pour nous et on ne savait pas où regarder tellement c’était beau de tous côtés.

Cette photo a été mon fond d’écran d’ordi pendant de longs mois!

Revoir ces photos me fait penser à une chanson de Skerryvore: “Take my hand“.

Take my hand
And we’ll go dancing
Underneath the stars
On a beach that’s only ours

Sauf que cette fois-là, c’était “Underneath the sun”. 😉

Ni une, ni deux, nous voilà en maillots de bain, prêts pour notre deuxième baignade des vacances. Glaglagla GLA! L’eau était méga froide, bien plus qu’à Vatersay. J’ai mis du temps à m’immerger, mais après c’était génial. Je me sentais comme une sirène, à barboter dans les eaux cristallines. Je dansais dans l’eau, je n’avais plus envie de sortir.

Puis on a continué à se promener sur la plage, le sable fin si agréable sous nos pieds nus. On flânait, tournoyait, prenait des photos, observait les oiseaux… Qu’est-ce qu’on était bien! On avait vraiment de la peine à quitter ce petit paradis, surtout qu’il faisait si chaud qu’on a pu passer en configuration shorts (la seule fois des vacances, si mes souvenirs sont bons ^^).

Balnahard restera un de nos lieux préférés en Ecosse. Le soleil et le calme de cette journée n’y sont bien entendu pas pour rien. D’ailleurs, voici un autre titre que j’avais envisagé pour cet article: “Peinards/Veinards à Balnahard”.

On était presque prêts à faire une sieste sur la plage, mais à la place on s’est redonné de l’énergie avec quelques Digestives au chocolat noir, avant de monter sur un petit promontoire pour admirer la plage d’en haut.

On avait des vues incroyables sur les îles de Jura (avec ses trois “Paps”) et Islay. On voyait également les fameuses fermes de saumon…

Vue sur Jura et Islay
Vue sur Mull

Puis on a renfourché les vélos et on est revenus sur nos pas (ou plutôt, sur nos traces de pneus? Sur nos roues? ^^). On a fait une pause pour gravir Carnan Eoin, le sommet de l’île du haut de ses 143 m.

Le sommet était marqué d’un cairn et d’un “trig point” de l’Ordnance Survey. Les vues, comme prévu, étaient sublimes et panoramiques. On voyait Kiloran Bay, le sud de l’île, Mull, Jura, Islay…

On a aussi pu mieux admirer “The Whale”.

On a mangé une pomme en admirant le paysage avant de redescendre. Une grande descente à vélo nous attendait, qu’on n’a pas dévalée très vite car on n’avait pas trop confiance dans les vélos… à raison! Le frein avant de José a lâché en pleine descente, mais heureusement il a réussi à dévier et à s’arrêter dans l’herbe, évitant la catastrophe (c’était vraiment ultra raide)! Inutile de préciser qu’on a terminé la descente à pied, avant de pédaler le dernier petit bout pour retourner au lodge. Là, à mon tour de me faire une frayeur: en me mettant sur le côté pour laisser passer un gros 4×4, j’ai voulu poser le pied dans la végétation mais c’était en réalité un fossé camouflé et je suis tombée dans les ronces et les orties, ouch! Plus de peur (et de surprise, surtout) que de mal, même si les orties ont bien piqué.

On s’est posés une demi-heure au lodge avant de reprendre les vélos jusqu’à Scalasaig pour dîner à “The Pantry”, une chouette adresse avec des produits locaux — même des bières brassées sur l’île. Une fois bien repus, on n’a pas fait long feu car on était crevés et il nous restait encore pas mal à pédaler pour rentrer aux Backpackers Lodge — peu importe où on se rendait sur l’île, on avait toujours au moins une grosse montée à endurer. ^^ Mais le retour à vélo était très chouette: on a vu plein de lapins et deux poneys, on s’est extasiés devant la beauté des lochs dans la lumière du soir, et on a même entendu un corncrake! 🙂

Au lodge, on a rencontré de nouveaux arrivants, dont deux soeurs venant de Helensburg, venues sur l’île spécialement pour visiter le jardin de Colonsay House. Elles nous ont raconté certaines de leurs aventures et futurs projets, avant de nous laisser aller nous doucher. ^^ Bref, bavardes mais bien sympathiques! Pour nous, c’était l’heure de se reposer dans la chambre pour recharger les batteries — électroniques et humaines — après une merveilleuse première journée entière sur la charmante île de Colonsay. 🙂

A bientôt pour la suite des aventures sur cette belle île!

Scot22#9 Kerrera, on y va!

Hello! C’est parti pour la suite de la rétrospective écossaise 2022. 🙂

Après une nuit tous ensemble à Oban, c’était le jour du départ pour Fintan, Pilar, Axel et Laurine, qui se rendaient à Glasgow puis Edimbourg avant de rentrer à la maison. On s’est levés tôt pour prendre un dernier petit-déjeuner tous ensemble. Finalement, on aurait pu dormir plus longtemps, car le train qu’ils devaient prendre à 8h57 a été annulé, et ils ont donc dû prendre celui de midi.

José et moi avons accompagné les autres à la gare pour un dernier au revoir tout mouillé (il pleuvait fort), avant de nous lancer dans notre aventure du jour. On a marché jusqu’à Pulpit Hill dans la bruine, d’où on apercevait les îles de Mull et Lismore et, plus près, notre destination du jour: Kerrera.

On a emprunté un sympathique sentier pour rallier le ferry de Kerrera, au coeur de beaux sous-bois peuplés de fougères et bluebells… et de quelques midges quand on avait le malheur de s’arrêter.

Dans un coin boueux, José s’est fait avaler une jambe jusqu’à mi-cuisse, wow! C’était pas de bol, il avait mis le pied à peine 5 cm à côté de là où j’étais passée, sans m’enfoncer. ^^ Heureusement, il portait les pantalons de pluie, qui l’ont un peu protégé.

Juste après la tentative de capture par la boue mouvante 😉

Timing de ouf, on arrive pile poil à l’heure pour le ferry de 11h35. Après 5 minutes de traversée, nous voilà sur la petite île de Kerrera.

On a emprunté une chouette boucle dans le sud de l’île, qui nous a d’abord fait longer la côte. On est passés devant une plaque commémorant les débuts du premier système de téléphonie via câble sous-marin, qui ont eu lieu sur Kerrera en 1956.

On a aussi vu un chouette projet communautaire de reforestation. Il faut dire qu’il y a actuellement peu d’arbres sur Kerrera, comme c’est le cas dans beaucoup d’endroits d’Ecosse suite à des siècles de déforestation et pâturage par les cerfs et moutons. Des moutons, d’ailleurs, on en a vu un paquet! Il y avait plein d’agneaux partout, et aussi la dose de bernaches du Canada.

On a aussi croisé plusieurs maisons de fées, ainsi que des théières sauvages qui indiquaient la voie à suivre pour rallier le tea room de l’île.

On s’y est arrêtés pour manger de très bonnes soupes et un brownie au chocolat. Il y avait encore tout un système anti-covid en place, pour limiter les contacts. On ne pouvait pas entrer dans le tea room mais il y avait une tente montée à proximité pour manger à l’abri. C’était très bien organisé, mais on n’avait plus l’habitude de tant de précautions.

Une fois requinqués par cette agréable pause gustative, on a continué notre marche et exploration de l’île, direction Gylen Castle!

Les ruines de ce château étaient très chouettes, on pouvait visiter l’intérieur et même monter dans les étages, qui offraient de belles vues sur les alentours. Les murs intérieurs étaient verts de mousse, ça donnait une atmosphère assez mystique.

Je n’ai bien sûr pas pu résister à jouer à la princesse le temps de quelques photos (la princesse en k-way, haha). La fenêtre était placée très haut par rapport au sol, donc c’était plus galère qu’il n’y paraît de se hisser sur le rebord. ^^’

Après la visite du château, José a même trouvé un ruisseau pour nettoyer sa chaussure couverte de boue, victoire! Même qu’il n’avait pas besoin de se donner tant de mal, car un peu plus tard dans la balade, le track était lui-même transformé en milieu aquatique, haha.

On a poursuivi notre chemin le long de la côte, avant de s’enfoncer gentiment à l’intérieur des terres.

Kerrera a bien plus de relief que ce qu’on imaginait, avec une superbe géologie.

Moutons partout, ajoncs, maisons isolées, petits passages tourbeux,… Il y avait plein de trucs à voir, on ne s’ennuyait vraiment pas.

On a même croisé des chèvres sauvages, au cri très spécial.

Depuis ce côté de l’île, on avait des vues sur Mull, et même sur Jura, mais très faiblement, dans le lointain (heureusement, il y avait une table d’orientation, sinon on ne l’aurait peut-être même pas repérée!).

On a ensuite traversé un coin avec d’immenses érables et de vieux murs de pierre couverts de mousse.

Sur la fin, on a aussi croisé plein de petits pinous! Entre tous les moutons, lapins et bernaches, l’herbe n’a vraiment aucune chance sur Kerrera, il n’y avait pas un brin plus haut que l’autre. ^^

On est retournés au ferry à 16h30, puis il nous restait encore quasi 1 heure de marche pour retourner à Oban. Cette fois-ci, on est passés par la route, mais c’était quand même sympa, avec de beaux sous-bois.

Une fois à Oban, on devait encore traverser toute la “ville” pour rejoindre l’auberge de jeunesse. Après plus de 19 km de marche, on s’est posés quelques minutes dans notre chambre avant de ressortir manger. On a atterri chez Coasters (pas notre premier choix, mais ce n’est pas toujours facile de trouver un endroit où manger à Oban, surtout un samedi soir!), un pub avec plein d’écrans partout qui diffusaient du football féminin et des jeux télévisés. Après une sorte d’équivalent du “Maillon faible”, on a eu droit à un jeu absolument WTF, “Celebrity catchpoint”, où les participants devaient attraper de gros ballons qui tombaient du plafond… No comment. ^^’

On n’a pas fait long feu car on sentait la fatigue. On est retournés à l’auberge sous la pluie (comme d’hab) pour une soirée tranquille, après avoir réalisé que ça faisait déjà une semaine qu’on était en Ecosse — le temps passe vite (si vite, qu’il faut ensuite plus de deux ans pour faire la rétrospective, haha)!

C’est tout pour aujourd’hui! La prochaine fois, je vous emmène sur Colonsay pour un peu de soleil et de belles aventures. 🙂

Scot22#8 Bye bye Barra, hello Oban

Hello!
C’est l’heure de la suite de la rétrospective écossaise 2022. Après quatre jours bien venteux sur la splendide île de Barra, il était temps de retourner sur le mainland. Mais avant ça, voici une petite photo de Monsieur Le Mouton devant le château Kisimul, que j’avais oublié de partager dans l’article sur Castlebay.

Monsieur Le Mouton a lui aussi beaucoup aimé Barra, même s’il a passé le plus clair de son temps à l’auberge 😉

Bref, retour à nos moutons. 😉
Après un réveil bien matinal, on a quitté le chouette Dunard Hostel et on a marché sous la pluie jusqu’au port pour embarquer sur le ferry direction Oban. Il fait moche et venteux, et le capitaine annonce que de la “motion is expected”. Traduction: gare à la houle, mal de mer attendu.

Au début, ce n’était pas si terrible, on était protégés par la baie. On a observé des guillemots à miroir sur la muraille du château Kisimul, puis en vol et dans l’eau. Quelques cormorans sur un rocher. Et plein de magnifiques fous de Bassan, c’était super!

Voilà, ça c’était pour la partie fun. Après, on s’est fait battre par les éléments. Fintan, Laurine et José sont restés bien en forme (ils ont même réussi à déjeuner, les veinards), mais ce n’était pas le cas de Pilar, Axel et moi, qui avons passé la majeure partie de la traversée prostrés sur des banquettes (mieux vaut dormir que vomir ^^).

Une fois dans le Sound of Mull, on était de nouveau protégés du vent et ça allait mieux. On a pu sortir prendre l’air sur le pont et admirer le paysage pour le reste de la traversée. C’est un bout qu’on a depuis refait plusieurs fois en ferry avec José (pour aller à Tiree) et il est vraiment beau. Il y a très souvent des dauphins (José en a vu deux cette fois-là, mais moi j’étais encore en train de lutter contre le mal de mer) et il fait passer devant le joli village de Tobermory, le château de Duart, le phare de Lismore…

Puis nous voilà à Oban, sous une pluie battante. On grignote un repas sur le pouce au stand de fruits de mer du port, debout sous une tente nous protégeant du déluge, puis Fintan, Axel et Laurine sont allés visiter la distillerie (il n’y avait pas assez de place pour tout le monde, alors même que j’avais réservé plus de trois semaines à l’avance. Pas facile d’être spontané avec les visites, en Ecosse! ^^). Pendant ce temps, Pilar s’est posée dans un café et a généreusement offert de garder nos sacs, car José et moi devions faire quelques achats pour la suite de nos vacances (aaah, l’éternelle chasse à l’alcool à brûler. On est sortis bredouille de quatre magasins avant de trouver ce qu’on cherchait).

On s’est ensuite tous retrouvés à la sortie de la distillerie et on a marché le long de l’esplanade jusqu’à l’auberge de jeunesse pour poser nos affaires en attendant l’heure du check-in (à 16h30, ça fait tard!).

Il pleuvait encore des cordes, donc on est allés se réfugier à l’Oban Chocolate Company, où on s’est réchauffés avec de bons chocolats chauds. On a ensuite fait le tour des boutiques de souvenirs (sans rien acheter, on a été sages! Même que je regrette encore à ce jour de ne pas avoir craqué pour une peluche de mouton “black face”. Je ne l’ai jamais revue et elle aurait fait une belle addition à mon troupeau, avec ses belles cornes ^^).

Puis c’était finalement l’heure du check-in, donc on est retournés à l’auberge de jeunesse et on s’est effondrés dans notre très chouette “family room” (avec “bow window” avec vue sur la baie), on était crevés.

Mais bien sûr, maintenant qu’on a enfin l’occasion de se reposer dans notre chambre, que se passe-t-il? Le soleil pointe le bout de son nez!

Alors qu’Axel, Laurine et José décident de se reposer à l’hostel, Fintan, Pilar et moi ressortons pour visiter un peu Oban. On a été récompensés par une jolie éclaircie entre deux averses! La lumière était fantastique. On a admiré les guillemots à miroir (ils sont toujours au même endroit, lors de chaque visite ^^), les va-et-vient des ferries et les voiliers flottant dans le port.

Puis on est montés jusqu’à la fameuse McCaig’s Tower, où je n’étais encore jamais allée. En chemin, on a vu de chouettes exemples de “yard bombing”, des décos en laine (c’est important de protéger les poteaux en les habillant avec du tricot ^^). Tout est si luxuriant, avec des jardins fleuris, des bluebells, des arbres partout, c’est magnifique.

McCaig’s tower, commencée en 1895, est un peu le colisée d’Oban. Le monument a été financé par un banquier local, John Stuart McCaig. Son but était de construire un mémorial pour sa famille tout en offrant du travail aux maçons de la région pendant l’hiver.

Apparemment, John Stuart McCaig était fan d’architecture romaine et grecque. Ses plans pour le monument incluaient soi-disant un musée et une galerie d’art, mais les travaux ont été interrompus à sa mort, en 1902, et seule la structure extérieure a donc pu être construite.

C’est un chouette endroit à visiter, et qui offre de belles vues sur Oban et sa baie.

Au retour, on a emprunté Jacob’s Ladder — un nom qu’on retrouve régulièrement dès qu’il y a des escaliers un peu raides. Il y en a aussi à Edimbourg, par exemple — pour redescendre en ville.

En quelques minutes, nous étions de retour sur les quais, et la pluie était également de retour avec des averses intermittentes. Cela n’empêchait pas un groupe de filles de se baigner dans le port. D’après leurs cris aigus, je dirais que l’eau était plutôt froide, haha. ^^’

On est retournés à l’auberge pour se reposer, puis nous avons enfilé à nouveau les imperméables pour aller braver la pluie jusqu’au Waterfront Fishhouse, où nous avons passé notre dernière soirée tous ensemble. En nous voyant arriver, nos imperméables tout dégoulinant, le serveur a éclaté de rire et nous a lancé un joyeux “Welcome to Scotland”, haha!

C’était une chouette adresse où on a très bien mangé (c’était difficile de trouver un endroit où manger à six, on avait tout juste réussi à obtenir une réservation pour 20h45!), avant de rentrer s’effondrer pour la dernière nuit de cette première partie de vacances! Le lendemain, Fintan, Pilar, Axel et Laurine prenaient le train pour retourner à Edimbourg, tandis que José et moi passions encore une journée à Oban avant d’embarquer pour la suite de nos vacances… mais ça, ce sera le sujet des prochains articles! 😉

Pour clore cet article, voici une petite vidéo de 2 minutes qui retrace quelques moments de notre passage à Oban (un véritable chef-d’oeuvre cinématographique, haha, notez l’effort incroyable pour donner l’impression que le titre sort de la McCaig’s Tower ^^). José et moi venions de racheter une carte microSD pour la GoPro à Oban (car les deux cartes — quasi neuves… — qu’on avait prises avec nous étaient corrompues, et on avait perdu tous les fichiers d’Edimbourg et Barra), donc je voulais la tester… Et ouf, ça marchait!

A bientôt, pour la suite des aventures!

Scot22#7 A vélo, c’est beau!

Pour notre dernière journée entière à Barra, nous avons fait le tour de l’île à vélo! 🙂

Après un petit-déjeuner avec vue depuis le lodge (comme chaque matin), Tony, de Barra Bike Hire, est venu déposer nos cinq vélos, en nous conseillant de faire le tour de l’île dans le sens des aiguilles d’une montre (* aparté: quand je pense qu’il faut sept mots pour dire ça en français, alors que “clockwise” suffit en anglais…*), à cause du vent. Ce dernier soufflait à 35-40 mph (~60 km/h), comme les jours précédents.

Vu qu’Axel ne pouvait pas faire de vélo à cause de son genou, il est parti avant nous pour son propre périple, en stop. L’objectif: se retrouver sur une des plages de l’ouest pour quand même passer du temps ensemble.

Avec l’équipe des cyclistes, on est allés acheter des sandwiches au Co-op avant de se diriger vers la plage. Avec le vent dans le dos, on avait l’impression d’avoir des vélos électriques, c’était fou! On a fait une petite pause vers le Barra Beach Hotel, pour admirer la baie Bàgh Halaman, dont l’eau était magnifiquement turquoise — mais traversée de sacrées vagues.

Entre-temps, Axel s’était fait prendre en stop par une Ecossaise et nous attendait vers la plage d’après, Tràigh Tuath. On l’a rejoint et on a traversé une étendue de machair pour rejoindre les dunes, en passant par un minuscule menhir — Pilar et moi l’avons touché pour vérifier que ce n’était pas un portail pour voyager dans le temps, haha. 😉

Il y avait plein de moutons et, surtout, plein d’agneaux partout. Et aussi un cimetière avec vue sur la mer.

José et moi traînions derrière, à regarder (et, dans mon cas, photographier) les agneaux, quand Pilar est venue en courant nous dire qu’il y avait quatre macareux sur un rocher! On se précipite et on aperçoit… des huîtriers-pies, haha! On a bien ri, mais ce sont clairement le bec et les pattes rouges qui l’ont induite en erreur. Je ne crois pas avoir de photos des huîtriers-puffins, mais voici deux pluviers dorés dans le machair:

Golden plovers

Sur la plage, on sentait toute la puissance des éléments. Les vagues s’écrasaient violemment contre les rochers et le vent fort remplissait nos chaussures de sable.

Il y avait plein d’armérie maritime entre les rochers, et le sable était moins fin qu’au nord de l’île, avec plus de débris de coquillages.

On a marché jusqu’au bout de la plage, où se trouvait un petit loch, avant de retourner aux vélos en passant par les dunes. On est tombés sur une sorte de petite décharge, où José a pu abandonner quelques gros déchets ramassés pendant la balade.

Puis Axel est reparti direction Castlebay (bon, techniquement, vu que la route principale est circulaire, on va toujours plus ou moins en direction de Castlebay ^^), et nous on a enfourché nos vélos pour continuer notre épopée.

“Please slow down, my dad works here”

Notre arrêt suivant: la “forêt” (plutôt un cordon boisé) de Northbay, avec son petit sentier au-dessus de la rivière Abhainn nam Bhreac. C’était bucolique à souhait, même sous la pluie.

Il y avait des fougères (dont des “bébés” encore tout enroulés), des souches recouvertes de mousses, des arbres tortueux de toutes sortes (même des marronniers et des sapins…) et, surtout, des bluebells (ou jacinthes des bois)!

La forêt doit également être enchantée, car on a pu admirer plein de petites oeuvres féériques le long du sentier: un champignon géant, une procession de canards, un crocodile arboricole, une sphère gravée lovée entre des branches…

J’ai rampé dans le sous-bois pour prendre plein de photos, avec mon incroyable camouflage… 😉

On a aussi trouvé une balançoire (qui doit sans doute appartenir aux fées de la forêt) et on a tous pu réveiller notre enfant intérieur — même que chez nous, il dort rarement profondément, haha. ^^

On n’a pas vu les fées, mais on a rencontré d’autres habitants du sous-bois: des midges! Ils ont fait leur apparition alors qu’on pique-niquait tranquillement, ces vilains trouble-fêtes!

Puis on a repris nos vélos et on a continué notre route circulaire.

On a roulé jusqu’au terminal du ferry pour Eriskay, où on espérait prendre un café. Pas de bol, le café était fermé (malgré le signe “Open” sur la route), mais on aura tout de même eu droit à de belles vues sur des lochs, et aussi découvert une belle sculpture de loutres chassant un saumon.

On a ensuite rejoint l’A888 (la route principale) pour entamer le retour vers Castlebay via l’est. Très vite, à Bayherivagh, on fait une pause pour admirer une petite église qui se trouve à deux pas… d’un Community Garden & Café (“Garadh A Bhagh A Tuath”)! Hallelujah! On s’est donc posés le temps d’un café/thé et d’une part de cake avant d’aller jeter un oeil à Saint Barr’s Catholic Church, à l’ambiance chaleureuse.

Puis nous voilà de retour sur la route, face au vent.

On passe devant de jolies petites criques, et aussi près d’un agneau à l’air pas très en forme, posé vers une Passing place.

La route monte pas mal, jusqu’à la montée finale de la mort qui tue vers Heaval, bien longue et raide. Fintan, Pilar et moi avons même mis pied à terre pour finir.

Puis c’est l’heure de la descente à fond la caisse jusqu’à Castlebay (avec une pointe à 52 km/h d’après la montre de José). En quelques minutes, on était de retour au lodge pour une douche et un repos bien mérités après 33.5 km (et 466 m de dénivelé positif) dans le vent.

Tony est venu récupérer les vélos et discuter quelques minutes. C’était vraiment un service au top, qu’on recommande!

A l’arrivée du ferry, on a assisté à une invasion de vélos dans Castlebay, plein de cyclotouristes débarquant pour s’attaquer au Hebridean Way, un itinéraire de 296 km qui fait toute la longueur des Hébrides extérieures. On a même vu une famille avec des enfants en bas âge sacrément chargée, qui s’est arrêtée quelques instants devant le lodge pour admirer la vue:

Et voilà, pour connaître la fin de notre dernière journée sur Barra, direction cet article-là. Je vous retrouve tout bientôt pour la suite de cette rétrospective, et je vous laisse avec le “Relive” de ce tour à vélo. A bientôt!

Scot22#6 A Heaval, on s’envole!

Bonjour tout le monde!
Aujourd’hui, je vous emmène sur l’île de Barra pour la suite de la rétrospective des vacances écossaises 2022. Je reprends où je m’étais arrêtée à la fin de cet article-ci: après avoir passé du temps dans le nord de l’île, nous avons repris le bus direction Castlebay et gravi Heaval sous le soleil.

Fintan, Pilar, José et moi étions déjà montés au sommet de l’île juste après notre arrivée, dans la pluie et le vent, mais Laurine n’était pas encore là, et donc c’était l’occasion de refaire cette balade une deuxième fois, sous un ciel bien plus clément.

Pendant qu’on s’attaquait à Heaval, Axel est retourné au lodge car il ne pouvait pas encore faire de rando à cause de son opération du genou, mais ne vous inquiétez pas, il était en bonne compagnie:

Dehors, il faisait tellement chaud qu’on a pu monter en t-shirt. Le long de la route, on a revu les mêmes moutons que le premier jour, dont deux beaux béliers et des petits agneaux adorables. On a aussi entendu un coucou exactement au même endroit que l’autre fois, haha. C’est fou, les petites habitudes et repères familiers qu’on se forge rapidement en vacances quand on passe quelques jours au même endroit.

Il n’y a pas vraiment de sentier balisé pour gravir Heaval, et donc on n’est pas passé par le même endroit que la première fois. Cette fois-ci, on a même réussi à trouver directement la statue de la “Madonna & Child”, connue localement sous le nom de “Our Lady of the Sea” et érigée en 1954. Il faut dire que la première fois, la visibilité n’était pas super. ^^

Fintan prenant un selfie avec la statue ^^

Les vues ce jour-là étaient superbes. Du côté de Castlebay, on voyait bien Kisimul castle, trônant fièrement dans la baie, et les Bishop Isles en arrière-plan, dont Vatersay, Pabbay et Mingulay. Notre excursion pour Mingulay ayant été annulée à cause du vent, je rêve de revenir un jour à Barra et de retenter ma chance (et pour le kayak, aussi).

Côté nord, on pouvait voir Eriskay et South Uist — des îles que je rêve aussi de visiter un jour.

Côté ouest, rien avant l’Amérique du Nord. Côté est, rien non plus, car le ciel était quand même trop voilé pour distinguer Coll, Rum, Skye ou autres.

Au sommet, ça soufflait sacrément fort — on comprenait bien pourquoi les sorties en mer avaient été annulées. On s’est pris une baffe de vent en pleine face, ça soufflait vraiment à fond (“un vent à décorner les tricératops”, dixit Fintan). Ce n’était pas super agréable, mais la vue restait imprenable.

On pouvait s’amuser à se laisser tomber dans le vent, tant il était puissant. Mais on n’a pas fait long feu en haut et on est rapidement descendus pour se mettre à l’abri, en marchant à travers la bruyère, l’herbe détrempée et les coussins de sphaignes rebondissants.

De retour sur la route, on a brièvement aperçu un aigle royal! 🙂 On a aussi revu des chardonnerets, une grive, plein d’étourneaux (comme d’hab) et d’agneaux (omniprésents), ainsi qu’une belle corneille mantelée en pleine séance de grooming. Bref, une chouette balade.

Le soir, on s’est reposés après cette journée bien remplie — le vent, ça fatigue! Et on a mangé des fish & chips au lodge — le vent, ça creuse! 😉

A bientôt pour la suite de cette rétrospective, avec le récit de notre tour de Barra à vélo (spoiler: il y avait encore du vent)!

Scot22#5 Castlebay, ça me plaît

Bonjour!
La récente rétrospective de l’année m’a motivée à remettre le pied à l’étrier et reprendre le blog en main, donc j’ai décidé de continuer mes brouillons d’articles qui prennent la poussière dans les entrailles du blog, à commencer par la suite de la rétrospective des vacances en famille en Ecosse en mai 2022.

C’est donc parti pour “Castlebay, ça me plaît”! C’est peut-être un peu de la triche de faire à nouveau rimer “ay” avec “plaît” (voir un article précédent de cette rétrospective), mais j’avais peu d’inspiration, même si j’ai aussi pensé à “Ce château, qu’il est beau!” ou encore “Kisimul, tête de mule”!

Bref, aujourd’hui, vous allez avoir droit à une avalanche de photos de Castlebay, le village principal de Barra, et notamment du château qui lui donne son nom.

Il y a une chouette petite balade qui part du village et longe la baie jusque vers l’îlot d’Orasaigh. On l’a faite plusieurs fois durant notre séjour, dans différentes ambiances.

La première fois (sauf pour Axel, qui l’avait déjà faite pendant qu’on gravissait Heaval le premier jour), c’était à notre retour de Vatersay, par une journée bien grisouille.

Ce soir-là, on est allés manger au resto du Craigard Hotel, à 18h (la seule heure encore disponible. ^^ Il n’y a en gros que deux endroits où manger à Castlebay, donc c’est vite plein et il faut absolument réserver — surtout pour un groupe de six personnes!), avant de continuer la soirée au bar du Castlebay Hotel pour une partie de billard.

Le lendemain, il faisait grand beau et on a visité le nord de l’île (voir cet article) avant de gravir Heaval au soleil (article à venir bientôt).

Le soir, on a pris des fish & chips à l’emporter au Craigard Hotel (réservés la veille, car même pour le take-away il faut être organisé sur Barra ^^) et on les a dévorés dans la salle à manger de l’hostel. Cette salle commune était vraiment super pour se relaxer, avec de grandes fenêtres avec vue sur la baie.

Le lendemain, c’était la journée “vélo” par une météo bien venteuse et plutôt grise (article à venir, on y croit!). A notre retour à l’hostel, alors qu’on se reposait, le soleil a tout d’un coup fait une apparition et on en a profité pour refaire la petite balade côtière de Castlebay, surtout que c’était notre dernière soirée sur l’île.

Par rapport à notre premier passage, il faisait vraiment grand beau. C’est supposément un bon spot pour observer des loutres et phoques, mais on n’en a pas vu quand on y était.

On a quand même vu des cormorans, de l’Armérie maritime (sea pink) dans tous les coins, les ruines de fortifications sur Orasaigh, et aussi plein de campeurs qui s’installaient pour la nuit, sans doute avant de commencer le Hebridean Way le lendemain.

On a profité de la belle lumière pour prendre plein de photos et juste s’imprégner une dernière fois du lieu. Puis on a marché jusqu’au Café Kisimul, le resto indien où on avait déjà mangé le premier soir. En entrant, l’un des serveurs nous a lancé joyeusement: “You’re back! Thank you! We know everywhere else is closed, but still, thank you!” ^^’

C’était très sympa d’y retourner (même si effectivement on n’avait pas trop le choix, et c’était prévu depuis longtemps vu que j’avais réservé les restos plusieurs semaines à l’avance, haha) et le repas était à nouveau délicieux — et accompagné de Thistly Cross Cider, yum.

On a passé le reste de notre dernière soirée au bar du Castlebay Hotel pour une ultime partie de billard (serrée, mais gagnée par Axel et Laurine contre Fintan et José ^^). On a fait la fermeture du bar (à 22h30, haha), donc on a eu le privilège d’entendre le barman sonner la cloche annonçant les dernières commandes. Après un dernier verre au lodge pour les “whisky enthusiasts”, on a passé notre dernière nuit à Barra, sous la pluie, avant de prendre le ferry tôt le lendemain matin…

Mais il me reste encore à vous raconter plein de trucs de ce séjour à Barra (dont notre deuxième ascension de Heaval et notre tour de l’île à vélo), donc il y aura encore quelques articles à venir, j’espère dans pas trop longtemps! A bientôt! 🙂

Scotland, diagonally

De la côte est à la côte ouest.
De la mer du Nord à l’Atlantique.
Des Lowlands aux Highlands.
800 kilomètres à pied à travers l’Ecosse.

Petite illustration faite sur la tablette

C’est marrant, comme un rêve se crée. Une petite idée qui passe, innocemment. Une graine semée, qui commence à germer. Puis un appel, qui pulse dans le coeur. Des pensées qui occupent le cerveau, qui s’y installent, qui ne partent plus. Ça y est, le rêve est bien implanté, la plante a poussé. Il n’y a plus rien à faire, à part le faire, ce rêve. Tenter de le réaliser. Le vivre.

J’ai toujours un petit carnet sur mon bureau. Il est gribouillé de petites pensées, de croquis. Beaucoup d’idées d’escapades, de livres à lire, d’envies de voyages. Sans surprise, l’Ecosse y figure très souvent. Des lieux à visiter et revisiter. Des rêves d’expéditions en kayak, de backpacking de plusieurs mois, de festivals, d’observations ornithologiques… Et puis, le 26 octobre 2023, une citation:

What if we have a dream and the courage to make it real?

Cette phrase vient de la fin du troisième livre de Raynor Winn, “Landlines”. Un livre sur la marche, l’espoir, la nature.

J’ai souvent envie de partir marcher, longtemps.
Les jours où je fais du télétravail, j’essaie toujours de faire une petite balade pour me dégourdir les pattes et prendre l’air. C’est un moment dont j’ai vraiment besoin. Il permet à mon esprit d’arrêter de tourner à 100 à l’heure. Je m’émerveille devant tout: le vent dans les feuilles des arbres, les fleurs dans les prés, les oiseaux qui vivent leur vie, les nuages dans le ciel, les empreintes dans la boue… Souvent, je rêve que je ne m’arrête pas, que je continue de marcher, un pas après l’autre. Je rêve d’une période où la vie est différente, moins confortable, fatigante mais plus simple: marcher, manger, trouver où dormir. Être dehors, loin de l’ordinateur. Sentir son corps fatigué le soir, mais l’esprit léger.

J’ai dévoré “Landlines”. Je l’ai adoré. En le refermant (littéralement, car j’ai carrément acheté le livre papier, pour une fois), je me suis dit: “Moi aussi, je veux partir marcher. C’est possible, il suffit de le faire”. Je note l’idée de marcher de Milngavie, vers Glasgow, jusqu’à Cape Wrath, tout au nord-ouest du mainland écossais. La graine est semée.

L’idée de marcher le Cape Wrath Trail (de Fort William à Cape Wrath) me trottait déjà dans la tête depuis un moment. C’est grâce à YouTube que j’ai découvert l’existence de ce trek de 370 km, considéré comme l’un des plus difficiles du Royaume-Uni (à cause du terrain, non balisé, et de sa “remoteness”, qui fait qu’il n’y a pas beaucoup d’endroits où se ravitailler). Merci donc à l’algorithme YT, qui m’a suggéré les vidéos de Fit for Adventure, une Galloise hilarante qui a déjà vécu de sacrées aventures, dont un “Scottish Adventure Triathlon”: traverser l’Ecosse à vélo, en paddle et à pied. Ses vidéos sur le Cape Wrath Trail sont top, et m’ont d’ailleurs aussi fait découvrir les chaussures minimalistes Vivo Barefoot. C’est aussi Fit for Adventure qui nous a donné envie à José et moi de prendre le paddle en Ecosse pour aller explorer des petites îles. Bref, on lui doit beaucoup en termes d’inspiration “outdoor”.

La graine semée ne cessant de grandir et pousser: pourquoi s’arrêter au Cape Wrath Trail? D’où l’idée de commencer par le West Highland Way, pour se mettre en jambes, avant d’enchaîner avec le CWT. Sauf que voilà, pourquoi s’arrêter là? Pourquoi ne pas en profiter pour traverser toute l’Ecosse, ce pays qu’on aime tant? Je suis aussi inspirée par un article du 7e numéro de “Hidden Scotland”, un magazine écossais: “Scotland, One Step at a Time”. Des gens y racontent leurs expériences de marche longue distance en Ecosse, et notamment Yvette Webster, qui a décidé un peu sur un coup de tête de compléter le Scottish National Trail, alors qu’elle n’avait encore jamais fait de trek ou de bivouac, et qui est devenue la première femme à accomplir ce trek en solo.

Le 8 janvier 2024, dans mon carnet, j’écris “What if…”, suivi d’une liste de différents treks permettant de traverser l’Ecosse à pied, de la côte sud-est jusqu’au nord-ouest, de Berwick-upon-Tweed (dernier village anglais avant la frontière écossaise) à Cape Wrath (plus ou moins le bout du monde). Ça y est, le rêve est couché sur le papier. Il ne reste plus qu’à le réaliser.

Notre itinéraire prévu

Une fois l’idée implantée, impossible de la déloger. Le rêve est devenu de plus en plus tangible. José sait qu’une fois que je commence à planifier, que j’ai créé un tableau de planning et une carte, on ne peut plus m’arrêter, haha! C’est décidé, on partira marcher en Ecosse.

On a réfléchi à plusieurs itinéraires et noms pour notre épopée.
On a décidé de ne pas faire le Scottish National Trail car: 1) il ne part pas tout à fait de la frontière et ça m’embête, haha; 2) on adore la côte et le SNT n’a quasi pas de tronçons côtiers, et en plus il y a plusieurs endroits qu’on a envie de visiter depuis un moment qui se trouvent le long du Berwickshire Coastal Path (dont St Abbs et sa réserve naturelle); 3) j’aimais bien l’idée de charcuter et “frankensteiner” plusieurs trails ensemble et de faire un truc à notre sauce.

Côté noms, on a d’abord pensé à The Great Scottish Diagonal, sauf qu’elle n’est pas très droite, cette diagonale, ce qui a donné lieu à d’autres idées en vrac: The Wobbly Scottish Diagonal, The Swaying Scottish Diagonal, La Diagonale bancale… Ces jours, quand on en parle avec José, on l’appelle juste “la diagonale écossaise”.

Peu importe son nom, on espère vraiment qu’on arrivera à réaliser ce rêve. Le timing idéal serait au printemps après mon doctorat, notamment car j’ai envie (et besoin) d’une petite pause après 4+ années intenses. J’oscille entre confiance et doute quant à notre capacité à réussir. Je me rassure en pensant à plein d’amateurs pas particulièrement sportifs qui ont réussi des exploits bien plus impressionnants, et je m’inquiète en pensant à tous les gens hyper préparés qui ont dû abandonner des trucs plus courts en cours de route. Je sais aussi que ça ne dépendra pas uniquement de nous, qu’il y a un facteur “chance” important. On n’est pas à l’abri de tempêtes, inondations, blessures, maladies… Mais c’est aussi ça, l’aventure! Partir sans savoir si on réussira, où on atterrira. Mais le principal, le but de ce voyage, c’est surtout de ralentir, d’explorer, de tester nos limites mais aussi de s’écouter, de vivre l’instant présent, de s’évader un peu, à deux.

En train d’étudier le guide du Cape Wrath trail et une Harvey map dans la voiture, lors de notre retour de vacances d’été 2024

J’ai écrit la majorité de cet article le 25 mai 2024, sans savoir quand j’allais sauter le pas et le publier. Depuis, le rêve s’est davantage concrétisé. On a acheté des guides et des cartes lors de nos vacances d’été en Ecosse (une véritable quête: on a littéralement visité TOUS les magasins de la rue principale de Fort William à la recherche de la Harvey map “Cape Wrath Trail South” ^^’), commencé à fixer des dates provisoires qui pourraient jouer, réfléchi au matos qu’on aimerait prendre… En ce moment, j’ai besoin de ce projet à l’horizon pour me motiver. Le doctorat me pèse beaucoup ces derniers temps, causant bien trop d’anxiété à mon goût, et c’est salutaire d’avoir ce rêve étincelant au bout du tunnel.

“Un pas après l’autre”. José me répète souvent ces quelques mots quand je me sens dépassée par l’ampleur du travail qu’il me reste à accomplir, et j’espère à l’avenir pouvoir transformer ces pas métaphoriques en véritables foulées sur les sentiers d’Ecosse. ♡

P.S. Les photos qui illustrent cet article ont été prises lors de mes balades de télétravail près de la maison, sauf bien sûr les photos de livres et cartes.