Bonjour tout le monde!
Après une petite pause de blog (pour avancer sur le montage vidéo de la Diagonale écossaise, qui sera prêt tout bientôt!), me voici de retour avec un article sur les quelques jours qui ont suivi notre rando sur le Skye Trail.
Après une bonne nuit au Flora MacDonald Hostel, on a marché cinq minutes jusqu’au QG de South Skye Sea Kayak, où on a troqué nos bâtons de marche pour des pagaies le temps d’une journée!



José et moi adorons le kayak de mer, et on essaie toujours d’organiser une sortie à chaque voyage en Ecosse (car les opportunités manquent en Suisse, étonnamment, ha! ^^’). Malheureusement, ces excursions sont souvent annulées à cause de la météo, et on avait peur que ce soit à nouveau le cas cette fois-ci, car il y avait pas mal de vent.


Mais heureusement, ça n’a pas été le cas et on a passé une super journée bien aventureuse! On était les seuls participants, accompagnés de… trois guides: Erin, Andy et Janni! Sacré ratio, haha. La raison: Erin et Andy sont de jeunes guides et ne peuvent accompagner des groupes que lorsque le vent atteint max 4 sur l’échelle de Beaufort, or les conditions s’annonçaient un poil plus corsées. Janni était donc là pour superviser les deux “apprentis” (mais ils nous ont dit que si on avait été plus que deux et qu’on n’avait jamais fait de kayak de mer, ça aurait été annulé. J’ai rappelé qu’on avait fait que deux-trois fois du kayak de mer, et le patron a rétorqué: “yeah but you’re adventurous, right?” ^^’).


On nous équipe avec wet suit, bottines, jacket, spray deck (la jupe), gilet de sauvetage et, très important, les petits cordons pour sécuriser les lunettes de soleil — car oui, le soleil était avec nous de temps en temps, mais un peu timide — puis on roule cinq minutes en voiture jusqu’à Armadale, où on met les kayaks à l’eau.


C’était si chouette de se glisser à nouveau dans un kayak et de voguer sur les flots! On commence par pagayer vers le sud, passant vers les petits îlots d’Eilean Maol et Eilean Sgorach, où des phoques communs paressent sur les rochers. Dans une petite baie, on a droit à un petit cours de rappel sur les différentes techniques pour manoeuvrer et on fait des figures de 8 autour des bateaux ancrés dans la baie. Janni est satisfaite de notre technique et on continue l’aventure, retournant vers Armadale et direction le nord, pour avoir le vent dominant dans le dos.


En longeant le “sea wall” entre Armadale et Kilbeg, Erin nous apprend que les loutres utilisent les gros tuyaux de canalisation des rivières pour traverser la route par dessous, héhé — après les crapauducs en Suisse, les “otterducts” en Ecosse! 🙂


On fait une pause snack sur une petite plage vers Kilbeg, puis on passe dans le double kayak (dans lequel étaient Janni et Andy): on approche d’une section plus exposée et beaucoup plus choppy (avec des “white horses” qui galopent), et on sera ainsi plus stables.


José est à l’arrière, en charge de la navigation (il a même des pédales pour manoeuvrer un aileron). On passe devant les ruines de Knock Castle et une petite distillerie qu’il faudra qu’on visite un jour: Torabhaig.

On fait une pause pic-nic sur une autre plage, et on reprend ensuite les single kayaks. Janni trouve qu’on se débrouille très bien et qu’on est à l’aise, ça fait plaisir. Même si c’est moins exposé que le passage précédent, il y a quand même des grosses vagues, et on danse au milieu, c’est grisant! Des sternes volent et piquent, la pluie va et vient, tout comme le soleil.


Parfois, on surfe sur les vagues, plus ou moins intentionnellement. Janni encourage José à faire davantage de surf: ça nécessite de mettre le turbo pour accélérer à fond et choper le dessus de la vague. José réussit à en prendre une immense, il s’envole! Mais le surf épique se termine en bain de mer, il chavire, plouf! En voulant retenir la pagaie qui s’échappe, c’est le kayak qui s’en va, caramba! Erin vient à la rescousse, ainsi que Janni et Andy (qui sont de nouveau dans le kayak double, qu’ils surnomment le “divorce boat” ^^). José arrive à remettre le kayak à l’endroit et à se hisser dedans mais c’est si houleux que plouf, il retombe à l’eau. En s’aidant du kayak d’Erin comme soutien, il parvient ensuite à remonter. Un petit coup de pompe pour vider l’eau avant de remettre le spray deck et c’est bon, tout est bien qui finit bien, il a même encore les lunettes de soleil sur le nez (c’est vraiment bien, ces petits cordons de sécurité ^^)! 😉




On continue l’aventure et on passe devant le phare d’Isle Ornsay, qu’on avait vu en 2024 avec Stravaigin (rétrospective de ces vacances-là à venir dans environ 1000 ans ^^). J’adore repasser par des endroits déjà visités mais avec un autre moyen de transport, qui offre une perspective différente.


En contournant Ornsay, on se retrouve avec le vent de face et ça fait bien travailler les bras (et tout le reste du corps aussi, d’ailleurs!). On traverse la petite baie pour retrouver un peu de “shelter” de l’autre côté. On cherche une plage pour une pause et s’étirer les jambes, mais il y a des phoques partout, dont des jeunes, donc on garde nos distances pour ne pas les déranger. Plein de têtes curieuses sortent de l’eau puis replongent, on est observés, huhu. J’aime particulièrement quand un phoque se propulse tout droit pour mieux voir d’un peu plus haut (comme une baleine qui fait du “spy hopping”, un joueur de water polo ou même un lapin qui fait la chandelle, mais version phoque ^^).


On trouve une plage de sable libre sur la rive ouest de Loch na Dal, mais les phoques nous ont suivis et continuent de nous avoir à l’oeil. On se croirait dans le film d’animation “Song of the Sea”. 🙂

On retourne ensuite explorer le reste du sea loch mais la marée est assez basse et on manque vite de profondeur. L’eau est si claire, c’est beau. J’admire les différentes algues et les coquillages et galets colorés (turquoise, ocre, noir, gris) qui ornent le fond.
Vers 16h, après un dernier petit push face au vent, on débarque à Duisdale. Il reste encore à porter les kayaks jusqu’au van, les vider avec la pompe, retourner à la base, se changer, rincer les affaires… et voilà, cette incroyable journée de kayak touche à sa fin! On aura pagayé 20.5 km et, comme à chaque fois qu’on fait du kayak, ça nous a donné envie d’en faire bien plus souvent. Si seulement on habitait vers la côte! En attendant, on se console avec du paddle sur le lac. 😉


On est retournés à l’hostel où on a passé une soirée tranquille, car on était heureux mais très fatigués! On a mangé le dernier plat lyophilisé qu’il nous restait (on aura bien géré notre stock!) et on a regardé les photos partagées par Janni et Andy (envoyées avec une rapidité éclair!), qui m’ont bien aidée à illustrer cet article (chaque photo de José et/ou moi dans un kayak a été prise par Andy ou Janni, j’ai juste pris des photos quand on faisait des pauses à terre).



Le lendemain, c’était une journée plus tranquille. Notre seule mission: atteindre Arisaig. Et on puisqu’on avait deux heures d’attente entre chaque transport, eh bien ça a pris la journée. On a commencé par prendre le bus jusqu’au Clan Donald Centre, qu’on avait déjà visité (et adoré!) en 2016. Cette fois-ci, on y allait juste pour profiter du café (“The Stables”), dont on gardait de bons souvenirs. Pas de bol, la qualité a bien baissé en neuf ans: pas de nourriture chaude servie, plus de vraie machine à café, uniquement de la vaisselle jetable… Ce dernier point nous a particulièrement marqués pendant tout le voyage: c’est de plus en plus répandu d’être servis avec de la vaisselle jetable… c’est probablement lié à toutes les “staffing issues” depuis le Brexit, mais c’est vraiment dommage. On a quand même pris un café pas bon, puis on a marché dix minutes jusqu’à Armadale, où se trouve le terminal du ferry. On rend visite à Erin (une des guides de kayak), qui travaille le vendredi dans le “leather shop” de son oncle. José a acheté une ceinture, puis c’était l’heure d’embarquer sur le ferry pour Mallaig, pour une traversée dans un épais brouillard. C’était un peu choppy mais rien de dramatique, et le trajet est passé plutôt vite.




Dans le port de Mallaig, on revoit un beau bateau en bois déjà aperçu la veille depuis les kayaks, et on est tout contents de voir qu’il s’agit de Bessie Ellen, dont on connaissait l’existence grâce à “Going the Whole Hogg“. On a navigué dix jours sur ce voilier en juin 2026, donc ça me fait encore plus plaisir de repenser à cette rencontre fortuite!
On avait pas mal à attendre avant notre train, donc on a passé le temps à The Bakehouse, on a jeté un oeil au “Wizard shop” (juste avant l’arrivée du Jacobite Steam Train, qui a déversé son lot de Harry Potter fans), on est passés au Co-op pour acheter des biscuits… Il n’y a nulle part où patienter au sec à la gare (et il pleuvait des cordes, bien sûr), donc on se réfugie au Marine Bar, où une Américaine prend José pour un local (ce n’est pas la première fois, et je pense que la barbe y est pour quelque chose ^^). C’est un peu bruyant, il y a des mecs bien bourrés (il est 15h…) et certains vapotent même à l’intérieur, wow. Heureusement, on n’y reste pas longtemps et on embarque enfin dans notre train, pour un trajet de 15 minutes jusqu’à Arisaig.


Le train est trop long pour les quais de certaines petites gares (dont Morar et Arisaig), donc on doit sortir par les wagons du milieu, alors que nos places réservées étaient tout à l’arrière (le système pourrait prendre ce critère en compte pour l’allocation des places…). Bref, nous voici à la gare d’Arisaig, si petite et peu fréquentée qu’il n’y a ni pont ni tunnel pour traverser les voies, ça fait bizarre. ^^’ La pluie est torrentielle et horizontale, et on arrive trempés au Arisaig Hotel, haha. On avait réservé cet hôtel quand on randonnait sur le Skye Trail, et on s’était trop marrés lors du processus de réservation, qui nous demandait si on voulait un “Sir Woofchester’s doggie welcome pack”, mouhaha.
L’accueil est très chaleureux et notre chambre plutôt cosy mais un peu dangereuse: on est sous les toits et le plafond fait plein d’angles bizarres et est particulièrement bas de mon côté du lit, je me suis assez violemment cogné le crâne, ouch. ^^ Il y a aussi de sacrés courants d’air. Les fenêtres ont du double vitrage mais les cadres ne sont pas isolés, ce qui rend le double vitrage inutile. On se repose un peu puis on va manger à 19h à The Old Library, une ancienne écruie transformée en biblio puis en auberge. C’était délicieux! On a reçu des After Eight avec l’addition, ça faisait longtemps que je n’en avais plus goûté — ça me donne l’impression de manger du chocolat tout en me brossant les dents, car la menthe rappelle le goût du dentifrice. ^^ On est ensuite allés au bar de l’hôtel car il y avait une “trad music session”, c’était très chouette!



Avant de me coucher, j’ai découvert ma première vraie cloque du voyage… sur l’annulaire de la main gauche, haha! Quand je pense qu’on a marché 1000 km sans problème, mais que c’est une journée de kayak qui m’a filé une cloque, haha. Heureusement, les Compeed pour orteils marchent très bien pour les doigts. 😉
Après une nuit plutôt bonne, on se réveille avec les branches des arbres qui se balancent dans le vent, qui souffle fort. Il y a pas mal de vagues dans la baie, alors que celle-ci est très abritée, ce qui n’augure rien de bon pour notre programme de la journée: on avait réservé un day trip sur l’île de Muck, la seule des Small Isles qu’on a encore jamais visitée. Mais pour l’instant on n’a pas reçu de nouvelles du bateau, donc on se lève comme prévu et on va prendre notre petit-déjeûner. J’ai peur d’être malade sur le bateau si je prends un Full Scottish Breakfast comme José, donc j’opte pour un truc plus léger. Je n’avais pas besoin de m’inquiéter: de retour à la chambre, on apprend que la traversée pour Muck est annulée. On est bien sûr déçus, mais pas surpris: le MET Office annonce des rafales à 60 km/h en provenance du sud-ouest, et le port de Muck est connu pour sa difficulté d’accès.





On a tout d’un coup la journée de libre et pas de plan, donc on se repose un moment dans la chambre. Les pièces de l’hôtel sont si mal insonorisées (c’est un vieux bâtiment avec beaucoup de charme) qu’on entend la musique qu’écoute la nettoyeuse dans la chambre voisine comme si on y était. ^^ Puis on se motive quand même à sortir, surtout qu’il fait plutôt beau. WalkHighlands ne propose qu’une seule marche au départ du village, donc on n’a pas à tergiverser longtemps avant de concocter notre programme. 😉 On part faire une petite boucle de 4.5 km dans le Strath of Arisaig, entre prés et sous-bois.





Il y a plein d’agneaux et de veaux, un loch (Loch nan Eala, soit le “lac des cygnes”), de beaux arbres et une atmosphère paisible.
Il fait chaud et on se balade en T-shirt. Le tracé se termine sur une mini route, la Rhu Road, qu’on avait empruntée en 2023 pour aller faire du kayak de mer, huhu. On a de belles vues sur la baie et on admire les vagues créées par le vent — et on voit bien comment elles s’atténuent dès qu’elles atteignent les zones d’algues.





On va ensuite visiter le “Land, Sea and Islands Visitor Centre”, un petit musée local gratuit et très bien fait. Outre les infos et objets liés à la vie des crofters et pêcheurs et à l’histoire naturelle, il y a toute une partie dédiée à la Deuxième Guerre Mondiale, car Arisaig a joué un rôle important en tant que lieu secret de formation pour le SOE, the Special Operations Executives. Des volontaires en provenance de tout le Royaume-Uni, de France, Norvège et Tchécoslovaquie venaient ici pour acquérir plein de compétences (survie, sabotage, combat, utilisation d’explosifs, “silent killing”, arts martiaux, etc.) avant de partir sur le Continent pour saboter les infrastructures utilisées par l’armée allemande, quelle histoire!



Bref, après avoir appris plein de trucs fascinants dans ce petit musée (qui fait aussi office de biblio et propose des activités pour les enfants), on est prêts pour une bonne part de cake bien décadente. Sauf que malheureusement, on n’en trouve pas (ça aura été une des tragédies de ces vacances: on trouve de plus en plus difficilement des gâteaux dans les cafés :/), donc à la place on a mangé un vrai lunch au café Sound Bites, où on a pu se consoler en faisant des papouilles à un magnifique border collie très affectueux, héhé. 🙂


On s’est reposés le reste de l’après-midi (on était étonnamment fatigués) avant de manger au restaurant de l’hôtel. C’était délicieux mais on a beaucoup trop mangé, on a même eu de la peine à remonter les escaliers jusqu’à la chambre, haha!
Et voilà, c’est la fin de cet article à rallonge! Dans les prochains, je vous parlerai de nos quelques jours à Glasgow, avant la vraie fin du voyage.
P.S. Le titre de cet article se réfère à une chanson de Skipinnish.


